Dans cet épisode de Vélotaf on reçoit, à nouveau, Marina Cox (ré-écouter le 1er épisode ici et le 2ème ici), directrice des Ateliers de la rue Voot.
Aujourd’hui, on parle de la réparation de vélos.
Les ateliers de la rue Voot proposent depuis 50 ans des ateliers participatifs de mécanique vélo au cours desquels on peut venir réparer et surtout apprendre à réparer son vélo.
Découvrez les ateliers participatifs de réparation de vélo : https://voot.be/ateliers/ateliers-velo/ateliers-participatifs-de-mecanique/
Bon épisode !
Pour contacter notre invitée, c’est par ici ( https://www.instagram.com/lesateliersdelaruevoot ) !
Dans cet épisode riche en réflexions, nous aborderons des sujets cruciaux, tels que :
- 00:01:30 – L’importance de savoir réparer son vélo : introduction au sujet
- 00:01:54 – La nécessité de l’autonomie en réparation de vélo
- 00:03:01 – Le manque de vélocistes à Bruxelles dans les années 70-80
- 00:04:19 – L’évolution de la disponibilité des vélocistes et la nécessité de la réparation personnelle
- 00:06:58 – Le fonctionnement des ateliers participatifs de mécanique vélo
- 00:09:01 – Le succès et la fréquentation des ateliers
- 00:11:24 – Pourquoi Marina ne vient pas travailler à vélo
- 00:14:16 – Voyager à vélo : motivations et avantages
- 00:20:07 – Programme Vélo solidaire
A la semaine prochain pour un(e) nouvel(le) invité(e) !
Quelques citations pour vous mettre l’eau à la bouche !
« Réparer son vélo, il fallait qu’on ne dépende de personne, et qu’on soit autonome. »
« L’intérêt, l’avantage, 50 ans après, toujours de savoir réparer son vélo. Si on veut être un cycliste quotidien. »
« Avoir la main sur nos vélos et d’être autonome avec notre vélo, pouvoir rouler tous les jours avec notre vélo. »
Grâce à Autoscript.fr, je vous propose de retrouver la transcription de notre échange. Ca se passe sur https://bleen.be/velotaf
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Ce podcast animé par Victor Blanchard est proposé par Bleen, et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique du Vélotaf.
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Send in a voice message: https://podcasters.spotify.com/pod/show/velotaf/message
Victor : Aujourd’hui dans Vélotaf, je reçois de nouveau Marina Cox, directrice des ateliers de la rue Voot. Dans cet épisode, on va revenir au cœur de la raison pour laquelle j’ai contacté Marina pour venir sur le podcast Vélotaf, la réparation de vélos. En effet, les ateliers de la rue Voot proposent des ateliers participatifs de mécanique vélo au cours desquels on peut venir réparer et surtout apprendre à réparer son vélo. Pour avoir testé moi-même, je recommande chaudement. Je vous laisse donc pour le podcast de cette semaine, apprendre à réparer son vélo avec les ateliers de la rue Voot.
Apprendre à réparer son vélo, c’est un pan des activités des ateliers qui est d’apprendre aux gens à réparer son vélo. La première question que je voulais poser, c’est est-ce que c’est important de savoir réparer son vélo soi-même ? Parce que finalement, il y a des gens dont c’est le métier de le faire. Et si oui, pourquoi ?
Marina Cox : Alors, c’est essentiel. Je pense que c’est essentiel. Parce qu’on connaît tous, on a tous croisé des vélos abandonnés, tristement, à leur sort. Parce qu’un rayon avait lâché, parce qu’une chaîne a cassé, parce qu’un pneu est crevé, qu’on n’a pas les rustines, ou qu’on ne sait plus comment, même si on l’a appris un jour. On ne sait plus comment remplacer une chambre à air. Donc, oui, il y a des tas de gens dont c’est le métier. Quand nous, on a commencé nos activités, il n’y avait pas beaucoup de vélocistes, en fait, à Bruxelles. Plus beaucoup, en réalité. Le vélo, c’était quand même devenu une espèce de… C’était presque pour le musée, quoi.
Victor : On parle des années 70.
Marina Cox : Des années 70, oui. Ou années 80, maintenant. Les vélocistes, il y en avait très, très peu à Bruxelles. Vraiment très, très peu. Donc, voilà, réparer son vélo, il fallait qu’on ne dépende personne, et qu’on est autonome, et qu’on peut le faire au moment où ça nous arrive, et qu’une petite réparation. Alors, aujourd’hui, il y a beaucoup plus de vélocistes. Et bonne chance pour avoir un rendez-vous pour faire réparer un pneu crevé chez un vélociste. Je n’ose même pas imaginer. Donc, même pour des réparations plus importantes, on vous donne des rendez-vous à plusieurs semaines, quand on veut bien vous accepter.
Victor : Je confirme, j’avais fait un petit benchmark en appelant plusieurs vélocistes à Bruxelles pour connaître leur prix, parce que, bref, c’est dans le cadre de ma mission. Et, en fait, ils commençaient systématiquement par me dire qu’il y en avait au mieux pour 4 semaines d’attente.
Marina Cox : Et donc, ça, c’est s’ils veulent bien vous accepter. Alors, il y en a qui ne prennent que les vélos de marque. Et donc, si vous êtes allé dans la Grande Enseigne Bleue avec votre vélo, et que là, on ne veut pas de vous, vous n’irez pas non plus chez le vélociste du quartier. Et puis, il y en a plein qui n’acceptent de réparer que les vélos qui ont été achetés chez eux. Donc, ça, c’est la tendance aujourd’hui, en fait. Donc, voilà, d’où l’intérêt, l’avantage, 50 ans après, toujours de savoir réparer son vélo. Et d’avoir, en tout cas… D’être en partie autonome. On ne doit pas devenir des mécaniciens ou des mécaniciennes hors pair. Mais l’essentiel, moi je pense que c’est vraiment presque incontournable si on veut être un cycliste quotidien.
Victor : Enfin, je trouve finalement que c’est une forme aussi de reprise du pouvoir… Absolument. …face à une situation, notamment si on est… Si on est automobiliste, et ce n’est pas du tout pour blâmer les automobilistes, mais de fait, à part si on est garagiste, on n’a aucune idée de quoi faire si jamais on ne tombe en panne.
Marina Cox : Rien. Donc, on est totalement, totalement dépendant. Et ce n’est quand même pas une position tellement enviable, je trouve.
Victor : Effectivement. J’ai jamais eu trop de problèmes. J’ai crevé une fois, si ça va. Je savais changer la roue, encore. En voiture ? En voiture, oui. Mais pas très agréable, effectivement.
Victor : C’est rigolo parce que tu nous as dit dans un autre épisode qu’on parlait du vélo pour les enfants, que le programme “Un vélo pour 10 ans” avait commencé avec, en fait, on vous amenait plein de vélos. Et j’ai l’impression que la logique est un peu la même ici. Les ateliers vélo ont commencé, en fait, parce que tu disais, il y avait des vélos hors d’usage, mais finalement pas si difficiles que ça à réparer, dont on ne savait pas quoi faire.
Marina Cox : En tout cas, à la naissance de nos ateliers vélo, l’idée, c’était… Puisqu’on imaginait de devoir redevenir des cyclistes, et puisqu’éventuellement plus de pétrole, et c’était d’avoir la main sur nos vélos et d’être autonome sur nos vélos. Et très, très vite, on a mis en place ce système de récupération aussi, pour ne pas être juste dans ce truc de consommation où des jantes en parfait état terminent dans des déchetteries, à l’époque, même pas dans des déchetteries, donc bien pire que ça. Donc, c’était de recycler et de casser cette logique de consommation tout le temps, et ud neuf tout le temps, et de jeter tout le temps. Donc, les ateliers sont nés autour de comment construire notre autonomie en termes de mécanique vélo, être autonome avec notre vélo, pouvoir rouler tous les jours avec notre vélo, parce qu’on a besoin tous les jours de notre vélo.
Victor : Hum, Et donc, c’est comme ça qu’on a eu les ateliers participatifs de Mécanique Vélo. Et, un peu concrètement, comment ça fonctionne, en fait ? Quelle est la logique ?
Marina Cox : Donc, aujourd’hui, on a cinq implantations différentes, donc on a des ateliers dans cinq lieux différents. Dans chacune des implantations, il y a trois séances d’ateliers par semaine, d’à peu près quatre heures. Hum, hum. On se présente avec un vélo en mauvais état, ou un petit peu en mauvais état. Sans rendez-vous. Et donc, on a du matériel pour réparer les vélos. On a des pièces neuves, parce qu’il y a des pièces d’usure qui doivent être remplacées par du neuf. On a des pièces de récupération, puisqu’on désosse des vélos de récupération, et ce qui est récupérable, on le remet dans le circuit. Et il y a, à chaque séance, il y a deux mécaniciens, mécaniciennes, animatrices, qui accompagnent le public dans la réparation de leurs vélos. Et qui leur apprennent en même temps puisqu’il y a vraiment un truc de transmission, en fait, qui est au centre de cet échange. L’idée étant que, ben après, on peut rayonner une roue, on peut changer un pédalier, on peut régler un dérailleur, on peut réparer, etc.
Victor : On peut réparer un pneu crevé.
Marina Cox : Presque tout faire, oui.
Victor : Ok. Et quel succès pour ces ateliers ? Ça marche bien ?
Marina Cox : Phénoménal, le succès. Oui, vraiment, on a beaucoup, beaucoup de monde. Donc, par séance d’atelier, on a entre 10 et 20 personnes. Alors, selon les saisons, tout ça, ça fluctue un petit peu. Et ça va de très grosses réparations. Il y a des gens qui arrivent avec des vélos qui sont en très, très, très mauvais état et qui nécessitent vraiment un entretien, une remise en état presque complète, à des gens qui viennent pour des petites réparations, des petits réglages. Tout d’un coup, oui, un dérailleur qui déconne, du jeu dans un pédalier ou dans une direction, une roue voilée, enfin voilà, ce genre de choses. Et donc, il y a des réparations où les gens reviennent plusieurs séances d’affilée parce que le vélo nécessite ce temps-là et cette attention-là. Et puis les gens, ils viennent, ils ont passé une demi-heure et voilà, on leur a montré comment régler leur dérailleur et ils sont repartis.
Victor : Tu m’avais dit que ton truc, c’était plutôt la photo et le côté artistique des ateliers de la revente. En tout cas, je ne sais pas si tu sais faire quoi que ce soit, mais tu en parles très bien.
Marina Cox : Alors, ce que j’ai fait, donc j’aime beaucoup rouler à vélo. Je ne suis pas une cycliste quotidienne. Je n’aime pas du tout venir travailler à vélo. Donc, je peux même expliquer pourquoi. Et donc, je me déplace en transport en commun. Et, en tout cas personnellement, le fait de savoir comment fonctionne mon vélo, c’est quelque chose d’important pour moi. Et je n’ai pas peur de mettre les mains dans le cambouis. Et les outils ne me font pas peur. Donc, j’ai suivi une des formations. Donc, à côté des ateliers participatifs, on organise des formations aussi de mécanique vélo. Donc, en quatre séances sur un mois, on passe tous les organes du vélo. La transmission, la direction, l’entretien général. Donc, j’ai fait cette formation il y a quelques années. Mais parce que je devenais directrice ici, que je trouvais que c’était intéressant pour moi d’être… Voilà. De connaître les choses de l’intérieur. Et que ça se fasse avec un des collègues que je connais depuis très, très longtemps. Parce qu’avant d’être directrice, j’étais animatrice ici. Donc, j’ai donné des cours de photographie. Enfin, voilà. Et que j’avais aussi pour projet des voyages à vélo. Et que donc, je voulais être un peu armée pour partir sur les routes.
Victor : Effectivement. Et donc, pourquoi ne pas venir travailler à vélo ?
Marina Cox : Pourquoi ne pas venir travailler à vélo ? Donc, je n’ai pas du tout peur de… Donc, moi, j’ai grandi à Bruxelles. Depuis que j’habite à Bruxelles, presque un peu après ma naissance. Donc, la ville ne me fait pas peur. Donc, je n’ai pas peur de rouler à vélo dans Bruxelles. Ça ne me fait pas peur du tout. Je suis aussi automobiliste de temps en temps. Donc, j’ai une vraie conscience de ce que c’est que la circulation. Donc, je pense que ça m’aide beaucoup comme cycliste. Le fait d’avoir été automobiliste aussi dans cette ville. Mais en fin de compte, moi, j’habite dans le centre. Et ici, on est à Woluwé-Saint-Lambert. Donc, d’abord, le trajet n’est pas super chouette. À l’arrêt de la loi, tout ça, je trouve que ce n’est pas ce qu’il y a de plus excitant. Et d’autre part, ça suppose quand même une attention de tous les instants. Donc, je pense que… Sur le trajet que je fais, moi, je ne veux pas relâcher mon attention. Donc, je dois être archi-vigilante. De chez moi jusqu’ici ou à peu près. C’est à peu près 10 km. Enfin, 8 km si je vais par la voie la plus rapide. Et commencer ma journée comme ça, ça ne m’intéresse pas en fait. Je préfère lire le journal dans le tram. Et terminer mes journées comme ça, ça me… Non. Voilà. Je trouve que… Je n’ai pas envie de devoir passer une demi-heure. Je n’ai pas envie de dormir avec les yeux partout dans le dos et pester en plus sur mes congénères, cyclistes, automobilistes, piétons, tout ça. Donc, je roule très peu à vélo. Je viens très rarement travailler à vélo.
Victor : Le but du podcast, c’est de donner envie aux gens de vélotaffer, comme le nom l’indique. Mais bon, je trouve ça bien aussi d’avoir d’autres témoignages. Et c’est rigolo parce qu’en fait, je trouve ça assez personnel. Moi, je sais qu’après le boulot, j’ai vraiment envie de me vider la tête. Je déteste prendre les transports en commun et ça me fait un bien fou de me déplacer à vélo.
Marina Cox : Alors, j’en discute régulièrement avec mes collègues. Donc, la plupart des collègues ici, qu’ils soient artistes ou membres de cette équipe vélo, sont cyclistes quotidiens. Et ils me disent qu’effectivement, ils s’y vident la tête en fait. Que c’est un moment comme entre parenthèses. Comme ça, entre… Ben… La vie familiale, la maison et le travail. Que donc, il y a ce… Voilà. Et donc… Et que de pédaler, tourner, faire tourner ses jambes, voilà. Alors, il y en a aussi qui ont des très chouettes trajets pour rentrer chez eux. Qui prennent la promenade verte et tout ça. Donc, peut-être que si j’habitais sur la promenade verte, que je serais moins hésitante.
Victor : Effectivement. Tous les trajets ne se valent pas.
Marina Cox : Tous les trajets ne se valent pas.
Victor : T’as un petit peu parlé de… Du fait que tu voulais partir… T’avais la volonté, il y a quelques années, de partir en voyage à vélo. Et donc, tu voulais apprendre à te débrouiller en cas de pépins. Et j’ai vu en fait que les ateliers avaient aussi un atelier pour monter ou préparer son vélo de voyage. Et donc, la question que j’avais, c’était pourquoi voyager à vélo ?
Marina Cox : Alors pour les bonnes raisons, moi, c’est… C’est : Sobriété, Éloge de la lenteur peut-être aussi. Donc, de se dire que à 50 km, à 100 km, à 200 km de chez soi, c’est aussi de redécouvrir en fait ce qui est près de chez soi. C’est une forme de proximité, de renouer avec une forme de proximité. Euh… Et du plaisir de cette proximité. Et d’en faire une découverte excitante aussi.
Victor : Je trouve qu’instinctivement, ça n’a même pas forcément envie. Quand on pense à un voyage, on pense loin et vite. Oui.
Marina Cox : Enfin, parce que c’est ce qu’on nous a quand même un peu imposé comme modèle, le voyage. Donc, c’est d’aller loin, c’est l’exotisme. Moi, j’ai du plaisir aussi à découvrir comment ça se passe à l’autre bout du monde. En tout cas, pour moi personnellement. Donc, il y a aussi une façon d’être dans le paysage, en fait. Moi, je suis une grande marcheuse. Je fais beaucoup de randonnées. Et j’ai presque le même plaisir à vélo, en fait, quand je voyage à vélo. Donc, de ce déplacement, j’adore l’idée de me déplacer d’un point à un autre, de faire un trajet. J’adore cette idée-là. Et d’être dans le paysage. De vivre dans le paysage. Donc, de voir le paysage. D’être… Voilà. Une forme d’harmonie. Sans tomber dans une espèce de truc pseudo-philosophique ou de… C’est pas renouer avec la nature, mais c’est d’être dans le paysage. D’être là où je suis, mais physiquement. Hum. Et donc j’ai ce plaisir-là à vélo, en tout cas.
Victor : T’as fait quelques beaux voyages, comme ça ?
Marina Cox : Je n’ai pas fait des énormes voyages, mais j’ai fait, oui, quelques voyages. J’ai fait des circuits en France. J’ai circulé en Hollande plusieurs fois. J’ai fait des grandes boucles en Hollande. J’ai fait des morceaux de la Meuse à vélo. Mais en partant de Bruxelles, quoi.
Victor : La belle vallée, la Meuse.
Marina Cox : Ah, à vélo, magnifique. Dès qu’on arrive en France, je trouve que c’est juste une splendeur. Une splendeur, je trouve.
Victor : Voilà. Si vous cherchez… Une idée de voyage à vélo, la vallée de la Meuse. Et donc, l’atelier, en fait, monté aux préparations de vélo de voyage, ça permet quoi ?
Marina Cox : Alors, ça permet d’adapter son vélo, un vélo, soit un nouveau vélo, soit d’adapter son vélo aux conditions du voyage. Donc, ça permet de l’équiper. Ça permet de choisir les bons plateaux, les bons dérailleurs, les bons couples, en fonction de ce qu’on va faire comme type de voyage. Ça permet de… Aussi, dans le cadre de cet atelier, en fait, on apprend quasi à démonter et remonter son vélo. Ça veut dire qu’au besoin, on peut démonter et remonter son vélo en cours de route. Donc, il y a cet aspect formatif en même temps, si vous voulez, que d’équiper le vélo lui-même, quoi. En tout cas, pour les voyages aux très longs cours… Moi, je me souviens, quand j’ai fait la formation vélo, il y avait des gens qui partaient en Asie à vélo. Avec le vélo, moi, que j’avais à l’époque, je serais pas partie en Asie avec mon vélo. Je veux dire, il n’était pas assez confortable. C’était un cadre aluminium. Un cadre aluminium qui pète en voyage, bah, c’est mort. On n’a plus de vélo, quoi. Donc, ça ne se ressemble pas, ça ne se répare pas, ou très mal. Donc, c’est aussi, voilà, de… D’adapter un peu au type de voyage que… Qu’on s’en… On s’imagine faire, quoi. Donc…
Victor : C’est quel type de cadre qu’on peut ressouder, si ça peut ?
Marina Cox : Bah, l’acier, c’est… Voilà. C’est plus confortable. C’est un petit peu plus lourd. Enfin, ça dépend quel acier. Mais… C’est plus confortable, c’est plus souple. Donc, le cadre bouge et donc il bouge. Donc, l’impact pour le squelette est moins… L’aluminium, c’est dur, dur. Et moi, j’avais un petit mountain bike des années 90 en aluminium. C’est avec ça que je voyage. Et… Donc là, quand on voyage une semaine, ça va. Mais si on voyage six mois, à mon avis… Dur, dur.
Victor : Ouais, c’est marrant. Moi, je fais aussi de la… Compétition en roulant en carbone. Et on dit souvent l’aluminium est confort. Mais effectivement, l’acier est encore plus confort. L’acier est plus confort.
Marina Cox : Ouais.
Victor : OK. Et pour conclure, il y avait une autre activité des ateliers de la Rue Vaud que je voulais aborder. Que t’avais… Dont t’avais parlé dans un autre épisode. Qui est Vélo Solidaire. Est-ce que tu peux nous parler de ce programme un peu ?
Marina Cox : Alors, donc ce programme, il est né d’une volonté de Bruxelles Mobilité. Donc c’est vraiment… C’est eux qui ont imaginé ce projet au départ.
Marina Cox : Pendant le confinement… Le premier confinement, je pense. Pendant la crise sanitaire. Je pense qu’ils avaient… Et des moyens. Et puis tout d’un coup, ils se sont dit… Mais voilà, il y a des flottes de vélos. En fait, il y a des tas de vélos. Des vélos volés, des vélos récupérés. Donc il y a des stocks de vélos qui traînent un peu partout dans Bruxelles. Récoltés par la police, par les agents de quartier, etc. Et donc c’était… Que faire avec tous ces vélos ? Et donc l’idée a consisté à proposer à trois assos. Pro Vélo, Cyclo et nous. De retaper les vélos. Ces flottes-là. Et de les mettre à disposition d’associations. Pour le public d’associations. L’association d’alphabétisation. L’association des femmes dans les quartiers. Associations diverses et variées. Quelquefois fait d’asile. D’offrir des flottes de vélos. Et c’était, dans un premier temps, Mettre ces flottes à disposition. Et puis on a commencé à mettre plein de petits projets Qui se sont agglomérés autour de ça. Qui étaient… Et ça c’est assuré par d’autres assos. Mise en selle. Apprendre à rouler à vélo en ville. Nous on fait des petites formations mécaniques vélo pour les gens. Et donc voilà. Le projet Vélo solidaire, c’est ça. S’adresse pour l’essentiel à un public assez éloigné de la pratique du vélo.
Victor : Donc il y a un pan social en plus.
Marina Cox : Absolument. Donc c’est des mises à disposition. Et alors du coup… Donc c’est les assos qui sont nos partenaires. C’est les assos qui sont demandeurs. C’est pas le public des assos. C’est les assos qui viennent vers nous. Parce qu’elles ont un projet. On va essayer de développer un projet autour du vélo. On va essayer de sensibiliser notre public. Offrir cette possibilité-là. Qui est aussi économiquement assez intéressante. Et donc on les accompagne en fait. Donc on met les vélos à disposition. On leur apprend à réparer les vélos. On leur apprend à rouler à vélo s’ils ne savent pas rouler à vélo. On leur apprend à circuler en ville. Pour en faire en fait des cyclistes quotidiens. L’idée étant que ça fera des automobilistes en moins.
Victor : Un cycliste de plus, un automobiliste en moins. Ok, super programme. Ecoute Marina, merci beaucoup. C’était un plaisir. Donc voilà, n’hésitez pas si vous avez besoin de faire réparer votre vélo. Si vous voulez en apprendre plus. Si vous voulez partir en voyage à vélo. Les ateliers de la rue Voot. Et puis si vous voulez faire de la céramique ou de la photographie. C’est possible aussi.
Marina Cox : Du cinéma, de la création sonore. Tout ça.
Victor : Super.