Dans cet épisode de Vélotaf, nous découvrons l’histoire captivante de Marina Cox et des Ateliers de la Rue Voot, où le vélo et l’art s’entremêlent pour façonner un avenir plus vert et plus juste.
Plongez au cœur de l’histoire inspirante des ateliers créés dans les années 70, qui ont su évoluer au fil des décennies pour s’adapter aux urgences climatiques et sociétales grâce à une démarche résolument circulaire et inclusive.
La crise pétrolière de ‘73 a donné naissance à un engouement pour la mécanique du vélo, incarnant un puissant levier d’émancipation et d’autonomie.
Bon épisode !
Pour contacter notre invitée, c’est par ici ( https://www.instagram.com/lesateliersdelaruevoot ) !
Ce que vous apprendrez dans cet épisode :
- 00:01:47 – Marina Cox : À la Découverte des Ateliers de la Rue Voot
- 00:03:31 – L’Histoire Singulière des Ateliers pendant le Premier Choc Pétrolier
- 00:06:14 – De la Mécanique Vélo à la Céramique : Une Approche Circulaire
- 00:07:41 – Les Principes Fondateurs des Ateliers et Leurs Évolutions
- 00:08:22 – Rêver d’une Ville Moins Dépendante à la Voiture
- 00:09:44 – L’Avenir de la Mobilité Urbaine : Envisageable et Souhaitable
- 00:11:03 – L’Importance des Transports en Communs pour Réduire la Dépendance Automobile
- 00:13:32 – L’Économie Circulaire et la Logique de Durabilité des Ateliers
- 00:16:46 – Un Futur Désirable : Sobriété et Bonheur sans Pétrole
- 00:18:38 – Le Rôle du Vélo et de l’Art dans la Construction d’un Avenir Plus Vert
Restez connectés au podcast Vélotaf, la suite de notre conversation avec Marina Cox revient dans quelques semaines. A la semaine prochain pour un(e) nouvel(le) invité(e) !
Quelques citations pour vous mettre l’eau à la bouche !
« En fait c’est des artistes qui, après 68, pensent que toute pratique artistique peut constituer un levier d’émancipation sociale. »
« Très très vite, on a aussi pris le parti de, de fonctionner avec la récupération. »
« On participe à ça, oui, à montrer que les alternatives sont possibles, accessibles, et à la portée de tous et toutes. »
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Ce podcast animé par Victor Blanchard est proposé par Bleen, et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique du Vélotaf.
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Grâce à Autoscript.fr, retrouvez notre échange avec Marina !
Victor : Aujourd’hui dans Vélotaf, j’ai le plaisir de recevoir Marina Cox, directrice des Ateliers de la Rue Voot. Les Ateliers de la Rue Voot, c’est une association créée dans les années 70 et qui propose aujourd’hui divers ateliers. Des ateliers vélo bien sûr, mais aussi des ateliers artistiques autour de la photographie, de la céramique, de la sculpture. Le point commun entre ces ateliers, c’est la volonté de mener les participantes et participants vers un travail autonome en leur apprenant à faire par eux-mêmes. J’aime beaucoup cette approche parce que c’est aussi ça l’essence du vélo selon moi. Un outil qui nous offre beaucoup de liberté car on peut maîtriser son fonctionnement et l’entretenir et le réparer soi-même. Aujourd’hui avec Marina, on va aborder le sujet suivant, moins de pétrole, plus de vélo. L’idée de ce sujet m’est venue du fait de l’histoire des ateliers, vous verrez, Marina vous expliquera. C’est volontairement vague, mais la discussion n’en a pas moins été passionnante. Je vous laisse donc avec Marina pour cet épisode de Vélotaf. Bonjour Marina. Bienvenue sur le podcast Vélotaf. Tu es Marina Cox, directrice des Ateliers de la rue Voot. Est-ce que tu peux un peu te présenter et nous présenter aussi les Ateliers de la rue Voot.
Marina Cox : Merci de me recevoir dans votre podcast. Je dirige les ateliers de la rue Voot qui est une association, une ASBL, l’association sans but lucratif, qui a fêté ses 50 ans il y a deux ans et qui a connu des développements divers et variés au long des 50 ans, qui est née de l’initiative de trois artistes, un photographe, un céramiste et un sculpteur. Donc ça c’est vraiment la jeunesse de cette maison, repose sur une proposition d’atelier artistique. En fait c’est des artistes qui, après 68, pensent que toute pratique artistique peut constituer un levier d’émancipation sociale, d’autonomisation, de prise sur la société. Et donc ces trois artistes montent des ateliers et partagent leurs compétences, en fait, en 1972. Et puis très vite, c’est 1973, le premier choc pétrolier. Donc à la fin de l’année 73, le gouvernement belge décide de mettre en place les dimanches sans voiture. Et donc décide que toute la Belgique, tous les dimanches, se passera dorénavant de voiture.
Victor : Et c’était tous les dimanches ?
Marina Cox : C’était tous les dimanches. Donc ça n’avait rien de festif. Donc c’était purement, si on n’a plus de pétrole, il faut qu’on arrête de rouler en voiture et il faut qu’on fasse des économies. Et on a fait à cette époque-là des économies dans tous les sens. Par exemple, dans les écoles secondaires, à partir de ce moment-là, les élèves ne sont plus allés à l’école le samedi.
Victor : Ils allaient à l’école le samedi?
Marina Cox : Le samedi matin. Il y avait école le samedi matin. Donc moi j’ai connu ça. Donc je me suis retrouvée au milieu de l’année 73, 74 à ne plus aller à l’école le samedi matin. Donc c’était chouette ça par contre. Et puis donc les dimanches sans voiture. Et à la lecture de ces nouvelles dispositions, les animateurs de ces ateliers artistiques, qui s’étaient adjoints aux compétences aussi de mécaniciens qui s’occupaient de la maintenance technique située de la maison, se sont dit si on ne peut plus rouler en voiture et si cette crise pétrolière prend de l’ampleur, on risque de devoir quand même tous retourner sur nos vélos. Si on doit tous rouler à vélo, on a, et ça c’était au cœur de l’activité ici, du propos en fait et des intentions en tout cas qui étaient portées dans cette maison, c’était l’autonomisation, l’émancipation. Donc si on doit rouler à vélo, on a avantage à connaître un petit bout de mécanique. Donc on va monter des ateliers participatifs, pédagogiques de mécanique vélo, et apprendre à réparer nous-mêmes nos vélos pour ne pas être dépendants. Et donc les premiers ateliers vélo sont nés en 74, au mois de février-mars 74. Donc on fête là maintenant les 50 ans des ateliers vélo de la rue Voot, précisément.
Victor : Génial, super bon timing !
Marina Cox : Voilà, alors ça a ronronné parce qu’il y avait un atelier par semaine le samedi matin, qui était animé par Jean Motelot, qui était un des très très très vieux membres de notre équipe et qui a pris sa retraite il n’y a pas très longtemps. Et donc le principe repose vraiment sur l’aspect participatif. Donc les gens ne viennent pas, ne déposent pas un vélo ici, et il n’y a pas des mécaniciens qui sont là et qui attendent le chaland, puis qui réparent les vélos pour les gens. Donc l’idée c’était vraiment d’apprendre à nos participants, à notre public, à réparer les vélos avec l’aide d’un mécanicien. Très très vite, on a aussi pris le parti de, de fonctionner avec la récupération. Et donc de récupérer des vélos de sources diverses, et donc on les vampirise, on les désosse, on récupère ce qui est récupérable, ce qui n’est pas récupérable par en déchetterie, à l’époque je ne sais pas trop ce qu’il y avait comme système de déchetterie, mais en tout cas on vampirisait déjà les vélos, et de pièces de récup, on reconstituait des vélos, on réparait les vélos, et on inscrivait déjà en fait notre activité dans une forme de circularité, et de soucis en tout cas de recyclage et voilà.
Victor : Et même logique sur le volet artistique aussi ?
Marina Cox : Sur le recyclage peut-être moins, quoique quand même très vite on a intégré, et en tout cas attendu qu’on ait tous conscience dans les ateliers artistiques de notre impact écologique en fait. Donc on a mis en place une série de dispositifs dans cette maison pour, par exemple il y avait des ateliers de photographie, à l’époque c’était de la photographie argentique, la photographie argentique c’est des produits chimiques d’une part, voilà, qu’il faut recycler, donc qui partaient déjà vers le recyclage chimique, on avait mis tout un système en place de récupération d’eau, parce qu’on utilise énormément d’eau pour la photo, pour le lavage des tirages, et donc à cette époque-là, toujours Jean Mottelot qui avait monté des ateliers vélo, on a aussi commencé à installer des panneaux solaires thermiques, et donc on a pu produire notre propre eau chaude, parce qu’on avait besoin d’eau chaude à 20 degrés pour les ateliers photo, on recycle la terre, donc on a beaucoup d’ateliers de céramique, on recycle la terre, on reboudine la terre, on la ré-impacte, on la réutilise, enfin voilà. Donc à peu près toutes les activités ont en tout cas ce souci, et depuis le départ, de leur impact, et de tâcher de minimiser leur impact sur l’environnement.
Victor : Et donc à l’heure actuelle, les ateliers, c’est toujours cette même logique, toujours ces mêmes activités ?
Marina Cox : Elles reposent toujours sur les mêmes fondements, en fait, et auxquels on est, voilà, qu’on a chevillé au corps, et auxquels on adjoint de nouvelles pratiques, on réévalue nos pratiques régulièrement dans toutes les activités de la maison.
Victor : Je voulais aborder un thème qui était lié en fait à à la création de ces ateliers vélo. Donc comme tu nous l’expliquais, tous les dimanches sont devenus sans voiture. Est-ce qu’à l’heure actuelle, ce serait envisageable de faire plus de jours sans voiture ? Parce qu’on sait qu’à Bruxelles, il y a un jour par an, c’est le dimanche sans voiture, et j’ai l’impression que tout le monde aime bien ça. Et voilà, est-ce que ce serait envisageable à l’heure actuelle de faire plus de jours sans voiture, de revenir à tous les dimanches sans voiture ?
Marina Cox : Alors moi, je n’ai pas d’opinion, à vrai dire, par rapport à ça. Peut-être que ce qui est… Donc on peut se féliciter de l’aspect très festif du dimanche sans voiture à l’occasion de la semaine de la mobilité, qui couronne la semaine de la mobilité au mois de septembre. On s’aperçoit quand même qu’en fin de compte, qu’est-ce qui se passe ce jour-là ? Les gens, ils se promenent en fait. Et donc qui se retrouve sur les vélos ? Les cyclistes du dimanche, en réalité. Et les autres, peut-être que les cyclistes quotidiens, sont beaucoup moins de sortie le jour du dimanche sans voiture. Alors je ne sais pas à quel signal, en réalité, ça a quel signal positif par rapport aux questions de mobilité. Je ne sais pas, en fait, si quelque part, l’idée fait son chemin auprès du grand public et des cyclistes du dimanche. Donc est-ce que pour autant, est-ce que le lundi, tout à coup, ils se posent la question et se disent est-ce que ce ne serait pas judicieux, parce que j’ai la possibilité de le faire, que le trajet est possible, qu’il n’est pas trop long, que les voies sont adaptées ? Est-ce que ces gens-là font le pas ? Je ne sais pas. Je ne sais pas si c’est le dimanche sans voiture qui provoque ça.
Victor : A ton avis, est-ce qu’une ville sans voiture ou avec une très forte diminution du nombre de voitures, c’est envisageable ? Est-ce que c’est souhaitable ?
Marina Cox : Je pense que c’est et envisageable et souhaitable.
Victor : Et donc le vélo aura finalement une grande place à jouer dans le futur peut-être, sur une ville ?
Marina Cox :Oui. Ça dépend des villes, ça dépend des tailles des villes. Et que le vélo, certainement pas. Tout ça doit être multimodal. Il faut pouvoir garder la multimodalité des transports. Et pour une ville comme Bruxelles, peut-être de revoir le réseau de transports en commun. C’est souvent assez questionnant la façon dont les transports en commun fonctionnent dans cette ville. J’étais à Berlin il y a quelques jours donc à Berlin, le soir, la nuit, les lignes de métro sont remplacées par des lignes de bus. Parce que c’est plus léger, il y a moins de monde, donc c’est remplacé par des lignes de bus. Le week-end, le vendredi et le samedi, le métro fonctionne toute la nuit. Et donc je pense que, je ne connais pas les chiffres, je ne vais pas trop m’avancer, mais il me semble qu’il y a beaucoup moins de berlinois qui ont des voitures que de bruxellois qui ont des voitures. Par exemple.
Victor : Oui, c’est logique qu’un réseau de transports en commun fort et cohérent permette de se passer plus facilement.
Marina Cox : Permette de se passer franchement de voitures. Je me souviens d’avoir rencontré, il y a une quinzaine d’années, je suis photographe moi en fait, de formation. J’ai fait le portrait du directeur président de l’Association des transports publics européens, dont le siège est à Bruxelles. Je ne me souviens pas s’il était hollandais ou allemand, et il vivait, genre, à Weesembekopem ou Tervuren, ou je ne sais pas, enfin, comme tous les hollandais, tous les allemands de Bruxelles, ou à peu près. Et il m’expliquait que dans le, je ne sais pas si c’était son pâté de maison, son clos, enfin, où il y avait et des expats hollandais, allemands, et quelques belges, les seuls qui se plaçaient en voiture, c’étaient les belges.
Victor : D’accord.
Marina Cox : Les hollandais et les allemands utilisaient le métro.
Victor : Donc il y a un vrai aspect culturel.
Marina Cox : Et donc il y a un truc, je pense, quand même aussi un peu culturel. Je pense qu’on dit que le belge a une brique dans le ventre. Il n’a pas qu’une brique dans le ventre, à mon avis. Il a aussi un moteur turbo logé quelque part.
Victor : Et est-ce que les ateliers, donc, ont vocation à jouer un rôle dans ce passage de, enfin, dans peut-être cette déconstruction de la centralité de la voiture dans l’esprit belge
Marina Cox : Alors, sur la déconstruction, oui, indirectement. Par ricochet, je pense, en fait. Et nous, notre rapport, il est de rendre la pratique du vélo accessible et donc la mécanique vélo accessible et donc la possibilité de garder un vélo en état accessible aussi. On voit bien, par exemple, dans toutes nos filières de récupération, on a régulièrement des syndicats d’immeubles qui nous téléphonent en nous disant, bon ben voilà, écoutez, dans les garages chez nous, il y a 12 vélos qui traînent depuis X années. Est-ce que ça vous intéresse ? Et donc c’est des vélos que, je ne sais pas, il y a un câble qui a lâché, il y a un pneu qui est crevé, les gens ne savent pas les réparer et c’est fini, ils abandonnent leurs vélos dans un coin. Je pense qu’une fois qu’ils sont passés par ici et qu’ils ont fait deux, trois séances d’ateliers participatifs, éventuellement une formation mécanique vélo, puisqu’on propose des formules assez différentes, je pense que les vélos, ils ne terminent pas au fond d’un garage et ils ne pourrissent pas au fond d’un garage. Et donc je pense qu’on participe du coup à ça, à cette autonomisation du cycliste qui n’est pas forcément dépendant de sa chambre. Voilà. On contribue de cette manière-là. On donne une vraie visibilité à la pratique du vélo, d’autant qu’en plus on multiplie le type d’activité ici.
Victor : Pour en rester dans les considérations un peu sociétales, je suis allé sur le site des ateliers et il y avait un article que je trouvais super intéressant sur l’économie circulaire. Et j’ai noté cette phrase que je trouvais vraiment intéressante. « Suite au début de la guerre au Proche-Orient, les robinets à pétrole se sont fermés. Nous étions subitement conscients de notre dépendance à cet or noir qui semblait pourtant devoir faire notre bonheur. Et ma question c’est, le pétrole ne ferait donc pas le bonheur?
Marina Cox : pense que ça fait presque consensus ça maintenant.
Victor : Mais en fait, moi je parlais avec beaucoup de personnes qui disent que c’est grâce à ça qu’on a notre niveau de vie actuel.
Marina Cox : Oui, pas que. Je veux dire, on peut remonter plus loin, on peut dire que c’est le charbon, on peut dire que c’est la révolution industrielle, que depuis le XVIIIe siècle, voilà. Et puis peut-être que c’est… l’humanité qui fonctionne comme ça, de « progrès » en « progrès » et qui cherche… Oui, je pense qu’on est habité par cette idée. Je pense que ça fait un peu partie de… en tout cas dans nos sociétés occidentales, clairement, l’idée de progrès et de…d’aller au-delà de ce que… à chaque fois de ce qu’on sait, de ce qu’on peut, de ce qu’on veut, et de chercher… Ben voilà, je sais pas… Et toujours pas… C’est pareil avec l’informatique, et puis l’intelligence artificielle, et puis je pense qu’on reste comme ça, dans cette espèce d’engrenage, comme ça, d’idées de progrès. Bon alors il se fait que c’est passé par le charbon et le pétrole, et que ça c’est pas le meilleur de notre affaire, et que c’était innocemment pendant très longtemps. Depuis que ce n’est plus innocemment, c’est plus questionnant de se dire que… de continuer à penser… On peut plus penser que ce n’est que notre bonheur le pétrole, clairement pas. Donc… Mais oui, ça a contribué à notre niveau de vie, bien évidemment. Je pense que c’est un des… du reste, un des vrais problèmes qui se posent pour tous les pays émergents, qui n’ont pas atteint notre niveau de confort, notre niveau de vie, et qui aspirent à ça, parce que ça fait partie des aspirations, je pense, de l’humanité, bien souvent. Et en tout cas qu’il y a un modèle, là, qui se présente comme presque incontournable, c’est assez compliqué de dire à l’Afrique, bah non, tu ne te développeras pas sur le même schéma que nous, et donc tu renonceras au pétrole. Enfin, voilà, je pense que c’est difficilement audible, de leur point de vue, quoi, et bien compréhensible.
Victor : Et est-ce que les ateliers, c’est finalement pas aussi de… fournir une sorte de contre-modèle à ça, de montrer avec toute cette logique de circularité ?
Marina Cox : Absolument. Donc c’est que, voilà, qu’il y a plein de possibilités, plein de cibles différentes, qu’on n’est pas obligé de changer de vélo tous les ans, qu’on n’est pas obligé d’acheter des vélos tous les ans, qu’on peut se déplacer dans une ville comme Bruxelles, contrairement à ce que les gens croient, il ne pleut pas si souvent que ça à Bruxelles, ça monte un tout petit peu, mais quand ça monte, ça descend aussi. Enfin, voilà. Donc je pense qu’on participe à ça, oui, à montrer que les alternatives sont possibles, accessibles, et à la portée de tous et toutes.
Victor : Je me pose aussi une question, très souvent, qui est sur comment, du coup, changer le modèle de société, et j’ai l’impression qu’il y a quand même une partie de la réponse se trouve dans le fait de proposer un futur désirable, en fait, mais décarboné, enfin un futur sobre, en fait, mais qui donne envie, qui ne soit pas, comme on l’entend souvent, un retour à la vie des cavernes. Et donc je me demandais si le vélo et l’art aussi, puisque c’est aussi une des activités des… des ateliers, est-ce que ces deux secteurs avaient un rôle à jouer là-dedans, et si oui, lequel ?
Marina Cox : Je pense qu’il y a eu un petit changement de paradigme, quand même, par rapport au vélo ces quelques dernières années, avec peut-être une bascule pendant la crise sanitaire, et en tout cas sous nos latitudes, je ne sais pas ailleurs, mais où le vélo n’a plus été considéré comme une punition, par exemple, donc… et que ça pouvait même être un plaisir d’aller travailler à vélo, qu’on pouvait y trouver du plaisir, donc… et que par là même, on contribuait aussi à, si pas décarboner, en tout cas à réduire l’empreinte, notre empreinte carbone. Donc peut-être que les deux choses ont fonctionné ensemble. Il y a des tas de choses qui se sont développées autour du vélo, sur le voyage à vélo aussi, enfin sur une autre façon de voyager en général, mais aussi sur le voyage à vélo, sur une forme de lenteur et donc de sobriété, et… il y a quelque chose qui, il me semble, quand même ces dernières années, qui a commencé à se concrétiser autour de ça, et pas seulement un truc de militant cycliste sur lequel tous les automobilistes râlent, quoi, donc… et donc je pense même que la perception des automobilistes a changé par rapport aux cyclistes. Moi, à l’âge que j’ai, j’ai vraiment vu une différence entre il y a 30 ans et aujourd’hui, franchement…
Victor : Ok, ça me fait plaisir d’entendre ça.
Marina Cox : Franchement.
Victor : Et l’art, a un rôle aussi ?
Marina Cox : Indéniablement. Donc, la culture et l’éducation, je pense que ça doit être central dans une société démocratique, d’abord, centrale. Je pense que c’est ce qu’on a de plus précieux, en fait, à faire valoir, à développer, je pense que c’est des… Voilà, que les artistes portent presque toujours une parole dissonante, je pense qu’ils sont souvent visionnaires, donc oui, je pense que c’est très très très important, très central, pour moi, en tout cas.
Victor : C’était Vélotaf, merci beaucoup pour votre écoute. Si ça vous a plu, vous pouvez nous suivre sur nos réseaux Instagram, LinkedIn et Facebook. Vous pouvez retrouver tous nos épisodes sur notre site internet blin.be. vous avez une idée d’invité, n’hésitez pas à nous envoyer un message et si vous voulez être accompagné sur vos projets en durabilité, contactez Bleen et on se fera un plaisir de vous aider. À bientôt !