#98 Si tu veux être riche, bosse pas dans le vélo. C’est un métier de passionné avec Jean-François Dhinaux

“Si tu veux être riche, bosse pas dans le vélo. C’est un métier de passioné.”

Plonge dans la rentrée… à vélo !

🎧Olivier De Schutter reçoit Jean-François Dhinaux, entrepreneur engagé et fondateur d’AZFLATE, pour décoder le déclic « vélotaf » : comment une habitude prise en septembre peut changer nos trajets — et nos vies.

De Vélib’ au vélo en entreprise, des fausses excuses aux vrais leviers, Jean-François partage les coulisses d’un marché B2B en plein essor, sa vision d’impact plutôt que business, et une annonce majeure sur l’avenir d’AZFLATE.

Un épisode qui te donnera envie d’essayer le vélo une semaine… et de l’adopter pour de bon. 🚲✨

🔗 Retrouve Jean-François Dhinaux et son univers :

– Linkedin : https://www.linkedin.com/in/jfdhinaux

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Pour en savoir plus sur notre hôte, Olivier de Schutter, et Bleen, il suffit de visiter notre site ⁠https://www.bleen.be⁠ 

 À très bientôt sur le prochain épisode ! 🌱

Quelques citations pour vous mettre l’eau à la bouche !

« Pratiquer le vélo au quotidien, ça change la vie (…). On achète plus local et plus frais, on bouge, on décompresse, on choisit l’école des enfants en fonction, notre lieu de domicile et de travail,… »

« Le trajet domicile travail est le meilleur moyen pour dicter nos habitudes de déplacement. »

« L’Allemagne utilise 4 fois plus vélo et pourtant ils adorent la bagnole! En France, la place du vélo a disparu dans les politiques d’infrastructure après les années 1970. »

« Aujourd’hui, en Allemagne, c’est mal vu pour un employeur de ne pas proposer de solution de vélo dans le package salarial. »

« Il faut des grandes perturbations pour changer les habitudes. Le covoiturage s’est devéloppé après les grandes grêves de 2017-2018. C’était l’essor de blablacar. Le vélo a eu le COVID. »

« Je souhaite que la prochaine révolution soit écologique. (…) Il faut un leader qui emmène une masse critique et qui incarne cette révolution. »

Grâce à ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠Autoscript.fr⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠, je vous propose de retrouver la transcription de notre échange. Ca se passe sur ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠https://bleen.be/velotaf⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠

Ce podcast animé par ⁠⁠Olivier De Schutter⁠⁠ est proposé par ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠https://bleen.be⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠, et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique du Vélotaf.

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Lire la transcription

Olivier DE SCHUTTER : Bonjour tout le monde et bienvenue pour un nouvel épisode de Vélotaf. On est en septembre, c’est la rentrée, le retour des classes. Et pour ce faire, j’ai un invité aujourd’hui qui s’appelle Jean-François DHINAUX. Bonjour Jean-François. 

 Jean-François DHINAUX :  Bonjour. 

Olivier DE SCHUTTER : Comment va-t-il en cette période de septembre, de rentrée des classes ? Est-ce que la rentrée des classes s’annonce bonne pour toi ?

Jean-François DHINAUX : Oui, elle s’annonce très bonne. Les gens ont passé de bonnes vacances, mais on a surtout préparé de belles activités de rentrée. Puis c’est une super période pour lancer des piqûres de rappel sur le Vélotaf.

Olivier DE SCHUTTER : Oui, effectivement, c’est vrai que c’est un mois assez chargé. C’est d’expérience et c’est un mois où les gens se mettent au Vélotaf.

Jean-François DHINAUX : C’est des moments de changement. En fait, dès que le Vélotaf… C’est une question de rupture dans ses habitudes et de prendre de nouvelles habitudes. Et en fait, quand on revient de vacances et qu’on reprend le travail et que les enfants reprennent l’école, etc., eh bien si on reprend des habitudes autrement, un peu mieux, on va essayer de les garder.

Olivier DE SCHUTTER : Eh bien écoute, je trouve qu’on parle beaucoup de nouvelles résolutions au mois de janvier et on ne parle pas assez des bonnes résolutions du mois de septembre. Donc voilà, on devrait en parler un petit peu plus. 

Jean-François DHINAUX : Je pense aussi.

Olivier DE SCHUTTER :  Jean-François, est-ce que… Tu peux peut-être te présenter en quelques mots qui es-tu, quel est ton parcours et quelle est ta légitimité finalement pour parler Vélotaf ?

Jean-François DHINAUX : Alors, je suis Jean-François DHINAUX. Je suis un entrepreneur engagé. J’aime le dire. .. Alors, j’ai plus de 50 ans aujourd’hui, mais mon parcours est semé de 5 expériences entrepreneuriales qui n’avaient pas grand-chose à voir avec le vélo avant de créer AZFLATE il y a un peu plus de 5 ans. Sinon, j’ai travaillé dans des grands groupes… Européens dans différents domaines, le digital, la distribution, la vente à distance, etc. Sur des sujets plutôt de transformation, digitaux, marketing et logistique. Et puis, j’ai également travaillé dans le monde de l’investissement, dans les fonds d’investissement et l’accompagnement de startups, en accompagnant notamment Michel Leclerc, le fondateur de Decathlon, sur sa holding d’investissement propre. Et puis en co-dirigeant le fonds d’investissement Vieilles Idées, fonds qui appartient à Mobivia, donc Noroto, Midas, etc., qui se chargent d’innovation dans le monde des nouvelles mobilités. Et c’est là que le virus des nouvelles mobilités, l’impact des mobilités du quotidien et plus spécialement du vélo, parce que j’ai pas mal œuvré dans ce fonds, on avait de belles pépites dans le monde du vélo, que ce soit la distribution, la réparation, etc. Et puis, un énorme sujet qui était Vélib, qu’on avait remporté avec une de nos startups et déployé le nouveau système Vélib, qui, même s’il n’est pas parfait, est tout de même le plus gros système au monde, le plus utilisé au monde, etc. Et c’est en fait à cette période-là que le virus du vélo au quotidien m’est venu. Et la compréhension de l’impact, du pouvoir que pouvait avoir le vélo à partir du moment où on le pratique au quotidien. Ce qui m’a amené à créer AZFLATE quelques années plus tard.

Olivier DE SCHUTTER : Ok, donc tu venais plutôt du monde de la tech et des startups.

Jean-François DHINAUX : Oui, tech. Mes projets entrepreneuriaux précédents étaient effectivement autour des chatbots, de ce genre de choses, ou de la prestation de services, de conseils, sur justement cet écosystème startup, grand groupe, investissement. Mais le monde de la mobilité, je l’ai appris par ViaID pendant plus de cinq ans. Et puis, la découverte de ce qu’est le vélo TAF, le vélo en entreprise et les dispositifs tels qu’on peut mener avec AZFLATE, c’est-à-dire de mettre à disposition des vélos aux collaborateurs en entreprise. Ça, je l’ai découvert dans le cadre de ce fonds d’investissement ViaID, en essayant de trouver des sujets d’investissement et de développement, et en découvrant ce qui était encore au début en Allemagne et qui est devenu un énorme sujet. Parce qu’on parle de millions de vélos en flotte en Allemagne sur ce sujet du vélo en entreprise et qui n’existait pas en France. Et c’est ce qui a fini par cheminer dans ma tête en disant qu’on devait apporter ça au moment le plus opportun. À l’époque, je parle d’il y a 7 ans, 8 ans, 10 ans, c’était encore beaucoup trop jeune. Est-ce qu’on n’avait pas forcément la culture du vélo au quotidien en France ? Du moins, on l’a perdu, on pourrait y revenir. Et puis, Covid est arrivé. Ça a été une très bonne impulsion pour commencer au déconfinement, à reprendre ces nouvelles habitudes, comme on en parlait pour la rentrée. Et je me suis convaincu que c’était le moment de lancer cette nouvelle offre.

Olivier DE SCHUTTER : Excellent. Et la mobilité jouait déjà un rôle important avant justement de la découvrir au niveau professionnel. Ou bien le vélo, tu en faisais déjà à l’époque ? Ou bien c’est vraiment venu via ton boulot ?

Jean-François DHINAUX : Alors, le vélo, dans mon parcours, il y a eu du vélo sportif. J’ai fait un peu de BMX quand j’étais ado. J’ai fait un peu de vélo de route en participant aux épreuves amateurs de Paris-Roubaix ou ce genre de choses. Mais je ne suis pas un grand cycliste sportif. Le cycliste du quotidien, qui est notre vrai sujet, c’est de dire, j’utilise le vélo comme un moyen de transport agréable. Et c’est mon moyen de transport privilégié quand je ne peux pas y aller à pied. Mais c’est le trait d’union avant de dire, j’ai vraiment besoin de la voiture pour y aller ou d’autres types de transports. Ça, ça m’est venu, il n’y a pas si longtemps que ça, ça doit faire un peu plus de 10 ans. Justement, dans cette période où je travaillais. Le monde de l’innovation et de la mobilité. Et j’y ai pris goût. Et c’est aussi le vélo assistance électrique qui m’a mis le pied à l’étrier dans cette histoire. C’est de la facilité. Et j’ai constaté moi-même qu’on parlait d’autre chose, d’une autre pratique. Ce n’est pas le vélo loisir qu’on sort le week-end avec le fameux vélo qu’on n’entretient jamais et qui traîne dans tous les garages. Et on regonfle les pneus et il sort deux ou trois week-ends par an avec les enfants. Ce n’est pas le vélo sportif où souvent je vais le mettre dans la voiture pour aller à mon point de départ et aller faire ma course. Non, c’est du vélo comme moyen de transport. Ce n’est pas du sport. C’est un moyen de déplacement. Et c’est le moyen le plus adapté quand je dois faire entre 1 km et 5, 10 km. Et d’essayer d’aller substituer ça à ce grand travers français. Dans lequel on est tombé depuis les années 70. C’est-à-dire prendre la voiture pour faire des micro-trajets remplaçables. Parce qu’il faut savoir que 65% des trajets de moins de 3-4 km faits en ville en France sont faits en voiture. Enfin, 65% des trajets faits en voiture en ville font moins de 3 km. Ce qui est une aberration.

Olivier DE SCHUTTER : Et à vide.

Jean-François DHINAUX : Et tout seul. Mais en plus, la problématique de tout seul, elle existe de moins en moins. Il y a plein de solutions pour emmener ses enfants à l’école. Ou pour emmener sa copine boire un verre avec un vélo à deux places. Ou à deux à vélo. Donc, on y reviendra certainement sur les freins. Ou les bonnes et mauvaises excuses pour ne pas le faire. La météo, j’ai des trucs à transporter. Et puis, qu’est-ce qui se passe ? Et puis, ça crève et c’est dangereux, etc. Mais ce sont des fausses excuses. Des fausses excuses.

Olivier DE SCHUTTER : Je reviens un petit peu sur ce fameux déclic. Donc, toi, tu lances AZFLATE, si je ne me trompe pas, en septembre 2020. Donc, quelques mois après le Covid. Le déclic, pour toi, ça a vraiment été le Covid. C’est quoi qui t’a poussé, finalement, à quitter ton jeu précédent ? 

Jean-François DHINAUX : Oui, en fait, on était en pleine crise mondiale. J’étais en gestion de portefeuille de start-up. Donc, c’est plein de projets d’entreprise qu’on accompagne en pleine crise mondiale qu’est le Covid. Et ça a été un peu le début de la crise mondiale. Et ça a pénalisé tout le monde, sauf les gens qui bossaient sur le vélo. Parce que, bien sûr qu’en plein confinement, là, ça a pénalisé tout le monde, tout le monde. Mais dès le début du déconfinement, j’avais même, moi, étant déjà persuadé à l’époque, commencé à œuvrer avec des associations, etc. Parce que les voies Covid qui ont été lancées pour les déconfinements, à la hâte, ça a été poussé par des initiatives populaires, citoyennes, dans chaque ville. Et j’y ai participé, que ce soit à Paris ou à Lille, qui est la ville où je réside. Et je me suis rendu compte que, pour la première fois, historiquement, dès qu’on créait des pistes cyclables, elles étaient occupées, elles étaient saturées. Et puis, les gens l’utilisaient de manière récurrente. Il y avait, au début, la peur de l’aspect sanitaire, de dire, « Je ne vais pas aller dans les transports en commun pour me choper le Covid de l’autre, etc. » Mais ça a été un super déclencheur de changement, comme on en parlait. C’est-à-dire qu’il y a un moment où, quand on a repris pour quelques jours le vélo tous les jours, on se rend compte que ce n’est pas compliqué. On se rend compte que, en fait, c’est vachement agréable. Qu’on a évité les bouchons, qu’on a eu un sas de décompression, etc. Et donc, on y reprend goût. Et c’est ce qui s’est passé sous mes yeux au premier déconfinement. On en a eu plusieurs, malheureusement. Et je me suis dit, eh bien, en fait, ton projet qui a maturé dans ta tête depuis quelques temps, c’est le moment ou jamais. Dans mes expériences entrepreneuriales, j’avais eu pas mal, enfin, à plusieurs reprises, j’avais lancé mon truc trop tôt. Et le marché, il est arrivé alors que j’avais déjà dû fermer parce que j’étais arrivé trop tôt. Et là, j’étais convaincu qu’il fallait lancer cette offre et plutôt commencer par la France, parce que j’étais français et qu’il n’y avait rien. Et puis que l’Allemagne était déjà un pays qui avait développé son offre. Mais la culture vélo n’était pas là. Cette culture du vélo au quotidien n’était pas là. Et comme il y avait ce déclencheur, ce détonateur qui était lancé, je me suis dit, là, c’est le moment ou jamais de le faire. Alors, ça n’a pas été simple. Ça a toujours forcément été plus lent qu’on ne l’imaginait au départ. Mais c’était le bon moment pour le faire parce que la vague était lancée et on pouvait avoir des premières belles références, des premiers éléments. On pouvait avoir des relais dans les médias parce qu’on est sur une période où ça parlait vélo de partout. Et donc, ça permettait de lancer ces nouveaux services, d’avoir des relais et d’aller évangéliser.

Olivier DE SCHUTTER : Et comme tu dis, il y a eu effectivement une grosse vague, un gros boost. Dans le secteur du vélo. Mais c’est retombé. Alors, on n’est pas revenu à la période pré-Covid, évidemment, heureusement. Mais par contre, on n’est pas resté sur cet exponentiel. Et ça s’est un petit peu stabilisé. Ce qui explique aussi qu’il y a beaucoup de marques de vélo, de magasins de vélo, d’autres startups et même de boîtes déjà bien établies, mais dans le monde du vélo, qui ont fait faillite, qui se sont pris le mur, etc. Parce qu’en fait… Les gens se sont un petit peu enflammés. Voilà, il y a une exponentielle, donc on investit. Et en fait, au moment où ça s’est un petit peu calmé, il y en a beaucoup qui, du coup, en ont payé les conséquences.

Olivier DE SCHUTTER : Et c’était mon cas aussi. J’ai aussi une aventure entrepreneuriale dans le monde du vélo à ce moment-là. Toi, de ton côté, qu’est-ce qui fait que tu as pu tenir bon ? Tu avais levé des fonds, vous aviez un produit qui était incroyable, enfin un service plutôt qui était incroyable. C’est quoi pour toi qui fait que vous avez pu passer ce raz-de-marée des faillites ?

Jean-François DHINAUX : Alors, déjà, nous, on est sur un nouveau marché qui n’a pas le même cycle et la même vie que le marché de la vente et du retail de vélo B2C. Oui, et on peut pouvoir y revenir, il y a des grosses fluctuations, il y a eu des grosses… très grosses fluctuations sur ce marché ces cinq dernières années. Mais nous, dans le B2B, dans le vélo en entreprise, c’est nouveau. On part de zéro, donc on fait de la croissance. On n’a pas fait une seule année en dessous de x2,5 en chiffre d’affaires. Mais quand on part de zéro, c’est un peu facile. Au bout de cinq ans, ça devient plus challengeant, mais on continue. Mais je dirais que c’est encore facile parce qu’on part de pas grand-chose et on défriche. Un nouveau marché parce que notre client, le payeur, c’est pas le même. C’est pas toi et moi, c’est l’employeur. Et en partie, les aides de l’État, etc. Donc, le mode de fonctionnement et notre marché, il était à découvrir. Ce qui, nous, nous a pénalisé, c’est plutôt quand les employeurs ont des craintes et ont des peurs ou ont des problèmes économiques. Et donc, par exemple, nous, le ralentissement ou le challenge qu’on a eu dans notre croissance, ça a été le début de la crise ukrainienne. Ou si on… Si on se souvient bien, nous, on était au tout début… AZFLATE avait à peine deux ans. On commençait à avoir des projets en gestation avec des gros clients pour enfin toucher des flottes en centaines de vélos. Parce qu’on était super contents. Première flotte de cinq vélos. Au bout de six mois, on avait une flotte de 50. Mais les flottes en centaines, ça arrivait au bout de la deuxième année. Et la guerre en Ukraine s’est déclarée. Souvenons-nous qu’on était… On était au début de cette crise à se dire « Ouh là là, mais comment on va passer l’hiver ? Il va y avoir des coupures d’électricité, des coupures de gaz. La Russie va nous couper. Nous, on va… On en était presque à s’équiper, des batteries, etc. pour savoir comment ça allait se passer pour l’hiver. » Il y a des gens qui ont changé de système de chauffage aussi, qui sont revenus au bois, au charbon, etc. Et on se parle d’il y a deux ans et demi. C’est pas si loin que ça. Et en fait, on a passé l’hiver sans ça. On a passé aussi cette période sans inflation. On a passé économiquement les grands employeurs au début. Donc là, je parle des grands groupes qui sont une bonne partie de nos clients. Quand on est dans un grand groupe, qu’on voit un effet macroéconomique tel que celui-là, la gouvernance fait qu’on dit « On stoppe tous les projets qui ne sont pas vitaux et on attend de voir comment ça se passe. » Et ça, ça a été tout le premier semestre 2023. Parce qu’en gros, tous ces déclencheurs se sont passés à partir de l’été 2022. Mais dès début 2023, tous les grands groupes ont serré la vis en disant « On va attendre, voir comment ça se passe. » Et puis au pilotage de 2023, au final, ça ne va pas si mal. On a passé l’hiver sans coupure. Il n’y a pas spécialement de grosse inflation. Et ces grands employeurs, et nous, c’est souvent dans le monde du service, donc les banques, le conseil, etc., voire même l’industrie, donc les résultats étaient, ils étaient au rendez-vous. Et donc, ils se sont mis plutôt à accélérer en disant « En fait, tout va bien. » Donc, on peut relancer ces projets et plutôt les accélérer sur le second semestre 2023.

Et ensuite, on a eu l’année Jeux Olympiques l’année dernière. Et donc, je termine sur la manière dont on l’a vécu. Nous, on a eu une exponentielle, un coup de ralentissement. Heureusement, ce n’était pas un arrêt ou de la décroissance parce qu’on venait de pas grand-chose. Donc, heureusement, on a continué la croissance, mais qui s’est ralentie début 2023. Une réaccélération très forte en exponentielle à partir de 2023. Là, on parle plus d’expérience entrepreneuriale, mais en fait, ce moment de pause a été très difficile à vivre en tant qu’entrepreneur parce que ça veut dire que tu restructures, tu enlèves des choses, tu te sépares de personne, de ton équipe, etc., parce que tu étais prêt à accélérer comme un malade et puis le marché, il n’est plus là. Ça ne dure que 6-9 mois, mais ça fait très mal parce que tu te dis, est-ce que le vent va revenir ? Et en fait, à posteriori, aujourd’hui, je me dis que c’est la meilleure chose qui nous soit arrivée parce qu’en gros, on s’est remis en point de forme et en mode commando pour la suite et on est passé d’un mode, effectivement, start-up où on a un gros potentiel, on lève des fonds, on construit une technologie puissante, on construit des process opérationnels, on était prêt et puis, crac, ça se met en pause. Et nous, à ce moment-là, grosse différence, direction vers faire un modèle rentable et durable et il va falloir durer dans le temps. Et on est passé d’une boîte qui était potentiellement en difficulté de se faire parce qu’en plus, avec un marché financier qui s’était fermé début 2023 à une boîte break-even et rentable fin 2023 par tout ce travail. Et depuis, on est sur une belle entreprise, je ne définis plus comme une start-up, qui est rentable et qui développe de manière durable et dans tous les sens du terme son modèle économique. Et si je refais une parenthèse sur le B2C, que je connais pas mal aussi, c’est que, oui, il y a eu une bulle, y compris un peu sur notre marché post-Covid, donc grosse accélération, grosse demande, ce qui fait qu’on achète tout ce qu’on peut, on importe tout ce qu’on peut, parce que le marché veut du vélo et veut du vélo électrique et veut des prestations de répartie, parce qu’il y avait des primes pour ça, etc. Donc, pléthore, le marché déroulait ça. Et il y a eu un moment de saturation, parce qu’effectivement, je ne rachète pas un vélo électrique tous les ans. Une fois que mon vélo est réparé, il a fait la maintenance, je ne passe pas d’une culture, je reviens sur cet aspect culture, où la majorité des Français ne vont jamais faire entretenir leur vélo parce qu’ils ne roulent pas avec, tout simplement, donc on a tous eu des vélos dans le garage qui n’ont jamais vu un technicien, parce qu’on met un coup d’huile, et si c’est dans ma résidence de vacances, parfois on se retrouve à mettre l’huile de friture dedans, et je regonfle les pneus, et c’est reparti, mais le vélo va faire 20, 30, 40 km par an. C’est la majorité des vélos qui traînent chez nous qui font ça, voire moins. Et donc, ce n’était pas un sujet, et je ne passe pas, de ça à un marché qui déroule comme aux Pays-Bas, où c’est l’industrie du vélo. Et en fait, il y a eu un effet bulle qui, en plus, a été amplifié par des opportunistes, des entrepreneurs, ou des gens qui ont vu ça comme une opportunité de lancer une marque de vélo, de lancer une chaîne de magasins de vélo, etc. Mais c’est les mêmes gens qu’on retrouvait avant, à vendre des cigarettes électroniques et à faire d’autres choses après. Et le marché a mis un moment à digérer. Il y avait des incapacités industrielles, parce qu’il n’y a quasiment pas de vélos qui arrivent sur le marché sans qu’ils soient équipés par Shimano. Et Shimano, il ne double pas ou triple pas ses capacités de production, qui sont des méga-usines en claquant des doigts. Donc, il y avait des choses qui étaient inéluctables. Et par contre, il y en a qui se sont mis à commander, fassent aller se cumuler d’année en année. Et c’est très difficile, après avoir fait un plus 50% de chiffre ou de volume, de faire un budget l’année d’après qui soit en régression. C’est très difficile. Et ce n’est pas que dans le vélo. Si on regarde le domaine du bricolage, c’était pareil. Le bricolage a explosé pendant le Covid. Et quand on s’appelle Casto ou Laura Merlin, c’est difficile d’aller présenter une année suivante en disant, pour finir, on ne va plus faire de croissance alors qu’on a fait plus 20 ou plus 30 l’année dernière. Pour des boîtes qui, d’habitude, font plus 1, plus 2, ou moins 1, moins 2. Mais c’est une réalité. Il y a eu un événement exceptionnel et tout le monde ne l’a pas traité comme un événement exceptionnel. Et j’ajoute à cela deux choses. C’est que le monde du vélo, ça a toujours été cyclique. Je l’ai connu avant de rentrer dans AZFLATE. Donc, c’est une prudence que j’avais parce que les marchands de vélo, les magasins de vélo, j’ai eu des chaînes de vélo dans le fonds d’investissement qu’on gérait. Il y avait une bonne année, une mauvaise année, une bonne année, une mauvaise année. Ça a toujours été cyclique. C’est le cas de le dire, d’ailleurs. Et puis, il y a un autre aspect. Ça, c’est un vieux vendeur de vélo qui m’avait dit ça un jour, mais c’est complètement vrai sur tous les modèles de vélo. C’est que si tu as envie de devenir riche, ne fais pas ton business dans le vélo. N’importe quel business. C’est que c’est un business de passionné. Passionné de vélo. Moi, ce qui me passionne, ce n’est pas le vélo. Ce qui me passionne, c’est l’impact que peut avoir le vélo sur nos vies, sur notre environnement, etc. Mais donc, c’est ce qui me passionne et ce qui me fait lever le matin. Si tu cherches à faire de l’argent, ne va pas dans le vélo. Parce qu’il y a plein de choses qui font que c’est compliqué, le vélo. Moi, je suis dans le vélo de fonction. Livrer un vélo de fonction, c’est livrer un vélo, un gilet, un casque, des accessoires, etc. Tous avec des coloris, tailles, etc. Alors que quand on livre une voiture de fonction, on livre une voiture. Quand on livre une voiture, on n’a pas à repasser chez le concessionnaire 15 jours pour faire régler toutes les vis, etc. Un vélo, les premières semaines, ça se dérègle. C’est normal. Parce que c’est un objet mécanique complexe. Et tout ça fait que que ce soit dans les process, dans les outils, c’est un métier de passion. Il faut qu’il y ait de la passion pour le faire. Parce que ce n’est pas l’argent qui va te driver sur le vélo. La passion de l’impact.

Olivier DE SCHUTTER : Je te rejoins effectivement un petit peu sur ce point-là. Alors, du coup, toi, tu étais passionné ?

Jean-François DHINAUX : Ce qui me passionnait, c’est l’impact que peut avoir le vélo. Alors, j’aime l’objet vélo. Mon épouse dirait que j’ai une collection de vélos. Je stock des vélos que j’aime bien, que j’ai trouvés au camp, etc. Mais c’est surtout que quand j’ai découvert que pratiquer le vélo au quotidien, ça changeait, et je pèse mes mots, la vie, je me suis dit waouh ! C’est un moyen de… de mettre un sens dans ton job. Et avant, donc avant de créer AZFLATE, j’avais ce projet dans ma tête où j’avais pris conscience que j’étais capable d’aligner mes… on va dire ça, mes talents ou mes gènes d’entrepreneur avec un projet qui avait du sens et qui me disait tu peux avoir un impact positif en développant un projet entrepreneurial qui change un petit peu la vie des gens et qui va un peu changer l’environnement, etc. Et qui va me permettre de dire j’essaye de faire au moins ma part dans ce qui se passe autour de moi. Je suis plus fier de ce que je fais, je suis plus fier en regardant mes enfants en disant j’essaye de contribuer. Il y a des années où on se sent très utile et puis il y a des années au milieu d’un certain backlash, on se dit waouh ! Il faut y croire plus longtemps que les autres pour y arriver. Mais parce que quand on se met à faire du vélo au quotidien, on change sa manière de… ses réflexes. On réfléchit à… Par exemple, si on doit aller faire ses courses, on va aller un peu moins dans un grand supermarché, on va acheter le nécessaire, on va y aller un peu plus régulièrement, on va acheter plus frais, souvent avec des circuits un peu plus courts, etc. On va prendre un peu plus soin de sa santé parce que même avec du vélo assistance électrique, c’est une activité, c’est pas un sport. Mais c’est comme si on faisait de la marche, etc. Et donc on bouge, on n’est pas dans un transport en commun ou assis dans sa voiture, etc. On a aussi une bulle dans son cerveau, c’est que c’est un vrai sas de décompression entre le moment où on travaille et le moment où on rentre chez soi et on peut se reconnecter à sa famille. Là où en transport en commun, on ne passe pas toujours à un bon moment, en voiture, on peut passer plutôt dans les bouchons ou dans le stress des interactions, etc. Il y a de multiples bénéfices sur sa manière d’être, de consommer, sa santé physique, mentale et à partir du moment où on met ce vélo dans notre quotidien. Et ça, moi, ça me dit qu’à chaque fois qu’on met un collaborateur d’entreprise au vélo, on change la donne et on revient sur cet aspect. Pourquoi est-ce que je suis convaincu que le vélo-taf, ça passe par les employeurs ? C’est que… Le… Le trajet domicile-travail, c’est un des meilleurs moyens de changer les habitudes. C’est-à-dire que le mode de transport qu’on utilise pour aller au travail va dicter mon mode de transport premier à la maison. C’est… Parce que c’est celui que j’utilise tous les jours. Enfin, 5 jours sur 7. Donc, le premier véhicule prêt à partir de la maison, c’est celui que je vais utiliser aussi le week-end pour aller acheter ma baguette de pain. Et donc, si c’est mon vélo qui est prêt à partir avant ma voiture, c’est mon vélo que je vais utiliser pour aller chercher la baguette de pain. C’est mon vélo que je vais utiliser pour aller déposer les enfants. Je vais adapter plein de choses pour pouvoir faire plus de choses au vélo mécaniquement. Ça va parfois jusqu’à… Je vais choisir mon emploi, mon employeur ou je vais choisir l’école des enfants ou la nounou, etc. sur un trajet praticable pour le vélo. Je vais choisir un employeur ou une école où mon enfant peut laisser son vélo, etc., etc. C’est un cercle positif à partir du moment où on a mis cette graine dans le quotidien. Bon,

Olivier DE SCHUTTER : tu nous as parlé d’AZFLATE. On l’a compris plus ou moins dans les lignes, mais est-ce que tu peux juste le pitcher, là, en 30 secondes ? Tu fais quoi ?

Jean-François DHINAUX : En fait, notre job, c’est d’aider les employeurs, donc les entreprises, mais j’aime bien dire employeurs parce que ça peut être aussi secteur privé, public, association, etc., à faire que leurs collaborateurs utilisent plus le vélo au quotidien. Ça, c’est notre mission. Et en fait, derrière cette mission, c’est quoi les produits ? C’est quoi nos offres de services et de produits ? Le produit le plus classique, c’est que l’employeur peut mettre à disposition un vélo. Il est souvent à assistance électrique, mais ça peut être un vélo mécanique, adapté à l’usage du collaborateur, avec ou sans contribution du collaborateur, c’est-à-dire que soit c’est gratuit pour le collaborateur, soit il va payer une petite contribution mensuelle sur son salaire, et ça devient son vélo. Et on va lui livrer, l’entretenir, l’assurer contre la casse et le vol, il va avoir l’assistance, etc., pour que ça soit un truc le plus zéro souci. C’est là où on lève les freins. On amène de la formation à la sécurité routière, on amène de la remise en selle, etc., pour qu’il n’y ait pas d’excuses s’ils ont des problématiques d’équipement, d’entretien, etc. On est là pour les y aider. On amène du full service autour de ça, et on permet à l’employeur d’avoir, d’avoir des collaborateurs qui vont faire plus de vélo au quotidien. Alors, ce n’est pas tous les collaborateurs, etc. On touche essentiellement, là où il y a beaucoup à faire, c’est sur les collaborateurs qui ne sont pas équipés de voitures de fonction, parce qu’en gros, c’est l’énorme majorité de tout le monde, des collaborateurs, et on vient en alternative à la voiture personnelle, au transport en commun, ou à d’autres modes de transport, aux scooters, etc. Et on vient et on donne ce coup de pouce. Ce coup de pouce, il est financier parce qu’acheter un vélo à assistance électrique, c’est 2 000, 2 500 euros. L’assurer, c’est 15 à 20 euros par mois. L’entretenir, parce qu’une fois qu’on roule à vélo réellement tous les jours, il faut lui faire au moins une révision par an. Une révision, c’est 70 euros. Une révision d’un vélo, c’est le même prix qu’une révision d’une voiture chez Noroto. Donc, ce sont des budgets. Et à partir du moment où l’employeur peut aider à prendre en charge, et on a la chance qu’en France, il y ait des dispositifs qui permettent que ce soit exonéré de taxes, exonéré de charges et qu’il y ait des aides de l’État pour ça. Donc, le coût pour l’employeur, il est très réduit. Et l’avantage pour le collaborateur, il est très élevé. Et donc, le produit phare, c’est ça. C’est ce qu’on peut appeler le vélo d’entreprise, le vélo de fonction, on l’appelle comme on veut. C’est un vélo que le collaborateur choisit dans un catalogue qu’on met à disposition. L’employeur le prend en charge en tout ou partie. Et le collaborateur, il dispose d’un beau vélo entretenu, assuré, etc., etc. Et autour de ça, on a tissé beaucoup de services qui vont… Des services liés à ce vélo, donc l’assurance, l’entretien, etc., l’assistance et autres. Mais aussi, par exemple, de la formation à la sécurité routière où on a parfois des entreprises qui nous disent « Moi, je ne veux plus ça. Je veux que vous fassiez des ateliers de formation à la sécurité routière parce que je veux être sûr de faire des services de sécuriser au mieux mes collaborateurs. » Et en plus, c’est une obligation à l’employeur qui est parfois oublié. Mais un employeur, il a une obligation de sécurité pour ses collaborateurs sur les trajets domicile-travail. Peu importe qu’ils viennent avec un vélo ou avec le métro, etc., si l’employeur est à connaissance d’un risque, c’est son job que d’accompagner, de se prémunir de ce risque. Ça ne veut pas dire qu’il ne peut pas y avoir d’accident, mais il doit régulièrement se poser la question des risques et dire « Comment je vais former, informer, équiper pour gérer ce risque ? » Et par exemple, on a dans les freins du vélo en entreprise, on a parfois des entreprises qui disent « Moi, je ne veux surtout pas mettre en place du vélo d’entreprise ou du vélo de fonction parce que si il y a quelqu’un qui se plante, ça va être de ma faute. » Mais en fait, c’est l’inverse. Parce que si vous mettez en place du vélo de fonction, vous, en tant qu’employeur, vous avez la possibilité en cas de problème de dire « Moi, j’ai fait tout mon job. Je le remets à disposition à vélo, entretenu, assuré, formé. Je leur mets un casque, je leur mets un gilet, etc. Donc, j’ai fait mon job d’accompagnement. Les accidents, ça arrive, mais ça arrive aussi en voiture, ça arrive en métro, etc. Mais j’ai fait tout ce que je pouvais pour sécuriser mon collaborateur. La pire des choses pour une entreprise, c’est de donner une prime ou de dire « Allez, venez à vélo s’il vous plaît, etc. » Et de voir des collaborateurs qui viennent avec des vélos qu’ils ont récupérés sur le bon-coin, pas entretenus, débridés ou j’en sais rien, sans formation et qui redéboulent. Et c’est là où il y a un risque en tant qu’employeur. Parce que là, l’assureur, s’il y a un vrai souci un jour, va venir voir l’employeur et dire « Vous avez poussé vos collaborateurs à faire du vélo, mais qu’est-ce que vous avez fait pour les sécuriser ? » Et ça, c’est un des freins qu’on vient lever quand on discute avec les gens en frein dans l’entreprise. Puis après, côté collaborateur, c’est plutôt les sujets de « Ah bah oui, mais qu’est-ce qu’on fait quand il pleut ? » Ça, c’est le premier souvent qui arrive. Sauf que quels sont les pays les plus cyclistes au monde ? Ce sont les pays où il fait froid et il pleut. ‘est plutôt l’Europe du Nord. Et le vrai problème du vélo, c’est plutôt le chaud. Pourquoi est-ce qu’en Espagne ou en Italie, on ne fait pas trop de vélo au quotidien ou on commence seulement à s’y mettre avec le vélo à assistance électrique ? Parce qu’il fait trop chaud. Et c’est pour ça que ce sont les pays à scooters plutôt que les pays à vélo historiquement. Et c’est un des exemples de freins qu’on vient lever.

Olivier DE SCHUTTER : Et la France là-dedans ? Parce que moi, je suis basé en Belgique mais ceci dit, en Belgique, il y a quand même un contraste entre le Nord et le Sud avec la Flandre, la Wallonie. Pas le même dénivelé mais aussi surtout pas la même culture non plus. Mais par rapport à la France, pourquoi est-ce que la France est en retard par rapport à d’autres pays européens ? Tu citais l’Allemagne tout à l’heure par exemple. Tu as cité la Hollande. On peut parler du Danemark. Ok, il peut faire chaud pour certaines parties. Maintenant, toi, tu viens de Lille. Donc, il n’y a pas une grosse différence en termes de climat ?

Jean-François DHINAUX : La différence, elle est d’abord liée à des choix culturels et on va dire des choix politiques territoriaux. En France, moi, j’aime bien faire la comparaison avec l’Allemagne parce que souvent, je ne dis pas ça. Moi, je viens du monde de l’automobile et j’aime bien la voiture. Juste, j’aime bien qu’elle garde sa place. Mais, quand on compare avec l’Allemagne, ce que j’aime bien, c’est que ça fait un peu taire les gens qui détestent le vélo parce que pour aller défendre la voiture, ce n’est pas ça le sujet. L’Allemagne, c’est le pays de la bagnole. Ils adorent la bagnole et ils utilisent quatre fois plus que nous au quotidien le vélo. Quatre fois. Chez nous, c’est un peu entre 3 et 4 % des trajets du quotidien se font en vélo. En Allemagne, c’est plus de 12. Et ce n’est pas que dans les grandes villes, c’est partout. Et c’est pareil en France. Et donc, qu’est-ce qui s’est passé ? C’est que dans les années 70, au moment du choc pétrolier, en France, on a fait le choix du tout gasoil et de pousser nos constructeurs automobiles, etc. Et la place du vélo, elle a été oubliée dans toutes les politiques d’urbanisme. Là où, par exemple, aux Pays-Bas, à l’opposé, ils ont fait le choix du vélo. Et c’était un pays, les villes des Pays-Bas étaient beaucoup plus envahies par les voitures au début des années 70 que les villes françaises. Mais ils ont fait un choix de mettre de la place, de laisser de la place. Et en France, les pistes cyclables, ça n’existait pratiquement plus. Le réseau cyclable inter-ville, etc. n’existe quasiment plus, pas encore, n’est même pas encore revenu.

Jean-François DHINAUX : Et de ce fait, pendant quelques décennies, on a oublié l’usage du vélo au quotidien. L’essence n’était pas chère, on avait du gasoil, etc. Donc, c’était du tout voiture.

Olivier DE SCHUTTER : Excuse-moi, je reviens là-dessus, mais qu’est-ce qui fait que la France a l’habitude de réagir différemment ? Il y a eu cette stratégie, justement ? 

Jean-François DHINAUX : En fait,en Allemagne, on a maintenu la place et le rôle du vélo dans le quotidien. Et elle était certainement plus ancrée historiquement qu’en France. Mais il y a eu… Je n’explique pas tout, il faudrait demander à des historiens de détailler ça, mais il y a réellement eu un moment où il y a eu ou un raté, en tout cas, d’orientation à ce moment-là, au début de la crise pétrolière, au début des années 70, où on a oublié le vélo dans toutes nos politiques. Et ça rentre même dans le… Si je prends l’exemple avec l’Allemagne, c’est que dans la culture, ça commence par l’enfance, ça commence par où est-ce que j’apprends à faire du vélo, c’est… Est-ce que je vais à vélo à l’école très tôt ? Et c’est pas… C’est avec mon vélo, même en France, même moi, j’y suis pas encore. Mon fils, il rentre en sixième, c’est que maintenant qu’il va y aller avec son vélo, c’est pas normal. Il aurait dû aller à partir du CE1, CE2, CE2, CM2 avec son propre vélo. Mais c’est pas dans notre culture. En France, c’est pour ça qu’on aime bien les long-tails, les cargos, on met tout le monde dans le truc. Mais si on va en Allemagne, même un peu en Belgique et aux Pays-Bas, très, très tôt, on va avec son propre vélo en Suède, sur la neige, ils vont très, très tôt avec leur propre vélo les enfants à l’école. Et c’est ça qui est maintenu. Mais en France, ça, ça n’était pas ancré dans notre culture. Et donc, il y avait déjà une petite différence qui s’est accentuée pendant toute la fin du XXe siècle. Et en fait, on n’est que sur un retour et un rééquilibrage. Parce que, mais cette culture, il fallait un truc aussi violent que le confinement. Pour venir nous faire changer. Et dans le monde des mobilités, il faut vraiment des trucs violents pour faire changer. Si on prend un autre sujet, c’est le covoiturage qui s’est développé en France juste par les grandes grèves de 2000, je ne sais plus si c’était 17 ou 19, au moment où on a eu les longues grèves SNCF, transports en commun, etc. Et c’est ce qui a fait l’essor de Blabla Car, mais aussi du covoiturage du quotidien. La claxite, etc. qui est devenu aussi Blabla Car. Les systèmes existaient, mais ça ne prenait pas. Mais d’un coup, tout a été bloqué et c’était la solution qui nous pendait au nez. Et ça a été le cas au déconfinement avec le vélo. Donc, oui, on a eu cette bulle et ce renforcement des usages post-Covid avec des très gros taux de croissance. On a eu je pense qu’on est sur une notion de palier et que là, on a maintenant passé une phase où, si je prends l’exemple de Paris qui a changé complètement de tête en 4-5 ans, mais là, on est en train de digérer une première phase où les pistes cyclables sont saturées. Donc, ça commence à être plus très sympa de faire du vélo dans le Paris parce qu’il commence à y avoir trop de vélos et donc, ils sont en train de les doubler, les tripler, etc. Là où les gens de l’urbanisme et les mairies, etc. ou les régions ou les métropoles, quand elles créaient les pistes cyclables, c’était plutôt du greenwashing et puis après, il y avait tout le monde pour dire tout à l’heure, vous avez créé une piste cyclable et elle n’est pas utilisée. Aujourd’hui, quand une piste cyclable est créée, elle est, dans l’extrême majorité des cas, vite saturée. Et simplement, la création de pistes cyclables, c’est le long projet et donc, c’est pour ça qu’on est sur des paliers parce que la vraie, la vraie clé, une fois qu’on a basculé vers l’usage comme ce que Covid nous a permis de faire en France, c’est juste l’équipement. Et l’équipement, ça ne se change pas du jour au lendemain. L’infrastructure. Et l’infrastructure, c’est les pistes cyclables, c’est les parkings à vélo, c’est que les entreprises puissent accueillir aussi les gens qui viennent à vélo, etc. Les commerces puissent accueillir les gens qui viennent à vélo.

Olivier DE SCHUTTER : Il faut effectivement des grandes perturbations, des grandes crises pour faire changer les choses. À ton avis, la prochaine, le prochain gros boost pour le monde du vélo, qu’est-ce que ça pourrait être ?

Jean-François DHINAUX : J’aime dire que pour l’engagement, c’est un engagement. J’entreprends non pas pour la nouvelle mobilité, mais pour le vivant. Et on vit en ce moment une période, j’espère qu’elle se termine de backlash depuis l’élection de Trump où tous les progrès dans au moins l’énergie qu’on pouvait mettre dans l’évolution de notre environnement depuis le post-Covid, on est sur une longue longue période depuis bientôt un an maintenant de retour en arrière, de remise en cause de tous les progrès qu’on pouvait faire. Je me suis battu là cet été contre la loi Duplon de manière assez véhémente. Ça n’a rien à voir avec le vélo. On m’a même reproché de dire qu’est-ce que Monsieur Vélo fait sur ce sujet. Je fais sur ce sujet parce que c’est, je ne me bats pas pour le vélo, je me bats pour un meilleur environnement, pour qu’on ait un air respirable et laisser quelque chose à nos enfants et petits-enfants. Et ce que j’espère, c’est que la prochaine révolution, ça soit une révolution écologique, c’est que les crises que nous sommes en train de vivre, pollution, intoxication, les machins, enfin, parce qu’il y a un moment, il faut qu’on ouvre les yeux, les grands incendies, les épisodes de canicule que l’on vit maintenant tous les ans, on trouve ça normal. Je ne vivais pas une canicule par an il y a encore 10 ans. Les micro-plastiques qu’on retrouve dans toutes nos eaux maintenant, etc. Moi, ce qui me, il faut que je me calme moi-même de temps en temps, mais ce qui me révolte, c’est que ça ne révolte pas tout le monde. C’est qu’il y a encore beaucoup de monde qui se disent, c’est comme ça. Et puis, il faut s’aligner par le bas. C’est ça, c’est ce qui me révolte sur la loi du plomb, c’est que ça ne peut pas être une bonne raison parce que les autres ne le font pas, nous, on va faire comme les autres. Ça, ça s’appelle l’instinct grégaire. Et s’il y a 10 moutons qui ont sauté une falaise, est-ce que le 11e doit sauter aussi ? Non. Et j’espère, voilà, j’espère que on va vivre le plus prochainement possible une révolution, on va appeler ça écologique, pas dans le sens politique, du terme, je ne suis pas un écologiste, je suis juste un militant pour la vie et j’espère qu’on va vivre cette révolution parce que il y a tellement de trucs qui sont sur, dans mes études de marketing, je ne sais pas, c’était quelque chose, la pyramide de Maslow, il y a les besoins primaires jusqu’aux besoins d’accomplissement. Nos besoins primaires, ils sont vachement challengés aujourd’hui, respirer, vivre, boire et il y a un moment où ça va un peu être questionné par rapport à la politique de consommation qui est tout en haut de cette pyramide et donc voilà. J’espère que ce sera plus une révolution verte qu’une révolution comment dire, économique comme là, on nous annonce des grandes grèves pour le 10 septembre etc. parce que parce que parce qu’il y a un rallye qui est en train sur pas mal de sujets mais je pense que le fond du fond c’est notre j’utilise des grands termes mais notre projet de société donc on est parti du vélo taf au projet de société mais c’est pour moi le vélo taf est un symbole et en même un signe extérieur mais en même temps un catalyseur de changement et c’est c’est pour ça qu’on en arrive vite à que ce soit pour les promoteurs ou les détracteurs de ce vélo au quotidien on en arrive vite à plein de sujets en disant c’est politique etc. tous les détracteurs derrière leurs volants etc. ils vont nous obliger à tous rouler demain. Non, non mais c’est juste que c’est c’est un catalyseur et que c’est ça va bien au delà de juste faire du vélo.

Olivier DE SCHUTTER : Dans tous les cas pour une révolution il faut un déclancheur.

ça peut être une grande crise, ça peut être ça peut être une guerre, ça peut être une pandémie, ou alors ça peut être aussi une masse critique qui qui finalement devient un peu par effet de c’est une masse critique et en fait par influence finalement voilà c’est la puissance.

Jean-François DHINAUX : Moi je suis persuadé que c’est une masse critique et un leader. Un leader qui amène cette masse critiqu. C’est-à-dire qu’il y a et je pense que ça a besoin d’être incarné dans plein de révolutions qu’elles soient positives ou négatives dans notre histoire il y a toujours ça a toujours été incarné par une personnalité et le je pense que ça manque ça aussi. C’est que il y a une personnalité avec un projet avec avec une une envie et qui soit assez universelle c’est-à-dire qu’aujourd’hui il y a des il y a des il y a des il y a des porteurs de des personnalités mais parfois trop radical trop politisé, c’est pas un sujet politique c’est pas un sujet alter mondialiste c’est pas un sujet machin c’est c’est de et ça a besoin d’être porté aujourd’hui il n’y a pas de il n’y a pas de personne pour porter un projet qui nous emmène vers ça. La masse critique c’est un sujet, la masse critique c’est un sujet.

Olivier DE SCHUTTER : Avis aux intéressés potentiels, pour ceux et celles qui nous écoutent voilà.

Jean-François DHINAUX : Je ne sais même pas comment ça se passe comment ça s’est passé dans la tête d’un Martin Luther King d’un Mandela ou j’en sais rien et d’un jour devenir…tu ne deviens pas du jour au lendemain en tout cas ce n’est pas des élections.

Olivier DE SCHUTTER : ben écoute on a parlé des freins, on a parlé de la réalité française un petit peu des leviers aussi pour développer le vélotaf. Est-ce qu’il y a d’autres choses que tu aimerais aborder rapidement parce que le temps file donc on ne va plus la faire trop longue mais est-ce qu’il y a d’autres choses au niveau des leviers que ce soit au niveau des entreprises des pouvoirs publics des citoyens qu’on n’aurait pas cité.

Jean-François DHINAUX : En fait moi si on revient un tout petit peu sur mon marché forcément c’est ce que je connais un peu le mieux c’est que le vélo en entreprise c’est c’est un bon accélérateur catalyseur du vélo taf et en Allemagne aujourd’hui quand une boîte ne promet pas dans son package un un dispositif d’aide à l’acquisition de vélo et bien elle est ça ne le fait pas ce n’est pas une belle marque ce n’est pas un bon employeur et c’est ce qu’on espère développer au fur et à mesure en France et et en même temps la France comme c’est un processus lent long il faut pouvoir tenir dans le temps et les grands employeurs parce que c’est eux qui peuvent ouvrir aussi la voie ils avaient d’acteurs référents sur lesquels compter etc. et donc là je te livre un changement qui a lieu actuellement et qui donc est public à partir de septembre c’est que nous on va on rejoint un groupe européen de d’acteurs tels que nous pour pour pouvoir proposer en fait une offre l’offre la plus solide du marché français avec avec un acteur qui est présent dans de multiples européens et de multiples pays européens et même au delà afin de pouvoir assurer un niveau de service et de rassurance pour les employeurs aussi bien que pour nos utilisateurs cyclistes le plus élevé possible parce que aujourd’hui on est rentré dans une phase et c’est très bien où les grands employeurs comme ça devient des gros sujets ils ont besoin d’un acteur où ils se disent oula c’est pas la jeune boîte est-ce qu’ils sont encore là dans 3 ans est-ce qu’ils sont encore là dans 5 ans sachant que je vais leur louer des vélos pour au moins 3 ans la question se pose à chaque fois et comme on a affaire à des start-up globalement qui ont toutes moins de 5 ans et qui peu sont été encore rentables la question devenait un frein pour le développement du marché c’est pour ça que nous on anticipe ça en étant maintenant l’acteur référent qui va avoir la plus grosse traction taille européenne et rassurance auprès des employeurs et en espérant pouvoir aussi profiter des bonnes recettes des bonnes pratiques pour inspirer et accélérer encore ce mouvement en France.

Olivier DE SCHUTTER : Ok, bonne nouvelle et félicitations du coup pour cette nouvelle étape ceci dit c’est vrai qu’il y a aussi pas mal d’acteurs peut-être plus traditionnels dans le leasing de voitures par exemple qui sont et ouvrir justement s’ouvrir à ce marché du vélo j’imagine que c’est tes concurrents directs aussi.

Jean-François DHINAUX : bah c’est pas vraiment des concurrents en fait c’est des partenaires parce que le leader mondial du leasing automobile c’est ALD automotive devenu Havens lorsqu’ils ont racheté Yvesplan et on opère le métier vélo pour eux donc ce sont vraiment des partenaires qui eux restent concentrés sur le métier voiture pardon mais qui ont besoin de proposer cette offre à leurs clients et donc nous on opère ce marché pour eux. Voilà parfois en marque blanche parfois en marque grise mais ce sont des partenaires depuis le début depuis le début de AZFLATE on est partenaires d’Havens qui est le leader mondial.

Olivier DE SCHUTTER : et comment est-ce que tu verrais toi l’évolution d’AZFLATE dans les prochaines années dans dix ans si on se revoit dans dix ans pour un nouvel épisode enfin où est-ce qu’en serait AZFLATE et toi est-ce que tu fais encore partie ou pas de l’aventure

Jean-François DHINAUX : alors oui oui oui moi c’est même avec ce rapprochement j’ouvre un nouveau chapitre de notre de notre aventure et moi je suis sur des cycles qui ont souvent cinq ans donc c’est reparti pour cinq ans je viens je suis en train de boucler en septembre les cinq ans d’AZFLATE, et je suis reparti pour  ans au moins, peut-être 10. Mais ce cycle ça va être de passer à des larges volumes en France pour ce qui me regarde moi à l’intérieur de ce nouveau groupe et réseau de d’aller convaincre les grands employeurs les BME PMI que ça devienne systématique, un réflexe pour leurs marques employeurs que de développer ces systèmes et que de ce fait on est nous on est on est tous les jours plus de cyclistes sur les routes et plus de kilomètres parcourus parce que les KPI qu’on suit avec mes collaborateurs c’est plus c’est encore une fois c’est pas les chiffres financiers c’est combien d’utilisateurs sont équipés et est-ce qu’ils l’utilisent et on veut aller jusqu’à on commence à sortir ce type de service au plus on l’utilise au moins c’est cher c’est l’inverse de la voiture et si jamais il n’est pas utilisé on me le reprend mon vélo parce que le pire des choses ce serait de mettre des vélos assistance électrique à disposition et qu’ils restent dans les garages des collaborateurs là moi je me retournerais.

Olivier DE SCHUTTER : quand tu dis au plus on utilise au moins c’est cher tu voulais dire parce que du coup moins de soins de santé moins de c’est ça ?

Jean-François DHINAUX : en fait moi je veux et on fait évoluer notre modèle économique pour pénaliser ceux qui l’utilisent pas et incentiver ceux qui l’utilisent et dans la réalité des coûts c’est pas vrai mais en gros c’est ceux qui l’utilisent pas qui vont payer pour ceux qui l’utilisent pour pousser au changement.

Olivier DE SCHUTTER :  oui au niveau plus macro effectivement c’est ce qui se passe c’est ça

Jean-François DHINAUX : et moi je préfère on a certaines mécaniques pour le faire que ce soit dans ma contribution mensuelle ou que ce soit dans la reprise du vélo qui m’est proposé à la fin si tu prends une voiture l’entreprise elle est pénalisée si elle a roulé plus que ce qui était prévu pour sa location je prends une voiture de fonction je la loue pour 3 ans elle est louée pour 50 000 km et si elle en fait 60 je paye autant de plus des pénalités nous on va le faire l’inverse et on va le financer autrement cette inverse c’est pas grave parce qu’il y a plein de vélos qui n’ont pas roulé etc mais on veut inciter à rouler et c’est notre driver de tous les jours

Olivier DE SCHUTTER : je fais un peu l’avocat du diable tu veux inciter les gens à rouler évidemment parce que c’est votre mission mais d’un point de vue purement business ou plus les gens roulent ou plus ils usent le vélo au moins il aura une valeur résiduelle comment est-ce que tu justifies ça d’un point de vue purement business financier

Jean-François DHINAUX : je pense que c’est ça être un entrepreneur dans l’impact c’est qu’il y a des raisonnements sur lesquels tu dois dépasser le pur raisonnement business et on a déjà testé ce genre de mécanique c’est contre-intuitif en pur business mais ça développe ton business parce que c’est parce que tu es engagé comme ça c’est parce que tu inventes ces dispositifs que les entreprises vont nous choisir comme prestataire c’est parce que c’est le but de l’entreprise qui est aligné. Donc nous notre vrai enjeu c’est pas d’aller optimiser et de faire qu’il y aura une chaîne ou un jeu de cassette à changer en plus etc notre vrai enjeu c’est de basculer sur un marché à volume et pour que ce marché bascule à volume il faut que les employeurs aient envie de s’engager avec nous et donc d’aller lever les freins les employeurs et le problème c’est que le marché il a été éduqué avec le monde de l’automobile où je me fais aligner parce qu’il y a une rayure au bout de 3 ans parce qu’il a dépassé un kilomètre etc et donc on veut justement lever tous ces freins et le meilleur moyen au début on a dit vous inquiétez pas on va pas vous faire mettre de preuves on va pas mettre de pénalités si ça dépasse on va pas mettre de pénalités s’il y a des rayures bah c’est pas suffisant nous on va au-delà on va dire l’équivalent c’est de dire s’il est rayé s’il a beaucoup roulé et bah ça nous coûtera moins cher et oui c’est contre-intuitif en termes de business quand on le lit au premier degré mais en fait nous on regarde plus loin on pense que ça va attirer plus d’utilisateurs plus de clients et c’est ce qui va nous permettre de faire du volume 

Olivier DE SCHUTTER : ok, super bah écoute c’est une vision effectivement qui est très importante qui est une analyse qui est intéressante j’ai deux dernières questions pour toi la première quel conseil est-ce que tu donnerais à quelqu’un qui hésite à se mettre au vélo taf j’imagine que c’est quelque chose que tu fais régulièrement mais donc partage-le nous c’est quoi ton argument phare.

Jean-François DHINAUX : alors s’il hésite c’est essaye c’est essaye c’est je te prête mon vélo et ça m’arrive régulièrement et fais-le une semaine fais-le pas juste une fois fais-le une semaine parce que le premier jour il va te manquer quelque chose t’avais pas t’étais pas habillé comme il faut t’étais pas habillé si t’es une fille t’avais mis des talons fallait peut-être pas mettre des talons donc fais-le plusieurs jours de suite comme tout changement ça demande un petit peu de répétition, et choisis les bonnes conditions donc commence pas en plein hiver sous la pluie etc tu le feras de toute façon après tout l’hiver sous la pluie mais commence dans les bonnes conditions et profite d’un moment de rentrée qui est le meilleur moment de l’année pour ce changement c’est effectivement pas une résolution du premier janvier de se mettre au vélo taf c’est plutôt une résolution du premier septembre.

Olivier DE SCHUTTER : on revient la boucle est bouclée on revient au début au début de l’épisode et effectivement c’est vrai que ça moi ça me parle il faut dire que le podcast à l’origine il vient aussi d’un mouvement que j’ai cofondé en 2018 ça remonte déjà un petit peu mais qui s’appelait Two Wheels Tuesday qui avait pour ambition de motiver en tout cas faire en sorte que les gens essayent le vélo à minima un jour par semaine qui se force un petit peu donc c’était une forme de challenge où les gens se challengeaient entre eux sur les réseaux sociaux pour le faire une fois par semaine donc c’est vu comme un challenge c’est un peu gamifié et en fait souvent l’essayer c’est l’adopter donc ça résonne effectivement ce que tu dis là c’est le plaisir en fait si je devais conseiller c’est fais le truc qui va te donner du plaisir pour te mettre au vélo au quotidien et c’est aussi pour ça que pour certains c’est important d’avoir un beau vélo qui peut coûter cher et machin mais le plaisir faut pas hésiter faut pas lésiner là dessus c’est que le pourquoi parce que la bagnole elle a utilisé ça énormément pour nous faire aimer la voiture le marketing de la bagnole ça a été la plus belle voiture il y a eu des pubs à la télé jusqu’à dire que ça allait nous permettre d’avoir la plus belle copine du quartier etc le vélo est aussi un objet qui doit me ressembler qui peut exprimer ce que je suis etc il y en a qui vont préférer être sur un vélo vintage ou sur un vélo connecté dernier cri etc c’est très bien moi je suis pas contre il y a des purs militants vélo ou si ça ressemble pas à un vieux vélo réparé soi-même et uniquement mécanique c’est pas un cycliste non je trouve ça très bien parce que on n’arrivera jamais à déployer autant de marketing qui a été déployé sur la bagnole depuis des décennies depuis 100 ans même un siècle donc je trouve ça super qu’il y ait des marques qui nous fassent rêver sur des beaux vélos et donc essayer c’est aussi se dire comment je vais me retrouver dans ces repères là etc moi j’adore et je terminerai là-dessus quand j’étais petit les stars dans mon école aux primaires c’était les fils de concessionnaires automobiles parce qu’ils arrivaient tous les matins avec le dernier cri du modèle et le modèle de démonstration de la dernière bagnole de la concession et ben moi je kiffais un peu ces dernières années à l’école que mon fils se dise qu’il venait avec le plus beau vélo et effectivement ça faisait réagir des gens dans l’école parce que c’était la compète du plus beau vélo alors parfois je trouve c’est un peu excessif parce que c’est le dernier plus beau longtail machin etc et c’est un peu la compète un peu bobo mais je préfère largement ça que le plus beau vélo le plus gros 4×4 possible donc le plaisir, le plaisir.

Olivier DE SCHUTTER : ben écoute ça tombe bien parce que ma toute dernière question pour toi mais tu as répondu c’est le vélo pour toi c’est quoi en un mot donc j’imagine du plaisir.

Jean-François DHINAUX : c’est du plaisir de me lever le matin je sais pourquoi je me lève le matin c’est mon job et je prends du plaisir quand je fais du vélo c’est le plaisir

Olivier DE SCHUTTER : je te rejoins là dessus effectivement le vélo c’est que du plaisir je pense que la plupart des gens qui nous écoutent à mon avis le partageront aussi et si c’est pas le cas testez et puis vous verrez bien.écoute Jean-François un grand merci en tout cas pour ton temps c’était très agréable merci à toi et je te souhaite plein de bonheur plein de succès aussi avec ton aventure AZFLATE on suivra ça de près et puis vous qui nous écoutez je vous donne rendez-vous très prochainement pour un prochain épisode salut à tous et bonne rentrée 

Jean-François DHINAUX : à bientôt !

co-fondateur du podcast et co-auteur du livre DEVENIR TRIATHLÈTE
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Podcasts, SwimRun, UltraRunner et Papa x 4 enfants je cours après le temps, mes passions et mes petits amours.