#92 – Du cyclisme de route à l’aventure : arrêter de se freiner et foncer – Sandra Jacques

Sandra découvre le vélo sur le tard et se lance dans la compétition, avant de s’en détourner. Des années plus tard, elle redécouvre le vélo sous l’angle du voyage en solo, ce qui l’amène à raconter ses aventures sur son blog Roulemapoupoule. Aujourd’hui rédactrice pour 200 magazine, elle explore les liens entre les gens et le vélo, notamment grâce à un tandem qui lui permet d’embarquer des inconnus. Son objectif : montrer que le vélo est accessible à tous et dépasser les freins que l’on se met soi-même. 

À écouter sans tarder ! 

Bonne écoute ! 

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Quelques citations pour vous mettre l’eau à la bouche !

« Comment est-ce que tu t’es mise au vélo et puis plus tard au voyage à vélo ? »

« Des fois, on se met des freins matériels qui n’en sont pas vraiment. »

« Si moi, j’ai pu le faire, d’autres peuvent le faire aussi. »

« Je veux vivre des aventures, je veux vivre des trucs un peu hors du commun. »

« Je ne crois pas que ça te transforme profondément. Mais ça te permet de voir les choses différemment. »

« C’est toujours la même question des freins qu’on peut se mettre. »

« Ils refusent toujours avec le sourire. »

« Les femmes se mettent encore plus de freins parce qu’elles ont peur soit de pas réussir à naviguer toutes seules. »

« C’est ultra important, ces moments. »

Grâce à ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠Autoscript.fr⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠, je vous propose de retrouver la transcription de notre échange. Ca se passe sur ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠https://bleen.be/velotaf⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠

Ce podcast animé par ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠Victor Blanchard⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠ est proposé par ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠https://bleen.be⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠, et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique du Vélotaf.

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Lire la transcription

Victor : Salut Sandra et bienvenue sur Vélotaf. 

Sandra : Merci, salut. 

Victor : Alors, ton histoire avec le vélo débute lorsque tu as environ 20 ans et que tu fais du cyclisme en compétition. Malheureusement, cet épisode te dégoûte un petit peu du vélo et tu finis par le laisser de côté. Puis, après 13 ans à exercer en tant qu’enseignante, tu réfléchis à une reconversion et c’est à ce moment-là que le voyage à vélo apparaît dans ta vie. Comme tu n’as pas envie d’attendre indéfiniment que quelqu’un soit disponible pour partir en voyage avec toi, tu décides de partir seule. Et puisque tu aimes l’écriture, tu te mets à raconter tes aventures sur ton blog “Roule ma poupoule”. Plus récemment, tu t’es dit que ce serait bien de montrer à plein de gens à quel point le vélo c’est cool. Et tu vas donc à la rencontre de ces gens pour les questionner sur leur rapport au vélo. Et parfois aussi, tu les embarques sur ton tandem. Allez, dernier élément. Aujourd’hui, tu es rédactrice web et tu écris pour 200. C’est un très chouette magazine trimestriel sur vélo que moi j’aime bien. Est-ce que cette description te convient ? Est-ce que tu veux corriger ou ajouter des choses ? 

Sandra : Elle est parfaite. Je crois que tu as retenu l’essentiel. C’est très bien résumé, bravo. 

Victor : C’est génial, merci beaucoup. Pour commencer, j’en ai un petit peu parlé en introduction. Mais comment est-ce que tu t’es mise au vélo et puis plus tard au voyage à vélo ? 

Sandra : Le vélo, c’est assez rigolo parce que moi j’ai appris très tard à faire du vélo. Je n’étais pas du tout une enfant téméraire. Et je crois que… Que j’ai dû réussir à rouler sur un vélo sans petite roues, je devais avoir peut-être 6 ans. Ce qui est quand même assez tard. Et ensuite, je me suis mise à faire du vélo de route grâce à ma sœur. En fait, j’ai une petite sœur qui a 5 ans de moins que moi. Et qui, à l’âge de 13 ans, a voulu comme ça, un peu comme une envie de pisser, se mettre au vélo. Elle nous a annoncé ça. Et mes parents sont restés un peu interloqués. Parce qu’on n’avait pas forcément de figure cycliste à la maison. Et donc, ils lui ont demandé si elle voulait faire du VTT. Et elle a dit non, non, je veux faire du vélo de route. Elle avait vu le Tour de France passer près de la maison. Et voilà, c’est comme ça qu’elle a démarré le vélo de route. Et à force de l’accompagner sur les courses qu’elle faisait. Parce qu’il faut savoir qu’à l’époque, dans ma ville, quand elle a démarré le vélo de route, il n’y avait pas du tout de club pour les minimes. Donc, c’est mon père qui s’est mis à faire du vélo pour l’accompagner sur les entraînements. Et puis nous, toute la famille a suivi. On l’accompagnait sur ses courses. Et puis un jour, j’ai dit à mon père, moi aussi, je veux faire du vélo. Et donc, j’ai commencé ma première sortie avec mon père sur son vieux vélo. Il y avait encore les vitesses au cadre. Il m’a emmenée sur une balade. Et je me suis dit, c’est trop cool. Je me suis inscrite dans le même club que ma sœur. Et on s’est retrouvées à être les deux féminines du club. Et c’était ultra chouette parce qu’on était un peu les petites chouchoutes du club. Et puis, on roulait en famille. Mon père, ma sœur et moi. Et donc, c’est comme ça qu’a démarré le vélo de route. Et j’avais à peu près 20 ans. Et j’ai continué. Je me suis inscrite sur quelques courses. Mais ce n’était pas trop mon truc, en fait. La perf, voilà. J’étais tout le temps larguée. Tu vois, je roulais avec des hommes. Je me retrouvais larguée au premier tour. Je faisais ma course toute seule. Ce n’était pas super marrant. Mais j’ai quand même fait deux, trois trucs sympas. Notamment, j’ai participé deux fois à l’étape du tour. Donc, une fois avec mon amoureux de l’époque. Et une autre fois avec mon père et ma sœur. Et ça, j’en garde vraiment un très bon souvenir. C’était en 2016. On a fait tous les trois l’étape du tour. C’était Meugeve-Morzine. Et c’était trop cool de partager ça tous les trois. 

Victor : Trop bien. Donc, ça, c’est la partie cyclisme en compétition. Mais au bout d’un moment, ça va te lasser un petit peu. Et après, si je comprends bien, le vélo disparaît un peu de ta vie avant de revenir sous la forme du voyage à vélo, c’est ça ? 

Sandra : Oui, exactement. En fait, j’ai un peu boudé. Le vélo, parce que trop quoi. C’était trop. C’était des entraînements tout le temps. Enfin, dans n’importe quelles conditions. Enfin, voilà. Et ça m’a un peu lassée. Donc, j’ai un peu boudé le vélo. Et puis, en effet, il est revenu dans ma vie sous la forme du voyage à vélo. Et là, ça a été vraiment une redécouverte. En fait, ça faisait longtemps que ça me travaillait, cette histoire de partir en itinérance sur mon vélo. Mais on ne l’avait jamais fait. Et puis, jusqu’au jour où, en 2021, je me suis requestionnée. Et je me trouvais plein d’excuses, notamment le fait que je n’avais pas de vélo adapté, que je n’avais pas de matériel. Et j’en parlais un peu autour de moi de cette envie. Puis, un jour, il y a un copain… Je raconte toujours cette anecdote parce que ça a vraiment été un déclic pour moi où, en fait, je discutais pendant un apéro de cette envie de partir en voyage à vélo. Et je disais, oui, mais voilà. Je n’ai pas de vélo. Je n’ai que des vélos de route. Ce n’est pas adapté. Et j’ai ce copain qui m’a dit, mais Sandra, est-ce que ce ne serait pas une excuse ? Et je me suis dit, mais il a tellement raison. Et du coup, j’ai appelé mon père et je lui ai dit, tu sais, on pourrait regarder si c’est possible de mettre un porte-bagages. Parce qu’à l’époque, je ne me suis même pas questionnée sur le bikepacking. Tu vois, ce n’était pas autant à la mode qu’aujourd’hui. Et du coup, pour moi, il fallait vraiment un porte-bagages. Et des sacoches. Et donc, j’ai dit ça à mon père. Et finalement, on a trouvé une solution. Donc, il m’a installé un porte-bagages sur mon vélo avec des anneaux de serrage parce que je n’ai pas de yes sur mon vélo de route. Donc, il a trouvé un système avec des anneaux de serrage qui viennent se fixer sur le haut-bord. Et puis, le reste, le bas du porte-bagages qui se fixe au niveau de la roue arrière. C’est en fait un système assez simple. Et voilà. Et j’ai acheté des sacoches pas chères. Sur un site dont je tairai le nom parce que je ne suis pas très fière. Et le frère de ce copain m’a prêté tout le matériel de camping. Et je suis partie pour mon premier voyage à vélo. Donc, comme quoi, des fois, on se met des freins matériels qui n’en sont pas vraiment quoi. Et puis maintenant, avec le bikepacking, c’est encore plus possible. 

Victor : Est-ce que c’est dès ce premier voyage à vélo que tu te dis que tu vas te mettre à écrire et raconter tes aventures ? 

Sandra : Eh bien, oui. Alors, au début, je l’ai fait un peu comme ça pour les copains, quoi. Donc, j’ai créé un nouveau compte Instagram et un nouveau compte Facebook. Et j’ai trouvé le nom de “Roule ma poupoule”, mais c’était un peu pour la blague. Et aujourd’hui, je rigole parce que maintenant, quand je dois donner le nom, enfin, maintenant, c’est fait. Donc, tout le monde me connaît sous ce nom-là. Mais à la base, c’était vraiment, vraiment pour la blague. Et donc, j’ai commencé. Je me suis dit j’ai envie d’écrire et le voyage à vélo est un bon prétexte pour le faire. Et voilà. Donc, j’ai commencé à raconter au jour le jour. Mais c’est vraiment arrivé sans que ce soit vraiment programmé. Et puis, la mayonnaise a pris. J’ai partagé quelques textes sur des groupes vélo Facebook. Et il se trouve qu’il y a une petite communauté qui s’est construite autour de “Roule ma poupoule”. Et voilà. En fait, ça a vraiment été l’écriture et le voyage à vélo. Ça a vraiment été concomitant. Enfin, ça s’est fait ensemble.  

Victor : Et aujourd’hui, ce blog, il a une petite renommée, on va dire, non ? 

Sandra : Mais oui, maintenant, je me rends compte que les gens… Ça m’est arrivé plusieurs fois d’être reconnue dans la rue. Soit sur mes voyages à vélo, soit des fois vraiment pas en voyage. J’ai notamment l’anecdote où un jour, j’étais sur l’île de Ré. Je me baladais. Voilà. Pas du tout à vélo. Je me baladais à pied. Et il y a une abonnée qui m’a reconnue alors que j’étais en train de prendre une photo, tu vois. En me disant… Elle m’a regardée. Elle m’a souri. Je lui ai souri. Et elle m’a dit, j’adore ce que vous faites. Et j’ai dit, pardon, j’ai pas compris. Et elle me dit, j’adore vous lire. Et là, j’ai fait, ah, OK. Et oui, oui. Maintenant, il a une petite portée, ouais. Et je me rends compte que je commence… À être un petit peu connue, entre guillemets, dans le milieu du vélo. Et ça, c’est ultra chouette. 

Victor : Pour toi, t’expliques un peu que c’est important de mettre l’accent sur le fait que… En fait, t’as pas de prédisposition particulière à faire du vélo. Et t’as pas envie de mettre l’accent sur la dimension sportive de tes voyages. Pourquoi est-ce que c’est important, cet angle d’approche pour toi ? 

Sandra : J’aime bien mettre cette idée en avant. Parce que vraiment, moi, j’ai commencé le sport. Le sport assez tard. Enfin, 20 ans, c’est pas… Tu vois, c’est quand même assez tard. J’étais ultra nulle en sport à l’école. J’étais la dernière choisie, tu vois. Quand il fallait faire les équipes. Vraiment, j’ai un rapport au sport qui a été compliqué pendant plusieurs années. Moi, on me voyait plutôt comme la rêveuse, tu vois. Celle qui aime bien se camper dans son fauteuil, lire ses bouquins, etc. Et oui, en fait, j’avais aucune prédisposition particulière à partir solo sur mon vélo. Et j’aime bien mettre l’accent là-dessus. Parce que je me dis, si moi, j’ai pu le faire, d’autres peuvent le faire aussi. Et des fois, c’est toujours la même question des freins qu’on peut se mettre. On pense qu’on n’a pas le niveau, qu’on n’est pas capable de, etc. Et j’aime bien montrer que si moi, je peux le faire, tout le monde peut le faire. Et d’autant plus que je pense que le voyage à vélo… Je dis toujours, il y a autant de voyages à vélo que de voyageurs. Pour moi, le voyage à vélo, je ne le considère pas, même si en effet, c’est sportif. Mais tout dépend de ce que tu en fais, en fait. Tu peux très bien rouler 20 ou 30 km dans ta journée et t’arrêter. Comme tu peux faire 100, 150 km. Enfin, il y a tellement de variations possibles au voyage à vélo que pour moi, ça me semble accessible à tout le monde. Et ça me semble important de mettre ça en avant. 

Victor : Mais d’ailleurs, qu’est-ce que tu cherchais à la base en lançant ton premier voyage à vélo ? Est-ce qu’au fil de tes voyages, tu as trouvé un peu ce que tu cherchais ? 

Sandra : C’est compliqué comme question. En fait, quand je me suis questionnée sur mon avenir professionnel et mon avenir tout court, il y a une question qui revenait beaucoup dans cet accompagnement que j’ai fait. C’était, qu’est-ce que tu regretterais de ne pas avoir fait ? Tu sais, les fameuses questions, voilà, tu es sur ton lit de mort. C’est un peu glauque, mais quels seraient tes regrets ? Et moi, c’est vrai que je disais toujours, je veux vivre des aventures, je veux vivre des aventures, je veux vivre des trucs un peu hors du commun. Même si ce n’est pas, on parle de balade à vélo, ce n’est pas un truc incroyable. Mais je voulais sortir, en fait, de cette routine qui peut te plomber par moments. Et donc, je pense que je cherchais à vivre un truc un peu extraordinaire dans le sens pas ordinaire. Et ouais, le voyage à vélo permet ça, en fait, de sortir, de t’extraire de ton quotidien. Mais c’est marrant que tu poses cette question parce que là, récemment, je suis allée voir le film à bicyclette qui va sortir très bientôt. Et c’est l’histoire de Mathias qui retrace, en fait, le voyage à vélo qu’a fait son fils il y a quelques années. Son fils qui s’est suicidé il y a un an maintenant, peut-être un peu plus. Et il dit au cours du film, je ne sais pas trop ce que je suis venu chercher. Enfin, il se questionne beaucoup sur la raison de ce voyage. Et à la fin de la projection, il y a un des spectateurs qui lui a demandé s’il avait trouvé ce qu’il était venu chercher. Et il a dit non. Et en fait, je pense vraiment… Parce que ce n’est pas la première fois qu’on me pose cette question. Est-ce que tu reviens de tes voyages à vélo transformés ? Après, c’est ma vision. Mais je ne pense pas que tu reviennes de tes voyages à vélo transformés. Par contre, je pense que c’est vraiment une manière de mettre ta vie sur pause. Quand tu reviens, tes problèmes, quels qu’ils soient, sont toujours là. Mais par contre, je pense que tu les envisages différemment. Enfin, tu vois, ça t’ouvre d’autres perspectives. Tu prends plus de recul. Voilà. Je ne crois pas que ça te transforme profondément. Mais ça te permet de voir les choses différemment. 

Victor : Ok, merci pour cette réponse. Je trouve ça très chouette. On en vient maintenant à ton projet d’aller rencontrer des inconnus pour les questionner sur leur rapport au vélo. Question classique. Comment t’es venue cette idée ? Comment tu t’es lancée là-dedans ? 

Sandra : Alors, c’est un projet que je nourris depuis plus d’un an. Parce que quand je voyage solo, j’ai souvent des remarques des gens qui me disent « Ah, mais moi, j’adorerais faire ça, mais je ne peux pas » ou pour x ou y raisons. Et j’adore les missions nues et culottées. Et en fait, c’est né de mes voyages à vélo, des rencontres que je fais quand je voyage. Et je me suis dit, ce serait vraiment trop chouette de partir et d’aller à la rencontre de monsieur et madame tout le monde, de les questionner sur leur rapport au vélo et, graal l’ultime, de pouvoir les emmener en balade avec moi pour leur montrer, en fait, que 5-10 km à vélo, c’est tout à fait à leur portée. Parce que parfois, quand on n’est pas dans le vélo, on imagine que ce sont des distances monstrueuses. Alors qu’en réalité, je pense que tout le monde est capable, sauf évidemment gros problèmes de santé, etc. Mais que si tu as une condition normale, tu peux tout à fait accéder, réaliser 5-10 km à vélo. Mais que tant qu’on ne t’a pas pris par la main et qu’on ne t’a pas montré que tu pouvais le faire, tu ne sais pas que tu peux le faire, en fait, ou tu n’imagines pas pouvoir le faire. Donc en fait, c’est parti de là. Donc au début, j’ai commencé la série vidéo en me disant, je vais aller autour de chez moi. Parce que j’ai essayé en voyage à vélo, mais ce n’était pas évident. À cause de la fatigue, à cause de pas mal de paramètres. Donc j’ai commencé autour de chez moi et j’ai commencé avec un vélo classique. Mais ça ne fonctionnait pas comme je l’avais fantasmé. Parce que tu interviens dans la vie des gens, ils sont en train de jardiner, ils sont en train de se promener, ils n’ont pas forcément de vélo, enfin voilà. Et en discutant avec un copain, j’ai des copains qui sont vraiment de très bons conseils. Chaque fois, des copains différents. Mais en discutant avec un copain, en parlant de ce problème, il m’a dit, mais tu devrais essayer sur un tandem. Et j’ai dit, mais meilleure idée du monde. J’étais un peu jalouse de ne pas avoir trouvé l’idée toute seule. Et du coup, maintenant, je le fais avec un tandem et ça marche vachement mieux. Parce que le tandem suscite la curiosité. C’est un bon moyen de rentrer en contact avec les gens. Et puis, les gens ont envie d’essayer. Parce que la plupart du temps, ils ne sont jamais montés sur un tandem. Et voilà. Et l’idée m’est venue aussi de prendre les gens. Je devance peut-être ta question, mais je prends les gens à leur arrêt de bus pour les emmener à la gare. Et ça, ça m’est venu un jour où j’ai traversé la ville avec mon tandem à vide. Et je me suis dit, mais c’est trop bête d’avoir une place à l’arrière et de voir tous ces gens qui attendent et de ne pas en faire profiter. Donc voilà, et ça fonctionne assez bien. 

Victor : Oui, j’allais te demander justement, parce que du coup, ça commence à faire un petit peu de temps que tu as fait ça. C’est quoi les résultats ? Est-ce que tu en es satisfaite ? Parce que moi, des vidéos que je vois, je trouve ça hyper chouette. Effectivement, comme tu l’expliquais bien dans un de tes posts, ça permet de couper court et de passer outre toutes les excuses que les gens peuvent avoir pour ne pas se mettre au vélo. Ne serait-ce que le simple fait de ne pas avoir de vélo. Et donc directement, de leur donner l’expérience, je ne sais pas, un peu sensorielle de c’est quoi faire du vélo et à quel point ça peut être pratique et chouette. Donc toi, enfin, comment tu vois tes premiers résultats, on va dire ? Est-ce que tu es satisfaite ? 

Sandra : Alors, je trouve que j’aime bien ce projet parce que je trouve que le fait d’intervenir par surprise dans la vie des gens, enfin, ils sont là, ils attendent leur bus, tu vois. Et puis, j’arrive avec mon tandem, enfin, ça bouscule un peu leur quotidien et je trouve que tu as plus d’impact parce que je sais que le soir, en rentrant chez eux, ils auront un truc à raconter et que, tu vois, ils vont davantage se questionner. Enfin, voilà, tu les prends un peu par surprise. Alors, je ne peux pas garantir que mon action permettra de les mettre sur un vélo, mais j’ai quand même eu un retour, notamment la vidéo avec Yves qui a hyper bien marché. C’était mon premier arrêt de bus, je vais dire. Et je l’ai recroisé une semaine plus tard. Alors, Yves avait déjà un VTT et quand je l’ai croisé une semaine plus tard, vraiment complètement par hasard à la boulangerie, il m’a dit qu’il avait acheté un VTT à sa femme. Donc, ça, c’était ultra chouette d’avoir un retour. Après, je ne recroise pas systématiquement les gens que j’ai emmenés sur mon tandem, donc je ne saurais pas te dire si ça a un réel impact, mais je pense quand même que ça permet de se questionner. Là, je prépare une série de vidéos. Donc, on est en train d’arpenter les rues de Fontainebleau avec mon père parce que c’est lui qui me filme. J’ai beaucoup de chance. Il est ultra patient. Et donc, je prépare une série de vidéos que je vais diffuser à partir du 1er mars et que je pense intituler 21 jours pour mettre Fontainebleau sur un vélo. Donc, une vidéo par jour pendant 21 jours. C’est un peu symbolique parce que ça nous amène à la date du printemps et ça joue un peu sur tous les fameux challenges 21 jours pour changer ses habitudes. Donc, comment dire ? Il y a des jours où il faut s’accrocher parce que je reçois beaucoup de non. Mais à chaque fois que les gens refusent, c’est ce que je disais à mon père hier, ils refusent toujours avec le sourire. Tu vois, ils sont toujours un peu surpris, mais ils m’encouragent. Enfin, voilà, eux, ils ne sont pas forcément disposés à monter à l’arrière du tandem, mais à chaque fois, j’ai un mot d’encouragement : “mais continuez. Ah, mais c’est génial comme idée,” etc. Donc voilà, il y a quand même un impact un peu positif. Et même si je croise des gens qui ne montent pas à l’arrière de mon tandem, rien que le fait de leur avoir proposé, de leur avoir expliqué le projet, peut-être qu’eux aussi, ça permettra, tu vois, qu’ils se questionnent sur leur pratique du vélo, quoi. 

Victor : OK. 21 jours pour mettre Fontainebleau à vélo, c’est chouette. J’espère que ça va bien fonctionner. Je sens complètement le sujet, ça n’a rien à voir. Tu rédiges des articles pour 200. De quoi tu parles ? Est-ce que… Il me semble que tu es assez libre dans ce dont tu peux parler, etc. Moi, c’est une revue que j’aime bien, mais ça fait longtemps que je ne l’ai pas achetée. Donc, je ne pense pas avoir déjà lu un de tes articles. Peut-être qu’il y a longtemps, mais je ne m’en souviens plus. Donc, comment ça se passe pour toi ? Ouais, de quoi tu parles un peu ? 

Sandra : Alors, 200, c’est aussi arrivé par surprise. C’était ultra chouette. Ils m’ont contactée via les réseaux sociaux puisqu’ils aimaient bien ma façon de raconter. Donc, j’ai la chance maintenant depuis… Je pense que ça va faire deux ans que j’ai une chronique régulière. Donc, 200, c’est un magazine trimestriel. Ça fait deux ans que j’ai la chance d’avoir une chronique dans le magazine. Et pour le coup, elle s’appelle Sandra est en voyage et je suis assez libre des sujets dont j’ai envie de parler. Donc, ça dépend de l’inspiration. Chaque chronique est un peu différente. Et c’est vraiment très chouette d’écrire pour ce magazine parce qu’à l’inverse de la rédaction web, qui est une écriture un peu formatée, axée sur le référencement et puis plutôt informationnelle, là, j’ai la chance de pouvoir écrire librement avec une écriture plus littéraire puisque c’est un magazine qui est quand même très bien écrit et qui raconte, en fait, plus que… Enfin, il donne aussi pas mal d’informations, etc. Mais c’est toujours hyper bien raconté. Et donc, je me fais vraiment plaisir. Là, pour le coup, écrire pour 200, c’est vraiment un vrai plaisir. Et puis, de temps en temps, j’ai des sujets un peu plus importants. Voilà, j’avais participé à un hors-série axé sur le voyage à vélo. J’avais fait un sujet sur Extrême Ouest aussi. Un événement organisé par… Co-organisé par la MAJAC et Komoot. Voilà, donc ça, c’est… C’est vraiment mon petit bonbon, quoi, 200. C’est vraiment très chouette. 

Victor : Trop bien. Pour l’avenir, un peu, c’est quoi tes projets et qu’est-ce qu’on peut te souhaiter ? 

Sandra : L’avenir est un peu flou. Non, mais… Ben non, qu’est-ce qu’on peut nous souhaiter ? C’est de réussir à trouver 21 personnes à mettre sur un vélo avant la date du printemps. Je fantasme aussi l’idée d’exporter ce projet Tandem en dehors des murs de Fontainebleau. Donc pourquoi pas tester l’itinérance avec le Tandem. J’adorerais faire un Paris-la Mer et voir ce qui se passe sur le trajet et en faire… en faire un format vidéo un peu plus long que les vidéos que je publie sur les réseaux. Donc ça, ce serait vraiment hyper cool. Et puis… écrire, toujours, quoi. Si c’est pour le vélo, ça serait encore mieux. Voilà. Écrire pour les Véloroutes, pourquoi pas ? 

Victor : Est-ce qu’il y a des sujets qui te tiennent à cœur, dont t’as envie de parler et que moi, je n’ai pas abordé dans ce podcast ? 

Sandra : Euh… Ouais, j’aimerais bien parler du voyage à vélo solo en tant que femme. Parce que… c’est vrai que j’ai eu beaucoup de retours de femmes et ça, c’est vraiment toujours un petit bonheur pour moi qu’une femme m’écrive et me dise « Ah, grâce à toi, je me suis lancée. » Enfin… On en revient à la question du début de « Si moi, je peux le faire, vous, vous pouvez le faire. » Et je pense que c’est encore plus vrai auprès du public féminin parce que j’ai la sensation que les femmes se mettent encore plus de freins parce qu’elles ont peur soit de pas réussir à naviguer toutes seules, elles ont peur de se perdre… J’ai vraiment des freins qui, quand tu pratiques le voyage à vélo, te paraissent… ridicules. C’est peut-être pas le mot parce que… J’en ris pas, mais tu vois ce que je veux dire. Et vraiment des freins qui sont… qui vraiment sont facilement surmontables. Du genre, monter sa tente toute seule, changer sa chambre à air… Enfin, voilà, c’est… Moi, pour l’anecdote, depuis que je voyage à vélo, donc j’ai commencé en 2021, j’ai pas crevé une seule fois. Mais pas une seule fois ! Et bon, même si ça arrive, c’est pas très compliqué, mais… Comme quoi, voilà… Des fois, on se met des barrières sur des choses qui, potentiellement, n’arriveront pas. Et voilà, j’ai assisté au festival du voyage à vélo au Mans,  à une table ronde, où quatre femmes témoignaient sur leur expérience de voyage solo. Et c’était vraiment un très chouette moment. Moi, je voyage déjà solo, donc j’ai rien appris, si tu veux, mais… Mais c’était tellement frais, joyeux, et… Il y a pas du tout eu, à aucun moment, l’idée de performance qui a été évoquée, alors que les quatre, pour le coup, qui étaient présentes, ont fait des voyages vraiment lointains à vélo. Elles sont, en tout cas, pour trois d’entre elles, elles sont tombées dans le voyage solo un peu par accident. C’est-à-dire qu’elles avaient pas prévu, à la base, de voyager toutes seules. Et puis les circonstances ont fait qu’elles se sont retrouvées à devoir faire le choix de soit continuer seules, soit de ne pas y aller. Elles ont fait le choix de voyager seules. Et ouais, elles ont, pendant ce temps d’échange, vraiment désacralisé la pratique du voyage solo, quoi. J’ai trouvé que c’était hyper important. La salle n’était pas très grande, mais… Pas très grande, mais elle était remplie. Il y avait des gens debout, assis par terre. Il y avait beaucoup, beaucoup de femmes, mais pas seulement. Et je trouve que c’est ultra important, ces moments. Enfin, vraiment… Vu le nombre de personnes qu’il y avait, je pense que, tu vois… Enfin, ça a un vrai impact. Et il y a un vrai intérêt, une vraie demande, quoi.  Et je pense que ça, c’est vraiment important de le mettre en avant. 

Victor : Ouais, effectivement. Merci beaucoup d’avoir abordé le sujet. Désolé de pas y avoir pensé, parce qu’effectivement, c’est un sujet hyper important. Donc trop bien. Et en plus, ce salon, c’était il y a juste une ou deux semaines, non ? C’est ça ? 

Sandra : Ouais, c’est ça, ouais. 

Victor : Donc, il y avait mon papa qui était là-bas aussi. 

Sandra : Ah ouais ? 

Victor : Ouais. Alors, petit ajout à ce podcast. On y a pensé après coup. Du coup, normal si ça s’intègre pas hyper bien dans le podcast. En fait, Sandra, toi, t’as voyagé à vélo avec ton chien. Et du coup, je trouvais ça super intéressant d’avoir ton témoignage là-dessus. Et puis aussi, j’aime beaucoup les chiens. Donc voilà. Comment ça s’est passé ? Comment t’as fait ? Comment ça se passe ? 

Sandra : Ouais. Alors, les premiers voyages, en fait, je le faisais garder. Et puis, il a commencé à vieillir. Et j’ai plus eu envie de le laisser. Déjà, t’as toujours la crainte qu’il arrive un truc pendant que t’es pas là. Et puis, c’est un peu compliqué de faire garder un vieux chien. Enfin, bref. Et donc, je me suis dit, je vais l’emmener. En fait, il y en a qui le font. Donc, je vais l’emmener avec moi. Et je suis tellement contente d’avoir fait ça parce que pour le coup, c’est une autre forme de voyage. C’est-à-dire que tu vas moins vite parce que t’as quand même plus de poids à transporter. Et puis, tu peux pas te permettre de faire 3 heures sans t’arrêter. Enfin, tu vois, t’es obligé de composer. Mais c’était vraiment une très chouette expérience. Alors, moi, il faisait 10, 11 kilos. Donc, j’avais un panier à l’arrière sur mon porte-bagages. Et j’emmenais aussi une petite remorque. Et donc, j’alternais. Je le mettais à la fois dans le panier. Et puis, quand il en avait marre, je le mettais dans la remorque parce qu’il était plus confort pour s’allonger. Et en fait, je suis tellement contente d’avoir fait ça. Mais vraiment, enfin, même si, voilà, c’est une autre forme d’organisation parce que, bah, je te dis, tu fais plus de pauses. Mais aussi, pour les courses, tu dois réfléchir différemment. Enfin, voilà, tu dois aller vite quand tu fais tes courses parce que ton chien t’attend dehors. Quand tu vas prendre ta douche, bon, bah, c’est pareil. Ça demande de laisser le chien tout seul. Moi, pour le coup, j’avais un chien ultra cool. Donc, et pas du tout angoissée de pas me voir. Mais c’était vraiment une super expérience. Et je regrette, tu vois, en y réfléchissant, je regrette de pas l’avoir fait plus tôt. Bon, on a quand même fait le Morvan ensemble. Et cet été, on est partis. On a fait Fontainebleau. Et on est allés jusqu’à Brest. Et c’est pareil. Je tenais à en parler parce que c’est la même chose que tout le reste. Je me mettais beaucoup de freins. Parce que, tu vois, on imagine toujours que les choses vont être plus compliquées qu’elles ne le sont. Et je me disais, ça va être archi compliqué de rentrer en train. Le premier voyage à vélo que j’ai fait avec lui dans le Morvan, j’ai fait vraiment l’aller-retour Fontainebleau, enfin, voilà, j’ai fait une boucle parce que j’avais peur de prendre le train avec lui. Et cet été, j’ai pris le train. Donc, j’ai pris un TER de Brest à Rennes et ensuite Rennes-Paris. Et Paris-Fontainebleau. Donc, tu vois, on a passé une journée dans le train. Et en fait, ça s’est ultra bien passé. Je m’étais fait tout un monde de toute seule sur le quai de la gare à devoir défaire la remorque parce que la remorque doit être pliée. Dans les TER, à devoir enlever les sacoches, gérer le chien, etc. Et en fait, ça s’est trop bien passé. Juste, je conseille de prendre des… Si correspondance il y a, de prendre des correspondances avec du temps entre les trains pour pouvoir gérer, voilà, la logistique. Mais moi, quand je suis arrivée… Ah oui, et je conseille aussi à Brest. C’était super parce que c’était le départ du TER. Donc, il y avait personne dans le TER. Et j’ai pu mettre mon vélo. J’avoue, j’ai pas déplié la remorque. J’ai souri au contrôleur et c’est passé. Mais voilà, c’est des petites astuces comme ça. Mais en fait, c’est quand même faisable. Je dis pas que c’est ultra confort. Mais c’est beaucoup moins compliqué qu’on peut se l’imaginer. Alors après, peut-être que j’ai eu de la chance. Mais n’empêche que si c’était à refaire, je le referais mille fois, quoi. Voilà. Et puis ça… Enfin, d’être accompagnée par ton animal, c’est vraiment trop cool, quoi. Enfin, tu vois, il y a un truc qui est vraiment trop chouette à partager. 

Victor : Ok, merci beaucoup pour ce témoignage. Et j’espère que ça pourra servir à toutes les personnes qui veulent voyager à vélo avec leur chien. Ok, bah écoute, Sandra, un grand merci. Du coup, je te souhaite de trouver 21 cyclistes. Pour tes 21 premier jour de mars à Fontainebleau. Merci d’avoir accordé ton temps pour le podcast. Merci pour ton témoignage. Et puis, bah, bonne chance pour la suite. 

Sandra : Bah, merci à toi. Je suis trop contente d’avoir participé à ce podcast. Donc, trop cool. Toujours ravie de parler de vélo, de toute façon. 

Victor : Génial, merci. Allez, bonne journée. 

Sandra : À toi aussi. À bientôt. 

co-fondateur du podcast et co-auteur du livre DEVENIR TRIATHLÈTE
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Podcasts, SwimRun, UltraRunner et Papa x 4 enfants je cours après le temps, mes passions et mes petits amours.