#86 – Vélo, mixité et confiance en soi : la mission du Casual Cycling Club

Dans cet épisode de Vélotaf, Victor reçoit Marie Hargitt, cofondatrice du Casual Cycling Club (CCC).

Ensemble, ils reviennent sur la création de ce collectif inclusif qui encourage les femmes, personnes trans et non-binaires à prendre leur place dans le monde du vélo.

De la naissance du projet à son essor, en passant par l’importance de la confiance et de l’accessibilité, Marie partage son parcours et sa passion pour le cyclisme. 🚴‍♀️✨ 

Bonne écoute !  

 

🔗 Retrouvez Marie et ses projets : https://casualcyclingclub.be & https://www.linkedin.com/in/mariehargitt

 

Quelques citations pour vous mettre l’eau à la bouche !

« On se retrouve vite à ne pas avoir la vitesse ou le niveau sportif pour pouvoir justement rester avec le groupe. »

« Bruxelles est une ville où on peut faire du vélo, ce qui est chouette, c’est qu’on a la forêt qui est juste là. »

« La partie sortie de la ville n’est pas très agréable. Il y a souvent beaucoup de circulation. »

« Il y a clairement un besoin. C’est de remplir les trous de ce qui existe déjà à Bruxelles. »

« J’ai déjà eu, en étant femme, plusieurs expériences négatives dans des clubs plutôt masculins. »

« À Bruxelles, c’est un écosystème assez complet, mais il reste toujours des opportunités pour améliorer. »

« Confronter cette barrière que les femmes, les personnes trans et non binaires ont de plusieurs manières. »

 

Grâce à ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠Autoscript.fr⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠, je vous propose de retrouver la transcription de notre échange.

Ce podcast animé par ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠Victor Blanchard⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠ est proposé par ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠https://bleen.be⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠, et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique du Vélotaf.

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Lire la transcription

Victor : Salut Marie et bienvenue sur Vélotaf. 

Marie HARGITT : Merci de m’avoir invitée de venir parler avec toi. 

Victor : Avec plaisir. Toi, tu as cofondé le Casual Cycling Club en 2021, le CCC, qui a pour objectif de mettre plus de femmes et personnes trans et non-binaires sur le vélo. Et dans la vie, tu es aussi software engineer. Je ne sais même pas ce que c’est, mais c’est très stylé comme nom en tout cas. Est-ce que cette très courte introduction te convient ? 

Marie HARGITT : En fait, j’ai changé entre temps, donc je ne travaille plus comme software engineer. 

Victor : Ok, bon voilà, je ne suis pas à jour. 

Marie HARGITT : Donc, en fait, oui, j’ai créé CCC avec Alison Abrams, mais du coup, je travaille en tant que mécanicienne vélo maintenant. 

Victor : Ah, ok. 

Marie HARGITT : On a créé CCC pendant le Covid. Et du coup, on l’a créé avec Alison et moi. On avait commencé, on s’est rencontré en fait dans un autre club féminin à Bruxelles qui s’appelait WMNride, qui a été fondé par Julie Borgers. Et en fait, c’était un niveau plus haut. Et moi, je roulais au quotidien, mais je n’avais pas de vélo de course et je ne me retrouvais pas avec le bon niveau pour, je ne sais pas, je n’avais pas de vélo de course. Et donc, j’ai commencé à justement les rejoindre. Et malgré ça, j’ai décidé de me lancer là-dedans et j’ai commencé à rouler avec eux. Et au début, c’était très dur. Mais après, j’ai persisté et j’ai continué. Et finalement, j’ai réussi à avoir le niveau. Mais ce grand écart de niveau, c’est pour ça qu’on a lancé CCC, parce que justement, Alison et moi, on voulait créer, une espace pour des personnes comme nous, qui ne se retrouvaient peut-être pas au niveau qu’il fallait pour rejoindre les autres groupes de vélo. Et du coup, on a créé cet espace et on a commencé par justement une seule sortie avec 12 amis ou amis d’amis comme ça. Et on a fait Bruxelles-Huilaart, donc vraiment pas très loin. Et on a fait un parcours. On a fait un petit pique-nique à la commune là-bas et puis on est revenus. Et c’était plutôt avec des vélos de ville, un peu de tous les niveaux, tous les types de vélos. Et c’est à ce moment-là qu’on a réalisé, OK, peut-être dans les groupes, il y a aussi d’autres groupes de niveaux, etc., qu’il fallait réfléchir. Mais ça a commencé comme ça. On a commencé avec un seul ride et au fur et à mesure, au fur des mois et des personnes, qui nous ont rejoints, on a décidé de séparer dans plusieurs groupes de différents niveaux. Et l’idée pour nous, c’était vraiment de créer un espace pour les personnes qui ne sont pas traditionnellement accueillies de manière très claire. Donc, il existe plein de différents clubs sportifs vélo à Bruxelles et ils sont soi-disant ouverts à tout le monde. Mais il faut avoir un niveau. Il faut avoir un niveau de base pour pouvoir les rejoindre. Et même eux, quand ils disent que c’est un casual ride ou que c’est un ride qui est pour tout le monde ou tous les niveaux, etc., on se retrouve vite à ne pas avoir la vitesse ou le niveau sportif pour pouvoir justement rester avec le groupe. Et il y a des interprétations différentes des niveaux. Et pour nous, c’était vraiment important. D’accueillir tous les différents niveaux qui existent dans notre club et les permettre de se retrouver et soit de rester à ce niveau ou soit pouvoir s’améliorer pour aller envers d’autres clubs ou d’autres sorties. Parce que pour nous, ce n’est pas le but que tout le monde reste et roule juste avec CCC. C’est vraiment d’ouvrir les possibilités aux femmes, personnes trans et non-binaires de Bruxelles et leur donner plus de confiance en eux aussi, de se retrouver dans d’autres groupes, dans d’autres milieux au public, même pas dans le vélo, mais dans l’espace public, de prendre plus d’espace. Et c’est vraiment cette idée de prendre cet espace et aussi d’avoir plus de confiance en soi dans la vie de tous les jours ou juste sur le vélo. 

Victor : Alors toi, tout comme moi, tu n’es pas originaire de Bruxelles. Est-ce que tu trouves que cette ville est propice à créer ce genre d’initiative comme tu l’as fait ? 

Marie HARGITT : En fait, c’est un peu intéressant parce que la Belgique, c’est connu autour du monde, dans tout le monde pour le vélo. Dans le milieu de vélo, c’est connu pour les courses en Flandre, un peu de tout. Et Bruxelles, quand je suis arrivée il y a 11 ans, ça s’est beaucoup amélioré, on va dire, depuis que je suis arrivée. Mais ce n’est pas parfait et il y a beaucoup de choses encore à améliorer. Mais en tant que ville où on peut faire du vélo, ce qui est chouette, c’est qu’on a la forêt qui est juste là. Donc pour les sorties off-road, par exemple, c’est vraiment chouette pour nous parce qu’on ne doit même pas faire 5-10 kilomètres avant, avant qu’on soit dans la forêt ou on est dans un endroit, dans les champs. C’est vraiment chouette dans ce sens-là. Pour les autres, pour les sorties sur la route, c’est aussi chouette parce qu’on peut vite être à l’extérieur de Bruxelles. Donc une des buts aussi pour notre club, c’est de montrer un peu le voyage et un peu pour découvrir, on va dire. Bruxelles et ce qu’il y a juste autour pour vraiment promouvoir, connaître l’endroit. Il y en a beaucoup dans notre club qui sont des expatriés et qui restent vraiment dans la ville de Bruxelles. Et pour nous, c’est vraiment de faire découvrir Bruxelles, mais aussi les alentours et de montrer les différentes opportunités qui existent pour voyager, pour explorer. Encore cette chose de confiance, ça revient. Pour avoir confiance, de découvrir et d’explorer. Donc, par exemple, on a aussi donné des workshops, par exemple, comment créer des itinéraires pour apprendre à sortir de Bruxelles et comment découvrir un peu où on habite et ne pas juste venir habiter sans explorer, sans avoir l’expérience. 

Victor : Ok, trop bien. Je ne savais pas pour les workshops sur comment sortir de la ville. Je trouve ça super intéressant parce qu’effectivement, en tant que cycliste, quand tu veux un peu explorer et que tu habites dans une grande ville, la partie sortie de la ville n’est pas très agréable. Il y a souvent beaucoup de circulation et tout. Donc, trop bien. Comment ça a commencé ? Donc ça, tu l’as un petit peu expliqué. Un jour, vous avez fait un ride avec une douzaine de personnes. Aujourd’hui, ça a beaucoup grossi. Donc, ça a été quoi ? Comment, un peu, les grandes étapes pour arriver à la taille actuelle du CCC ? 

Marie HARGITT : On a commencé avec nos rides casual, Sunday rides. Ça a commencé comme ça. Et là, c’était vraiment un seul groupe pour tous les niveaux, tous les types de vélos. Puis, on a vite réalisé qu’il y avait plusieurs niveaux dans ce groupe. Donc, pour que tout le monde s’amuse et ne se sente pas soit déçu, soit Soit retenu parce qu’on ne va pas assez vite, soit un peu trop vite et du coup, on ne veut plus revenir. On a décidé de splitter en deux. Donc maintenant, par exemple, on a encore tous nos casual rides. Ils sont splittés en au moins deux groupes. Donc, on a le party pace qui est vraiment pour les vélos de ville, pour les vélos pliables, vélos électriques, etc. Et ça, c’est pour tous les niveaux. Et on va en dessous de 18 km à l’heure de moyenne. Et puis, pour tout ce qui est un peu plus vite, pour les vélos de course, vélos gravel, on a au moins une groupe. Des fois, on a même deux groupes. Donc, si on a un seul groupe, c’est le tempo pace. Et là, de moyenne, c’est 21 km à l’heure. Quelque chose comme ça. Et puis, des fois, on a une autre groupe qui est encore plus vite, qui est le chase pace. Et du coup, en fait, quand on a commencé, c’était vraiment pour avoir cette vitesse bas ou moyenne parce qu’il y avait d’autres clubs qui allaient plus vite. Et puis, malheureusement, l’autre club dont on faisait partie, WMNride, ils ont cessé leurs activités. Et du coup, il y avait plein de ces personnes qui roulaient avec eux qui nous ont dit qu’ils allaient plus vite. Et on leur a dit, est-ce que vous voulez bien reprendre ou faire des activités ou des sorties un peu plus vite ? Et du coup, on a un peu repris ce qu’elles faisaient, surtout sur Bruxelles. Donc, ça veut dire que d’avril à septembre, octobre, on a une sortie toutes les semaines, les mercredis soirs. Donc, c’est un autre after work ride. Et là, c’est une sortie plus vite. Donc, c’est une cinquantaine de kilomètres. Et là, elles roulent à 24 à 26 de l’heure. Donc, ça, c’est le plus vite, on va dire, qu’on a dans le CCC. Et du coup, on a commencé par ça. Et puis après, on a réalisé qu’on aimerait faire un peu de off-road. Donc, on a commencé à nouveau avec un seul groupe de off-road. On a réalisé qu’il y avait plusieurs niveaux. Donc, on a splitté en deux groupes. Et puis, on a réalisé qu’il y avait d’autres personnes qui aimeraient apprendre à rouler off-road. Et qui n’avaient pas encore cette expérience. Donc, on a rajouté une beginners, une groupe de débutantes. Ou, c’est même pas juste des débutants, mais des personnes qui voulaient s’améliorer, avoir plus de skills off-road. Donc, maintenant, on a trois différents groupes off-road. Et la même chose pour le casual. Et puis, on a aussi le after work. Donc, c’est au fur et à mesure en fait, on se lance dans plus de choses dès qu’on a assez de bénévoles qui nous aident avec les rides. Parce qu’on veut toujours avoir au moins une personne devant et une personne derrière pour cadrer le groupe. Et aussi, parce que nous, il y a certains clubs qui sont drop. Qui, par exemple, si tu ne vas pas assez vite, tu perds le groupe. Mais nous, on est no drop. Donc, tous nos rides sont no drop. Et ça veut dire que s’il y a quelqu’un qui va un peu moins vite, alors on s’adapte au groupe et on s’adapte. Et on ne laisse jamais quelqu’un tomber par arrière. Et on ne va pas les laisser rentrer tout seul. Donc, on essaye de s’adapter. 

Victor : C’est difficile d’ailleurs de trouver des bénévoles pour encadrer ? 

Marie HARGITT : Ça dépend des moments. Là, on est une vingtaine. Donc, au début, on était… Je pense, quatre, cinq, six. Et au fur et à mesure, notre besoin… Ça dépend de notre besoin. Mais maintenant, on est, je pense, même 22. Mais à chaque fois qu’on a besoin ou qu’on voit qu’il n’y a pas assez, on identifie des personnes. Surtout parce qu’on fait des appels réguliers. On demande s’il y a quelqu’un qui voudrait être bénévole. Mais souvent, elle ne se présente pas comme ça. Donc, individuellement, on va envers des participants qu’on connaît, qui ont roulé avec nous plusieurs fois et qu’on sait un peu comment ils se gèrent, etc. Et on leur demande si elles veulent essayer ou nous aider. Et dans ces cas-là, c’est beaucoup plus facile de recruter parce que c’est un à un. Et on leur donne un peu plus de confiance en elles. Et on explique aussi que c’est… Ce n’est pas obligatoire d’être là pour tous les rides. C’est vraiment… On met notre disponibilité. Et puis, c’est très flexible. Et l’idée, c’est de donner… Non seulement de cadrer le groupe, mais aussi, à nouveau, d’avoir plus de confiance en soi pour, justement, accueillir les participants. 

Victor : Aujourd’hui, le CCC, c’est une communauté de plus de 500 personnes. Comment tu expliques le succès que vous rencontrez ? 

Marie HARGITT : Il y a clairement un besoin. On a, de base, encore une fois, notre but, c’est vraiment de remplir les trous de ce qui existe déjà à Bruxelles. Donc, on n’a pas trouvé nécessairement des sorties comme les nôtres. Et du coup, on a essayé de créer ce qui n’existait pas et ce qui existe déjà. On fait des promotions pour eux parce qu’on ne veut pas doubler le travail. Enfin, on ne veut pas doubler ou rentrer en compétition avec des groupes et des projets qui existent. Je pense que des espaces pour femmes, personnes trans et non-binaires, surtout dans le vélo, c’est limité. C’est un peu difficile de trouver des groupes comme ça. Et nous, on essaye d’être un peu le plus possible, même si on n’a pas la place pour toutes les activités. Si quelqu’un vient envers nous et ils n’arrivent pas à trouver ce qu’ils cherchent, nous, on essaye de les aider à trouver. Parce qu’on reçoit des demandes de d’autres villes et d’autres endroits sur la Belgique. Mais du coup, on essaye de promouvoir d’autres groupes qui existent en Belgique. Mais le souci, c’est que c’est souvent des niveaux plus hauts. C’est souvent que des femmes. Et il n’y a pas vraiment des espaces vraiment spécifiques en mixité choisie. Donc, pour nous, on a trouvé, je pense, notre succès, c’est plus word of mouth. Donc, chaque participant parle avec leurs collègues ou leurs amis, etc. Et au fur et à mesure, ça grandit. Là, on a presque 700 personnes qui reçoivent notre newsletter. Donc, ça, c’est des personnes qui nous ont rejoints depuis 2021 et qui ont parlé et qui nous suivent encore notre projet. Mais en tant que membres réels, en fait, on n’avait pas de membership officiel. Donc, quand nous, on comptait les personnes, c’est tout le monde qui a participé à un ride depuis qu’on a commencé. Et cette année, on a justement lancé des cotisations réelles. Donc, on aurait un numéro plus correct de membres réels. Donc, on verra comment ça va se changer. Mais pour l’instant, oui. Donc, c’est à peu près 700 personnes depuis 2021. 

Victor : Comment tu expliques que les femmes, les personnes trans et non-binaires, elles n’aient pas vraiment leur place dans le monde du vélo à l’heure actuelle ? Pourquoi c’est important de leur donner une place comme fait le CCC ? Bon, c’est deux questions en une. 

Marie HARGITT : Je pense que, comme beaucoup de sports et beaucoup de milieux, c’est quelque chose qui était toujours traditionnellement très masculin, très pour homme. Et même dans le vélo, dans le cyclisme professionnel, les femmes sont toujours en train de se battre pour avoir les salaires, pour avoir la visibilité de, par exemple, même d’enregistrer les courses, par exemple. Donc, il y a plein de différents niveaux auxquels c’est toujours très problématique pour les femmes. Et puis après, on ne parle même pas des personnes trans et non-binaires. Là, c’est aussi une autre problématique énorme. Parce que déjà, le vélo, c’est genré, femme-homme, etc. Donc, c’est un peu difficile. Mais nous, on ne va pas régler ce problème avec CCC, mais on voulait créer un espace où on se sente à l’aise de découvrir le vélo, d’apprendre et de découvrir. Moi, j’ai déjà eu, en étant femme, plusieurs expériences négatives dans des clubs plutôt masculins dont c’est considéré mixte. Mais on m’a dit plusieurs choses dont ça ne m’a pas donné envie de retourner. Ça ne m’a pas donné confiance en moi pour m’améliorer ou pour retourner. Mais on a plusieurs membres qui roulent régulièrement avec les hommes. Et il y a aussi d’autres groupes sur Bruxelles qui accueillent les femmes. Et pour nous, c’est vraiment de donner l’opportunité de découvrir quel que soit le niveau dans un milieu où on se sente à l’aise pour demander, peu importe la question, de vraiment se sentir à l’aise de demander et d’apprendre. C’est pour ça que moi, j’avais commencé une formation dans la mécanique, le soir justement parce que je voulais non seulement apprendre pour moi, mais aussi pour pouvoir transmettre aux autres. Et maintenant, je travaille en tant que mécanicienne et je donne avec d’autres mécaniciennes, on donne des workshops pour donner confiance à nos membres à faire des réparations, des petites réparations, à s’améliorer dans la mécanique et se sentir plus à l’aise et avoir plus de confiance que ce ne soit pas quelque chose qu’ils ne connaissent vraiment pas. Donc oui, pour donner cet espace pour apprendre et découvrir et ne pas se sentir mal à l’aise. Parce que je pense que quand on franchit cette étape de confiance, après, il y a certaines personnes qui décident, OK, maintenant, je me sens assez compétent ou je me sens assez à l’aise. Pour rejoindre d’autres clubs et d’autres rides. 

Victor : Le CCC, ça s’est pas mal élargi en termes aussi d’activité aujourd’hui. Vous avez, tu l’as un peu mentionné, lancé des workshops, il y a aussi une équipe qui fait un peu de compétition. Aujourd’hui, c’est quoi l’étendue de ce que propose le CCC un peu ? 

Marie HARGITT : Alison, donc l’autre cofondatrice, elle est très motivée pour améliorer aussi les femmes dans un niveau un peu plus sportif. Donc, elle est vraiment, elle essaye de vraiment avoir plus de femmes dans un niveau compétitif, même si c’est un niveau amateur et c’est un niveau qui reste pour s’amuser, pour avoir l’expérience. Elle fait partie d’une ligue à Bruxelles qui s’appelle le BCF. Et maintenant, on a deux équipes. On en a un qui est plus casual, on va dire. Et on a l’autre équipe qui est un peu plus poussée, un peu plus dans la compétition. Et l’idée, c’est vraiment d’avoir plus de femmes dans cette ligue de vélo à Bruxelles, mais aussi de donner plus d’opportunités pour avoir cette expérience sportive. Donc, par exemple, quand on a commencé avec nos équipes, il y avait beaucoup moins de femmes dans cette ligue. Et maintenant, ils ont commencé avec un seul type d’équipe pour les femmes. Et maintenant, il y a deux types parce qu’on a… Il y a tellement plus de femmes qui veulent participer. Du coup, ils ont eu la possibilité d’ouvrir et maintenant, ils ont deux différents niveaux. Et je pense que pour Alison, c’est très important et aussi pour moi, la visibilité des femmes dans le sport, dans un niveau compétition aussi. Moi, personnellement, c’est pas mon truc, mais pour Alison et pour d’autres personnes, d’avoir cet aspect de compétition, c’est vraiment très chouette. Et puis, à côté de ça, on a rajouté des workshops mécaniques justement pour donner plus de confiance au niveau mécanique de tout ce qui est vélo. Que ça soit de changer sa propre chambre à air si on a une crevaison, si c’est pour changer les patins de frein ou au moins de savoir ou d’avoir plus de confiance en soi quand on rentre dans un atelier mécanique ou quand on rentre dans un magasin en vélo parce que des fois, c’est difficile de s’imposer et des fois, surtout, dans des milieux, comme j’ai mentionné avant, masculins, des fois, on ne se sent pas très à l’aise de s’imposer ou de demander les questions et du coup, d’avoir plus de confiance quand on rentre dans cet espace. Donc, c’est pour ça qu’on fait des workshops comme ça. Et puis, en 2023, on n’en a pas fait l’année passée, mais l’idée, c’est aussi qu’on travaille des fois avec des marques genre Komoot. On a déjà travaillé avec eux pour faire des ateliers, des workshops pour apprendre comment créer des parcours justement pour apprendre à découvrir là où on habite ou même à l’étranger ou comment faire un bikepacking, etc. Donc, on fait ce genre de collaboration et on a aussi fait des workshops avec différentes compagnies comme Komoot pour avoir des workshops. Voilà. 

Victor : À l’origine, tu l’as expliqué, le but du CCC, c’était un peu de répondre à un besoin, enfin, remplir un trou qui n’était pas rempli à Bruxelles. C’était donc de donner accès aux femmes de tous niveaux de faire des sorties en groupe. Mais tu m’avais aussi, expliqué que le CCC, le but, ce n’était pas aussi de remplir des trous qui sont déjà remplis, donc de ne pas faire des choses qui existent déjà et qui sont déjà bien faites par d’autres acteurs. Est-ce qu’il y aurait certaines initiatives chouettes en dehors du CCC à Bruxelles dont tu aimerais parler, que tu aimerais mettre en avant ? 

Marie HARGITT : Oui. Du coup, on travaille avec surtout différentes initiatives liées au vélo à Bruxelles. Une chose que je n’ai pas parlé, sur laquelle j’ai parlé, et que je n’ai pas mentionné, c’est que le vélo reste quelque chose économiquement important dans le sens où, des fois, le franchi pour rentrer dedans, c’est assez cher. Donc, une chose qu’on a essayé de faire avec le CCC, c’est de rester accessible et du coup, ce n’est pas quelque chose qui est souvent avec les projets qui existent sur Bruxelles. Donc, il y a souvent il faut payer pour les rides ou les sorties. Donc, même dans le club où on a commencé avec Alison, il y avait une cotisation assez importante. Et puis, il y avait aussi, si on voulait avoir les tenues, etc. Donc,’est quelque chose dans le vélo plus sportif, c’est quelque chose qui reste assez cher. Et donc, avec l’écosystème à Bruxelles, donc les ASBL et les initiatives de vélo, on travaille, on essaye de travailler avec d’autres qui ont un peu le même esprit que nous, on va dire. Et du coup, on a travaillé, donc je pense que tu as déjà parlé avec des personnes de Ride Your Future, mais on a déjà collaboré avec eux pour des sorties et aussi de promouvoir leur propres workshops. Là, c’est aussi des cas différents. Donc, nous, on fait des workshops qui sont toujours gratuits et on les fait un peu au feeling des participants. Donc là, si on fait des workshops, par exemple, avec Ride Your Future, c’est des groupes beaucoup plus petits. C’est sur des sujets qui sont beaucoup plus spécifiques. Donc là, on promeut, les workshops et les sorties aussi. Il y a aussi tous nos after-work rides. Elles commencent chez Coureurs Brussels, qui est un magasin de Bruxelles au centre de Bruxelles. Et là, eux aussi, ils ont leurs propres sorties et nous, on fait, on partage ces sorties avec nos membres. C’est un niveau plus sportif, plus rapide. Donc, c’est… Enfin, je connais quelques personnes qui ont craint de commencer avec eux ou de rouler avec eux, mais finalement, ils ont réussi. Ils étaient tellement fiers d’elles. Donc, il y a différents aspects. Il y a aussi les Déchaînés à Bruxelles. Donc ça, c’est un autre groupe qui soutient les femmes, personnes trans et non-binaires à Bruxelles. Et… Eux, ils font des ateliers mécaniques, mais aussi des sorties à vélo un peu plus engagés. Mais du coup, on les soutient aussi. On essaye de partager. Dès qu’on voit qu’elles ont des nouveaux ateliers mécaniques, par exemple, on les partage. Donc, oui, il y a plusieurs initiatives. Il y a aussi à Molenbeek, il y a des hirondelles. Et ça, c’est surtout à Molenbeek et ce côté de Bruxelles pour apprendre à faire du vélo. Et ça, c’est vraiment chouette. Elles font aussi des ateliers mécaniques. Donc, nous aussi, dans nos ateliers mécaniques, on essaye de les faire dans différents endroits sur Bruxelles. Et si on n’a pas encore réussi à les faire dans quelques quartiers, par exemple, on met en avant des ateliers mécaniques aussi dans ces quartiers-là. Donc, on essaye aussi avec nos ateliers de faire la rencontre de différents endroits sur Bruxelles et permettre aux personnes qui habitent dans différents quartiers de participer. On fait aussi la promotion pour les sorties hors de Bruxelles, justement pour découvrir les différentes villes qui existent, les différentes courses ou courses moins compétitions, mais plus pour s’amuser. Par exemple, on a fait avec les off-road, on avait fait des sorties tout au long du printemps pour atteindre les 100 kilomètres, 115 kilomètres de distance. Donc, on a commencé avec une trentaine, puis quarantaine, cinquantaine, soixantaine, etc. Tous les mois, on a augmenté la distance pour qu’en fin de mai, elles ont pu participer au Smuggler’s Path, qui est un événement qui traverse des champs et des endroits au Limbourg, qui est vraiment chouette. Mais ça, c’est plus un esprit, enfin, à la fin, tu reçois un hamburger avec une bière, donc c’est pas… Mais c’était vraiment chouette, l’ambiance, et c’était… Donc, c’était aussi pour leur donner cette possibilité d’apprendre à rouler de plus longues distances. Et on a fait ça aussi avec les vélos de course pour le Rafa 100 en septembre. On l’a pas fait l’année passée, mais on a fait les deux ans avant. Et là, c’est aussi la même chose. On a commencé avec une trentaine, quarantaine, une cinquantaine, jusqu’à les 100 kilomètres de distance en septembre. Donc, oui, c’est aussi pour faire des défis pour nous-mêmes et pour chaque personne d’apprendre ce qu’elle veut. Et sur Bruxelles, il y a plein de différentes opportunités qui existent. Il y a aussi pour apprendre à rouler, par exemple. Nous, on n’a pas des opportunités pour apprendre à rouler, de zéro, de comment monter sur un vélo. Mais il y a le Bike Experience. Il y a différents groupes avec GRAC et avec Pro Vélo qui existent pour justement rentrer et remplir les trous que nous, on ne fait pas. Mais je pense, à Bruxelles, c’est un écosystème qui est assez complet. Il reste toujours des opportunités pour améliorer, pour rajouter des activités. Je pense que les difficultés de cette année, va être le fait que le gouvernement a changé et que tous les subsides et tout l’argent qui a été auparavant mis de côté pour les ASBL, les milieux vélo, genre GRAC, Pro Vélo, Cyclo, etc. Maintenant, il ne reste pas sûr de les avoir pour la fin de cette année. Il y a plein d’ASBL et de groupes qui, qui risquent de cesser leurs activités. 

Victor : Effectivement, pas très gai. En tout cas, je suis très impressionné par ta connaissance de toutes les initiatives qui existent autour du vélo à Bruxelles. Effectivement, le Ride Your Future, j’avais interviewé sur ce podcast Justine et Marion. Pour celles et ceux qui veulent en savoir plus là-dessus, vous pouvez retourner écouter. On avait fait, il me semble, 2 ou 3 épisodes avec elles. Et les déchaînés, je les ai contactés, mais sans succès pour l’instant. Donc, si jamais, l’une d’entre elles, d’entre vous, écoute ce podcast, n’hésitez pas à me recontacter. Je lance une petite bouteille à la mer. Pour conclure, le CCC, c’est récemment devenu une ASBL, une association sans but lucratif. C’est quoi l’avenir, un peu, pour le CCC ? 

Marie HARGITT : Donc, pour un côté pas très chouette, plus administration, on a fait l’ASBL parce que jusqu’à maintenant, Alison et moi, on payait tous les frais de notre propre poche. 

Victor : Ah, OK. 

Marie HARGITT : Donc, pour tout ce qui est communication, le site web, etc., nous, on payait ça. Cette année, l’année passée, on a décidé de passer en ASBL avec l’idée éventuellement pour recolter des fonds et trouver des bourses, etc. Maintenant, avec le nouveau gouvernement, ça va être un peu compliqué. Mais pour l’instant, on commence avec le lancement de membership officiel. Donc, en décembre, on a lancé pour 2025 les cotisations et on a fait un peu… On essaye d’être inclusif des situations économiques de chaque personne. Donc, on a demandé entre 5 et 45 euros pour l’année. Et ça, ça veut dire que les personnes peuvent rejoindre toutes nos activités et ça, ça nous permet de rembourser un peu les frais administratifs. Et puis, dans l’idée, dans le futur, ça serait chouette de rajouter des activités. On aimerait bien payer ou avoir des experts qui viennent apprendre comment mieux s’alimenter en faisant du sport ou de partager leurs expériences de voyage ou des choses comme ça. Donc, de vraiment ouvrir un peu, la discussion et puis aussi, peut-être, éventuellement, avoir une flotte de vélos pour pratiquer ou pour prêter pour les gens qui veulent essayer comment ça se sent avec un vélo off-road, comment ça se sent avec un vélo de course, etc. Mais ça, c’est plus loin, on va dire. Mais l’idée, c’est juste d’offrir plus d’opportunités, d’apprendre autour du vélo, et d’avoir plus de confiance en soi, en apprenant et en découvrant le vélo à Bruxelles. 

Victor : Trop bien. Est-ce qu’il y a des sujets dont tu aimerais parler que je n’ai pas abordés ? 

Marie HARGITT : Je pense que peut-être le fait qu’on a créé CCC, c’est vraiment pour confronter cette barrière que les femmes, les personnes trans et non binaires ont de plusieurs manières, dont sociales, mais aussi économiques, de donner plus d’opportunités et d’enlever cette barrière qui existe pour le monde du vélo et un peu de démystifier ce milieu et donner des opportunités. J’ai l’impression que je suis en train de me répéter, mais c’est très important pour nous parce qu’on veut vraiment donner plus d’opportunités et aussi donner plus de confiance aux personnes qui nous rejoignent. 

Victor : Je trouve que ça fait une très bonne conclusion à ce podcast de bien réexpliquer la mission du CCC, qui est une super chouette mission et qui est la raison pour laquelle je trouvais ça chouette de vous avoir sur le podcast. Écoute Marie, un grand merci d’être venue sur le podcast Vélotaf. 

Marie HARGITT : Merci de m’avoir invitée et d’avoir cette discussion. C’était vraiment chouette. 

Victor : Trop bien. Allez, salut ! 

co-fondateur du podcast et co-auteur du livre DEVENIR TRIATHLÈTE
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Podcasts, SwimRun, UltraRunner et Papa x 4 enfants je cours après le temps, mes passions et mes petits amours.