Après une carrière dans la communication, elle se réinvente en mécanicienne vélo et lance un atelier-boutique au cœur de la ville de Liège.
Découvrez l’histoire inspirante de Madeleine, fondatrice de CycloLibre. Entre reconversion audacieuse, passion pour le vélo et engagement pour une mobilité durable, Madeleine partage son parcours et son quotidien de gérante d’atelier vélo.
Écoutez cet épisode pour plonger dans les coulisses de CycloLibre, de la réparation locale à la vente et location, et explorez une vision inclusive du vélotaf urbain.
Trouvez ici toutes les infos sur CycloLibre : https://www.cyclolibre.be/
Bonne écoute !
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Quelques citations pour vous mettre l’eau à la bouche !
« J’avais l’impression d’un peu, je veux dire, pédaler dans le vide à l’époque. »
« Je voulais me tourner vers une activité plus manuelle, plus ancrée, je veux dire. »
« Beaucoup de clients ont suivi, mais très vite, l’atelier répond à des besoins vraiment citadins. »
« C’est tout un équilibre, parce que la seule réparation urbaine des gens qui passent, ce ne serait pas du tout rentable. »
« Il y a tout un travail de réceptionner les personnes pour les réparations ou les achats, les guider, les conseiller. »
« Je n’ai plus tellement les mains dans le cambouis, on va dire. »
Grâce à Autoscript.fr, je vous propose de retrouver la transcription de notre échange.
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Ce podcast animé par Victor Blanchard est proposé par https://bleen.be, et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique du Vélotaf.
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Lire la transcription
Victor : Bonjour Madeleine et bienvenue sur Vélotaf.
Madeleine : Bonjour Victor.
Victor : Après une longue carrière dans la communication, tu t’es formée pour devenir mécanicienne vélo et tu as fondé le magasin de vélo CycloLibre à Liège en Belgique. C’est une enseigne dans laquelle on peut faire réparer son vélo en acheter un et même en louer un. Et tu as aussi lancé les projets Shift Your Mobility et Happy Shifter. Est-ce que cette courte introduction te convient ? Est-ce que tu veux ajouter, modifier des choses ?
Madeleine : Non, ça me paraît tout à fait un bon plan.
Victor : On va commencer par discuter un petit peu de ta reconversion. Puisque comme je le disais avant, tu étais dans la communication. Et un jour, tu as entrepris une formation en mécanique vélo. Donc, qu’est-ce qui a été le déclic ? Qu’est-ce qui t’a donné envie d’entreprendre cette formation ?
Madeleine : En fait, effectivement. Donc, je travaille dans la communication. Maintenant, ça veut dire beaucoup de choses et pas grand-chose en même temps. Donc, mon travail au jour le jour consistait beaucoup à rencontrer des personnes et beaucoup de travail aussi de rédaction. Donc, finalement, un travail, quelque chose que j’aimais bien, mais je sentais que je ne m’épanouissais plus tout à fait complètement. Et bon, le monde de la communication évolue très vite. Bon, toutes ces questions tournant déjà autour de l’immédiateté de l’information, de la rapidité, de l’intelligence artificielle. Bon, on a l’impression à un moment que c’est un robinet qui coule sans fin et que ce que je produisais était emporté par les flots de plus en plus vite. Je veux dire, la péremption de l’information, au début, c’était quelques mois, quelques semaines, quelques jours. Quelques heures et puis finalement quelques secondes. Et quelque part, j’avais l’impression d’un peu, je veux dire, pédaler dans le vide à l’époque. Et je faisais beaucoup de vélo, mais je veux dire, je n’imaginais pas du tout à l’époque faire quelque chose comme mon métier. Mais je veux dire, pour la petite histoire, j’avais envie de me tourner vers une activité plus manuelle, plus ancrée, je veux dire, dans le concret des choses, voilà, pouvoir toucher avec mes mains de vrais objets et pas quelque chose de virtuel. Et alors, pour la petite histoire, j’ai un ami qui travaille, donc l’IFAPME en Wallonie, c’est un institut qui forme les indépendants et les petites entreprises. Donc, je vais trouver cet ami en lui demandant, tiens, montre-moi un petit peu, toutes les filières qui existent, parce qu’il y a énormément de choses que je ne connais pas nécessairement. Donc, moi, j’ai un profil plutôt universitaire. Donc, je vais trouver cet ami, on parle et puis il me dit, tu sais, il y a l’atelier vélo, ça marche vraiment bien. Et là, je dis, attends, oui, montre-moi un petit peu. Puis, on est allé voir l’atelier vélo. Et là, je veux dire, là, j’ai eu un déclic. Je me suis dit, ça a l’air vraiment chouette. Physiquement, il y avait une classe avec des bancs, des chaises. Et puis, à l’arrière, il y avait vraiment un atelier. Et j’ai laissé cet ami. J’ai été me renseigner à l’institut, quelles étaient les conditions pour s’inscrire, etc. Bon, ce n’était pas non plus super exigeant. C’était deux soirées par semaine. Et surtout, l’intéressant, c’est qu’il fallait aussi valider 300 heures de stage sur l’année. Donc, c’était deux ans, deux années. Ce qui ne me paraissait pas insurmontable. Donc, moi, j’ai choisi… Enfin, on peut répartir ces heures-là comme on veut, en bloc ou pas. Et moi, je me suis dit, je prendrai bien tous mes vendredis pour me former dans des ateliers vélo. Et donc, ça a commencé comme ça, je veux dire, un peu sans idée prédéfinie. Juste une volonté de faire quelque chose de plus concret. Donc là, on est en 2018. Donc, voilà, je fais ma petite formation durant cette année-là. Je découvre tout un monde. Et puis, la deuxième année arrive. Et là, on arrive dans les mois de Covid. C’est la première année, 2019-2020. Et là, comme tout le monde, tout s’arrête. Et là, au niveau de mon activité en communication, encore quelques jobs, mais je veux dire, tout par ordinateur, évidemment, Teams. Et au niveau du vélo également. Donc, on est interdit de stage, on est interdit de cours, etc. Et donc, je mets un peu ça de côté. Et puis, je me dis… Je me dis, en fait, je pourrais peut-être transformer mon garage en atelier vélo. En tout cas, m’équiper, avoir quelques outils. Voilà. Donc, ce que je fais. Là, on sort un peu du Covid. Enfin, c’était une période un peu entre les deux. Mais donc, voilà, je m’équipe. Je commence un peu à m’exercer sur mes propres vélos. Je vais faire des petits actes techniques. Et puis, comme beaucoup de personnes à l’époque, donc, on a un petit groupe WhatsApp de voisins qui nous a aidés à tenir pendant la période Covid. Donc, je fais savoir à mon voisinage que j’ai un atelier vélo et que si l’un ou l’autre a des besoins en la matière. Et très vite, voilà, le bouche-à-oreille se fait. Donc, mon vendredi que je passais avant dans les ateliers à l’extérieur. Donc, voilà, je le passe chez moi à réparer les vélos de l’entourage. Bon, le vendredi, donc, je suis là. C’est ouvert. Mais très vite, je découvre qu’il y a tout un travail à l’arrière de juste réparer les vélos. C’est-à-dire qu’il faut commander des pièces. Et bien sûr, je me dis assez vite que je ne vais pas aller à la grande enseigne du coin. Acheter des chambres à air et des roues et des pneus. Qu’il faut, que ce serait mieux que j’ai propres fournisseurs. Donc, voilà, commence alors tout ce travail de se faire connaître, je veux dire, des fournisseurs, donc d’avoir l’agrément. Donc, en Wallonie, en fait, pour exercer cette activité de réparation vélo de manière professionnelle, il y a un accès à la profession. C’est ce que j’ai eu via cette formation IFAPME. Donc, voilà, et tout ça prend beaucoup de temps. Donc, c’est plus que mon vendredi. Ça commence à se distiller un peu tout le temps dans la semaine. Et puis, je me prendrai… Après, j’ouvre le mercredi et puis le vendredi. Et puis, entre les coups, je commande mes pièces, je gère des fournisseurs, etc., etc. Donc, voilà, ça commence à prendre un peu d’ampleur. Et puis, là, je me prends au jeu. Et en fait, ça m’amuse beaucoup plus que mon job de communication. Et donc, à un moment, se pose la question, qu’est-ce que je fais, quoi ? Est-ce que je continue un peu les deux ?
Victor : Parce qu’à ce moment-là, tu as encore ton job en communication en parallèle ?
Madeleine : Oui, donc, en fait, là, mon job en communication, je suis indépendante, je ne suis pas salariée. J’ai été salariée au début de ma carrière professionnelle, mais ça fait déjà une bonne dizaine d’années que j’ai ma propre société de communication. Donc, c’est vrai que je peux un peu moduler mon travail en fonction, je veux dire, prendre ou non des jobs. Donc, ça, c’est un avantage, on va dire. Mais bon, assez vite, c’est vrai que l’aspect projet aussi de l’activité m’amuse, je fais une petite page Facebook que j’alimente et qui fonctionne vraiment bien. Et bon, ça, ça m’amuse de faire ma propre communication, on va dire. Et puis, voilà, de rechercher des fournisseurs, rechercher des solutions pour les vélos qui viennent. Donc, cet aspect-là me plaît bien également. Et puis, il y a une personne dont je n’ai pas encore parlé dans l’histoire, mon mari, il s’appelle Guy, il est architecte dans la vie. Mais bon, depuis le début, il est tout à fait partie prenante de l’idée. Dès que j’ai entamé cette formation, ben oui, il m’a tout à fait suivie, il était intéressé, etc. Et donc, lui, il fait la plupart de ses chantiers, il y va à vélo. Donc, c’est le critère numéro un pour accepter des clients, c’est que ce soit accessible à vélo. Donc, ils se baladent énormément à Liège et alentour et ils jettent un œil au passage sur des lieux possibles pour avoir un atelier un peu plus grand. Donc, voilà, à partir de ce moment-là, où on a l’idée de ne plus faire un atelier à la maison, mais un atelier quelque part, ben, ça prend… Je veux dire, ça nous occupe tous les deux, mentalement, on ne parle plus que de ça. Et donc, commence la série de visites d’endroits possibles. Alors, le cahier de charge dans notre tête, c’est un endroit situé dans la partie plate de Liège, parce qu’il faut savoir que Liège, c’est une ville de 200 000 habitants traversée par un fleuve, la Meuse. Donc, il y a une partie plate, mais partout autour, c’est vraiment une vallée. Donc, partout où on va à Liège, ça monte. Donc, on aille d’un côté ou de l’autre. Et nous, notre maison, par exemple, est située sur une colline. On a une maison en arrière-zone de la rue. Donc, déjà, hyper difficile à accéder à vélo. Mais bon, les gens nous trouvent. Mais on se dit, dans l’idéal, c’est pas top, parce que même pour essayer un vélo après une réparation, quelque chose comme ça, c’est vraiment la galère. Donc, on se dit, on cherche quelque chose dans la partie plate de Liège, idéalement près d’un ravel. Donc, le ravel, c’est la voie lente qui longe la Meuse. Et idéalement aussi, un endroit où on peut débarquer ou embarquer un vélo en voiture. Parce que quand un vélo doit être réparé, il peut arriver que la personne doive l’amener sur un véhicule. Donc, c’est ça un peu le cahier de charge. Et alors, il y a encore un critère, qui est qu’on n’a pas envie de se trouver dans un endroit mort où il n’y a pas d’habitants, où on aimerait bien faire partie d’un quartier où il y a de la vie, où il y a de la proximité, d’autres commerces, des gens qui habitent. Donc, pas aller se mettre au milieu de nulle part dans une zone d’activité économique où c’est mort la nuit et le week-end. Donc, voilà, c’est un petit peu les critères. Pour le reste, on est très ouvert. Donc, on va voir toute une panoplie de lieux. Donc, je me souviens, quand on est allé voir un ancien funérarium, qui, à ma connaissance, n’a toujours pas reconverti, mais une belle surface vide, mais assez inaccessible aussi, sur une colline. Une ancienne menuiserie, une ancienne brasserie, tous des anciens lieux comme ça. Alors, il y a un lieu qui nous a bien plu, c’était une ancienne banque. Il y avait encore la salle des coffres. Mais bon, dans une rue à sens unique, on ne sait pas s’arrêter, donc c’est un peu compliqué. Donc, voilà, c’est mon mari, au gré de ses périgrinations, il dit « Ah, il y a ça, il y a ça. » on va voir, mais bon… Et puis, enfin, on regarde sur Internet, voilà. Et un jour, il voit… Là, c’est un ancien garage de voitures automobiles. Et puis, il va voir et il dit « Ça, c’est vraiment… Voilà, c’est exactement ce qu’on cherche. » Bon, ok. Bon. On va voir une fois. Bon. Après, voilà, il a fallu palabrer un petit peu parce que se mettre d’accord sur le prix de vente avec le monsieur. Donc, il est allé boire beaucoup de fois de thé avec la personne. Et puis, finalement, on a pu se porter acquéreur de cet ancien garage qui est situé dans le…
Victor : Et donc vous êtes dans le centre-ville, c’est ça ?
Madeleine :Oui, oui, voilà. Donc, c’est là. C’est là, à cet endroit-là. Et donc, pendant six mois, on l’a transformé. On a vraiment pratiquement fait tout nous-mêmes. Donc, c’était une grande boîte vide. Et voilà. Donc, on a fait une partie showroom, une partie atelier, une partie réserve. Donc là, moi qui avais envie de travaux manuels, pendant six mois, on n’a fait pratiquement que ça. Et puis, on a ouvert au mois de septembre. Donc, 2022, il y a un peu plus de deux ans, tout en continuant… Donc, moi, je continuais toujours l’atelier à la maison. Beaucoup de clients nous ont suivi, mais très vite, l’atelier… Donc, on est vraiment situé en ville. Donc, j’ai remarqué qu’il répond vraiment à des besoins vraiment citadins, quoi. Voilà comment… Comment c’est venu. Mais je veux dire, quand j’ai entamé… Quand j’ai été voir mon ami en 2018 à l’IFAPME pour qu’il me présente les formations, je n’aurais pas imaginé ce parcours, quoi.
Victor : Ah, c’est rigolo. Ok. Tu as répondu à la question que je voulais te poser ensuite, après celle sur la formation, qui était de savoir comment était né, en fait, le projet CycloLibre, puisque c’est le nom de ton magasin. Mais du coup, tu y as très, très bien répondu. J’avais aussi des questions sur la ville de Liège auxquelles tu as répondu aussi. Et donc, oui, tu disais que c’était important pour toi d’être en centre-ville, notamment parce qu’il y avait pas mal d’enseignes qui choisissaient de s’exiler un peu en banlieue. Et j’avais aussi une question sur ton équilibre d’un point de vue économique, puisque il me semble que tu m’expliquais que tu faisais à la fois des réparations peu rentables pour des personnes qui n’avaient pas forcément des gros revenus, comme des livreurs à vélo, mais aussi des leasing de vélo à 6 000 euros. Est-ce que c’est un peu ce grand écart qui te permet de trouver ton équilibre ?
Madeleine : Oui. Oui, c’est sûr que, je veux dire, quand on est à la réparation, enfin, voilà, dans notre projet, effectivement, il faut trouver une certaine rentabilité. Donc, c’est pour ça qu’on a commencé par la réparation. Mais si tu viens aujourd’hui dans le magasin, tu pourras… Donc, moi, je présente ça maintenant comme un atelier boutique. Donc, on fait également de la vente de vélo. Donc, vente, location et réparation. Et c’est vrai que, voilà, c’est tout un équilibre, parce que la seule réparation urbaine des gens qui passent, ce ne serait pas du tout rentable ou alors il faudrait vraiment en faire beaucoup, beaucoup. Nous, on a un spectre de clientèle très, très large. Donc, ça va effectivement de… Oui, des livreurs à vélo. Donc, là, beaucoup de personnes sont étonnées, mais la plupart des sociétés de livraison à vélo ne fournissent pas le vélo à la personne. Donc, ce sont des vélos, ben, vraiment, voilà, sans émettre de critique, mais vraiment basic et qui, parfois, sont limite au niveau sécurité. Et des personnes à qui, effectivement, on ne peut pas non plus demander le prix trop important pour une réparation, jusqu’à des personnes qui ont un vélo de très bonne qualité, qui l’entretiennent régulièrement, et qui, ben, on change la transmission, on fait des purges de freins, enfin, voilà, comme d’autres enseignes feraient. Mais donc, ça fait vraiment un grand écart de clientèle. Et c’est vrai que le fait d’être situé en ville, ben, nous amène à pouvoir proposer nos services à toute cette clientèle. Et c’est quelque chose que j’aime bien. Je veux dire, je le revendique aussi de pouvoir accepter toute la clientèle. Donc, c’est pour ça qu’on est situé en ville aussi, parce qu’il y a beaucoup d’enseignes. Il y a deux choses qui, d’une part, et quelque part, je peux le comprendre, n’acceptent des réparations uniquement sur des vélos qu’ils ont eux-mêmes vendus, et d’autre part, choisissent de se situer en dehors de la ville. Donc, finalement, l’un dans l’autre, il ne reste vraiment plus beaucoup de place pour la réparation basic et classique, quoi. Et donc, ça, quelque part, ben, oui, c’est un, on va dire, un service à la collectivité, mais je trouve qu’il y a… Il donne du sens à notre présence et à notre travail. Donc, ça, c’est quelque chose qu’on aime bien de pouvoir proposer, quoi.
Victor : Tu m’expliquais aussi qu’aujourd’hui, tu as un mécanicien à plein temps et un apprenti, et que donc, toi, tu faisais quasiment plus de mécanique. Donc, c’est quoi un peu la réalité d’une gérante de magasin de vélos aujourd’hui ?
Madeleine : Oui, effectivement. Donc, notre atelier, physiquement, il est situé en hauteur, parce que, donc, dans l’espace qu’on a repris, il y a 5 mètres sous plafond. Alors, soit on faisait l’atelier tout au fond du bâtiment, sans fenêtre, sans rien, soit on le mettait en hauteur avec une grande verrière. Donc, l’atelier est en hauteur, et donc, on monte les vélos par une rampe, enfin, bon, voilà. Et c’est vrai que, du coup, je suis très peu en haut. Donc, c’est la manière dans l’atelier. Enfin, si ce n’est que… Donc, on ouvre au public à midi. Donc, de 10 à midi, on est présents dans le bâtiment. Mais ça me permet, moi, d’organiser le travail, des réparations de la journée, vérifier qu’il n’y a pas de difficultés particulières, qu’on a les outils qu’il faut, et repartir le travail entre les deux jeunes mécanos.De 10 à midi, c’est aussi le moment où on réceptionne les colis. Dans un magasin de vélos, on commande sans cesse des pièces, en fait. Donc, on a beaucoup de stock, beaucoup plus qu’il y a deux ans. Donc, maintenant, je sais ce qui tourne, ce qu’il faut avoir en stock. Mais bon, il reste… Il faut toujours telle ou telle roue, tel ou tel pneu. Donc, voilà, il faut réceptionner le stock. Donc, finalement, c’est vrai que de 10 à midi, en principe, je suis en haut dans l’atelier. Mais bon, il y a aussi beaucoup de choses à faire. C’est aussi le moment si je dois recevoir des personnes, avoir des rendez-vous. C’est à ce moment-là que je le fais. Et puis, à partir de l’heure de midi, les gens commencent à arriver. Et c’est vrai qu’il y a tout un travail de réceptionner les personnes pour les réparations ou les achats, les guider, les conseiller. Les réparations, voire vite fait, est-ce que c’est faisable, pas faisable, dans quel ordre de prix. Voilà, pouvoir donner un délai à la personne. Et donc, il m’arrive assez régulièrement. Je n’ai même pas le temps de manger, par exemple. Il est 16h, 17h. Je dis, ah, tiens, je n’ai pas mangé, mais je ne sais même pas. Et puis, à 18h, on ferme. Il y a encore tout un travail, voilà, de nouveau. Répertorier ce qui est rentré, ce qui est sorti. Est-ce qu’on a ce qu’il faut ? Il faut commander ceci pour un tel. Bon, ça, c’est vraiment au jour le jour et de manière un peu plus moyen terme. C’est aussi, voilà, le travail avec les fournisseurs du magasin. Donc, rechercher parfois de nouveaux trucs. S’assurer que, voilà, on est en ville. Est-ce qu’on a bien les vélos qui conviennent à notre clientèle ? Si pas, chercher des nouveautés. Voilà, à quelles conditions ? Donc, un travail de veille, je veux dire. Oui. Plus, alors, je ne parle pas de ce qui est comptabilité, etc. Oui, parce que le fait d’avoir deux personnes, c’est comme un boulot administratif. Bon. On le sait que c’est compliqué. Mais, alors là, il y a des choses complètement surréalistes. Je veux dire, on est en Belgique, mais les règlements de travail, enfin, des choses complètement aberrantes, mais qui prennent du temps. Donc, concrètement, oui, je n’ai plus tellement les mains dans le cambouis, on va dire. Mais, il faut quand même que je puisse, assez rapidement, un vélo entre, évaluer. Qu’est-ce qui se passe ? Oui. Où est le problème ? Ah oui, il faut changer ça, ça, ça. Eh bien, ça, il n’y a pas de problème. Ça, on sait faire. Ça, c’est surréaliste. Ou ça ne vaut pas la peine. Aussi, parfois, on a des vélos qui ont été achetés à 50 euros sur une brocante et il y a 300 euros de réparation à faire. Est-ce que ça vaut la peine ? Donc, voilà. Mais, c’est vrai que, concrètement, je suis beaucoup moins dans l’atelier que dans que dans le magasin.
Victor : Ok. Madeleine, merci beaucoup d’être venue sur le podcast Vélotaff pour nous présenter un peu ta reconversion et le lancement et le quotidien de ton atelier, CycloLibre.
Madeleine : Merci de m’avoir reçue, Victor.