Dans cet épisode, Victor reçoit Guillaume de Lustrac, un aventurier passionné de cyclisme et de défis écologiques. Guillaume nous emmène à la découverte de ses aventures d’ultracyclisme, des courses de longue distance comme la Race Across France à son projet ambitieux, le « Tour de France des stations. » Ce voyage de 9500 kilomètres, réalisé en 100 jours à travers 300 stations de ski françaises, vise à interroger l’avenir de ces lieux face aux enjeux climatiques.
Il partage aussi les défis logistiques, physiques et mentaux de ses expéditions, ainsi que son choix d’indépendance financière pour rester libre dans ses prises de parole et ses actions.
Un échange inspirant pour celles et ceux qui s’intéressent au cyclisme, à l’aventure et à la transition écologique.
Bonne écoute !
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Quelques citations pour vous mettre l’eau à la bouche !
« C’est un peu un désavantage avec la transition. C’est qu’on peut un peu tout revoir, notre manière de vivre. Souvent, c’est revenir à du bon sens, finalement. »
« En fait, en me mettant au triathlon, je me dis, bon, moi, je viens de la natation de base… Et donc, je faisais du 1500, donc plutôt des trucs de fond, d’endurance. »
« Le vélo, il est vraiment venu sur le tard. Il est venu quand, du coup, je me suis inscrit à l’Embrunman. »
« Le crowdfunding a plutôt bien marché, en toute transparence, tu vois. Le crowdfunding, il a atteint 6 000 euros, ce qui, du coup, en fait, était le budget pour le film. »
« Je n’ai pas fait plus de 47 heures sans pluie. »
« C’est un petit peu moins intense, mais j’allais dire les rencontres que tu fais, tu vois. Tu discutes avec des personnes qui sont hyper intéressantes, passionnées, passionnantes. »
« C’est la chaleur des gens. La chaleur des gens, clairement. Et de Constance, du coup, ma femme, qui a beaucoup, beaucoup aidé. »
Grâce à Autoscript.fr, je vous propose de retrouver la transcription de notre échange.
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Ce podcast animé par Victor Blanchard est proposé par https://bleen.be, et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique du Vélotaf.
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Victor : Salut Guillaume et bienvenue sur le podcast Vélotaf.
Guillaume de Lustrac : Salut Victor, merci pour l’invitation.
Victor : Grand plaisir, ça me fait très plaisir de te recevoir et ta présentation va être un peu longue parce qu’en préparant cet épisode et en discutant avec toi, j’ai réalisé que tu avais vraiment fait énormément de choses et aussi plein de choses en rapport avec le vélo. Donc pour commencer, tu as fait de très bons résultats sur les courses d’ultra. Tu as fait des courses d’ultra cyclisme comme la Race Cross France ou la Pan Celtic Race, des courses qui font environ 2500 kilomètres. Tu as fait aussi la Desertus Bicus qui est une course en autonomie en Espagne ou encore la Lyon Genève qui elle se passe de nuit. Tu as aussi fait deux fois l’Embrunman et tu fais moins de 10 heures sur Ironman, ce qui est une très belle performance. Tu as fondé Poco Loco pour aider les gens à se mettre au bikepacking. Le bikepacking qui est un sujet que tu maîtrises assez bien donc avec tes nombreux ultras à vélo. Mais aussi grâce à un projet assez dingue. Finalement que tu as nommé le Tour de France des stations et qui a consisté à relier 300 stations de ski à vélo en 100 jours afin de réaliser un documentaire que tu as intitulé Nouvelle Piste dans lequel tu abordes le futur de la montagne, du ski dans un contexte qui, selon la Cour des Comptes, verrait seulement quelques stations être en mesure de poursuivre leur activité d’ici 2050. Et puis parce que tu ne sembles jamais être à court d’idées que je trouve complètement débiles, tu détiens aussi le record du monde du marathon en marche arrière en 3h25 chronos que beaucoup de personnes aimeraient atteindre en marche avant et du plus grand dessin GPS sur Strava avec les anneaux olympiques que tu as réalisé avec un compagnon de galère à vélo sur quasiment 2200 kilomètres par des conditions météo vraiment pas très agréables. Et enfin, quand tu as le temps ou que tu as besoin d’argent, j’imagine que tu réalises des bilans carbone pour des entreprises. Est-ce que cette description te convient ? Est-ce que tu veux corriger ou ajouter des choses ?
Guillaume de Lustrac : Franchement, je commence à faire un petit peu d’interview et vraiment solide. C’est hyper détaillé, hyper précis, nickel. Je vais rajouter juste un petit truc sur justement les bilans carbone. Il y a un peu deux raisons à pourquoi est-ce que je fais ça. Il y a un petit un, c’est que c’est quand même une passion de bosser sur les sujets environnementaux. Et puis après, la seconde chose, c’est effectivement, c’est vrai que ça permet de gagner sa vie, mais ça me permet aussi surtout de pouvoir faire des aventures tout en étant vraiment libre. Vis-à-vis de partenaires potentiels. Donc voilà, jusqu’ici, la plupart de mes aventures ou de mes courses, je les autofinance. Ce qui fait que je n’ai pas de sponsor ou de partenaire qui me dit, ne dis pas ça par contre ou ne fais pas ci, ne fais pas ça quoi. Et je trouve ça important, cette liberté-là.
Victor : Oui, effectivement, c’est quelque chose que je retrouve beaucoup quand je parle avec des gens qui sont indépendants. À leur compte, c’est vraiment cette envie d’être libre dans son emploi du temps. Ok, merci pour cette précision. Pour commencer, on va parler de ton Tour de France des stations et vraiment de l’aspect aventure de ce Tour de France. Donc dans cet épisode, on ne va pas trop aborder la partie sur l’avenir de l’industrie du ski en montagne. Donc première question, comment est-ce que t’es venu l’idée de faire ce Tour de France des stations ?
Guillaume de Lustrac : Alors l’an dernier, j’ai fait, j’ai roulé 3-4 jours avec Max, Maximilien Schnell. Donc je crois que sur Instagram, c’est at@maxschnell555. Qui, lui, vit 365 jours par an sur son vélo ou 364 quand il vient dormir à la maison. Mais d’un incident, il, voilà, c’est vraiment, ça fait 5-6 ans qu’il est bikepackeur à temps plein et qui parcourt le monde entier comme ça. Et puis, il s’est lancé dans un gros défi qui était toutes les routes d’Europe à plus de 2000 mètres d’altitude. Et donc, je l’avais rejoint sur ce défi-là. Et je m’étais dit, franchement, c’est trop, trop bien comme défi parce que t’es en altitude. C’est souvent dans des beaux paysages. Le plat pays, c’est super et je suis sûr qu’il y a beaucoup de beaux paysages. Mais on était assez d’accord sur le fait qu’en montagne, on trouvait vraiment quelque chose un peu d’unique en termes de paysages. Et je me suis dit, si jamais je pouvais faire un défi comme ça, sauf qu’une des différences que j’ai un petit peu avec Max. Alors Max, lui, on va dire, sa mission d’être, sa raison d’être, c’est un peu de mettre les gens au vélo, d’aider les gens à se mettre au vélo. Et moi, ça va du coup plus être les enjeux environnementaux qui me tiennent particulièrement à cœur. Je pense au sens plutôt large. Et du coup, partir trois mois pour une aventure, je me suis dit, OK, mais si c’est juste pour que moi, je profite. Je trouve qu’il y a un petit côté un peu égoïste. C’est un peu un truc philosophique, mais je me dis que je suis assez heureux comme ça. Et que du coup, passer trois mois juste, on va dire, centré sur mon plaisir. Je trouve ça un petit peu dommage. J’aime bien essayer de pouvoir apporter quelque chose de plus dans cette société. Je trouve que je suis assez gâté comme je suis. Et donc, je me suis dit, si jamais je pouvais utiliser ça pour aller à la rencontre de toutes les stations de ski de France. Donc, c’est les 300. Il n’y en a pas une de plus, une de moins. Aller les rencontrer et puis essayer de voir ce qu’on peut faire pour les sauver ou pas. Est-ce qu’elles sont en danger d’ailleurs ou pas ? On entend beaucoup de choses. Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est faux ? Voilà. Et puis, c’est peut-être quelque chose dont on pourra discuter ensemble plus tard aussi.
Victor : Cette prise de conscience environnementale, tu sais quand… Tu arrives à savoir quand elle est intervenue dans ta vie ?
Guillaume de Lustrac : Elle est intervenue il y a à peu près 8-9 ans. Elle est vraiment venue petit à petit. Au début, j’avoue que j’étais un peu réfractaire sur certains trucs. Tu vois, je me disais, bon, venez pas me saouler là avec la consommation de viande ou avec il ne faut pas prendre l’avion, etc. Bon, ça va. Et puis, plus je m’intéressais au sujet et c’est un ressenti très personnel. Donc, je ne dis pas ça pour… Pour que les personnes, tu vois, se sentent… Enfin, se sentent attaquées ou quoi. Mais moi, la manière dont je le vivais, c’est… Je me sentais un petit peu hypocrite d’un peu m’engager et d’essayer de m’améliorer dessus. Et en même temps, quand je faisais mon bilan carbone, je voyais que je flinguais tout avec un aller-retour au Canada ou des trucs comme ça. Donc, je me disais, en fait, je ne prends pas le problème de la bonne manière. Et du coup, au fur et à mesure où je m’intéressais à ça et où je me disais, mais attends… Et ça, d’ailleurs, et les déchets, est-ce que c’est vraiment important ou pas ? Et l’électricité. Et voilà, plus tu t’intéresses à ce truc, une fois que tu te mets un peu dedans, tu peux revoir un peu toute ta manière de vivre. Et c’est ça que je trouvais intéressant. Et c’est pareil. Je pense que c’est un peu un désavantage avec la transition. C’est qu’on peut un peu tout revoir, notre manière de vivre. Souvent, c’est revenir à du bon sens, finalement. Et donc, du coup, cette partie-là, moi, elle me passionne vraiment.
Victor : Je suis assez en phase avec ce que tu dis. Je me dis, mon expérience personnelle se rapproche pas mal de ça. Et est-ce que tu faisais déjà du vélo avant cette prise de conscience ? Ou alors, est-ce que, suite à cette prise de conscience, tu t’es mis à envisager le vélo, en fait, comme un moyen de transport qui offrait pas mal de liberté, qui était très décarboné ? Et est-ce que tu t’es mis à en faire plus à partir de là ?
Guillaume de Lustrac : Non. Alors, écoute, le vélo, il est vraiment venu sur le tard. Il est venu quand, du coup, je me suis inscrit à l’Embrunman. Donc, j’avais la chance de vivre… Dans des grandes villes. Enfin, la chance, on va dire. Niveau de transport, c’était une chance parce que, du coup, t’as des bus, t’as des métros, t’as des trains, etc. Donc, du coup, là-dessus, j’avais pas forcément besoin de me déplacer en vélo. Par contre, ouais, je me suis mis au triathlon. Et en fait, en me mettant au triathlon, je me dis, bon, moi, je viens de la natation de base, sportivement. Et donc, je faisais du quincent, donc plutôt des trucs de fond, d’endurance. Donc, j’étais pas trop mal sur de la course à pied parce que j’avais ce bon cardio-là. Et par contre, il me manquait vraiment de puissance en vélo. Et je me suis dit, bon, ben, je vais pousser un petit peu plus le vélo parce que je suis vraiment nul, nul, nul. En natation, je sortais, tu vois, à l’Embrunman, je sors dans les vingt premiers. Donc, devant certains pros ou certains gars qui font le podium, quoi. Et quand ils me voient après, avec la première fois, j’avais un vieux vélo de 25 ans, etc. Je voyais des gars que, tu vois, que je suivais sur Instagram et je leur disais, allez, André et tout. Et ils disaient, mais c’est qui ce clown ? Donc, voilà, j’étais un peu le touriste sur la partie vélo. Je me suis dit, il faut que je progresse. C’était l’année où il y avait le Covid aussi. Et donc, du coup, il n’y avait que les courses d’ultracyclisme qui étaient encore ouvertes, on va dire, en truc de compétition. Et je me suis dit, parfait, ça va me faire progresser à vélo. Et en fait, là, je suis passé du vélo en tant que sport d’entraînement au vélo qui permet de voyager. Ma première sortie très longue, on va dire, c’était 300 kilomètres pour aller du Vercors, où du coup, j’étais… J’étais basé jusqu’à la Côte d’Azur. Et là, je me suis dit, mais en fait, mais c’est hallucinant, quoi. En une journée, le nombre de paysages que tu vois, tu rencontres plein de personnes, tu vas manger des spécialités différentes du matin au soir, mais c’est hallucinant, quoi. Et là, depuis, enfin, franchement, une fois que tu choppes ce virus-là, je ne sais pas s’il y en a qui ont des solutions pour s’en sortir, mais je trouve ça difficile de se désintoxiquer de cette addiction du vélo et du voyage à vélo.
Victor : Je confirme, enfin, c’est un ressenti, encore une fois, avec lequel je suis assez aligné. Ok, donc tu t’es mis au vélo et donc tu as expliqué un peu comment est venue l’idée de ce tour de France des stations. Alors, comment tu t’es préparé pour un tel défi sportif ? Parce que ça représente quand même, selon les chiffres que tu as communiqués, 8500 kilomètres avec 200 000 mètres de dénivelé positif.
Guillaume de Lustrac : 9500, mais ouais, grosso modo, à ce niveau-là, on ne compte pratiquement plus.
Victor : Ok, effectivement. Et comment tu t’es préparé pour ce défi ? Parce qu’il y a une dimension physique, il y a une dimension mentale, et puis il y a toute la dimension un peu organisation, aussi comment tu équipes ton vélo, des choses comme ça, parce que je trouve en ultra, la très petite expérience que j’en ai, s’il y a des choses que tu n’as pas testées avant, une sacoche qui est mal mise, tu as ton genou qui frotte, des trucs comme ça, ça peut rapidement devenir super agaçant au fil des jours.
Guillaume de Lustrac : Ouais, alors on va dire prépa physique : l’avantage c’est que du coup, je roule un peu tout le temps, toute l’année. Donc là, tu vois, comme tu disais en introduction, on a battu le record avec Vincent Brémont, on a battu le record du monde du plus grand dessin GPS à vélo, on a dessiné les années olympiques, ça faisait 2200 kilomètres, on l’a fait en 10 jours parce qu’on ne voulait pas non plus se mettre en mode ultra, donc ça faisait 220 par jour. Bon, on n’avait pas prévu qu’il fasse si froid et autant de vent et de pluie, donc voilà, ce n’était pas foufou en termes de conditions de plaisir. Je crois qu’on a eu deux après-midi de soleil, mais sinon, ce n’était pas la meilleure période pour faire un défi sportif. On a un peu compris pourquoi il y avait moins de gens sur les vélos à cette période-là de l’année. Donc voilà, on va dire cette caisse un peu physique, je l’ai. Pareil, mentalement, vu que je fais pas mal d’ultra, je pense que j’ai cette préparation mentale-là. Après, en organisation, c’est vrai que là, c’est extrêmement différent et ça a été hyper compliqué. Parce que… C’est une période où j’avais beaucoup de boulot et donc j’ai vraiment, avec du recul en fait, j’aurais dû probablement m’y prendre bien à l’avance. Tu vois, j’ai commencé vraiment, je devais partir le 15 avril et je m’y suis mis vraiment… J’ai passé la seconde le 1er janvier, ou d’ailleurs plutôt après le défi, parce qu’il fallait préparer le défi, même en organisation. J’ai fait la finalisation des anneaux olympiques, donc du coup, plutôt février. Donc février-mars, deux mois et demi en fait. Et j’aurais pu, tu vois, reporter et me dire, je reporte d’un an, je le fais un an plus tard, etc. Mais je trouve que si tu fais ça, en fait, tu pars jamais quoi. Donc ok, et c’était un peu l’idée globale du projet. Tout n’est pas parfait, ce sera pas exactement comme je le voulais, etc. Mais voilà, fais-le, tu fais ce que tu peux et puis t’accepte, tu vois, que tout soit pas parfait. Et de faire le mieux que tu puisses, quoi. L’avantage, c’est que niveau organisation, vu que tu es sur du bikepacking et pas sur de l’ultra, si jamais il faut que tu rates une demi-journée par-ci ou une demi-journée par-là parce que tu dois attendre une sacoche ou un truc, c’est un petit peu plus jouable, tu vois, que sur de l’ultra où là vraiment, tu vois, une demi-journée, ben, t’es mort, tu perds X places, etc. Si jamais, enfin, pour les personnes qui font vraiment la course en place et tout, donc j’étais un peu plus flexible. Par contre, typiquement, je voulais partir le 1er avril et finalement, j’ai dû partir le 15 parce que j’avais trop de choses à faire. Et vu que j’avais beaucoup de boulot, je bossais, allez, 8-10 heures par jour et après, je remettais 8-10 heures où je travaillais sur ce projet-là parce que du coup, vu qu’il y a 300 stations et que moi, je voulais rencontrer le plus de personnes possible en station, il faut que tu contactes toutes les 300 stations, tu vas contacter plusieurs personnes parce que tu as la mairie, tu as les gestionnaires des remontées mécaniques, tu as les offices de tourisme, parfois, tu as des députés ou des choses comme ça que tu veux rencontrer. Donc, ça fait une liste de, je ne sais plus, 500 et quelques personnes à contacter. Tu dois les trouver sur LinkedIn, il y en a qui sont pas sur LinkedIn, il y en a sur le mail, etc. Voilà, c’est quand même hyper fastidieux en plus de, du coup, organiser le tracé. Rien que ça, en fait, c’est hyper compliqué. Donc là, ben, t’as beau mettre toutes tes petites stations, quel est le trajet le plus court ? Voilà. Donc, hop. Hop, je fais le trajet le plus court, je commence par les Alpes, ensuite, je vais aller dans les Vosges, etc. Une fois que je finis le tracé, ben non, en fait, je ne peux pas faire ça parce que les Alpes, les cols comme l’Isran sont fermés jusqu’à quasi juillet. Et donc, du coup, je suis, en fait, je suis bloqué vu que je voulais partir d’avril à juillet. Donc, on rebolote, on rechange tout, on commence par les Vosges, etc. Poum, t’as perdu une semaine quasiment, quoi. Parce que, du coup, toutes tes étapes, tu dois les redécouper, tu dois recontacter toutes les personnes que t’as contactées en disant, ben non, finalement, ce ne sera pas en mai que j’arrive, mais plutôt en juin. Bref, voilà, pas mal de, enfin, beaucoup, beaucoup de, j’allais dire de galères, mais d’organisation, simplement, logistique en amont. Je t’avoue que quand je suis parti, j’étais à la limite du burn-out, tu vois, de ça, parce que je me couchais à 2h du mat, 3h du mat. Et je me suis dit, bon, ben, enfin, je vais pouvoir rouler et penser à autre chose que de l’organisation, quoi. Et après, là où j’ai eu énormément de chance, c’est qu’en parlant un petit peu du défi, j’ai eu des partenaires qui m’ont suivi. Donc, tu parlais vélo, il y a CMT, qui a été mon partenaire vélo pendant cette aventure, qui est un fabricant artisanal de vélos Titane, basé dans les Alpes. Donc, tu vois, particulièrement conscient des enjeux des stations et des montagnes et de l’environnement de manière générale. C’est des vélos Titane, donc leurs cadres sont garantis à vie. C’est hyper résistant, hyper confort aussi pour rouler dessus. Et là-dessus, tu vois, ça change quand même la donne par rapport aux vélos carbone que moi, j’avais prévu. J’avais prévu de faire pour rouler avec, quoi. On a discuté avec Max Schnell, qui, du coup, était un peu mon aide sur toutes ces questions-là, vu que lui, il a plus que l’habitude, tu vois, il est testeur pour les vélos Décathlon, etc. Et voilà, un vélo Titane, ça fait quand même la différence sur ce genre de défi. En plus, quand tu as une équipe derrière avec, tu vois, des gens sérieux et qui sont à l’écoute, etc. Voilà, ça, franchement, là-dessus, top. J’avais aussi quelques petits partenaires comme Vélor Textile. Là, c’est des vêtements de vélo à partir de déchets de la mer recyclés ou de matériaux recyclés. Et donc, ça pareil, tu vois, moi, je ne suis pas forcément pour dire acheter des textiles, vélo, etc. Par contre, mon cuissard, il était transparent. Vous voyez mes fesses à l’arrière. Donc, c’est vrai que c’était nécessaire d’avoir un autre cuissard. Et quand, du coup, tu peux mettre en avant une marque comme ça, qui revoit un peu tout le modèle de la chose, je trouvais ça vraiment super, quoi. OK, cette petite partie partenaire aussi financier à trouver parce qu’on savait qu’on voulait faire un documentaire dessus pour pouvoir diffuser, en fait, au plus grand nombre ce qu’on apprenait sur les stations. Donc, du coup, j’ai été accompagné d’un réalisateur qui m’a suivi un jour par massif, sauf les Alpes. Vu que, du coup, les Alpes, c’est la moitié du défi, c’est un mois et demi. Il était quatre jours là-dessus, quoi.
Victor : Tu as répondu à pas mal de questions que je voulais te poser. C’est très bien. Vélor, en fait, j’ai invité le fondateur de cette marque sur ce podcast il y a quelques mois, Mickaël. Donc, il était venu en parler.
Guillaume de Lustrac : Ouais, Mickaël Jardin.
Victor : Pour celles et ceux qui nous écoutent et qui veulent en savoir plus, on a un épisode entier là-dessus.
Guillaume de Lustrac : Exactement. Du coup, je suppose que vous avez parlé du Cycling for Climate, tout ça.
Victor : Ouais, tout à fait. On a fait un épisode, du coup, sur la cyclo pour le climat.
Guillaume de Lustrac : Trop cool, trop cool.
Victor : Et un épisode plus spécifique sur cette marque Vélor qu’il a cofondée.
Guillaume de Lustrac : Ah ouais, bah allez écouter, quoi. C’est vraiment… Je trouve ça trop, trop intéressant ce qu’ils font, la manière dont ils le font. C’est vraiment super. Super.
Victor : La démarche est vraiment top, je suis tout à fait d’accord.
Guillaume de Lustrac : J’allais dire sur le financement, parce que c’est vrai que c’est une question qui revient souvent, tu vois, sur trois mois, comment tu fais, etc. Donc, du coup, on va dire partenaire équipement, j’avais ça. Après, j’avais deux partenaires financiers, donc Taker, qui fait aussi des bilans carbone, notamment pour certaines stations, et Belbéoc, qui est une boîte qui gère tout ce qui a trait aux arbres pour les communes. Et qui est aussi un gars que je connais bien, puisqu’il est venu rouler, comme Taker, d’ailleurs. Je réfléchis, mais… Alors, Vélor pas, parce qu’on est un peu loin de Mickaël, mais j’ai roulé avec tous les partenaires, tu vois. Donc, c’est vraiment des personnes passionnées. Et après, on a lancé un crowdfunding. Et là, du coup, le crowdfunding a plutôt bien marché, en toute transparence, tu vois. Le crowdfunding, il a atteint 6 000 euros, ce qui, du coup, en fait, était le budget pour le film. Donc, on est rentrés pile. Au début, c’était 500, et en fait, on a dû faire quelques ajustements, parce qu’on avait 2-3 trucs en plus, 2-3 bricoles qui nous sont arrivées. Donc, voilà. J’ai pu, du coup, faire ce voyage-là, on va dire, sans sortir trop d’argent, à part pour tout ce qui est nourriture et éventuels hôtels. On n’a pas fait beaucoup, mais ça nous est arrivé 2-3 fois.
Victor : Très bien. Tu as aussi répondu à ma question sur le financement que j’avais.
Guillaume de Lustrac : Ouais, c’est une question qui revient souvent, donc c’est pour ça que je me suis permis.
Victor : Ouais, j’imagine. Et j’avais d’abord la question sur le tracé de l’itinéraire, parce que j’avais effectivement en tête que tout ce qui est Galibier, Iseransine, De la bonnette décollent entre 2006 et 2008. En général, ça ouvre mi-juin. Donc, je me demandais comment tu avais fait. Du coup, ouais, tu as bien expliqué qu’en fait, tu es parti par les massifs un peu plus bas. Ouais. Donc, tu as fait Jura, Vosges, Massif Central, Pyrénées, Alpes Sud, Alpes Nord, c’est ça ?
Guillaume de Lustrac : Je suis parti de la station la plus au nord de France. Alors, oui, il y en a une dans les Hauts-de-France, mais bon, ce n’est pas 100% une station, etc. Bref, mais ouais, je suis parti des Vosges. Vosges, Jura, Massif Central, Pyrénées, d’ouest en est. Ensuite, une fois que j’arrive à Font-Remeu, hop, parce que je faisais aussi toutes les transitions à vélo. Et donc là, Font-Remeu, transition jusqu’aux Alpes du Sud. Et hop, j’ai tout remonté jusqu’aux Alpes du Nord pour finir au lac Léman, ouais. Mais j’ai quand même eu des cols bloqués, on pourrait en parler. Mais ouais, typiquement, le Tourmalet dans les Pyrénées, le col d’Alos, le col des Champs, le col de l’Iseran et tu vois, le col d’Alos, par exemple, dans les Alpes du Sud, est en si mauvais état qu’il n’a même pas rouvert cette année, quoi. Donc, voilà.
Victor : Ah, mais j’ai vu, c’est celui dont la route s’effondre un peu, non ?
Guillaume de Lustrac : Ouais, ouais, exactement. Donc, d’un point de vue juridique et légal, non, je n’ai pas fait le col d’Alos. Voilà.
Guillaume de Lustrac : Je disais ça pour rigoler, bien sûr.
Victor : C’est celui qui est parallèle au col de la Cayolle, non ? Qui est un peu plus à l’ouest ?
Guillaume de Lustrac : Je crois que le col de la Cayolle est un tout petit peu plus au sud. En fait, c’est celui qui permet d’éviter Gap, voilà, et qui te permet de basculer quasiment en Isère, quoi.
Victor : Oui, et du coup, c’est ma question aussi, si tu avais bien relié les massifs en vélo, donc, effectivement. Et du coup, j’ai vu, il me semble qu’entre les Pyrénées et les Alpes du Sud, tu passes même par la station de ski du Mont Ventoux, c’est ça ?
Guillaume de Lustrac : Alors ça, c’était après, c’était entre Alpes du Sud et Alpes du Nord, ouais. Je suis passé par la… Effectivement, il y a peu de personnes qui le savent, mais oui, il y a une station de ski au Ventoux. Le Mont Serein, si je ne dis pas de bêtises. Et ouais, ouais, j’invite les personnes qui font le Ventoux. Alors, il faut passer côté Malocène, côté Bédouin, on ne le prend pas, mais ouais, côté Malocène, on arrive par un petit moment où on voit les chalets du Mont Serein et c’est à cet endroit-là qu’est la station, ouais. Trop bien. C’était la station avec le plus grand détour. Le plus grand détour, je fais 250 kilomètres juste pour aller chercher cette petite station, donc tu la retiens bien quand c’est… C’est dans ces cas-là, quoi.
Victor : Pas mal. Parce qu’en fait, toi, tu as fait 300 stations et tu sais combien il y en a en France en totalité ?
Guillaume de Lustrac : 300.
Victor : Ah, OK. Tu les as vraiment toutes faites, quoi.
Guillaume de Lustrac : Ouais, ouais, ouais, toutes, toutes, toutes.
Victor : OK, très solide. Ça a été quoi ta plus grosse galère sur cette aventure ?
Guillaume de Lustrac : Clairement la météo. Parce que je ne sais pas si tu étais en France ou en Europe au printemps, quoi, entre le 15 avril et le 15 juillet. Je ne sais pas si tu étais beaucoup sur le vélo à cette période-là, mais si tu étais sur le vélo à cette période-là, tu as dû t’en souvenir. Ce n’était pas la meilleure période pour partir trois mois faire du vélo. Les deux semaines avant le départ, il faisait grand soleil et tout. Je me suis dit, oh là là, la régalade que ça va être, ça va être magnifique. Et dès les trois premières semaines, je me suis tapé neige et grêle tous les jours, quoi. Je me suis tapé Vosges-Jura. Il y a des endroits, ils m’ont dit, c’est la première fois qu’on a de la neige de l’année. Donc, sympa, quoi.
Victor : Ah oui, ils n’en avaient pas eu de l’hiver ?
Guillaume de Lustrac : Oui, à certains endroits, ils n’avaient pas eu de l’hiver. Et voilà, du coup, je… Et après, ça m’a suivi, la pluie m’a suivi tout le long. Je n’ai pas fait plus de 47 heures sans pluie. Non, voilà, c’est vraiment…
Victor : Ah ouais, la vache.
Guillaume de Lustrac : Oui, sur 90 jours, ça tabasse quand même un peu. Il y a des moments où tu en as marre.
Victor : Oui, tu m’étonnes. Tu m’étonnes. Moi, j’en ai marre alors que je sortais… Enfin, je me déplace en vélo tous les jours, mais après, mes sorties en vélo de quelques heures pour m’entraîner, c’est souvent juste le week-end, quoi. Et oui, j’en avais marre aussi. Tu avais la chance de dormir en dur, donc tu pouvais faire sécher quand même tes fringues et tout ?
Guillaume de Lustrac : Non, pas trop. Alors, sur le début, il y a du coup ma femme Constance avec qui on fait un peu tout le temps nos défis ensemble, mais qui était… Elle, elle bossait, donc du coup, on était avec le van. Et ensuite, pour la partie… Donc ça, c’était sur les trois premières semaines. Donc, on va dire en semi-dur, parce qu’on ne pouvait pas… Enfin, on pouvait essayer… Si, on essayait de faire sécher comme on pouvait, mais ce n’était peut-être pas exactement la même chose que, tu vois, être en maison avec une machine à laver, etc. Et ensuite, dans les Pyrénées… Alors, j’étais quand même… J’ai quand même été accueilli chez certaines personnes, à certains moments, tu vois, dans le Jura… Même dans les Vosges, Jura, Massif Central. Donc, ça va, tu vois, de temps en temps, on avait quand même des endroits durs où on pouvait, par exemple, prendre une douche, tu vois. Rien que ça. Et après, Pyrénées, on l’a fait ensemble avec Constance. Et après, Alpes du Sud, Alpes du Nord, il y a eu des moments où… Sur la fin des Alpes du Nord, par exemple, elle est revenue avec le van, donc… Voilà, du coup, on a pu… Je pouvais profiter un petit peu de… D’avoir un vrai matelas, quoi. Après, j’ai vécu quelques belles nuits aussi. Je ne sais pas si tu connais la Bérarde, si ça te parle. On va dire qu’en alpinisme, il y a un peu deux endroits en France. Il y a Chamonix et puis la Bérarde. Et en fait, c’est un village qui… C’est un village qui, avec les intempéries, a été complètement détruit, rasé, plus rien.
Victor : Ah, mais c’est pour ça que je le connais de nom.
Guillaume de Lustrac : Voilà, ouais, ouais. Et en fait, j’ai dormi en tente à 20 km de là, le jour où tout a été détruit. Il y avait des orages de malades. Tu vois, j’ai essayé de me cacher les yeux avec le bras pour essayer de dormir. J’avais envoyé… Le matin même, j’avais vu qu’il y avait fat orages. Et donc, j’avais envoyé justement à Max Schnell une petite question en disant « Ouais, fat orages comme ça, t’en penses quoi et tout ? » Et il me dit « Non, non, t’inquiète. Moi, les orages, je dors souvent sous la tente. Donc, aucun souci. » Ouais, bon, le lendemain, on s’est quand même dit que c’était peut-être pas la meilleure idée. Non plus. Je me cachais avec le bras les yeux et j’avais quand même l’impression d’avoir des flashs dans la gueule. Donc, voilà. Petit coup de chaud.
Victor : Tu m’étonnes. J’ai vécu quelques orages en montagne. C’est très, très puissant. Très intéressant. Ouais, ouais. Bon, il y a quand même eu des moments chouettes aussi. Ça a été quoi ton plus grand moment de bonheur sur cette aventure ?
Guillaume de Lustrac : Ah, c’est une bonne question. Plus grand moment de bonheur, c’est une bonne question. Je pense que vraiment les moments où j’avais, tu vois, je crois qu’au bout de deux semaines et demie, j’ai une première après-midi où j’ai du soleil. Et tu vois, là, tu te dis yes, ça y est, quoi. C’est bon, c’est la fin de la pluie, de la neige, etc. Donc, tu te dis je vais pouvoir profiter. Et là, on va prendre du soleil, etc. Et en fait, le lendemain matin, tu te reprends en déluge et puis tu regardes la météo et c’est reparti pour deux semaines. Enfin, voilà. Donc, ça, c’est des beaux moments de bonheur. Et non, sinon, je pense que de manière générale, c’est vraiment, de pouvoir rouler avec, soit avec des potes, soit avec des personnes que tu rencontres et qui sont juste formidables. Je trouve que cette partie, elle est vraiment super. C’est un petit peu moins intense, mais j’allais dire les rencontres que tu fais, tu vois. Tu discutes avec des personnes qui sont hyper intéressantes, passionnées, passionnantes. Et tu apprends énormément de choses. Donc, c’est moins en intensité à un moment. Mais par contre, tu vois, tous ces trucs-là ensemble, ça, c’est sûr et certain que c’est les gens qui ont fait le… qui ont fait les plus gros moments de bonheur, ouais.
Victor : Donc, une aventure qui était finalement pas si solitaire que ça.
Guillaume de Lustrac : Non, parce qu’au final, tu vois, sur 300 stations, j’ai fait à peu près 85 interviews qui sont d’ailleurs dans… Elles ont toutes été enregistrées. Donc, du coup, il y a le podcast qui sort. Là, il vient de sortir… On est vendredi. Il vient de sortir mardi le premier épisode. Le podcast s’appelle Nouvelle Piste, au pluriel, sur toutes les plateformes. Et en fait, il y a tous les échanges, tous les interviews qui sont diffusés là-dessus. Donc, typiquement, le premier, c’est sur… On rentre dans le détail de l’empreinte carbone d’un séjour à ski. Mais voilà, il y a tous ces échanges-là. Et vu qu’il y a 85 échanges sur 300 stations, tu vois, ça fait en moyenne une toutes les trois… Enfin, et typiquement, il y avait 90 jours. Donc, ça fait en moyenne un interview par jour, tu vois. Donc, au final, voilà. J’avais… Après, parfois, pendant 3-4 jours, j’avais pas d’interview. Mais sinon, ouais.
Victor : Et donc, ça m’amène à ma dernière question, en fait, qui va faire la transition avec un deuxième épisode qu’on va enregistrer pour parler un peu de, justement, toute la partie enseignement de cette aventure. Comment tu trouvais la force d’aller discuter avec des gens et être attentif après une journée de vélo dans le froid, sous la pluie et sous la neige ? Moi, quand je finis mes sorties vélo, il ne faut pas me parler. Je suis dans mon canapé avec mes pattes et voilà, je suis bien.
Guillaume de Lustrac : Ouais. Je ne vais pas te mentir. Tu vois, j’ai en tête un moment dans le Massif Central où c’était à Mont-d’Or et Chastret. Je pleure après la descente du Mont-d’Or parce que, en fait, quand tu montes, il fait beaucoup… Enfin, tu sais, tu montes un col, donc tu as chaud. Et quand tu redescends, en fait, je savais que par rapport au… Quand tu descends avec la vitesse, eh bien, tu as un… Moi, j’arrivais à… De mon expérience, je ressentais un ressenti de 15 degrés de moins. Donc, tu vois, il faisait aller… Enfin, entre 10 et 15 degrés de moins. Donc, j’arrivais en haut, il faisait 5 degrés. Enfin, j’avais un ressenti de 5 degrés. Eh bien, je savais que la descente, j’allais avoir un ressenti de moins de 10 degrés et donc que j’allais geler de partout, ça allait me brûler de partout. Et donc, je commençais à pleurer alors que je n’allais même pas attaquer la descente. Donc, je me disais, bon, il ne faut pas trop réfléchir parce que dans tous les cas, tu vas pleurer. Autant partir et descendre tout de suite. Et tu vois, comme tu dis, tu finis ta sortie vélo. Moi, du coup, ça faisait 5-10 minutes que j’avais arrêté de pleurer. J’arrive à un endroit où je dois interviewer la personne. Pour se remobiliser, ce n’est pas hyper, hyper facile. Mais les personnes, elles sont… Là, pour le coup, j’ai vraiment eu beaucoup de chance. C’est Patou Vergnol, pour Patricia, Patou pour les intimes, qui nous avait accueillis ce jour-là, qui fait des randos au cheval sur le massif du 106 s’il l y a des personnes qui sont intéressées, franchement, incroyables. Et c’est quelqu’un qui est très, très, très, tellement chaleureuse, tellement gentille, tellement bienveillante que… Enfin, tu oublies tout, quoi. Tu oublies tous tes problèmes, etc. Et après, vu que moi, c’était un sujet qui me passionnait énormément, c’est vrai que quand tu as quelqu’un d’intéressant au micro de l’autre côté, tu oublies tout le reste. Donc, voilà. Je dirais qu’il faut un petit peu de confort pour un peu, tu vois, se sécher, se réchauffer. Et après, allez, tu te dis, allez, je me motive et tout. J’avais la flemme. Je ne vais pas te mentir. Je me suis dit, est-ce que vraiment je le fais ? Est-ce que je ne propose pas ? Tu vois, juste qu’on en discute tranquillement, mais hors micro et tout. Et en fait, non, l’épisode, c’est un de mes épisodes préférés. Donc, non, c’est… Voilà. C’est la chaleur des gens. La chaleur des gens, clairement. Et de Constance, du coup, ma femme, qui a beaucoup, beaucoup aidé.
Victor : OK, trop bien. Écoute, j’invite toutes celles et ceux qui nous écoutent à aller aussi écouter ton podcast Nouvelles Pistes pour découvrir ça en détail. C’est gentil. Petite question bonus pour finir sur le note positif. C’est quoi ton col préféré ?
Guillaume de Lustrac : Ah ! Bonne question. Bonne question. Bonne question. Franchement, là, j’en ai 4-5 comme ça. Lise-Rand, Lise-Ouart. Top 3. Top 3. Putain, j’allais dire Lise-Rand, Lise-Ouart, col des champs et col d’Aquiole, col de la Croix-Saint-Robert, là où j’ai pleuré, justement, dans le bassif central. Top 3. Lise-Ouart parce qu’il y a l’Ambra Man qui va avec. Donc, c’était un peu la première fois que je faisais les défis sportifs. Donc, vraiment, je… Voilà. Allez, Ventoux, c’est pas un col. Donc, du coup, c’est bien. Je ne suis pas obligé de le mettre dans le top 3. Lise-Rand, Lise-Rand, je le trouve exceptionnel. Et après, je vais faire un petit cadeau parce que je trouve que… Je pense que c’est un col pas très connu, mais le col des champs, je le trouve vraiment magnifique dans les Alpes du Sud. Ouais, bel pépite.
Victor : OK, trop bien. Écoute, Guillaume, merci beaucoup d’être venu sur Vélotaf nous raconter ton aventure. Ça fait super plaisir de te recevoir.
Guillaume de Lustrac : Un grand merci, Victor. Merci beaucoup, c’est hyper cool.