#62 – Un e-shop spécialisé pour promouvoir le Vélotaf

Dans cet épisode on accueil Théo Pean, co-fondateur de Vélotafeur et Bikepakeur, deux sites destinés à fournir les meilleurs accessoires pour les trajets domicile-travail et le bikepacking.

Théo nous raconte comment ses recherches personnelles pour s’équiper au Vélotaf l’ont amené à créer un magasin en ligne spécialisé qui ait un service de conseil au même niveau d’un magasin physique.

🔍 Au programme de cet épisode :

  • Définition du Vélotaf et du bikepacking
  • Création et objectifs du site Vélotaffeur
  • Offre de conseils et spécificités de Vélotaffeur
  • Vision sur la logistique et l’e-shop de proximité
  • Avantages du Vélotaf sur la santé et l’économie
  • Défis et solutions pour le développement du Vélotaf
  • Création du site Bikepaker
  • Engagement pour les produits écologiques et Made in France

Bon épisode !

📌 Retrouvez Théo et ses initiatives :

https://www.linkedin.com/in/th%C3%A9o-p%C3%A9an-2a8438132 et sur ⁠https://bikepackeur.fr et ⁠https://www.velotafeur.fr !

🎧 Prêts à pédaler vers un avenir meilleur ? Écoutez l’épisode dès maintenant et découvrez tous les bienfaits insoupçonnés du vélo !

Quelques citations pour vous mettre l’eau à la bouche !

« Le vélo, c’est une bonne partie de mon enfance. »

« Il n’existe pas de site pour conseiller les gens qui, comme moi, débutent et n’ont pas trouvé réponse à leurs questions. »

« Il y a un vrai enjeu aujourd’hui de rapatrier les productions en France et en Europe. »

Grâce à ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠Autoscript.fr⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠, je vous propose de retrouver la transcription de notre échange. Ca se passe sur ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠https://bleen.be/velotaf⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠

Ce podcast animé par ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠Victor Blanchard⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠ est proposé par Bleen, et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique du Vélotaf.

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Lire la transcription

Victor : Salut Théo et bienvenue dans Vélotaf. 

Théo : Salut Victor.  

Victor :Tu es fondateur des sites Vélotafeur et Bikepaker, sites pour s’équiper respectivement pour le Vélotaf et pour le bikepaking. Et tu es aussi un triathlète de très bon niveau et tu essaies d’ailleurs de conjuguer ta passion pour le sport avec tes aventures entrepreneuriales.  

Théo : Merci. Pour l’intro, on peut dire que je suis co-fondateur parce que l’histoire a commencé avec mon frère. Je n’ai pas fondé les deux sites seul, mais effectivement, on a fondé avec mon frère à la base, puis notre associée Ségolène qui a rejoint ensuite l’aventure. Donc les deux sites, Vélotafeur et Bikepaker. Et puis effectivement, pas mal de sports à côté avec du triathlon où j’essaie, comme tu l’as dit, de conjuguer. Ma passion pour le sport à bon niveau et l’entrepreneuriat, chose que je ne te cache pas, j’ai beaucoup de mal à faire vu qu’en fait, je suis souvent blessé, malheureusement.  

Victor : Écoute, je réagis à ce podcast moi depuis l’Alpe d’Huez où j’ai fait le triathlon de l’Alpe d’Huez hier, donc.  

Théo : OK. Ah, je pensais que c’était ce week-end, mais il y avait aussi des épreuves hier.  

Victor : Ouais, il y en a toute la semaine en fait, un peu. Alors pour commencer, en fait, c’est rigolo, mais j’ai remarqué que sur ce podcast, on n’avait jamais défini ce qu’était le Vélotaf, ce qui est un peu dommage pour un podcast qui s’appelle Vélotaf. Et comme tu as créé le site Vélotaffeur, je me suis dit que tu étais le bon invité pour proposer une définition. Donc, est-ce que je peux faire ça et par la même occasion aussi nous expliquer un peu ce qu’est le bikepacking parce qu’on en a très rapidement parlé dans l’intro, nous expliquer un peu la différence entre les deux. 

Théo :  Alors le Vélotaf, on n’est pas dépositaires de l’expression. Il y a un magazine qui s’appelle Vélotaf, Vélotaf Magazine, et c’est d’ailleurs, il me semble, eux, qui ont créé ce mot qui n’existait pas. Avant, alors le magazine date un petit peu, je n’aurais pas la date et la genèse du mot. Je ne sais pas si ma définition est universelle, mais en tout cas, pour moi, quelqu’un qui fait du Vélotaf, c’est quelqu’un qui se rend au travail à vélo, tout simplement. Et pour le bikepacking, c’est une façon de voyager à vélo où tu fixes les sacoches sur ton vélo sans avoir de porte-bagages, ou autre chose pour fixer tes sacoches. Donc là, tu peux fixer tes sacoches au niveau de ton tube de selle, au niveau de ta fourche, au niveau de ton cadre.  

Ok, mais trop marrant parce que je fais un peu de bikepacking et je ne savais même pas que c’était ça la définition.  

Théo : C’est ça la définition. Après, aujourd’hui, c’est un terme large pour dire qu’on fait du voyage à vélo et quelqu’un qui fait de l’itinérance avec des grosses sacoches sur porte-bagages, il peut aussi, enfin, je pense qu’il y a des personnes qui diront qu’ils font du bikepacking, mais initialement, le mot bikepacking, c’est vraiment, packer ses sacoches sur son vélo. 

Victor :  Ok, intéressant, je ne savais pas. Et donc, ça nous amène au premier gros sujet, c’est, comme tu l’as dit, le cofondateur du site VéloTaffeur. Donc, pourquoi est-ce que tu as décidé de créer ce site ? 

Théo : Moi, à la base, je viens du vélo par le sport. Avant d’être très athlète, j’étais cycliste, donc le vélo, c’est une bonne partie de mon enfance et je faisais ça de mes 12 à mes 18 ans en compétition. Et je n’avais jamais vu le vélo comme un moyen de déplacement, parce que pour moi, c’était vraiment une activité sportive et compétitive. Et puis, au final, suite à une grosse blessure où j’ai arrêté pendant plusieurs années le vélo, je me suis remis à faire du vélo en allant au travail à vélo. Et là, je me suis rendu compte que j’étais très mal équipé. Moi, j’avais juste mon vélo de route que j’utilisais pour faire mes entraînements et c’est tout. Mais là, tu te rends compte que… Déjà, en termes de position, un vélo de route très compète porté sur l’avant, ce n’est pas hyper confort en ville. Tu es mal équipé contre la pluie, tu n’as pas d’éclairage. Donc, c’est là que j’ai commencé un petit peu à me renseigner sur comment s’équiper pour aller au travail à vélo. J’ai fait quelques recherches sur Internet et là, j’ai identifié qu’il n’y avait pas une grosse offre sur Internet. En tout cas, je ne trouvais pas réponse à toutes mes questions. Donc là, on est, tu vois… On est en 2019 et du coup, je me dis, tiens, il n’existe pas… Il y avait des sites existants. Je peux en citer un qu’un de mes concurrents qui est le cyclo.com qui est là depuis longtemps et qui fait du très bon travail. Mais voilà, je trouvais qu’il y avait un manque d’infos sur le net, sur le Vélotaf. Et de là est venue l’idée de se dire, pourquoi pas monter un site. Et vendre des accessoires de Vélotaf. Mais au-delà de vendre des accessoires de Vélotaf, c’était aussi conseiller les gens qui, comme moi, ont débuté et n’ont pas trouvé réponse à leurs questions sur comment s’habiller, le matériel à utiliser, etc.  

Victor : Et concrètement, ça prend quelle forme, ce conseil ? Est-ce que c’est des articles de blog ? Est-ce que les gens peuvent contacter des gens de ton équipe pour poser leurs questions ?  

Théo : Ouais, alors effectivement, on a un gros aspect blog. On a des blogs qui… Qui vont traiter de différents sujets, qui peuvent être… Tu vois, ce qui est un petit peu d’actu en ce moment, c’est comment s’habiller lorsqu’il fait chaud. Parce qu’en fait, l’hiver, c’est un truc assez simple. Parce que tu mets des couches et tu peux t’équiper contre la pluie. L’été, quand tu transpires, c’est un petit peu délicat à gérer. Donc on essaye d’apporter des réponses via un article de blog. Sur le site, il y a une bulle de conversation. Ou il y a ma tête. Tout simplement, c’est une petite bulle. Tu cliques, tu écris ton message et tu es directement en ligne avec moi. Ça tombe directement sur mon téléphone portable ou sur l’ordi. Et là, c’est un chat live. Il n’y a pas de chatbot qui va te dire choix 1, choix 2, etc. C’est vraiment moi qui va conseiller en direct. Ça me prend pas mal de temps parce que du coup, ce chat est beaucoup utilisé. Et aussi sur le site, à plein d’endroits différents, sans cesse, on rappelle. Si vous avez une question, écrivez-nous un mail, utilisez la bulle chat. C’est vraiment quelque chose qu’on essaye d’appuyer un petit peu partout. Ce qu’on essaye de dire souvent, c’est qu’on souhaite apporter la même expérience de conseil que dans un magasin spécialisé sur notre site internet.  

Victor :Ok, trop bien. Tu as déjà un peu répondu à la question. Mais effectivement, une des questions que j’avais, c’était quelle différence par rapport à un site qui vend des accessoires de vélo ? Moi, ce que je connais, c’est Alltricks ou Pro Bike Shop, des sites comme ça. Donc il y a vraiment tout ce… Ce pan conseil qui te demande beaucoup de temps. Et est-ce qu’il y a d’autres différences, outre le fait que c’est spécialisé dans le vélotaf ? 

Théo : Ouais, effectivement, comme tu les cites, Alltricks, Pro Bike Shop, c’est des sites qui ont un assortiment de milliers et de milliers et de milliers de références. Et aujourd’hui, alors des puristes, ils ne vont pas avoir de soucis pour naviguer sur ce type de site. Mais si tu découvres un peu, honnêtement, tu arrives sur un site comme ça, tu es un petit peu perdu. Et moi, avant, c’est un petit peu paradoxal. Mais avant de lancer Vélotaffeur et de faire de l’e-commerce, je suis quelqu’un qui achetait très, très peu en ligne. Pas du tout un acheteur en ligne, d’autant plus que moi, je travaillais dans un magasin. Où justement, ce n’était pas un magasin de vélo, c’était plutôt un magasin de running où on vendait des chaussures ou des accessoires de triathlon. Où il y avait un fort aspect sur le conseil. Donc ça, je le tire vraiment de mon expérience magasin. Et du coup, je me trouvais toujours mal aiguillé sur Internet. Et c’est pour ça que j’achetais peu sur Internet. Donc moi, les personnes qui sont un peu frileuses à acheter sur Internet, qui ne sont pas certains du site, qui recherchent du conseil, j’ai été comme ça, donc je les comprends tout à fait. Et donc, c’est aussi dans ce sens-là qu’on a construit le site. Et pour répondre à ta question, il n’y a pas de particularité. Après, on reste des e-commerceurs, on vend des articles, on apporte du conseil. Et puis si la personne, elle trouve ce qui lui convient, elle l’achète. Et puis après, elle se fait livrer chez elle.  

Victor : Et j’ai vu que sur un de tes posts LinkedIn, tu faisais une différence entre e-commerce et e-shop de proximité. Est-ce que tu peux m’en dire un peu plus là-dessus ?  

Théo : Oui, c’est un petit peu ce que je te disais quand je te dis qu’on souhaite travailler autrement. Et que quand je te dis qu’on essaie d’apporter la même expérience que dans un magasin de vélo, c’est ce qu’on appelle un e-shop de proximité.  

Victor : De manière un peu plus générale, c’est quoi les plus gros défis à surmonter ? C’est quoi les plus gros défis à surmonter quand on monte ?  

Théo : Quand on monte un site comme ça, parce que j’imagine que tu es parti, entre guillemets, un peu de rien, non ? Complètement parti de rien. Le nerf de la guerre, c’est d’être référencé sur Google, d’être visible sur Google. Parce que tu peux avoir le plus beau site du monde, les meilleurs produits, le meilleur conseil, etc. Si ton site, il ne rend que troisième page de Google, en fait, personne n’ira sur ton site. Donc ça, il y a un gros travail pour… Aujourd’hui, le site remonte dans les intentions de recherche. Donc une intention de recherche, c’est quelqu’un qui va taper sur Google « casque vélo urbain » pour que Google propose la catégorie « casque vélo urbain de Vélotaffeur ». Et donc ça, c’est un travail qui est géré par mon associé Ségolène. C’est un boulot de rédactrice web. Il y a beaucoup de choses à faire pour qu’un site apparaisse dans les requêtes Google. Aujourd’hui, pour te donner un ordre d’idées, notre site, il est identifié par Google sur 15 000 mots-clés. Donc il y a 15 000 portes d’entrée de mots-clés différents pour tomber sur le site. Après, dans les 15 000 mots-clés, ça va peut-être te faire sourire, il y en a, je crois, 10 000 où on est au-delà de la 50e place, admettons. Donc, c’est 10 000 mots, entre guillemets, qui ne servent à rien parce que personne ne va chercher… à la 50e place. Par contre, on a bientôt 1 000 mots-clés où on apparaît en top 3. Donc, tu as 1 000 mots-clés différents où tu tapes quelque chose sur Google et Vélotaffeur est dans le top 3. Donc, tout notre travail, c’est d’augmenter le nombre de mots-clés sur lesquels on est indexé. Donc, faire grossir ce chiffre de 15 000 à 20 000, admettons. Et sur ce nombre de mots-clés, en remonter un maximum dans le top 3.  

Victor : Effectivement, sacré boulot. C’est marrant, je ne sais pas forcément ce à quoi je pensais. Moi, j’imaginais des défis logistiques ou des choses comme ça. Ça se passe comment, d’ailleurs, sur le plan logistique ?  

Théo : Sur le plan logistique, nous, on a toujours fait le choix d’expédier nous-mêmes nos colis. Il y a deux façons. Les e-commerçants, soit ils organisent eux-mêmes leur logistique, soit ils la confient à un logisticien qui gère ou en fait, c’est eux leur travail. Les logisticiens, ils ont ton stock et c’est eux qui expédient. Nous, on a notre stock. C’est nous qui expédions. C’est… C’est toujours un questionnement de savoir est-ce que c’est la bonne façon de faire. Après, aujourd’hui, les meilleurs en logistique, c’est les gens qui font eux-mêmes leur logistique. Et en plus, ça coûte quand même assez cher de passer par un logisticien. Mais après, ça prend beaucoup de temps. Aujourd’hui, c’est encore moi-même qui fais les colis. Si vous commandez sur le site Vélotaffeur, il y a 9 chances sur 10 que c’est moi qui ai préparé votre colis.  

Victor : Et pour être sur une note plus positive que tous les défis difficiles à surprendre, qu’est-ce qui t’apporte le plus de joie dans cette aventure ?  

Théo : C’est plutôt l’aspect entrepreneuriat versus salariat. Tu vois, je suis chef d’entreprise en fait. Donc aujourd’hui, je ne rends compte à personne. Même si je n’ai jamais eu de problème dans le salariat. J’étais assez épanoui parce que j’ai toujours fait des taffs qui me plaisaient. Je n’ai jamais eu de problème hiérarchique. N’empêche qu’aujourd’hui, je gère mon emploi du temps comme je le veux. Et puis, je co-construis Vélotaffeur avec mes associés et mes clients. Donc ça, c’est vraiment ce qui est hyper gratifiant en fait. Après, c’est aussi beaucoup de pression et de défis comme tu le dis d’être entrepreneur. Mais tu as le côté liberté de tes choix, de faire ce que tu veux. Ça, c’est vraiment ce que j’ai été chercher dans l’entrepreneuriat.  

Victor : Pour parler du Vélotaff de manière un peu plus générale, pourquoi faire du Vélotaff finalement ?  

Théo : Il y a plein de raisons. De faire du Vélotaff qui peut être… Après, on pourra y revenir plus spécifiquement sur chaque. Mais le Vélotaff, c’est les bienfaits pour la santé. C’est plus économique, c’est plus écologique. Sur le plan sociétal, tu as aussi un… Enfin, pas sociétal, mais sur le… Je cherche mes mots, excuse-moi. Sur l’aménagement du territoire, un vélo va prendre beaucoup moins de place qu’une voiture. Donc, on peut aussi… Si demain, il y avait, je ne sais pas, 10, 20, 30 % de personnes qui utilisaient leur vélo pour aller au travail, nos espaces urbains et nos villes seraient aménagés différemment et auraient beaucoup moins d’impact et d’artificialisation des sols, voilà.  

Victor : Sachant qu’effectivement, en plus, la destruction des habitats, notamment causée par l’artificialisation des sols, c’est la première cause de perte de biodiversité à l’heure actuelle. Donc, tu as mentionné les plans de la santé et les bénéfices économiques. Tu peux nous en dire un peu plus sur ces deux aspects ?  

Théo : Oui, sur le plan de la santé, l’OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé, ils vont recommander, à minima, de faire 2h30 d’activité physique par semaine. Donc, 2h30 d’activité physique par semaine, si tu utilises ton vélo, tu peux faire, je ne sais pas, admettons, 5 fois 30 minutes de vélotaf dans la semaine, qui va te faire tes 2h30. Déjà, rien qu’en faisant du vélotaf, tu remplis ce minimum d’activité physique qui sera nécessaire pour être en bonne santé. Après, tu peux faire beaucoup plus, mais déjà, rien que de faire cette activité va permettre, du coup, les bienfaits sur la santé. Ça peut être le développement de tes capacités cardio-respiratoires, développement de tes aptitudes musculaires, mais le sport, c’est aussi… Enfin, le sport, l’activité physique, c’est aussi une baisse du diabète, des symptômes de la dépression. Donc, les bienfaits sur la santé, ils sont hyper larges, et aujourd’hui, ils sont hyper documentés, et entre guillemets, c’est pas… Tu vois, ça ne demande pas d’en faire intensément, quoi. Et le vélotaf peut répondre à ça.  

Victor : Et sur le plan économique ?  

Théo : Sur le plan économique, c’est difficile de donner un chiffre en termes d’euros. Après, nous, quand on va faire des formations en entreprise, on a des petits tableaux pour essayer de faire des comparatifs. Globalement, on va estimer qu’une voiture, ça va te coûter 5 000 euros l’année. Donc, 5 000 euros l’année, ça va être… Ça dépend comment tu roules, si t’es un gros rouleur ou pas, mais ça va être l’essence que tu mets dedans, ton assurance et la dépréciation de ton véhicule. C’est-à-dire que si t’as acheté ton véhicule 10 000 euros et que tu l’utilises 5 ans, ça va te faire 2 000 euros l’année. Donc, sur une base où ta voiture te coûterait 5 000 euros l’année, si tu compares par rapport à un vélo que tu vas acheter déjà beaucoup moins cher qu’une voiture, dans lequel tu vas pas mettre d’essence et dans lequel les frais d’entretien de ton vélo seront beaucoup plus faibles, tu peux estimer que ton vélo ou ton VAE, en fonction de ce que tu as, va te coûter 5, 10 fois, voire moins cher, voire encore plus. Donc, il y a un vrai gain sur le porte-monnaie à utiliser son vélo au quotidien.  

Victor : Donc, comme je le constate à chaque épisode de Vélotaff avec chaque invité, le Vélotaff, ça a énormément de bénéfices. Et donc, est-ce que toi, tu constates une augmentation de la pratique du Vélotaff ? Parce qu’on dit qu’il y a plein de bénéfices. Mais est-ce que, du coup, ils sont perçus et donc ça entraîne une augmentation de la pratique ?  

Théo : C’est difficile de donner mon point de vue parce que, moi, notre site, il se développe et j’ai de plus en plus de commandes. Mais ça veut pas dire qu’il y a de plus en plus de gens qui se mettent au Vélotaff. Après, tu vois, chaque année, la FUB va sortir des études et la part, donc ce qu’on appelle la part modale du vélo dans le transport pour aller au travail tend à se développer. Mais il reste encore hyper faible. On est plutôt de l’ordre de, il me semble, 2-3% en ce moment, là où des pays comme les Pays-Bas font nettement mieux. Donc, il y a encore une très, très grosse marge de progression. Mais pour aussi faire progresser le nombre de personnes qui vont au travail à vélo, il faut répondre à leurs objections. Et les objections, enfin, la première objection, c’est aussi la sécurité des gens qui vont pas se sentir à l’aise à vélo sur certains itinéraires parce qu’il n’y a pas de piste cyclable, il n’y a pas d’itinéraire cyclable, etc. Donc, le développement du Vélotaff, au-delà de la prise de conscience des gens, va aussi passer par un aménagement des territoires plus sécuritaires pour les cyclistes.  

Victor : Oui, tout à fait. On l’a déjà évoqué pas mal de fois sur ce podcast. Ma question suivante, c’est comment faire pour favoriser l’essor du Vélotaff ? Est-ce que, outre l’aspect aménagement urbain, qui est, à mon sens, le plus important, est-ce que tu vois d’autres éléments qui peuvent favoriser l’essor du Vélotaff ?  

Théo : Je ne sais pas si dans aménagement urbain tu inclus ça, mais il y a aussi les espaces de parking pour garer son vélo. Ça, c’est hyper important. Moi, je sais que les quelques fois où on a été en entreprise, les gens peuvent te dire, « nous, on veut bien venir à vélo, mais on a un pauvre préau de 6 mètres sur 3, où on peut mettre 10 vélos versus un parking où tu as des centaines de places ». Donc, c’est aussi un enjeu. En tout cas, pour développer le Vélotaff et le fait que les salariés viennent en entreprise à vélo, c’est de leur aménager un beau local où tu peux recharger ta batterie électrique, où l’espace est sécurisé pour garder son vélo. Là, il y a un gros enjeu. Moi, par exemple, je te prends où j’habite. Si demain, je vendais ma voiture, il me faudrait forcément un gros vélo cargo parce que ça m’arrive de transporter des choses assez lourdes. Aujourd’hui, sur ma place, je n’ai pas de solution sécurisée pour mettre un vélo cargo. Je n’ai pas de solution dans mon immeuble. Donc, je serais bloqué, à moins de trouver, d’acheter ou louer un garage à proximité de chez moi. Et tu vois, ça reste une grosse contrainte. Alors que si la ville, en plus, autour de chez moi, tu as de la place, mettait des sortes de… On en voit de plus en plus, où tu peux garer carrément en ville dans une sorte de box, tu gardes ton vélo, tu refermes, là, tu es beaucoup plus sécuritaire. Donc, l’aménagement des parkings est, à mon sens, hyper important.  

Victor : Oui, tout à fait. Et à Bruxelles, où je vis, ils ont commencé à développer ce genre de solution dont tu parles, les sortes de box, où tu peux ranger ton vélo très sécurisé. Mais j’avais vu récemment que je crois qu’il y avait 15 ans d’attente pour avoir une place. C’était un chiffre complètement absurde.  

Théo : Oui, mais tu vois comme quoi, il y a de la demande, en fait. Parce que s’ils mettaient des parkings et que personne ne les utiliserait. Alors que là, en fait, il y a beaucoup de demandes. Donc, il y a un énorme retard à rattraper là-dessus. Et après, pour répondre aussi à tes questions, il y a pas mal d’objections aussi sur le fait de se mettre au vélo, qui peuvent être la météo, qui peuvent être… Il y a une objection qui revient souvent, c’est, bah oui, mais je dois déposer les enfants à l’école avant, ou… En fait, si c’était juste… Alors, il y a des gens à qui ça arrive, et c’est très bien, mais si c’était juste j’habite à 5 km de mon travail, c’est une ligne droite, je prends mon vélo et j’y vais, ce serait hyper simple. Mais on a tous des contraintes qui fait que, bah, parfois, le vélo, c’est pas simple et ça demande une vraie organisation, quoi.  

Victor : Oui, effectivement. Mais le jour où la mobilité est pensée de manière globale pour le vélo, parce qu’à l’heure actuelle, elle est pensée pour la voiture, bah, ça rendra les choses forcément beaucoup plus simples.  

Théo : Ouais, bien sûr. Après, moi, ce que je dis souvent, en fait, quand on parle de vélo-taf à des gens qui en sont un peu loin, et ça leur paraît complètement impossible, tu vois, ils vont voir que c’est un gros défi, je leur dis, je vous demande pas de vendre votre voiture demain, d’acheter un vélo, et de faire 100% de vos trajets à vélo, que ce soit pour aller au travail ou pour aller ailleurs. Par contre, peut-être, sur une semaine, trouver une organisation où, une fois dans la semaine, vous pouvez utiliser votre vélo, et puis déjà, tu mets le pied à l’étrier, et puis déjà, tu le fais une fois, et puis tu trouves ça cool. En général, enfin, moi, le vélo, je trouve ça cool, mais du coup, tu trouves ça bien, tu vas essayer de le faire une deuxième fois, et si déjà, dans ta routine de la semaine, t’arrives à aller au travail une fois, deux fois à vélo, bah, c’est déjà mieux que zéro. Donc, il y a aussi ce truc-là de, c’est pas tout ou rien, tu peux le faire de façon épisodique, et puis si un jour, il pleut, et que t’as envie de prendre ta voiture, entre guillemets, tu prends ta voiture, mais il y a déjà ce truc de s’y mettre avant de décider ou pas de s’y mettre complètement.  

Victor : Ouais, complètement. Mais dans tous les changements de comportement chez les êtres humains, on va dire, il y a cette notion de progressivité, et c’est rarement radical, un changement du jour en… Non, ça arrive, mais en général, nos habitudes, elles se modifient de façon graduelle, quoi.  

Théo : Ouais, bien sûr. 

Victor :  J’en viens à un autre sujet, parce que t’as aussi fondé, peut-être co-fondé, du coup, le site Bikepiker, et donc, même question, pourquoi un site différent de Vélotaffer ? Pourquoi avoir créé ce site ?  

Théo : Alors, en fait, à la base, on a toujours vendu des équipements de bikepacking sur Vélotaffer, notamment, surtout des sacoches, et moi, j’ai toujours trouvé ça un peu bizarre de vendre des sacoches de bikepacking sur un site qui s’appelait Vélotaffer, même s’il y a des personnes qui pratiquent les deux, mais en fait, j’avais envie d’aller beaucoup plus loin dans l’offre pour accompagner le bikepacker et vendre des tentes, des matelas, un réchaud pour le camping, enfin, vraiment aller beaucoup plus loin sur cet aspect itinérance à vélo, sauf que là, encore vendre des sacoches de bikepacking sur Vélotaffeur, ça allait, commencer à vendre des tentes et des matelas sur Vélotaffeur, je trouvais qu’entre notre façon de communiquer, le message et ce qu’on faisait sur Vélotaffeur, elle était vraiment beaucoup trop loin de l’offre bivouac, si tu veux, et donc là, on s’est dit, bon, on va faire un deuxième site où là, on ne s’adresse vraiment qu’au bikepacking et aux voyageurs à vélo.  

Victor : Tu as peut-être une aventure en bikepacking à raconter ? T’en fais, toi, un peu ?  

Théo : Moi, j’en fais très ponctuellement, mais plutôt des choses à la journée ou sur deux jours. S’il y a des gens qui écoutent et qui connaissent un petit peu Angers, c’est une étape de la Loire à vélo. La Loire à vélo, c’est un des itinéraires à vélo, enfin, je crois que c’est même l’itinéraire vélo le plus utilisé en France, qui part de, il me semble, qui part de Nevers, si je ne dis pas de bêtises, et qui fait toute la Loire, tu peux aller jusqu’à l’Atlantique. Donc, moi, je vais te faire des petites étapes, Angers-Saumur, Angers-Tours, etc. Donc, pour le moment, mon expérience du bikepacking, ça reste ça. Après, mon associée Ségolène en fait aussi souvent. Elle, elle est sur Lyon, donc pareil, il y a pas mal d’itinéraires de ce côté-là, sur la Via Roma, notamment. Elle a fait la vélo française aussi, il y a quelques mois. Donc, voilà.  

Victor : Concernant tes deux sites, Vélotaffer, Bikepacker, est-ce qu’il y a, j’appellerais ça une mi-éditoriale, même si ce n’est pas du tout le bon terme, une direction que tu souhaites donner dans les produits que tu proposes ? Par exemple, je ne sais pas, des produits avec des labels écologie, des produits made in France, des choses comme ça ?  

Théo : Oui, c’est une bonne question. Aujourd’hui, la plupart des, des choses du quotidien, même si on ne parle pas que de Vélotaffeu r, tout ce qui est manufacturé en fait, vient souvent d’Asie. La plupart de ce qu’on a chez nous, des meubles, des crayons, enfin, tu vois, tout ce que tu peux avoir est souvent fabriqué en Asie. Et donc, il y a un vrai enjeu aujourd’hui de rapatrier les productions en France et en Europe. Et quand on s’intéresse aux accessoires vélos, on se rend compte que ce n’est pas simple. Donc nous, c’est vraiment quelque chose sur lequel on essaye de bosser. Mais aujourd’hui, il n’y a que 5% de notre offre qui est sourcée en France. Et pourtant, je pense qu’aujourd’hui, on fait, tu vois, on fait partie des meilleurs élèves. Nous, on est en contact avec énormément de marques made in France. Après, ce qui est difficile, c’est avoir la marque made in France qui sort au bon prix. Là, d’un coup, tu perds pas mal de gens parce qu’il y a un gap prix qui n’est pas le même. Après, sur ce podcast-là, tu as reçu les filles de chez Suzon et Suzette. Ça, c’est un exemple typique d’une marque made in France qui marche très bien parce qu’ils ont su fabriquer en local, en plus dans des ateliers de réinsertion et avec un prix qui n’est pas, qui n’est pas, comment dire, tu, tu, ça reste un petit peu plus cher que le marché, mais tu n’es pas trois fois ou quatre fois le prix. Eux, ils vendent surtout des manchons, d’un manchon made in Asia, quoi. Donc, ça reste une très belle marque qui, je pense, va beaucoup se développer parce qu’il y a de la demande. Ils peuvent fournir assez de marge aux fournisseurs, aux distributeurs pour qu’ils puissent vivre et puis, eux, vivre encore. Nous, on a une problématique, c’est que des fois, on se retrouve en contact avec des très petites marques et en fait, on ne peut même pas revendre leurs produits parce qu’ils ne peuvent pas du tout nous proposer de marge où la marge est tellement faible que nous, ce serait comme si on travaillerait pour zéro et à un moment donné, ça coince, quoi.  

Victor : Je vois, effectivement. Très bien vu de mentionner Susan et Suzette qu’on avait reçues sur le podcast. Il y avait effectivement aussi, j’avais reçu il y a quelque temps Mickael Jardin de la marque Vélor et qui est une marque, hyper éco-responsable et lui disait, en fait, ça ne sert à rien de proposer des produits complètement, faits de façon complètement circulaire et qui ont un impact sur l’environnement hyper faible si absolument personne ne peut les acheter. Donc forcément, à un moment, tu es obligé de faire des concessions pour que, si tu veux avoir un impact, en fait, il faut quand même que les gens achètent tes produits.  

Théo : Oui, bien sûr. Mais tu vois, c’est une discussion que j’ai eue. Nous, on travaille avec une marque qui s’appelle L’Atelier de la Balaine à bosses qui est, là, c’est carrément une artisan. Elle fabrique elle-même à la main ses sacoches et on est hyper content. Alors, je ne vends pas des centaines et d’un centaine de produits L’Atelier de la Belaine  à Bosses à l’année, mais j’en vends déjà quelques dizaines et à chaque fois que je vois un produit qui a été fait à la main à Saint-Malo et que je connais l’artisan qui l’a fabriqué, je suis hyper content. Mais c’est vrai que demain, elle ne pourrait pas, tu vois, avoir des centaines et des milliers de références partout en France. Donc, il faut aussi des marques qui puissent fabriquer en masse et en France. Et au-delà du Made in France, on source aussi des choses en Made in Europe. Tu vois, on a des béquilles, si je peux citer la marque, de la marque Ursus, c’est du Made in Italy. Il y a la marque Vaudé qui est très connue dans le monde du vélo qui a certains de ses produits qui sont fabriqués en Allemagne. Depuis peu, chez Abu, là, ils vont sortir un de leurs antivols qui est résistant à la meuleuse qui est fabriqué en Allemagne. Donc, il y a aussi pas mal d’initiatives européennes qui sont hyper intéressantes.  

Victor : Trop chouette. Écoute, trop bien que tu puisses mettre tout ça en avant, en tout cas. Il me reste à te souhaiter bonne chance pour la suite des aventures, bonne chance pour concilier l’entrepreneuriat et le sport parce que pour moi, je sais que c’est aussi important de réussir à faire du sport en plus du boulot. J’espère que tu vas réussir à ne plus te blesser. Merci beaucoup d’être venu sur le podcast et à bientôt, j’espère.  

Théo : OK. Écoute, merci de l’invitation, Victor, et puis à bientôt. Salut.  

Victor : Salut. 

co-fondateur du podcast et co-auteur du livre DEVENIR TRIATHLÈTE
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Podcasts, SwimRun, UltraRunner et Papa x 4 enfants je cours après le temps, mes passions et mes petits amours.