Re-plongeons dans l’univers de Laetitia Cros et Anne-Charlotte Peridon, les fondatrices de Suzon et Suzette, une marque d’accessoires de vélo 100% Made in France.
Dans cet épisode de Vélotaf, Dans cet épisode on parle d’entrepreneuriat féminin avec Anne-Charlotte et Laetita, cofondatrices de Suzon & Suzette, une entreprise de fabrication d’accessoires vélo made in France, solidaires et écoresponsables. Ces deux entrepreneuses nous parlent de leur incroyable aventure, lancée en pleine crise sanitaire et avec des défis personnels inattendus. 🚴♀️
Bon épisode !
Pour contacter nos invitées, c’est par ici : https://www.linkedin.com/in/laetitia-cros-%F0%9F%9A%B2-9421b826 et https://www.linkedin.com/in/anne-charlotte-peridon-1a6544160 !
Retrouvez Suzon & Suzette :
https://www.instagram.com/suzonetsuzette/
https://www.linkedin.com/company/suzon-suzette/
Ce que vous apprendrez dans cet épisode :
- 00:01:34 – La création de l’entreprise pendant le Covid
- 00:02:52 – Les défis de l’entreprenariat pendant la grossesse
- 00:05:01 – Concilier maternité et entreprenariat
- 00:06:12 – La place des femmes entrepreneurs dans l’univers du vélo
- 00:09:17 – L’importance de la représentation féminine dans l’industrie du vélo
- 00:13:03 – Les spécificités des produits vélo pour les femmes
- 00:16:42 – Encourager la visibilité et l’égalité dans l’industrie du vélo
- 00:18:42 – Les motivations derrière Suzon & Suzette
- 00:21:04 – Le vélo comme solution écologique et conclusion
A la semaine prochaine pour un(e) nouvel(le) invité(e) !
Quelques citations pour vous mettre l’eau à la bouche !
« En tant qu’entrepreneuse et enceinte, le congé mat n’existe pas vraiment. »
« Être femme, chef d’entreprise dans l’univers du vélo, c’est clairement pas quelque chose de courant. »
« L’apprentissage du vélo est moins fréquent et plus tardif chez les petites filles plutôt que chez les petits garçons. »
Grâce à Autoscript.fr, je vous propose de retrouver la transcription de notre échange.
—
Ce podcast animé par Victor Blanchard est proposé par Bleen, et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique du Vélotaf.
Retrouvez Bleen sur les réseaux : Facebook Linkedin
—
Send in a voice message: https://podcasters.spotify.com/pod/show/velotaf/message
Victor : Bonjour Anne-Charlotte, bonjour Laetitia. Vous avez fondé l’entreprise Suzon & Suzette qui fait des accessoires vélo. Est-ce que vous pouvez rapidement vous présenter, présenter l’entreprise ?
Anne-Charlotte : Eh bien oui, je suis Anne-Charlotte, cofondatrice de Suzon & Suzette avec ma belle-sœur Laetitia. On a créé l’entreprise il y a à peu près trois ans. Notre but a été de créer des accessoires pour vélo de fabrication française solidaire et co-responsable. Donc on a des accessoires pour toute la famille, hommes, femmes et enfants pour répondre aux problématiques en fait de tous les jours, du cycliste de tous les jours.
Victor : Merci. Alors votre histoire, elle est mine de rien assez inspirante parce que vous avez lancé votre entreprise déjà en plein Covid. Vous avez quitté votre job et vous étiez toutes les deux enceintes, si je ne me trompe pas, au moment de la création. Oui. Alors est-ce que vous pouvez nous raconter un peu cette aventure ?
Laetitia : Eh bien oui, on a créé du coup l’entreprise Suzon & Suzette en avril 2021. Avant de créer l’entreprise, on avait toutes les deux des métiers qui n’avaient absolument rien à voir. On n’avait jamais créé d’entreprise commerciale. Moi, j’étais avocate. Pendant dix ans, au barreau de Paris, puis ensuite au barreau de Lyon.
Anne-Charlotte : Eh bien moi, je travaillais dans les travaux pour la ville de Lyon.
Laetitia : Voilà. Et donc, on a décidé de changer de vie avec le confinement qui est passé par là. Et on a créé l’entreprise du coup en avril 2021. Et c’est vrai que trois mois après, je pense, avoir créé l’entreprise, eh bien on est tombés enceintes toutes les deux. Donc ça a été double challenge pour non seulement créer une entreprise qui est déjà pas mal challengeant, on ne va pas se mentir, mais en plus avec deux grossesses simultanées. Ouais, c’était sport. C’était sport. Mais bon, on y est arrivé.
Victor : J’imagine. C’est quoi les plus gros défis quand on lance une entreprise et en plus dans cette situation-là ?
Laetitia : Alors là, il y en a tellement des défis. Non, déjà, nous, on a vraiment tout découvert par nous-mêmes. Vraiment, on ne connaissait rien. Non. On n’avait aucun contact, aucun réseau. On a dû chercher tout. On a dû vraiment tout apprendre par nous-mêmes. Et puis ensuite, notre grossesse, heureusement, on a eu deux grossesses qui se sont bien passées, mais on courait un peu partout pour pouvoir assurer les rendez-vous, trouver des ateliers, démarcher des nouveaux magasins, etc. Et puis non. Des situations un peu cocasses. Moi, je me souviens, je ne sais pas, une interview avec Anne-Charlotte qui avait Margot, qui était toute petite, qui gazouillait par terre sur un tapis de jeu. Et je pense que la personne qui faisait l’interview était à deux doigts de craquer parce qu’on avait des coupées toutes les cinq secondes à chaque fois qu’on entendait Margot qui gazouillait derrière. Moi, je me souviens, on faisait des…
Victor : Je crois que vous m’épargnez ça aujourd’hui.
Laetitia : Maintenant, ils sont un peu plus grands. Donc, voilà. Non, moi, je me souviens de négocier des contrats, à parler de prix, etc., tout en changeant la couche de mon fils pour réussir à rester sérieux et crédible. Mais non, mais voilà. En fait, on a trimballé nos bébés partout.
Anne-Charlotte : En fait, en tant qu’entrepreneuse et enceinte, le congé mat n’existe pas vraiment, en fait.
Laetitia : Oui, c’est vrai.
Anne-Charlotte : C’est-à-dire qu’on ne s’est pas vraiment arrêté. Voilà. On s’est pourtant dit qu’on avait le droit, mais en fait, quand on porte son projet, c’est aussi un peu son bébé et on a du mal à ne pas y retourner, à ne pas participer au projet, quoi. Donc, c’est vrai que c’est pour ça qu’on s’est retrouvés dans des situations un peu cocasses, comme tu racontes, avec nos enfants à travailler de partout, quoi.
Laetitia : Oui, mais c’était bien accepté. C’était bien accepté. Et pour le coup, je trouve que, en fait, c’était bien de ne pas se l’interdire. Enfin, on était maman, enfin, on est toujours maman, mais on est aussi femme chef d’entreprise. Et en fait, on a le droit de s’épanouir sur tous les tableaux. Et donc, on venait d’être maman, mais on avait le droit aussi de vouloir continuer à travailler pour notre entreprise. Et on s’est imposé, en fait. On s’est imposé. On n’a pas donné le choix, en fait, à nos clients, nos partenaires. On venait en rendez-vous avec notre bébé. Et si c’était le moment de changer la couche, eh bien, on changeait la couche. Si c’était le moment de donner le biberon, ben voilà. Et ça a été très bien accepté.
Victor : Est-ce que j’allais demander est-ce que parfois, on vous a fait ressentir que c’était pas trop accepté, justement ?
Laetitia : Non, on nous a jamais fait de remarques. Mais parce que je pense qu’aussi, on n’a pas laissé le choix et ça nous paraissait tellement évident, en fait. Non, mais je pense que ça a amusé plutôt nos interlocuteurs qui n’avaient pas trop l’habitude de voir des poussettes avec des bébés débarqués en rendez-vous. Mais voilà.
Victor : Est-ce qu’être une femme, aujourd’hui, entrepreneur et dans le milieu du vélo, est-ce que c’est quelque chose de courant ou vous êtes un peu une exception ?
Laetitia : Ah ben, être femme, chef d’entreprise dans l’univers du vélo, c’est clairement pas quelque chose de courant. Déjà, être femme, chef d’entreprise, c’est pas forcément… Enfin, ça dépend de quel secteur on parle, mais dans le secteur purement commercial, on est quand même en dessous du nombre d’hommes à la tête de chef d’entreprise. Pour vous donner une petite idée, quand même, c’est un chiffre qui est assez parlant, mais je crois que… J’ai pas le chiffre exact en tête, mais le nombre de femmes qui osent faire des levées de fonds est de moins de 3% aujourd’hui. Donc, c’est assez… Ça en dit long sur, justement, cette place des femmes à la tête des entreprises et sur ce risque aussi qu’on prend. Et l’univers du vélo est en plus hyper masculin. Et on le voit, nous, quand on a créé Suzon et Suzette, on est allés démarcher les magasins un à un. Franchement, tous nos interlocuteurs étaient des hommes. Et quand on devait convaincre de l’intérêt de l’attache-jupette pour que les femmes puissent pédaler en jupe ou en robe, on se sentait un peu seules, quand même. C’était dur. On avait que des femmes, des hommes en face. On sentait bien que ça ne leur parlait pas trop, l’attache-jupette. Donc, oui. Et puis… En fait, je pense que c’est aussi parce que le vélo, en France, est vraiment lié à un sport, à la performance. Et ça, c’est très ancré. Et quand vous rentrez dans les magasins de vélo, aussi, en France… Enfin, je parle de la France, parce que je ne suis pas allée encore dans les magasins à l’étranger. Eh bien, ça se voit. En fait, vous avez beaucoup d’hommes et puis vous n’avez que des accessoires de vélo qui sont très masculins. Vous avez rarement des accessoires de vélo proposés qui sont à destination des femmes. Et c’est pour ça, d’ailleurs, qu’on a voulu, nous, prendre le contre-pied et casser les codes de l’univers du vélo avec Suzon et Suzette. C’est qu’on crée des accessoires de vélo pour tous. Donc, les hommes, OK. Mais aussi pour les femmes. Donc, typiquement, l’attache-jupette, c’est un produit qui est destiné aux femmes cyclistes. Et voilà. Et donc, c’est vrai qu’être une femme chef d’entreprise dans l’univers du vélo, on se sent un peu seule. Mais aujourd’hui, il y a quand même un… On sent une belle dynamique, là, depuis deux ans surtout. On sent vraiment une belle dynamique où les femmes dans l’univers du vélo prennent conscience vraiment qu’on n’est pas assez visibles. Et donc, on essaie vraiment aujourd’hui de se rendre plus visibles dans l’univers du vélo et d’avoir plus de poids.
Victor : Donc, tu l’as mentionné, c’est important d’avoir des femmes, ne serait-ce que pour penser à des produits spécifiques aux femmes auxquels les hommes ne vont pas penser, comme les attaches-jupettes, par exemple. Est-ce qu’il y a d’autres raisons pour lesquelles on a besoin de plus de femmes dans cet univers ?
Anne-Charlotte : Moi, je dirais que, tout simplement, en fait, d’une manière générale, il est important que les femmes, elles puissent faire le métier qu’elles veulent, qu’elles s’en sentent légitimes. Et ce n’est pas parce qu’il y a des métiers qui, faussement, sont plus masculins que d’autres. Donc, déjà, de base, peu importe le milieu, une femme devrait pouvoir faire le métier qu’elle veut sans se sentir pas légitime, quoi. Et après, comme vous l’avez dit, c’est que, si on ne met pas des femmes dans le milieu du vélo, que ce soit au niveau politique, développement, produit ou vendeur, on restera sur un univers qui sera masculin. Les accessoires ou les aménagements urbains, tout ça, en fait, s’il n’y a pas, si ce n’est pas pensé par, en fait, des gens qui représentent la population et les utilisateurs de vélo, eh bien, ça sera mal pensé. Ça ne sera pas bien pensé pour tous. C’est comme si on pensait à des aménagements sans penser qu’il y a des enfants qui allaient faire aussi du vélo. On a besoin d’avoir des femmes qui se trouvent à tous les étages, à tous les niveaux dans cet univers du vélo afin que les choses soient pensées aussi pour les femmes. Voilà. Et on se retrouve dans des situations… C’est exactement pareil. Quand une femme veut aller faire réparer son vélo, eh bien, c’est un peu comme les femmes qui vont chez le garagiste avec la voiture. On a encore ces sensations, parfois, de ne pas être légitime là où on se trouve parce qu’on peut nous prendre de haut. On peut dire, tiens, c’est une femme, elle, il ne connaît rien, c’est de la mécanique. Laetitia, la dernière fois, me racontait aussi une anecdote que des hommes qui font faire réparer leur vélo et que c’est une femme en face n’ont pas confiance en la réparation parce que c’est une femme qui a fait la réparation. C’est délirant et ce n’est pas normal. On doit faire changer ça et pour faire changer ça, eh bien, il faut aussi former les hommes à ça, je pense. Et il faut accepter, justement, qu’il y ait de plus en plus de femmes qui rentrent dans cet univers pour qu’il n’y ait plus ces différences et plus ces doutes.
Laetitia : Et puis, il y a un travail aussi à faire à la base pour les petites filles parce qu’en fait, on se rend compte aussi, il y a des études qui sont sorties, notamment une association qui s’appelle les Rous Libres qui est très bien, qui a fait une étude là-dessus. Mais en fait, les…
Laetitia : on se rend compte que l’apprentissage du vélo est moins fréquent et plus tardif chez les petites filles plutôt que chez les petits garçons. Et ça, ça va jouer, en fait, pour la suite. Et d’ailleurs, le public est à 80% féminin des vélos-école pour former, justement, à faire du vélo. Il y a énormément de femmes, par exemple, qui ne savent pas faire du vélo, ce qui est beaucoup moins le cas pour les hommes. Donc, il y a aussi un travail à faire en amont quand on est en train d’avoir des enfants.
Victor : Oui, effectivement. J’ai reçu dans le podcast l’association bruxelloise Ride Your Future il y a… il y a quelques temps. Ils ont un programme qui s’appelle Elle en Seine, justement, qui vise à lever, en fait, tous les freins et les barrières qui empêchent les femmes de faire du vélo. Donc, que ce soit sur l’entretien ou dans l’aisance, etc., l’occupation de l’espace public, les choses comme ça.
Laetitia : Oui.
Victor : Spécifiquement sur Susan et Suzette, est-ce qu’en fait, quand on conçoit des produits vélo pour les femmes, il y a des spécificités à avoir en tête que les hommes n’ont pas ? Par exemple, moi, je me suis rendu compte en me renseignant sur les cuissards pour les femmes que, effectivement, quand on doit s’arrêter faire une pause pour aller aux toilettes, avec les bretelles là, quand on est une femme, on doit enlever tous ses vêtements. Si c’est en hiver, il faut enlever, genre, trois couches pour pouvoir enlever les bretelles du cuissard et aller aux toilettes. Donc, est-ce qu’il y a des choses comme ça à garder en tête ? Est-ce que… À quel point, en fait, c’est important, justement, cette vision féminine dans la conception des produits ?
Anne-Charlotte : On ne peut pas en vouloir aux hommes de ne pas être une femme et de ne pas se rendre compte de tout. Mais c’est vrai qu’il y a plein de petites problématiques. Et encore, nous, on ne les connaît pas tous parce que, nous, on a une pratique vraiment plutôt vélo-taffeuse qui est sûrement encore différente de celles qui font du vélo sportif parce que, du coup, en fait, les femmes, elles ont besoin d’avoir un regard féminin, typiquement, parce qu’il y a des situations qui leur sont propres. On entend parfois des problématiques avec le casque pour les personnes qui ont des cheveux longs. Alors, effectivement, ça peut être aussi les hommes. Mais voilà, donc il y a des choses qui existent, des petits conseils, etc., d’autres femmes pour pouvoir mettre facilement son casque. Et on retrouve aussi, par exemple, typiquement, avec notre accessoire, nous, des femmes, quand on fait du vélo en jupe, cette problématique de la jupe qui s’envole ou qui peut aller dans les roues du vélo, il y a des choses qui ne sont pas pratiques, de devoir toujours venir mettre un shorty dessous ou de s’envoyer chez le maître sa robe ou des choses comme ça. Eh bien, non. Donc, en fait, avoir des femmes qui pensent à ces choses-là permettent de créer des accessoires ou d’avoir des astuces pour répondre à ces problématiques.
Victor : Oui, tout à fait. Et pour avoir les cheveux longs depuis quelques temps, je confirme que les casques ne sont pas du tout bien conçus et c’est vraiment pénible au quotidien, parfois.
Anne-Charlotte : Enfin, voilà, il y a plein de petites choses qui sont à faire. On discutait encore lundi avec une dame qui était qu’on a rencontrée qui nous expliquait qu’elle, c’était l’usure de son pantalon en faisant du vélo. Eh bien, voilà, toutes ces petites choses sont importantes, tous ces retours sont importants pour effectivement résoudre ces problématiques que peut-être les hommes n’ont pas, en tout cas.
Laetitia : Et d’ailleurs, on est très attentifs à ça et on pose régulièrement la question sur nos réseaux sociaux, notamment sur Instagram, à notre communauté, de savoir quelles sont les difficultés qu’ils ou elles peuvent rencontrer dans leur quotidien. Et, en fait, et ça, c’est vraiment chouette parce qu’on a pas mal de femmes, justement, qui nous font remonter certaines difficultés et c’est comme ça que nous, ensuite, on peut imaginer essayer de créer les produits et proposer quelque chose qui répond à un besoin.
Anne-Charlotte : Parce qu’en plus de ça, ça me fait rebondir aussi, c’est qu’on s’aperçoit que les femmes, donc je parle plutôt dans un cycliste vélo taffeur du quotidien, etc., les femmes n’ont généralement pas du tout le même type de trajet que les hommes. C’est-à-dire que, typiquement, c’est aperçu que les femmes, quand elles partent en vélo, donc ça va peut-être être pour aller travailler initialement, mais à côté de ça, généralement, elles doivent déposer les enfants, le soir, elles récupèrent le pain, les courses, etc. Et donc, en fait, voilà, typiquement, une femme a généralement besoin d’avoir un panier, des sacs, des… Voilà. Que l’homme, a priori, alors c’est des généralités, évidemment que tous les hommes ne font… Toutes les familles ne fonctionnent pas forcément comme ça, mais les besoins, à priori, sont différents, même dans l’utilisation du vélo et donc dans les équipements qui peuvent aller avec le vélo,
Victor : également. En espérant qu’on tende vers une situation où les besoins seront les mêmes, ce qui fait qu’on partage des tâches un peu plus égalités. C’est sûr. Ça serait très bien. Oui. Quels sont les freins qui subsistent encore, selon vous, et qu’il faudrait lever pour qu’il y ait plus de femmes dans le milieu du vélo et plus de femmes entrepreneurs ?
Laetitia : Moi, je pense que vraiment, si on veut changer la donne, il faut vraiment s’attaquer à l’origine, quoi. Et je pense que vraiment, c’est lorsque on est enfant qu’il faut agir et qu’il faut sensibiliser, enfin, en tout cas, proposer le vélo au même moment, de la même manière entre une petite fille et un petit garçon. Et ça, déjà, ça donne… Enfin, déjà, d’avoir le vélo depuis l’enfance dans son quotidien, eh bien, ça change les choses pour la suite. Et puis, je pense que pour aujourd’hui, si on part un peu plus… Si on va dire maintenant pour les femmes qui sont devenues plus grandes, eh bien, c’est vraiment de les rendre plus visibles. Et ça, c’est important. C’est ce que tu fais là, par exemple, aujourd’hui avec ton podcast en donnant la parole à deux femmes chefs d’entreprise dans l’univers du vélo. C’est de montrer, là, que, en fait, si t’es une femme et que t’as envie de faire quelque chose dans le vélo, tu peux. Tu peux complètement rendre plus visible de plein de manières différentes avec les médias comme toi, mais ça peut être aussi, aussi, comme disait Anne-Charlotte, eh bien, dans toutes les collectivités, par exemple, dans les instances décisionnaires sur les politiques cyclables publiques, eh bien, qu’il y ait aussi des femmes qui… Voilà. Donc, il faut vraiment agir à plein de niveaux différents.
Victor : Oui, avoir une politique, une approche vraiment holistique du sujet pour englober tous les aspects, effectivement. Quand même, vous avez, du coup, encore deux enfants en bas âge, une entreprise, etc. Et, en fait, elle vient d’où, toute cette énergie pour faire les choses ? Enfin, moi, je sais que je serais incapable de faire ça.
Laetitia : Des fois, on est fatigué. En fait c’est nos convictions. Enfin, on crée des produits… On a vraiment à cœur de changer les codes dans l’univers du vélo, de vraiment créer des accessoires qui soient utiles au quotidien, mais qui répondent aussi à des valeurs sociétales et environnementales fortes et vraiment mettre fin à cette contradiction, quoi, de faire du vélo, mais d’avoir des équipements qui, pour la quasi-totalité, sont fabriqués à des milliers de kilomètres. Ça n’a pas de sens, en fait. Ça n’a vraiment pas de sens. Et ça, c’est ce qui… Ça, c’est ce qui nous anime, moi, je pense. Et puis, ce côté créatif aussi. Enfin, nous, on a… Franchement, on a 25 idées par jour. Enfin, notre problème, c’est vraiment de se canaliser et d’essayer de… de faire des choses. De canaliser toutes ces idées parce qu’on… On a beaucoup d’imagination, ouais.
Anne-Charlotte : Puis, mine de rien, entreprendre, c’est quand même… Initialement, je pense qu’il faut quand même un petit peu de courage, mine de rien, parce qu’on a quitté nos emplois, on a fait des décisions… On a pris des décisions et pour quelque chose qui nous parlait. Et le but, quand on entreprend, c’est de se donner aussi les moyens et tout pour ne jamais regretter parce que, bah, entreprendre, ça peut être aussi raté, ne pas réussir à lancer sa boîte, ne pas réussir à aller où on veut, prendre une mauvaise décision qui fait tout basculer du jour au lendemain. C’est les montagnes russes, c’est plein d’émotions. Et du coup, il y a cette envie, cette rage aussi de porter son projet et de se donner à fond pour ne pas s’en vouloir et pour ne pas regretter quoi que ce soit. Donc… Et puis, et puis après, l’énergie, je pense aussi qu’on la trouve parce qu’on est bien entouré. On a la chance d’être là, d’avoir autour de nous des gens qui trouvent génial ce qu’on fait, qui nous encouragent. Et je ne vais pas parler en ton nom, Letty, mais moi, il y a aussi, je trouve que c’est chouette, je dis ça parce que j’ai pris un peu confiance en moi, ce n’était pas le cas forcément au début, mais de montrer ça à mes enfants. Ça me fait plaisir de leur montrer qu’on peut aussi monter des choses soi-même avec des valeurs et des arrivées et voilà, d’y mettre toute sa rage dedans pour que ça fonctionne, quoi.
Laetitia : Et puis, il y a aussi quelque chose qui est important pour nous, c’est qu’aussi le vélo, je pense que c’est vraiment une des solutions pour demain, pour l’enjeu écologique qu’on a aujourd’hui face à nous. Enfin, moi, je ne crois pas trop en la solution des voitures électriques. Je pense que vraiment le vélo, il a vraiment un rôle à jouer énorme et, en fait, et notre objectif, nous aussi, avec Suzon et Suzette, c’est de faire en sorte qu’il y ait le plus de monde possible sur les vélos, que les gens adoptent le plus possible quand c’est possible, évidemment, mais que ce soit un mode de déplacement qui soit vraiment vers lequel les gens puissent se tourner et en créant, en fait, des accessoires de vélo qui rendent confortable la pratique du vélo, même quand il pleut, même quand c’est l’hiver et qu’il fait hyper froid, ou pour les femmes, pour qu’elles puissent faire du vélo en jupe, etc. Enfin, bref, en créant des accessoires de vélo pour qu’on puisse être confortable sur son vélo quelle que soit la saison, eh bien, l’idée, c’est vraiment d’essayer de promouvoir la mobilité douce, quoi. Ça, c’est vraiment, je pense que le vélo a vraiment un rôle à jouer considérable dans les enjeux qu’on a à relever pour demain.
Victor : Je suis entièrement d’accord et ça fait une super conclusion pour cet épisode. Plus de vélos, plus de femmes sur le vélo, plus de femmes dans le milieu du vélo. Exactement. Bon courage, bonne continuation avec Susan et Suzette. Merci. J’espère que ça deviendra super connu comme ça, plein de filles pourront se projeter dans un univers entrepreneurial, se projeter dans l’univers du vélo.
Laetitia : Eh bien, on espère aussi. Merci beaucoup.
Anne-Charlotte : Merci.
Victor : Merci à vous.
Victor : C’était Vélotaf. Merci beaucoup pour votre écoute. Si ça vous a plu, vous pouvez nous suivre sur nos réseaux sociaux Instagram, LinkedIn et Facebook. Vous pouvez retrouver tous nos épisodes sur notre site internet blin.be slash Vélotaf. Si vous avez une idée d’invité, n’hésitez pas à nous envoyer un message et si vous voulez être accompagné sur vos projets en durabilité, contactez Blin et on se fera un plaisir de vous aider. A bientôt !