#52 – Découvrir les longues distances à vélo avec La Cyclo pour le Climat.

Dans cet épisode inspirant de Vélotaf, Victor reçoit Mickaël Jardin, responsable de la Cyclo pour le climat en France et cofondateur de la marque de vêtements éco-responsables Vélor.

Mickaël partage son parcours et les initiatives qu’il porte pour sensibiliser aux impacts du dérèglement climatique tout en promouvant le vélo comme moyen de transport durable.

La Cyclo permet d’appréhender des trajets à vélo encadrés sur de plus longues distances, 100, 150, 300 ou 500 km !

Bon épisode !

Pour contacter notre invité, c’est par ici : https://www.linkedin.com/in/micka%C3%ABl-jardin-9653ba7 !

Ce que vous apprendrez dans cet épisode :

  1. 00:01:38 – Qu’est-ce que la Cyclo pour le Climat ?
  2. 00:04:05 – Genèse de l’organisation en France
  3. 00:07:39 – Importance de l’ambiance et la non-compétition
  4. 00:09:09 – Partenaires et influence de Saint-Malo
  5. 00:11:36 – Impact visuel des trajets sur le climat
  6. 00:14:13 – Calcul de l’empreinte carbone
  7. 00:16:07 – Contribution du calcul de l’empreinte carbone
  8. 00:20:00 – Programme et accompagnement des participants
  9. 00:21:09 – Vélo, moyen de transport et diversification de l’offre
  10. 00:24:15 – Clôture et futurs événements

Restez connectés au podcast Vélotaf, la suite de notre conversation avec Mickaël revient dans quelques semaines. A la semaine prochaine pour un(e) nouvel(le) invité(e) !

Quelques citations pour vous mettre l’eau à la bouche !

« L’objectif, c’est aussi de mettre des débutants sur le vélo. Pour qu’ils puissent découvrir… »

« On passe du bon temps, on est sur la même longueur d’onde. Et voilà, on veut juste faire de cette journée une réussite. »

« Le fait de faire son bilan carbone, c’est une première prise de conscience. »

Grâce à ⁠⁠⁠⁠⁠Autoscript.fr⁠⁠⁠⁠⁠, je vous propose de retrouver la transcription de notre échange.

Ce podcast animé par ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠Victor Blanchard⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠ est proposé par Bleen, et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique du Vélotaf.

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Victor : Salut Mickaël.  

Mickaël : Salut Victor.  

Victor : Tu es responsable de la Cyclo Pour le Climat en France et aussi le cofondateur d’une marque de vêtements de cyclistes qui est la plus éco-responsable possible qui s’appelle Vélor. Bienvenue sur le podcast. Est-ce que tu peux te présenter un peu s’il te plaît ? 

  

Mickaël : Merci de m’accueillir Victor. Je vais me présenter, donc Mickaël Jardin. J’ai 45 ans. Je suis le papa de deux filles, deux ados, fan de cyclisme depuis 25 ans maintenant. Et donc voilà, plutôt sensibilisé à tout ce qui est sujet lié au changement climatique plutôt que le réchauffement parce que c’est bien plus vaste qu’un simple réchauffement. Et donc voilà, en deux mots, qui je suis. 

  

Victor : Alors aujourd’hui, on va parler de la Cyclo pour le climat, qui est une initiative. En fait, ce qui consiste à permettre aux gens de faire une cyclo à vélo, tout en sensibilisant aux impacts du dérèglement climatique. Est-ce que tu peux nous expliquer un peu en quoi consiste cette initiative ? 

  

Mickaël : Tu l’as bien résumé. En fait, la Cyclo pour le climat, c’est né aux Pays-Bas il y a cinq ans. Donc, ils ont commencé, ils étaient quelques amis. L’idée là-bas, c’était de partir du sud du pays jusqu’au nord et de longer ce que serait le futur trait de côte si on ne changeait pas la courbe du changement climatique, parce qu’il faut savoir qu’aux Pays-Bas, il y a une grosse partie du pays qui est sous le niveau de la mer. Donc, pour eux, l’impact, rien qu’il y a une hausse du niveau de la mer d’un mètre, pour eux, c’est hyper impactant. Et ça veut dire une grosse partie du pays qui a rayé de la carte dans quelques décennies. Donc voilà, ça a commencé comme ça. Et puisque le problème est majeur aux Pays-Bas, mais qui ne concerne pas qu’eux, leur souhait a été d’organiser ou de trouver des gens, des relais pour organiser une Cyclo pour le climat dans chaque pays européen. Donc, moi, j’ai pris la main sur la France, il y a l’Italie qui a suivi, la Belgique, il y a la Pologne qui vient de faire sa deuxième. Il y a l’Angleterre, je crois, qui va démarrer et la Suisse qui va démarrer cette année. Donc voilà, l’idée, c’est ça, c’est de faire une journée autour du vélo, proposer des parcours. Nous, ce qu’on a voulu faire pour la France, c’est de proposer des parcours accessibles au plus grand nombre pour que les cyclistes aguerris puissent trouver un challenge motivant pour la journée. Et puis, l’objectif, c’est aussi de mettre des débutants sur le vélo. Pour qu’ils puissent découvrir que là, cette année, nous, par exemple, à Saint-Malo, on va proposer un parcours qui s’appelle mon premier 100. Donc voilà, montrer à des gens qui n’ont jamais fait 100 kilomètres que c’est tout à fait possible en les accompagnant, en prenant son temps, en étant avec des experts. Et puis, ça ouvre le champ des possibles parce que quand on a fait 100 kilomètres sur son lieu de vacances, on peut se dire qu’on a un rayon d’action de 30, 35, 40 kilomètres et ça permet de voir un tas de choses. Et au-delà de Saint-Malo, là, on a organisé… On organise dans 15 jours à Lyon la première cyclo pour le climat de Lyon, donc la deuxième en France. Ça va être la deuxième date. Et on propose un seul parcours qu’on a appelé le 100 C’est Ouf. Et le concept est le même, c’est de mettre des gens sur le vélo dont certains seront des débutants sur cette distance et peut-être d’en convertir certains au cyclisme plus régulier. 

  

Victor : Comment tu en es arrivé, toi, à organiser ça en France ? Tu connaissais en fait les organisateurs néerlandais ? 

  

Mickaël : Oui, en fait, je connaissais les organisateurs néerlandais et comme tu le disais en introduction, j’ai aussi fondé Vélor il y a trois ans avec mon frère. Vélor, c’est une marque de vêtements cyclistes qu’on veut être la plus éco-responsable du marché, donc on en parlera un peu plus tard en détail si tu veux. Donc voilà, on fait plein de trucs. Et en fait, ils sont venus nous revoir il y a deux ans et demi, juste après la fondation, en nous disant… On veut en fait, le jour de la cyclo pour le climat, leur souhait, c’est que les gens portent un maillot au couleur des Warming Stripes. Les Warming Stripes, je ne sais pas, si vous connaissez, si tous les auditeurs connaissent, mais voilà, c’est quelque chose qui a été inventé par Ed Hawkins et qui permet en fait, de manière très visuelle, de voir le changement climatique et principalement le réchauffement, parce qu’en fait, il y a des lignes horizontales qui vont de 1850 à nos années 2020. Et en fait, on a la température moyenne de l’année qui est symbolisée par une couleur bleue pour les années les plus fraîches, rouge pour les années les plus chaudes. Et en fait, on voit l’impact, l’effet du réchauffement climatique en un coup d’œil. Et donc voilà, ils sont venus vers nous parce qu’ils cherchaient la marque la plus éco-responsable du marché. Et du coup, on a commencé à bosser ensemble pour faire ce maillot. Et pendant des réunions de travail, ils nous ont expliqué que leur souhait, c’était aussi de développer un peu leur idée, qu’ils avaient eue à quelques copains, et d’organiser une cyclo pour le climat dans chaque pays européen. J’étais le seul Français autour de la table. Je me suis senti investi d’une mission, on va dire. J’étais un peu le bébé, donc j’ai commencé tout seul en 2022. On était quelques-uns en 2023. Et là, cette année, dans l’asso, on est 8 maintenant, 8-9. Donc voilà, c’est cool, c’est une bonne ambiance. C’est un peu de travail pour la préparer, mais ça se fait dans une ambiance qui est super cool, super positive. Et on partage des valeurs qui sont communes, donc c’est top. Donc là, c’est la troisième édition cette année, c’est ça ? Ouais, pour la France, ça va être la troisième. En fait, ça va être la deuxième vraie, parce que la première, je l’avais vraiment fait en quelques mois. J’étais tout seul, donc c’était des copains ou des copains de copains. Voilà, on était 40, je crois. On était partis de Brest pour arriver au Mont-Saint-Michel. On avait traversé la Bretagne dans la journée, 313 kilomètres. Donc c’était une belle aventure. Mais voilà, j’étais tout seul à l’organisation. Donc je ne voulais absolument pas que ça prenne trop d’ampleur. L’année dernière, pour la deuxième, la ville de Saint-Malo nous avait bien accompagnés. Donc là, on a eu 150 participants. Et cette année, on devrait être entre 200 et 250, je pense, en sachant qu’il y en aura une centaine aussi à Lyon. Donc voilà, notre objectif, on n’est pas dans la course aux chiffres, on n’est pas dans la course aux nombres. Je vois des gros chiffres des fois sur des cyclos, mais nous, on ne propose pas une course déjà. Il n’y a pas de chronométrage. L’idée, c’est vraiment de passer une journée ensemble. Même s’il y a des challenges, il y a des défis sportifs, il faut que chacun, pour pimenter un peu la journée, trouve un défi à sa hauteur, j’ai envie de dire. Mais voilà, l’objectif, c’est vraiment la solidarité. On part ensemble, on s’entraide et on arrive ensemble. Et c’est ça qu’on veut mettre en place. Ce qui n’exclut pas, dans certains groupes, que ça roule vite. Il y en a qui ont besoin de ça pour se faire plaisir sur un vélo. Donc voilà, pas de souci, ils peuvent le faire. Mais à côté de ça, on a aussi des groupes qui sont à vitesse réduite et des gens qui sont plus dans la découverte du vélo et dans la discussion avec les gens avec qui ils partagent la journée. C’est cool.  

  

Victor : Tout à fait. J’aime beaucoup le format cyclosportif comme ça. Il n’y a pas de prise de tête. Souvent, c’est bien organisé dans des chouettes endroits et chacun peut rouler à son rythme. 

  

Mickaël : On essaie de bien l’organiser. Après, c’est du taf parce que nous, on est une association à but non lucratif. Donc voilà, on fait avec un petit budget. On a quelques partenaires. Cette année, on a un partenaire dont on a la ville de Saint-Malo qui nous accompagne pour la deuxième fois. Et ça, c’est cool. Il nous met une super salle à disposition. On a quand même un impératif, c’est qu’on veut les départs et arrivées sont organisés dans des villes facilement accessibles en train. Mettre 250 cyclistes sur la route, c’est bien. S’ils viennent tous en voiture, c’est un peu dissonant, on va dire. Donc voilà, les gens peuvent très facilement venir à Saint-Malo. Il y a une gare TGV. Cette année, on organise un 500 kilomètres qui arrivera à Saint-Malo mais qui partira de Versailles. Donc voilà, Versailles est aussi très facilement accessible en train. Donc voilà, c’est cool. C’est ce qu’on essaye de mettre en place. Et puis au niveau de l’organisation, je pense qu’on n’est pas trop mal. L’année dernière, on avait fait un petit sondage. On était à 80. Plus de 90% de gens étaient satisfaits. Ceux qui ne l’étaient pas, c’était vraiment pour des détails qu’on essayait de corriger. Je pense que les gens comprennent aussi qu’on est vraiment un petit asso. On n’est pas là pour concurrencer les mastodontes. Il y a des cyclosportives en France bien connues qui accueillent 15 000 personnes dans la journée. On ne sera jamais à ça. Ce n’est vraiment pas notre volonté. Mais à notre niveau, on essaye de faire passer une bonne journée à tout le monde. 

  

Victor : Tu l’as mentionné, votre partenaire principal, c’est la ville de Saint-Malo. Pourquoi cette ville ? Comment ça s’est fait ? 

  

Mickaël : Ce n’est pas le partenaire principal. C’est un de nos partenaires. C’est à nous qu’on aura deux. C’est la ville de Saint-Malo. Et on a l’ADEME. On est super fiers d’avoir l’ADEME qui va nous aider un peu financièrement à l’organisation. Et puis aussi en termes de com. On va aussi essayer de développer des choses plutôt autour de l’événement lié à l’éco-responsabilité. Ça, c’est super cool. On a des gens en face de nous qui sont méga motivés. Et pour répondre à ta question, pourquoi Saint-Malo ? On leur a présenté ça la première année. Il y avait une personne qui a participé, qui était un copain d’un copain et qui était originaire de Saint-Malo. Il en a parlé ensuite à des gens qu’il connaissait à la ville de Saint-Malo. Et voilà, le courant est passé direct. C’est une ville qui essaye de vraiment développer tous ces réseaux cyclables. Ils investissent beaucoup d’énergie dans le développement de pistes cyclables, etc. Donc pour eux, je pense que c’est intéressant d’avoir un événement comme ça qui met en place des choses qui sont très intéressantes. Et qui fait la promotion du vélo. Et donc voilà, on a fait une première fois l’année dernière, une deuxième fois cette année. Et voilà, on sent… Une fois encore, c’est ce que je dis souvent dans l’asso. Et c’est le cas aussi avec les partenaires. On a tous des boulots, on a tous des contraintes. On passe tous des journées un peu stressantes. Quand on décide de donner du temps dans une assaut comme celle-ci, il faut que ce soit du plaisir. Moi, je refuse que ce soit du stress ou que ce soient des prises de bec et des choses comme ça. Et que ce soit avec Saint-Malo, avec l’ADEME ou avec les gens de l’asso. On passe du bon temps, on est sur la même longueur d’onde. Et voilà, on veut juste faire de cette journée une réussite. Et là-dessus, on est bien en accord. Et c’est cool. 

  

Victor : Trop chouette. Je rappelle aussi pour nos auditeurs, l’ADEME, c’est l’Agence de la Transition Écologique en France. Donc c’est vraiment une institution de référence, je trouve, pour toutes ces questions de transition écologique, avec plein de ressources à disposition, en libre accès. Donc c’est chouette je trouve que vous avez réussi à les avoir en tant que partenaire. 

  

Mickaël : Oui, c’est cool. On n’a pas forcé. L’envie, elle était des deux côtés. Donc ça s’est fait très naturellement. On a encore déjeuné ensemble la semaine dernière. Et voilà, on sent qu’on partage vraiment les mêmes valeurs et qu’on a envie de véhiculer les mêmes messages. Donc c’est super positif. 

  

Victor : Tu as mentionné qu’au Pays-Bas, quand la Cyclo au Pôle Climat est née il y a 5 ans, le parcours était le long du futur trait de côte suite à la montée des eaux. Est-ce que c’est la même chose sur le littoral breton ? 

  

Mickaël : On essaye. Il y a un site internet qui est très bien fait que je pourrais partager avec toi qui te permet, en simulant la hausse du niveau des mers, de voir les impacts directement sur les côtes. Moi, je suis breton d’adoption, on va dire. Si c’est possible de se faire adopter par la Bretagne, je n’en sais rien. Je suis breton depuis 20 ans. Je me suis naturellement penché vers la Bretagne pour organiser la Cyclo. Même si cette année, on fait une petite incursion aux régions parisiennes et en Normandie. On n’a pas tout à fait le même souci en Bretagne ni en Normandie. Ce n’est pas aussi flagrant qu’aux Pays-Bas. Mais quand tu utilises ce site-là pour faire la petite simulation, tu vois qu’on a quand même des zones qui sont hyper concernées. En Bretagne, la zone la plus concernée, ça va être toute la baie du Mont-Saint-Michel. Même si je sais que le Mont-Saint-Michel est normand. Je ne veux pas fâcher nos auditrices et nos auditeurs normands. N’empêche que tout ce qu’il y a avant, le Saint-Malo et le Mont-Saint-Michel, c’est bien breton. Je pense qu’en plus, dans cette problématique-là de lutte contre le changement climatique, je pense qu’il n’y a plus de bretons et plus de normands. Il n’y a même plus de français ou de belges. On est tous un peu dans le même bateau. C’était juste une petite parenthèse. Toute cette zone-là est hyper concernée. C’est pour ça qu’on passe pas mal de temps. Les tracés qu’on a faits passent pas mal de temps sur cette partie-là. On a aussi toute la partie, cette année, le 500 km, qui sera une initiation à l’Ultra. Toujours dans cette idée de proposer aux gens un challenge à leur hauteur. Pour ceux qui font du vélo régulièrement, 100, 150, 200, et qui veulent se tester sur les distances un peu plus longues, on leur propose ça en faisant des tout petits groupes avec des experts. On a des gens qui ont l’habitude de faire ça et qui les accompagneront très bien en toute sécurité. Ce 500, il va aussi longer toute la côte. J’ai perdu son nom, mais toute la côte de Caen. On fait Versailles, on fait Honfleur, et après de Honfleur jusqu’à Arromanches, on longe toute la côte parce que c’est aussi une zone qui est hyper menacée par la hausse du niveau des mers. On aura parcouru ces deux parties-là. L’idée, c’est juste de montrer à quel point elles sont belles et de montrer à quel point elles sont fragiles et menacées et qu’on a encore envie de pouvoir faire du vélo sur ces lieux-là dans quelques décennies. Pour ça, il faut qu’on se serre les coudes. Effectivement, 

  

Victor : des très belles routes à emprunter. Dans le cadre de l’inscription à la Cyclo pour le climat, il faut rédiger une promesse climat, c’est ça ? 

  

Mickaël : Oui, c’est ça. Ça fait partie des… On demande aux gens déjà de faire leur bilan carbone. On pratique des prix qui sont vraiment au ras des pâquerettes. Pour la première fois, sauf pour le 100, parce que sur le 100 km, on aura des gens qui ne sont pas forcément des cyclistes aguerris, donc ils n’ont pas forcément besoin d’acheter un maillot et ils ne l’utiliseront pas et on ne veut pas forcer à la consommation. Mais pour les autres parcours, on veut que les gens portent le maillot Warming Stripes. Par contre, ils l’achètent une fois. Il y a des gens, ça a été qu’ils vont faire leur troisième. Ils ont acheté le maillot il y a trois ans et aujourd’hui, pour faire le 300 km, ça va leur coûter 30 euros. Ça paie à peine les ravitaillements. Tout le reste, on se débrouille avec nos partenaires. Mais la contrepartie, c’est qu’on leur demande de faire leur bilan carbone parce que le bilan carbone, c’est un exercice super intéressant à faire. On n’est pas dans le jugement. On n’est pas là pour dire que c’est mal, tu fais 8 tonnes par an, toi, c’est bien, tu fais 3 tonnes. Mais souvent, le fait de faire son bilan carbone, c’est une première prise de conscience. On se dit, on a tous en tête cet objectif de 2 tonnes par an qu’il faudrait atteindre, qui est un peu ambitieux. Mais on ne sait pas forcément ce que nous, on émet. Le fait de faire son bilan carbone, souvent, c’est la première prise de conscience. Une fois qu’on a fait ce bilan carbone, on demande aux gens de faire une promesse climat. On n’ira pas vérifier. Mais ça va de je mangerai plus de légumes, moins de viande, je ferai plus de vélotaf. Histoire de voir, je pense que rien que de se poser la question, de se dire, je suis à 6 tonnes, c’est vachement haut, qu’est-ce que je pourrais faire pour le diminuer ? Je vais prendre un peu moins la viande, je vais manger un peu moins de viande. Le fait d’y réfléchir et de le poser comme ça sur une feuille d’inscription, je trouve que c’est un bon exercice. Après, ils le font ou ils le font pas, ce n’est pas très grave, mais c’est dans la démarche. 

  

Victor : Ça fait, le calcul de l’empreinte carbone, c’est effectivement une excellente première étape pour comprendre où est-ce qu’on peut avoir le plus de levier d’action. Ça permet de mettre des ordres de grandeur. Ça, par exemple, on pense qu’on fait notre part parce qu’on trie nos déchets. En fait, en calculant son empreinte carbone, on se rend compte que trier ses déchets, c’est bien, évidemment, mais qu’il y a des actions qui peuvent avoir un impact beaucoup plus important en termes de réduction de l’empreinte carbone. Effectivement, tu as mentionné cet objectif de 2 tonnes. Donc, juste pour rappeler pour celles et ceux à qui ça ne parle pas trop, la moyenne des Français, c’est 10 tonnes de CO2 équivalent par an à l’heure actuelle. Et le but, si on veut rester dans les accords de Paris, donc à savoir contenir le réchauffement climatique en dessous des 2 degrés avec objectif d’être le plus proche possible des 1,5 degré, eh bien, ça implique qu’à horizon 2050, on atteigne toutes et tous 2 tonnes de CO2 équivalent par personne par an. Donc, ça demande quand même pas mal de boulot. 

  

Mickaël : Ça demande des gros efforts. Quand on sait, par exemple, qu’un aller-retour à New York, c’est 2 tonnes. Après, on n’est pas dans le… Je fais mes efforts. Je ne suis pas un extrémiste. Mon parti, c’est plutôt de dire… Enfin, si on commence à dire aux gens qu’il ne faut plus prendre l’avion, qu’il ne faut plus manger de viande, qu’il ne faut plus prendre la voiture, enfin, au bout d’un moment, on va les effrayer. Les gens vont se dire que c’est bon, je ne le fais pas, c’est trop compliqué. Et je pense que le but, c’est plutôt d’inciter les gens à mettre un petit peu le doigt dans l’engrenage, à commencer à faire des petits efforts et puis se rendre compte. Moi, par exemple, le vélotaf, je pense que quand on a commencé à mettre le doigt dans l’engrenage, c’est tellement plaisant qu’on a vite fait d’en faire beaucoup plus et éventuellement que ça pour ceux qui n’habitent pas trop loin de leur travail. Mais voilà, la viande, c’est pareil. Manger moins de viande, au début, ça semble insurmontable.  Je pense que chacun doit faire les efforts là où ça lui coûte le moins, quoi. Et puis, voilà, le tout étant d’engager la démarche, je pense. 

  

Victor : Et pas oublier, moi, c’est un truc que j’ai aussi appris à travers mon parcours personnel, pas oublier qu’en fait, ce qui fonctionne très bien, et c’est ce que tu fais avec cette Cyclo, c’est d’entraîner les gens autour de soi, de montrer l’exemple et d’inspirer les gens, en fait. Et ça, se levier d’influence, il est souvent oublié. Et parfois, on a un peu tendance à se sentir seul dans ses efforts. Et je trouve que ce genre d’initiative, d’être avec d’autres gens qui font des efforts, qui se disent, tiens, par exemple, je vais participer à la cyclo pour le climat, ça redonne vraiment beaucoup d’énergie, beaucoup d’espoir, parce qu’on se sent beaucoup moins seul dans sa démarche, en fait. 

  

Mickaël : C’est très vrai ce que tu dis. Et voilà, parce que ce jour-là, au final, on rencontre des gens qui… Il y a tout, sincèrement. Même moi, dans mes proches qui ont fait les deux premières éditions et qui ont fait la troisième, on n’a pas la même sensibilité. Mais au final, ce jour-là, par exemple, tu vois, on va… Tous les ravitaillements qu’on fait sont végétariens. Je ne suis pas végétarien. Enfin, je mange de moins en moins de viande, mais je ne me considère pas comme végétarien. Mais n’empêche que ce jour-là, voilà, on impose de la nourriture végétarienne. Par exemple, à l’arrivée, quand tu as fait une grosse sortie de vélo, bon burger, frites, le burger, il est végétarien. Et l’année dernière, on a eu vachement de retours positifs, quoi. Des gens qui disaient, mais en fait, j’aurais jamais testé. Là, le fait de ne pas avoir le choix quand tu as fait 150 ou 300 kilomètres, ben écoute, tu te jettes dessus, quoi, de toute façon. Et les gens disaient, mais en fait, c’est excellent, quoi. Et je pense qu’ils ne mangeront pas que ça pour autant. Mais si déjà, il faut de temps en temps, peut-être qu’il y en a qui ont été définitivement convertis, je n’en sais rien. Mais voilà, le fait d’avoir apprécié, peut-être qu’ils se sont dit, mais en fait, j’avais des a priori sur la nourriture végétarienne et c’était un peu bête, quoi. Parce qu’au final, c’était excellent, ça m’a requinqué. Contrairement à ce que j’aurais pu croire, je n’avais pas faim deux heures après, loin de là. Donc voilà, c’est des petits efforts, des petites choses qu’on met en place pour essayer de faire avancer un peu les mentalités. 

  

Victor : Tu as parlé aussi du premier sang pour les personnes qui ont un peu moins d’expérience sur le vélo. Tu as dit qu’il y avait des experts qui encadraient. À quoi ils servent, en fait, sans plus ? 

  

Mickaël : Déjà, à conseiller, à savoir déjà comment se positionner sur la route parce qu’on essaie de faire pas mal de pistes ciclables, mais on ne fait pas que ça. On va sortir un peu de Saint-Malo, aller sur la côte, la pointe du Groin, Cancale, des endroits magnifiques, vraiment. On ne peut pas aller jusqu’au Mont-Saint-Michel, mais on va bien s’en rapprocher et avoir un super point de vue sur le monde. Donc voilà, les experts, ils vont cadrer pour éviter que… L’idée, ça aide aussi de respecter un timing qui convienne à tout le monde, que ce ne soit pas la course. Donc on aura des experts qui vont être maîtres du temps, maîtres de la vitesse, et puis s’assurer que tout le monde suit, que personne ne se retrouve dans la panade. S’il y a des petits problèmes mécaniques, quelqu’un qui fait son premier sang, qui se retrouve à prendre bande de Saint-Malo, qui n’a jamais changé une chambre à air ou machin, il aura quelqu’un pour lui expliquer. Donc voilà, l’idée, c’est vraiment de l’accompagnement, du conseil, et puis de l’assistance un peu technique aussi, s’il y a besoin. 

  

Victor : Pour finir, petite question, quel lien tu fais, toi, entre le vélo, mettre des gens sur le vélo, et cette lutte contre le dérèglement climatique ? 

  

Mickaël : Pour moi, c’est le… L’outil qu’est le vélo, pour moi, c’est un des meilleurs. Il y a un indicateur, et une fois encore, je ne suis pas non plus un extrémiste, j’ai aussi une voiture, je l’utilise le moins possible, et j’essaie de faire un maximum de vélotaf, même de me déplacer à pied quand ce n’est pas trop loin. J’ai deux filles, deux ados, quand je leur explique qu’on ne va pas prendre la voiture pour aller faire des courses à un kilomètre, elles ont un peu la flemme. Après, c’est aussi montrer l’exemple, comme tu disais tout à l’heure, mais sincèrement, le vélo, c’est le meilleur outil possible. Que tu te déplaces en ville, ou même, moi, j’ai mon taf qui est à peu près à 23-24 kilomètres de chez moi, je mets une heure. Il faut savoir que dans une ville comme Rennes, je ne perds quasiment pas de temps par rapport à le faire en voiture, sans parler des bienfaits pour la santé, pour la planète, etc. Pour moi, il y a un indicateur qui est hyper important, c’est quand tu regardes autour de toi le matin dans les bouchons, tu as principalement une personne par voiture, une voiture, je ne sais pas combien ça pèse, une tonne, une tonne 5, tu te dis que tu as un véhicule d’une tonne 5 qui transporte une personne de 70 kilos. Pour moi, c’est le bon indicateur. Quand tu es sur un vélo de 15 kilos pour transporter une personne de 70-80 kilos, tu te dis que tu es dans un truc assez logique, et même le vélo électrique, c’est top. Pour des gens qui ne pourraient pas faire du vélo parce qu’ils n’ont pas de conditions physiques ou moins de conditions physiques, ou ils habitent dans des endroits qui sont vachement pentus et qu’ils n’ont pas envie d’arriver en sueur travail, c’est génial. Je ne sais pas combien ça fait un vélo électrique, 20 kilos peut-être, 25. Là encore, le rapport entre le poids transporté et le poids du véhicule, il est hyper logique. Pour moi, le vélo, c’est vraiment l’outil de transport idéal. En plus, tu as un rayon d’action qui est fou. Je veux dire, là, les gens, on va leur montrer qu’en prenant leur temps sur une demi-journée, ils peuvent faire 100 kilomètres. Je suis sûr qu’il y en a beaucoup qui s’en sentent complètement incapables. Je suis convaincu que… En tout cas, j’espère que quand ils vont partir en vacances l’été d’après, ils vont peut-être se dire on emmène les vélos, c’est quand même cool. Des trucs qui sont à 10 bornes avant de leur faire une voiture, maintenant, on va le faire en vélo. On a fait 100, on peut quand même bien faire 20. Sans compter que la vitesse, c’est idéal pour voir ce qui se passe autour de toi, pour profiter de la nature. Et ça, c’est super cool parce qu’en voiture, tu ne vois rien, clairement. À pied, tu as un rayon… La marche, c’est le top, mais tu as quand même un rayon d’action qui est… Quand tu as fait 20 kilomètres de marche à pied, tu as déjà bien vadrouillé. En vélo, c’est très facile, même pour quelqu’un qui n’est pas habitué, de faire 50, 60, 70 kilomètres dans la journée et de voir tout ce qui se passe et de pouvoir s’arrêter en une seconde pour prendre une photo ou profiter d’un spot ou d’un animal. Pour moi, c’est vraiment le moyen de transport, le véhicule le plus logique quand on parle de lutte contre le changement climatique. J’espère que je ne suis pas trop long sur mes réponses, mais c’est un sujet que je pourrais développer pendant des heures. 

  

Victor : Non, t’inquiète, c’est parfait. Je rappelle, le 100 C’est Ouf à Lyon, c’est dans deux semaines, le 8 juin. Et le 100 C’est Ouf pour le climat à Saint-Malo, c’est le 7 septembre. Vous avez tout l’été. Vous vous entraînez. 

  

Mickaël : Avec juste une petite nuance, le 500 partira le 6 de Versailles avec toute une nuit à pédaler. Franchement, j’ai fait la reconnaissance il y a un mois, un peu plus d’un mois avec quelques collègues. Je n’avais jamais fait ça. C’est vraiment un exercice sympa. Si vous faites un peu de vélo, si vous êtes un peu entraîné, c’est vraiment un exercice hyper intéressant parce que c’est un exercice de gestion. Ce n’est pas l’effort de rouler à fond dans les bosses comme on peut faire avec les copains le dimanche matin. C’est vraiment autre chose. Et le fait de le faire en petits groupes, parce qu’on proposera des groupes de 8-10 personnes avec à chaque fois un expert. Il y a des gens qui ont fait Paris-Brest-Paris. Il y a des gens pour qui faire 500 km, c’est un détail. Ils conseilleront sur quoi mettre dans les sacoches. Ils conseilleront sur les lumières à apporter, les vêtements de visibilité, etc. C’est vraiment l’occasion de faire un premier ultra ou premier voyage à vélo dans des conditions parfaites. 

  

Victor : Il y en a vraiment pour tous les goûts depuis le premier 100 km. C’est vraiment encadré jusqu’au premier 500 km pour découvrir un petit peu l’ultra et pour une bonne cause. 

  

Mickaël : Il y a le 100, il y a le 500, mais il y a aussi à Saint-Malo, il y a le 150 et le 300. Les gens peuvent faire soit 150. En fait, le 300, c’est une boucle le matin de 150 qui est assez dure, qui va jusqu’au Cap Fréhel. Une boucle après-midi qui va jusqu’au Mont-Saint-Michel qui est plutôt plate, celle-ci. Et les gens qui veulent faire le 300 font les deux. Et les gens qui veulent faire un 150 choisissent entre la boucle la plus difficile ou la boucle la plus simple. Et j’ai un partenaire que j’ai oublié de nommer, c’est Ford, qui nous prête des voitures électriques pour sécuriser les groupes et gérer toute la logistique. 

  

Victor : Mickaël, merci beaucoup d’être venu sur le podcast. 

  

Mickaël : Merci Victor, c’était un plaisir. A bientôt. 

  

Victor : A bientôt. 

co-fondateur du podcast et co-auteur du livre DEVENIR TRIATHLÈTE
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Podcasts, SwimRun, UltraRunner et Papa x 4 enfants je cours après le temps, mes passions et mes petits amours.