#50 – Anne-Charlotte Peridon et Laetitia Cros – Suzon et Suzette

Re-plongeons dans l’univers de Laetitia Cros et Anne-Charlotte Peridon, les fondatrices de ⁠Suzon et Suzette⁠, une marque d’accessoires de vélo 100% Made in France. Dans cet épisode de Vélotaf, elles nous parlent de leur entreprise engagée qui fabrique des accessoires de vélo éco-responsables et solidaires.

Découvrez comment elles allient innovation, durabilité et inclusion sociale au sein de leurs ateliers en France. Une aventure humaine et entrepreneuriale unique.

Bon épisode !

Pour contacter nos invitées, c’est par ici : ⁠https://www.linkedin.com/in/laetitia-cros-%F0%9F%9A%B2-9421b826⁠ et ⁠https://www.linkedin.com/in/anne-charlotte-peridon-1a6544160⁠ !

Ce que vous apprendrez dans cet épisode :

  1. 00:00:53 – Présentation de Laetitia et Anne-Charlotte et de Suzon & Suzette
  2. 00:01:24 – Le concept d’entreprise solidaire
  3. 00:02:13 – Rentabilité et fonctionnement des entreprises solidaires
  4. 00:02:52 – Les trois types d’ateliers solidaires
  5. 00:04:14 – Différences et spécificités des ateliers
  6. 00:06:02 – Financement et soutien des ateliers solidaires
  7. 00:06:38 – Adapter la production en fonction des ateliers
  8. 00:09:25 – Genèse et choix des ateliers solidaires pour Suzon & Suzette
  9. 00:12:41 – La mission et les valeurs de Suzon & Suzette
  10. 00:14:14 – Démarche éco-responsable et zéro déchet
  11. 00:16:58 – Durabilité et entretien des produits
  12. 00:18:32 – Traçabilité et sourcing des matières premières

Restez connectés au podcast Vélotaf, la suite de notre conversation avec Suzon et Suzette revient dans quelques semaines. A la semaine prochaine pour un(e) nouvel(le) invité(e) !

Quelques citations pour vous mettre l’eau à la bouche !

« La première préoccupation, ça va être ça, et pas nécessairement la rentabilité. »

« On peut vraiment avoir une autre manière d’envisager l’économie aujourd’hui et ça, c’est vraiment important. »

Grâce à ⁠⁠⁠Autoscript.fr⁠⁠⁠, je vous propose de retrouver la transcription de notre échange.

Ce podcast animé par ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠Victor Blanchard⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠ est proposé par Bleen, et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique du Vélotaf.

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Victor : Bonjour Laetitia, bonjour Anne-Charlotte. Ravi de vous recevoir de nouveau dans le podcast. Vous êtes les fondatrices de l’entreprise Suzon & Suzette. Est-ce que vous pouvez peut-être rapidement vous représenter et représenter ce que fait Suzon & Suzette ? 

  

Laetitia : Oui, on est les co-fondatrices de l’entreprise Suzon & Suzette qu’on a créée il y a trois ans. Et on crée des accessoires de vélo pour tout le monde, les femmes, les hommes et les enfants, fabriqués intégralement en France de manière éco-responsable et solidaire. 

  

Victor : Effectivement, tu l’as mentionné, de manière éco-responsable et solidaire. Et c’est vraiment ce dont on va parler aujourd’hui, puisque la fabrication de nos produits se passe dans des ateliers de couture solidaires. Alors déjà, pour bien clarifier le sujet, c’est quoi une entreprise solidaire ? 

  

Laetitia : Une entreprise solidaire, c’est une entreprise qui va produire… qui va produire des biens ou qui va proposer des services avec un objet social et ou environnemental. Donc la première préoccupation, ça va être ça, et pas nécessairement la rentabilité. Et donc ça peut être… une entreprise peut être solidaire sur plein de choses. Nous, on est sur le domaine de la couture pour fabriquer nos accessoires de vélo, mais ça peut être pour des espaces verts, pour du conditionnement, pour de la menuiserie. C’est assez large. 

  

Victor : Et tu dis que l’objectif premier n’est pas forcément la rentabilité, mais est-ce qu’il faut quand même que l’entreprise soit rentable ? 

  

Laetitia : Oui, bien sûr. Par exemple, nous, on travaille avec un atelier qui est ce qu’on appelle une entreprise adaptée, donc qui emploie des personnes en situation de handicap. Elle ne va pas avoir la même exigence de rentabilité qu’une entreprise ordinaire, en fait. Mais il faut quand même évidemment qu’elle soit rentable pour pouvoir payer les salariés, etc. 

  

Victor : Et donc tu disais, oui, vous travaillez avec… Vous avez un atelier là et vous avez, il me semble, si j’ai bien compris, trois types d’ateliers qui sont des entreprises solidaires, mais un peu différentes les unes des autres, il me semble. 

  

Anne-Charlotte : Oui, tout à fait. Aujourd’hui, on a trois ateliers de couture. Donc on a un atelier qui est à Villeurbanne, qui est un atelier d’insertion. Donc là, pour le coup, eux, ils ont une volonté de former et en fait de surtout redonner confiance en des personnes qui ont été éloignées de l’emploi, qui ont parfois aussi des vies un peu compliquées. Donc, c’est par la couture, mais ils font d’autres domaines aussi, mais voilà, entre autres par la couture, qui redonne confiance aux gens, qui les forment aussi dans un métier. Et l’idée derrière, c’est sur une durée entre six mois et un an, de leur permettre d’aller dans une entreprise autre que la leur, pour le coup, et de leur faire découvrir le travail. Le monde du travail dans d’autres entreprises. Après, on a donc l’Antili, Laetitia en parlait à l’instant, qui est une entreprise adaptée. Donc eux, voilà, c’est une entreprise qui emploie à 80% des personnes en situation de handicap et donc qui met en fait tout l’univers est fait pour que ces personnes soient dans de bonnes conditions pour travailler. Mais il y a vraiment pour le coup, un besoin de rentabilité dans cette entreprise-là. Puisque, hormis qu’elle ait des personnes en situation de handicap, elle fonctionne comme une entreprise basique. Et on a une entreprise qui est à Vichy, qui est une EBE, alors ça, c’est assez récent, une EBE, c’est une entreprise à but d’emploi. Donc, c’est un peu différent de l’insertion qu’on a pu voir à Villeurbanne, puisque là, en fait, l’idée, c’est de prendre aussi des personnes qui sont éloignées de l’emploi, mais en leur offrant une formation. Vraiment dans un domaine qui leur parlerait, donc pour le coup, la couture, avec à la clé un CDI dans l’entreprise derrière pour qu’ils restent en fait employés s’ils le souhaitent aussi longtemps qu’ils veulent. 

  

Victor : Alors qu’à Villeurbanne, le but, c’est qu’ils trouvent un autre emploi derrière, c’est ça ? 

  

Anne-Charlotte : Exactement. C’est vraiment, à Villeurbanne, il y a vraiment un côté redonner confiance en une personne. Il y a des personnes qui vont être du coup dans le domaine de la couture pendant un an, mais ils ne vont pas faire de la couture après forcément. C’est vraiment leur permettre, il y a vraiment des moments dans l’atelier de couture où c’est eux qui vont se mettre à créer leur propre création en tissu, etc. y a beaucoup moins une question de rentabilité pour eux, il y a vraiment un besoin de redonner un cadre à une personne. Donc ça passe aussi par des horaires de bureau, avoir une hiérarchie, savoir respecter des règles, etc. qui passent. Il y a beaucoup plus de choses envers la couture ou la menuiserie ou les espaces verts. Mais voilà, l’idée, c’est de pouvoir après donner toutes les cartes en main à la personne pour pouvoir aller chercher de l’emploi, toujours accompagné par la structure. Ils ne sont pas lâchés du jour au lendemain d’or, mais voilà, c’est vraiment un accompagnement pour trouver un emploi. 

  

Victor : C’est top ça. Qui c’est qui finance ça ? C’est né comment ? 

  

Anne-Charlotte : Alors, ils ont plusieurs aides. Souvent, pour le coup, à Lyon, il y a la métropole. Mais qui aide financièrement, c’est l’assaut tremplin pour le coup. Là, j’avoue que je ne connais pas toutes les subventions qu’ils ont, mais après, voilà, il y a aussi ils ont ils ont un financement aussi par le biais d’entreprises comme nous qui décidons de travailler avec eux. Donc voilà. Et puis après, ils ont plusieurs trucs qu’ils mettent en place. Ils ont aussi une petite boutique des produits qu’ils créent et qu’ils revendent. Voilà. 

  

Victor : Il y a trois ateliers avec. Des spécificités, des publics de travailleurs un peu différents. Est-ce que c’est des choses que vous prenez en compte dans les travaux que vous donnez à ces entreprises ? Est ce qu’il y en a qui vont être plus adaptés pour faire un produit en particulier ? 

  

Anne-Charlotte : Alors oui, on est en soi, ils sont en capacité. Je veux dire, c’est des gens qu’on a formés, donc la couture, ils maîtrisent, ils savent faire. La différence, c’est que c’est des ateliers qui ne fonctionnent pas tous de la même manière. Ils ne sont pas tous équipés de la même manière. Ils n’ont pas tous le même le même nombre de couturiers et de couturières, donc ils ne peuvent pas produire la même chose et on est à leur écoute. C’est à dire que typiquement, voilà, je sais que Villeurbanne, ils ont, ils avaient beaucoup de problématiques pour la pose des boutons pression, étant donné qu’on a quand même pas mal de produits qui faisaient des boutons pression. On leur a proposé soit de s’arrêter. À la fabrication et qu’on faisait poser les boutons ailleurs, soit de ne plus faire ces produits et de faire les autres, etc. Donc on est vraiment dans une dans une bonne intelligence. On essaye, on essaye de les écouter, de travailler en conséquence. Et puis parfois, il y a des manques de place. On ne peut simplement pas installer dans les ateliers de Villeurbanne une machine pneumatique. Ça prendrait peut-être trop de place, alors que dans nos autres ateliers, on a plus de place. Donc on peut, on peut continuer à les équiper. On peut continuer à développer certaines manières de production. 

  

Laetitia : Et puis, on calcule aussi notre production et puis ce que l’on va demander comme quantité de produits. On l’adapte en fonction de chaque atelier, du nombre de couturiers qui est couturière qu’il y a, des problématiques qu’ils peuvent avoir. On adapte vraiment notre production en fonction de chacun. 

  

Anne-Charlotte : Oui, c’est important de faire. C’est vrai que contrairement à d’autres, dans d’autres manières de fabriquer, nous, on a vraiment le souhait, un maximum de, de pouvoir programmer un peu à l’avance la production tout simplement pour pas mettre en situation de stress ces personnes puisqu’on est quand même dans des ateliers de solidaires qui ont un bien-être aussi à avoir. Et en fait, nous, on pense que travailler sous la pression d’il me faut absolument tant de produits pour telle date alors que ce n’est pas forcément faisable ou ce n’est pas bon, ça ne fait pas des bonnes choses. Donc, je ne dis pas que ça ne nous arrive jamais de dire s’il vous plaît, si vous y arrivez, ça serait génial. Mais voilà, c’est toujours, on essaie toujours d’avoir de la bienveillance quand on fait la fabrication de nos produits. 

  

Victor : Là, on a abordé les modalités de comment sont fait ces produits dans ces ateliers de solidaires. On va peut-être parler un peu de la logique derrière, en fait. Pourquoi vous fabriquez les ateliers de solidaires ? Comment c’est venu au début ? Est-ce que c’était une volonté de début ou c’est venu progressivement ? Comment ça s’est fait ? 

  

Anne-Charlotte : En fait, moi, dans mon travail avant, j’ai eu l’opportunité de travailler avec des ateliers solidaires. Donc, c’est vrai que quand on a commencé à penser à notre projet, j’en ai parlé à Laetitia et comme on voulait un produit avec pas mal de valeurs qui nous tenait à cœur, ça nous a semblé assez évident de nous tourner vers ce genre d’atelier. Donc, voilà, on a mis un pied dedans, on a rencontré ceux que j’avais déjà rencontrés qui nous ont aussi parlé des autres qui existaient. Donc, on a fait un petit tour de plusieurs ateliers différents. Et c’est comme ça qu’on a eu la chance d’en rencontrer. Et voilà, il y en a avec qui les produits étaient peut-être trop compliqués, donc on n’est pas parti avec eux. D’autres avec qui ça a plu direct, ils avaient de la place pour notre production aussi. Donc, c’est comme ça que ça s’est un peu mis en place. 

  

Laetitia : Et on avait vraiment à cœur de mettre une dimension humaine dans la création de nos accessoires de vélo. L’idée, c’était de faire des accessoires de vélo. Faire des accessoires de vélo. Français, ça, c’était une évidence pour nous. Mais on voulait qu’il y ait plus que ça. On voulait vraiment ce côté humain. Et avec ces ateliers-là, ce ne sont pas juste des ateliers qui produisent nos accessoires. Nous, à chaque fois qu’on y va, on est super contentes de les voir chacun, de leur poser des questions, comment ils vont, de suivre leur parcours. Voilà. Ça rajoute vraiment ce côté humain qui fait que l’aventure Suzon&Suzette est chouette. 

  

Victor : Vous êtes finalement aussi une entreprise à mission. 

  

Laetitia : Je ne sais pas. En tout cas, ce qui est chouette, c’est qu’on avait des valeurs et on a réussi à construire quelque chose en phase avec ces valeurs. Et c’est un peu le message qu’on veut faire passer. On a plein de messages dans Suzon&Suzette. On a plein de revendications. Mais le message qu’on veut faire passer, c’est qu’on a plein de revendications. Mais le message qu’on veut faire passer, c’est qu’on peut proposer une autre manière de consommer et on peut avoir une vision d’une économie différente. C’est-à-dire qu’on peut aujourd’hui être une entreprise rentable en faisant de la fabrication 100% française et en faisant aussi de la fabrication 100% solidaire. Bien sûr qu’on n’a pas les taux de rentabilité comme d’autres entreprises, c’est évident. Mais on peut quand même… C’est des choix, mais c’est vraiment de dire aussi aux jeunes entrepreneurs qui veulent se lancer et qui se disent « ça ne sert à rien, je ne serai pas rentable si je pars là-dessus ». Non, en fait, on peut y arriver. On peut vraiment avoir une autre manière d’envisager l’économie aujourd’hui et ça, c’est vraiment important. En respectant les autres, en respectant l’humain et en mettant surtout… Vraiment au cœur de l’aventure, l’humain, justement. C’est possible. 

  

Victor : Oui, et en plus, à l’heure actuelle, vous en vivez, en fait, de cette aventure ? 

  

Laetitia : Oui, alors on a mis du temps à sortir un salaire, quand même. Mais pour ça, de toute façon, je pense que c’est comme n’importe quelle entreprise, on ne sort pas des salaires au bout de trois mois. Mais oui, maintenant, on se verse des salaires. Donc, oui, c’est… Et puis, voilà. L’entreprise, aujourd’hui, elle n’a que trois ans, mais on a quand même… Parce que comme on a pu le dire dans l’épisode précédent, on a eu quand même une belle… On a aujourd’hui une belle dimension, quoi. Enfin, on a parcouru un chemin dont on peut être fier aujourd’hui. 

  

Victor :  Je souhaitais aussi aborder le côté environnemental, puisque vos produits sont éco-responsables. Pour moi, en fait, c’est lié. Je ne fais pas un grand mélange de solidarité, insertion, environnement. En fait, c’est le GIEC qui le dit, qu’il n’y aura pas de transition écologique sans justice sociale. La lutte contre le dérivant climatique passe aussi par une refonte de notre rapport à autrui et au monde, etc. Et donc, pour moi, c’est juste pour préciser que c’est très lié. Et donc, voilà. Donc, dans vos matières premières, méthodes de fabrication, livraison, etc., vous avez choisi une démarche éco-responsable. Ça consiste en quoi, concrètement ? 

  

Laetitia : Notre démarche éco-responsable, elle est à plein de niveaux différents, en fait, parce que c’est un état d’esprit. Par exemple, typiquement, nous, l’aventure Suison Suzette est née avec les manchons pour vélo, pour avoir les mains au chaud et au sec. Et bien, à partir de ce premier produit, en fait, on a… On a rencontré beaucoup de succès avec ce produit, qu’on était hyper contentes. Et bien, on a décidé que tous les autres accessoires qu’on allait faire, on allait les concevoir, les imaginer à partir des chutes de tissu de ce premier produit. C’est-à-dire qu’on aurait pu créer notre deuxième accessoire en réutilisant de nouveaux tissus, etc. Et donc, ça, ça a été une démarche… Voilà. Donc, les chutes de tissu de nos manchons vélo nous servent à faire nos couvre-celles imperméables à sortie. Les chutes de nos couvre-selles… Nous servent à faire nos attaches jupettes pour que les femmes puissent pédaler en jupe ou en robe. Mais aussi nos cacherelles pour les adultes et les enfants pour avoir les oreilles au chaud. Voilà. Donc, c’est vraiment cette idée-là, déjà, d’être vraiment dans cette démarche zéro déchet. Ensuite, quand on arrive avec des tout petits bouts de chutes, on va les donner à nos ateliers qui vont faire du rembourrage de coussins, par exemple. Après… Oui, bien sûr que pour tous nos magasins sur Lyon, on favorise la livraison à vélo. Voilà, ça nous paraissait être une évidence. On utilise des tissus qui sont labellisés OECO-TEX. Donc, pour juste préciser, OECO-TEX, c’est un label, en fait, de qualité qui est donné à des tissus, enfin, des textiles, des cuirs, etc. Et en fait, c’est un label qui garantit l’absence… d’utilisation de produits toxiques. Donc, la certification OECO-TEX, ça garantit le fait qu’il n’y ait pas de substances nocives, de produits chimiques utilisés pour les tissus. Voilà. Donc, en fait, il y a plein de… Pareil, on a fait le choix d’utiliser zéro emballage plastique pour nos produits. Certains magasins ont pu nous dire, ben ouais, ils arrivent comme ça. Ben, c’est un choix, en fait. Donc, nos produits… Il y a juste une étiquette papier pour, évidemment, expliquer le produit, d’où il vient, etc. Mais il n’y a pas d’emballage plastique. Enfin, c’est toute une démarche sur, du coup, plein d’aspects, quoi. 

  

Victor : Et est-ce que, aussi, en termes de… Pour allonger la durée de vie du produit, est-ce que vous acceptez les retours, enfin, des retouches, si jamais quelque chose s’est déchiré ou des choses comme ça ? 

  

Laetitia : Ah ben oui, mais alors, pour le coup, on a de la chance et qu’on a vraiment…rarement eu de problème. On a eu des problèmes sur nos produits. Après, nos produits, c’est pareil. On les a imaginés pour qu’ils durent dans le temps. Quand vous achetez votre paire de manchons, c’est pas pour qu’elles fassent qu’une seule saison. C’est vraiment pour que ça dure dans le temps. Donc, ben, nous, on a toujours nos manchons qu’on s’est créés avant de créer la boîte, il y a trois ans et demi. Donc, ils sont toujours sur nos vélos et ils tiennent très bien. Et nos manchons passent à la machine pour pouvoir être lavés. Donc, enfin… L’idée, c’est de vraiment faire des produits qui soient durables, quoi. 

  

Victor : Ouais, effectivement, parce qu’à l’heure un peu de la fast fashion, le produit le plus éco-responsable, c’est finalement celui qui va durer dans le temps et qu’on n’aura pas besoin de remplacer, quoi. 

  

Laetitia : Et ben ouais, et puis, par exemple, notre couvre-selle, on a fait un système, justement, de cordon pour que, ben, si vous changez de vélo, vous passez d’une petite selle à une grande selle, et ben, ils puissent s’adapter à toutes les selles. Et que vous soyez… Enfin, voilà. Donc, l’idée, c’est aussi, on pense les produits vraiment pour que… Le manchon bébé de Barnabé qu’on a créé, c’est un manchon pour tous les enfants sur les sièges vélo, donc type Amax, Tulle, etc. Mais c’est un manchon qui est pas que pour… Qui marche aussi pour toutes les poussettes. Qui marche aussi pour tous les enfants dans les carrioles. L’idée aussi, c’est d’avoir un produit qui puisse avoir plein d’utilisations différentes. Ben, voilà. L’idée, c’est vraiment que ça puisse durer dans le temps, que ça puisse avoir plein d’utilisations différentes, quoi. Pour éviter de surconsommer. 

  

Victor :  Et en termes de… Traçabilité, de sourcing, etc. aussi, vous accordez une importance aux matériaux de base, d’où il vient, comment il est fait, etc. 

  

Laetitia : Eh ben, oui, oui. Pour le coup, on demande les certifications au Ecotex. On les demande. Enfin, on se contente pas juste d’avoir… Oui, oui, nos tissus sont labellisés au Ecotex. On a les certificats, on les a demandés. Et puis, ça, c’est plus Anne-Charlotte, hein, qui, elle, est plus dans tout ce qui est côté couture, gestion des ateliers, mais elle source vraiment pour… pour essayer de trouver à chaque fois, eh ben, le plus près possible, quoi. 

  

Victor : Et d’ailleurs, on parlait de France dans un autre épisode. Les matières premières viennent aussi de France, en fait ? 

  

Laetitia : Alors, non, les matières premières, le tissu ne vient pas de France. Le coton enduit ne vient pas de France, parce que malheureusement, on n’a pas des champs de coton en France. Donc, on est… Non, mais on est obligés de faire face à une réalité. Après, c’est pareil. Dans cette démarche-là, nous, l’idée, c’est toujours essayer de s’améliorer, d’être… On ne sera jamais… Enfin, de toutes les manières, il faut se dire qu’aujourd’hui, on vit dans le monde tel qu’il est et on ne sera jamais parfait. Personne ne pourra être parfait de A à Z. Ce n’est pas possible. Après, on essaie toujours de s’améliorer. La semaine dernière, par exemple, Anne-Charlotte s’est mise en tête d’essayer de pouvoir faire, vu qu’on est sur du coton enduit, de pouvoir enduire le coton en France. Voilà. Donc, on va quand même loin, hein, dans notre volonté, justement, d’essayer d’être vertueux. Nos boutons de pression pour nos manchons, c’est une entreprise qui est en face de la nôtre, quoi. C’est-à-dire qu’on se voit de la fenêtre. Enfin, on essaie… Nos étiquettes papier-produit, c’est une autre entreprise solidaire qui… Dont on n’a pas parlé, d’ailleurs, mais en fait, on travaille avec quatre entreprises solidaires. C’est une autre entreprise solidaire qui fabrique nos étiquettes et qui est en France. Donc, on essaie vraiment d’être… Mais évidemment, le coton, aujourd’hui, c’est compliqué. 

  

Anne-Charlotte : Mais on a quand même une volonté, déjà, de base, c’est d’avoir toutes nos entreprises, tous nos fournisseurs qui soient basés en France. C’est-à-dire qu’on pourrait faire le choix aussi d’aller prendre un fournisseur qui soit dans un autre pays et que le tissu vienne encore d’un autre pays. Nous, on a quand même cette volonté, déjà, de faire marcher l’économie française en travaillant avec des entreprises françaises. Et comme l’a dit Laetitia, il y a du sourcing qui sera compliqué à ramener en France. On essaie toujours de le faire au plus proche, quand même, de la France. Donc, voilà. Et quand on ne peut pas, on a des pistes. On essaie parfois de faire industrialiser des nouvelles pièces. On ne vous dit pas tout, mais parfois, voilà, on s’aperçoit qu’il y a des choses qui n’existent pas. On n’est pas en fabrication française ou européenne. Et on est en train de voir avec des plasturgiens, des choses comme ça, à voir si on ne peut pas créer des pièces chez nous, en France, sous quelles conditions, de telle manière. Donc, on est toujours en recherche de solutions. On ne s’arrête pas sur les acquis et on essaie de s’améliorer sur les points qui sont améliorés. Super. Écoutez, merci. Merci à toutes les deux. Merci à toi. 

  

Victor : Super. Écoutez, merci. Merci à toutes les deux. 

Anne-Charlotte et Laetitia : Merci à toi. 

co-fondateur du podcast et co-auteur du livre DEVENIR TRIATHLÈTE
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Podcasts, SwimRun, UltraRunner et Papa x 4 enfants je cours après le temps, mes passions et mes petits amours.