Dans cet épisode, nous recevons à nouveau l’Association Ride Your Future. Avec Marion Van Boekel nous découvrons les différences de pratique cycliste entre hommes et femmes, les freins spécifiques auxquels les femmes font face, et comment l’initiative « Elles en Selles » vise à réduire ces écarts en proposant des ateliers et des activités pour surmonter ces défis.
Bon épisode !
Pour contacter notre invitée, c’est par ici : https://be.linkedin.com/in/marion-van-boeckel-84524b150 !
Ce que vous apprendrez dans cet épisode :
- 00:01:36 – Introduction du programme Elles en Selles
- 00:01:52 – Différences de pratique du vélo entre hommes et femmes
- 00:04:35 – Objectifs du programme Elles en Selles
- 00:04:56 – Ateliers d’initiation
- 00:09:23 – Participation et affluence aux ateliers
- 00:10:13 – Comment attirer les participantes
- 00:11:15 – Importance des partenariats associatifs
- 00:12:57 – Motivation et soutien institutionnel et politique
- 00:14:31 – Facteurs sociétaux influençant la pratique du vélo pour les femmes
- 00:19:01 – Fancy Women Bike Ride et autres initiatives
Quelques citations pour vous mettre l’eau à la bouche !
« le fait de faire du vélo, par exemple, pour un homme, c’est considéré comme assez banal. Le fait qu’un homme ait une pratique sportive, c’est assez banal. Alors que pour une femme qui fait du vélo, on va trouver ça plus courageux. On va trouver qu’elle brave le danger… »
« l’Observatoire du vélo a publié des chiffres en 2023 qui démontraient qu’on était toujours à seulement 40% de femmes parmi les cyclistes bruxellois. Donc, l’inégalité se réduit tout doucement, mais on n’est pas encore à la parité. »
« Il y a aussi un enjeu de mettre les enfants à vélo… il y a de plus en plus de parents qui osent prendre leurs enfants, accompagner leurs enfants à l’école à vélo, mais c’est encore une très petite minorité, et donc il y a du travail dans ce domaine-là aussi. »
Grâce à Autoscript.fr, je vous propose de retrouver la transcription de notre échange.
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Ce podcast animé par Victor Blanchard est proposé par Bleen, et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique du Vélotaf.
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Victor : Bonjour Marion, tu es chargée de programme de l’association Ride Your Future qu’on a dans ce podcast, est-ce que tu peux te représenter brièvement et nous représenter un peu l’association Ride Your Future ?
Marion : Oui, bonjour, merci de m’accueillir, d’accueillir Ride Your Future de nouveau. Moi c’est Marion, je travaille pour l’ASBL Ride Your Future depuis trois ans. Je m’occupe notamment… du programme “Elles en selles” dont on va parler aujourd’hui. Et l’association Ride Your Future, en quelques mots, c’est une association de promotion du vélo. On travaille principalement à Bruxelles mais dans toute la Belgique. Et on a de multiples projets qui visent à encourager tout le monde à se mettre au vélo.
Victor : Et comme tu l’as dit aujourd’hui, on va donc parler d’un programme qui s’appelle Elles en selles et qui vise à favoriser la pratique du vélo pour les femmes. Et pour commencer, je voulais te demander… à l’heure actuelle, quelles sont les différences dans la pratique du vélo entre les hommes et les femmes ?
Marion : Déjà, il y a une étude qui est sortie en 2019 qui montrait une étude qui s’intitulait « Être une femme cycliste dans les rues de Bruxelles », étude réalisée par ProVélo, qui montrait qu’il y avait à l’époque seulement 36% de femmes cyclistes. Si je ne me trompe pas, parmi les cyclistes bruxellois, seulement 36% étaient des femmes. C’est-à-dire qu’il y avait une répartition de genre inégalitaire dans les utilisateurs du vélo bruxellois. Et l’étude identifiait notamment des facteurs qui entravent le fait que les femmes deviennent cyclistes. D’abord, il y a l’influence des constructions sociales. Donc le fait de faire du vélo, par exemple, pour un homme, c’est considéré comme assez banal. Le fait qu’un homme ait une pratique sportive, c’est assez banal. Alors que une femme qui fait du vélo, on va lui dire, on va prouver ça plus courageux. On va trouver qu’elle brave le danger, alors qu’il n’y a pas forcément de différence dans les trajets qu’elle prend. Il y a aussi le fait qu’il y a plus de normes sociétales qui vont faire que les femmes se sentent pas forcément à l’aise pour faire du vélo dans plein de petites choses pratiques du quotidien. Par exemple, on va attendre d’une femme qu’elle soit bien habillée. Et du coup, c’est un frein pour certaines. Il y a aussi un autre facteur important de frein dans la pratique du vélo. C’était la répartition inégalitaire des responsabilités et des charges dans le couple. Les femmes font plus de déplacements utilitaires pour aller chercher les enfants, pour aller faire les courses. C’est tous des déplacements qui nécessitent de pouvoir transporter ses enfants. Des choses avec soi. Et donc, il faut de l’espace. Sur un vélo, on n’a pas forcément toujours la possibilité de transporter tout ce qu’on souhaite. C’est possible, mais il faut avoir le vélo adapté. Et il y a une perception aussi plus accrue du danger chez les femmes du fait de l’éducation qu’on reçoit. On a plus tendance à éviter ce qui nous semble dangereux. Pour toutes ces raisons, il y a une minorité de femmes parmi les cyclistes bruxellois, même si c’est en train de… de se réduire très progressivement. Mais donc, il y a l’Observatoire du vélo qui a publié des chiffres en 2023 qui démontraient qu‘on était toujours à seulement 40% de femmes parmi les cyclistes bruxellois. Donc, l’inégalité se réduit tout doucement, mais on n’est pas encore à la parité.
Victor : Effectivement, ça fait quand même pas mal de freins et d’obstacles à la pratique du vélo par les femmes. Et donc, si j’ai bien compris, “Elles en Selles” vise à mettre en place… des mesures, des ateliers, etc. pour lever certains de ces freins. Sur quels leviers vous agissez, en fait ?
Marion : Oui, exactement. Donc, le but du programme, c’est vraiment de mettre quelques petits moyens, quelques petits encouragements à disposition des femmes qui ont envie de sauter le pas, mais d’être cyclistes au quotidien, ou qui le sont déjà, mais qui ne se sentent pas complètement à l’aise, et de les encourager dans cette pratique. Donc, ce qu’on propose, notamment, c’est des ateliers d’apprentissage vraiment de la base, de la base, de la mécanique. Donc, savoir quoi faire pour entretenir son vélo au quotidien. Il y a plein de gens qui roulent sur des vélos qui ne sont pas entretenus, et qui sont donc parfois un peu défectueux ou dangereux. Et je pense qu’en tant que femme, on a parfois peur de toucher à notre vélo, de se dire qu’on va essayer de réparer quelque chose nous-mêmes. Et donc, ces ateliers donnent vraiment… le B.A.B.A. pour savoir quoi faire pour entretenir son vélo correctement. Et aussi, savoir repérer quand il y a un problème. C’est très important de savoir, de voir quand tu as du jeu dans ton guidon, de sentir quand tu n’as pas du tout entretenu ta chaîne et de pouvoir repérer que tu commences à avoir de la rouille et que ça va être mauvais pour ton vélo. Donc voilà, toutes des petites choses comme ça, où il faut juste apprendre à faire un petit check de son vélo, en fait. Donc ça, c’est un des… un des ateliers qu’on propose. On propose aussi, depuis cette année, on vient de commencer des jeux à vélo. Donc nous, Ride Your Future, on travaille très, très fort sur le côté ludique du vélo. Essayer de rendre l’apprentissage hyper fun. Et donc, ces ateliers sont donnés par ma collègue monitrice Barbara, qui est une incroyable cycliste amateur qui s’est mise à la compétition. Elle a remporté le BXL Tour l’année dernière et donc, parmi son entourage, cycliste, elle avait beaucoup de femmes qui lui disaient qu’on devrait trouver des exercices, des workshops pour améliorer notre équilibre, pour rouler en peloton, dépasser efficacement, travailler des arrêts brusques et des choses comme ça. Et en fait, c’est tous des exercices qui peuvent aussi très fort servir dans les déplacements du quotidien. Et donc, on a adapté cette activité pour que ce soit une série de petits jeux vélo qui aident vraiment à… à super bien manier son vélo au quotidien, dans la circulation. Et puis, puisque chez Radio Futur, on est spécialisé dans le pump track et dans les pistes vélo, on propose aussi des initiations au pump track, donc des ateliers de découverte du pump track entre femmes. On est en petits groupes 5 à 10 pour tester le pump track. Et ce qui est vraiment très, très chouette dans ces ateliers d’initiation pump track entre femmes, c’est que c’est souvent un super outil pour donner confiance en soi, sur un vélo. Le pump track, c’est un peu impressionnant. T’es déjà venu sur la piste, c’est des grosses bosses et des grands virages. Et donc, à première vue, quand on voit la piste, on se dit… Moi, en tout cas, la première fois que je l’ai vu en tant que femme, je me suis dit pourquoi j’irais faire ça ? Ça a l’air un peu dangereux. Je ne suis pas une fan du sport urbain. Pourquoi tester ? Et en fait, c’est un super outil pour renforcer son équilibre et sa coordination. Surtout, une fois qu’on a roulé sur cette piste, on se dit que si on est capable de faire ça, on est capable de rouler à plein d’autres endroits qui nous semblent un peu compliqués ou dangereux, de capables de prendre des bosses, des nids de poules. Donc, c’est vraiment le retour qu’on a eu de beaucoup de participantes aussi qui ont testé l’année dernière, qu’elles ne pensaient pas du tout oser rouler sur cette piste. Et une fois qu’elles l’avaient fait, elles se sentaient beaucoup plus capables sur leur vélo.
Victor : Moi, je fais du vélo depuis que je suis petit, du VTT, etc. Je n’ai jamais vraiment eu peur, mais je comprends ce que tu dis. Que la première fois que tu vois un pump track, c’est quand même un petit peu impressionnant où tu peux monter, aller vraiment à la verticale dans les virages, etc. Mais après quelques tours, c’est vraiment super ludique. J’avais passé vraiment un bon moment. Et très physique, mine de rien. J’avais les cuisses détruites après une demi-heure sur ce truc.
Marion : Oui, effectivement. Après, le but des initiations est plus une découverte et une prise de confiance que de monter à l’horizontale sur des… des murs en bois et de se détruire les jambes. Mais effectivement, ça peut être extrêmement sportif comme activité.
Victor : Et donc, vous avez beaucoup de femmes qui viennent à ces ateliers? Vous avez pu en… Je ne sais pas comment on dit, sensibiliser, former combien depuis le début du programme ?
Marion : Donc, on a commencé le programme en 2021. Je n’ai plus en tête les chiffres de 2021 pour être honnête. Mais l’année dernière, on était à une soixantaine de femmes, tout atelier confondu. Ce qui marche le mieux, c’est les ateliers d’apprentissage de la base de la mécanique. C’est vraiment… C’est vraiment quelque chose, une activité qui est hyper demandée pour l’instant, parce que je pense qu’il y a énormément de gens qui se sont mis au vélo au cours des deux, trois dernières années et qui se rendent compte qu’ils ne sont pas… Enfin, qu’ils aimeraient en savoir plus pour entretenir leur vélo eux-mêmes. Mais on a aussi eu des initiations pump track l’année dernière qui étaient assez remplies et où il y avait une très belle dynamique avec les groupes.
Victor : Et comment vous faites pour attirer les femmes sur ces ateliers en termes de moyens de communication ?
Marion : On a vraiment divers types de moyens de communication. On essaye au maximum de mobiliser notre réseau, donc de faire savoir à des associations qui travaillent avec des femmes au quotidien, pas forcément pour leur faire faire du sport, juste pour leur donner des lieux de rencontres, de paroles, que voilà, il y a cette activité qui sont là à leur disposition. Toutes les activités sont gratuites et on peut aussi les organiser à la demande de certaines associations si elles viennent avec un groupe. Et on fait beaucoup de flyering. On fait beaucoup d’affichages. On passe aussi par des groupes de femmes cyclistes, par exemple, il y a le Casual Cycling Club, qui est un groupe, qui est une association super active à Bruxelles qui propose des rides de tous types et ils relayent beaucoup notre communication aussi parce que nos activités sont complémentaires. Donc voilà, on fait à la fois du réseautage et puis de la communication plus traditionnelle, affichage, flyering, etc.
Victor : Et concernant ces moyens de communication, tu as mentionné que vous travaillez aussi avec d’autres associations. C’est quelque chose qui est aussi revenu dans la discussion sur tout ce qui est parcours vélo. Cette importance de travailler en partenariat avec d’autres associations, c’est vraiment quelque chose qui est au cœur de votre stratégie aussi, j’ai l’impression.
Marion : Oui, complètement. Nous, on a envie que… déjà, je pense que c’est hyper intéressant de travailler avec d’autres assos aussi pour partager des expériences. Et puis, surtout faire attention de proposer des activités qui sont complémentaires et qui répondent vraiment à la demande du public. Donc par exemple, il y a Molenbike qui a un super programme qui s’appelle les hirondelles qui vise à apprendre aux femmes qui ne savent pas du tout rouler à vélo à faire du vélo. Ce serait dommage de proposer la même chose vu qu’en plus nos associations, nos locaux sont situés à 500 mètres l’un de l’autre. Mais par contre, voilà. Des activités complémentaires permettent au public qu’on vise, aux femmes visées, de faire à la fois de la mise en salle chez eux et d’autres activités avec nous. Et puis, pour nous, c’est hyper important de se mettre… que nos activités répondent à la demande d’autres acteurs sociaux et aux besoins du public. Donc on préfère aller vers eux et leur demander ce qu’ils souhaitent qu’on organise plutôt que de venir avec un programme élaboré dans notre coin en pensant que ça répond à un besoin sans avoir consulté le réseau associatif autour de nous.
Victor : Génial. Chouette approche. J’ai remarqué aussi quelque chose en préparant ce podcast. C’est que les ateliers que tu as évoqués, les ateliers mécaniques, les jeux à vélo pour gagner en aisance dans le pilotage, les initiations au pump track, ce sont, si je ne me trompe pas, des ateliers en non mixité réservés aux femmes. Pourquoi est-ce que c’est important ?
Marion : C’est important parce que c’est comme pour toutes les activités qui sont proposées en non mixité. On a besoin de pouvoir donner un espace aux femmes pour s’exprimer, pour poser leurs questions, un espace où elles se sentent safe et détendues pour parler de leurs connaissances. Moi, j’ai déjà participé à des ateliers mécaniques qui n’étaient pas en non mixité, où il y avait autant d’hommes que de femmes. Et c’est vrai qu’il y a quand même souvent, les hommes ont plus tendance à s’imposer dans la conversation ou à avoir, déjà pour certains, des compétences en mécanique et du coup à les mettre plus en avant. Et faire ces ateliers en non mixité permet vraiment à toutes les participantes de se sentir tranquilles pour poser leurs questions calmement et sans que personne leur coupe la parole, ce qui arrive parfois.
Victor : J’ai vu que vous aviez aussi le soutien de Bruxelles Mobilité, la Ville de Bruxelles. Donc, est-ce que tu sens une volonté au niveau politique, au niveau institutionnel, de développer cette pratique du vélo pour les femmes aussi ?
Marion : Oui, bien sûr. Bruxelles Mobilité nous soutient énormément dans cette démarche, la Ville de Bruxelles et la COCOF aussi. Je pense que les pouvoirs publics sont comme nous, ils ont vu le fait qu’il y avait inégalité. Il y a des sources qui le démontrent et donc, progressivement, on veut travailler tous ensemble à la réduire.
Victor : Et si on prend un peu de recul et de hauteur par rapport au programme, au niveau plus justement des institutions, au niveau sociétal, qu’est-ce qu’il faudrait mettre en place pour que les femmes se sentent plus compétentes à faire du vélo, en fait, qu’elles osent plus ?
Marion : On parlait en début du podcast des facteurs qui entravent le fait que les femmes deviennent cyclistes. Nous, on propose des workshops pour les aider à surmonter ces obstacles, mais c’est des petits pas, c’est des petites aides. Le changement fondamental dont on a besoin, c’est des changements au niveau de la répartition des tâches en général, que les femmes portent moins de charge mentale et moins de tâches liées au ménage. Je parle du ménage au sens large et des enfants, devoir assumer les enfants, les courses, ça leur permettrait de faire plus de déplacements à vélo et aussi simplement changer les regards, que le vélo soit plus perçu comme un sport d’hommes, un moyen de déplacement d’hommes, c’est bien sûr en train de changer. On a eu une championne du monde du cyclisme l’année dernière en Belgique. Il y a plein de choses qui font que ça bouge, on a une dynamique, je pense qu’on est dans une bonne voie. Il faut qu’il y ait moins de pression sociale pour que les femmes portent des charges qui les empêchent de faire du vélo, tout simplement, et changer un peu l’éducation aussi, et le fait qu’on a une perception plus forte du danger, qu’on s’impose moins dans l’espace public, que les femmes se sentent libres de circuler, d’exploiter l’espace public autant que les hommes, ça c’est vraiment des changements fondamentaux au niveau de l’éducation.
Victor : J’y pense. Un dernier pan du programme que j’ai trouvé sur le site, et que tu n’as pas encore vu, qui est les balades en famille, c’est quelque chose que vous faites toujours ?
Marion : Alors c’est quelque chose qu’on lance en fait cette année, j’en ai pas encore beaucoup parlé parce que ça arrivera plus tard dans l’année, mais donc ce sera la seule activité du programme qui ne sera pas en non-mixité, on veut pouvoir proposer des balades où les mères et les pères accompagnent ensemble leurs enfants. Il y a déjà plein d’autres associations qui le font aussi, mais c’était important pour nous que dans ce programme, il y ait une activité où les mères puissent intégrer leurs enfants si elles le souhaitent. Voilàet aller rouler avec eux. Dans le cadre du programme, on a une dernière activité à laquelle on participe, qu’on co-organise, dont je n’ai pas encore parlé, et c’est la Fancy Woman Bike Ride. Donc la Fancy Woman Bike Ride, c’est une grande balade féministe qui a lieu tous les ans lors de la Journée sans voiture, c’est une initiative qui a démarré en Turquie, et l’idée c’était vraiment de faire une grande balade avec plein de femmes, se montrer dans l’espace public, porter la tenue qu’on souhaite, donc il y a une dimension un peu festive à la balade. Il y a plein de femmes qui en profitent pour mettre une tenue super colorée, décorer leur vélo, venir avec leur mini-jupe et leur robe, voilà, c’est aussi pour montrer qu’on peut faire du vélo en s’habillant comme on veut, et on peut s’habiller comme on veut dans l’espace public. Et voilà, le but c’est de rouler toutes ensemble, les hommes sont les bienvenus, mais on les invite à plutôt se mettre à l’arrière du cortège, être là pour soutenir et pas occuper le devant de la scène. Et donc l’année dernière, on a organisé la première édition, on espérait avoir 50 participantes. On a été plus de 100, donc on était vraiment super contents de ce succès, et cette Fancy Women Bike Ride qui a lieu dans plein de villes dans le monde, elle a été très popularisée l’année dernière grâce au documentaire « Women Don’t Cycle » de Manon Brulard, que je vous recommande vraiment d’aller regarder. C’est un documentaire qui a été fait par Manon Brulard, qui a fait un voyage de Bruxelles à Tokyo à vélo, et qui a filmé plein de femmes qui se mettent au vélo dans différents pays et filmer des initiatives féministes partout dans le monde. Et donc ça aura lieu encore cette année, j’invite tout le monde à aller suivre le compte Instagram de la Fancy Women Bike Ride, et à participer si elles ont envie de faire une balade sympa et festive le jour de la journée sans voiture.
Victor : Super initiative, c’est pas le documentaire en plus, donc je vais m’empresser d’aller regarder ça. Et je repense juste à quelque chose que tu as dit avant sur le fait que les balades à vélo, permettaient aux femmes de venir avec leurs enfants. C’est vrai que parfois on n’y pense pas, mais en fait le fait d’avoir des enfants peut aussi être un frein à la pratique du vélo, non ?
Marion : Oui, quand tu as des enfants, c’est parfois plus compliqué de te libérer pour aller faire un workshop jeux à vélo par exemple, les samedis après-midi, et donc c’était pour ça qu’on voulait, on tenait absolument intégré dans le programme une activité qui permette de prendre les enfants avec, tout simplement. Et puis il y a aussi un enjeu de mettre les enfants à vélo, c’est-à-dire qu’il y a des enfants à vélo à Bruxelles, il y a de plus en plus de parents qui osent prendre leurs enfants, accompagner leurs enfants à l’école à vélo, mais bon c’est encore une très petite minorité, et donc il y a du travail dans ce domaine-là aussi.
Victor : Et donc je reviens sur la Fancy Women Bike Ride, il y aura une seconde édition donc à la prochaine Journée Sans Voiture ?
Marion : Oui, tout à fait, on est en train de la construire. On va peut-être changer le nom, parce que cette année, la Fancy Women Bike Ride qui avait lieu en Turquie, les organisatrices internationales ont décidé qu’elles arrêteraient d’organiser à l’international, de coordonner tout le monde, donc chaque ville est libre de faire ce qu’elle veut, du coup on va peut-être la renommer Brussels Women Bike Ride, on n’est pas encore certaine, mais voilà, si jamais ça vous intéresse de participer, n’hésitez pas à suivre nos réseaux, notre site internet, et surtout le compte Instagram Fancy Women Bike Ride. On donnera toutes les infos là-dessus très bientôt.
Victor : Ok, super, bah écoute, ça fait une chouette conclusion pour cet épisode de podcast, je trouve. Merci beaucoup Marion d’être venue dans Vélotaff.
Marion : Merci, merci à toi.