#45 – Changer de vie et faire le choix du Made in France, avec ses défis et ses bénéfices.

Plongez dans l’univers de Laetitia et Anne-Charlotte, les fondatrices de Suzon et Suzette, une marque d’accessoires de vélo 100% Made in France. Elles partagent avec nous leur parcours entrepreneurial, leur vision du cyclisme urbain et leur engagement en faveur d’une production locale et responsable.

Écoutez dès maintenant pour découvrir les défis, les opportunités et les valeurs qui animent Suzon et Suzette dans cette aventure du Made in France dans l’industrie du vélo !

Bon épisode !

Pour contacter nos invitées, c’est par ici : https://www.linkedin.com/in/laetitia-cros-%F0%9F%9A%B2-9421b826 et https://www.linkedin.com/in/anne-charlotte-peridon-1a6544160 !

Ce que vous apprendrez dans cet épisode :

  1. 00:00:53 – Présentation de Suzon et Suzette et leur Mission
  2. 00:01:42 – La Réflexion derrière le Concept
  3. 00:03:24 – Explication du Produit : Les Manchons
  4. 00:04:27 – La Fabrication Française et ses Raisons
  5. 00:05:39 – La Recherche des Compétences Locales
  6. 00:06:53 – La Complexité de Fabriquer en France
  7. 00:07:26 – Le Défi du Prix et de la marge
  8. 00:10:20 – Le Marché du Vélo et la Production à l’Étranger
  9. 00:11:54 – Les Avantages de Produire en France
  10. 00:13:31 – La Démographie dans les Ateliers de Couture
  11. 00:14:26 – L’Impact du Label « Made in France »
  12. 00:15:41 – La Distribution des Produits en Magasins
  13. 00:16:29 – L’Expérience avec les Enseignes Majeures
  14. 00:18:31 – Les Défis et Opportunités du Made in France
  15. 00:20:47 – Autres Aspects Positifs du Made in France

Restez connectés au podcast Vélotaf, la suite de notre conversation avec Suzon et Suzette revient dans quelques semaines. A la semaine prochaine pour un(e) nouvel(le) invité(e) !

Quelques citations pour vous mettre l’eau à la bouche !

« On fait du vélo pour le sentiment de liberté incroyable qu’on ressent quand on est dessus. Mais aussi pour des raisons écologiques. Et en fait on trouve ça aberrant en fait aujourd’hui de continuer à fabriquer. Que ce soit les accessoires de vélo ou de manière plus générale les produits à des milliers de kilomètres. »

« Faire du made in France c’est très bien. Mais il faut que derrière on puisse vendre des produits et pour vendre des produits il faut que le prix reste quand même accessible au plus grand nombre. Donc c’est vraiment un défi qu’on a décidé de relever. »

Grâce à ⁠⁠Autoscript.fr⁠⁠, je vous propose de retrouver la transcription de notre échange.

Ce podcast animé par ⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠Victor Blanchard⁠⁠⁠⁠⁠⁠⁠ est proposé par Bleen, et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique du Vélotaf.

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Victor : Bonjour Laetitia, bonjour Anne-Charlotte. Vous avez fondé Suzon et Suzette, une marque d’accessoires de vélo, notamment orientée Vélotaf. Et cette marque, elle a la particularité de fabriquer ses produits en France. Donc c’est ça dont on va parler aujourd’hui. Et pour commencer, est-ce que vous pouvez peut-être vous présenter toutes les deux ? Qui est Suzon ? Qui est Blin ? Et présenter un petit peu la marque ? 

  

Anne-Charlotte : Eh bien oui, moi je suis Suzon.  

Et moi Suzette.  

Anne-Charlotte : Je suis Anne-Charlotte Péridéon et je suis cofondatrice de la marque Suzon et Suzette avec Laetitia.  

Laetitia : Et on a créé du coup notre entreprise Suzon et Suzette il y a trois ans maintenant. Un petit peu comme beaucoup de personnes pendant le confinement, on s’est posées. Et puis on a décidé de changer de vie et de créer du coup une entreprise. Proposant des accessoires de vélo français. 

  

Victor :  D’où est partie un peu la réflexion ? Comment vous en êtes venu à vous dire que vous alliez créer ça ? 

  

Anne-Charlotte : Eh bien du coup c’est venu en fait de notre quotidien. C’est-à-dire que toutes les deux on est cycliste et maman. Et tout a démarré en fait avec un trajet un peu plus long pour ma part qui était nouveau pour aller au travail. Et j’ai vraiment eu froid cet hiver à mes petites mains malgré les équipements que j’avais pu trouver sur le marché. Et étant donné que je couds un peu, j’ai découvert qu’il y avait des choses qui s’appelaient des manchons a priori. Donc voilà et donc j’ai cousu les premiers manchons de vélo moi-même. Ça a plu et on nous en a demandé un peu dans notre entourage. Et voilà l’idée est un peu venue comme ça en se disant en fait c’est complètement aberrant. Qu’aujourd’hui il y ait si peu d’équipements qui répondent à des problématiques réelles de cycliste. Qu’ils soient pas français en tout cas avec nos valeurs. Et qu’ils soient pas en plus très fun non plus parce qu’aujourd’hui dans le milieu du vélo. Tout est un petit peu tristoun, tout est noir, gris et donc voilà.  

 

Laetitia : Et donc c’est comme ça qu’on a voulu créer les premiers manchons français. Et dans des motifs fun et colorés et qui répondait vraiment à notre besoin. Enfin nous malgré des gants en fait. On avait les mains gelées sur nos vélos. On arrivait en réunion avec les doigts congelés quoi. Et une fois qu’on a adopté les manchons. En fait on les a plus quittés de l’hiver. Parce que c’est vraiment une protection hyper efficace contre le vent, le froid et la pluie. 

  

Victor : Effectivement en tant que cycliste j’ai encore jamais trouvé de gants qui me permettait de pas finir les sorties hivernales. Alors juste pour que tout le monde comprenne bien. Est-ce que vous pouvez expliquer un peu le principe des manchons en fait ? 

  

Laetitia : Et bah ce sont en fait comme des gros gants que vous venez mettre sur votre guidon. Et clipser sur votre guidon. Et vous n’avez plus qu’ensuite à mettre vos mains à l’intérieur. Donc c’est suffisamment large pour avoir vraiment pouvoir passer ses vitesses. Appuyer sur le frein etc. Nous nos manchons donc on est sur un coton en gel extérieur pour que ce soit totalement imperméable. C’est pas déperlant hein. C’est vraiment imperméable. Et puis parce que justement on se sert de nos expériences de cycliste. On a créé en fait. On a innové en créant deux formes de manchons. Pour que ça s’adapte bien. Parfaitement aux formes des guidons. Donc on a créé le modèle Léon pour tous les guidons droits type VTT. Et puis on a créé une autre forme qui est plus courbée. Pour les guidons type bicyclette. Donc c’est le modèle Suzon. Et voilà donc c’est simplement ces grosses mouffes que vous venez fixer sur votre guidon. Pour avoir les mains au chaud et au sec. 

  

Victor :  Et alors tu l’as mentionné. Vous fabriquez ça en France. Oui exactement. C’est quelque chose qui est assez à la mode. Mais en fait c’est quoi la logique derrière ? Pourquoi fabriquer en France finalement ? 

  

Laetitia : Pourquoi fabriquer en France ? Parce que en fait nous on a quand même voulu mettre fin à une contradiction. C’est qu’on fait du vélo pour le sentiment de liberté incroyable qu’on ressent quand on est dessus. Mais aussi pour des raisons écologiques. Et en fait on trouve ça aberrant en fait aujourd’hui de continuer à fabriquer. Que ce soit les accessoires de vélo ou de manière plus générale les produits à des milliers de kilomètres. Aujourd’hui les chiffres ils sont quand même assez alarmants. Vous avez 3% des vêtements seulement qui sont fabriqués en France. Donc il y a un vrai enjeu quand même économique et environnemental à fabriquer les produits dont tu as besoin dans notre propre pays. A relocaliser en fait l’industrie. Et puis après on a voulu aussi fabriquer en France parce qu’on est toutes les deux lyonnaises. L’industrie du textile, la couture c’est quelque chose. C’est un vrai savoir-faire aussi à Lyon. Donc on voulait mettre en valeur des ateliers de couture français. 

  

Victor : Super choix de démarche. Tu as mentionné effectivement qu’il y a un savoir-faire à Lyon. C’était un peu la question que je me posais. Est-ce que ça a été difficile ou pas de trouver les compétences sur le territoire français ? Parce que comme tu l’as dit il n’y a que 3% des vêtements qu’on porte qui sont fabriqués en France. Donc est-ce que finalement on a les compétences, les capacités de production, les moyens de production, les usines etc. Est-ce qu’il y en a beaucoup en France qui permettent de faire ça ? 

  

Laetitia : Alors c’était difficile parce que nous en plus de vouloir de l’artisanat français, on a voulu de la fabrication solidaire. Donc on s’est rajouté des contraintes en plus dans notre production. Donc il fallait réussir à trouver des ateliers de couture solidaire français. Donc ça a été clairement un vrai challenge pour toutes les deux. Surtout qu’en plus on ne faisait pas du tout ça avant. On n’a jamais été dans le milieu de la couture, du commerce etc. Donc on devait apprendre tout par nous-mêmes. Donc oui ça a été compliqué mais on a réussi. Et au final on se rend compte qu’il y a quand même pas mal d’ateliers de couture solidaire en France. Beaucoup plus qu’on ne le pensait. Donc voilà, on a réussi quand même à trouver ses partenaires.  

  

Victor : Et ça se passe comment en fait ? Sur internet on tape ateliers de couture, on va voir, on dit bonjour j’aimerais bien fabriquer ça. 

  

Laetitia : Alors à la base c’était… On avait entendu parler d’un… Non à la base c’était Anne-Charlotte qui travaillait pour la ville de Lyon et qui avait pu rencontrer lorsqu’elle faisait des travaux dans les écoles pour la ville de Lyon un atelier de fabrication solidaire. C’est comme ça qu’on a eu l’idée d’ailleurs et c’est comme ça qu’on a pu ensuite approcher un premier atelier puis ensuite un second, un troisième etc. 

  

Victor : Et alors quand on fabrique en France, la conception un peu je pense commune, la chose à laquelle on pense en premier abord c’est bah c’est cher, c’est compliqué. En France on a des normes sociales hyper exigeantes, les charges patronales sont très élevées. Est-ce que vous avez été confronté à ces défis ? Est-ce que vous vous êtes dit à un moment ça va être trop cher de faire en France ? 

  

Anne-Charlotte : Oui oui c’est pas simple de décider de faire fabriquer en France. C’est vraiment une réflexion qui est globale parce que faire du made in France c’est très bien. Mais il faut que derrière on puisse vendre des produits et pour vendre des produits il faut que le prix reste quand même accessible au plus grand nombre. Donc c’est vraiment un défi qu’on a décidé de relever. Après c’est pas infaisable puisque nous on a réussi aujourd’hui, on a quand même des produits qui sont très concurrentiels. On est très bien placé sur le marché du manchon typiquement. Quand on regarde qu’on est les seuls à faire du made in France et que les prix aujourd’hui sont entre 35 et 90 euros, nous nos produits on les vend à 55 euros. Donc c’est jouable, c’est faisable. Après voilà il y a des grandes réflexions c’est-à-dire que pour rendre un produit accessible et bien en fait dans la conception on essaye vraiment de réfléchir à sa fabrication, à comment on peut aller dans un produit efficace, technique mais en même temps en le simplifiant peut-être sur certaines parties. Il y a aussi toute la manière de penser, de concevoir alors qui est aussi écologique puisqu’on cherche toujours à partir sur du zéro déchet mais en faisant ça en fait on utilise un maximum de notre matière première. Donc en fait en ayant peu de pertes et en pensant à nos produits avec nos chutes de tissus comme on a pu le faire avec le couvre-sel ou l’attache-jupette, et bien on arrive aussi à économiser un peu d’argent aussi sur la conception, c’est ça. Et puis il y a aussi tout le côté après commercial c’est que clairement quand on fait du made in France on fait aussi le choix de marger moins que les autres mais marger juste en fait et les magasins l’entendent aussi. C’est-à-dire qu’ils savent qu’en achetant des produits made in France eux aussi ils vont marger moins.  

Laetitia : C’est un choix.  

Anne-Charlotte : C’est un peu le jeu, c’est un choix. On marche pour vivre mais en fait on est dans une société où on s’enrichit sûrement trop aussi quand on va faire produire ailleurs. Donc oui c’est jouable, après voilà c’est des choix et un défi tous les jours pour pouvoir sortir des produits au meilleur prix et au plus juste. 

  

Victor : Et donc le marché des accessoires de vélo tel que j’imagine que vous l’avez étudié un peu avant de vous lancer, c’est quoi la majorité des acteurs ? C’est des gens qui fabriquent, des marques qui fabriquent à l’étranger et qui marchent beaucoup en fait justement ? 

  

Laetitia : Oui la quasi-totalité des accessoires de vélo en France sont fabriqués à des milliers de kilomètres et en particulier en Chine. C’est aussi ce qui fait qu’on se distingue de la concurrence par justement cette proposition de produits 100% français. Après sur les conditions dans lesquelles sont faits ces accessoires de vélo fabriqués en Chine, c’est vrai que nous on a des gros doutes. C’est-à-dire qu’aujourd’hui les autres marques de vélo qui proposent des accessoires savent bien que le fait de ne pas faire français, de faire fabriquer en Chine, c’est pas forcément quelque chose qui est très entendable par tous aujourd’hui. Et donc dans leur communication, ils vont vous dire bah oui nous on fait fabriquer nos accessoires en Chine mais on sait quelles sont les conditions de travail des personnes qui les fabriquent, on est attentif à tout ça donc on est quand même bien quoi. Après voilà c’est un choix que font ces entreprises. Je ne suis pas sûre que ces entreprises vont sur place dans les ateliers régulièrement pour voir les conditions de travail des salariés. Mais en tout cas ils ont cette communication-là quoi. 

  

Victor : Parce que vous c’est vrai que c’est un des avantages. Vous pouvez vous rendre directement dans les ateliers, voir comment c’est produit et discuter avec les gens qui produisent en fait. 

  

Laetitia : Ah bah nous on est pratiquement toutes les semaines dans nos ateliers en fait. C’est vraiment un travail d’équipe avec les ateliers avec lesquels on travaille. Et c’est pour ça d’ailleurs qu’on a pris des ateliers qui sont juste à côté de chez nous quoi. Pour justement savoir comment c’est produit. Est-ce que les couturières et couturiers sont bien ? S’il n’y a pas de difficultés ? Et ça c’est vraiment important.  

Anne-Charlotte : Pour compléter, comme dit Laetitia, ce côté proche c’est qu’on est vraiment à l’écoute de ces ateliers. On est capable d’être réactif avec eux. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, typiquement tout au début quand on faisait la pose de nos boutons pression sur nos manchons, on avait des poses très manuelles. Et en fait en allant sur place on s’est rendu compte que ceux qui posaient les boutons, et bah en fait c’était pas possible. La production grandissait. Et que ça devenait beaucoup trop… Physique. Pas, facile pour eux quoi, physique. Et donc bah voilà, si on ne va pas sur place on ne se rend pas compte. Et les ateliers ne vont pas forcément le faire remonter. Donc c’est vraiment en allant sur place, en discutant qu’on s’en a aperçu. Et que du coup on a rebondi en achetant une machine pneumatique qui répondait à une problématique etc. Et c’est vraiment un plus dans la fabrication française et pour le coup qui est régionale, de pouvoir se rendre très régulièrement dans nos ateliers, pour être à l’écoute et voir les problématiques qui s’y passent. 

  

Victor : Ouais tout à fait, donc ça permet de concevoir les produits un peu main dans la main et de faire évoluer les processus de production au fur et à mesure quoi. Complètement. Est-ce que, donc tu as mentionné les couturiers français, moi je m’imagine, parce qu’en fait les personnes que j’ai vu coudre c’est mes grands-parents quoi, donc j’imagine que des vieux et des vieilles dans ces ateliers, est-ce qu’il y a un renouvellement, il y a des jeunes qui se forment à ces métiers en France ? 

  

Anne-Carlotte : Oui, alors nous on travaille avec des ateliers solidaires, donc c’est vrai que c’est un peu particulier, mais oui il y a des écoles de couturiers, et nous dans nos ateliers on a vraiment des âges différents, des femmes et des hommes, alors plus de femmes c’est vrai, mais on a quand même quelques hommes qui sont là, et oui la couture recrute d’ailleurs si je peux faire passer le message, nos ateliers cherchent souvent des couturiers, des couturières, pour travailler, donc il y a du travail. 

  

Victor : Alors maintenant toujours concernant le Made in France, à votre avis est-ce que ça joue beaucoup comme argument de vente, comme raison pour laquelle les gens achètent vos produits, par rapport par exemple à un produit équivalent par une autre marque fabriquée ailleurs ? 

 

Anne-Carlotte : Et bien oui oui complètement, c’est-à-dire qu’aujourd’hui il y a quand même, enfin il y a des chiffres qui parlent déjà d’eux-mêmes, c’est qu’il y a quand même deux personnes sur trois qui donnent de l’importance à la provenance des produits, on a 93% de personnes qui sont prêts à payer plus cher pour avoir un produit plus responsable, et nous on le voit bien, c’est-à-dire que les magasins partenaires qui nous suivent, s’ils décident de partir avec nous, c’est parce qu’on répond à cette chose qu’ils n’ont pas, des produits, des accessoires dans le milieu du vélo qui sont Made in France, donc oui, le fait que ça soit Made in France plaît, et ça plaît pour des raisons aussi simples, donc il y a le côté co-responsable c’est sûr, mais en France on a un savoir-faire qui est extraordinaire, et donc on a une qualité de produit qui plaît et qui parle aux gens. 

  

Victor : D’ailleurs tu as mentionné tous les magasins partenaires, vous commenciez c’est comment, vous les vendiez en ligne au début les produits, et puis petit à petit vous avez eu un réseau de magasins qui s’est mis à revendre ? 

  

Laetitia : au départ on y est allé avec nos manchons sous les bras, et notre courage, et on est allé frapper à la porte de chaque magasin pour essayer de convaincre justement sur l’utilité aujourd’hui de proposer des accessoires français à tous les cyclistes, et qu’ils soient aussi, et de casser un peu les codes de l’univers du vélo qui était comme disait Anne-Charlotte, très masculin, très bleu, très noir, etc., et en proposant vraiment des accessoires de vélo, colorés, qui s’adaptent à tout le monde, les hommes, les femmes, les enfants, mais au départ non, c’est comme ça, on allait toquer à la porte de chaque magasin, et on allait les démarcher un par un. 

  

Victor : Et alors plus de 1000 magasins partenaires il me semble aujourd’hui, vous avez été bien reçus ? 

  

Laetita : Non, 100 magasins aujourd’hui partout en France, non 1000 c’est quand même déjà… Ça fait que trois ans qu’on existe, c’est notre objectif, mais là on a une centaine de magasins déjà, donc c’est super qui revendent nos produits, alors beaucoup évidemment à Lyon, dans la région Rhône-Alpes, puisqu’on a des marchés à côté de chez nous évidemment, mais maintenant on a des magasins un peu partout en France, à Lille, à Strasbourg, à Paris, à Bordeaux, à Nantes, non on en a un peu partout, on a un magasin aussi maintenant à Bruxelles depuis la semaine dernière qui revend nos produits, donc c’est chouette, c’est vraiment chouette.  

Anne-Charlotte : Et ce qui a été vraiment chouette et qui nous a propulsés chez Suzon Suzette, c’est que les deux premiers, enfin parmi les premiers gros enseignes qui nous ont rapidement ouvert la porte, ça a été des Monoprix dans la région et des Décathlon, et ça, ça nous a fait passer de « viens on fait quelques paires de manchons pour nous » à « bah viens on quitte notre boulot et puis on va se lancer à 100% là-dedans ». 

  

Victor : Ok génial, oui j’avais demandé justement quel type de magasin, je ne savais pas que Décathlon vendait vos produits, ok. 

  

Laetitia : Ouais bah au bout de… On avait créé l’entreprise depuis trois mois, je crois, quand Décathlon, plusieurs Décathlon et Monoprix ont décidé de vendre nos produits, donc c’est vrai que ça a donné tout de suite une belle lancée à l’entreprise quoi.  

 

Anne-Charlotte : Ouais et aujourd’hui effectivement il y a toujours des Décathlon, on est super contentes depuis peu d’avoir le Vieux Campeur également, on est sur la plateforme de Nature & Découverte, et puis on a plein d’indépendants qui sont loin d’être ridicules, qui pèsent dans leur région aussi, comme Cycle Blain par exemple dans la région lyonnaise qui a quand même 9 magasins, donc on est très contentes de la tournure que prennent les choses et d’être de plus en plus dans de plus en plus de villes quoi, c’est vraiment chouette. 

  

Victor: Et donc à vous entendre en fait, produire en France ça a l’air pas si compliqué, on peut offrir des produits à des tarifs abordables, c’est hyper utile pour faire évoluer les produits, comprendre comment c’est fait etc, mais pourquoi il n’y a pas plus de marques qui le font finalement ? Peut-être des questions de marge comme vous l’avez mentionné plus tôt ? 

  

Anne-Charlotte : Bah oui clairement il y a une rentabilité qui rentre en compte, puis en fait ça demande vraiment une énergie particulière, en fait il y a quand même une manière de concevoir en France qui est assez complexe, c’est-à-dire qu’en France on a notre idée, et en fait c’est à nous de venir sourcer chaque partie du produit, et le sourcing quand on n’est pas du milieu c’est vraiment très compliqué, ça passe pas les ateliers mais ça passe par les tissus et toutes les matières dans lesquelles on a besoin pour concevoir son produit, donc tout ça demande une énergie et du temps, on peut aussi être confronté selon les produits qu’on fait à ne pas avoir le choix, c’est-à-dire qu’on n’a pas de produits qui existent en France, enfin de l’accessoire dont on a besoin, donc c’est devoir les sourcer en Europe, parfois plus loin, et de se dire à un moment donné, à côté de ça je vais quand même bosser sur comment le faire fabriquer en France, mais tout ça c’est une complexité énorme, généralement quand on va décider de faire fabriquer à l’étranger, on donne un peu un dessin et un type de produit qu’on veut, et là-bas il y a une personne qui s’occupe de tout, et qui arrive et qui fait des petits prototypes, et c’est un peu réglé, donc il y a une complexité qui fait que ça doit freiner, et puis comme on en parlait il y a la rentabilité aussi, c’est-à-dire qu’il faut accepter de marger moins, et du coup c’est sûr de gagner un peu moins, donc voilà, ça ne plaît pas à tout le monde, et puis voilà, je pense que c’est les raisons premières, c’est la difficulté à trouver les partenaires en France, comme disait Laetitia, il n’y a quand même que 3% de vêtements qui sont fabriqués en France, ça montre bien qu’il y a encore beaucoup d’industrialisation à refaire fonctionner, parce qu’il y a une époque où ça marchait quand même mieux en France, 

  

Victor : D’autres avantages ou défis ou opportunités avec le Made in France qu’on n’aurait pas mentionné, auxquels je n’ai pas pensé ? 

  

Anne-Charlotte : Le gros avantage, c’est que je vois en plus, tu en as peut-être un autre en tête aussi Laetitia, c’est ce côté que nous on n’a pas de problème avec la douane, qu’on est très réactif pour répondre aux demandes de magasins et de clients, on ne peut pas avoir nos colis bloqués sur le cargo en plein milieu de la mer. 

  

Victor : Pas d’aléas géopolitiques… 

 

Laetitia : Oui, et puis c’est vraiment nous, c’est vraiment cette proximité qu’on a avec nos ateliers qui fait que l’aventure Suison Suzette aussi, c’est une aventure qui est extrêmement humaine, le fait de pouvoir être tout le temps en lien avec nos ateliers, de suivre la production, d’échanger, des fois on échange chez les couturières elles-mêmes, qui nous disent « ah moi j’aurais plus fait ça sur votre manchon », ok, on teste, enfin, et ça, ouais, ça c’est, quand on fait fabriquer à des milliers de kilomètres, il n’y a pas cette proximité-là, c’est cet échange-là. 

  

Victoe : Ben écoutez, Anne-Charlotte, Laetitia, merci beaucoup. 

  

Anne-Charlotte : Merci à toi.  

Laetitia : De rien, merci. 

co-fondateur du podcast et co-auteur du livre DEVENIR TRIATHLÈTE
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Podcasts, SwimRun, UltraRunner et Papa x 4 enfants je cours après le temps, mes passions et mes petits amours.