Dans cet épisode Justine Peullemeulle et Marion Van Boekel nous parlent de Ride Your Future, une association qui favorise l’apprentissage et l’usage du vélo de manière ludique autour d’activités sportives, éducatives et sociales et encourage les initiatives citoyennes autour du vélo.
Toutes ces valeurs ne sont pas des valeurs qu’on associe instinctivement au vélo qui, pour beaucoup de monde est avant tout un moyen de déplacement et un sport.
Bon épisode !
Pour contacter nos invitées, c’est par ici : https://www.linkedin.com/in/justine-peullemeulle-5b6a00228 et https://be.linkedin.com/in/marion-van-boeckel-84524b150 !
Ce que vous apprendrez dans cet épisode :
- 00:00:53.50 – Présentation des Invitées et de l’Association Ride Your Future
- 00:01:33.40 – Justine Peullemeulle et Marion Van Boekel se Présentent
- 00:02:16.58 – Brief Histoire et Missions de Ride Your Future
- 00:04:38.32 – Présentation des Programmes de Ride Your Future
- 00:06:33.21 – Détails sur les Parcours Vélo par Ride Your Future
- 00:14:07.13 – Discussion sur les Disparités dans la Pratique du Vélo
- 00:14:30.71 – Infrastructure Urbaine Adaptée au Vélo et Impact des Parcours
- 00:17:35.73 – Facteurs d’Inégalité et Mobilité dans les Quatiers
- 00:19:52.73 – Rôle d’un Parcours de Pump Track dans l’Urbanisme
- 00:21:46.67 – Encouragement aux Communes d’Investir dans des Infrastructure Vélo
- 00:22:51.28 – Public Ciblé par les Parcours Vélo
Restez connectés au podcast Vélotaf, la suite de notre conversation avec Ride Your Future revient dans quelques semaines. A la semaine prochaine pour un(e) nouvel(le) invité(e) !
Quelques citations pour vous mettre l’eau à la bouche !
« Je pense que, en fait, le vélo est aussi un indicateur social très intéressant. »
« Les week-ends, les jours fériés et pendant les vacances scolaires, on prête des vélos gratuitement sur le BXL Pump Park. »
Grâce à Autoscript.fr, je vous propose de retrouver la transcription de notre échange.
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Ce podcast animé par Victor Blanchard est proposé par Bleen, et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique du Vélotaf.
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Victor : Bonjour Justine, bonjour Marion, vous êtes respectivement directrice de l’association Ride Your Future et chargée de programme dans cette association. Une asso qui favorise donc l’apprentissage et l’usage du vélo de manière ludique autour d’activités sportives, éducatives et sociales et encourage les initiatives citoyennes autour du vélo. Toutes ces valeurs et missions que je viens d’énoncer, l’éducation, le sport, renforcer le lien social, encourager les initiatives citoyennes ne sont pas des valeurs qu’on associe instinctivement au vélo qui, pour beaucoup de monde, c’est avant tout un moyen de déplacement et un sport. Et donc c’est pour ça que je suis très heureux de vous recevoir toutes les deux aujourd’hui dans Vélotaf. Est-ce que vous pouvez peut-être vous présenter rapidement et présenter l’association Ride Your Future plus en détail ?
Justine Peullemeulle : Ok, je vais commencer. Donc bonjour à toutes et tous, moi je suis donc Justine Peullemeulle et je travaille pour Ride Your Future depuis deux ans. Voilà, je suis co-directrice de cette association.
Marion Van Boeckel : Moi c’est Marion Van Boeckel, je travaille pour Ride Your Future depuis trois ans et je suis donc chargée de projet chez Ride Your Future et je m’occupe principalement des projets Elle en selle. Donc il y a un projet qui vise à mettre un maximum de femmes en selle et les convaincre de devenir cyclistes à Bruxelles. Et du projet du BXL Pump Park qui est donc le premier Pump Track de Bruxelles, mais je pense qu’on aura l’occasion de revenir sur c’est quoi un Pump Track.
Victor : Merci. Et un petit mot pour aussi décrire l’association, peut-être très brièvement son histoire et ses missions.
Justine Peullemeulle : Oui, donc Ride Your Future est né en 2020 de plusieurs acteurs, des magasins de vélo et puis aussi d’une société de construction de Pump Track qui s’appelle Vélo Solutions, qui est une société internationale et dont ils ont aussi une antenne en Belgique. Et l’association est née pour favoriser la pratique du vélo, mais d’une manière un peu particulière, c’est-à-dire en installant des parcours vélo fixes ou temporaires et en proposant du prêt de vélo et de casque et animer ces parcours-là. Donc l’idée était vraiment de pouvoir proposer aux habitants une expérience assez inédite, entre guillemets, de faire du vélo autrement. Et donc, en fait, on a deux types de parcours vélo, un parcours sportif autour de cette nouvelle discipline qui s’appelle le Pump Track, qui est de moins en moins nouvelle, mais voilà. Et donc, on va installer des Pump Track mobiles partout en Belgique et on anime le Bruxelles Pump Park, qui est donc le seul Pump Park de Bruxelles. Et qui est aussi le seul Pump Park où il y a une vraie animation. On reviendra dessus par la suite, mais voilà. Donc ça, c’est le premier type de parcours sportif. Et puis, on a un autre parcours qui s’appelle Vélomaster et qui mime les obstacles de la ville. Et donc, à travers ce parcours, on va permettre de faire monter en compétence les jeunes et les moins jeunes et surtout de faire en sorte que les gens puissent mieux maîtriser les obstacles de la ville dans la perspective, qu’ils soient plus à l’aise de rouler à vélo en ville. Donc ça, c’est notre principale activité, je dirais. Et à partir de là, on a décliné différents programmes. Il y a le programme Elle en selle. On a un programme qui s’appelle Vélomaster for School qui, comme son nom l’indique, en fait, on va dans les cours d’école et on va installer Vélomaster pour sensibiliser à la sécurité routière, mais encore une fois, par de la pratique. Donc, on a le programme Vélomaster for School. On a un programme qui s’appelle Repair and Ride. Et donc là, on va, en cinq ateliers, apporter suffisamment d’informations et de pratiques pour que les gens puissent être à l’aise, à mieux comprendre leur vélo, à l’entretenir et puis détecter les problèmes qu’ils ont sur leur vélo et voir s’ils peuvent s’en occuper tous seuls ou faire appel à un mécanicien. Voilà principalement nos trois programmes. Et avec nos parcours vélo, eh bien, en fait, on va s’installer de manière temporaire sur une journée, sur une semaine, sur un mois ou de manière plus, pas temporaire, mais plus permanent ou pérenne. Voilà. Comme avec le projet à Neder-Over-Hembeek de la piste rouge. On pourra en reparler par la suite. Et je termine avec quelques chiffres. Donc, Ride Your Future, chaque année, c’est plus de 10 000 personnes qui vont fréquenter le Bruxelles Pump Park, donc qui vont aller rouler sur la piste de Pump Track à Bruxelles. Donc ça, c’est, voilà, il y a 10 000 personnes qui viennent chaque année, en moyenne. On a, l’année dernière, c’est plus de 2200 élèves qu’on a pu former à Vélomaster dans le cadre du programme Vélomaster for School. Et puis, on est à une soixantaine de femmes qui ont pu bénéficier de nos activités l’année dernière, avec un pic où on a eu une centaine de femmes qui ont pu participer à la Fancy Women Bike Ride. On reviendra aussi sur cette expérience qui a été hyper positive pour les femmes et puis pour Ride Your Future aussi.
Victor : Merci beaucoup, Justine, pour cette présentation. Alors aujourd’hui… On va s’intéresser un peu plus particulièrement au parcours vélo. Donc, tu as évoqué un Pump Park, tu as évoqué Vélomaster. Est-ce que tu peux nous repréciser un peu les différences entre les deux ? Tu as expliqué que Vélomaster, c’était pour appréhender les obstacles en ville. Concrètement, en fait, quelle forme ça prend un parcours vélo ?
Justine Peullemeulle : Alors, un parcours vélo, le parcours Vélomaster, c’est une suite de modules qui vont mimer les obstacles de la ville. Alors, quel type de module ? Par exemple, un nid de poule, des virages serrés, larges. On a quoi d’autre ? On a des ponts, on a des marches, on a des bordures de trottoirs. Voilà, donc on essaye dans un espace sécurisé, donc fermé, de pouvoir apporter des éléments aussi de réalité et puis travailler avec des jeunes, des ados, mais aussi avec les adultes à savoir comment mieux maîtriser ces obstacles. Et donc, derrière, c’est aussi voir comment on utilise son vélo et son corps. Parce qu’en fait, souvent, beaucoup de gens savent faire du vélo, mais pas forcément de manière correcte, entre guillemets, pour pouvoir, par exemple, anticiper des accidents. À Bruxelles, je pense que l’infrastructure est de mieux en mieux, mais il y a encore quand même pas mal d’enjeux pour pouvoir favoriser les pistes cyclables. Et puis, juste de rouler en ville. Et donc, l’idée, c’est de pouvoir vraiment, en grandeur nature, je dirais, de pouvoir apporter suffisamment d’entraînement, un apprentissage ludique pour que les personnes se sentent plus à l’aise à faire face aux obstacles de la ville. Donc, c’est mieux maîtriser son vélo, mais c’est aussi faire attention à ce qu’il y a autour de soi. Donc, c’est ça. Donc, cette année, chez Ride Your Future, en plus de Vélomaster, on a aussi développé des jeux vélo et des jeux collectifs pour pouvoir savoir comment moi et mon vélo, je me positionne par rapport à d’autres personnes aussi. Donc, Vélomaster, en gros, ça prend… Nous, on les installe dans les cours d’école, sur des places publiques, dans des parcs. Et ça fonctionne très bien. Et en fait, ce qui est bien, c’est que Vélomaster est fait en bois aussi. Donc, c’est fait, en fait, pour rester des années. Voilà. Donc, moi, je pourrais peut-être donner deux exemples d’installations pérennes avec Vélomaster. Donc, vous allez pouvoir le retrouver, Vélomaster, au parc de la Porte de Ninove. Et donc, là, c’est pour la première fois, en fait, on a Bruxelles Environnement qui a acheté ce parcours. Donc, ce parcours est construit par la société Vélosolutions. Et donc, là, Bruxelles Environnement a fait le choix de pouvoir investir dans une nouvelle infrastructure, une infrastructure vélo qui est là tout au long de l’année. Et donc, nous, Ride Your Future, on va venir pour pouvoir animer ce parcours. Ça veut dire quoi, animer ? Ça veut dire qu’on va déjà prêter des vélos et des casques. Ça paraît anodin, mais prêter des vélos, c’est très important. Parce que, d’une part… D’une part… Soit les gens ne sont pas au courant déjà de ce parcours, donc ils viennent sans vélo. Donc, voilà, c’est déjà une première raison. Et puis, d’autre part, on a des personnes, on le voit très souvent, qui ont des vélos de très mauvaise qualité aussi, en très mauvais état plutôt. Et donc, ça leur permet aussi de pouvoir pratiquer cette piste avec des vélos qui sont corrects, qui sont de meilleure qualité, puisque nous, on assure une maintenance très régulière de nos vélos. Et donc, ça, c’est la première des choses quand on parle d’animation. En fait, de prêt de vélo. La deuxième chose, c’est qu’on va assurer la sécurité et on va donner des conseils. Au parc de la Porte de Ninove, on est dans un quartier où il y a très peu d’infrastructures vélo, où les habitants ne sont pas forcément habitués à faire du vélo aussi. Donc, on est là pour pouvoir conseiller. À 90%, ce sont des jeunes, des enfants et des jeunes. On a très peu d’adultes. Mais donc, voilà, par le jeu, par des petits conseils, on va amener les enfants et les jeunes à pouvoir être plus à l’aise en vélo. En plus, ils ont moins de réticences, ils ont moins de craintes. Donc, ils se lancent beaucoup plus rapidement. Donc, on peut faire de chouettes choses avec eux au parc de la Porte de Ninove. Et puis, on a Vélomaster sur la piste rouge. Donc, ça, c’est à Neder-Over-Hembeeck, dans le quartier qui s’appelle le quartier Versailles. Le parcours, c’est un parcours qui s’appelle Versailles. Le parcours va être installé dans 10 jours, là. Et nous, Ride Your Future, on est déjà présent depuis l’année dernière parce que ça s’inscrit dans un contrat de quartier. Donc, c’est le contrat de quartier Versailles qui est soutenu par la ville de Bruxelles et la région. Et là, c’est très intéressant parce qu’en fait, on ne se situe pas que comme un acteur vélo. C’est-à-dire que nous, quand on va s’installer, là, on est parti pour une expérience de 4 ans, on va s’installer avec les acteurs locaux. C’est-à-dire qu’on ne va pas juste installer le parcours, faire nos animations et basta. On travaille le territoire avec les acteurs locaux. On informe. Donc là, ça fait un an qu’on est présent sur une piste qui est déjà existante, qui est une piste fermée. Et on vient régulièrement faire des jeux sur le plat avec des… des écoles. L’année dernière, on a commencé à installer un petit parcours mobile que l’on a pour pouvoir aussi informer comme ça les habitants que bientôt, ils vont avoir un parcours vélo pérenne. Et ça a super bien fonctionné. Mais ça a d’autant plus fonctionné parce qu’on a travaillé avec… Enfin, on travaille avec une AMO, qui est une structure associative qui aide surtout les jeunes et qui propose des activités pour les jeunes, des activités très diverses. On travaille avec aussi le programme de cohésion sociale. On va travailler avec des associations locales. Et donc, c’est avec elles qu’on va organiser les choses. Et grâce notamment à l’AMO, eh bien, on va travailler avec des jeunes qui vont nous assister pour pouvoir animer le parcours. Et puis, ce qu’on a monté aussi, ce qu’on a mis en place, c’est qu’on fait de l’animation de parcours. Et à côté de ça, il y a un atelier de réparation mobile, la réparation vélo, et donc là, ce sont des jeunes qui ont été formés par une autre association qui s’appelle Cyclo, à Bruxelles. Et ces jeunes-là vont pouvoir, eh bien, réparer les vélos des habitants qui le demandent. Et pendant ce temps-là, d’autres sont sur le parcours. Et donc, ce combo aussi, animation, et donc rouler sur un parcours à vélo, et en même temps, atelier de réparation, fonctionne hyper bien. Et on va continuer à travailler pendant les trois prochaines années, comme ça, sur la piste rouge.
Victor : Merci beaucoup pour cet exposé très précis. Tu as mentionné qu’à la fois, dans ce que tu disais, quand on en a parlé aussi avant le podcast, que vous allez vous implanter dans des quartiers où la pratique du vélo est moins développée. Comment ça s’explique, ça ? Qu’en fait, il y a des écarts, enfin, il y a vraiment cette différence dans la pratique du vélo en fonction des endroits où on va ?
Justine Peullemeulle : Moi, je pense que, en fait, le vélo est aussi, un indicateur social très intéressant. C’est presque… Enfin, montre-moi ton vélo et je te dirai de quelle catégorie sociale tu es, quoi. Je reviens à cette expérience qu’on est en train de vivre à Neder-Over-Hembeek. En fait, le vélo et tout ce qui est autour du vélo, l’infrastructure urbaine, fait partie, en fait, de politiques publiques, en fin de compte. Et depuis… Des années, je pense que la politique publique était en faveur aussi de certaines communes, peut-être beaucoup plus aisées que d’autres. Donc, le contrat de quartier, par exemple, c’est un dispositif qui peut être intéressant pour pouvoir réduire ces inégalités sociales et, en fin de compte, ces inégalités vis-à-vis de la mobilité. Donc, la mobilité est un enjeu sociétal et très souvent, en fait, il y a une sensibilisation qui est peut-être plus faite, autour des communes ou, en tout cas, des catégories sociales plus riches, je dirais. Et nous, ce qu’on veut faire, enfin, on veut rompre un peu cette, comment dire, la continuité de certaines inégalités sociales dans la mobilité en investissant des quartiers où il y a peu de choses, d’activités proposées autour du vélo et peu d’infrastructures urbaines en faveur de la mobilité douce que ce soit pour les piétons ou pour les vélos. Donc, je pense que la mobilité et le vélo, comme aussi l’éducation, par exemple, ce sont des sujets où, malheureusement, c’est des sujets qui sont, comment dire, révélateurs des politiques publiques et qui sont parfois souvent des sujets qui sont, souvent en faveur d’une certaine classe sociale par rapport à d’autres. A Neder-Over-Hembeek il y avait vraiment ce sentiment d’abandon pendant des années avant le contrat de quartier. Donc, quand le contrat de quartier est arrivé avec plusieurs millions d’euros, c’est chouette, mais il y a aussi un peu une crainte en disant, vous nous avez abandonnés, vous, en tant que politiques, pendant 20 ans, et puis là, vous venez avec plusieurs millions d’euros, attention à aussi bien utiliser cet argent public pour l’intérêt des habitants et l’intérêt collectif. Donc, voilà, je pense que c’est aussi dû à une absence de politique publique dans certains quartiers et qu’il y a des dispositifs qui peuvent y répondre et on verra les résultats. En tout cas, nous, au niveau local, ce qu’on souhaite, c’est effectivement plutôt aller dans les quartiers populaires où l’infrastructure urbaine n’est pas du tout favorable à la mobilité.
Victor : Et tu expliquais aussi que ces parcours vélos ont pour objectif de questionner un peu, justement, cette infrastructure urbaine. Est-ce que vous avez des résultats là-dessus et c’est quoi, en fait, une infrastructure urbaine vraiment adaptée au vélo ?
Justine Peullemeulle : Alors, chez Ride Your Future, en fait, on installe des parcours mobiles partout en Belgique et souvent, on travaille vraiment beaucoup avec les communes. Là, en ce moment, on est à Anvers, on va aller à Ostende, on va aller en Wallonie aussi, à Liège et du coup, on va installer notre parcours pendant une journée ou deux journées. Et ça, c’est un premier pas, en fait, pour à la fois les communes, mais aussi pour voir comment les habitants pratiquent ce type de parcours. Vraiment, je pense qu’on a toujours… En fait, pour les habitants, pour les gens, ces parcours à vélo, c’est une super attraction aussi. Que ce soit le Pump track ou Vélomaster, les gens adorent. Et donc, la première étape dans ce processus de questionnement de l’infrastructure, c’est de venir une journée ou deux. Et souvent, en fait, la commune va nous rappeler pour dire… Enfin, souvent, en tout cas, ça arrive que certaines communes nous rappellent en disant « Ok, moi, je veux continuer aussi avec vous. » Et là, sur une durée plus longue ou répéter ce qu’on a fait. Par exemple, avec la ville de Bruxelles, l’année dernière, on a installé pendant deux semaines notre parcours Vélomaster sur la place Wilhelms, à Laeken. Bon, ils souhaitent réitérer cette année parce qu’ils trouvent que c’est intéressant, que ça permet aussi de donner une activité aux jeunes pendant l’été, même si c’est juste à côté du Bruxelles Pump Park. Ça complète l’offre vélo dans le quartier. Je pense que c’est ça qui est intéressant, c’est aussi de sensibiliser la commune. Et une fois que la commune est un peu plus en confiance par rapport à ce type de parcours, elle souhaite réitérer. Ensuite, il y a, par exemple, la ville de Bruxelles qui s’est challengée en construisant un parcours de parcours de parcours. Un pump park à Laeken. Et ça, c’est hyper intéressant parce que, du coup, c’est une première expérience, je pense, de pump track vraiment en milieu urbain. Souvent, les pump track en Belgique sont en périphérie, en fait, de la ville, ne sont pas au cœur de la ville. Là, on est basé à Laeken. On n’est pas dans le cœur de la ville de Bruxelles, mais quand même, on reste dans un milieu urbain dense. Et ça, c’est une expérience très intéressante où la ville de Bruxelles s’est challengée un peu en se disant, allez, on essaye de construire un pump track. Le pump track, comme je disais tout à l’heure, c’est un parcours sportif, mais c’est pas qu’un parcours sportif, en fait. Ça permet de développer des compétences à vélo au quotidien. Et donc, là aussi, c’est intéressant parce qu’on change un peu l’aménagement urbain. Visuellement, le pump track, je vous invite à venir, c’est une suite de bosses et de virages. On occupe, au minimum, là, c’est 1000 mètres carrés, c’est quand même quelque chose d’important. Visuellement, c’est marquant. Et en même temps, ça change. Et on voit les jeunes du quartier ou des gens qui viennent de différentes communes de Bruxelles venir pratiquer sur le Bruxelles Pump Park. Et donc là, on est sur une infrastructure pérenne sur plusieurs années et qui marque l’aménagement urbain. Et pour juste terminer sur ta question, quel impact on a aussi, je pense que on invite les communes vivement à investir dans un parcours à vélo. Donc Bruxelles Environnement l’a fait. La ville de Bruxelles l’a fait. Je ne l’ai pas indiqué, mais la ville de Bruxelles a acheté le parcours Vélomaster pour l’installer sur la piste rouge à Neder-Over-Hembeek. Et donc, on invite vivement les communes à pouvoir en fait investir sur ce type d’infrastructure, comme les communes vont investir dans une piscine, dans un skatepark. Et bien maintenant, il y a aussi une nouvelle offre qui s’offre à elles de pouvoir investir dans ce type de parcours qui est un parcours sécurisé, ludique et qui va favoriser la pratique du vélo au quotidien par la suite.
Victor : J’espère que tous les bourgmestres de Belgique écoutent le podcast Vélotaf pour qu’ils comprennent bien le message. Et non, plus sérieusement, pour avoir moi-même été au Pump Track de Laeken, je recommande fortement. C’est effectivement très amusant et ça permet de développer des chouettes compétences à vélo.
Victor : Une petite dernière question pour finir. Tous ces parcours, en fait, ils s’adressent à quel public ?
Justine Peullemeulle : C’est surtout jeunes et ados. Alors, ce parcours, il est accessible et il est adapté à toute personne, à partir de la drésienne, mais aussi pour les adultes. Mais on a un vrai effort à faire et un vrai travail à faire pour pouvoir attirer le public adulte et le public femme, notamment. Parce qu’il y a plus de craintes, au final. Les jeunes et les ados, pour eux, c’est une attraction super. Ils y vont, ils ne se posent pas de questions. Les adultes, c’est un peu plus compliqué. Quand on n’est pas des riders ou des BMXeurs, effectivement, bien sûr que sur le Bruxelles Pump Park, on a des adultes, etc. Mais pour le parcours Vélomaster, c’est un peu plus… Il faut aller chercher le public. Et avant de terminer, peut-être que Marion peut plus préciser un peu la dynamique d’animation du Bruxelles Pump Park, parce que je trouve ça intéressant. C’est le seul pump track de Belgique, qui a une vraie animation avec des moyens derrière. Et là aussi, on a un peu un message pour toutes les communes qui ont investi dans un pump track. Leuven, Middelkerke, Neuville, etc. Il y en a une dizaine actuellement. Eh bien, en fait, le fait de mettre des moyens dans l’animation, ça fait aussi la différence. Peut-être, Marion, juste en quelques mots, préciser un peu ce qu’on fait.
Victor : Oui, très bonne idée. Effectivement, ce pump track, ce n’est pas juste une infrastructure laissée comme ça. Il y a tout un point d’animation aussi. Marion va pouvoir nous expliquer tout ça.
Marion Van Boeckel : Oui, en résumé, les week-ends, les jours fériés et pendant les vacances scolaires, on prête des vélos gratuitement sur le BXL Pump Park. À disposition, 8 vélos de différentes tailles de la draisienne aux vélos dirt pour adultes. Et ça permet aux enfants, aux adultes du quartier ou d’ailleurs qui viennent sur le Pump Park de tester la piste, même s’ils n’ont pas le vélo adapté. Et donc ça, c’est un des points de l’animation, le prêt de vélo au grand public. Donc ça, c’est tous les samedis et les dimanches de 13h à 18h et aussi pendant les vacances scolaires. On décale un petit peu les horaires pendant les vacances d’été, à partir de 15h. Et puis, on travaille aussi beaucoup avec des écoles ou des associations, des ASBL, des associations qui font du parascolaire aussi, pour proposer des initiations au Pump Track gratuites à des jeunes, à des enfants qui n’ont jamais eu l’occasion de tester. Et donc, on a beaucoup d’ASBL qui nous contactent pour organiser une initiation au Pump Track où les jeunes viennent tester la piste et s’amuser dessus. Donc, c’est encadré, par un de nos moniteurs. On met les BMX à disposition et donc, on est soutenus financièrement par la ville de Bruxelles pour pouvoir proposer toute une série de ces initiations gratuitement pendant l’année. Et puis, pour les institutions, les écoles qui ont un petit budget aussi, on essaye de temps en temps qu’ils payent l’animation comme ça. Ça nous permet de proposer encore plus d’animations gratuites à d’autres.
Victor : Super, merci Marion. Écoutez, merci à toutes les deux. Félicitations pour tout le travail en tout cas accompli et bon courage pour la suite. Et voilà, à toutes nos auditrices et auditeurs qui sont en région bruxelloise, je vous invite à aller tester ces infrastructures qui sont vraiment chouettes. Merci Justine, merci Marion !