Pour le dernier épisode de la série avec mon invitée, j’ai le plaisir de recevoir une nouvelle fois Florine Cuignet, qui est chargée de politique bruxelloise au GRACQ.
Le GRACQ, c’est le Groupement de Recherche et d’Action des Cyclistes du Quotidien, une association fondée en 1975 et qui a permis d’obtenir de nombreuses avancées pour les cyclistes.
Sur leur site, on trouve la phrase suivante : “Prenons le vélo comme moyen de déplacement, nous souhaitons une société plus égalitaire, plus respectueuse de son environnement et de ses habitants, et où les intérêts collectifs sont remis au centre des préoccupations.”
Cette vision me parle beaucoup et c’est pourquoi je suis très content de pouvoir partager les résultats de mes discussions avec Florine sur ce podcast.
Aujourd’hui dans Vélotaf, nous recevons Florine Cuignet chargée de politique Bruxeloise au GRACQ. Avec Florine, dans ce podcast, on a déjà discuté de réseaux cyclables, de cohabitation vélo-piéton. Et aujourd’hui, nous allons aborder un autre sujet : comment influencer le politique pour qu’il accorde de l’importance au vélo. Bon épisode !
Bon épisode !
Pour contacter notre invitée, c’est par ici ( https://www.gracq.org/EquipePermanents ) !
Ce que vous apprendrez dans cet épisode :
- 01:26:64 – Florine sur l’Importance de Convaincre les Politiques
- 03:05:04 – Comment le GRACQ Influence les Politiques Vélo : Des Memorandums aux Rencontres : Du Concret au Principe: Lutte pour l’Espace Urbain
- 06:23:01 – Les Études de Mobilité et leur Rôle dans les Politiques Cyclables
- 07:23:51 – Le Bois de la Cambre: Une étude de Cas en Fermeture Routière
- 09:30:37 – Vélo, Environnement, Santé: Une Lutte Commune
- 10:38:03 – Lutte Contre les Clivages Réducteurs dans les Débats de Mobilité
- 12:25:61 – La Résilience et le Travail Continu dans le Plaidoyer pour le Vélo
- 15:02:15 – La Mobilité à Bruxelles: Plus qu’une Affaire de Pistes Cyclables
- 16:22:33 – L’Avenir de la Mobilité Urbaine à Bruxelles: Optimisme Mesuré
Quelques citations pour vous mettre l’eau à la bouche !
« Il y a plein d’autres moyens. Parfois, on peut aussi faire des actions plus militantes. »
« On est content d’avoir pu récupérer davantage d’espace. »
« Des thématiques complexes sont parfois réduites à des oppositions binaires qui ne sont pas forcément représentatives de la réalité. »
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Ce podcast animé par Victor Blanchard est proposé par Bleen, et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique du Vélotaf.
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Grâce à Autoscritp.fr, retrouvez la transcription de l’échange que nous avons eu avec Florine :
Victor : On va partir d’un constat qui est que l’année 2024, c’est une année d’élections pour la Belgique qui vont voter le 9 juin pour les niveaux européens, fédéral, régional et communautaire, et le 13 octobre pour les niveaux provincial et communal. Dans ce cadre-là, ce sujet est plus que jamais d’actualité : comment influencer le politique pour qu’il accorde de l’importance au vélo, Florine ?
Florine Cuignet : Ah ben, c’est une vaste question. C’est une question qui, effectivement, nous occupe en cette année 2024. On va avoir du pain sur la planche. Maintenant, voilà, je dirais, ce n’est pas uniquement en année électorale qu’on va tenter de convaincre les politiques du bien fondé de développer le vélo. Je crois que c’est un travail vraiment de longue haleine et quotidien. Au GRACQ, la première chose qu’on fait dans le cadre des élections, c’est ce qu’on appelle des «memorandums». Donc, c’est nos demandes aux politiques pour la prochaine législature. C’est essayer de mettre en avant une série de priorités et de rencontrer des candidats aux élections, voilà, pour leur expliquer, d’une part, le bien fondé de développer le vélo. Et là, je crois qu’à l’heure actuelle, en région Bruxelles, je crois qu’il n’y a plus vraiment de doute par rapport à l’intérêt de développer le vélo. Maintenant, les questions vont se poser en termes de priorité, sur la manière de le faire. Mais je crois que tout le monde, en fait, se rend compte que le vélo est vraiment un mode très intéressant. Dans un milieu urbain assez dense, c’est vraiment un mode sur lequel il faut vraiment capitaliser. Donc, première chose, c’est remettre nos demandes. Et donc, ça, on le fait au niveau fédéral, au niveau régional et également au niveau communal, puisqu’on a des bénévoles qui sont actifs au sein de leur commune et donc qui vont se réunir, réfléchir à quelles sont pour eux leurs priorités au niveau de la commune. Et puis, dans le cadre de la campagne électorale communale, qui vont aussi démarcher les candidats pour porter leurs demandes et faire entendre au mieux la voix des cyclistes.
Victor : Vous êtes bien reçue quand vous arrivez avec ces demandes ?
Florine Cuignet :Oui, globalement. Comme je le disais, je crois qu’il y a de plus en plus de gens qui sont convaincus. Maintenant, tout le monde n’est pas nécessairement convaincu au même degré. Et puis, certaines mesures sont assez positivement accueillies. Je crois que de manière générale, personne ne va dire, je suis contre les pistes cyclables. Je crois que là-dessus, les parties conviennent que les cyclistes ont besoin de pistes cyclables. Maintenant, la question, elle va plutôt se poser pour des situations pratiques. Le jour où on parle d’un réaménagement en particulier, c’est là qu’on va voir qu’en fait, oui, pour faire une piste cyclable, on va devoir retirer peut-être une bande de stationnement. Et c’est là que le bas blesse quand on rentre dans le vif des sujets. Mais vraiment sur les questions de principe, on commence à prendre le vélo au sérieux.
Victor : On commence. Bonne nouvelle.
Florine Cuignet : Voilà. Maintenant, ça, c’est vraiment pour des demandes très formelles. Mais je veux dire, il y a plein d’autres moyens. Parfois, on peut aussi faire des actions plus militantes. Ça peut être des sittings. Ça peut être pour réclamer un aménagement plus conséquent sur la rue de la Loi. À l’époque, il y a une série de réunions. Qui ont été faites. On a fait des apéros sur le bord de la rue de la Loi où on récupérait de l’espace pour faire quelque chose de festif et montrer que les cyclistes sont là en nombre et qui réclament une bande de circulation. Donc, il peut y avoir de multiples manières d’agir. Ça peut être aussi des pétitions. Voilà. Il y a beaucoup de moyens. Et donc…
Victor : Peut-être des événements comme la Critical Mass aussi ça peut participer à faire évoluer les mentalités ?
Florine Cuignet : Bien sûr. Ça, c’est… Je crois que l’intérêt, c’est de montrer le nombre de cyclistes qui est souvent assez caché. C’est vrai que les Critical Mass, qui sont des rendez-vous un peu spontanés tous les derniers vendredis du mois, attirent de plus en plus de gens. Et alors, des personnes aux profils très, très différents. Et donc, c’est là qu’on voit le succès aussi des politiques cyclables. C’est de voir la quantité de gens qui participent et de voir que ce sont des gens qui viennent de partout, avec des vélos très différents. D’âges différents, de couleurs différentes, de sexes différents. Voilà. Et ça, c’est assez chouette. Et c’est peut-être aussi un bon moyen de convaincre les politiques du bien fondé de développer une politique cyclable. C’est de montrer aussi que ça marche. Et ça, c’est l’intérêt aussi de pouvoir collecter des chiffres, de faire des études. En plus, une politique cyclable, ça ne s’improvise pas. C’est pas… Voilà. On regarde où vient le vent. Et puis… Non. Donc, ça nécessite aussi de s’adapter à la situation, de faire éventuellement des réajustements. Et pour ça, pouvoir développer des études, faire des comptages, c’est extrêmement important. Et là, on voit que les comptages traduisent en tout cas une augmentation du nombre de cyclistes qui est assez conséquente. Je crois qu’on est entre 12-13% d’augmentation annuelle en moyenne à Bruxelles.
Victor : Vous faites un gros boulot, d’ailleurs. J’avais vu… Moi, j’ai dévelué un de vos rapports parce que j’avais besoin pour… Une mission de chiffre sur l’évolution de l’usage du vélo à Bruxelles. Et vous vous placiez les matins à l’heure de pointe pour compter le nombre de cyclistes, faire même la parité, etc.
Florine Cuignet : Alors, ça, c’est nos collègues de ProVélo qui sont en charge de l’observatoire du vélo, qui se placent effectivement aux principaux carrefours. Mais on a également des bénévoles qui font pareil, par exemple, à Schaerbeek, qui a des comptages… En plus des comptages officiels de l’observatoire du vélo, il y a des comptages… Qui sont réalisés par les bénévoles sur d’autres axes qui ne sont pas couverts et qui permettent aussi d’avoir des informations intéressantes pour savoir par où les cyclistes passent, est-ce qu’ils sont plus ou moins nombreux. Et donc, ça, c’est très important pour pouvoir convaincre les politiques de faire davantage de pistes et cyclades. C’est de montrer qu’effectivement, quand on fait des infrastructures, pour autant qu’elles soient bien conçues, les cyclistes sont au rendez-vous.
Victor : Je pensais partir, en fait, de l’exemple du bois de la Cambre, qui, historiquement, a été ouvert aux voitures et qui, en 2020, a été fermé. Est-ce que tu saurais nous expliquer un peu les facteurs qui ont fait le succès de cette fermeture, qui, aujourd’hui, semblerait bénéfique pour tout le monde ? Tout le monde est ravi d’avoir le bois de la Cambre fermé aux voitures.
Florine Cuignet : Alors là, le bois de la Cambre, c’est horrible parce que c’est un dossier qui est quand même assez complexe et ce n’est pas uniquement un dossier mobilité aussi. Donc voilà, on est quand même dans un bois, c’est une zone qui est classée, c’est des questions aussi d’environnement. Je crois qu’il y a toujours certainement des critiques par rapport aux reports de trafic que ça pourrait engendrer. Maintenant, pour nous, ça se situe sur un réseau cyclable important et donc on est content d’avoir pu récupérer davantage d’espace. Maintenant, pour nous, l’étape suivante, ce serait un bois sans voiture parce qu’on trouve que c’est un peu étrange d’avoir une zone verte d’une telle qualité qui, en fait, soit traversée par plein de voitures tous les jours. Voilà, ça, c’est encore une autre question. Je dirais que c’est toute une convergence. Ce qui a convaincu les pouvoirs publics, il y avait déjà des initiatives de fermeture temporelle du bois de la Cambre à certains moments, certains week-ends. Donc voilà, il y avait quand même déjà une certaine habitude progressive. On était aussi juste au… Enfin, pendant et au sortir du Covid ou les gens ont vraiment manqué d’espaces verts et qui avaient vraiment besoin d’espaces où on peut respirer correctement, profiter du grand air. Donc il y a toutes ces questions là aussi qui rentraient en ligne de compte. Donc, c’est un peu un momentum, je vais dire, et le croisement de toute une série d’intérêts, puisque c’est pas que mobilité, mais voilà, il y a des associations qui étaient dans le domaine de la santé, dans le domaine de l’urbanisme, de l’environnement. Voilà une question très, très large.
Victor : On voit une fois de plus que vélo, environnement, santé sont liés, en fait.
Florine Cuignet : Évidemment. Mais c’est vrai qu’à notre grand regret, en fait, la presse a très, très vite tourné ça, comme il y avait une forte opposition aussi d’automobilistes. La presse est vite venue chercher, je crois, peut-être la tête de Turc numéro un, mais si on a des automobilistes d’un côté, c’est que fatalement, on va avoir les cyclistes de l’autre. Et donc, je crois que dans les médias, en tout cas, il y a eu une construction, une opposition entre voitures et cyclistes qui s’est très vite construite. Alors évidemment, le GRACQ a soutenu le fait de rouvrir entièrement le bois de la cambre aux circulations des piétons et des cyclistes. Mais voilà, on était, je dirais, un groupe parmi plein d’autres avec des intérêts vraiment très divers et on trouvait ça un petit peu dommage finalement que parfois, dans certains articles de presse, on réduise juste ça à la question de la mobilité et voitures versus vélos. Voilà, je crois qu’on était bien loin de toute la problématique du bois de la cambre.
Victor : Oui, on a pu le voir récemment aussi avec une opposition entre agriculteurs et écologie il y a quelques semaines. Des thématiques complexes sont souvent parfois réduites à des oppositions binaires qui ne sont pas forcément représentatives de la réalité.
Florine Cuignet : Maintenant, là, sur le bois de la cambre, effectivement, on voit que la circulation, c’est encore compliqué à une série d’endroits. Donc, pour nous, c’est pas ça y est, c’est acquis, c’est gagné. Ça reste encore compliqué. Donc, il y a encore des choses à améliorer. Et ça aussi, je crois que c’est un peu le secret du lobbying ou des revendications. On sait que le temps de la mobilité, c’est des temps très longs. Souvent, c’est rare qu’il y ait des changements qui se fassent très, très rapidement. Alors, c’est vrai qu’on a connu, avec le Covid, par exemple, et le marquage de toute une série de pistes cyclables sur les grands axes, peut-être une accélération un peu du mouvement, ce qui suscite aussi peut-être davantage de résistance. Mais on sait que le changement, c’est vraiment quelque chose qui prend du temps et ce qui est assez frustrant, parce que si on voit toutes les crises qu’on a devant nous, notamment la crise climatique, on dit que ce temps, on ne l’a pas, en fait. Donc, la transition devrait aller plus vite, mais on ne peut pas aller plus vite qu’à la musique. Et ça, je crois que c’est quelque chose aussi qu’il faut avoir en tête. Voilà, il ne faut pas se décourager. Voilà, on sait que les partis politiques vont et viennent. Voilà, les mentalités changent aussi parmi, voilà, peut-être des partis qui étaient moins portés sur le vélo et qui se rendent compte, avec des nouvelles générations, qui sont peut-être plus réceptifs et plus sensibles à la question. On sait que ça prend du temps et qu’il ne faut pas abandonner. Il faut garder courage et puis sans cesse taper sur le clou.
Victor : Et un jour, il finira par être enfoncé. Écoute, moi, je suis ravi de t’avoir entendu dire qu’aujourd’hui, tout le monde s’accordait sur le fait que le vélo, c’était important, qu’il fallait des pistes cyclables, etc. Parce que de l’extérieur, moi, ce n’était pas forcément la vision que j’en avais. J’entendais, par exemple, en France, le président qui disait qu’il adorait la bagnole, etc. Je me demandais s’il n’y avait finalement pas un risque de politique, on pourrait peut-être qualifier d’un peu populiste, où on dit non, non, tout le monde a le droit à sa voiture, à se déplacer en voiture, etc., qui pourrait conduire à un recul, en fait, de la place accordée au vélo dans les politiques publiques.
Florine Cuignet : Pour être très, très claire, donc ici, je parlais plus au niveau vraiment bruxellois. Alors, je crois que la situation est très, très différente, très certainement en Wallonie et d’autant plus en milieu rural, où effectivement, la question se pose tout à fait différemment. On n’a pas cette densité d’activité, je dirais. Voilà, donc c’est beaucoup moins dense. On n’a pas non plus un tel réseau de transport public. Donc, la question du vélo, oui, elle peut sembler encore, voilà, c’est encore aux mains… c’est quelques farfelus qui font du vélo, parce que rien n’est conçu pour. Mais voilà, j’imagine qu’on y viendra, mais c’est vrai que c’est plus facile, le vélo se développe plus facilement dans les contextes urbains, et puis après, ça va probablement essaimer. Donc, non. Du coup, pour, je dirais, un peu tempérer, euh… Ce que tu as dit, c’est non, non, tout le monde n’est pas convaincu par le vélo. Par contre, officiellement, je dirais, dans les discours, en tout cas, des partis bruxellois, oui, mais voilà, le contexte bruxellois n’est pas le contexte belge. Donc voilà, ça, il faut se rendre compte. Et alors, par rapport, oui, effectivement, on a des discours très populistes, de tout le monde a le droit de se déplacer, et tout le monde a le droit de se déplacer en voiture, et en fait, peut-être que tout le monde a le droit de se déplacer en voiture, on a le droit, mais en tout cas, ça ne mène à rien, puisqu’on sait que tout le monde ne peut pas avoir une voiture et la garer devant chez lui, et voilà, ça c’est… Effectivement on va vite se retrouver effectivement confrontés à des contraintes physiques, et donc, c’est ça aussi le rôle du politique, c’est de pouvoir essayer d’organiser un système de transport et de déplacement, voilà, à l’échelle d’une ville entière, et pas, je dirais, additionner les intérêts individuels. Donc là, on est vraiment… On est vraiment dans du collectif, et voilà, il faut réfléchir plus que la somme des intérêts des individus.
Victor : Ouais, et on en revient encore à cette idée que la mobilité, c’est du tendon, c’est une politique globale, et c’est pas juste tracer des tirets blancs sur le bord d’une route avec un petit vélo, quoi.
Florine Cuignet : Ouais, il y a beaucoup à faire, mais effectivement, ici, à Bruxelles, je crois que la question va se poser aussi, voilà, sur le… je dirais, l’accès à la voiture, les systèmes de voitures partagées, je crois qu’on doit beaucoup aussi capitaliser là-dessus pour, je dirais, réduire le nombre de voitures en circulation et permettre aux gens de ne pas devoir nécessairement posséder leurs voitures, puisqu’on sait qu’il y a quand même pas mal de problèmes aussi liés au stationnement. Donc c’est important aussi, si on veut développer le vélo, de pouvoir aussi développer, voilà, par exemple, les systèmes de voitures partagées, et bien sûr, la question, comme je le disais, va se poser très différemment dans les campagnes où on fait… qui ne fonctionnent pas du tout avec les mêmes règles, et donc là, ça va chaque fois se poser la question de est-ce que je dois utiliser ma voiture pour faire 500 mètres ou… voilà, c’est plus ça. Plus que de dire est-ce que je dois, voilà, me séparer de ma voiture, parce que c’est encore, il faut l’avouer, très compliqué, voilà, dans la plupart des cas, mais ici, à Bruxelles, on est vraiment là, il y a énormément d’initiatives qui se mettent en œuvre, et ça ne va faire que continuer dans les années qui viennent.
Victor : — OK. On peut s’attendre à de belles avancées en termes de mobilité à Bruxelles?
Florine Cuignet : — Pour autant que les pouvoirs publics, voilà, soutiennent ce type de mobilité, oui, maintenant, voilà, on entend aussi des discours, voilà, encore très datés, très old school, voilà, de création de nouveaux tunnels, voilà, comme ça, on pourrait récupérer l’espace en surface, mais on peut continuer à enterrer les voitures, mais ressortiront quelque part à un moment, donc voilà, on a vu que cette solution n’était quand même pas très très efficace, et la solution qu’on a appliquée pendant des années à Bruxelles en créant ces tunnels, ces viaducs, et on en revient, donc réentendre dans le discours de certains le fait de dire, ben on va recreuser des tunnels en sachant le coût que ça a, qu’ici, la rénovation des tunnels a posé, voilà. — Ouais, ça, je le savais pas. — Les tunnels n’ont pas été entretenus pendant plein de temps, et donc voilà, on se retrouve avec des contraintes, vraiment énormes, et donc voilà, c’est assez étonnant d’entendre encore ce genre de discours, mais en disant, ben si on fait passer des voitures dans un tunnel, les vélos auront de la place en surface, donc voilà, c’est pas du tout un discours anti-vélo, c’est genre, là, je suis pro-vélo, donc je peux enterrer les voitures, mais voilà, nous, on est persuadés que c’est une vision qui date du passé, on a déjà essayé, on a vu que ça fonctionnait pas, et qu’il est temps de passer à autre chose.
Victor : Très bien. Ben écoute, merci.