🚴♂️ Découvrez l’univers de Tristan Nitot, un pionnier du numérique et fervent défenseur de l’écologie.
Dans ce nouvel épisode de Vélotaf, Tristan nous raconte comment il combine passion pour l’informatique et engagement écolo grâce au vélo ! 🌱
Découvrez ses conseils, son trajet, et comment le vélo a changé sa vision du monde.
Cet épisode est un vrai booster d’inspiration pour changer nos habitudes de transport, un coup de pédale à la fois !
PS : épisode enregistré en Novembre 2022 mais diffusé bien plus tard
#Vélotaf #Écologie #Numérique #Engagement
Sommaire de l’épisode :
1. Introduction et accueil de Tristan Nitot
2. Présentation de Tristan Nitot et de sa plongée dans l’univers numérique
3. Tristan Nitot, de Netscape à Scaleway en passant par Mozilla
4. Tristan et le vélo : une histoire d’amour et d’écologie
5. L’Octet Vert : le podcast au croisement du numérique et du climat
6. La pratique du vélo dans la vie de Tristan
7. La révélation écologique grâce au vélotaf
8. L’expérience de Tristan en tant que randonneur et motard
9. Le vélo comme vecteur de changement positif
10. Les défis de la mobilité urbaine et le rôle du vélo
11. Les équipements de vélo favoris de Tristan
12. La passion de partager l’expérience vélo
13. Plaidoyer en faveur des infrastructures cyclables
14. La vision du vélo-taf de l’entrepreneur numérique
15. Conclusion et perspectives futures pour le vélo urbain
Bonne écoute !
Pour contacter notre invitée via Linkedin, c’est par ici ( https://www.linkedin.com/in/nitot ) !
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Ce podcast animé par Ermanno DI MICELI est proposé par l’ONG TwoWheelTuesday (@2wteu), et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique du Vélotaf.
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Ermanno : Bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour ce nouvel épisode du podcast Vélotaf qui sera le dernier de la saison. Aujourd’hui, je suis très heureux, non pas que je reçoive une invitée, parce que vous le savez depuis le temps que vous m’écoutez, je suis très heureux quand je reçois des invités femmes. Aujourd’hui, j’ai un invité qui est aussi podcasteur, qui est, je pense, et on va en parler, très engagé au niveau de l’environnement et de l’écologie, et puis surtout qui est un grand nom de l’Internet, je veux parler de M. Tristan Nitot. Salut Tristan !
Tristan : Salut, alors c’est très embarrassant comme introduction, c’est gênant. Heureusement que je suis meilleur en informatique qu’en vélo, parce que je pédale comme un petit vieux, que les choses soient dites dès le début.
Ermanno : Écoute, que tu pédales comme un petit vieux ou que tu pédales comme un pro, peu importe, l’essentiel c’est déjà de pédaler. Alors, on va mettre les pieds dans le plat de la question du vélo. De l’écologie, du vélotaf, de ton podcast, etc. Ce que je te propose avant tout, c’est de te présenter. Donc, dis-nous tout, qui est Tristan Nitot ? Et tu as le droit de commencer depuis le début, vraiment le tout, tout, tout début.
Tristan : Alors écoute, je m’appelle Tristan Nitot, j’ai 56 ans, je suis tombé dans le numérique quand j’étais tout petit, ce qui me fait dire que je suis un vieux natif du numérique. Un copain de mes parents avait acheté un des premiers ordinateurs personnels en 1980, il s’était dit, tiens, je vais partir en vacances. Pendant ce temps-là, autant le laisser à quelqu’un à qui ça peut être utile. Et ce fut le jeune Tristan Nitot, qui avait donc 13 ans en 1980. Et j’ai passé mes vacances de Pâques dessus. Et là, il y avait un manuel, apprenez à programmer en basique. Et j’ai appris à programmer en basique. Et puis, ça m’a décidé à faire ma carrière dans l’informatique. J’étais autodidacte. J’ai fait une école d’ingénieur histoire de rassurer mes parents et me rassurer moi aussi. Où je n’étais pas très présent au cours, il faut reconnaître. Et puis après, j’ai fait une carrière dans le numérique. Je suis surtout connu parce que j’étais dans la société Netscape. Alors là, normalement, ça fait vibrer un petit peu les vieux.
Ermanno : Moi, j’ai des étoiles. Moi, j’ai des étoiles qui pétillent.
Tristan : Voilà, c’était la première start-up Internet. Et Netscape a commencé à lancer le projet Mozilla. Et j’avais la chance de travailler chez Netscape à ce moment-là et de m’intéresser au sujet. Et c’était la première fois que… Qu’une boîte commerciale faisait de l’open source. Maintenant, l’open source, c’est un peu devenu très, très commun. Mais à l’époque, c’était complètement nouveau qu’une boîte qui prenait son code source, le publie et se dise, allez-y, venez regarder comment c’est fait. Venez nous aider à l’améliorer. Et je suis resté 17 ans sur le projet Mozilla. Et puis, voilà, maintenant, je travaille chez Scaleway, qui est un hébergeur de cloud. Et accessoirement, comme tout le monde, j’ai fait du vélo depuis tout petit, évidemment. J’habitais à la campagne et on avait la chance d’avoir un grand jardin. Donc, je pouvais faire du vélo dans le jardin. Et puis, quand je suis arrivé à Paris, j’ai fait un peu de VTT. J’ai essayé un petit peu de me déplacer à vélo dans Paris, mais avec un VTT acheté chez Carrefour. Vraiment, ce n’était pas la super idée. Tu risquais ta vie tout le temps. Dès qu’il pleuvait, c’était un cauchemar parce qu’il n’y avait pas de garde-boue. Bref, ce n’était pas drôle, mais je m’amusais bien avec mon VTT. Dans les années 90. Et puis, le pouvoir d’achat aidant, je me suis acheté un scooter et puis une moto, puis une autre moto. Et je suis devenu motard un peu hardcore. Fan de grand tourisme à moto. J’aime aller très, très loin avec… Enfin, pas assez, je n’ai jamais le temps. Mais avec ma moto, en tout cas, si possible à l’étranger, voir des paysages magnifiques. Le tout par les petites routes. Et puis, il y a un peu plus de 4 ans. Alors, je me suis repris le changement climatique en pleine face à l’occasion de la démission de Nicolas Hulot en direct à la radio. Je me suis dit, c’est vrai que c’est un truc qui me préoccupait depuis longtemps. Et j’avais imaginé qu’en mettant un mec médiatique, connu, sincère, on allait résoudre le problème du changement climatique sous prétexte qu’il était ministre. Et le mec te dit en direct à la radio, je m’en vais parce que de toute façon, je n’arrive à rien faire. Enfin, en gros, je paraphrase, mais c’était à peu près ça. Je me suis dit, mais en fait, évidemment, comment j’étais assez con pour avoir une belle hiverne pareille. Et je me suis demandé ce que je pouvais faire pour réduire mon empreinte carbone. Et le vélo est une des façons de faire. Et accessoirement, c’est une façon hyper sympa, hyper positive de faire. Puisque, en fait, je crois que… Presque tout le monde qui monte sur un vélo, une fois passé, peut-être l’appréhension au début, tu vois, parce que souvent, on n’a pas forcément fait de vélo depuis longtemps, mais on remonte dessus et... Putain, mais c’est vachement bien, en fait. On se sent tellement bien. Il y a ce sentiment de liberté. On se sent bien après. On se rend compte que tout va mieux, en fait, physiquement. En tout cas, on est en meilleure forme, etc. Enfin, il y a de tels avantages au vélo que finalement, le vélo, c’est devenu un vecteur assez formidable. Pour moi, de dire, regardez, il y avait le monde d’avant et on peut basculer sur le monde d’après pour éviter ou réduire le changement climatique. Et le vélo est une façon de le faire. Alors, il y a d’autres choses. Il faut d’autres façons de le faire. Manger moins de viande, ne plus prendre l’avion, etc. Mais ça peut être assimilé à des privations. Alors qu’en fait, le vélo, quand tu montes dessus, tu as une joie du vélo qui fait que ça n’est pas une privation.
Ermanno : Très belle présentation. Très belle. C’est totalement décousu.
Tristan : Je suis désolé, mais bon, c’est les reines sur le coup.
Ermanno : Oui, écoute, il n’y a pas de souci. Juste avant qu’on reste sur la partie vélo, il y a un truc qui m’a agréablement surpris et choqué en regardant ton profil LinkedIn. C’est que quand tu étais chez Netscape, déjà de 2001 à 2003, tu marques que tu étais évangéliste. Alors, évangéliste, c’est un terme qui est super à la mode depuis 10 ans. Mais en 2001, est-ce que tu es revenu sur ton profil LinkedIn ? Pour changer ce terme ? Ou est-ce que c’est un terme que tu utilisais déjà ? En d’autres termes, est-ce que tu as toujours été visionnaire ?
Tristan : Alors, visionnaire, je crois qu’il faut être super modeste au niveau visionnaire. Mais sur le terme, en l’occurrence, je le revendique parce que moi, déjà en 97, quand je postulais chez Netscape, peut-être même, ouais, 97, j’ai, je voulais être évangéliste chez Netscape. Voilà. Donc, c’était un terme qui était peu utilisé en France. D’ailleurs, en France, c’est une religion. Mais bon, à quoi ressemble votre culte ? Non, non, c’est un métier. Et le jour où je suis tombé sur le concept d’évangéliste, je me suis reconnu, en fait. Je me suis dit, ouais, mais en fait, c’est moi quoi. Tôt, je suis un peu devenu évangéliste du vélo parce que finalement, c’est dans ma nature de partager mes passions, quoi.
Ermanno : Et alors, comment est-ce que tu traduirais justement ce terme d’évangéliste en français ? Parce que c’est vrai qu’en français, quand on parle d’évangéliste, on pense tout de suite à quelqu’un de religieux, voilà, pour ne pas rentrer dans des termes un petit peu plus clivants. Comment est-ce que toi, tu traduirais ça ? Moi, j’ai envie de dire que c’est un petit peu un lobbyiste sur certains sujets sans l’aspect politique. Est-ce que je suis dans le juste ?
Tristan : Oui. Ou un marketeux ou bien quelqu’un qui fait de la promotion. Mais en l’occurrence, pour le vélo, c’est complètement désintéressé. C’est plutôt une passion qui me coûte des sous et ça ne me rapporte absolument rien. Donc, à part le plaisir de partager des choses qui me font plaisir, quoi. Voilà. Et en fait, ça, c’est un moteur très fort chez moi. C’est de partager mes passions, quoi.
Ermanno : OK. Bon, on ne va pas revenir sur le reste de ton profil LinkedIn. Là, aujourd’hui, je ne suis pas recruteur. Je suis intervieweur de Monsieur Tristan Nitau pour le podcast Vélotaf. Je l’ai dit en introduction et tu n’es pas forcément revenu dessus. Tu produis aussi un podcast. Tu peux nous en dire plus sur quel est le podcast et puis quelle est la genèse ? Pourquoi tu as ressenti ce besoin de produire ce podcast ?
Tristan : C’est une longue histoire. Mais donc, en gros, il y a quatre ans, je me suis dit, bon, il faut vraiment faire quelque chose pour le climat. Le problème est… Je pense que tous les gens qui se préoccupent du climat, ils ont un peu… Le même problème, c’est que tu dis, putain, il y a un problème. Tu commences à te documenter et tu fais, putain, le problème, en fait, il est beaucoup plus gros que ce que je pensais. Et du coup, tu continues à creuser ou pas. D’ailleurs, si tu continues à creuser, tu te rends compte qu’en fait, il est encore beaucoup, beaucoup plus gros que ce que tu pensais. Et donc, ça…
Tristan : Voilà. Et du coup, j’ai oublié ta question, tu vois.
Ermanno : La question, c’est quel est ton podcast et pourquoi, en fait, tu as créé ce podcast ? Et en passant par la genèse, quoi.
Tristan : Voilà. En fait, j’avais… J’avais vraiment envie que mon temps professionnel soit dédié à la résolution de ce problème-là. Moi, j’ai… En fait, je suis une sacrée feignasse. J’ai même fait une conférence sur le sujet. Moi, je n’arrive pas à me motiver si le sujet de mon boulot, il n’est pas passionnant. Et donc, j’ai envie de m’éclater dans mon boulot. Alors, c’est peut-être… Des gens trouvent ça bizarre, mais moi, je trouve que c’est quand même une grosse ambition. C’est de m’éclater dans mon boulot. Et pendant longtemps, je me suis éclaté autour de l’Internet parce que je trouvais que l’Internet et le web, c’était quelque chose de fabuleux, que créer un navigateur, c’était extraordinaire, qu’il fallait parler de la vie privée. Pendant des années, j’ai parlé de la vie privée sur Internet parce que c’était, à mon avis, un problème qu’il fallait aborder. Mais là, si tu veux, depuis quatre ans, vraiment, ce qui me préoccupe, c’est le changement climatique. Et je me suis dit, comment est-ce que je fais pour bosser là-dessus ? Alors qu’en gros, si tu veux, je suis informaticien, entrepreneur. Je suis communiquant, tout ce que tu veux, mais en tout cas, je ne suis pas spécialiste du changement climatique. Donc, j’ai appris plein de trucs. Et j’ai un copain qui m’a dit, tu sais ce qu’il faudrait que tu fasses pour montrer ta crédibilité sur le sujet ? Il faudrait que tu écrives un bouquin. Et en fait, moi, un livre, j’en ai déjà écrit un, j’en ai co-écrit un autre, un ouvrage collectif. Et je me suis dit, je ne vais pas remettre ça. Parce qu’évidemment, c’est vrai qu’écrire un livre, éventuellement, si tu as de la chance, ça t’aide. Bien souvent, un livre, de toute façon, il passe totalement inaperçu parce que tout le monde en écrit, ou presque. Même si c’est une personne sur 100, ça fait déjà trop de livres par rapport à la population. Et donc, je me suis dit, il faut faire autre chose. Qu’est-ce que je sais faire ? Je sais faire des conférences. Et je me suis dit, je vais faire des conférences. Et paf, le Covid est arrivé. Bon, alors là, si tu veux, les conférences, c’est passé largement à la trappe. J’ai eu le temps d’en faire quelques-unes. Et après, entre deux périodes de Covid, j’ai eu le temps d’en faire finalement pas mal. Mais bon. Et avec les deux ans et demi qui viennent de s’écouler, les conférences, c’était vraiment… Ce n’était pas idéal. Et je me suis dit, mais voilà, moi, j’ai déjà participé à des podcasts avant, dont un qui s’appelait le 56 Cast. Alors là, c’est pareil, c’est encore un truc de vieux. C’était une émission sur No Life qui était aussi façon podcast, où j’étais chroniqueur. Et je m’étais bien marré. Je me suis dit, est-ce que maintenant, j’ai les épaules assez larges pour porter mon propre podcast ? Et puis, en fait, j’ai appelé un copain qui… dont c’est le métier, et il m’a expliqué. Et je lui ai dit, ben ouais, ça a l’air d’être à portée de main. Et donc, j’ai fait ce podcast sur l’intersection de deux choses, du numérique, parce que c’est mon domaine de compétences, et du climat, parce que c’est mon domaine d’intérêt, finalement. Et je suis parti à la recherche de gens qui étaient dans le numérique et qui se préoccupaient du climat. Et ça a donné 35 podcasts. Et comme toi, je suis très content chaque fois que j’ai une femme, parce que j’essaye d’avoir la parité. Alors, ce n’est déjà pas facile. C’est pas facile dans un podcast. Mais alors, sur le numérique, encore un petit peu moins, tu vois.
Ermanno : Encore un petit peu moins, oui. J’ai quelques noms à te balancer, si tu veux. Non seulement des gens qui sont éventuellement passés déjà dans le podcast vélo, des gens qu’on m’a recommandés, ou des gens qui sont passés aussi dans le podcast Vélotaf pour lequel je t’interview aujourd’hui. C’est difficile, mais une fois que tu as trouvé, c’est comme une pelote de laine. Tu tires un petit peu le fil, et puis après, ça ne s’arrête plus.
Tristan : Écoute, avec plaisir, parce que je ne désespère pas de recommencer une troisième saison de l’Octet Vert. C’est mon podcast. C’est mon podcast, et évidemment, je cherche surtout des femmes, parce que des hommes, c’est plus facile à trouver.
Ermanno : Bon, alors, l’Octet Vert, maintenant que tu as balancé le nom, où est-ce qu’on le retrouve ? Évidemment, c’est un podcast, donc sur toutes les bonnes plateformes de podcast.
Tristan : Voilà, sur Spotify, Apple Podcast, tout ça. Tu cherches Octet Vert, et Dieu merci, je suis à peu près le seul à avoir pensé à utiliser ce nom-là. Donc, Octa comme un méga-octet, et vert comme la couleur, ou Nito, Octet Vert. Et puis là, tu es à peu près sûr quand même de me trouver.
Ermanno : Revenons un petit peu à toi et à ta pratique du vélo. Justement, tu nous disais que tu as découvert ou redécouvert le vélo et un certain engagement pour le climat il y a quatre ans. En même temps, tu nous dis que tu es un motard, tu fais du grand tourisme. Est-ce que tu continues à pratiquer le vélo régulièrement ? Et si oui, à quelle fréquence ?
Tristan : Alors, oui, oui, oui. Alors, quotidiennement, concrètement, je vais tous les jours au bureau à vélo. Bon, sauf aujourd’hui où on fait l’enregistrement de la maison, parce que je voulais être plus au calme, mais sinon, normalement, je vais bosser à vélo. Alors, initialement, je me suis équipé d’un VAE, d’un vélo à assistance électrique, parce que mon bureau de l’époque était situé dans le 16e arrondissement, en haut de la colline de Chaillot. Et la colline de Chaillot, alors pour ceux qui ne connaissent pas, c’est là où il y a le Trocadéro. Donc, ceux qui voient le Trocadéro, c’est là où il y a des fontaines, etc. Bref, le Trocadéro, c’est une colline dans Paris. Et donc, si tu veux, les gens ne le voient pas, mais moi, je suis en surpoids. Ça va mieux, mais à une époque, j’étais vraiment en surpoids. En fait, le terme médical, c’est obèse. Donc, j’étais obèse. Et donc, tu me mettais sur un vélo, rien que de lever la jambe, je transpirais. Et donc, je me suis pris un vélo assistance électrique pour arriver pas trop dégoulinant au bureau. Surtout que, si tu veux, j’allais donner des conférences à droite à gauche ou j’allais être dans des rendez-vous clientèle ou des rendez-vous pour les affaires publiques où je donnais un coup de main avec mes collègues. Donc, quand tu vas voir un sénateur, tu ne lui demandes pas la possibilité de prendre une douche en arrivant. Et puis, tu y vas avec une veste de costume quand même parce que, bon, ta créabilité, on dépend. Donc, voilà. C’est un vélo assistance électrique. Et puis, là, depuis un mois, je suis au vélo sec parce que mon trajet a changé. Déjà, j’ai perdu pas mal de poids. Et ensuite, mon trajet, il est plat. Je longe la Seine. Donc, je dois bien avoir 4-5 mètres de dénivelé au total. Oui, en comptant les pavés. Voilà. La somme des demi-centimètres entre les pavés. Donc, voilà. Donc, j’ai un vélo sec, un vélo musculaire.
Ermanno : Bon, et la question que je pose toujours à mes invités, qu’ils soient vélotaffeurs du quotidien ou pas, c’est pourquoi finalement ? Même si on en a déjà un petit peu parlé tout à l’heure, mais pourquoi est-ce que tu t’es mis au vélo ? Est-ce que c’est un engagement pour le climat ? Est-ce que c’est, parce que tu connais le concept du colibri où chacun va chercher sa petite goutte d’eau et la jette sur l’incendie ? Et puis, alors, je rappelle juste l’histoire, mais à un moment dans cette forêt où il y a ce colibri qui fait ce geste-là, il y a un autre animal qui dit « Mais qu’est-ce que tu fais ? Ça ne sert à rien ce que tu fais. » Et le colibri répond à l’animal qui l’a interpellé « Oui, mais moi, au moins, j’aurais l’impression d’avoir fait ma part et si on s’y met tous, on va y arriver à éteindre cet incendie. » Donc, est-ce que toi, tu joues au colibri de l’environnement ? Est-ce que c’est une question de santé ? Est-ce que c’est un petit peu tout ça mélangé ? Ou est-ce que c’est parce que, comme tu es innovateur dans ton ADN, tu as voulu tester autre chose ?
Tristan : Alors, c’est un petit peu tout ça. Voilà. Je voulais savoir ce que je pouvais faire. Et en fait, il faut savoir qu’avant, je me déplaçais en scooter ou en moto dans Paris. Et que ça fait des milliers de kilomètres à la fin de l’année. Et que je me suis rendu compte que c’était à cause de ça que j’étais gros. Tout simplement. Et que j’en avais marre. Et que ce n’était pas bon pour ma santé. Et que le médecin, à chaque fois qu’il me voyait, il me faisait les gros. Et que j’avais envie que ça change dans ma vie. J’avais envie d’être moins gros. Et qu’en fait, avoir ce scooter en bas de chez moi, et puis le poser en bas du bureau, ça faisait que je marchais 20 mètres par jour. Et que le reste du temps, en tant qu’informaticien, j’ai resté scotché à mon bureau. Et qu’évidemment, il n’y a pas de miracle. Ça, plus le fait que, comme j’ai un métier stressant, j’ai tendance à bouffer pour oublier que je suis stressé. Et j’ai fini obèse. Donc, je me suis dit, il faut que je change des trucs. À l’époque, déjà, je me suis dit, je vais arrêter le scooter. Finalement, j’ai vendu le scooter. Je me suis mis à aller bosser en métro. Et puis après, je me suis dit, tiens, je vais aller bosser en métro. Mais je vais essayer de ne pas faire de changement. C’est-à-dire de prendre seulement une ligne de métro. Une contrainte supplémentaire. Et puis, en fait, souvent, tu vois, quand tu as un trajet à faire, tu as… un petit bout de trajet, un changement et un grand bout de trajet. Ou le contraire. Eh bien, je me dis, sur le petit bout de trajet, je vais le faire à pied. Je rejoins la ligne de métro directe, la plus proche. Et j’y vais direct. Et effectivement, ça m’a vraiment aidé à perdre beaucoup de poids. Et puis, quand j’ai changé de boulot, et là, je me suis retrouvé à aller bosser Porte Dauphine, de l’autre côté de la colline de Chaillot, par rapport à chez moi. Et là, c’était l’enfer pour y aller. C’est-à-dire que c’est super compliqué d’y aller. Et pareil, en métro ou à pied, c’était 45 minutes. Et donc, là, je me dis, en fait, je ne vais pas revenir au scooter parce que j’avais déjà constaté que j’avais perdu plusieurs kilos et que j’allais beaucoup mieux. Et donc, je me suis dit que le vélo était peut-être une bonne façon de faire. Et puis, Nicolas Hulot était passé par là. Enfin, sa démission, surtout, plus que le bonhomme en tant que tel. Et donc, je me suis dit, je vais m’acheter. J’ai revendu ma moto et je me suis acheté. Enfin, j’en avais d’autres, des motos. Je te dis, j’étais vraiment en phase terminale. Il y a un moment, j’en ai eu jusqu’à 7. Donc, c’est de te dire à quel point ça n’allait pas du tout. J’en ai que j’ai revenu une. J’avais un peu de sous et je me suis acheté un beau VAE, un vélo assistance électrique. En me disant, je mets toutes les chances de mon côté. Et puis, on va voir si ça marche. C’est ce que j’ai fait. J’ai continué à perdre du poids. Alors là, ça a été vraiment un super cadeau. Une très bonne nouvelle. Et puis, c’était aussi concrètement l’occasion de réduire mes émissions de gaz à effet de serre. Si tu regardes, il y a différentes infos. Si un Français moyen faisait son bilan de gaz à effet de serre, de ses émissions, tu verrais que la plus grosse surface, si tu représentes ça sous forme de surface, la plus grosse surface, c’est la voiture ou la moto. Parce qu’en fait, c’est rangé dans la même catégorie.
Ermanno : C’est le moteur à explosion. Voilà, c’est les moteurs thermiques.
Tristan : C’est le moteur. C’est là où on a le plus à gagner. L’avion est plus petit à côté, mais l’avion, on peut s’en passer sûrement plus facilement que la voiture. Enfin, je veux dire, si tu habites à la campagne et que tu dois faire 30 bandes pour trouver de quoi manger. Et les autres choses, il y a d’autres choses qui sont dans le budget qui sont importantes, mais c’est difficile de s’en passer. Tu ne peux pas te passer de logement, tu ne peux pas te passer de nourriture, mais tu peux probablement réduire ta façon de te déplacer, enfin, réduire tes émissions et te déplacer. Autrement, je ne sais plus quels sont les pourcentages de trajet fait moins de 5 kilomètres, mais c’est genre la majorité des trajets.
Ermanno : 80% des trajets font moins de 5 kilomètres. Et c’est juste impressionnant.
Tristan : Et 5 kilomètres à vélo, je vais dire, je trouve ça trop court, moi. Quand j’allais bosser Porte Dauphine, ça faisait 4 kilomètres de chez moi. Je faisais un détour le matin parce que je m’emmerdais. Je doublais la durée parce que sinon, je n’étais pas assez chaud. Donc, voilà, 5 kilomètres à vélo, c’est peanuts et il faut y aller, quoi.
Ermanno : Bon, donc, du coup, tu as répondu à la question suivante qui est quelles sont tes convictions personnelles sur le sujet. Forcément, là, on est en plein dedans. Tu nous dis que 4 kilomètres, c’est trop court, c’est peanuts. Tu m’as dit tout à l’heure aussi que tu ressentais un certain bien-être avant, pendant, après. Est-ce qu’il y a aussi un peu ce sentiment de liberté que mes invités m’énoncent souvent ? Quand tu es sur le vélo, finalement, tu te sens libre. Quand tu es dans un métro, tu es enfermé. Quand tu marches, tu es un petit peu moins libre parce que finalement, les distances sont un peu moins faciles à faire. Les longues distances sont un peu moins faciles à faire. Est-ce que sur le vélo, au contraire, tu ressens vraiment ce sentiment de liberté ?
Tristan : Oui, oui, absolument. Et c’est aussi ça que je veux montrer. C’est-à-dire que, pour une raison que j’ignore, mais je suis câblé comme ça, quoi. Moi, j’aime bien partager les bonheurs, les choses sympas que je vis, quoi. Et je fais de la photo depuis très, très longtemps. Donc, en fait, ce que j’aime bien, c’est partager cette liberté et c’est pouvoir s’arrêter et se dire, putain, c’est cool, c’est beau ici, tu vois. En plus, tu vois, mon trajet vélotaf, il est à Paris, quoi. Donc, Paris, ce n’est pas complètement hideux. Enfin, du moins, pas partout. Tu arrives toujours à trouver des endroits sympas. Et qui plus est, moi, je longe la Seine. Donc, bon, je passe au pied de la Tour Eiffel. Je fais un petit détour. Je vais prendre la Tour Eiffel parce que le ciel est beau et ça va faire une belle photo. Enfin, bon, je fais des détours et je peux m’arrêter où je veux. J’ai la liberté de faire ces détours. J’ai la liberté de m’arrêter à peu près où je veux. Pas comme un cochon au milieu de la piste cyclable, mais en faisant attention où je me mets. Quitte à pousser mon vélo sur le trottoir pour aller me mettre dans un endroit où je fais la photo. Et je fais plein de photos de Paris que je partage sur Twitter et c’est… C’est sympa, quoi, en fait. Oui, il y a cette liberté. Je la vis et j’aime la partager.
Ermanno : Bon, je vois là, dans mon petit écran de contrôle, qu’il y a une selle, très certainement, d’un vélo d’appartement, pas très loin de ton bureau.
Tristan : C’est un Brompton.
Ermanno : Ah, c’est ton Brompton. Je voyais juste la selle.
Tristan : Il va falloir que tu me croies sur parole parce que j’ai la flemme d’aller te le montrer. Ça, c’est le mien et puis celui de ma femme, il est planqué sous mon bureau.
Ermanno : Du coup, je voulais juste te poser la question. Est-ce que tu as poussé le vice, toi qui es informaticien, un peu sédentaire au quotidien, dans tes journées de travail, j’entends, de t’acheter aussi, tu sais, ces fameux petits… Alors, ce n’est pas des vélos, mais ces appareils pour pédaler que tu poses sous le bureau, ça te permet de pédaler pendant que tu codes ?
Tristan : Non, non, non.
Tristan : Il ne faut pas me faire rire, je suis enrhumé. Non. Enfin, j’ai déjà fait des meetings avec des collègues qui avaient des tapis de marche où ils marchaient comme un peu pareil, mais bon, sans vélo. Non. Pour moi, ça reste l’activité vélo. C’est aussi assimilé au grand air. Je me rends compte que j’ai besoin de grand air, j’ai besoin de respirer. Et donc, le vélo ou la marche à pied, pour moi, c’est essentiel. C’est un moment essentiel de la journée. C’est aussi pour ça, pour moi, le vélo-taf, c’est faire 25 minutes d’exercice le matin et 25 minutes l’après-midi. Ça fait des vraies coupures, je me suis rendu compte que j’arrivais à gérer une dose de stress infiniment supérieure quand j’allais bosser à vélo par rapport à toute l’époque où je télétravaillais. C’est pas désagréable, je suis bien installé pour le télétravail, mais en fait, ça me manque de ne pas me lever le matin, faire un tour de vélo et de faire un tour de vélo le soir en rentrant. C’est vraiment, en termes de santé mentale, c’est un apport hallucinant qu’on constate au quotidien quand ça s’arrête. Je ne suis pas en forme aujourd’hui. Je n’ai pas fait de vélo.
Ermanno : Il y a peut-être aussi ces fameuses endorphines, noradrénaline et autres qui sont plus injectées dans le système hormonal et sanguin qui font que tu as ce sentiment de manque. L’activité physique, c’est une drogue et ce n’est pas pour certaines personnes, quel que soit le niveau de pratique.
Tristan : L’oxygénation, etc. Franchement, c’est une drogue. Je ne peux pas m’en passer. Bonjour, je m’appelle Tristan Nittau et je suis accro au vélotaf.
Ermanno : C’est une bonne drogue. Je pense que je devrais commencer les prochains épisodes comme ça. Je demande à mes invités de se présenter comme faisant partie du groupe des alcooliques anonymes ou des vélotaffeurs anonymes qui ne le seront plus une fois qu’ils seront passés dans le podcast. Une petite question d’un point de vue pratique. Toi qui as revendu une de tes motos pour t’acheter un beau vélo VAE, est-ce que tu as acheté du matériel, des accessoires qui vont avec ? Forcément, si tu es motard, tu dois savoir te protéger de la pluie, mais je te vois mal enfourcher un Brompton avec tes bottes de motard, avec ta combinaison de moto, avec ton… Ce n’est pas un sac à dos, mais tu sais, la coque qu’on met dans le dos en cas de chute. Comment est-ce que tu t’es équipé quand tu as commencé le vélo, toi qui finalement ne connais quasiment rien au vélo-taffe à cette époque-là ?
Tristan : C’est marrant, je me suis fait cette réflexion tout à l’heure et je m’étais dit que j’allais te répondre à côté si jamais tu allais me poser la question. C’est bien que je te la pose alors. Voilà, exactement. En fait, le meilleur accessoire que j’ai acheté, c’est une pompe à pied avec un manomètre. Ça, c’est le truc auquel personne ne pense, mais chaque fois, ça me fait couiner quand je vois… Et j’habite en Paris, il y a beaucoup de gens à vélo. Je me dis, mais pourquoi les gens roulent avec des pneus à plat ou quasiment à plat ? Les gens, du coup, ils risquent la double crevaison par pincement. Enfin, moi, ça m’est déjà arrivé, c’est quand même super désagréable. Tu perds une énergie de dingue parce que tu déformes ton pneu, etc. Et donc, depuis que j’ai une pompe à pied avec un manomètre, j’ai une petite note dans mon smartphone avec la pression des pneus nécessaire pour chaque vélo, comme ça, et pour ceux de ma femme aussi. Comme ça, j’ai toujours la bonne pression de pneu. Disons que c’est super vite fait et c’est pas fatigant. Tu vois, t’es pas à pomper comme un dingue pour remettre une pression correcte, quoi. Tu sais quelle est la bonne pression. Ça, pour moi, c’est l’accessoire auquel les gens ne pensent pas et il ferait bien de le faire. Au niveau équipement, on va faire l’informaticien. Moi, j’ai une application que j’aime beaucoup qui marche quand elle veut, malheureusement, qui s’appelle Rain Today, qui n’existe plus sur Android, mais qui existe sur iOS et qui te donne… Alors, il y a des variantes, mais en gros, c’est une application qui te donne la prévision dans l’heure qui vient de la pluie. Et si t’as la chance d’avoir des horaires un petit peu flexibles, comme c’est mon cas, si tu veux, sur le coup de 18 heures, tu commences à regarder ta… Si tu penses qu’il y a des risques de pluie, tu regardes ton application et tu vois quel est le créneau que t’as pour rentrer chez toi sans te faire tremper. Donc, ça, c’est hyper sympa, ce qui fait que je ne mets quasiment jamais mon pantalon de pluie. Vraiment, j’en ai un dans chaque vélo, mais je ne les mets pas, quoi. Parce que je me démerde toujours pour rouler quand il ne pleut plus. Alors, il peut y avoir de la pluie par terre, enfin de l’eau par terre, tu vois, mais c’est pas pareil que de pédaler sous la pluie. Mais j’ai toujours un pantalon de pluie quand même au cas où. Et j’ai… Par contre, j’ai deux blousons de pluie de marques différentes. Un en Gore-Tex avec, en fait, une veste d’alpiniste avec des grandes ouvertures sous les bras pour ne pas transpirer. Des ouvertures qui sont ouvertes 11 mois sur 12, quoi. Parce que moi, je n’ai pas cessé de transpirer même en perdant du poids. Et qui fait que j’ai… Ben, j’ai toujours ça, quoi, en fait. C’est léger. Et si jamais il y a la pluie qui arrive, je ne suis pas complètement à la ramasse, quoi. C’est un peu obligatoire. J’ai toujours ça avec moi. Et des gants. Et un casque. Le casque, pas toujours, mais les gants, toujours. Mais ça, c’est une histoire de motard, ça. C’est… Je ne sais pas. Les gants, c’est parce que je ne suis pas bien sans. Et que je sais que si je tombe, les mains, c’est le premier truc qui prend. Donc… Bon. Et je ne sais pas. J’ai l’habitude de mettre des gants. Je me sens mieux avec des gants. Mais encore une fois, héritage de motard. Je ne suis pas en train de dire que tout le monde devrait faire pareil. Et le casque, parce que ma femme me force à le mettre.
Ermanno : Alors, toi qui es motard, tu vas prendre un carton rouge. Le casque en vélo, il est aussi obligatoire. Si tu savais le nombre d’accidents qui peuvent être fatals et qui pourraient être évités en portant un casque. Alors, toi qui es technophile, je t’invite à aller écouter l’épisode que j’ai fait avec le représentant de Cosmo Connected. Ils font des casques, des casques connectés. C’est nickel. Ils font même des lunettes connectées maintenant. Et voilà, ça pourra te donner une raison de plus, un petit incentive en plus pour mettre ton casque tous les matins. Et en plus, il est pliable. Tu parles justement du matériel avec lequel tu t’équipes. Je t’ai entendu dire mes vélos. Tu es tombé dans la même folie que tu avais sur la moto au niveau des vélos. Tu en as plusieurs. Donc, tu as un VAE, tu as un vélo musculaire. Est-ce que tu commences à faire des collections d’autres vélos aussi ou pas ?
Tristan : Non, non, non. Alors déjà, si tu veux, je suis parisien. Donc, forcément, c’est compliqué. Donc, j’ai mon vélo, mon VAE historique, entre guillemets, qui a 4 ans, qui est un moustache, que j’ai toujours, mais qui peut-être vient de rentrer à la retraite. Enfin, tu vois, j’en sais rien. Disons que ça fait un mois que je ne m’en suis pas servi. Enfin, quand j’ai vu que vraiment, je kiffais le vélo, j’ai dit à ma femme, ça serait sympa qu’on t’achète un vélo à Paris. Tu vois, on a déjà un vélo qu’on laisse chez mes parents en Normandie. Elle, elle a son vieux VTT que je lui avais fabriqué dans les années 90. Elle l’a toujours. Mais bon, tu vois, pour Paris, qu’elle ait un vélo ici aussi, sans qu’on ait à se le trimballer à chaque fois. Et je lui ai dit, on va te prendre un VAE. Elle m’a fait, bah non, c’est hors de question. Moi, je ne veux pas. Genre, je ne suis pas vieille, moi. Enfin, bon, tu vois, ou l’électrique ne passera pas par moi. Enfin, je ne sais pas. En tout cas, je l’avais fâchée. Je n’ai pas essayé de passer en force. J’ai bien compris que ça n’allait pas. Donc, on lui a pris un vélo musculaire. Et du coup, j’étais obligé de m’acheter un vélo musculaire pour aller avec elle parce que j’allais pas partir en électrique. Et du coup, on s’est acheté tous les deux des randonneuses en acier. En théorie, juste pour faire de la balade le week-end. Et du coup, elle, elle est passée au vélotaf parce que ça, elle l’a fait genre six mois après moi. Et puis, un peu de temps après, il approchait des grosses grèves en 2019. Attends, je ne sais plus.
Ermanno : Oui, c’est ça, 2019, c’était les blocages avant le Covid.
Tristan : Voilà, mais c’était… Enfin, bon, il y avait des grosses grèves de transport. Elle y est passée et elle n’a pas arrêté non plus.
Tristan : Et moi, je me suis acheté une randonneuse pour aller avec. Et puis après, on est parti faire des voyages à vélo avec ces deux vélos. Et maintenant, c’est son daily ride, son vélo du quotidien. Et moi aussi, en fait, puisque maintenant, ce vélo musculaire qui est un VSF, pour ceux que ça amuse, c’est le vélo que j’utilise au quotidien pour aller bosser. Et puis après, on a fait une folie tous les deux, presque en même temps. On s’est acheté deux Brompton.
Tristan : Parce qu’on s’est dit, quand même, faire des week-ends à l’autre bout de la France, c’est sympa. Comment est-ce qu’on peut le faire sans bagnole, sans moto ? Et on s’est dit, on va se faire des week-ends zéro carbone en TGV plus Brompton. Et donc, on s’est acheté chacun un Brompton. Et moi, je l’utilise parfois pour aller donner une conférence. Je l’ai emmené à La Rochelle, à Lyon, à Grenoble. Tu le mets dans le TGV. Et puis après, sur place, tu es autonome. Et donc, voilà, ça fait mon troisième vélo. Plus ce même vieux VTT qui est chez mes parents en Normandie et qui me sert à aller faire les courses au supermarché d’à côté.
Ermanno : Pour ceux qui ne connaissent pas le Brompton, c’est un vélo pliant, et qui est juste super agréable à rouler. Donc, celui-là, on aura compris que c’est un peu le vélo plaisir qui vous permet de faire des week-ends ou des vacances low carbone.
Tristan : Oui, c’est un vrai vélo. Alors, évidemment, il est un peu cher. Il est fabriqué à la main en Angleterre. Enfin, bon, c’est pas… C’est la Jaguar du vélo. Voilà, c’est un peu du haut de gamme. Mais c’est un vrai vélo utilitaire, finalement, mais de qualité. Et j’ai vu, par exemple, hier, qu’il y avait deux types qui sont allés, qui ont rejoint le camp de base de l’Everest avec leur Brompton. Donc, bon, il doit y avoir un bon jarret, quand même. Mais comme quoi, c’est possible de voyager avec un Brompton.
Ermanno : Bon. Tristan, j’ai vu que tu étais aussi passé dans la newsletter de mon ami Léry, qui s’appelle Le Concentré Vélo, où tu donnais ton avis si tu étais candidat à l’Elysée à l’époque de la dernière campagne électorale où M. Macron a re-signé pour quatre ans.
Tristan : C’était juste avant qu’il devienne écolo. C’était beau, ça. Ça doit être ça.
Ermanno : Tu avais fait trois propositions. Est-ce que tu t’en souviens ou est-ce que je te les rappelle ?
Tristan : Tu vas me les rappeler. Je me souviens juste que j’étais bien vénère ce jour-là.
Ermanno : J’ai senti. Donc, tu disais que un, tu ferais respecter le code de la route. Deux, qu’une part du budget irait aux infrastructures vélo. Et puis, trois, que le forfait mobilité durable serait obligatoire et le forfait augmenterait considérablement. Est-ce que tu partages toujours ces points de vue-là ? Et volontairement, j’étais assez flou en les énonçant. Peut-être savoir si ça te revient et si tu veux en reparler. Est-ce que tu partages toujours ces points de vue-là ou est-ce que tu les as fait évoluer ou est-ce que tu en as d’autres ?
Tristan : Non, non, non. Ils étaient un peu cash et le premier point n’est pas forcément populaire sur le respect du code de la route. Je sais peut-être que je suis vieux et con, mais je pense que c’est important que, surtout si on veut que le vélo, ça devienne vraiment populaire, il faut arrêter de faire n’importe quoi et il ne faut pas mettre en danger les piétons, ne serait-ce que ça. Il faudrait juste qu’on soit un peu moins con que les automobilistes. Oui, il y a de la liberté à vélo, mais ce n’est pas la raison qui devrait nous pousser à faire… Absolument n’importe quoi. Et puis aussi, je dis ça, c’est aussi pour que les automobilistes soient obligés de respecter le code de la route et en particulier la façon de se garer et l’interdiction de se garer sur des pistes cyclables. Il existe cette interdiction, il faudrait qu’elle soit observée. Donc là-dessus, je n’ai pas changé et je pense que c’est un point important quant à mettre de l’argent dans les infrastructures.
Ermanno : Tu avais même fait une proposition complémentaire et c’est un truc auquel je pense depuis des années, mais moi je n’ai pas les compétences techniques, il faudra qu’on discute. Tu avais proposé de créer une application mobile pour porter plainte en prenant une photo ou une vidéo des contrevenants. Et ça, je trouve ça juste génial. Moi, je te dis, ça fait des années que j’ai cette idée là en tête, mais que je n’ai pas réussi à la développer. Enfin, que je n’ai même pas essayé de la développer parce que je n’ai pas les compétences techniques. Mais c’est vrai que… Et encore plus en vélo, parce qu’en voiture, sortir le téléphone, sortir une caméra ou quand tu es piéton, c’est un peu compliqué. Mais en vélo, je trouve que c’est… Tu peux pédaler sans toucher le guidon ou tu peux pédaler à une main et donc c’est plus facile. Et ça aiderait tellement, ne serait-ce que sur la culture vélo, comme tu dis, faire respecter le code de la route par tout le monde, mais à commencer par les motorisés, ce serait peut-être une bouffée d’air pour les gens qui ne se sentent pas forcément en sécurité sur les infrastructures.
Tristan : Oui, alors je ne sais pas si je commencerais par les motorisés. Je dirais que tout le monde a la même enseigne. En fait, il y a une règle et tout le monde la suit, y compris les vélos, parce que… Ou les trottinettistes. J’ai vu l’autre jour un trottinettiste, ils étaient deux sur la trottinette, ils ont failli écrabouiller une gamine parce qu’ils sont passés en force sur un passage piéton devant le Louvre. C’était scandaleux, quoi. Ça marche aussi pour les vélos. Tantôt, j’engueule un cycliste parce qu’il fait n’importe quoi. Parce que bon, oui, on est moins lourd, on est moins dangereux qu’un SUV, mais enfin, on peut quand même faire très mal à quelqu’un.
Ermanno : En vélo, tu shoots un gamin de deux ans, c’est le même résultat.
Tristan : Oui, mais la gamine de cinq ans qui traversait là, elle a eu la peur de sa vie, quoi.
Ermanno : Le deuxième point, c’était 20% du budget voirie devrait être attribué aux infrastructures. Vélo, en particulier, t’en démords pas ou tu penses que 20%, c’est pas assez, finalement ?
Tristan : Non, je pense que je sais pas d’où je les sors ces 20%, mais je pense que c’est certain qu’il faut vraiment faire quelque chose. Mais ça s’inscrit dans une problématique qui est celle dont on parlait au départ, qui est une problématique climat. Juste là, je prends deux secondes, mais un Français moyen, ça émet 10 tonnes de CO2 par an. Il faut descendre à 2 tonnes. Il faut qu’on divise par 5 d’ici 2050. Donc, ça veut dire qu’il faut massivement, massivement, urgemment arrêter de prendre la bagnole à chaque fois que c’est pas absolument indispensable. Et ça, ça n’est possible que dans la mesure où il y a les infras derrière. Presque tout le monde est capable de faire du vélo. Presque tout le monde. Sinon, il y a des vélos adaptés, il y a des vélos assistés, il y a des tricycles assistés. Enfin, je veux dire, on peut faire du vélo, mais vraiment, c’est beaucoup plus large que ce qu’on pense. Il y a des vélos cargo, il y a des long-tail. Enfin, je veux dire, on peut vraiment élargir le spectre du vélo pour des tas de besoins. Mais tant qu’il n’y a pas les infrastructures cyclables, les gens ne vont pas se sentir en sécurité. Aujourd’hui, le nombre de gens qui amènent leurs gamins en SUV à l’école, alors que l’école est à moins de 5 km, ou moins de 200 mètres, ou moins de 400 mètres, c’est juste scandaleux. Et il y a cette urgence climatique qui fait qu’il faut vraiment faire quelque chose. Et les gestes les plus utiles, c’est ça, et isoler les logements en substance. Donc, faisons des infra-vélos, c’est essentiel.
Ermanno : Le dernier point, c’est le forfait mobilité durable. Le forfait a peut-être un petit peu augmenté depuis, mais toi, tu pensais, tu proposais déjà de le rendre obligatoire pour tous les employeurs, et ça, je pense que ce serait une bonne chose parce que, mine de rien, quand on est français, il n’y a que quand on nous impose de faire les choses que ça marche, en général. Et puis, d’augmenter considérablement ce forfait-là. Tu crois qu’en passant à un forfait mobilité durable de 1 000, 1 500, 2 000 euros, ça aiderait encore plus les gens à se mettre au vélo ? Ou au contraire, ce serait peut-être jeter des cailloux dans l’eau ?
Tristan : Non, moi, je pense que ça serait super. Peut-être même pas 1 000, mais tu mets, imagine, 500 balles. C’est-à-dire qu’en fait, tous les 4 ans, tu peux te payer un top vélo tous les 4 ans et te saper en Gore-Tex des pieds à la tête. Franchement, 4 fois 500 balles, ça fait 2 000. Franchement, pour 2 000 balles, t’as mieux que ma randonneuse en acier fabriquée en Allemagne équipée en Dior XT. Franchement, ça serait royal, déjà, 500 balles par an. Donc, voilà, il faut y aller.
Ermanno : En général, les invités que je reçois, aussi, là, pour parler d’eux, mais pour parler de leur entreprise ou de l’entreprise qu’ils représentent. Toi, on parle surtout de toi, évidemment, aujourd’hui. Tu nous as dit tout à l’heure que tu avais rejoint il y a quelque temps Scaleway, qui est un opérateur cloud. Est-ce que tu joues aussi ce rôle d’évangéliste du climat chez Scaleway ? Est-ce que tu vas voir les boss en leur disant, écoute, le forfait mobilité durable, s’il te plaît, pour l’instant, il n’est pas obligatoire, mais fais quelque chose. Il faut absolument qu’on mette tous nos salariés au vélo.
Tristan : Alors, absolument. Et d’autant plus, que c’est ma fonction, je suis payé pour, si tu veux. Je suis, alors, chez Scaleway, on parle beaucoup anglais, et donc, moi, je suis sustainability lead. En gros, on va dire responsable développement durable chez Scaleway. Donc, si tu veux, déjà, quand j’arrive en vélo, ça assoie un petit peu plus ma crédibilité. Note bien que c’était trois ans plus tôt, je venais déjà à vélo dans mon bureau, donc ce n’est pas pour l’occasion. Le forfait mobilité durable, il existe chez Scaleway. Et on est en train de faire du lobbying en interne pour qu’ils agrandissent le parking vélo qui est souvent saturé. Donc, ouais, mais ce qui est bien, c’est qu’il n’y a pas besoin de forcer son talent, parce qu’il y a plein de gens, y compris au plus haut niveau de l’entreprise, qui sont déjà motivés sur le sujet. Notre président, il a fait déployer en interne une flotte de véhicules électriques pour aller se rendre sur nos data centers qui sont, certains sont assez loin de Paris, etc. Donc, il y a, et là, vélo, j’ai un collègue qui l’a déjà fait à vélo, mais on sent qu’il est un peu plus cintré que les autres, lui, si j’ose dire. Mais, ouais, ce n’est pas un truc que tu peux demander, tu ne peux pas demander aux gens de faire genre 80 bandes par jour à vélo. Voilà. Mais c’est pour ça qu’il y a des événements, des véhicules électriques. Mais disons qu’en tout cas, chez Scaleway, il y a une vraie culture dans ce sens-là. Et moi, j’accompagne le sujet et je suis payé pour. Donc, c’est formidable.
Ermanno : Bon, tu auras compris que c’était une question rhétorique, évidemment, une question ironique où tu as été là où je voulais t’emmener. Est-ce que tu crois à la force de l’exemplarité ? Tu dis que le président, il a acheté une flotte de véhicules électriques pour aller jusqu’au data center. Toi, tu montres l’exemple en venant en vélo et ce n’est pas parce que tu es chez Scaleway que tu fais du vélo. Tu en faisais déjà avant, tu faisais déjà du vélo taf avant. Mais est-ce que tu crois à la force de l’exemplarité et que du coup, dans ta façon d’agir, dans ta façon de mener tes missions chez Scaleway, tu mets aussi ça en avant ?
Tristan : Oui, je crois à la force de l’exemplarité. Je reconnais aussi ses limites aussi. Certains temps, j’aimerais bien que les gens autour de moi échangent un petit peu plus vite. Enfin, tu vois, ma femme, elle m’a vu aller bosser à vélo pendant six mois et puis après, elle s’y est mise toute seule. C’est cool. Je n’ai pas essayé de la tarauder en lui disant il faut vraiment que tu t’y mettes. Non, non, elle s’y est mise toute seule. Ça, c’est super. Elle veut absolument qu’on aille refaire des tours avec le Brompton, je ne sais où. Enfin bon. Donc, je crois à l’exemplarité. Mais je l’ai aussi fait pas seulement pour ça, je l’ai fait pour des raisons de cohérence en fait. Pour moi, je sais qu’on a un vrai problème avec le climat et c’est important que dans mes actions du quotidien, j’en tienne compte. Et donc, j’en tiens compte. Et si tu veux, je n’ai pas honte d’aller me promener dans les locaux de Scaleway avec mon Brompton ou de me balader avec mon casque de vélo dans l’ascenseur. Je ne cache pas, si tu veux, ce genre de choses. Mais c’est aussi pour ça que je fais des photos de mon vélo dans Paris, un peu partout, dès que je peux, dès qu’il fait beau, la ville est belle. Si tu veux, la lumière est belle, j’en profite.
Ermanno : Avant d’arriver sur la dernière partie de l’épisode, ça m’inspire une réflexion. Est-ce que tu trouves que les mentalités ont finalement un peu changé et que le vélo, notamment le vélotaf, ce n’est plus une histoire de bobo parisien ? Alors, tu es à Paris, mais sans tomber dans le cliché, est-ce que justement les mentalités ont évolué ? Que ce soit pour les vélostaffeurs, les cyclistes du quotidien, mais aussi pour les vélotaffeurs, les gens qui les voient. Tu disais que tu n’as pas honte de te balader dans les couloirs de Scaleway avec ton vélo ou avec ton casque. Est-ce que tu trouves que les mentalités ont changé ou est-ce que tu entends encore des gens qui disent « Regarde, c’est Tristan, le mec, il prend son vélo tous les jours. »
Tristan : Alors, je n’ai pas eu le problème du tout chez Scaleway. Enfin, il y a vraiment… Si tu veux, je suis arrivé chez Scaleway et chez nous, on utilise un outil de communication interne dans lequel il y a des canaux et puis, genre le deuxième jour où j’étais là, j’ai reçu une notification « Vous avez été inscrit dans le canal Vélotaf ». Donc, en fait, il y avait un canal Vélotaf où les gens m’ont inscrit d’autorité. Donc, c’était plutôt bon signe. Alors, je parle surtout de mon point de vue de Parisien parce que c’est là où je fais du Vélotaf. Je pense que les choses en quatre ans ont énormément changé et les pistes temporaires de la période Covid ont finalement été extrêmement peu positives et on voit en fait se déployer la notion de masse critique. C’est-à-dire qu’avant, tu étais ultra minoritaire à vélo et aujourd’hui, tu as vraiment beaucoup de gens beaucoup plus qu’avant qui viennent à vélo. Tu vois bien que les automobilistes font plus attention au vélo qu’avant. Il y a une piste cyclable à côté de chez moi, celle qui va vers Boulogne, une piste cyclable qui est bidirectionnelle côté rive droite. Il y a une époque où tu avais tout le temps des deux roues motorisées sur cette piste cyclable et puis maintenant, il n’y en a plus du tout. Les mecs n’étaient pas contents, ils venaient s’incruster là parce qu’il n’y avait pas assez de place sur la route. Maintenant, les mecs, on ne les voit plus. J’en ai pu croiser depuis des mois. C’est cool. Je pense que ça va dans le bon sens mais je suis parisien et je suis aussi des attaches ailleurs en France et je vois bien que ce n’est pas partout pareil. Je vois qu’en Normandie, mais même là, ça bouge. Ça m’arrive maintenant de voir, y compris en dehors de la saison d’été, de voir que presque tous les arceaux de sécurité du supermarché où je vais faire les courses sont pleins. Alors qu’avant, ce truc était complètement anachronique. Il ne servait presque à rien. J’étais tout seul et maintenant, il y en a de plus en plus. Donc, j’ai l’impression que ça bouge. Il y a des endroits où ça bouge moins vite parce que les municipalités n’ont pas du tout fait d’efforts en termes d’équipement cyclable. Et là, forcément, il faut être un peu plus tête brûlée que ailleurs. Mais là où les municipalités ont fait des efforts en termes d’infrastructures, on voit bien et puis pour peu que le terrain ne soit pas trop escarpé, on voit bien que ça change très vite. Et même encore, le relief avec le terrain, le VAE, ce n’est quasiment plus une excuse.
Ermanno : Toi qui parles aux puissants, si jamais il y a des municipalités qui ne sont pas très bien équipées, je t’invite à leur partager un autre podcast que je produis qui s’appelle Le Podcast Vélo. Et je produis ça justement avec Léry Gickel qui envoie la newsletter Le Concentré Vélo. Donc là aussi, c’est une bonne recommandation. Et notre objectif, c’est de nous adresser justement, en tout cas pour la première saison, aux élus territoriaux et aux techniciens territoriaux qui voudraient se mettre en place ou qui voudraient améliorer leur politique cyclable. Donc toi qui parles aux puissants, si jamais tu vois ça, balance mon podcast.
Tristan : Avec plaisir. Ce n’est pas que je parle tant aux puissants, mais c’est vrai qu’à chaque fois que j’allais à l’Assemblée Nationale ou au Sénat ou dans les ministères, j’apporte fièrement mon casque de vélo parce que j’y vais à vélo et j’ai mon casque de vélo. C’est normal, il est avec moi. Il est posé en évidence sur mon cartable parce que voilà, j’assume complètement et je revendique passivement si tu veux, que je suis un peu plus puissant. Le fait que je suis venu à vélo et que c’est normal.
Ermanno : On t’enverra des stickers sur le podcast vélo. Oui, c’est bien. Tristan, je te propose de prendre une bonne inspiration. On va finir ce podcast et puis on va revenir sur toi. Déjà, la première question, ce serait quel est ton meilleur souvenir de Vélotaf ?
Tristan : Mon meilleur souvenir de Vélotaf, c’est peut-être dans le bois de Boulogne quand je faisais mon crochet pour rallonger mon trajet allé où il y avait un lever de soleil sur un des lacs du bois de Boulogne dans cet endroit où il y a une buvette où il y a des pains, des grands pains et cette impression d’être en vacances, de faire du VTT en vacances quand tu vas bosser le matin. Ça, c’est assez top.
Ermanno : Bon, je valide cette visualisation. À ton avis, comment promouvoir encore plus l’utilisation du Vélotaf ? Attention, là, je ne m’adresse pas uniquement à la Vélotaf, mais uniquement à Tristan Ito, M. Octet Vert, M. Technophile, mais aussi à Tristan Nitot, le Sustainability Lead Officer chez Scaleway.
Tristan : Je pense qu’il faut assumer de faire du vélo gentiment. Il faut assumer de se trimballer avec son casque vélo. Il faut assumer de vanner les copains ou les collègues qui vont au resto et qui mettent une heure à se gâcher. Alors que toi, tu y vas à vélo, tu fais « Alors, les ringards ? » Ça fait 20 minutes que je vous attends.
Ermanno : Il y a une suggestion que je fais systématiquement à mes invités et là, en plus, pour toi qui as un pied dans l’entreprise et qui peut-être peut faire bouger les choses, c’est que penserais-tu de faire du naming de parties ou de pistes cyclables ? De la même manière qu’on fait du naming de stades de foot, pourquoi est-ce qu’on ne ferait pas un bout de piste cyclable sponsorisé par Scaleway, par exemple, qui permettrait peut-être de mettre la main aux autorités pour pouvoir agrandir ou améliorer la qualité d’une piste cyclable et puis surtout à tous ces utilisatrices et tous ces utilisateurs de se sentir beaucoup plus en sécurité sur ce passage-là ?
Tristan : Je ne sais pas si c’est une super idée. Alors, je ne sais pas. Peut-être que mon employeur va trouver que c’est une excellente idée mais je ne suis pas complètement à l’aise avec l’idée. Moi, je trouve que c’est une bonne idée parce qu’il faudrait que la puissance publique construise ça devrait être la norme. Quand tu vois le prix du kilomètre d’une autoroute urbaine qui, de toute façon, va être saturée et qu’il va falloir agrandir et qui, entre-temps, aura, un, coûté une blinde aux contribuables et, deux, niqué la planète et, deux, trois, provoqué des maladies respiratoires, je pense que c’est une bonne idée. Et financer Poutine, enfin, tu vois, on peut faire la liste vraiment très longue comme ça, avec un kilomètre d’autoroute urbaine qui fait littéralement des centaines de kilomètres de pistes cyclables. Donc, ce n’est pas qu’il manque d’argent, c’est juste qu’il n’est pas orienté vers le bon endroit. Et ça devrait être normal d’avoir une piste cyclable de qualité pour aller partout en France sans avoir un piste cyclable et recourir aux marques pour financer ce genre de choses.
Ermanno : Bon, moi, je trouvais que c’était une bonne idée parce que peut-être mettre le pied à l’étrier justement de la force publique, mais bon. Je note que tu es le seul invité qui me dit que ça ne marcherait peut-être pas. Tout à l’heure, tu nous as parlé un petit peu des outils que tu utilisais pour vélotaffer, notamment Rain Today, notamment ta veste, ton pantalon de pluie que tu ne sors pas beaucoup. Est-ce qu’il y a d’autres outils que tu utilises pour vélo taffé ? Et que tu pourrais conseiller à notre audience ?
Tristan : Un truc pour porter son vélo sur le guidon, mais je n’ai pas trouvé encore le machin de rêve. J’utilise deux trucs et j’en ai oublié le nom. S’il y en a un, ça s’appelle Ram Mount. Ça, c’est un truc issu de ma moto, en fait. C’est des griffes en métal qui viennent tenir le téléphone sur le guidon du vélo ce qui est bien pratique quand tu arrives dans un coin où tu ne sais pas te diriger d’avoir ton téléphone à portée de main sans avoir à le glisser et de sortir de la poche.
Ermanno : Il y a tout un tas d’outils comme ça qui existent et qui vont du plus frugal au plus cher, mais c’est vrai que le petit support pour mettre sur le cintre de vélo pour pouvoir poser ton téléphone, c’est toujours le plus pratique.
Tristan : Oui, pour moi, j’en ai un sur chaque vélo.
Ermanno : Et puis enfin, Tristan, si tu devais passer le micro, qui est-ce que tu aimerais entendre s’exprimer sur ce podcast ?
Tristan : Je ne sais pas s’il voudrait sortir de son trou, mais l’ami Bilook, très actif sur Twitter et qui a animé un podcast pendant un moment, il est un peu en train de se cacher en ce moment,
Tristan : mais c’est un type merveilleux. Donc, si jamais tu arrives à le convaincre, tu peux venir de ma part pour aller le chercher. Je te filerai ses coordonnées. Je te filerai ça. Ça marche. Ce sera avec plaisir. Oui, moi, je pense que c’est un mec super.
Ermanno : Super. Écoute, merci beaucoup, Tristan. Est-ce qu’on a fait le tour ou est-ce qu’il y avait d’autres petites choses que tu voulais rajouter ?
Tristan : Non, mais tu vois, je me dis peut-être qu’il faudrait que tu en parles. Tu vois, je t’ai proposé spontanément quelqu’un que j’aime bien et je vais t’en proposer une que j’aime bien qui est Auprès de ma selle. Pareil, je ne sais pas si elle voudra sortir de sa relative discrétion, mais c’est une fille super. Son surnom, c’est Auprès de ma selle, aussi active sur Twitter, je suis très branché Twitter. Elle est top. Elle vend des vélos. Elle nous raconte l’histoire de son papa qui s’est acheté un vélo électrique et qui part faire des grands voyages à un âge très respectable et tout. Ça peut être le deuxième candidat. Voilà. Puis comme ça, on aura la parité.
Ermanno : Super. Merci beaucoup, Tristan. Je te souhaite une très bonne continuation. Bonne soirée. Bon voyage pour aller chez Scaleway dès lundi puisque là, j’ai compris. Je te remercie. Tu t’es mis en télétravail pour pouvoir faire cette interview dans les meilleures conditions. Et puis, je te donne rendez-vous bientôt dans un nouvel épisode du podcast L’Octévaire.
Tristan : Merci. Avec plaisir. Merci beaucoup pour l’invitation. C’était génial. Super.
Ermanno : Merci.