Dans cet épisode, je vous propose d’échanger avec Damien Garreau de JHOG !

Bonne écoute !

Pour contacter notre invité via Linkedin, c’est par ⁠ici⁠ ( https://www.linkedin.com/in/damiengarreau )  !

Ce podcast animé par ⁠⁠⁠Ermanno DI MICELI⁠⁠⁠ est proposé par l’ONG ⁠⁠⁠TwoWheelTuesday⁠⁠⁠ (⁠⁠⁠@2wteu⁠⁠⁠), et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique du Vélotaf.

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Full Trancript 

Ermanno : Bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour un nouvel épisode du podcast Vélotaff. Aujourd’hui, j’ai la chance de recevoir une personne qui va nous parler de JHOG, mais JHOG pas comme jogging ou comme le sport ou la tenue. Il va revenir un petit peu avec nous pourquoi justement cet orthographe, de quoi on parle quand on parle de JHOG. Mais d’abord, je souhaite la bienvenue à mon invité Damien Garreau. Salut Damien. 

  

Damien : Salut Ermanno. 

  

Ermanno : Tu vas bien ? 

  

Damien : Je vais super bien, je suis super content. Merci de m’avoir invité. 

  

Ermanno : Je t’en prie, c’est un plaisir. Je vois qu’il y a un petit peu de lumière, un petit peu de soleil. Est-ce que c’est juste de la lumière, du soleil caché derrière les nuages ou est-ce qu’il fait beau chez toi là ? 

  

Damien : On a presque beau temps, on a presque beau temps. On ne se plaint pas, on devrait avoir beau cet après-midi. C’est la douceur engevine, tu sais. 

  

Ermanno : Tu sais, c’est les questions un peu bateaux, mais ça sert à briser la glace. Et puis, quand on parle de climat, surtout en ce moment, on enregistre début décembre, la glace, il y en a un petit peu partout, notamment à un endroit dont on a parlé un petit peu en off, mais on va revenir un petit peu après dessus. Tout d’abord, ce que je te propose Damien, c’est de te présenter. Dis-moi tout, qui est Damien Garreau. 

  

Damien : Écoute, je suis entrepreneur depuis un peu plus de deux ans. Je suis bien d’une famille d’agriculteurs, de gens qui, dans la région entre Angers et Le Mans, ont toujours entrepris. Pendant beaucoup d’années, j’ai travaillé à l’export. J’ai travaillé en France, j’ai travaillé en Afrique, j’ai travaillé en Europe, aux États-Unis, dans les télécoms, dans l’industrie, dans les machines de travaux publics. Et au fil du temps, à force de rencontrer des clients à moi qui étaient des entrepreneurs, je me suis dit qu’un jour, ce serait mon tour. Il se trouve que juste avant le Covid, fin 2019, on est rentré d’une expatriation aux États-Unis avec ma femme et mes deux enfants. Et à ce moment-là, le projet, c’était de reprendre une entreprise. Donc, je me suis positionné là-dessus. Le Covid est arrivé. Je ne me suis pas senti de prolonger le projet de reprise. L’économie était trop instable. Sur le conseil aussi de quelques proches, je me suis plutôt orienté vers de la création. J’ai eu plusieurs projets, un notamment de création d’une entreprise. C’était un distributeur de gel hydroalcoolique connecté. À ce moment-là, c’était pas mal la mode. Bon, il se trouve que ça n’a pas pris, mais ce n’est pas grave. C’était une expérience. Mais c’était quand même très intéressant. J’ai été adossé à un groupe industriel. Donc, c’était vraiment intéressant. Et il se trouve que grâce à cette expérience, j’ai rencontré des gens qui travaillaient sur des projets très innovants. Notamment, une personne qui lançait une entreprise de livraison à vélo de produits frais. Et elle avait un problème technique. C’est qu’elle n’avait pas de solution pour transporter sur une remorque du volume de produits frais à vélo. Et il y a besoin de volume pour pouvoir atteindre une rentabilité sur ce type d’activité. Et donc, moi, je me suis beaucoup intéressé aux côtés techniques. Je me suis dit, est ce qu’il y a quelque chose à creuser, un produit à lancer? J’avais toujours travaillé dans ce type de situation, donc ça m’allait bien. Et finalement, j’ai découvert qu’il y avait déjà un monde énorme qui existait avec beaucoup de solutions de vélo appliquées aux entreprises, aux entrepreneurs. Deux roues, trois roues, quatre roues, des remorques, pas de remorques, une caisse devant, pas de caisse deavant. Et là, ça m’a vraiment bluffé. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose à creuser. J’ai participé à une formation à Nantes, formation Massiclo Entreprises en septembre 2020. Et je me suis rendu compte que c’était un monde très associatif, plutôt militant, ancré dans des valeurs. Ça, c’était super chouette. Par contre, ça manquait de professionnalisme. Il y avait un côté pro, un côté entreprise, un côté industriel que je connaissais bien et que je retrouvais pas. Et je me rendais bien compte qu’aujourd’hui, les entreprises qui voulaient basculer sur du vélo pour travailler en véhicule utilitaire, elles auraient un souci parce qu’elles n’auraient pas d’interlocuteur. Elles allaient dans un magasin de VTT, dans un magasin de vélo de route. On allait leur vendre du gravel. Mais c’était un peu compliqué de trouver un interlocuteur capable de passer du temps pour les conseiller sur un aménagement de véhicule utilitaire. En réalité, ils n’avaient personne. 

  

Ermanno : Je me permets, je te coupe. Quand tu dis que… Ça manquait de professionnalisme, c’est-à-dire que ces intervenants, ces personnes que tu as rencontrées, ces boîtes que tu as croisées, notamment pendant ta formation, ils avaient plutôt une ADN associative plus que véritablement professionnelle, voire industrielle ? 

  

Damien : Alors, dans les exploitants, les gens qui utilisaient ces équipements et qu’ils utilisent aujourd’hui, il y a toujours des gens qui sont dans une approche associative, auto-entrepreneurs, avec des idées, pas forcément un axe recherché de rentabilité immédiate. Il y avait déjà des gens à ce moment-là qui se projetaient comme des entreprises avec un objectif de rentabilité, de pérennisation de l’activité économique. Mais en fait, en phase 2, au niveau des fournisseurs, ils avaient un peu de mal à trouver des contreparties. C’est-à-dire qu’ils allaient soit aller voir des magasins de vélo, mais qui souvent n’avaient pas le bon discours, soit aller voir des fabricants qui étaient loin. Et qui n’avaient pas de service. Et donc, ils se disaient que c’était quand même plus compliqué d’aller dans du vélo que d’aller dans du véhicule utilitaire classique. Parce que finalement, un véhicule utilitaire, tu veux commencer, tu vas chez un loueur. Après, tu vas en faire l’acquisition, puis tu vas aller voir une société qui va te l’aménager. Tout ça, c’est hyper calé. Tu veux faire l’entretien, tu vas voir un garage et tu vas caler des plannings et ça va bien se passer. Avec le vélo, ça n’existait pas. Et donc, on s’est rendu compte qu’il y avait pas mal de cases un boucher, il y avait des choses à faire. Il y avait une opportunité. Et moi, de base, mon idée, c’était de faire le fréquin du vélo. Donc, fréquin, c’est une boîte qui travaille pas mal dans les semi-remorques, par exemple, les véhicules utilitaires légers. Ils font de la location longue durée, du service, de la gestion de flotte. Je me suis dit, on va faire pareil en vélo. 

  

Ermanno : Alors, pour ceux qui ne connaissent pas fréquin, ce n’est pas compliqué. Vous prenez n’importe quelle route et puis vous regardez au cul du camion. En général, il y a une petite étiquette, il y a une petite plaque. Vraiment, en bas du camion, voire sur le côté. Et généralement, c’est marqué fréquin ou d’autres loueurs, d’autres professionnels du secteur. Mais c’est vrai que ça m’a toujours interpellé de me dire, tiens, ce n’est pas la marque du camion. Et pourtant, on voit fréquin partout. Donc maintenant, pour mettre un peu la puce à l’oreille de notre audience.  

  

Damien : Totalement. Et moi, de base, j’ai construit l’architecture d’un projet en m’appuyant sur ce qu’il faisait. Mais je n’avais pas envie de partir seul. Et je me rendais bien compte. Vu qu’il fallait des conseils de gens du vélo aussi. C’est un monde que je ne connaissais pas du tout. J’ai toujours pratiqué le vélo à titre perso. Pas en compétition, même pas de façon vraiment sportive. Plus pour me promener et pour aller travailler. Je me rendais compte qu’il me manquait ça. Et il se trouve que j’ai eu la chance de contacter le fondateur de Cyclable sur LinkedIn. Et il m’a répondu. Et du coup, je l’ai appelé. Et je me souviens très bien de cet échange téléphonique. Il me dit, vous lancez sur un marché de niche. Vous n’avez pour lui aucune chance de réussir. En tout cas, très peu. Il n’était pas très optimiste. Il me dit, la seule façon d’éventuellement y arriver, c’est de s’appuyer sur des gens qui ont déjà commencé avant vous. Avec un concept similaire ou proche. Et il se trouve qu’il y avait assez peu de prétendants. À ce moment-là, j’ai contacté deux gars, Jérôme qui était à Hoche, dans le Gers, et Olivier à Chambéry, en Savoie, qui avaient créé une entreprise, une marque, Jhog, J-H-O-G, et qui, eux, s’étaient spécialisés dans la vente de vélos cargo et de remorques vélo aux professionnels. Donc, on était sur quelque chose qui était très, très proche. Moi, j’étais plus orienté location, mais on était quand même sur quelque chose de très proche. Je les ai contactés par téléphone. Et il y a eu un fit immédiat. C’est un truc que tu ne trouves pas souvent dans ta vie. C’est-à-dire qu’au téléphone, on a tout de suite su qu’on allait pouvoir travailler ensemble, alors qu’on ne s’était jamais rencontrés. Et je me souviens d’avoir réservé mon billet d’avion pour aller à Chambéry. Donc, j’ai décidé d’aller à Lyon. Ils me proposaient de venir me chercher. J’ai réservé mon billet d’avion. Au bout d’un quart d’heure de conversation téléphonique. Au bout de 20 minutes, on a raccroché. Et dix jours plus tard, j’étais à Chambéry. Donc ça, c’était assez fou. Il y a eu ce moment où on s’est dit on peut faire quelque chose ensemble. Et ça m’a fait gagner un temps fou. C’est la pierre qui fait que le projet a pris. Après, je vais t’expliquer toute la suite. Mais d’un point de vue entrepreneurial, c’était assez chouette de pouvoir être accéléré comme ça dans son développement grâce à deux personnes qui m’ont accueilli et m’ont fait la courte échelle. Et puis finalement, dans le projet, on s’est tous les trois beaucoup beaucoup aidés sur les deux dernières années. 

  

Ermanno : Alors déjà, on va revenir sur toi parce qu’on commence souvent le podcast Vélotaff comme ça en s’attardant un petit peu sur notre invité. Juste pour faire la liaison, pour faire le petit rappel avec ce que je disais en introduction, tu nous as dit que Jhog, ça s’écrivait J-H-O-G. Mais tu n’es pas rentré dans les détails du pourquoi, ce que tu me disais en off. Alors vas-y, c’est le moment, balance maintenant. 

  

Damien : Oui, c’est les initiales des deux fondateurs initiaux, donc Jérôme Mureaux et Olivier Gérassy, J-H-O-G. Et il se trouve que plus personne ne pose la question du nom parce que c’est devenu le nom non seulement de notre marque, mais en plus, souvent, les gens vont nous appeler, vont nous dire j’ai un problème sur mon Jhog. Et ça, c’est génial. Et ça se produit hyper souvent parce qu’on fournit une solution. Il y a notre logo dessus. On est tellement proche de nos clients et on amène tellement de services et de valeurs ajoutées au quotidien que les clients ne se posent plus vraiment la question. Ils savent qui sont éventuellement les fabricants, mais pour eux, c’est la solution de Jhog. Et en plus, ça sonne bien. Donc les salariés et les gens de l’équipe, on les appelle des jhoggeurs, tu vois. Et on va ouvrir des sites dans les prochains mois. On va appeler ça des Jhog Corner. Donc Jhog devient un peu l’élément qui nous rapproche autour de cette idée. Moi, ce que je trouve génial, parce qu’en fait, à la base, c’était un peu une concession de ma part de me lancer sur un projet et de ne pas avoir mon nom dedans. D’autant qu’un an et demi plus tard, il se trouve que Jérôme a arrêté. Et donc finalement, il reste quatre initiales. Il y en a deux qui ne correspondent plus à personne qui, au quotidien, est dans l’entreprise. Mais c’est tellement imprégné chez nos clients et chez nous qu’il ne viendrait à la tête de personne de changer ça. Et ce que je trouve génial, c’est qu’il n’y a pas vélo dedans. En fait, j’adore le fait que nous, nos clients, faut quand même avouer que des fois, on est un peu sur l’imagination du salon de coiffure. Il y a toujours roue, vélo, rayon. Enfin, je ne sais pas, tout le vocabulaire du vélo qui est un peu détourné pour trouver le nom de la nouvelle marque. Et du coup, des fois, nous, on est perdu. Parce qu’on va avoir des clients qui ont le même nom dans des villes différentes, qui font des choses tout à fait différentes, où des fois, un détail, une petite différence qui est un peu confusant. Donc nous, Jhog, la question ne se pose pas. 

  

Ermanno : J’imagine que votre comptable, il doit bien s’arracher les cheveux quand tu as des noms de clients qui se ressemblent. C’est un truc de fou pour lettrer les comptes, etc. Tu disais que les clients t’appellent maintenant et te disent j’ai un problème sur mon Jhog. J’ai l’habitude d’écouter le podcast de Mathieu Stéphanie qui s’appelle Génération Do It Yourself. Je ne sais pas si tu connais, mais bon. Et j’imagine que c’est ça. J’imagine que dans notre audience, il y en a aussi beaucoup qui connaissent. Et récemment, il a reçu à nouveau Cyril Chiche, le patron de Lydia. Et c’est vrai qu’il parle souvent de ça. Il cite souvent en exemple que Lydia, c’est passé dans le dictionnaire. On ne dit plus je te fais un virement ou je te fais un transfert d’argent. Je te fais un Lydia. Un de ces quatre, on ira faire du Jhog avec un vélo Jhog. On peut lui faire de la livraison en vélo avec un vélo utilitaire de la marque Jhog. 

  

Damien : C’est ça. Et ce n’est pas quelque chose, c’est ça qui est assez fort. Ce n’est pas quelque chose que nous, on impose. Tu vois, ça se fait tout seul. Je crois que si on avait voulu l’imposer, ça n’aurait même pas marché. Et du coup, c’est assez génial. Oui, c’est assez génial. Tu vois, il se trouve que la semaine dernière, et on fait ça de temps en temps, on a une partie de nos clients forcément qui font de la livraison. Et il se trouve qu’il y a deux phases. Il y a le peak season de fin d’année qui est très forte. Et il y a une grosse phase au moment du Black Friday. Et donc, semaine dernière, j’ai une cliente qui a un souci. Il lui manque des livreurs. Il se trouve qu’elle est surchargée. Et je me dis, mais c’est génial, je vais pouvoir aller lui donner un coup de main. Non seulement ça me fait plaisir. De lui donner un coup de main. Mais en plus, moi, ça me permet de passer du temps à la place de mes clients. Et donc, effectivement, je me suis rendu compte à quel point c’était… Ils m’ont dit, ton Jhog est super. Il se trouve que j’étais venu avec une caisse du showroom qui était hyper sympa. Donc, je me suis rendu compte à quel point ce n’était pas que les responsables qui utilisaient ces termes-là. C’était vraiment devenu courant chez les coursiers. 

  

Ermanno : Bon, écoute, en espérant que ça devienne de plus en plus courant encore. Courant, Jhog. Voilà. Écoute, Damien, j’aimerais bien qu’on vienne un petit peu sur toi quand même. Parce que tu nous as glissé un petit peu insidieusement que tu pratiquais aussi le vélo. Elle date de quand ? Elle est comment ton histoire avec le vélo ? Quand est-ce que tu as découvert le vélo ? Quand est-ce que tu es tombé amoureux de ce mode de transport ? Et surtout, toi qui as vadrouillé un petit peu partout dans le monde, quelle est ton expérience ? 

  

Damien : Je crois que si loin que je puisse me souvenir, dans mon enfance, j’ai toujours fait du vélo. On habitait dans une… Dans une commune assez tranquille où tu pouvais faire du vélo sur des petits chemins en bord de rivière. Et c’était très vite, facile d’en faire. C’était un bon moment à moi. Et j’aimais bien passer des moments comme ça un peu en introspection sur mon vélo. Ça donne aussi toujours le sourire d’être sur le vélo. J’ai toujours eu ça. Et je l’ai toujours encore aujourd’hui. Ce qui est vraiment génial. Je monte sur un vélo, j’ai la banane. Ça ne m’a pas servi… Quand j’étais à l’école, à la limite, ça me servait à l’école. Je faisais 2-3 km à vélo le matin et le soir. Mais je m’en suis surtout servi comme un élément de loisir en vacances. À chaque fois que je suis avec des copains quelque part, on prend des vélos. Toujours. On découvre les lieux de façon hyper ludique et on passe vraiment de bons moments. C’est chouette. Je m’en suis servi pour faire du vélotaf et aller de chez moi au travail. Que tard en fait. Que finalement depuis 2 ans. Avant, je n’avais jamais fait ça. Et c’est vrai que… Alors nous, en plus, on a introduit la notion de vélo cargo. Donc ça nous permet d’emmener les enfants à l’école. Et donc ça se combine bien. Donc tu déposes les enfants à l’école. Et puis après, tu peux aller au travail à vélo. C’est hyper fluide. Et ça donne la patate. Et le matin, tu arrives, tu es en forme. 

  

Ermanno : Et pourquoi tu t’es mis si tard ? Pourquoi tu t’es mis uniquement quand tu as commencé à lancer le Jhog? Pourquoi tu ne faisais pas ça avant ? Surtout toi qui as vadrouillé un petit peu partout dans le monde. Est-ce que c’était une question de praticité ? Est-ce que c’était une question d’infrastructure ? De souplesse ? Ça ne te venait tout simplement pas à l’idée ? Pourquoi toi qui as toujours fait du vélo ? 

  

Damien : Eh bien… Parce que…Quand j’habitais Paris, j’aurais probablement pu le faire. Et ça ne m’est jamais venu à l’esprit. En 2008, j’ai commencé à travailler à Paris. Ça ne m’a jamais traversé l’esprit. Donc je m’agglutinais dans le métro, comme tout le monde. Et je crois qu’aujourd’hui, je ne me poserai pas la question. Ça fait partie de ces évolutions. Après, j’ai habité en Afrique du Sud. Donc là-bas… Il y a une forme de risque dans la rue, même dans ta voiture. En fait, le vélo, ce n’était pas vraiment une option. Il y a des gens qui font du vélo de route. Il y a des gros routards. Mais ce n’est pas du tout un outil pour aller au travail. Clairement pas. Et puis ensuite, j’ai travaillé dans des communes qui étaient loin. J’avais 35 km, 40 km. Donc c’était trop loin. Mais effectivement, je pense qu’il y a une évolution dans les esprits. C’est-à-dire que… Je me le dis souvent. C’est que ça ne me venait même pas à l’esprit, quand j’habitais Paris, de prendre le vélo. Alors que les distances étaient courtes. Et que ça aurait été bien plus agréable que de me coller sur la ligne 13, de bout en bout. Non, je ne sais pas pourquoi je faisais ça, en fait. 

  

Ermanno : Est-ce que tu crois que ça ne viendrait pas aussi du fait que, justement, tu as toujours pratiqué un peu de vélo ? Et pour toi, il y avait un monde entre la pratique du vélo pour le boulot, donc le fameux vélotaf, et une pratique plus loisir ou plus sportive. Tout à l’heure, tu parlais de l’Afrique du Sud. Tu disais qu’il y a des gros routards, donc, sous-entendu, des mecs avec un lycra qui vont à l’entraînement en vélo, enfin, qui s’entraînent en vélo. Mais est-ce que tu n’as pas l’impression, justement, qu’à l’époque, pour toi, dans ton esprit, il pouvait y avoir un monde entre celui qui utilise le vélo pour se déplacer comme outil du quotidien pour aller de la maison au boulot, du boulot à l’école, chercher les enfants, etc. Et ce monde du cycliste sportif, du cyclotouriste qui est un peu décorrélé, justement, de ce monde du vélo au quotidien.  

  

Damien : Totalement. Il y avait probablement aussi un côté moins sérieux. Tu vois, je ne sais pas si, à ce moment-là, je me serais vu… Il se trouve que je travaillais chez Alcatel et j’étais en costume tous les jours. D’ailleurs, c’est aussi quelque chose qui a changé, ça. Et je ne me serais pas vu habillé comme ça sur mon vélo. Je pense qu’aujourd’hui, on voit des gens très très bien fringués à vélo dans Paris ou dans les grandes villes. La question ne se pose plus. 

  

Ermanno :  Ça a complètement changé. 

  

Damien : Et il y a un côté aussi vraiment sérieux dans le sens… J’ai l’impression que tu fais du loisir quand tu es sur ton vélo. C’est un moment de plaisir ça pouvait peut-être être pris pour quelque chose qui te rendait moins crédible. Enfin, je ne sais pas. Je pense qu’il y a vraiment une époque avec une façon d’aborder le vélo qui était plus soir ou week-end. Soir ou week-end. 

  

Ermanno : Bon, mais ça, c’était avant. Maintenant, les mentalités ont un peu changé. Et surtout, toi, tu as évolué. Pourquoi est-ce que, justement, quand tu as monté Jog, tu as un petit peu switché d’état d’esprit ? 

  

Damien : J’ai switché parce qu’il y a des gens qui avaient switché avant moi. En 2019, on habitait au Texas. Donc là-bas, le pays du pick-up et l’anti-vélo. Et pour le coup, on habitait à 5 km de l’usine où je travaillais. Et j’avais un vélo et je n’y suis jamais allé. C’était hyper dangereux. 

  

Ermanno : Je ne te félicite pas. Non, je ne te félicite pas. Non, non, non. 

  

Damien : C’était hyper dangereux. Les mecs, c’était une route de campagne. C’était hyper dangereux. Je ne l’aurais pas fait. Je ne le ferais pas aujourd’hui. Clairement, problème d’infrastructure et de culture. Et donc, on arrive sur Angers et là, dans ma rue, je vois quelqu’un qui déménage un frigo américain sur un vélo. Et je me dis, ils sont timbrés. Pourquoi il fait ça ? 

  

Ermanno : C’était quand même un vélo cargo ou le mec avait juste mis deux vélos l’un à côté de l’autre et il avait couché le frigo américain puis il se débrouillait comme il pouvait ? 

  

Damien : Non, il avait un frigo debout sur la remorque. Tu vois, il y avait un plateau. C’est un truc que, aujourd’hui, j’explique à mes clients et ça marche bien. Mais c’est vrai qu’à ce moment-là, je n’avais jamais vu ça. Et je me souviens de m’être dit, mais ils sont complètement dingues. Mais ça a quand même ouvert quelque chose. Ça a quand même ouvert quelque chose. Et puis, après, tu te renseignes. Je pense que même pendant le premier confinement, tu te rends compte de certaines choses dans la tranquillité d’en habiter en plein centre-ville. À ce moment-là, e confort de vie quand il y a moins de monde, quand il y a moins de bruit, quand ça sent moins mauvais, il y a moins de stress. En fait, tout ça, c’est assez génial. Je l’ai dit encore à une cliente la semaine dernière, parce que ce n’est pas toujours simple. Les sociétés qui livrent à vélo n’ont pas toujours des modèles économiques évidents à mettre en place. Je pense que c’est presque un service public, en fait. On en est presque là. Parce que ça amène tellement. Ça sert toute la communauté. Ça réduit les nuisances de façon hallucinante. Et on parle de toutes les nuisances. Il y a moins de stress. Il y a moins d’embouteillages. Il y a moins de bruit. C’est plus efficace et plus fluide. Il y a plein de raisons. Il y a l’environnement, évidemment. On n’emmène pas des machins de plusieurs tonnes pour livrer quatre colis. C’est génial. Ça, c’est une forme d’idéal. Je pense que j’ai pris conscience de ça en 2020. Et ça m’a boosté dans ce projet. J’étais bien aligné. Un petit creux, je prends le vélo et ça va mieux. 

  

Ermanno : Maintenant, j’imagine que tu pratiques beaucoup plus le Vélotaff. Ou est-ce que c’est exclusivement du Vélotaff ? Est-ce que tu as complètement switché ? Et maintenant qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente, qu’il fasse un soleil de plomb, de toute façon, tu es sur un vélo ?  

  

Damien : Non. Je suis à entre 45 et 50 minutes de vélo entre mon bureau et il faut bien rouler. Je suis un petit peu loin. Il y a des pistes cyclables tout le long. Ce n’est pas un problème de voirie, c’est plus un problème de logistique personnelle. Entre les enfants et le travail. Une heure et demie par jour, ce qui me prend 35 minutes à aller-retour en voiture, c’est plus une histoire de temps. J’essaye de le faire. Le froid ne me gêne pas du tout. La pluie, forcément un peu plus, mais on a tout ce qu’il faut. Ce n’est pas gênant non plus. C’est plus le temps. C’est vraiment plus la notion de temps qui m’oriente là-dessus. C’est vrai que maintenant qu’on habite à la campagne, c’est un petit peu moins facile. 

  

Ermanno : Tu sais ce qu’il reste à faire. Il faut que tu déménages à côté de ton bureau, c’est plus simple. 

  

Damien : Oui, c’est ça. Il faut qu’on y réfléchisse. Après, tu fais du télétravail aussi de temps en temps, ça marche bien. Mais effectivement, les jours où je fais l’aller-retour en vélo, je me porte mieux. C’est vraiment à plein d’égards un outil que je conseille. 

  

Ermanno : C’est ce que j’allais dire, parce que tu dis que c’est une question de temps. Tu mets trois quarts d’heure, une heure le matin et pareil le soir, alors qu’en voiture tu vas beaucoup plus vite. Soit en voiture, tu es enfermé dans un carénage, tu fais certaines choses que tu ne peux pas faire à vélo, mais en même temps, en vélo, tu t’oxygènes, tu as ce sentiment de liberté, tu es à l’extérieur, ce que tu n’as pas quand tu es dans ta voiture. 

  

Damien : Totalement. Je te confirme, il y a probablement un peu de flemme aussi. 

  

Ermanno : Donc, ça fait deux points à faire évoluer. Ne t’inquiète pas, je t’enverrai des rappels réguliers, savoir un déjà si tu as déménagé et ensuite si la flemme va mieux. Damien, je pense qu’on a fait un bon tour pour toi, justement, pour savoir un petit peu qui tu étais. On a bien cerné le personnage, entre guillemets. Je te propose qu’on revienne un petit peu sur Jhog. D’ailleurs, c’est Jhog, comment est-ce qu’on prononce ? C’est quoi ce qui fait vibrer 

  

Damien : tes clients ? En général, on dit Jhog. J’ai… Toutes les prononciations existent. On a du Jhog, on a du J-Og, et quand on discute avec des partenaires étrangers, c’est affaire du J-Hog. Tout le monde se pose la question. Et en fait, c’est assez drôle. C’est assez génial. Souvent, les gens intervertissent le O et le H. Je ne sais pas t’expliquer pourquoi, mais c’est souvent comme ça. Et ça marque, en fait. Jhog, c’est plutôt comme ça qu’on s’appelle. 

  

Ermanno : Tu sais, c’est le coup du prénom. Moi, c’est pareil. J’ai un prénom qui n’est pas très commun. Ça a un double effet. Un effet positif, c’est qu’en général, on ne m’oublie pas. Mais ça a aussi un effet négatif. C’est que justement, quand j’aimerais être oublié, en général, on ne m’oublie pas. Et donc, Jhog, c’est un peu comme ça. Tu ne sais jamais Jog, Jog, Yog, Yogurt. C’est peut-être pour ça que tu as le H qui se balade. On est entre le vélo et le yaourt, non ? 

  

Damien : Oui, oui. Je n’ai pas eu Yog encore. Mais c’est vrai. Après, il y a les accents. Dans le sud-ouest, je ne saurais pas te le faire, mais ils ont encore une autre façon de le prononcer. Effectivement, les gens qui n’ont pas l’habitude de prononcer des mots dans la langue anglaise vont te dire Jog. Le monsieur de chez Jog. 

  

Ermanno : Le monsieur de chez Jog. Est-ce qu’il pourrait revenir avec nous encore plus sur l’histoire du projet ? Tu nous as un petit peu détaillé comment tu étais arrivé là. Après ce coup de fil aux deux fondateurs, Jérôme et Olivier, si je ne m’abuse, qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui fait que le projet prend forme et que vous vous lancez ? 

  

Damien : Eux, ils s’étaient lancés avant. Ils avaient déjà validé des… En fait, nous, dans l’idée, il y a un focus sur un petit nombre de marques de façon à être les meilleurs. Ça, c’est… un postulat qui avait déjà été établi avant que je les rejoigne. Il y avait une marque de vélo-cargo 12 cycles et une marque de remorques multimodales. Et l’idée, c’était de réduire au maximum pour avoir un maximum de contrôle sur le SAV, sur les pièces, sur… Même dans le conseil client, au moment d’une rencontre avec un prospect, on a une capacité comme ça à simplifier l’approche, alors que si on est dans un principe de magasin de vélo classique avec une dizaine de marques, on a des clients qui peuvent se perdre. Donc, on va avoir quelque chose qui va être un tunnel très, très réduit. Donc, moi, je suis arrivé là-dedans, il y avait déjà ça. Et il se trouve que j’ai tout de suite eu… 

  

Ermanno : Juste pour recadrer, toi, tu es arrivé là-dedans. Pour revenir sur ce que tu disais, à la base, Jhog, c’était un fabricant de vélo-cargo slash utilitaire. 

  

Damien : Non, c’était un distributeur. 

  

Ermanno : Distributeur, mais pas loueur. Donc, il distribuait des marques avec soit les vélo-cargo, soit vélo-cargo plus remorque. Enfin, c’était véritablement du retail. Tu allais acheter un vélo Jhog pour tes besoins, que ce soit pro ou perso, mais tu… Tu n’étais pas en mode flotte professionnelle ou loueur de vélo. 

  

Damien :  C’était ça. Alors, il y avait des fois des flottes, parce que c’était vendu parfois à des clients qui en avaient déjà plusieurs. Mais c’était principalement effectivement dans un esprit de retail, effectivement, donc de vente avec une grosse colonne entretien sur le site du client. Et… Quand je suis arrivé, j’ai amené cette phase de location. Surtout que j’ai tout de suite eu un projet. Ça, c’est assez chouette. Qui m’a porté sur les premiers mois. Donc, au début, j’ai eu un petit garage. 

  

Ermanno : Attends, Pascal. Moi, je veux faire… Là, ça me démange. Je veux faire un peu du Mathieu-Stéphanie. Je veux faire du Génération de 8 sur 7. Je veux savoir comment, une fois que tu raccroches, tu prends ton billet d’avion pour aller à Lyon, tu rencontres les gars. Comment ça se passe ? J’imagine que les mecs, ils t’ont pas filé les clés du magasin ou les clés de l’atelier ou de l’entrepôt. Ils t’ont dit, vas-y, fais-toi plaisir. Comment ça se passe ? Comment est-ce qu’on s’associe dans un projet comme ça ? Comment est-ce qu’on devient dirigeant d’une boîte comme ça, alors qu’il y a déjà deux gars qui ont bossé dessus depuis quelques années ? 

  

Damien : J’arrive sur Lyon. Ils viennent me chercher. Donc, il y a Jérôme qui est arrivé, lui, du sud-ouest. On se retrouve à l’aéroport. Et Olivier qui vient nous chercher avec son véhicule. Et donc, Olivier qui est toujours mon associé aujourd’hui. C’est quelqu’un qui a énormément d’énergie. Hyper positif. Et donc, il m’a tout de suite embarqué. Il m’a pas du tout laissé le choix. Mais de façon hyper positive. Et donc, je me suis retrouvé en quelques minutes dans son véhicule. Là, on prenait la route de Lyon à Chambéry. Et je crois qu’au bout de cinq minutes, dans la voiture, il m’a dit Damien, l’objectif, il est simple. C’est qu’on travaille ensemble. L’objectif de cette journée, il n’est pas plus compliqué que ça. On veut te convaincre qu’on va travailler ensemble. Il n’y avait même pas de conditionnel. 

  

Ermanno : Sachant que toi, tu étais déjà convaincu. 

  

Damien : En sachant que si j’étais venu, c’est que quand même, il y avait des chances que ça marche, effectivement. Et effectivement, concrètement, moi, j’avais jamais mis les fesses sur un vélo cargo. J’avais jamais utilisé une remorque vélo professionnelle. Et je ne sais rien à la technique à ce moment-là. Je ne sais rien faire sur un vélo. Mais je n’ai pas peur. Et donc, on valide ce jour-là le fait que chacun d’entre nous, donc ils avaient déjà chacun leur entreprise, ils exploitaient la même marque, et donc je leur paye une petite contribution tous les mois. Et je peux faire la même chose sur ma zone. Et on se divise le territoire en trois. Géographiquement, c’était assez pratique puisque de toute façon, j’étais loin d’eux. Et donc, tu peux couper la France en trois assez vite en mettant les trois points sur la carte. Donc on a tout de suite validé le fait que j’allais avoir mon entreprise, ils avaient déjà la leur, j’avais une zone, et j’allais vendre les mêmes produits qu’eux. Et ils allaient m’aider au quotidien. J’allais leur payer une contribution mensuelle. Voilà. C’était vraiment un système très très simple. Et je leur redis encore merci aujourd’hui parce que ils ont accepté de me laisser rentrer dans leur histoire sans se poser beaucoup de questions en fait. Ils m’ont fait tout de suite beaucoup confiance. Ça a été réciproque. La confiance n’est jamais tarie dans un sens comme dans l’autre. Et donc, c’est ce qui fait qu’on a grandi. Et donc, pour aller un peu plus loin, fin décembre 2021, Jérôme a arrêté. On a repris sa clientèle avec Olivier. Et on a ensuite fusionné les structures. On a fait un rapport partiel d’actifs. Donc on a fusionné les structures qui restaient. Donc il n’en reste plus qu’une qu’on appelle Jhog France dont le siège est en Savoie et dont un établissement secondaire est à Angers. Et donc, aujourd’hui, on a deux associés, Olivier et moi, et une structure nationale. Donc, ce projet qui, initialement, était avec trois personnes qui, chacun, avait leur boîte dans leur coin, est devenu une structure nationale qui, aujourd’hui, on est le leader sur notre marché en France. On est dans plus de 40 villes. On a plus de 150 clients. Et on est reconnu comme le spécialiste du bi-porteur. Donc, tu vois, vélo-cargo Long John avec deux roues et de la remorque. Donc, c’est un projet qui a été fait auprès des professionnels partout en France avec l’axe vente qui a perduré et que je développe aussi beaucoup. L’axe location qui a un peu évolué puisqu’on s’est rendu compte que la location courte durée elle nécessitait d’être très proche de ses clients. Donc, c’est quelque chose que, pour l’instant, on maintient mais qu’on va devoir développer en se déployant plus proche de nos clients. La partie entretien donc ça, c’est quelque chose sur lequel on excelle dans les villes où on met le paquet là-dessus. On a Lyon où on est excellent là-dessus et où on a développé un modèle qu’on est en train de répliquer partout. Et on a une partie personnalisation parce qu’on a développé des produits de Jhog. Donc, des aménagements de vélo. Ce qu’on fait, c’est qu’on va acheter le vélo-cargo et on va mettre un aménagement développé par Jhog. Une caisse, concrètement. à l’avant qui va avoir un usage. Et donc, on va avoir plusieurs modules qu’on va pouvoir monter. Et on fait pareil sur les remorques à l’arrière avec des modules qu’on développe en partenariat avec une entreprise allemande et qu’on vient pluguer sur les remorques. Donc, on a maintenant une solution qui est assez chouette parce que elle est unique, elle est très orientée pro et il y a encore beaucoup, beaucoup de choses à faire. 

  

Ermanno :  D’ailleurs, c’est sympa si vous voulez regarder un petit peu à quoi ça ressemble, vous allez sur le site de jog. C’est pas compliqué, c’est jhog.fr. Mais ça, tu nous le rediras à la fin de l’épisode. Effectivement, on voit des belles photos, on voit un petit peu à quoi ça ressemble. Tu vois, je fais ta promo en plus. Ouais, cet axe vente, location, tu dis, surtout location courte durée, il faut être au plus proche de ses clients. Comment est-ce que vous opérez au quotidien ? Vous avez des magasins ? Vous avez simplement des bureaux ? Vous faites ça via votre site internet ? Enfin, comment est-ce qu’on peut se procurer un Jhog si on est un professionnel du secteur ou si on a envie, juste pour le plaisir, de ramener ses enfants et d’avoir une grosse remorque derrière pour trimballer, pour déménager la maison ? 

  

Damien : Alors, aujourd’hui, on a le site de Angers et celui de Chambéry où on a un showroom, un ateliert echnique, du stock et des bureaux. C’est assez similaire, les deux sites. Et depuis ces sites-là, on a des véhicules techniques sont opérés par nos jhoggeurs qui vont, sur le territoire, faire des mises en service chez les clients, des démonstrations et des entretiens. Donc, on se déplace sur l’ensemble du territoire. On a par exemple, demain, on sera à Rennes, après-demain à Paris et sur les équipes de Chambéry, ils sont à Lyon et à Nice cette semaine. Et donc, à chaque fois qu’on a équipements aux prospects qui sont éventuellement intéressés, donc c’est beaucoup de présentations chez les clients, on commence à avoir des demandes qui arrivent de plus en plus. Il y a notre site internet, parce que c’est des produits qui, il y a deux ans, étaient totalement inconnus. Et aujourd’hui, peu connus, disons, il y a deux ans. Et aujourd’hui, ils commencent à l’être un peu plus. Donc, on a souvent, maintenant, des gens qui vont nous contacter en nous disant qu’ils veulent un devis pour tel modèle. Et ça, c’est nouveau. Effectivement, le site internet, les réseaux sociaux, les salons, on en fait un cette semaine à Paris. Alors là, tu vois, on est en train d’essayer de changer un peu le niveau d’interlocuteur. Ça, c’est un peu compliqué. Mais on est convaincu que c’est là-dedans qu’il va falloir persévérer. C’est-à-dire qu’on se rend compte qu’aujourd’hui, à part quelques entreprises de livraison à vélo, il y a beaucoup de clients qui sont des petits clients, en fait. Des entreprises indépendantes qui vont avoir un vélo, deux vélos. Et il y a des grosses structures nationales qui ont tout intérêt à basculer une partie de leur parc utilitaire là-dessus. Et ça, c’est un peu long. Donc, on fait un salon là-dessus sur des gros faiseurs aussi de la logistique, mais qui doivent réussir à comprendre comment faire la transition. Et nous, on se positionne comme un interlocuteur qui amène beaucoup de professionnalisme là-dedans. Donc, on a les codes. Lorsqu’ils viennent nous rendre visite, ils ne sont pas perdus dans la façon dont on fonctionne. On a des outils informatiques qui nous permettent d’être efficaces. Et on en rajoute constamment pour améliorer notre efficacité sur le terrain et la fluidité de la relation avec les clients. Tout ça, soit dans la capacité à suivre leurs équipements, dans les options qu’on propose, et même dans certains conseils qu’on va pouvoir leur apporter. On a un partenaire, par exemple, qui est super, qui nous débloque pas mal de situations sur les assurances. Parce que c’est tout un sujet quand un professionnel passe sur un vélo. C’est pas un sujet hyper fun, mais c’est un sujet indispensable et vraiment au centre de l’attention. Ça, par exemple, c’est des sujets qu’on a bien creusé et sur lesquels on arrive à bien orienter nos clients. On est capable d’amener beaucoup de conseils là-dessus. On fait beaucoup de choses par téléphone. Et puis, on est sur un réseau qui est relativement restreint. On a l’association des boîtes à vélo qui est nationale et qui fédère les structures qui opèrent à vélo. Qui est aujourd’hui très orientée sur des structures de petite taille. C’est très similaire à notre clientèle là-dessus. Mais effectivement, il y a quelque chose à faire pour que ce soit plus mainstream. Parce qu’aujourd’hui, quand tu es une grosse société qui va faire de l’entretien électrique, gaz, télécom, en plein centre-ville, tu continues à le faire avec un véhicule utilitaire. Mais en réalité, les solutions existent. Et ce ne sont pas les mêmes interlocuteurs. Ce ne sont pas les mêmes discours. Donc, nous, on travaille beaucoup là-dessus. 

  

Ermanno : Je rêve de voir le technicien EDF ou le technicien Orange SFR se balader en vélo. Parce qu’en fait, c’est vrai qu’ils se baladent avec des gros utilitaires pour trimballer trois caisses à outils. Enfin, j’exagère. Mais en fait, leurs utilitaires ils sont rackés avec toutes leurs boîtes à outils, tout leur atelier. Mais au final, tu mettrais ça dans une grande remorque avec des racks sur un vélo, ça ferait pareil. Et puis certainement que les techniciens seraient contents de faire un petit peu d’activité physique, même sur des vélos électriques. Et puis, grand bien en face à l’environnement et eu égard à toutes les nuisances dont tu parlais tout à l’heure. Que ce soit les nuisances de bruit, les nuisances de pollution et autres. 

  

Damien : Ce qui est rigolo, c’est que quand tu discutes avec des gens qui sont convaincus c’est ça aussi, c’est qu’aujourd’hui on a beaucoup de sociétés qui sont natives, de base, à vélo. Et donc, ce switch sur des gens qui avaient d’autres véhicules utilitaires et basculent sur du vélo il est pénible. Il se fait pas vite. Mais il se fait par l’exemple. Et donc, je prends l’exemple d’une entreprise sur Paris qui fait de la maintenance informatique et les mecs emmènent le touret de câbles chez leurs clients ce qui livre des baies, du matos c’est très lourd, il y a vraiment beaucoup de matériel, c’est très encombrant ils font tout à vélo. Et donc, au démarrage quand ils arrivaient sur un chantier avec d’autres corps de métier qui les voyaient arriver à vélo ils se faisaient un peu foutre leur gueule. Toujours très bien il y a un côté un peu gros bras qui comprenait pas le principe d’arriver avec un petit vélo. Et les mois ont passé et les cerveaux commencent à se poser des questions, ils se disent mais en fait, ça lui a pris tellement moins de temps pour faire son trajet, il est rentré chez lui bien plus tôt que moi pourquoi est-ce que je m’embête ? Il y a des petites graines qui sont en train de se planter à droite à gauche mais ça fonctionne par mimétisme. 

  

Ermanno : Là aussi on espère que le mimétisme va avancer c’est un peu la théorie du colibri aussi chacun fait sa petite partie et puis au final on va réussir à éteindre le feu. Tu parlais tout à l’heure du fait que vous êtes très fort sur la partie maintenance slash entretien pourtant j’entends que vous êtes basé à Chambéry et à Angers comment est-ce que vous faites pour un client qui va vous commander une flotte qui est à Lille j’imagine que vous montez pas avec un cargo avec quelques matos derrière de Angers ou de Chambéry jusqu’à Lille ? 

co-fondateur du podcast et co-auteur du livre DEVENIR TRIATHLÈTE
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Podcasts, SwimRun, UltraRunner et Papa x 4 enfants je cours après le temps, mes passions et mes petits amours.