Dans cet épisode, je vous propose d’échanger avec Charlotte Niewiadomski qui oeuvre, depuis des années, pour le vélo, via un engagement hors norme … et pas que pour le 2 roues !
Bonne écoute !
Pour contacter notre invitée via Linkedin, c’est par ici ( https://www.linkedin.com/in/charlotte-niewiadomski-8258b1143 ) !
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Ce podcast animé par Ermanno DI MICELI est proposé par l’ONG TwoWheelTuesday (@2wteu), et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique du Vélotaf.
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Ermanno : Bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour un nouvel épisode du podcast Vélotaff. Aujourd’hui, je suis très heureux de recevoir une invitée qui, par ailleurs, m’a été recommandée par un invité précédent. On en parlait justement en off par Emmanuel Vitrai, dont vous avez très certainement déjà entendu l’épisode. Mon invité d’aujourd’hui est Charlotte. Je ne me risquerai pas à prononcer ton nom de famille, je vais te laisser le faire. Mais d’abord, bonjour Charlotte.
Charlotte : Bonjour Ermanno, mon nom c’est Niewiadomski, c’est facile pour toi ?
Ermanno : Ah bah oui, c’est tout simple. Écoute, j’ai tellement un nom aussi qui n’est pas très commun que je n’aime pas qu’on l’écorche, alors je laisse les gens prononcer leur nom et moi aussi j’aime bien prononcer mon propre nom. Charlotte, j’ai une tradition dans ce podcast, c’est de laisser la parole à mon invitée pour qu’elle se présente. Donc dis-nous tout, qui est Charlotte Niewiadomski ?
Charlotte : Ouh là là ! Alors, Charlotte Niewiadomski. Je suis nouvèlement dunkerquoise. C’est mon actualité, je suis éducatrice mobilité à vélo et voilà, j’ai travaillé dans le social pendant une bonne partie du début de ma carrière et puis maintenant je m’investis pour promouvoir l’usage du vélo pour tous, depuis une douzaine d’années et c’est quelque chose qui me passionne, je pense que c’est pour ça qu’on se parle aujourd’hui.
Ermanno : C’est pour ça qu’on se parle, c’est aussi parce que tu as été recommandée par Emmanuel qui me disait c’est une femme géniale, c’est une femme exceptionnelle, elle fait plein de choses pour le monde du vélo et pour le social et donc si tu veux parler à quelqu’un, il faut absolument que tu parles avec elle. Donc je l’admets, tu étais passée sous les radars, enfin sous mes radars, mais en tout cas, je suis très heureux de pouvoir échanger avec toi aujourd’hui. Ok, super, c’est sympa de la part d’Emmanuel en tout cas, je suis flattée. Tu nous dis nouvellement dunkerquoise, alors on en a un petit peu parlé en off, mais pourquoi nouvellement ? Qu’est-ce qui fait, déjà où est-ce que tu étais avant et qu’est-ce qui fait que tu sois montée dans le ch’nord, dans le grand nord ? Parce que Dunkerque, c’est quand même l’extrême nord de la France, on ne peut pas trouver un point plus haut. Alors si, voilà, il y a Bredune, il y a un petit peu au sud. On peut monter jusqu’à Bredune.
Charlotte : Mais effectivement, on est tout près de la Belgique et d’ailleurs, c’est intéressant d’être proche d’un pays comme celui-là qui est quand même relativement avancé en matière de vélo. Moi, en fait, je suis parisienne, à la base, je suis née à Paris et j’ai vécu une vingtaine d’années intra-muros. Là aussi, par amour, j’ai traversé le périph’ pour m’installer à Clichy-la-Garenne, qui est juste de l’autre côté. Et on a fondé notre famille avec mon mari. On a trois enfants et puis moi, je travaillais dans le social à l’époque. Et dans le cadre d’une activité, d’un accueil de jour du Secours catholique, puisque je travaillais au Secours catholique, j’ai commencé à m’intéresser à tout ce qui était vélo. En fait, moi, j’étais une vélotaffeuse déjà depuis un moment. Et c’est comme ça que j’ai commencé mes premiers projets autour du vélo. Donc, j’étais à Clichy et dernièrement, j’ai travaillé à Gennevilliers avant de venir sur Dunkerque.
Ermanno : Alors, tu m’as fait une très belle transition où tu me dis que tu étais vélotaffeuse depuis très longtemps. Tu vélo-taffais au quotidien, tous les jours, matin et soir, ou tu observais une fréquence un petit peu plus saccadée ou moins régulière ?
Charlotte : Alors, au moins matin et soir, parce que je me déplaçais pas mal dans la journée dans Paris. En fait, ouais, j’ai commencé… Enfin, moi, je me déplaçais d’abord… Quand j’étais étudiante, je me déplaçais en roller. Et le roller a un peu ses limites à Paris, parce que de temps en temps, je prenais quand même le métro pour aller plus vite. Et en fait, en roller dans le métro, on se retrouve très vite en chaussette, parce qu’en fait, c’est interdit. Et donc, en chaussette dans le métro, c’est parce qu’il y a plus d’hygiénique. Du coup, à un moment, je me suis rendue compte qu’en fait, un vélo, ça pouvait être encore mieux. Et c’est comme ça que j’ai commencé.
Ermanno : Le vélo, c’est pas beaucoup plus pratique en métro.
Charlotte : Bah non, mais du coup, on n’a plus besoin du métro, c’est ça qui est encore mieux. En plus, on va toujours au moins… C’est plus vite que le métro, donc à Paris, c’est vraiment hyper intéressant. Et donc ça, ça a commencé, je crois que c’était en 2002. Ça a correspondu au moment où j’ai commencé d’ailleurs à travailler au secours catholique. Et du coup, j’habitais le 11e, j’étais basée dans le 10e, et je me déplaçais dans le 17e, 13e, voilà, dans plein de quartiers de Paris. Et c’était super pratique d’avoir un vélo. J’avais un vélo récupéré par mon frère qui bricolait des vélos. Parce que j’ai jamais eu de vélo neuf. En fait, j’ai jamais acheté un vélo neuf. C’est toujours été de la récup, du réemploi. Et voilà, c’est comme ça que je me suis intéressée à ça. Parce que moi, j’avais appris à gonfler un vélo, mais c’était à peu près tout ce que je savais faire à ce moment-là. Et sur Paris, il existait vraiment pas grand-chose pour réparer son vélo à l’époque. Là, je parle des années entre 2002 et 2005, 2006. Donc voilà, je bricolais un petit peu mon vélo avec les petits trucs que j’avais appris, mais je savais pas faire grand-chose. Et je me suis rendue compte qu’il y avait vraiment un manque là-dessus, pour les gens qui voulaient rouler au quotidien. Alors, il n’y en avait pas encore beaucoup à l’époque, c’était avant Vélib. Mais quand même. C’est comme ça que j’ai eu la première idée d’un atelier de réparation de vélo, dans l’accueil de jour dont je m’occupais, qui était dans le 17ème. Et on a créé, avec un bénévole qui s’est impliqué sur cette action, on a créé l’atelier Vélocypède. Et ça, c’était donc en 2006-2007. Au moment où Vélib a démarré, c’était pile en même temps, donc il y avait une super dynamique à ce moment-là, qui s’est créée sur Paris. Autour du vélo. Et on s’est rendu compte qu’il y en avait partout, des vélos que les gens laissaient, abandonnaient, jetaient. C’est là qu’on a découvert vraiment un phénomène assez important. C’est d’ailleurs l’époque où le réseau de le recyclage s’est constitué. Je ne sais pas si tu connais le réseau des ateliers vélo solidaires de le recyclage. Et donc, on a fait partie de ce réseau-là aussi, un peu au début. Donc, on a créé le réseau de le recyclage. On a créé un atelier de réparation de vélo, on a récupéré des vélos, on a fait du réemploi. Et ça, c’était avec des personnes qui étaient en très grande précarité, puisque c’était dans un accueil de jour. On accueillait des gens qui dormaient à la rue ou dans des centres d’hébergement. On a trouvé que c’était super intéressant comme activité de remobilisation pour des personnes qui étaient dans des situations compliquées. Et en fait, après, on a réfléchi à la possibilité de développer cette action sur quelque chose de plus structuré, qui allait un peu plus loin, parce que là, c’était juste une journée, c’était avec des bénévoles. Voilà, il n’y avait pas d’activité économique derrière. Et on a réfléchi à la possibilité de créer un atelier d’insertion autour de ça. Sur Paris, ce n’était pas trop possible. Je passe les détails à l’époque. Et on a pu démarrer sur Clichy. Moi, j’habitais à Clichy-la-Garenne, dans les Hauts-de-Seine. Et il n’y avait rien du tout. Là, il n’y avait pas du tout d’atelier, ni de vélo 6, ni rien sur la ville. Donc, on a été accueillis par la mairie, qui nous a trouvé un local en 2008-2009. Et puis après, le temps de faire le dossier administratif, tout ça, parce que les structures d’insertion, ça ne se monte pas comme ça en deux minutes. On a ouvert la structure en 2011.
Ermanno : Ah oui, ce n’est effectivement pas en deux minutes, ni maintenant, en deux mois.
Charlotte : Il y a eu des années, donc la mairie Clichy déjà pour le local. Après, les interlocuteurs ont changé les administrations avec qui on devait monter le projet. Donc, bref, ça a pris pas mal de temps. Puis nous, on était tous bénévoles. Moi, je travaille toujours au secours catholique. On était cinq sur le projet. Et tout le monde avait d’autres activités par ailleurs. Donc, on ne pouvait pas y consacrer un temps plein. Donc, ça a mis un peu de temps. Mais après, on a pu recruter les salariés, justement, pour gérer cette structure. Et ça a démarré en 2011 avec une équipe. Il y avait trois permanents. Il y avait une douzaine de personnes en insertion qui travaillaient à réparer des vélos, à faire du réemploi pour les revente d’occasion et puis aussi des ateliers d’autoréparation. Ça, c’est ce qu’on avait découvert aussi avec le réseau de recyclage. On était allés visiter Dynamo à Nancy, qui était un des pionniers en matière d’ateliers d’autoréparation et de réemploi à l’époque. Et voilà, on s’était dit que c’était intéressant que les gens puissent apprendre à réparer et entretenir leurs vélos eux-mêmes. C’est ce qui s’appelait la vélonomie. Et puis, voilà, on a commencé comme ça la structure de Clichy. Après, on a géré l’association pendant à peu près trois ans jusqu’à ce que moi, je souhaite me réorienter professionnellement. Et c’est en 2014, j’ai quitté le secours catholique. J’avais envie. J’avais envie déjà de changer de domaine, parce que le secours catholique, moi, j’étais dans la lutte contre l’exclusion. J’étais sur les questions d’hébergement, de logement, le droit au logement, etc. Donc, c’était des sujets assez lourds, on va dire.
Charlotte : Et après une douzaine d’années dans ce domaine, j’ai eu envie de passer un peu à autre chose. Je trouvais que le vélo, c’était un support très positif, très intéressant. Je voyais beaucoup de perspectives, en fait à développer des activités autour de ça. Et puis, avec la structure d’insertion, on avait quand même développé aussi un petit peu des animations à l’extérieur. On commençait à faire des ateliers mobiles avec un triporteur. On avait commencé aussi un petit peu à travailler avec des entreprises sur le sujet. Donc, je me suis dit, il y a vraiment des choses à faire. Et j’ai travaillé sur un projet de transformation. C’était parce que la structure associative s’appelait BicycleAide. Transformation BicycleAide en coopérative. Pour… Passer de l’insertion à un modèle économique plus pérenne. Et aussi avec un statut différent. Le statut de coopérative, il est intéressant parce que les salariés sont associés. Et parce qu’il y a une gouvernance démocratique. Aussi une lucrativité limitée. Enfin, des éléments qu’on ne trouve pas forcément dans le statut associatif. Et qui, moi, me paraissaient…
Ermanno : Ou dans les sociétés commerciales habituelles.
Charlotte : Ah, évidemment, les sociétés commerciales habituelles, mais ça, j’ai oublié de le dire. Pour moi, c’était juste hors de question. J’ai oublié de préciser que le système économique actuel, pour moi, il n’a plus de sens, quoi. Donc, ça fait longtemps que je cherche des alternatives.
Ermanno : Avant qu’on avance un petit peu, justement, sur les structures, je voulais revenir avec toi sur deux petites choses. La première, c’est que tu as dit en introduction que tu n’as jamais eu de vélo neuf. Ça a toujours été des vélos d’occasion. Des vélos récupérés, réparés. Le premier, c’était par ton frère. Pourquoi ? Est-ce que c’était une question de conviction personnelle ? Est-ce que c’était une conviction, déjà, avec quelque chose d’écologiste ? Une arrière-pensée écologiste ? Est-ce que c’était pour filer un coup de main ? Est-ce que c’était pour contribuer à aider à diminuer l’amoncellement de vélos qui se retrouvent en décharge ? Pourquoi est-ce que tu n’avais jamais eu de vélo neuf, en fait ?
Charlotte : Je pense que c’est devenu pour cette raison-là. Pour des raisons écologiques. Mais au départ, c’était… Je ne sais pas. C’était du pur pragmatisme. Je n’avais pas forcément trop les moyens de m’acheter des vélos neufs. Je n’y connaissais rien. Mon frère bricolait des vélos. Il les récupérait à droite, à gauche. Il m’a dit, tiens, celui-là, il va t’aller. J’ai dit, OK. Ce n’était pas vraiment une démarche réfléchie à l’époque. Mais après, oui, bien sûr, ça l’est devenu. Quand j’ai vu ce que c’était, dans les années 2007-2008, quand j’ai vu les quantités de vélos qui sont… qui ne servent pas chaque année… Le Recyclage a fait une étude en 2013 et a estimé à 1,5 million le nombre de vélos qui sont jetés en France chaque année. Des vélos adultes seulement, en plus. On ne parle même pas des vélos enfants.
Ermanno : J’avais eu l’occasion d’échanger avec Olivier Mattei de chez Cycle qui, justement, nous disait… Lui, il avait comme chiffre 2 millions de vélos jetés par an. Je ne sais pas si on se rend compte. Pour 65 millions de francs. Ça fait presque un vélo pour 3 Français. Enfin, c’est… C’est énorme. C’est quand même énorme. Ça veut dire que 30 Français, tous les ans, jettent un vélo. Ouais. Ouais, c’est fou. Petite précision, parce que tu parles de le Recyclage. Pour celles et ceux qui seraient intéressés et qui ne connaîtraient pas, c’est L’Heureux Cyclage. C’est un jeu de mots sur le mot Recyclage et le Recyclage. Donc, le fait d’être heureux de recycler. J’avais eu l’occasion d’assister… D’assister à un atelier, justement, d’une personne qui représente le Recyclage au 26e Rencontre Vélo et Territoire cette année à Bourges. Et c’est vrai que… C’est une initiative qui mérite d’être mise en avant aussi. Merci pour ta présentation. Merci d’être revenue avec nous un petit peu, justement, sur tout ce qui a guidé un petit peu la première partie de ta carrière avant de devenir dirigeante de bicyclette. Alors, dirigeante, quand tu… Quand tu… Quand tu gères une SCOP, une coopérative, est-ce que tu es vraiment dirigeante ou est-ce qu’au final, la direction, elle est démocratique, elle est éparpillée au niveau de tous les associés ?
Charlotte : C’est une très bonne question.
Charlotte : Je pense que malheureusement, tu es quand même dirigeante.
Ermanno : Il faut quand même, au niveau de l’État, au niveau de certaines administrations, il faut quand même qu’il y ait une personne qui représente.
Charlotte : Il n’y a pas que ça. Peut-être que c’est de ce fait-là, je trouve que la démocratie en entreprise, elle est difficile à faire vivre, notamment parce que moi, quand j’ai créé bicyclAide, enfin, quand j’ai transformé bicyclette en coopérative, j’ai recruté des gens à partir d’annonces, tout simplement, des offres d’emploi avec des fiches de poste décrites, des salaires, etc., des conditions de travail qui étaient déjà prédéfinies parce qu’on avait un projet avec un modèle, avec un fonctionnement qui avait été défini, etc., donc il fallait des gens qui puissent le faire vivre. Et en fait, le problème de ça, c’est que finalement, quand tu recrutes des gens comme salariés, ils sont salariés, quoi. C’est-à-dire que même si tu veux en faire des coopérateurs, nous, c’était dans nos statuts, c’est dans les statuts de bicyclAide, quand on rentre comme salarié en CDI à bicyclette, on devient forcément associé au bout d’un certain temps, et on prend des parts sociales au capital de la SIC, on devient associé à l’Assemblée Générale, etc. Moi, j’ai toujours eu une pratique de gestion très participative. En réunion d’équipe, on partageait sur tous les sujets, y compris sur les projections financières, les budgets, les coûts, enfin, tout ce que souvent on cache dans les entreprises classiques. Et en fait, malgré ça, j’ai trouvé qu’il y avait quand même des… Et malgré aussi le fait que j’avais des collègues qui étaient super, enfin, moi, j’ai travaillé avec des gens vraiment géniaux, quoi, essentiellement des mécaniciens, mais aussi des éducateurs mobilité vélo, pour la partie vélo-école, et j’ai travaillé avec des gens vraiment extraordinaires, quoi, qui avaient des supers compétences, des supers qualités humaines, professionnelles, et tout. Mais au bout du compte, je sais pas si c’est le format qui veut ça, ou le fait qu’il y ait une obligation administrative, mais au bout du compte, je trouve que le gérant, il se retrouve quand même, à certains moments, un peu seul, quoi. Et ça, voilà, je sais pas trop à quoi c’est dû. Après, c’est pour ça qu’aujourd’hui, d’ailleurs, je suis dans une coopérative d’activités et d’emploi à Dunkerque. J’ai choisi aussi cette structure parce que y a plus de possibilités de… Enfin, c’est plus compliqué de se retrouver dans cette relation de dirigeants-salariés. On est des entrepreneurs indépendants au sein de la coopérative, chacun son activité, on travaille ensemble sur des projets, mais on est tous au même niveau sur ces projets-là, parce qu’on est tous, en fait, des profils d’entrepreneurs. Et je pense que pour créer une société coopérative où t’as cette ambiance-là, je pense qu’il faut que… En fait, faut trouver une bande de copains ou des gens, quoi, des amitiés que tu vas créer autour d’un projet et qui vont chacun être partie prenante. Moi, c’est pas… Mon histoire, elle est pas comme ça. Moi, j’ai créé ce projet-là avec… Enfin, l’histoire que je viens de raconter, et à partir de cette histoire-là, je me suis retrouvée quand même à porter le dossier, quoi. Et toute seule, entre guillemets, c’est pas vrai, c’est pas… C’est un peu raccourci de dire ça, mais… Mais dans les moments les plus critiques, bah, en fait, si, quand même, c’est toi qui portes le truc, quoi.
Ermanno : Moi, je me souviens de ce modèle de société coopérative. Dans une vie précédente, je travaillais pour un commissaire aux comptes, et on auditait aussi des sociétés coopératives de dockers. Alors, on le sait peut-être pas forcément, mais les dockers, donc, ils sont ces, entre guillemets, manutentionnaires sur les ports, et c’est un métier qui existe toujours, parce que même si on automatise de plus en plus, il y a toujours des dockers sur les ports, et ils sont à 90% organisés sous forme de sociétés coopératives. Et je crois que là, c’est justement un modèle qui vit bien, qui coopère bien, qui coexiste, qui continue à vivre, parce que ça a toujours été, entre guillemets, dans l’ADN de ces sociétés de dockers, d’être sous forme de sociétés coopératives. Pour répondre à ta question de… Pourquoi est-ce que ça ne marche pas forcément bien, la démocratie en entreprise, ou est-ce que les salariés qu’on embauche dans les sociétés coopératives, ils ne sont pas forcément habitués à ce type de gestion ? C’est peut-être aussi parce que ces 50, 60 dernières années, tout l’accent a été mis sur les sociétés commerciales, et donc les gens ne sont pas forcément alertes, ne sont pas forcément habitués à ce type de management de sociétés.
Charlotte : Oui, c’est sûr. Et puis, encore une fois, ce propos que j’ai, il est relativement injuste, parce que les gens avec qui j’ai travaillé se sont énormément investis dans l’entreprise. C’est plus sur des choses qui sont un peu insaisissables qu’on a ce sentiment, je trouve, en tant que dirigeant de solitude à certains moments. Sur des questions de ressources humaines, notamment, ou les coups durs qu’on peut rencontrer sur le chemin. Voilà, il y a… Au bout du compte, de toute façon, c’est toi qui dois continuer à tenir la baraque, quoi.
Ermanno : Pour revenir un petit peu, justement, sur… ton expérience de l’utilisation des mobilités douces, et du vélo, et du vélotaf. Tu dis que tu as toujours pratiqué le vélotaf. Est-ce qu’il n’y avait que cet aspect pratique de se déplacer plus facilement, plus librement, parfois plus vite qu’en métro ? Ou est-ce qu’il y avait aussi, là aussi, des convictions personnelles sur l’utilisation du vélo versus l’utilisation d’autres moyens de transport ?
Charlotte : Alors, c’est vrai que moi, j’ai été élevée par des parents qui n’avaient pas de voiture à Paris, et donc c’était le métro ou autre chose, mais de toute façon, je n’ai jamais réseau des voitures. Moi, je n’ai pas cette culture bagnole qu’ont beaucoup de Français. Donc voilà, déjà, il y a eu ça qui était dans mon ADN, on va dire. Donc après, le métro, je ne sais pas si tu connais, mais c’est juste inhumain et insupportable. Enfin, un truc de fou, quoi. Vivre le métro à Paris, moi, je trouve que c’est… C’est quand même une expérience terrible. Et du coup, c’est vrai que, voilà, quand on peut trouver des alternatives, là aussi, c’est pour moi du pragmatisme. Mais après, tout ça s’est transformé, parce que quand j’ai commencé à me pencher sur cette question et à voir tout ce que… Enfin, à tirer le fil de tout ce que le vélo peut induire culturellement, socialement, sur les questions environnementales, etc., on se rend compte qu’on n’est pas du tout juste sur une question de quelques tubes en métal avec deux roues, quoi. C’est beaucoup plus que ça, le vélo. C’est un sujet qui est… On touche à des sujets très sensibles pour les gens. Et c’est ça que je trouve passionnant, en fait. Et difficile, en même temps. Parce qu’on est vraiment, justement, sur des questions très sensibles, des questions culturelles, psychologiques, psychosociales, questions de statut… Voilà, la question aussi de la perception, de l’effort. On est quand même dans une société où…
Ermanno : On peut détailler tout ça ? Tu dis questions culturelles, questions sociales, questions de l’effort… On peut détailler tout ça ? En quoi est-ce que le vélo intervient dans ces sujets-là ?
Charlotte : Alors, une question culturelle, ben… La culture vélo n’existe quasiment pas en France aujourd’hui. Elle est en train, je pense, de se développer, mais c’est quelque chose qui… qui a disparu depuis les années 70, la période où on a basculé dans le tout automobile. Donc, aujourd’hui, les gens aimeraient pouvoir déposer leurs enfants avec leurs voitures dans la classe, à l’école, pouvoir rentrer dans leur salon avec leurs voitures…
Ermanno : Tu sais, un gros SUV, ils ouvrent le coffre en automatique, évidemment, ou en appuyant sur un bouton, les enfants descendent du SUV pour rentrer directement dans la classe.
Charlotte : C’est ça, c’est ce qu’on faisait même hier, et puis après, j’écrase les enfants des autres.
Ermanno : Du coup, ils vont s’enfuir, c’est pas les siens.
Charlotte : Non, évidemment, c’est très ironique. Donc, il y a ce truc-là, et moi, j’aimais bien aussi ce qu’un jour on m’a dit, c’est dans une voiture, il y a un habitacle, et rien que le mot habitacle, il dit quelque chose de très important, c’est-à-dire que c’est comme un habitat mobile. Donc, les gens ont leurs affaires dedans, leurs petites affaires du quotidien, qu’ils servent ou qu’ils servent pas, etc. Il faut pas la rayer, il faut qu’elle soit propre, il faut qu’elle soit belle, enfin, il y a un truc, il y a quelque chose de très particulier qui se joue autour de la conception de ce qu’est une voiture. Pour moi, une voiture, c’est une boîte en métal qui te trimballe, quoi. Je veux dire, qu’elle soit sale, qu’elle soit moche, je m’en fiche. Et ça, je sais que c’est pas partagé. Donc, je pense que ça, voilà, quand je parle de culturel, je dirais ça, je dirais que, contrairement à d’autres, il y a d’autres pays, notamment du nord de l’Europe, où ils ont basculé de l’autre côté dans la même période, dans les années 70, vers une recrudescence de l’usage du vélo, des aménagements drastiques pour favoriser la pratique du vélo. Nous, on a fait l’inverse. On a failli être traversés par une autoroute à Paris. On a failli avoir une autoroute qui traversait Paris.
Ermanno : Disons que ce qu’on dit souvent, c’est que dans les années, fin des années 60, début des années 70, et notamment au moment du choc pétrolier, il y a des gouvernements qui ont pris le virage du vélo pour lutter, pour éviter que leur population soit trop impactée par ces chocs pétroliers. Et puis, il y en a d’autres qui, au contraire, ont, à coup de subvention, plongé directement dans tout automobile. Et c’est un peu le cas en France, de manière générale, du sud de l’Europe.
Charlotte : Et c’est ce qu’on continue à faire, d’ailleurs.
Ermanno : Mais non, mais non, mais non. Soyons optimistes, soyons positifs. Nous avons enclenché le virage pour changer un petit peu les mentalités. Et c’est avec des gens comme toi aussi qu’on avance et qu’on va y arriver.
Charlotte : Nous, oui, mais eux, je sais pas. On continue quand même à financer l’essence. C’est ça qui est délirant aujourd’hui. On met des milliards pour financer les autoroutes, pour financer l’essence qui coûte trop cher. Et puis, à côté de ça, on va mettre quelques millions pour le vélo et on va dire waouh, c’est super. Bon, voilà, c’est mon petit truc, c’est mon petit côté négatif de temps en temps.
Ermanno : Allez, on va repartir sur des notes un peu plus positives. Tu nous disais donc, je t’ai coupé pendant ta présentation parce que je voulais revenir un petit peu plus sur toi, donc tu as transformé BicycleAide, qui était une association, en société coopérative. Et puis, tu ne t’es pas arrêtée là, dans ton aventure entrepreneuriale autour du vélo.
Charlotte : Effectivement, puisque… à partir du moment où on a eu envie, avec ma famille, de quitter Paris et de s’installer dans le Nord, il a fallu trouver une transition parce qu’il n’était pas question pour moi de laisser BicycleAide en plan. Et, en rapport à tout ce que je t’ai dit juste avant, il fallait trouver quelqu’un parce que si moi je m’en allais, le machin ne tenait pas, malheureusement. Donc, j’ai recruté un nouveau directeur qui s’appelle Mathieu et qui a repris avec vigueur la gestion de BicycleAide. Il est arrivé en juin 2020, juste après la première vague de Covid. Et on a travaillé pendant six mois à peu près ensemble pour faire toute la passation. Et moi, je suis restée gérante encore jusqu’en juin 2021. Et après, il a repris la gérance de la SIC. Donc, voilà, c’était une super rencontre pour moi de trouver quelqu’un comme ça, avec qui je m’entendais si bien et avec qui on partageait vraiment la vision du projet BicycleAide, les valeurs. Donc, c’était une chance. Ce n’était quand même pas évident, je pense, de trouver un profil comme ça pour un projet assez particulier.
Ermanno : Et BicycleAide, on est où maintenant ?
Charlotte : Et on continue à se tenir au courant de tout ça. Moi, je suis toujours associée de BicycleAide. L’entreprise, c’est ça. L’entreprise se développe bien. Je ne sais même plus combien de salariés aujourd’hui. On était six quand je suis partie. Je sais qu’il y a eu des recrutements depuis. Donc, ça se développe. Ça continue à progresser au niveau économique, au niveau de l’équipe, des activités, des engagements aussi et de l’implication en Île-de-France sur tout ce qui est promotion du vélo. Parce que finalement, la vocation de BicycleAide, c’est la promotion du vélo et ça passe par plein de services différents, que ce soit de la réparation, de la formation vélo-école. On fait même aussi des installations de stationnement vélo, des activités de conseil, etc. Donc voilà, c’est tout ça. Mais au fond, le but, c’est de promouvoir le vélo pour tous.
Ermanno : Et tout ça sur fond d’objets sociaux avec la réinsertion de certaines personnes qui travaillent pour vous.
Charlotte : Alors, la structure BicycleAide aujourd’hui, ce n’est plus une structure d’insertion. La structure d’insertion qu’on avait créée à Clichy en 2011, elle a été confiée à une autre association qui a repris la gestion. Voilà, il existe toujours cet atelier. Nous, on est vraiment sortis de l’insertion pour des raisons… Disons que moi, l’insertion, je n’étais pas passionnée par le système non plus. Je trouvais que… Enfin, je trouve que c’est nécessaire, mais je n’étais pas sûre d’y trouver vraiment du sens parce qu’en fait, je me rendais compte que… Toujours pour ce que je disais tout à l’heure des histoires de système économique dans lequel on évolue, on insère les gens dans quoi, finalement ? Si on est une structure d’insertion, le but, c’est que les gens sortent. Quand on est une structure d’insertion, c’est qu’ils s’en aillent et qu’ils trouvent quelque chose comme un emploi durable, une formation, machin. Et ça, ça n’est possible que dans le système tel qu’il existe. Et donc moi, je voulais plutôt créer une entreprise qui soit différente du système plutôt que d’insérer les gens dans un système auquel je ne crois pas. Quelque part, c’est un peu ça l’idée de la coopérative. Et aujourd’hui, je crois qu’on arrive, bon an, mal an, parce qu’on est tout petit, à faire vivre ça et à vivre ça au sein de l’équipe bicyclette, quoi. Il y a quelque chose de très fort qui se passe, du coup. Et c’est vrai que ça, c’est un truc que je disais tout à l’heure. Le vélo, il a une puissance sociale qui est énorme. C’est un véhicule qui est convivial. C’est un véhicule qui a une bonne image. Quand on se déplace à vélo dans la rue, on peut facilement s’arrêter et prendre des bonjours à quelqu’un. On n’est pas obligé de créer un bouteillage. On a une visibilité qui est une perception de l’espace, qui est très différente de celle qu’on peut avoir quand on est en voiture, dans tous les véhicules avec un habitacle, justement. On est complètement ouvert. Voilà, tous les sens sont ouverts. Et du coup, socialement, je trouve que ça développe aussi pas mal de vertus, le vélo.
Ermanno : Qui sont, justement, ces possibilités de se rencontrer, d’échanger, de partager, d’avoir un… un objet en commun, ou une idée en commun, ou une passion en commun, c’est ça ?
Charlotte : Ouais, c’est ça. Et puis…le lien entre le social et le culturel… la question culturelle, au sens… la culture bagnole, la culture vélo… le lien entre les deux, c’est que… les gens qui se rendent compte que le vélo, c’est pas juste un simple moyen de se déplacer, c’est beaucoup plus que ça. Bah, en fait, ça change leur vie, quoi. Et moi, c’est un petit peu ça, ce que je te disais au début, c’est-à-dire que… au début, c’était pragmatique, bah, j’ai besoin de me déplacer, ça, c’est pas cher, c’est pratique, allez hop, je monte dessus, je pédale, c’est parti. Et puis, en fait, je me suis rendue compte que ça changeait complètement ma vie, ça change ma vision de la ville, ça change ma vision des gens, ça change ma vision du temps, ça change ma vision de l’espace… Euh… Le pouvoir du vélo, il est… Enfin… C’est pas moi qui l’ai dit, hein, c’est Olivier Razemont, hein, le pouvoir de la pédale, c’est… Il est énorme, finalement.
Ermanno : Je suis tout à fait d’accord avec toi, et puis c’est un peu l’essence même de ce podcast Vélotaf, c’est de mettre le maximum de gens au vélo, bah, non seulement pour leur faire découvrir le bien-être, enfin, le plaisir de pratiquer le vélo, et encore plus le Vélotaf, mais aussi avec un aspect très vert, justement, de lutter un petit peu pour la partie écologique. Euh… Donc, du coup, tu nous disais, après BicyclAid, la transition s’est opérée, et puis, par amour, tu as switché avec ta famille vers d’un vélo, à Dunkerque, et là, t’es restée dans le monde du vélo, mais t’as un petit peu changé de domaine.
Charlotte : Oui, effectivement, en fait, j’ai commencé par faire un petit état des lieux, quand… Enfin, avant d’arriver à Dunkerque, j’avais contacté tous les gens que je repérais sur le territoire qui pouvaient avoir un rapport avec le vélo. Je suis tombée assez rapidement sur Nicolas Deveau, qui est cycliste mécanicien, comme il dit, c’est-à-dire qu’il fait de la réparation de vélos sur site, en vélo-cargo. Euh… Il répare des vélos de particuliers, des vélos d’entreprise, et il le fait en vélo-cargo, et donc il est membre de l’association Les Boîtes à Vélo. L’association Les Boîtes à Vélo, c’est une association d’entrepreneurs qui, au niveau national, c’est une fédération nationale, qui utilise le vélo comme moyen de locomotion. Donc on a… On a des tas de métiers dans cette association, Les Boîtes à Vélo, mais leur point commun à tous, c’est d’utiliser le vélo, les remorques, les vélos-cargos, etc., pour se déplacer, pour travailler. Et donc moi, j’avais participé aux Boîtes à Vélo Île-de-France, quand j’étais bicycleAid. J’avais participé aussi à la création de l’association nationale, en 2019, Les Boîtes à Vélo France, parce que c’est une initiative qui a démarré à Nantes, les Boîtes à Vélo, il y a une dizaine d’années. Après, ça a été dans d’autres villes, en fait, Paris, Lyon, Angers, etc., Lille, Bordeaux, enfin, maintenant, il y en a dans pas mal de villes, des associations locales. Et donc, en 2019, il y a eu un travail qui a été fait pour créer la fédération, enfin, l’association nationale. Et moi, du coup, quand je suis arrivée à Dunkerque, je me suis dit, c’était un des premiers critères de recherche, c’est est-ce qu’il y a des Boîtes à Vélo ici ? Et qu’est-ce qu’ils font ? Et en fait, il y en avait un, c’était Nicolas, et il faisait de la mécanique itinérante. Donc voilà, du coup, j’ai contacté Nicolas comme ça, je me suis rendue compte qu’il y avait une Boîte à Vélo. Je me suis dit, bon, sur Dunkerque, il y a un peu de boulot alors, parce qu’on est quand même sur un territoire où il y a un gros potentiel pour faire, pour circuler à vélo. Il y a pas mal d’aménagements. C’est quand même un territoire qui est très praticable. Donc, s’il n’y en a qu’un seul qui se déplace en vélo, il va falloir donner un petit peu envie à d’autres. Il va falloir du boulot. Ouais. Donc, c’était un des trucs. Et puis, alors, Nicolas, donc, lui, il faisait partie de la CAET où je suis, la Coopérative d’Activités d’Emploi Tilt, qui est donc une coopérative spécialisée dans la transition écologique. Et c’est comme ça que j’ai pris ce contact et que je me suis inscrite dans cette coopérative. Et en fait, en faisant mon état des lieux, je me suis rendue compte que, bon, bah, sur la mécanique, il y avait déjà des choses. De toute façon, c’était pas ma compétence première. Et puis, par contre, sur tout ce qui était éducation à la mobilité à vélo, il n’y avait pas trop de… de choses, pas trop de personnes ressources sur le territoire. Et donc, j’ai décidé de faire… d’utiliser mon année de transition pour faire une formation. Et j’ai fait la formation de CQP, d’éducateur à mobilité à vélo. C’est un certificat de qualification professionnelle. Pour pouvoir avoir cette compétence qui permet… Alors, j’avais déjà fait de la vélo-école avec Bicyclette puisqu’on avait créé une vélo-école en 2017. Donc, j’avais travaillé avec des éducateurs diplômés et j’avais appris déjà des choses. Mais là, de faire cette formation, ça m’a permis de faire de la ‘acquérir plus de méthodes, de me perfectionner dans ce domaine-là pour devenir vraiment un peu spécialiste. Et ma démarche, aujourd’hui, c’est de me faire repérer comme spécialiste sur le territoire pour pouvoir faire avancer tout ce qui est apprentissage du vélo. Donc, ça concerne aussi bien les écoles puisqu’il y a le programme Savoir rouler à vélo qui doit être déployé dans les écoles avec l’Education nationale. Ça concerne aussi tout ce qui est loisirs, particuliers. Je fais des stages vélo pour les enfants. Je fais des cours pour les adultes. J’ai un projet de vélo-école. On crée une vélo-école, donc une structure dans laquelle il y aura des vélos, un espace de pratique sécurisé et où les gens pourront venir apprendre aussi bien les adultes que les ados. Voilà, ça concerne plus les adultes et les ados. Avec une démarche progressive d’apprentissage, on part des débutants jusqu’au perfectionnement pour des gens qui savent d’aller mais qui ne sont pas trop à l’aise pour circuler en ville. On fait du code de la route aussi pour bien maîtriser les nouveautés du code de la route qui concerne les cyclistes parce qu’il y a beaucoup de nouveaux panneaux, beaucoup de nouveaux aménagements que les gens connaissent très très peu. Même les gens qui ont leur permis de conduire quand ils l’ont passé il y a trop longtemps ou parce que dans les auto-écoles on n’insiste pas là-dessus. Donc, c’est des choses qui sont très méconnues. Et puis, on fait aussi du.. On teste les bonnes positions à avoir sur la chaussée pour rouler en sécurité, les équipements, l’entretien du vélo. On parle de tout ça dans une vélo-école pour être vraiment sur quelque chose de complet, une formation complète. Et puis, je peux faire aussi de la sensibilisation en entreprise avec des ateliers, des animations pour promouvoir le vélo de manière plus ludique aussi. Je pense que les entreprises ont un rôle important à jouer là-dessus. Parce que quand tu parles de vélotaf, le vélotaf, ça commence par je vais au boulot à vélo. Et quand je commence par ça, en fait, après, je peux aller partout à vélo. Je peux aller faire mes courses, je peux conduire mes enfants, je peux aller au sport, je peux me déplacer pour plein d’autres raisons. Et donc, je pense que si l’entreprise arrive à convaincre ses salariés que venir travailler à vélo, ça a plein d’avantages. Ensuite, finalement, elle a un impact énorme parce qu’elle les convaincre sur plein d’autres… Une fois qu’on vient bosser à vélo, on le fait sur d’autres trajets. Donc, je crois beaucoup dans l’effet levier qu’ont les entreprises. En plus, elles ont plein d’aides aujourd’hui auxquelles elles peuvent recourir pour ça. Donc, on essaye de le promouvoir avec mes collègues. Parce qu’il y a d’autres personnes dans ma coopérative qu’il y a Nicolas et puis d’autres qui travaillent aussi sur ces sujets. Donc, on essaye de faire connaître ces aides et d’encourager les entreprises à les utiliser.
Ermanno : Sur la partie les boîtes à vélo, j’avais eu l’occasion toujours à Bourges pour les Rencontres Vélo et Territoires d’échanger avec Mathieu Cloarec qui est directeur aussi…
Charlotte : Qui dirige boîtes à vélo France. Voilà,
Ermanno : c’était histoire de faire un petit ping, de le mettre aussi sur le vélo. avec toutes les activités que tu mènes, notamment à Dunkerque, est-ce que tu dirais que les choses changent justement ? Pour rebondir un petit peu sur ce qu’on disait tout à l’heure. Est-ce que les mentalités changent ? Est-ce que les gens s’y mettent de plus en plus ? Est-ce que tu notes qu’il y a un nouvel intérêt pour le vélo ? Et si oui ou si non, à ton avis, pourquoi ? Quelles sont les arrières-pensées ? Parce que ce n’est pas uniquement de se mettre au vélo, parce qu etout le monde a dit que c’était bien de se mettre à vélo. j’imagine qu’il y en a qui peuvent être tentés de switcher de mode de transport pour des raisons de convictions écologiques. D’autres, parce que le prix de l’essence commence à grimper de plus en plus et puis pour se prémunir contre l’inflation et autres. D’autres, justement, ça peut être lié à une question de bien-être. Est-ce que toi tu as noté justement des changements et si oui, dans quelle mesure ?
Charlotte : C’est vrai que depuis, enfin moi ça fait 20 ans que je me déplace à vélo, ça fait 15 ans que je suis impliquée dans ces actions et oui bien sûr que j’ai vu évoluer la situation, c’est clair et net. Il y a des à-coups régulièrement à l’occasion de grèves par exemple, il y a eu des grosses grèves à Paris, on a vu des gens se mettre au vélo. Juste après, enfin je repense aux grèves de 2019, juste après il y a le Covid, là on a vu pareil, on avait une vague d’utilisation du vélo qui était quand même très importante à l’issue du premier confinement. Maintenant, c’est le coût de l’essence, le coût de la vie qui fait que les gens, enfin moi je trouve que cette année c’est ça quand même qui guide plus les gens vers le vélo. Un petit peu les aspects environnementaux mais là-dessus moi je reste prudente parce que je trouve que c’est très étonnant la façon dont les gens perçoivent les enjeux environnementaux d’un côté tout le monde va te dire mais ouais c’est hyper important on va dans le mur, t’as l’impression que tout le monde est d’accord et puis en vrai quand tu regardes en détail on dirait que personne n’applique ce qu’il faut pour que enfin pour qu’on n’aille pas dans le mur justement donc c’est très paradoxal je trouve dans les comportements sociaux mais on en entend quand même beaucoup plus parler les questions d’environnement je trouve que depuis quelques mois avec l’été qu’on a eu tout ça, on a eu beaucoup plus puis c’est mon côté optimiste je me dis ça y est les gens ont compris donc maintenant le gouvernement il n’aura plus le choix il va falloir qu’ils s’y mettent aussi.
Ermanno : on enregistre quand même en pleine COP 27 donc ça aide peut-être aussi à ce que en ce moment on en parle un petit peu plus.
Charlotte : ouais c’est sûr mais après tu vois les COP se succèdent et puis qu’est-ce qui se passe en vrai franchement
Charlotte : on a énormément on a fait croître énormément les modes de transport polluants depuis quelques décennies et aujourd’hui ça ne s’inverse pas je veux dire c’est pas tu vois objectivement ça ne s’inverse pas on n’en est pas là mais je pense que quand même par les gens peut-être il se passera quelque chose moi j’y crois toujours au pouvoir du peuple pour faire changer la vie peut-être les dirigeants qui eux clairement ne sont pas dans ces dans ces perceptions-là je pense qu’ils sont trop déconnectés quoi de la réalité il ne faut pas trop les voir avec leur jet privé tout ça tu te dis non mais bon ok on ne parle pas de la même chose
Ermanno : ouais non ça c’est clair d’habitude j’ai une comme je te disais en off j’ai une une seconde partie qui est plus dédiée encore à l’entreprise ou à l’organisation que mon invité vient représenter c’est vrai qu’on a pas mal parlé de toi de ton parcours de ce que tu fais maintenant qu’est-ce que finalement qu’est-ce que qu’est-ce que vous faites encore plus au quotidien pour inciter les gens à utiliser encore plus le vélo au-delà des formations de tout ce que vous mettez en place est-ce que il y a peut-être une ligne directrice dans tout ça
Charlotte : bah en fait comme on est sur un sujet qui au fond qu’on veut un peu les gens parce qu’on en reste quand même là globalement je trouve même si c’est on sent des petites choses qui évoluent on passe notre temps avec notre bâton de pèlerin à parler et à essayer de convaincre avec tout ce que je viens de te raconter en fonction de qui on a en face de nous et quels sont ses enjeux et ses préoccupations on va utiliser les mille arguments qu’on a accumulés depuis des années on passe notre temps à faire ça avec les particuliers les collectivités les entreprises on travaille avec tous les partenaires qui veulent bien nous parler qui veulent bien essayer de faire des trucs avec nous je ne sais pas si je réponds à ta question mais le fil conducteur il y en a qu’un et convaincre que le vélo est une solution très simple à de multiples problèmes complexes et qu’il faut l’utiliser il n’y a rien d’autre en fait.
Ermanno : Charlotte je te propose de prendre une petite inspiration on passe dans la dernière partie de l’épisode la partie des questions de clôture où on recentre un petit peu sur l’invité et alors toi qui a commencé à te déplacer en transport et puis en roller et puis après qui a switché vers le vélo quel est ton meilleur souvenir de Vélotaf ?
Charlotte : J’en ai plein je pense mais je repense à un souvenir récent quand je suis revenue de Gravelines à chez moi là j’habite à 20 km de Gravelines le trajet entre enfin il y a une partie du trajet qui est juste horrible parce que c’est une départementale et bah tu roules à 90 il n’y a pas d’aménagement tu risques ta vie c’est horrible mais une fois que j’avais passé ce truc là j’ai mis mon casque sur les oreilles ce qui est totalement interdit ‘ai écouté de la musique à fond et j’ai chanté dans la rue pendant tout le trajet et c’était trop bien je me suis dit c’est génial parce que quand on est à vélo en fait les gens qui me voient passer ils n’entendent quasiment pas ce que je chante parce que je passe trop vite mais moi je me fais plaisir.
Ermanno : bah voilà c’est aussi ça le vélo et en particulier le vélo taf c’est saisir la liberté le choix de faire un petit peu ce qu’on veut et puis finalement être heureux profiter de la vie.
Charlotte : exactement profiter du temps aussi parce qu’on ne se rend pas compte que quand on se déplace le temps qu’on passe à se déplacer il est important aussi si on va trop vite c’est on a l’impression que l’univers est tout petit déjà et c’est angoissant je trouve reprendre conscience du temps et de l’espace c’est génial c’est complètement une autre perception de la vie je trouve
Ermanno : comment est-ce que tu penses qu’il serait possible de promouvoir encore plus l’utilisation du vélo taf ?
Charlotte : tu veux dire si j’étais président de la république par exemple ?
Ermanno : et bah par exemple tiens faisons un petit peu du concentré vélo si t’étais président de la république qu’est-ce que tu ferais ? quelles seraient tes mesures pour promouvoir encore plus le vélo taf ?
Charlotte : moi présidente qu’est-ce que je ferais ? alors il y a plein de trucs mais un des trucs auxquels je repense souvent je me dis parce que je fais beaucoup de stages de vélo pour les enfants débutants il y a beaucoup de parents qui n’arrivent pas à apprendre à leurs enfants à faire du vélo des enfants qui ont moins de 10 ans je mettrais des petits vélos des draisiennes dans toutes les maternelles déjà je pense que ça ça ne doit pas coûter très très cher et moi mes enfants ils ont appris comme ça on avait la chance d’avoir des draisiennes dans les écoles de clichy où mes enfants sont allés et je pense que ça peut être un super moyen déjà rien pour que les enfants découvrent la pratique du vélo on parle aujourd’hui de la génération vélo il y a un programme qui permet de développer le savoir rouler à vélo qui s’appelle génération vélo et pour moi c’est ça le premier truc c’est de commencer par les tout petits et c’est d’insuffler la culture vélo en partant d’eux après je contraindrais évidemment beaucoup la voiture je pense qu’aujourd’hui on a on voit c’est pas possible qu’on ait le droit d’avoir des voitures aussi énormes aussi polluantes qui roulent aussi vite qu’on ait le droit de rouler que de doubler un cycliste en ville c’est complètement n’importe quoi c’est hyper dangereux il y a plein d’accidents à cause de ça je ferais plein de choses sur le code de la route par exemple ça interdire de doubler des formations régulières des automobilistes pourquoi est-ce qu’on passe son permis qu’une seule fois dans la vie il y a plein de choses qu’on sait pas après qu’on oublie ou qui changent et sur lesquelles il faut évoluer donc je pense qu’il y a des choses à faire aussi là-dessus sur la conduite automobile moi j’ai pas l’impression que ce soit des mesures qui soient trop d’actualité et ça me paraît essentiel pour protéger les cyclistes parce que pour promouvoir le vélo aujourd’hui il faut rassurer les gens ont peur beaucoup de gens ont peur en dehors du fait que ça demande un effort et ça là-dessus je sais pas ce que je ferais parce que la culture de l’effort il faut vraiment qu’on la reprenne qu’on la regagne et aujourd’hui c’est un peu perdu mais peut-être avec le numérique moi je pense que c’est pour ça que le vélo ça touche à beaucoup de sujets je crois que la question du numérique des écrans la capacité qu’ont les jeunes aujourd’hui à rester derrière un écran et à vivre à travers ça moi ça m’inquiète beaucoup quoi je pense que et ça a un lien tout ça parce que du coup après on fait plus d’efforts pour rien après on se plaint en plus des problèmes de sédentarité d’obésité des jeunes manque d’activité physique bah ouais forcément ils n’ont plus besoin de se déplacer tout est tout est à domicile entre les mains donc il n’y a plus besoin et du coup je ferais quelque chose là-dessus aussi je pense sur la question de l’effort et le petit peu contraindre moi je pense qu’il ne faut pas avoir peur de contraindre les gens aussi à faire des efforts et à être plus prudent trouve que les politiques ont souvent peur de contraindre
Ermanno : ouais c’est une question de courage politique ça je dirais pour rebondir sur ce que tu dis c’est pas encore sorti au moment où on enregistre mais quand l’épisode que l’on enregistre là actuellement sortira ce sera le cas je t’invite si t’as deux bonnes heures de temps à consacrer à aller écouter le podcast devenir triathlète que je produis aussi et où on a reçu Pierre Lavoie qui est un sportif et militant canadien et justement il milite énormément sur l’enseignement l’éducation des plus jeunes au mouvement sans aller jusqu’à véritablement l’effort mais au mouvement à la découverte du sport à la pratique du sport pour justement contrer un petit peu tous ces tous ces problèmes de sociétaux de santé publique voilà c’est ma petite recommandation que je t’offre pour aujourd’hui mais il faut avoir deux bonnes heures de temps non pas à perdre mais à consacrer à l’écoute de ce podcast.
Charlotte : ça marche
Ermanno : toi au quotidien quand tu utilises ton vélo qu’est-ce que qu’elle est ou quels sont les outils que tu utilises et que tu pourrais conseiller à nos auditeurs et auditrices
Charlotte : les outils tu veux dire les équipements ou
Ermanno : l’équipement je sais pas les tuyaux les tips les applications qu’est-ce que qu’est-ce que tu pourrais donner comme bon conseil à quelqu’un qui vélotaf ou qui se met au vélo taf et qui pourrait avoir peur de de telle ou telle situation ouais
Charlotte : alors moi je suis quelqu’un de enfin je suis sur du vélo pur et simple moi je suis pas du tout quelqu’un de connecté vélo électrique application et compagnie c’est pas du tout mon truc mais je conseillerais de bien choisir son vélo pour qu’il soit le plus performant possible qu’il soit bien adapté à la morphologie de la personne et à ses capacités physiques je pense que c’est la première étape choisir une bonne selle une bonne posture se sentir bien sur son vélo et puis aussi choisir ses équipements en fonction de ses goûts de ses envies de ses besoins il y a des gens qui aiment bien avoir le vélo le plus épuré possible moi je suis plutôt style vélo un peu équipé avec porte-bagages sacoche toujours des trucs à trimballer dans mon vélo les garde-boue tout ça il y en a qui aiment bien avoir un rétro enfin je pense qu’il faut pas naisiner là-dessus faut pas hésiter à investir parce que quand on met bout à bout ça va représenter quelques centaines d’euros mais c’est pas non plus la fin du monde c’est pas quand on voilà quand on prend un peu du recul par rapport à ce que représente un budget transport dans un ménage je pense que ça reste relativement raisonnable et ça vaut le coup d’investir sur l’équipement parce qu’après c’est comme ça qu’on est bien. investir sur des affaires de pluie quand on se déplace sous la pluie puis avoir peur de ça de dire ah ça y est il risque de pleuvoir je vais pas prendre mon vélo bah non il risque de pleuvoir c’est pas grave j’ai ma cape j’ai mon pantalon de pluie dans ma sacoche dans mon sac je m’en fiche et puis avoir des bons éclairages ça me paraît vital j’en parle à tous les gens avec qui j’ai l’occasion parce que c’est en plus là on est au mois de novembre ça va être c’est la campagne cycliste de briller qui est en train de se déployer avec la FUB la Fédération des Usagers de la Bicyclette c’est hyper important dans une période comme celle-là où il fait nuit le matin il fait nuit le soir quand on va bosser d’avoir un super éclairage et malheureusement les vélos qu’on vend aujourd’hui dans le commerce sont encore très mal équipés je trouve au niveau des éclairages on a souvent des éclairages faibles pas pratiques aussi qu’il faut recharger avec des piles ou enfin qui sont fragiles avec des connectiques qui fonctionnent pas bien et tout donc il ne faut pas hésiter moi j’ai investi super lampe j’ai un blouson hyper flash enfin c’est un blouson gris mais qui est entièrement réfléchissant donc si un automobiliste me croise sur un chemin où il fait nuit il est carrément ébloui
Ermanno : tu sais c’est pas forcément gage de sécurité quand même moi je cours beaucoup et notamment en ce moment comme les journées sont courtes je cours souvent de nuit et j’ai remarqué qu’au contraire plus t’es visible et plus des fois il y en a qui jouent le jeu de je shoot le cycliste ou je shoot le coureur
Charlotte : ah ouais ouais , bah écoute je sais pas moi j’ai pas encore rencontré ce cas là moi c’est plutôt j’en fais un peu peur je pense qu’ils ont l’impression de croiser un fantôme et du coup ils ralentissent et ils m’évitent en se disant mais c’est quoi ce truc qui avance vers moi parce que moi je prends souvent un chemin à côté de chez moi qui est complètement dans le noir il n’y a vraiment pas de lumière publique d’éclairage public et ça m’est arrivé plusieurs fois je me suis dit mais pourquoi ils ralentissent comme ça et en fait je me suis rendu compte qu’avec mon blouson c’était voilà je sais pas si toi c’est des fringues réfléchissantes que t’as mais il faut savoir que tu peux t’habiller en jaune fluo ça se voit pas ce qui se voit c’est ce qui réfléchit.
Ermanno : c’est ce qui réfléchit ouais tout à fait ouais Charlotte merci pour toutes ces infos et puis surtout ces bonnes infos que tu viens de nous délivrer juste à la fin est-ce qu’il y a un sujet qu’on n’a pas abordé et qui revêt une importance pour toi ?
Charlotte : non après ce que j’aurais envie de dire c’est que c’est important quoi de se pencher enfin j‘ai envie d’encourager les gens à réfléchir autrement parce que je crois que enfin moi c’est ce qui a guidé c’est ce qui a guidé mon parcours aussi bien professionnel que personnel de se dire peut-être que je peux voir les choses différemment peut-être essayer de quitter les idées reçues qu’on a sur les choses que ce soit la manière de se déplacer mais aussi enfin j’ai pas dit tout à l’heure mais si j’étais président de la république je ferais aussi des choses sur l’aménagement quoi il y a tellement de l’aménagement l’urbanisme et il y a tellement de choses à repenser sur les lieux de travail les lieux d’activité les lieux d’habitation il faut qu’on revoie tout ce système-là et du coup j’ai envie de dire c’est important de se poser de temps en temps et se dire comment je peux voir les choses autrement et peut-être envisager d’autres façons de vivre et qui seront pas forcément plus dures peut-être que je vais gagner et en plus d’autres vont y gagner les gens qui vivent autour de moi mes enfants mes enfants etc
Ermanno : pour terminer si on veut si on veut te suivre si on veut échanger avec toi où est-ce que ça se passe où est-ce qu’on peut te retrouver et rentrer en contact avec toi
Charlotte : alors on peut me trouver sur Facebook sur ma page Charlotte Niewiadomski on peut me trouver sur LinkedIn avec Charlotte Niewiadomski et puis Forma Vélo qui est la marque que j’ai créée ici pour toute la partie formation à mobilité à vélo et puis j’ai aussi un compte Instagram et puis j’ai un site formavelo.fr
Ermanno : voilà de toute façon je remettrai toutes les infos dans les notes de l’épisode mais en tout cas je te remercie encore pour notre échange pour toutes ces informations que tu as bien voulu partager avec nous je te souhaite une très bonne continuation bonne balade à vélo là je crois que tu enregistres de chez toi donc je vais te libérer pour pouvoir aller t’occuper de ta petite puce et puis du chat qui est venu nous faire un petit coucou tout à l’heure mais en tout cas bonne continuation de voyage à vélo et puis à très bientôt.
Charlotte : merci Ermanno à très bientôt.