Comment développer être confronté à ses convictions et tomber amoureux d’une marque de vélo ARTISANALE ?

Entrepreneur avant-gardiste, mon invité a capitalisé sur le concept des vidéos Tiktok … 10 ans avant que TikTok n’arrive en Europe. Après avoir monté et développé l’agence digitale « 87seconds », on ne s’attendait pas forcément à le retrouver dans le monde du vélo où le temps est long pour les découvertes et les balades !

Dans cet épisode, je vous propose d’échanger avec ⁠Thibaut Dehem⁠, associé chez « ⁠Vélo 43⁠ » (ou « ⁠Bike 43⁠« ) et de découvrir pourquoi il a décidé d’investir activement et de développer une marque de vélo électrique « artisanale » (dans le plus noble des termes : la majorité des choses y sont faites à la main !).

Bonne écoute !

Pour contacter notre invitée via Linkedin, c’est par ⁠ici ⁠( ⁠https://www.linkedin.com/in/thibautdehem⁠ ) !

Ce podcast animé par ⁠Ermanno DI MICELI⁠ est proposé par l’ONG ⁠TwoWheelTuesday⁠ (⁠@2wteu⁠), et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique du Vélotaf.

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Full Trancript 

Ermanno : Bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour un nouvel épisode du podcast Vélotaf. Aujourd’hui, j’ai la chance d’échanger avec le repreneur de Bike43. Vous l’entendrez pendant cet épisode, il y a peut-être un petit jeu de mots à aller y trouver. La marque s’appelle aussi Vélo43. Je veux parler de M. Thibaut Dehem. Salut Thibaut ! 

  

Thibaut  : Salut Ermanno, merci de me recevoir. 

  

Ermanno : Thibaut, j’ai une tradition dans ce podcast, c’est que je tends le micro à mes invités pour qu’ils se présentent. Ils le font bien mieux que moi. Alors dis-nous tout, qui est Thibaut Dehem ? 

  

Thibaut  : Voilà, Thibaut, je suis avant tout le papa de trois petites filles, Thalia, Zoélie et Roxine. On y reviendra parce que le but, c’est de parler de Vélotaf, évidemment, mais de vélo-cargo. Donc ça a son importance. Et puis, je vis à Bruxelles, mais je connais bien aussi la France voisine puisque j’ai créé une société il y a 10 ans, en 2012, qui s’appelle 87 secondes, qui était une agence digitale qui s’est positionnée sur les vidéos courte, explicative, d’où le nom. L’idée, c’était de dire 87 secondes, on fait passer ton message, que ce soit un message plus corporé, publicitaire ou alors en interne. Et on a pu grandir l’agence et ouvrir des bureaux à Paris et à Lyon jusqu’à être 80 personnes. Voilà, ça a été… 

  

Ermanno : Vous auriez pu pousser jusqu’à 87 quand même pour le clin d’œil. 

  

Thibaut  : Ouais, on n’est pas très loin, c’est vrai. On a pêché sur la fin. C’est une belle histoire parce que ça a été repris. faite par une agence française qui s’appelle DataWars, qui avait déjà aussi un pôle vidéo et ils ont repris le nom, sache, 87 secondes, pour rebrander toute la partie vidéo et création de contenu. Et donc, la belle aventure continue et je crois qu’ils sont plus d’une centaine aujourd’hui. On a fêté les 10 ans il y a deux semaines. 

  

Ermanno : Alors, juste pour rebondir là-dessus, pourquoi 87 secondes ? Pourquoi pas 90 ? Pourquoi pas 60, 63, 72 ? En général, il y a un chiffre qui ressort notamment chez les techs et je te parlais justement, Rolf, que j’étais sur ton profil. Effectivement, tu es un tech enthusiast. Mais le chiffre qui ressort en général chez les techs et chez certains sportifs, c’est 42. Pourquoi ? Parce que 42, c’est la réponse à tout. Mais pourquoi 87 ? 

  

Thibaut  : C’est vrai que chaque discipline a son chiffre. On connaît bien le chiffre dans les mathématiques. Pour la communication, c’est 87. On disait que c’était le chiffre d’or parce que c’était le temps parfait, imparti pour faire passer son message. Tu as toute une construction du message. Évidemment, poser la problématique, arriver avec une solution. Prouver les bénéfices et arriver avec un argumentaire. Et en ce laps de temps exact, on arrivait à faire passer son message. Maintenant, il faut savoir aussi qu’avec les formats en ligne, c’est très dépendant des plateformes sur lesquelles on communique. Et en fait, on a de plus en plus le format 87, c’était pour le web. Sur les réseaux sociaux, on a de plus en plus travaillé sur des formats de 12, 15 secondes, 30 secondes sur du pré-roll YouTube. Je te la fais courte. 

  

Ermanno : D’autant que si je ne m’abuse, le temps d’attention diminue aussi. Avec notamment toute cette génération TikTok. Moi, j’ai quatre enfants, dont un qui a 13 ans, donc il est en plein dedans. Et c’est vrai que le grand qui a 24, on pouvait maintenir son attention pendant une ou deux minutes. Tu vois, lui parler d’un sujet plus ou moins sérieux. Le petit de 13 ans, on est plus à 12 secondes maintenant. 

  

Thibaut  : Oui, tout à fait. Et puis en plus, les points d’interaction se démultiplient. Donc, il faut faire du contenu sur huit plateformes différentes. Elles sont souvent ouvertes en parallèle aussi. Ça ne simplifie pas les choses pour les annonceurs. Mais ça fait la part belle pour les agences, par contre. 

  

Ermanno : Et puis, c’est un savoir-faire qui est effectivement bankable. Parce que tout le monde n’a pas ce savoir-faire. Tout le monde ne sait pas faire passer un message en quelques secondes. Ou tout le monde n’a pas forcément la fibre créative pour réussir à le faire du premier coup. Donc, effectivement, ça fait la part belle aux agences. 

  

Thibaut  : Oui, c’est vrai que c’était la réussite du projet. C’était justement mettre tellement de compétences autour de la table. Donc, tu as besoin de bons communicants, marketeurs. Tu as besoin de bons directeurs artistiques, des créas, des graphistes, des motion designers, des voix off. Des régisseurs. Des réalisateurs aussi pour toute la partie filmée. Donc, voilà, ça, ça a été la réussite du projet. 

  

Ermanno : En gros, tu avais fait du TikTok dix ans avant que ça explose en Europe. 

  

Thibaut  : Oui, on peut dire ça. 

  

Ermanno : Bon, on n’était pas forcément là pour parler agence, web, création, etc. On était plus là pour parler de toi, pour parler de ton projet. Donc, tu t’es très rapidement présenté. Ce que je note, c’est que c’est plutôt rare que les gens se présentent par qui ils sont plus que par ce qu’ils font. Toi, tu as dit, je suis d’abord un papa de trois enfants. En général, les gens se présentent en disant, voilà, je suis un tel, j’ai tel âge, je fais tel job. Toi, tu commences par l’aspect famille. C’est plutôt intéressant. 

  

Thibaut  : Oui, bon, c’était peut être dans le contexte aujourd’hui, mais c’est vrai qu’on n’est que ce que l’on fait au final. Je reviendrai peut être sur d’autres aventures que j’ai eues. Aujourd’hui, je m’adonne, enfin, je veux dire, je m’amuse à toucher à différents projets, dont le vélo. Et donc, on est là pour parler des Vélo 43. 

  

Ermanno : Alors, juste avant de parler des Vélo 43, forcément, ce podcast s’appelle Vélotaf. Moi, ma première question, c’est est ce que toi, à titre personnel ou professionnel, tu pratiques le vélo ou plus largement le Vélotaf ou les mobilités douces? 

  

Thibaut  : Alors, j’ai une toute première expérience avec le vélo qui m’a, où ça a été le coup de foudre. C’est en fait, juste après les études, je n’avais pas directement envie de partir au charbon sur un premier job. Et avec un ami, en l’espace de deux semaines, on s’est décidé. À partir en tour du monde à vélo, on a fait on a fait dix sept mille kilomètres, parti de Bruxelles. Ici, il y a un endroit très connu qui s’appelle le Cinquantenaire, qui est un peu notre arche de triomphe ici. Et on est parti à l’arrache pendant neuf mois vers l’Afrique. Puis on a descendu toute l’Amérique latine jusqu’au Pérou et retour via la Chine et puis la route de la soie. Ça a été un voilà, c’était une décision très, très soudaine. Mais tellement opportune et tellement belle que ça m’a laissé une aventure et un goût pour le vélo très prononcé. 

  

Ermanno : Ça, ça me fait rêver. Déjà, les projets à l’arrache comme ça, c’est souvent les plus beaux. C’est ce que tu mets pas des années à construire. C’est souvent les plus durs aussi, parce que finalement, c’est en prenant la route, parce qu’on parle de vélo, que tu te rends compte qu’il y a plein de problèmes qui apparaissent. Comment vivre, comment manger, comment boire, comment s’arrêter, comment financer, etc. Mais c’est effectivement les plus belles tranches de vie. 

  

Thibaut  : Oui, c’est des souvenirs impérissables. Et puis, c’est vrai qu’on se rend compte que le vélo, c’est vraiment le bon rythme déjà pour découvrir des paysages. Typiquement, on a fait toute la route du Sahara jusqu’à Nouakchott et puis jusqu’au Sénégal. Là, tu as parfois un panneau où tu vois prochaine ville, 2700 kilomètres. Tu te rends vraiment compte du temps qui passe et puis tu as le paysage qui est somptueux. Et puis bon, c’est la rencontre de l’autre. Aussi, tu es très, très bien accueilli quand tu es en vélo. Je crois qu’on avait pris les tentes. On a fait des stats. Il n’y a pas un jour sur cinq où on dormait dans les tentes, juste parce que les gens avaient envie de nous accueillir et de discuter. Quand tu arrives avec ton air de baroudeur, ta grande barbe et tes cinq sacs sur le vélo. Il y a un capital sympathique et indéniable. 

  

Ermanno : Et pour peu que tu parles un petit peu français, un petit peu anglais. Alors là, tu fais toute l’Afrique et toute l’Asie sans problème. 

  

Thibaut  : Oui, et puis il y a d’autres langages. Un grand sourire, le langage des mains qui fonctionne bien, sauf au Japon, par contre. On a été très débousselé au Japon. Là, tu as carrément d’autres normes et même parfois quand tu veux t’exprimer en montrant des signes qui te paraissaient universels comme dormir, manger. Non, ils ne comprennent pas quoi. Il y a un côté un peu insulaire qui est important, je pense. 

  

Ermanno : Tu dis que ça, c’était ta première rencontre avec le vélo. Est ce que c’était ta première aventure, ta première expérience ou vraiment ta première rencontre? J’imagine que tu as fait du vélo étant gosse. 

  

Thibaut  : Je te rassure là dessus.  

  

Ermanno : Le mec ne savait pas faire de vélo. Il est parti faire un tour du monde. 

  

Thibaut  : Je rigole aussi parce que c’est vrai que nous, ça nous paraît évident. Ma belle soeur est colombienne et en l’occurrence, ça ne l’était pas pour elle. Par exemple, on lui avait un jour, on est parti en balade en famille. On lui a mis un vélo en se disant c’est inné. Tout le monde voit la vélo. C’est là qu’on s’est rendu compte qu’elle n’était pas du tout à l’aise sur le vélo, qu’elle ne savait pas le faire. Il y a quelque chose de très culturel européen dans savoir faire du vélo. 

  

Ermanno : Donc, découverte du vélo plutôt gamin, ça devient facile, inné. Et puis, juste après les études avec un pote, c’est quoi? C’est un défi, un défi un peu trop arrosé ou ou un truc comme ça? Tiens, si on partait faire un tour dans le nord de l’Afrique et puis au final, vous aimez vous prolonger? 

  

Thibaut  : Oui, sans doute l’envie de repousser un peu l’échéance du travail. C’est clair, faire quelque chose d’un peu fou avant de commencer. Et le vélo s’est apparu comme en fait la manière la plus naturelle de voyager. Et puis après, c’est vrai que tu te l’approprie. Tu te l’approprie comme outil de déplacement et de vie parce qu’en fait, tu es comme ça neuf fois sur un vélo, tu fais tout sur le vélo à la fin. Pour gagner du temps, on se brossait les dents sur le vélo, on lisait des livres sur le vélo, on passait des coups de fil. Donc, ça devient vraiment juste ta petite capsule de vie au quotidien. Et c’est resté, c’est resté un peu comme ça. Aujourd’hui, quand je prends le vélo tous les matins pour aller au travail tous les soirs, j’ai gardé un peu cette habitude de, par exemple, d’avoir toujours les écouteurs et de passer des coups de fil quand je suis sur le vélo. Parce que c’est le seul moment, je trouve, où tu es vraiment focus. Tu n’es pas devant d’autres écrans, tu es sûr que tu fais une seule chose. Tu téléphones rouler, ça reste naturel. Il y en a peut être qui vont avancer des arguments de sécurité routière, mais passons outre. 

  

Ermanno : Sur l’aventure, je m’attarde vraiment un petit peu sur cette aventure, mais sur votre aventure de tour du monde, comment tu finances ça? Surtout, tu sors d’études, t’as pas d’expérience professionnelle, t’as pas d’expérience entrepreneuriale. C’est quoi? C’est les parents qui soutenaient derrière ou à chaque fois que vous faisiez une étape, vous essayez de de troquer un peu de services contre un petit peu à manger. Comment est ce que vous avez financé quand vous avez vécu pendant ce temps? 

  

Thibaut  : Oui, bonne question. Pour les jeunes qui nous écoutent, je crois que c’est beaucoup plus abordable qu’on pense qu’en fait, on a donc au niveau matériel. On a acheté un vélo Farah de manufacture. Il faut il faut des vélos très, très basiques dans le sens où ça peut. Ça doit être réparable dans le monde entier. Donc pas de frein à disque, juste des plaquettes, un cadre en acier puisque l’acier est beaucoup plus facilement réparable avec n’importe quel poste de soudure que l’aluminium. Donc voilà, on parle d’un budget de max 1000 euros pour le vélo. Et puis après, il y a un ou deux billets d’avion, mais je pense que j’ai plus sous les yeux, on s’en sort avec un budget de moins de 3000 euros pour neuf mois par personne. Donc bon, un peu d’économie, il y a moyen de le faire. Et lorsqu’on avait fait aussi, c’est vrai, quitte à quitte à se mettre en route et rencontrer des gens, on va se dire on va se mettre aussi une aventure un peu plus communiquante. Et donc on écrivait on allait à la rencontre d’entrepreneurs et on écrivait des chroniques bimensuelles dans un journal économique qui s’appelle l’écho. Ouais, on a été voir des écoles aussi avec des enfants et on les faisait dessiner. On avait un projet de faire un livre à la fin avec tous les dessins d’enfants. Et alors, du coup, on a pu aller chercher un peu de sponsoring, notamment Decathlon, qui nous a filé tout du matos au niveau expédition, tant et autres. Et voilà l’un ou l’autre. 

  

Ermanno : Bon, écoute, je crois qu’on parle un peu en off. Moi, j’ai quelques projets qu’il faut que je finance, donc il faudra qu’on discute et sur lesquels il faut que je communique. Bref, on n’était pas là pour ça. Donc tu nous as dit comme ça, assiduement, après avoir placé ton aventure, que tu prends le vélo tous les jours pour aller au travail et pour en 

  

Thibaut  : revenir aussi, donc tu es un vélotaffeur convaincu et converti, archi convaincu et converti, puisqu’à tel point que j’ai dû dernièrement reprendre un peu la voiture. J’ai pas de voiture, j’ai dû louer une voiture parce que j’ai une opération des ligaments croisés. Et ça a été la punition pendant pendant six mois. Vraiment la punition me retrouver dans cette voiture avec les embouts. Pourtant, je m’étais fait plaisir. Je veux dire, je prends une petite voiture électrique, quelque chose au moins qui le lot de consolation et je peux te dire que ça a été le bol d’air quand j’ai pu reprendre le vélo, là, il y a quelques mois. 

  

Ermanno : Attends, comment tu t’es fait les croisés pas en vélo quand même ? 

  

Thibaut  : Non, pas en vélo. Non, non, c’est souvent les sports qui vaut. Donc, c’est ski et puis retour de ski. Voilà. 

  

Ermanno : Donc là, tu as été obligé de reprendre la voiture, tu me dis que c’était une souffrance, c’était une souffrance. À quel niveau est ce que c’est être coincé dans les embouteillages? Est ce que c’est être coincé dans une carcasse? Est ce que c’est ne plus avoir ton bol d’air? Est ce que qu’est ce qui? Qu’est ce qui était difficile pour toi dans le déplacement en voiture? 

  

Thibaut  : Je crois que c’est essentiellement ce sentiment de liberté. Comme tu le dis, fait pouvoir aller où tu veux t’arrêter, où tu veux ne pas être dépendant du trafic. Et c’est vrai que quand on a les enfants aussi, il y a cette notion de devoir s’arrêter. Devant l’école, il y a toujours beaucoup de monde le matin et donc chercher une place de parking et puis les amener jusqu’à l’école. C’est toujours une opération un peu délicate. T’as peur que les petites courses sur la rue et autres ici avec le vélo cargo. On le prend. C’est vraiment un moment de plaisir. On peut discuter sur le vélo. Les filles jouent à l’arrière et puis on s’arrête devant les grilles de l’école. Donc ce sentiment de liberté là de tête de bienveillance. De plaisir, d’amusement. Et puis alors le fait de pouvoir continuer en direct vers le travail et comme on parle de petites distances. C’est plus efficace que la voiture. 

  

Ermanno : C’est un fait en dehors de ces aspects un petit peu matériel. Toi, qu’est ce que tu nourris comme conviction à propos de l’utilisation du vélo? Parce que je peux même plus dire du vélo. Toi, tu ne te déplaces que en vélo. 

  

Thibaut  : Ouais, OK. Conviction. 

  

Thibaut  : Conviction que c’est juste le moyen le plus évident, le plus naturel. Et donc à ce propos là, beaucoup de surprises sur le fait que ça soit absolument sous développé. Évidemment, on est à côté de la Hollande. Donc on a on a déjà toute une partie de la Belgique en Flandre qui a qui a fait le virage des infrastructures, des autoroutes à vélo et toutes ces choses là. Ici, on en parle beaucoup à Bruxelles et dans le sud, plus de la Wallonie. Mais ce n’est pas encore du tout le cas. Et c’est vrai que c’est juste beaucoup de surprises. Comment ça se fait qu’on ait pris autant de retard sur quelque chose qui nous paraît aussi évident? 

  

Ermanno : Tu vois, ça, c’est une bonne question parce que c’est vrai que je suis aussi impliqué dans la communauté vélo en France et ce qui ressort souvent, c’est le problème des infrastructures et puis le modèle hollandais, le modèle plutôt nord-européen ou le vélo, quelles que soient les conditions climatiques. Et on ne va pas se mentir. Entre la Hollande, la Belgique, l’Italie ou l’Espagne, les conditions climatiques ne sont pas forcément les mêmes. Malgré tout, dans le nord de l’Europe, le vélo, c’est presque une évidence. Et là, tu es en train de nous dire qu’il y a aussi cette scission un peu entre la Belgique, on va dire francophone et la Belgique flamande. À quoi c’est dû, finalement, un petit peu cette. Est ce que tu as une idée de pourquoi est ce qu’il y a cette scission? Est ce que c’est plus on s’éloigne de la Hollande et plus on prend les entre guillemets mauvaises habitudes françaises et on préfère la voiture au vélo? Enfin, qu’est ce qui fait que dans un même pays, bien qu’ils soient un peu scindés en deux par deux cultures et deux langues différentes, il n’y ait pas le même virage qui a été pris? 

  

Thibaut  : Oui, bonne question. Je sais pas, j’ai l’impression qu’il y a un effet engrenage, un effet boule de neige. En fait, il suffit de peu pour que ça se mette en route, que les habitudes, que les habitudes se mettent en place. Et puis, en fait, tu pars dans un cercle vertueux. C’est sans doute ce qui est arrivé en Hollande et ce qui se passe maintenant, mais de manière très, très progressive. Et en fait, ça pose plus la question du changement. Et aujourd’hui, à Bruxelles, il y a cette volonté de changement et donc on aimerait bien l’accélérer. Alors, ce qu’on voit, c’est qu’au niveau du législatif et des politiques, ils prennent des mesures puisque chez nous, il y a toute une partie du gouvernement régional qui est donc de la mouvance verte. Ils prennent des mesures assez drastiques pour accélérer ça. Il y a tout un plan, par exemple, qui s’appelle Good Move, qui a été mis en place et qui a changé la circulation pour la pour imposer la circulation en étoile dans la capitale. Je ne sais pas si tu vois ce que c’est, c’est à dire que dès que tu veux rejoindre un quartier, tu es obligé de ressortir, circuler sur le sur le ring. On appelle ça la ceinture qui entoure et puis rentrer dans un nouveau quartier. Le périphérique. Alors voilà, c’est extrêmement violent pour tous les automobilistes et tout spécialement ceux qui aujourd’hui, pour des raisons professionnelles, ont besoin de logistique, on va dire motorisé. Mais bon, moi, je suis un peu partagé. D’un côté, c’est très violent. Beaucoup de gens se plaignent d’un autre. Si on veut faire la transition, il faut quand même s’en donner les moyens. Et il y a peut être quelque chose d’un peu violent là dedans. Mais après, c’est vrai que ce qui est fort remis en question, c’est la manière dont a été fait le timing, la communication, l’existence d’alternatives et autres. 

  

Ermanno : Est ce que c’est suite à l’utilisation de la voiture parce que tu as été forcé, que tu as eu cette nouvelle idée entrepreneuriale qui est Bike 43, Bike 43 ou est ce que ça vient d’avant et puis ça t’a conforté dans ton idée ? 

  

Thibaut  : Donc déjà, la marque, c’est les vélos 43, les vélos 43. Originellement, c’était Bike 43 parce qu’effectivement, c’est quand tu l’écris littéralement Bike 43, le vélo pour trois personnes, il y a cette idée de vélo cargo où on peut avoir jusqu’à trois personnes à l’arrière. Et en fait, j’ai tout simplement cherché une solution pour déplacer les enfants à l’école et autres. Et donc, je suis tombé sur un vélociste qui m’a conseillé ce vélo-là en me disant c’est un vélo belge, il est vraiment incroyable. Il a été pensé par un super ingénieur et tu vas y trouver beaucoup de bonheur. Je l’ai acheté. Deux jours après, je suis retourné chez le vélociste en disant tu ne m’as pas menti, ce vélo, c’est vraiment un bijou. Et tu m’as dit que c’était des belges, j’aimerais bien les rencontrer parce qu’à ce moment là, effectivement, je venais de sortir et vendre j’avais un peu de temps et j’avais envie de m’investir dans une nouvelle aventure entrepreneuriale et c’est comme ça que j’ai rencontré Etienne Richel, qui est le fondateur des Vélos 43 et qu’on a été prendre un café. Ça ne s’est pas directement mis, donc j’ai proposé de donner un coup de main. Je voyais bien aussi que le vélo est un bijou d’ingénierie, mais qu’au niveau marketing et vente, il était sans doute sous-exploité. Je ne m’étais pas trompé puisque c’était deux ingénieurs à la tête de la société. Ça a pris un peu de temps. Et puis, il y a un an, il est venu me revoir en proposant de rejoindre l’aventure. 

  

Ermanno : Une belle histoire. Forcément, ça me parle aussi parce que j’ai souvent cette démarche là, c’est à dire je vois quelqu’un ou un projet qui m’intéresse. Et puis je me dis tiens, en dehors du fait déjà de penser qu’est ce que je pourrais apporter? C’est j’ai envie de rentrer en contact avec la personne parce que le truc me fait kiffer. C’est génial et je suis sûr qu’il y a plein de choses à faire. Puis après, tu te mets autour d’une table et on peut peut être faire si on peut peut être faire ça et puis c’est là qu’une histoire se met à s’écrire. Et t’as une histoire avec les chiffres, toi, donc 87 secondes. 

  

Thibaut  : Bike4Tree, c’est un peu un hasard ici, mais c’est vrai que c’est sympa. Et du coup, ça ressemble toujours un peu aussi. Il y a ce chiffre avec un rond autour. 

  

Ermanno : La question maintenant, c’est est ce que tu peux nous en dire un petit peu plus encore sur Vélo43, Bike4Tree, il y a une histoire aussi Bike4Tree, Tree les arbres ou pas du tout ou c’était juste Fortuit? 

  

Thibaut  : On en donne l’interprétation qu’on a envie. C’est ça, c’est ça qui est sympa une marque. C’est que ça doit être suggestif, ça doit être inspirant, ça doit être. Voilà, ça doit être fort, mais 

  

Ermanno : c’est censé être toi le champion du storytelling. Raconte nous une histoire. 

  

Thibaut  : Mais alors la belle histoire, elle est évidemment avant que j’arrive. C’est Étienne en 2011 qui est un ingénieur de voiture de course sur les voitures, sur le Mans, donc qui est très, très, très pointu et qui aime bien les belles mécaniques et qui essaye de résoudre une problématique familiale. Puisque sa femme n’avait pas de permis de conduire. Elle ne voulait pas le passer aussi, de ce que j’ai compris. Et donc, il chipote un peu sur des vélos et il se met à essayer de créer un cadre allongé pour pouvoir mettre les enfants à l’arrière. 

  

Ermanno : Et donc, c’est comme ça qu’on appelle maintenant les fameux long tail. 

  

Thibaut  : Voilà, c’est comme ça qu’au bout de deux, trois prototypes, il crée un des tout premiers long tail. Je crois qu’il existait déjà extra cycle. Je ne sais pas si tu as entendu parler, c’était un projet américain qui consistait à pouvoir attacher une extension de vélo pour pouvoir en faire un long tail. Bon, qui était vraiment une bonne idée, évidemment, mais qui qui avait toute la problématique de la rigidité pour la conduite. Tu penses bien avec une partie attachée. Et d’ailleurs, c’est ça qui apparemment, c’est extra cycle qui a inspiré Tern. Donc les fameux vélos taïwanais qui ont aujourd’hui un succès et qu’on voit partout dans les rues. Et donc avec avec Yuba en France. Je pense que Vélo 43 était un des tout premiers long tail sur le marché. On est en 2011. On fait faire les cadres dès le départ ici en Europe. Et dès le départ aussi, Etienne décide de garder la main sur l’assemblage. C’est pour lui très important. La partie contrôle qualité, que tout soit fait dans les règles de l’art. Et donc, on assemble dès le départ ici en Belgique. Alors ce qui rend. Bon, ce serait plus évident, évidemment, si on avait une photo sous les yeux, ce qui rend le vélo assez unique par rapport à d’autres long tail. Première chose déjà, c’est le vélo le plus spacieux du marché, puisqu’en fait, il y a un système qu’on appelle Footbox, où le premier enfant peut mettre ses pieds dans la petite boîte et donc avoir les pieds sous la selle et donc ça permet de gagner 15 centimètres d’espace et d’avoir jusqu’à trois enfants, même des grands enfants à l’arrière sur la banquette. D’accord. Donc, c’est assez rare. Généralement, c’est deux enfants, les grands long tail. Trois, on est vraiment serré ici. Alors trois, on est à son aise. Et donc, on peut aussi avoir un enfant à l’avant. C’est comme pas mal de long tail hyper modulaire. On peut même attacher un maxi cosy pour un bébé à l’arrière. On a une cage pour les animaux. On peut avoir la banquette avec un siège, la banquette avec deux sièges, des fontes. Voilà hyper modulaire. C’est ça, c’est la différence du long tail. La deuxième chose qui le rend un peu différent, c’est vu que la vision d’Etienne, c’est de dire c’est un vélo qui est là pour remplacer la voiture. Il faut que ce soit une alternative crédible et pour être une alternative crédible à la voiture, il faut que le vélo soit opérationnel tous les matins, sans exception. Pour ça, il n’a pas mis de dérailleur. On sait tous bien que le dérailleur, ça peut causer des soucis et qu’on peut aussi avoir deux enfants sur le vélo, à ce moment là, il faut remettre la chaîne. Bonne chance. Donc, on a uniquement des long tails avec Internal Gear Up du Nexus 5, par exemple, ou du Enviolo. C’est un cadre 100% acier chromoly. Donc, pour les connaisseurs, c’est un matériel qui est plus vivant, qui absorbe mieux les chocs et qui est beaucoup plus qualitatif que l’aluminium ou l’acier classique. Et alors, évidemment, toutes les pièces et les montages hyper, hyper qualitatifs en Shimano. L’idée, c’est que le vélo est vraiment une maintenance très, très basse, qu’on ne doit pas l’amener chez le réparateur avant cinq ou dix mille kilomètres et qu’on puisse le garder toute sa vie, comme le ferait une voiture. Et quand on parle de remplacement de la voiture, il y a aussi la question de pouvoir faire du vélo toute l’année. On parlait tout à l’heure des pays nordiques qui font ça bien. Donc, on travaille pas mal sur des solutions de capotes de pluie. On utilise, par exemple, pour le moment, les Tucano Urbano Opossum. Je ne sais pas si tu vois. Ces couvertures qu’on peut voir sur les Vespa et autres deux roues. Pour les enfants, c’est vraiment l’idéal. Il n’y a pas une goutte de pluie. Ils sont chauds. Parce que la force peut être du backfit. Donc, comme on dit backfit, c’est un mot néerlandais. C’est le vélo avec la boxe, le vélo cargo avec la boxe à l’avant. C’est que les enfants sont mieux isolés de la pluie. Bon, après, pour le reste, je trouve que la long tail est 100 fois plus pratique. C’est plus manœuvrable. Tu sais plus facilement le parquet. Tu sais le prendre en vacances avec toi. Voilà, il y a plein de choses qui sont beaucoup mieux sur le longtail. Mais la partie couverture pluie fonctionne très, très bien sur un backfit. 

  

Ermanno : Quand tu dis tu prends facilement en vacances avec toi, tu pars en vacances avec le longtail ou ce genre de vélo, tu les mets facilement sur un porte vélo ? 

  

Thibaut  : On peut faire les deux, mais effectivement, je te disais que je reviens tout juste d’une semaine dans le sud de l’Angleterre et qu’on a embarqué les deux vélos. Et en plus, on a été itinérants. Donc, on s’arrêtait tous les deux jours dans une ville ou dans la campagne différente et tous les jours, je sortais les vélos, je les enlevais du porte bagage. Donc, ça se fait comme un vélo normal. On est à peine 10 centimètres de plus qu’un vélo normal. Et le vélo fait 30 kilos. C’est l’avantage aussi de l’acier chromoly, c’est que c’est relativement léger. Donc voilà, même n’importe qui peut prendre le vélo, le mettre sur le porte bagage et c’est parti. 

  

Ermanno : Tu parles justement du poids. C’était une question que j’avais posée. Tu n’as pas parlé du système de transmission. Est ce qu’on est sur un vélo musculaire ou est ce qu’on est sur un vélo à assistance électrique? Évidemment, c’est de la question ironique. 

  

Thibaut  : Écoute, sache qu’on avait un format musculaire jusqu’à l’année passée. Il y a des super puristes qui l’avaient, mais on en vendait deux par an. Donc voilà, aujourd’hui, on est parti uniquement sur l’électrique. Et alors on le propose en deux modèles. On a la chance aussi d’avoir un cadre qui est multimoteur. C’est assez rare. Souvent, les cadres sont hydroformés autour du moteur. Et donc, on peut l’avoir en Shimano ou en Bosch. On a un modèle Shimano en 65 newton mètres. C’est le moteur 6100. C’est déjà vraiment bien. Moi, c’est le vélo que j’ai ici à Bruxelles. Sans souci pour les villes où il y a un peu plus de dénivelé pour les gens qui sont un peu plus exigeants et qui aiment bien pousser sur la pédale. On le propose aussi avec du Bosch Cargo CX. Donc là, c’est du 85 newton mètres. Voilà, c’est chouette aussi de pouvoir pouvoir offrir deux moteurs différents, d’avoir un peu de choix. Il y a une telle consolidation du marché autour de Bosch que voilà, je trouve ça assez sain de garder le marché ouvert. 

  

Ermanno : Du coup, la promesse initiale, c’était que le vélo soit opérationnel tous les matins pour partir au boulot, ramener les enfants, etc. Forcément, tous les soirs aussi pour rentrer à la maison. Avec cette histoire de moteur électrique, comment est ce que vous opérez la recharge? C’est déjà est ce qu’il y a une grosse autonomie? Est ce qu’il faut le recharger à chaque fois que t’arrive quelque part, si tu vas de chez toi au bureau en passant par l’école des enfants? T’as 10 kilomètres obligé de recharger toute la journée avant de pouvoir leur prendre ou t’as une autonomie de trois, quatre jours quand même pour pouvoir aussi aller faire les courses entre temps? 

  

Thibaut  : Aujourd’hui, on est sur des batteries pack de 500 watt heure. Et donc avec ça, tu fais 50 60 kilomètres. Ça dépend un peu évidemment de la cadence, mais donc il n’y a pas en leur chargeant tous les jours. En tout cas, il n’y a pas de souci. C’est très fin. Moi, ça m’est arrivé peut être une ou deux fois de même, c’est quand on part pour la journée. Alors qu’il faut le recharger au milieu de journée. Sinon, si on prend le réflexe de le recharger le soir, on n’a pas de problème de charge. Et en plus, sache qu’il y a la possibilité aussi de mettre une deuxième batterie. Donc, c’est ce qu’on appelle dual battery ready. Ouais, donc c’est le cas de Shimano. Tu peux le mettre un peu plus haut sur le cadre. Et Bosh a annoncé en juillet qu’il serait aussi compatible pour une deuxième batterie et même qui vont augmenter la capacité. Donc ça, c’est vraiment la tendance du marché. On part sur de plus en plus gros moteurs, de plus en plus grosses batteries. Sans trop de surprises de souvenirs. Je crois que c’est un pack de 725 qui va sortir chez Bosch. 

  

Ermanno : OK, donc ce qui fait qu’un peu comme l’utilisation que tu peux parfois avoir de la voiture quand tu vas jusqu’au bout, tu vas avoir le symbole réserve. Là, tu as la deuxième batterie qui prend le relais et puis ça te laisse le temps d’aller recharger la première. 

  

Thibaut  : Oui, tout à fait. Mais de nouveau, je pense pour un usage quotidien de vélotaffeur, c’est pas nécessaire. C’est vraiment quand on est en mode expédition et qu’on se dit on va aller chercher 110 kilomètres parce que voilà, on est en voyage, sinon on n’a pas besoin de deuxième batterie. A mon sens. 

  

Ermanno :  tu parlais tout à l’heure d’un des problèmes aussi que rencontrer Etienne, c’est la rigidité des vélos, la rigidité des cadres, avec toujours cette idée que ce vélo du coup qu’il a développé remplace l’utilisation de la voiture. Alors quand on pense à la voiture, à l’utilisation qu’on peut en avoir, c’est souvent des petits trajets, c’est souvent les courses, c’est souvent balader les enfants, mais c’est aussi parfois c’est tout bête, mais aller chercher des colis, aller chercher des gros trucs. Et j’en ai même vu des fois qui déménagent ou qui transportent des meubles sur les vélos. Est ce que c’est une chose qu’on peut faire avec ce vélo 43? 

  

Thibaut  : Oui, c’est vrai qu’il y a une très, très bonne expérience de conduite, justement avec ce cadre qui a une structure en double X. Et donc moi, ça m’est déjà arrivé de pousser déjà au niveau vitesse et performance le vélo. Et tu peux être à du 30, 35 kilomètres heure sur du plat ou en descente à du 40, 45. C’est vraiment un très, très bon sentiment sur le vélo. Donc ça, c’est déjà le plus important. J’ai une route assez longue après avoir déposé les enfants à l’école. Et j’ai des super ressentis sur ce vélo là. Je le prends même parfois alors que je n’ai pas les enfants. Tu vois, alors que j’ai un autre vélo dans le garage. Et puis alors, au niveau transport, c’est vrai que c’est un vélo cargo, le longtail comme un autre, qui est tout spécialement dédié au transport familial. Maintenant, on a la possibilité de mettre d’autres choses. Et donc, on a par exemple prévu, on a une boîte qu’on peut mettre entre la banquette. Donc, si tu vois la banquette, il y a des tiges métalliques autour pour protéger, que les enfants puissent se tenir. Et donc, nous, on peut y mettre une boîte. Et là, tu peux transporter une quantité énorme. Tu peux mettre plusieurs bacs de bière. Tu peux aller faire tes courses. On est en Belgique, donc je prends des références locales. Et ce qu’on a même vu, on a une communauté très, très forte de clients qui roulent avec les vélos. Et donc, il y a un groupe Facebook où il y a plein de trucs et astuces qui circulent. Et j’ai vu plusieurs photos de gens qui disaient voilà, ça rentrait pas dans ma voiture. Typiquement, des longs rouleaux de 4 mètres de long. Et donc, j’ai pris mon vélo 43 et j’ai pu transporter mes rouleaux. Ce genre d’histoire, on les a aussi. Et d’ailleurs, c’est amusant parce que c’est une réflexion que j’ai déjà eu de plusieurs amis aussi qui réfléchissent parce qu’ils vont avoir un troisième enfant. Zut, quelle voiture je vais prendre maintenant parce que tu peux pas mettre sur une banquette de milieu dans une voiture. Il y a pas mal de bagnoles qui sont pas compatibles. Il me semble avec des sièges bébé. Et donc, moi, je leur dis il prend pas une voiture, prend un vélo. T’auras pas ce problème là, tu peux même en mettre 4. 

  

Ermanno : Bon, une fois que t’as mis le cosy, t’en mets peut être pas 4. Mais si tu mets un siège auto, t’en mets facile 2. Puis tu rajoutes un siège devant, ça t’en fait 3. 

  

Thibaut  : Mais moi, je conseille quand même. La dernière a un an et elle est depuis 2 mois sur le vélo. Le maxi cosy. C’est vrai qu’on a un adaptateur et tout. Je trouve quand même qu’il faut être prudent. Si c’est des petits trajets, on n’est pas dans la circulation. Très bien pour aller à la crèche, mais je conseillerais. Enfin, personnellement, j’irai pas faire 5 kilomètres dans le trafic avec le maxi cosy à l’arrière. Chacun, chacun son jugement là dessus. 

  

Ermanno : Bon, alors toi, t’as rejoint l’entreprise il y a un peu moins d’un an. Tu nous as dit c’est une société a été créé début début des années 2010. Vous vous voyez où? Dans 5 ans ou dans 10 ans avec Vélo 43, Bike 4 3. 

  

Thibaut  : Bah écoute, on invente tout là pour s’amuser. Donc on va. On aimerait bien en faire un. Peut être déjà, je vais présenter ça comme ça, peut être déjà rattraper un peu l’ambition manquée des dernières années, parce que c’est vrai qu’il y a eu le vrai boom des vélos au cargo et que et qu’en fait, on n’a pas su approvisionner en suffisance notre réseau de revendeurs. Donc, c’était vraiment de vendeurs d’avoir beaucoup, beaucoup plus de vélos. Donc, on est en train de travailler tout ça fait de production et on va quadrupler la production cette année, donc ça, c’était déjà le premier vrai challenge, tout en gardant l’assemblage ici en Belgique et la production des cadres en Europe. Il y en a très, très peu qui le font. Je crois qu’en France, vous avez quelques filières du vélo. Mais ça, c’est le premier challenge. Et puis, on a l’ambition d’en faire une vraie marque de vélo à part entière. Et donc, pour nous, ça veut dire 5, 10 000 vélos par an et un deuxième modèle. Ça, ce serait l’ambition. Deuxième, deuxième modèle cargo un peu plus court, sans doute. 

  

Ermanno : Et j’ai deux remarques. La première, c’est que tu l’auras peut être remarqué à mon nom de famille. Je suis franco italien et je vais sur votre site et je ne vois aucun revendeur en Italie. Qu’est ce que c’est que cette histoire, c’est pas possible. 

  

Thibaut  : Le site, le nouveau site va sortir cette semaine. Donc, un peu d’indulgence, tu vois qu’il a un peu vécu. Et effectivement, c’est vrai, l’Italie n’est pas fort présente. Il y a un chouette vélo cargo italien aussi qui s’appelle Bici Capace. Tu connais, tu connais peut être. Mais tu vois certaines villes où ça a explosé parce que selon notre expérience, on le voit, c’est vraiment du urbain, semi urbain. Et on voit que c’est par ville qui bascule en fait dans l’utilisation du long T. Donc, semaine passée dans le sud de l’Angleterre, j’ai été voir pas mal de vendeurs et je vois qu’ils n’y sont pas encore. Et alors, c’est très difficile parce que la mentalité n’est pas là. Et le revendeur ne peut pas faire tout le travail. Il ne peut pas convaincre. Donc, ça prend un peu de temps au début. Et puis, une fois que ça se met en route, alors là, ça va très vite, l’adoption grimpe en flèche. Donc, je suis curieux de savoir si en Italie, il y a déjà des villes qui ont basculé. 

  

Ermanno : Ça, je ne saurais pas te dire. Je n’ai pas encore fait une étude, mais écoute, je me note, je me note dans un coin. Et si j’ai des stats, là dessus, je reviendrai vers toi. Tu disais que votre objectif, c’est de monter à 10 000 vélos par an, toujours assemblés en Belgique. J’imagine que c’est plus Etienne qui s’en occupe, parce que bien qu’il aime peut être être aussi artisan de ses bébés, 10 000 vélos à assembler, ça fait quand même une sacrée, une sacrée charge, non? 

  

Thibaut  : Il y avait quand même déjà cinq assembleurs aujourd’hui et on recrute un chef d’atelier. On est en train de construire l’équipe pour se donner le moyen des ambitions. 

  

Ermanno : Et je te disais hier soir, j’étais sur votre site Internet. J’ai quand même un petit peu préparé mon entretien. Pour l’instant, on ne peut acquérir ces vélos là que chez des revendeurs. On ne peut pas. On ne peut pas les acheter en ligne. 

  

Thibaut  : Ah, tu sais, c’est la question qui fait mal ça. Tu sais, c’est très compliqué parce que le monde est en train de changer. Oui, et il y a beaucoup de choses qui se passent en ligne. Nous, notre perception, c’est que dans un vélo aussi particulier avec autant déjà de besoins, de conseils et de customisation au départ, ce n’est pas juste acheter un vélo, on doit choisir les accessoires, les monter en fonction du programme familial du client, on va dire. Donc, il y a tout un côté en amont qui est très important. Et puis, en aval, à partir du moment où ça remplace une voiture, il faut que le service après vente soit irréprochable. Et donc, nous, on voit les revendeurs comme des partenaires très, très forts. Et on ne voit pas du tout, on ne voit aucune option de vente en ligne pour essayer d’avancer sans eux. C’est une réflexion que certaines marques ont mis en marche. Il y a évidemment les purs digital players, les VanMoof, les Cowboys et j’ai oublié la marque de vélo de course là. Et puis, il y a des modèles hybrides. On entend, par exemple, que Brompton essaye de faire du click et collecte, donc des vélos vendus en ligne, mais qui sont livrés chez des revendeurs. Et alors, je crois qu’ils se partagent la marche. Je pense que le marché va évoluer, effectivement, dans ce sens là. Mais nous, on n’est pas spécialement demandeur. On est plutôt demandeur d’avoir des relations très fortes avec les revendeurs. Et puis, on suivra évidemment les nouveaux standards si ça évolue. 

  

Ermanno : Ce que je lis entre les lignes, c’est que vous voulez, entre la conception, la fabrication ou l’assemblage et la vente et le service qu’il y a derrière, vous voulez vraiment offrir un service de qualité, un produit et un service de qualité et être au plus proche de vos consommateurs. Donc, clairement, si vous assemblez un vélo en Belgique, vous vendez en ligne à quelqu’un qui se trouve dans le sud-est de la France. S’il n’y a pas de revendeur, ça va être compliqué pour lui pour le recevoir. Peut être en général les vélos qu’on reçoit par la poste. Il y a quelques pièces à monter. S’il est bricoleur, why not? Mais après, pour tout ce qui est maintenance, etc. Pour tout ce qui est expérience avec le vélo 43, ce sera plus compliqué que s’il a directement un contact avec un revendeur. 

  

Thibaut  : Oui, bon, alors après, comme c’est des vélos avec des montages qualitatifs, on parle au niveau moteur, transmission, roues et autres. Vous pouvez aller chez n’importe quel revendeur et ils connaissent normalement les systèmes Lexus, Enviolo, Bosch. Et vous savez que maintenant, Bosch fait le service après vente et garantit eux-mêmes. Donc, nous, on ne doit plus s’occuper de ça. Ils font ça en direct avec les vendeurs. Donc, il y a moyen, c’est toujours possible d’acheter un vélo. Typiquement, si tu as un ami en Italie qui veut se procurer un vélo et qu’il est un peu bricoleur et qu’il arrive à faire la partie montage d’accessoires lui-même, il n’y a pas de souci, il peut le faire. Et puis, il trouvera un réparateur là-bas qui va bien vouloir le réparer. Ça ne pose pas de souci. 

  

Ermanno : J’ai quand même l’impression que tu ne m’as pas tout à fait répondu à ma question. Où se situera Vélo 43 dans 10 ans, 15 ans ? Est-ce que l’objectif, c’est d’équiper toutes les mamans, tous les papas d’Europe ou même au-delà, qui ramènent leurs enfants à l’école et qui après vont bosser ? Ou est-ce que vous vous fixez quand même de rester sur un certain type de clientèle ? 

  

Thibaut  : Tu essaies de pousser à l’ambition. Je trouvais que 5 10 mille vélo, c’est déjà pas mal. Ça nous mettrait dans une belle classe, un beau volume. Et puis, avec un deuxième modèle, c’était un objectif qui me semblait ambitieux, mais atteignable, équiper tous les papas et toutes les mamans d’Europe. Je pense aussi qu’il y a le boom du vélo Longtail, du vélo Cargo actuellement. Donc, il ne faut pas se l’avouer. Toutes les marques sortent leur vélo, même Longtail, même les marques traditionnelles, tu verras cette année, Trek, Scott, ils vont tous avoir leur vélo. Donc, bon, il va y avoir une certaine maturation, on va dire, du marché avec des vélos qui se positionnent sur des créneaux un peu différents chacun. C’est pour ça que nous aussi, on a bien identifié ce créneau de vélo hyper qualitatif qu’on peut garder pour toute une vie. Et voilà, on va essayer de se faire notre nid et de faire notre trou dans ce segment-là. 

  

Ermanno : Et alors, justement, comment est-ce qu’on se fait son nid ? Comment est-ce qu’on fait son trou dans ce segment-là ? Quand on est un, on peut dire, ancien professionnel de la com, est-ce que tu vas jouer justement sur ces leviers-là ? Ou est-ce que vous allez au contact des clients potentiels ? Quelle est la stratégie, si tu peux en parler un petit peu ? Parce que si tu vois le mode bootstrap dans son garage, que ce soit créer une application ou bricoler des vélos, c’est bien. Mais si tu veux te développer, si tu veux étendre ton champ d’action, il faut forcément en passer par certaines stratégies. 

  

Thibaut  : Oui, c’est clair que mon expérience dans le marketing digital précédemment, je vais essayer de l’exploiter un peu et il y a des bonnes pratiques à avoir. Donc, on a revu toute la com et je te dis, il y a le nouveau site et tout qui va sortir. On va essayer d’avoir pas mal de relais et qu’on parle de la marque en ligne. Je crois que le mieux pour ça aussi, c’est permettre à des experts, des journalistes et des gens plus du monde du vélo de faire des tests test ride et qu’ils écrivent sur le vélo. Donc, c’est quelque chose qu’on va fort repousser cette année. Et puis, et puis après, bon, c’est la relation avec les revendeurs. On ne peut pas aller voir nos clients en direct. Ce n’est pas notre métier. On n’a pas le temps. Quand on rencontre des utilisateurs potentiels à des salons ou autres, c’est génial. On prend le temps, mais je veux dire, au départ, ce n’est pas notre métier. Nous, on doit plus vraiment soigner la relation avec les revendeurs. Et donc, on va faire un roadshow cette année en France et en Allemagne, en Angleterre pour aller rencontrer tous ces revendeurs. 

  

Ermanno : Moi, j’essaie de te pousser dans tes retranchements. J’espérais que tu me dises bah écoute, comme en sortie d’école, je me lance dans un nouveau tour du monde. Mais cette fois ci, avec un vélo 43, j’emmène les patrons derrière moi. Et puis on tourne au fur et à mesure. Avec un seul vélo, on y va à quatre et puis on fait le tour du monde. 

  

Thibaut  : Et les trois filles à l’arrière aussi, il va falloir que je m’excuse avec la directrice de l’école d’abord. 

  

Ermanno : Il y en a qui l’ont fait. 

  

Thibaut  : Ouais, c’est vrai, tu as raison, j’en avais croisé. J’étais assez, assez impressionné. 

  

Ermanno : J’avais reçu sur un autre podcast un Français qui est parti à l’aventure avec sa femme ancien consultant en cabinet de stratégie. Quasiment du jour au lendemain, ils se sont dit tiens, on prenait une année sabbatique pour faire un tour de vélo. Ils avaient deux filles en bas âge, bas âge 6 et 7, je crois. Donc en âge d’aller à l’école, ils les ont mis dans les carrioles parce qu’à l’époque, le long tail n’existait pas. Et puis ils ont fait leur tour du monde en vélo. Donc ça se fait. Mais je dirais plus que c’est la directrice de la maison avant la directrice de l’école avec qui il faut discuter. 

  

Thibaut  : Ouais, c’est vrai, c’est vrai. 

  

Ermanno : Thibaut, je te propose de prendre une petite inspiration. On passe doucement sur la fin de l’épisode, la fin de notre entrevue. Et c’est les petites questions de clôture que j’aime bien. On recentre un petit peu sur toi. Déjà, j’aimerais te demander quel est ton meilleur souvenir de vélotaf ou ton meilleur souvenir de cycliste urbain ? 

  

Thibaut  : Bah écoute, qu’est ce que je vais te dire ? Non, je ne veux pas prendre l’exemple bateau. Il y a une grande fille devant toi. Il y a un truc qui m’horripile. Ça, je peux te dire, c’est quand on me klaxonne. Mais j’ai mon sang qui fait un quart du tour. Je crois que les automobilistes ne rendent pas compte en fait à quel point c’est agressif pour le vélociste. Et souvent, je me retourne hyper nerveux. Je vais retourner un essuie glace. Il ne faut pas me la faire celle là. Et ça, c’est peut être le pire souvenir. Le meilleur souvenir, c’est quand je veux dire, c’est quand tu te fais vraiment archi rincé. Donc en Belgique, on appelle ça une drache et que de toute façon, t’es sur ton vélo avec un peu de chance, tu t’es bien équipé et t’as mis ton pantalon de pluie et que vraiment, tu te retrouves souillé par la pluie. Mais bon, t’es jusqu’au boutiste, t’es content d’être là et tu sais qu’il y a une bonne douche qui t’attend au boulot. Et voilà, tu arrives comme un warrior au boulot. Ça m’est même arrivé une fois. Je pense que j’avais oublié mes souliers, j’avais oublié les chaussures. Donc j’avais pris des affaires de chance. Donc j’ai passé la réunion, la journée, y compris avec des réunions clients pieds nus dedans, que voilà, je suis vraiment désolé, mais je suis un vélotaffeur et que j’ai oublié les chaussures. 

  

Ermanno : T’avais juste des chaussures de vélo qui étaient en train de sécher. Et puis c’était pas pour être plus proche de la terre. C’était au contraire juste pour honorer ton rendez vous, mais que t’avais pas le choix, quoi. 

  

Thibaut  : Exact. En fait, les gens sont assez compréhensifs quand tu arrives avec une histoire sympa. 

  

Ermanno : On en revient à ce qu’on disait tout à l’heure, le storytelling. 

  

Thibaut  : Ouais, et ce que je disais tout à l’heure aussi par rapport au voyage. Le capital sympathie à vélo est indéniable. 

  

Ermanno : Thibault, à ton avis, comment est ce qu’on pourrait promouvoir encore plus l’utilisation du vélotaff ? 

  

Thibaut  : En vendant plus de vélos et en l’occurrence plus de vélos, de vélos utilitaires dans le sens, comme je disais tout à l’heure, il y a vraiment la crédibilité, je trouve, par rapport à la voiture et d’autres et d’autres moyens de micro-mobilité, quoi. Il faut que les gens considèrent, le perçoivent comme une vraie alternative. C’est vrai que c’est pour ça que je… C’est un peu dommage d’avoir parfois des vélos moins qualitatifs. C’est vrai qu’il faut le démocratiser. Je ne dis pas, mais moins qualitatif. Parce que ça, ça écorche la perception, en fait, de la possibilité de vélotaf. Non, c’est une vraie alternative, même pour les gens qui habitent à 15, 20 kilomètres du travail, surtout maintenant, quand on voit les Spidelec et d’autres engins plus rapides, plus efficaces. 

  

Ermanno : Alors, il y a une petite réflexion que je fais toujours à mes invités, pour autant qu’ils viennent en tant que patron ou représentant d’une société. Tu parlais tout à l’heure du virage qui n’a pas forcément été pris par toute une partie de l’Europe sur justement la démocratisation du vélo au quotidien. Et très souvent, ce qui ressort, c’est que c’est un problème d’infrastructure, soit d’infrastructures manquantes, soit des infrastructures qui sont en place, mais qui ne sont pas toujours sécuritaires. Est ce que tu crois que, à l’instar de ce qui se fait pour certains stades de foot, par exemple avec du naming, ce ne serait pas une bonne idée de faire du naming d’infrastructures cyclables pour mettre un petit peu la main à la pâte des autorités et qu’après, elles continuent l’aménagement ? Est ce que tu crois pas qu’une piste qui ferait, je ne sais pas, soyons fous, Bruxelles-Anvers, qui soit pour partie la piste cyclable Vélo 43, ça pourrait avoir un effet au-delà de l’effet marketing, mais aussi surtout de mettre le plus de gens encore au vélo parce qu’ils auront une infrastructure sécurisée ? 

  

Thibaut  : Oui, c’est clair. Je crois que même par extension, il y a la presse qui joue un gros rôle là-dedans, montrer qu’elle existe déjà. Cette infrastructure ou en tout cas, ce qui existe déjà bien la présenter, lui raconter une histoire, donc le concept d’autoroute à vélo est vraiment génial, surtout pour pénétrer la capitale. Et donc là, c’est quelque chose qui doit encore, qui doit encore être plus mis en avant. Et on le sent, nous, dans la culture néerlandophone, que c’est beaucoup plus là, même dans le vocabulaire au quotidien. Ils vont parler assez naturellement d’autoroute à vélo, tu vois. Alors que chez nous, tu dis ça à quelqu’un, je ne pense pas qu’ils visualisent. Ils connaissent sans doute, comme tu le dis, pas non plus le nom de ces pistes cyclables. Il y a les Ravel qui sont bien connus. Je ne sais pas si vous avez ça en France, qui sont des routes à vélo le long des anciens canaux, puisque c’est tout droit et que la piste est relativement cyclable, du coup. Mais à part ça, c’est vrai qu’il y a un gros travail à faire dans le naming et la reconnaissance. 

  

Ermanno : Le Ravel, ça s’apparente un peu en français à ce qu’on appelle au chemin de halage. C’est ça, ces anciens chemins ? Ils permettaient d’entretenir les canaux, etc. qui sont effectivement de beaux tracés pour faire du vélo, parce qu’en général, s’ils ne sont pas en bitume, ils sont au moins un chemin un peu durci et utilisable par tout type de vélo. J’ai encore une petite question pour toi, Thibaut. En dehors du vélo 43, qu’effectivement, que obligatoirement tu utilises au quotidien, toi, qu’est ce que tu as comme petit outil, comme petit tips, comme petit conseil que tu pourrais donner à des vélotaffeurs ou à des cyclistes urbains ? 

  

Thibaut  : Qu’est ce que je pourrais donner comme conseil ? 

  

Ermanno : Comme recommandation d’outils, je ne sais pas. Il y en a qui me disent tel ou tel vêtement, tel ou tel appareil, telle ou telle application qui parfois permet de choisir son chemin, d’éviter la pluie ou autre. Toi, qu’est ce que tu utilises au quotidien ou qu’est ce que tu pourrais donner comme conseil ? 

  

Thibaut  : Dernièrement, j’ai installé le quad lock sur le cockpit et ça a encore monté d’un cran. J’ai acheté du coup aussi la coque pour ma femme et donc elle le met sur le vélo, je vois qu’elle peut mettre son GPS tranquillement et j’ai l’impression que ça a changé assez bien sa vie et puis alors peut être ce que je te disais tout à l’heure aussi pour la pluie, les Tucano Urbano Opossum, c’est génial. Les enfants sont bien au chaud. Tu culpabilises pas du tout à les mettre sur le vélo quand il pleut. J’ai la chance aussi d’avoir un garage qui donne directement sur la rue et donc je peux m’habiller et mettre les enfants sur le vélo avant de les sortir. Tu vois, parce que c’est toujours la même chose sur le longtail, tu mets les vélos. Il faut, il faut déjà évidemment que le long est une béquille vraiment solide pour pouvoir avoir les vélos et que même s’ils bousculent de gauche à droite, il n’y a pas de risque que le vélo bascule et puis tu te dis ah zut, j’ai encore oublié les langes de la petite, mon sac à dos, les clés. Donc tu dois retourner à l’intérieur. Voilà, donc ça, c’est le petit conseil plus pratique au niveau du flux matinal. 

  

Ermanno : Voilà, avoir une maison avec un garage. Qui donne directement sur la route, c’est pas mal. Et puis, pour terminer, Thibaut, si tu devais passer le micro, si tu devais faire une recommandation d’un ou d’une invitée, à qui est ce que tu pourrais penser? 

  

Thibaut  : Ça aurait été génial d’avoir mon associé Etienne. Je crois qu’on a déjà assez parlé des vélos 43. Écoute, on s’entend bien avec en Belgique. On s’entend bien avec Tanguy Goretti chez Cowboy. Voilà, donc ça, c’est dans un tout autre registre. Mais ils ont une très, très belle histoire à raconter. Aussi, je te mets volontiers en contact parce que là, c’est vraiment une super ambition qu’ils ont et plus au niveau de la micro mobilité pour des jeunes et des moins jeunes, mais sans famille. 

  

Ermanno : Écoute, ce sera avec plaisir que je prendrai son contact. On réglera ça en off. Thibaut, merci beaucoup pour le temps que tu nous as accordé pour tes réponses franches et précises. Est ce que tu voulais ajouter une dernière petite chose avant qu’on se quitte ? 

  

Thibaut  : Ben non, bonne route à tous. Je m’en vais aussi avec mon vélo.  

  

Ermanno : Écoute, merci beaucoup. Bonne journée et puis à très bientôt dans le podcast. 

  

Thibaut  : Salut, ciao. 

co-fondateur du podcast et co-auteur du livre DEVENIR TRIATHLÈTE
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Podcasts, SwimRun, UltraRunner et Papa x 4 enfants je cours après le temps, mes passions et mes petits amours.