Au détour d’une petite balade sur les réseaux sociaux, je suis tombé sur un post des plus intéressants, qui fera ensuite la une du magazine de la FUB (Fédération des Usagers de la Bicyclette).

J’ai alors pris la liberté de contacter son auteur et d’échanger avec lui.
Et très rapidement, j’ai eu envie de partager mes échanges avec vous.
C’est pourquoi j’ai invité Laurent ESPOSITO (https://www.instagram.com/laurentesposito), ancien journaliste, à s’exprimer au micro du podcast Vélotaf.
J’espère que cet échange plein de bonne humeur et d’énergie vous plaira tout autant qu’à moi, pour ma part, j’y ai encore appris beaucoup !
Pour contacter notre invité via Linkedin, c’est par ici (https://www.linkedin.com/in/laurentesposito) !
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Ce podcast animé parErmanno DI MICELIest proposé par l’ONGTwoWheelTuesday(@2wteu), et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique duVélotaf.
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Ermanno : Bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour un nouvel épisode du podcast Vélotaf, je suis très heureux de recevoir l’invité que je vais vous présenter, enfin que je vais laisser se présenter dans la grande tradition de ce podcast, je voulais juste remettre un petit peu dans le contexte, je me suis permis de prendre contact avec mon invité suite à un tweet que j’ai vu passer qui a a priori déchaîné les foules, que ce soit sur Twitter ou sur LinkedIn, mais on va pouvoir parler de tout ça justement avec toi, je suis très heureux de recevoir Laurent Esposito sur le podcast Vélotaf, bonjour Laurent.
Laurent : Bonjour Ermanno, ravi de pouvoir échanger avec toi et merci pour ton invitation.
Ermanno : Ecoute c’est un plaisir, on a déjà un petit peu discuté en off, je sens que le ton va être très sympa, très amical et donc ça, ça me plaît et puis je vois aussi qu’on a quelques sujets en commun, quelques valeurs en commun donc on va pouvoir parler un petit peu de tout ça. Avec plaisir. Comme je te le disais, non je ne te l’ai pas dit mais comme je le disais juste avant en introduction de ce podcast, en général je tends le micro à mes invités pour qu’ils se présentent, pour qu’ils me disent tout sur eux. Donc déjà ça me fait plaisir de te tendre le micro parce qu’en tant qu’ancien journaliste, je suis sûr que tu vas faire une superbe présentation et tu vas avoir une diction exceptionnelle, que tous tes propos vont être bien organisés, bien ordonnés, mais en plus ça fait partie de ma tradition. Donc Laurent, dis-nous tout, qui est Laurent Esposito ?
Laurent : Oula, gros défi. Ecoute, tu sais ce qui est bien en journalisme, c’est quand tu donnes une indication sur le temps parce que moi quand j’avais un rédacteur en chef, il me disait bon Laurent là pour le reportage ce soir, tu me fais une 15, une 30. Alors tu peux me dire ce que tu veux. En 30 secondes, je peux te le faire en 1 minute, 3 minutes. Qu’est-ce qui t’arrange pour cette introduction ?
Ermanno : C’est vrai que de temps en temps je donne le ton, je donne le temps. Ecoute, allez, 3 à 5 minutes, ça te va ?
Laurent : Bon, écoute, on va le faire au pif et ça va tendre vers ça. Ça va, super. Ecoute, merci en tout cas pour cette rapide introduction et cette mise en contexte. Donc je m’appelle Laurent Esposito, effectivement. Je suis un ancien journaliste, tout à fait. J’ai exercé ce délicieux métier de reporter puis un petit peu de présentateur aussi dans l’audiovisuel. Principalement dans les années 90, donc ça commence à remonter un petit peu. Je me suis formé au journalisme à ce qui est devenu l’école de journalisme de Grenoble et qui était l’université Stendhal Grenoble 3. Désolé pour l’énonciation, tu vois. Tu as dit une diction parfaite. Je suis totalement imparfait. Donc je me suis formé au journalisme dans les années 90. J’ai commencé ma carrière à France 3 Alpes. Et puis j’ai exercé dans pas mal de médias audiovisuels jusqu’aux années 2000. Ensuite est venue la vague Internet. On appelait ça comme ça à l’époque, maintenant on parle de numérique ou de digital. Et donc j’ai travaillé pour les médias numériques et digital pendant, on va dire, les années 2000 essentiellement. Et puis il y a quelques années, j’ai choisi de m’aligner professionnellement avec des valeurs écologiques. Et on va se rapprocher du vélo et du vélotaf. Des valeurs écologiques qui étaient relativement intégrées sur un plan personnel. J’ai décidé de m’aligner sur le plan professionnel avec ces valeurs. Et donc je me suis dit que peut-être que les bullshits jobs, j’en ai eu quelques-uns dans ma carrière, je ne donnerai pas de noms. Mais il m’est arrivé de faire beaucoup de comptes rendus, de reporting, de tableaux Excel, de comités de direction dans des superbes boîtes, mais qui n’étaient pas franchement intéressants. Et donc je crois que ça a parlé à beaucoup de gens, ça. Et donc j’ai décidé que pour le reste de ma vie professionnelle, j’allais exercer un métier en lien avec les questions liées à l’écologie, avec du sens et de l’impact. Et donc j’ai décidé que pour le reste de ma vie professionnelle, j’allais exercer un métier en lien avec les questions liées à l’écologie, avec du sens et de l’impact. Et donc c’est ce que se fait aujourd’hui, puisque je me suis formé à ces sujets-là, très sérieusement, il y a quelques années. Je suis passé par l’Institut des Futurs Souhaitables, avec une formation en prospective autour des questions environnementales. Ensuite, j’ai dirigé une association que certains de tes auditeurs, tes auditrices connaissent peut-être, qui s’appelle la Fresque du Climat, qui sensibilise aux enjeux climat avec un atelier participatif. Et puis depuis maintenant le début de l’année 2022, je travaille aux côtés de Magali Payen, qui est par ailleurs fondatrice du mouvement On est prêt, un mouvement de mobilisation citoyenne, et sur sa structure qui s’appelle Imagine 2050, tout est dans le nom quasiment, ensemble avec Magali et une petite équipe de professionnels des médias et de la transition écologique, on accompagne tous ceux, toutes celles qui travaillent dans les industries culturelles, les contenus, pour leur faire comprendre les enjeux de la transition écologique et les amener à des nouveaux récits enthousiasmant sur un futur qu’on veut vivable, désirable. Autrement dit une écologie positive et on veut que ça se ressente dans les discours des médias et aussi peut être dans la publicité, dans les films, les bandes dessinées, les jeux vidéo. Et donc on accompagne ces acteurs culturels, ces leaders culturels vers ce nouveau monde au travers des récits.
Ermanno : Alors quand tu dis que vous accompagnez ces leaders culturels, ces nouveaux médias, enfin ces médias, comment ça se passe ? C’est-à-dire qu’eux vous prennent comme prestataire pour être formés, pour apprendre, comment omment changer le discours ? Si je prends par exemple une maison d’édition, est-ce que vous intervenez dans des maisons d’édition ? Et si oui, comment est-ce qu’une maison d’édition va donner un ton nouveau à un de ses auteurs ? Ou est-ce que vous incitez plutôt la maison d’édition à choisir certains auteurs qui vont être plutôt engagés sur ces valeurs-là, ou qui voient un meilleur futur en 2050 que celui qu’on nous dépeint depuis quelques temps dans les médias, ou en gros la planète crame ?
Laurent : Alors la maison d’édition peut avoir sa propre éditoriale, et certaines maisons d’édition comme Rue de l’Échiquier par exemple, ont volontairement un positionnement très disruptif avec des auteurs qui sont extrêmement alignés sur un certain nombre de valeurs éthiques et écologiques. Mais si on prend des maisons d’édition plus standards, des grandes maisons d’édition qui appartiennent à des grands groupes de presse souvent, ou médias, nous on a deux expériences concrètes. On a un cahier de vacances qu’on a lancé, qui est donc disponible dans toutes les bonnes librairies, qui est un cahier de vacances écolo, qu’on a co-écrit avec des auteurs jeunesse. Et par ailleurs, on a accompagné une autre maison d’édition dans l’écriture, de Polar pour des adolescents, des romans plutôt. Alors il n’y a pas forcément que du Polar, mais c’est des romans en gros autour de ce nouveau monde qu’on veut voir advenir, des romans positifs, pas anxiogènes, pour accompagner les adolescents dans leur compréhension des enjeux, par exemple autour du changement climatique ou de l’effondrement de la biodiversité. Et donc là, on a nourri les auteurs. Puis pour aller plus loin, tu parlais de romans, mais on a accompagné par exemple une série télé très populaire qui s’appelle Plus belle la vie, qui s’arrête bientôt sur France 3, mais on a accompagné plusieurs arches narratives de Plus belle la vie pour aider là aussi des scénaristes à orchestrer des récits sur des thématiques qui sont liées à l’écologie, à la justice sociale aussi. Et donc par exemple, on a une arche narrative de quatre semaines qui a été diffusée sur France 3 au printemps 2021, et dans laquelle on avait mis notre patte avec nos experts, et donc on avait nourri l’imaginaire des scénaristes de Plus belle la Vie, ce qui les a conduits à faire monter en puissance un personnage qui s’appelle Lola, qui est une jeune femme, et qui dans cette arche narrative devient éco-activiste, et donc elle monte dans un arbre pour empêcher qu’un parking ne soit construit, et donc qu’on artificialise des sols. Et à la fin, c’est un happy ending, à la fin, donc les arbres sont préservés, le parking n’est pas construit, et on voit dans l’épisode de fin des vrais militants écolos, de Greenpeace et d’autres, qui sont sur le terrain, et qui viennent encourager cet activiste. Donc on est allé au bout du récit, de ce récit positif, sur la protection du vivant dans un milieu urbain.
Ermanno : Donc c’est comme ça que vous, vous avez un impact pour l’instant dans la prise de conscience, et peut-être dans le futur, dans l’éducation aux nouvelles générations ?
Laurent : Absolument, au travers des médias et des leaders culturels sur toutes les formes, ça peut être aussi des influenceurs sur Youtube, ça peut être des artistes qui, par ce qu’ils véhiculent, vont porter un imaginaire. Un imaginaire, sur lequel on voudrait peut-être qu’ils bifurquent, aujourd’hui, les imaginaires principaux, si je prends la thématique du cinéma, c’est en gros des imaginaires autour des effondrements, par exemple, Mad Max, Blade Runner, pour prendre des films de la pop culture.
Ermanno : Là, tu as perdu des jeunes qui ont moins de 40 ans, là, moi je suis, parce que j’ai un peu plus que 40 ans, mais Mad Max et Blade Runner, tu en as perdu quelques-uns, là, déjà.
Laurent : En gros, c’est des racines effondristes, c’est des films d’anticipation, où le futur est quand même assez dark. Là, ça ne se passe pas très bien, quoi, c’est un peu la poule à épices. Et puis, après, il y a un autre récit qui est très, très courant aussi au cinéma, mais on le retrouve dans les séries télé, les romans, et même dans des récits journalistiques, c’est le récit techno-solutionniste. C’est celui qui consiste à croire, parce que c’est surtout une croyance, que l’innovation technologique, le progrès technique vont nous sauver, et qu’on va trouver une solution à un moment ou à un autre, avec des avions verts, des voitures vertes, enfin, plein de trucs qui sont verts, mais qui sont, en fait, très greenwashing, parce qu’il y a quand même des limites planétaires qu’on se doit de respecter, et ça, la physique s’impose à nous. Et donc, à côté de ces récits qui sont soit effondristes, soit techno-solutionnistes, aujourd’hui, quand même, il manque un récit important, mais qui va revenir dans l’actualité, qui a commencé à revenir dans l’actualité, c’est le récit de la sobriété. C’est comment on rend cette sobriété désirable, comment on peut être plus heureux avec moins, mais peut-être mieux. Et donc, c’est tout l’enjeu, aujourd’hui, autour de cette bifurcation écologique. La sobriété. Et on voit que, malheureusement, dans un contexte de raréflexion de l’énergie, de changement climatique qui est de plus en plus agressif, on l’a vu cet été 2022, avec le stress hydrique lié à la sécheresse, des canicules extrêmement intenses, des incendies de forêt en France, mais aussi dans d’autres pays, soudain, le gouvernement français, Macron, son nouveau gouvernement qui arrive cet été, ont décidé que la sobriété, finalement, ce n’était pas un truc d’amish, et que ça pouvait être un truc sexy. Alors, on va voir. Ils vont mettre derrière, d’un point de vue des mesures gouvernementales. Mais, en tout cas, il semble que les pouvoirs publics commencent enfin à se saisir de cette question-là. Et nous, on est là pour accompagner cet imaginaire et montrer que, oui, avoir moins et faire mieux, c’est possible. Et je pense que, pour arriver au sujet principal, le vélotaf est une partie de la réponse, dans les petits gestes, en tout cas. Mais dans les petits gestes, mais peut-être aussi à l’échelle plus large, à une échelle plus structurelle, dans les gros gestes qui sont importants, à savoir avoir des infrastructures capables d’absorber des flux de vélotaffeurs ou de cyclotouristes. Et donc, il y a des enjeux qui sont à l’échelle individuelle, mais aussi à l’échelle collective, au niveau des États, des collectivités, des entreprises aussi. Le vélotaf, il y a la question de comment est-ce qu’on fait en sorte que quelqu’un qui vient travailler, après avoir pédalé pendant 30, 40 ou 50 minutes, il est présentable à ses clients ensuite au bureau, il a des honneurs à peu près supportables pour ses collègues de coworking. Et donc, typiquement, c’est où est-ce qu’il range son vélo ? Est-ce qu’il peut se prendre une douche ? Et tout ça, ça doit être pensé, pas seulement à l’échelle individuelle. Donc, oui au colibrisme des petits gestes, à l’échelle individuelle, mais oui, surtout, à l’impact qu’on peut avoir au travers des entreprises, des collectivités et de l’État.
Ermanno : Bon, écoute, on va pouvoir détailler un petit peu tout ça. Quand tu dis qu’Imagine 2050 conseille les leaders culturels, c’est uniquement sur la partie culturelle ? Vous n’intervenez pas justement pour le conseil de personnes publiques, de personnes politiques ? Là, tout à l’heure, tu parlais justement de ce revirement de la nouvelle équipe Macron qui s’est effectivement rendu compte que la sobriété, et en l’occurrence la sobriété énergétique, ça pouvait être quelque chose de pas mal et pas forcément qu’une histoire de bobos ou autre. Est-ce que vous conseillez ces gens-là ou vous, vous restez dans votre prés carré des leaders culturels ? Parce que, mine de rien, en politique, ça peut presque être considéré comme ça. On dirait aussi parfois comme un influenceur ou comme un leader culturel, non ?
Laurent : Absolument, ils le sont. Il suffit de se rappeler, il y a quelques mois, l’ancien ministre des Transports, Jean-Baptiste Djibari, qui était à fond sur TikTok et qui tiktokait n’importe quoi, sur l’avion vert, entre autres, et d’autres choses qui n’étaient absolument pas réalistes. Donc, oui, par extension, on va dire que les leaders culturels, ceux qui façonnent nos imaginaires, ce sont les artistes, les journalistes, les hommes et femmes de contenu. Mais tu as raison de dire que les décideurs économiques et politiques, au dernier moment, les différents, parce que c’est plus difficile de les faire bouger, ceux-là, les politiques, sont des gens qui, aujourd’hui, véhiculent des récits. Quand un ministre véhicule un récit sur la croissance verte, là, on peut en trouver plusieurs dans le gouvernement actuel ou le gouvernement passé, pour moi, c’est un oxymore. La croissance verte n’existe pas. S’il y a croissance, elle n’est pas verte, puisqu’il y a croissance des ressources énergétiques, de l’extractivisme, qui sont mobilisés pour produire les biens et services dont on a besoin. Donc, aujourd’hui, oui, il faudrait qu’on touche aussi ces leaders politiques, mais on va dire que ce n’est pas le scope prioritaire. Maintenant, si on est face à eux, on l’est parfois dans des débats qui sont organisés, on se retrouve sur scène ou sur un plateau télé face à ces leaders-là, on essaye de faire passer nos messages de manière sincère, directe, et on amène surtout les faits. Et le cadre de réflexion qu’on aime bien opposer à des gens qui ne sont pas forcément dans la réalité, c’est un cadre un petit peu empirique, basique, mais qui fonctionne bien. C’est la théorie du donut de l’économiste Kate Raworth. Elle s’est appuyée en fait sur deux paradigmes, un paradigme des limites planétaires. Donc, il y a neuf limites planétaires qui ont été définies par le Stockholm Resilience Center. C’est les limites qu’il ne faudrait pas franchir pour éviter des effondrements systémiques. Hélas, on a déjà franchi six des neuf limites planétaires. Le climat en fait partie, mais il y a aussi la ressource en eau, le cycle de l’azote et du phosphore et bien d’autres choses. Les pollutions chimiques, on l’a passé aussi en cette année 2022. Du moins, on sait le mesurer et on a vu qu’on l’a bien. Donc ça, c’est l’extérieur visuellement d’un donut. Il ne faut pas dépasser cette surface-là. Et puis l’intérieur du donut, le milieu, c’est le plancher social en dessous duquel il ne faudrait pas descendre. En gros, c’est toutes les thématiques de la justice sociale parce que c’est lié aux enjeux climat, biodiversité, énergie. En gros, c’est s’assurer que chaque individu sur Terre bénéficie de conditions de vie qui soient dignes. Donc c’est l’accès à l’eau, à l’éducation, à la nourriture, toutes choses égales par ailleurs qui nous semblent évidentes dans les pays occidentaux, en France en particulier, parce qu’on a cette chance d’avoir accès, en tout cas pour la plupart entre nous, à l’éducation et à ces ressources que je viens de décrire. Mais ce n’est pas le cas dans tous les pays. Et même en France, il y a des gens pour qui c’est compliqué d’avoir accès à cette justice sociale. N’oublions pas qu’il y a 5 millions de personnes qui sont dans la précarité énergétique, par exemple.
Ermanno : Tout à fait. Et du coup, ça me permet de faire un pont sur un autre podcast que je produis, qui s’appelle le podcast vélo, avec un épisode où j’ai pu interviewer Marion Maury, qui est 5e adjointe au maire de la mairie de Brest, en charge non seulement de la politique sociale, mais aussi de la politique mobilité. Et elle a eu une phrase que j’ai vraiment beaucoup appréciée qui tient en trois mots, c’est « La fin du mois ne s’oppose pas à la fin… » Attends… Écoute, ça me reviendra et je le replacerai à un moment dans le podcast parce que vraiment, en fait, elle, au-delà de faciliter, de faire en sorte de faciliter l’accès aux mobilités douces et en particulier aux vélos dans son agglomération de Brest, elle fait aussi en sorte que n’importe qui puisse y accéder. Pas uniquement les personnes qui ont des moyens, mais aussi les personnes qui sont un petit peu dans le besoin, avec sa double casquette sociale et mobilité.
Laurent : Je suis tout à fait en phase avec ça. On ne peut pas opposer la fin du monde et la fin du mois.
Ermanno : C’est ça, c’était ça son expression d’ailleurs.
Laurent : C’est un thème assez commun dans les milieux écologiques
Laurent : et dans les choses qui pourraient être faites. Typiquement, c’est aujourd’hui assurer la promotion, au-delà des infrastructures, la promotion d’un certain nombre de mesures qui existent, des mesures économiques notamment, qui sont pro vélo, notamment dans un contexte vélo taf, mais ça peut être aussi pour d’autres activités comme du silo tourisme, du vélo rando. Moi, les choses que j’ai en tête, très concrètement, parce que j’ai mis en œuvre, c’est que quand on achète un vélo neuf, certes, il faut que ce soit neuf, donc c’est un investissement, il y a des aides qui sont possibles de la part de l’État, sous conditions de ressources, notamment pour les ménages et les personnes qui ont un faible taux d’imposition ou qui sont non imposables. Donc, il faut se renseigner parce que ça existe. Il y a des aides possibles dans certaines régions et il y a des aides possibles aussi dans certaines communes. Donc, il faut se renseigner. Moi, par exemple, quand j’ai acheté mon vélo, c’était un vélo pliant qui est assez onéreux parce que c’est du haut de gamme, mais j’ai eu un tiers qui m’a été remboursé par la région Île-de-France où je vis. Donc, c’est plutôt cool. Et ensuite, ça, c’est pour l’achat, mais il y a aussi l’usage. Et dans l’usage, il y a une chose, je ne sais pas si tu en as déjà parlé dans ton podcast, mais je pense que c’est quelque chose qu’il faut rappeler régulièrement. Depuis deux ans quasiment, existe le forfait mobilité durable qui est un outil qui a été mis en place par un précédent gouvernement Macron. Et donc, cet outil permet dans les entreprises qui le souhaitent, donc c’est sur la base du volontariat dans les entreprises, de rembourser les collaborateurs, collaboratrices qui viennent à vélo, avec leur propre vélo ou qui utilisent un vélo de free floating qu’ils peuvent louer à Paris, mais il y en a dans toutes les villes, potentiellement dans les grandes villes, rembourser les collaborateurs sur la base de certaines dépenses ou du kilométrage parcouru. Et ce montant peut s’élever jusqu’à 500 euros par an. Donc, c’est quand même une grosse somme pour quelqu’un qui a peu de ressources se faire rembourser jusqu’à 500 euros par an parce qu’il ou elle va travailler à vélo. Moi, je trouve ça chouette.
Ermanno : Oui, je suis tout à fait d’accord avec toi. J’ai reçu plusieurs invités justement pour parler de ce forfait mobilité durable, que ce soit des gens qui mettent en place des solutions pour les entreprises, mais aussi des entreprises qui proposent de l’intégrer dans leurs prestations qu’elles délivrent à d’autres entreprises. Je pense à des sociétés de leasing de vélo, à des sociétés qui mettent en place des hubs de mobilité, à des sociétés qui mettent en place de la mobilité partagée pour les entreprises. Écoute, on a fait une belle introduction un petit peu. On a un peu digressé sur tous les sujets, mais en tout cas, c’est super intéressant. Je voudrais vraiment qu’on revienne un petit peu déjà sur toi, sur ta présentation, et puis revenir aussi sur ce qui a fait que j’ai pris contact avec toi. Je parlais très rapidement d’un post qui avait déchaîné les foules. Alors, tu pourras peut-être nous donner des chiffres. Toi qui es un journaliste, tu dois aimer la data. Mais ton post, je l’ai vu passer sur Twitter. Tu l’as fait aussi sur LinkedIn. Alors, pour décrire une image en audio, c’est un petit peu difficile. Mais là, ça ne va vraiment pas être compliqué. En gros, tu postes une photo à Reims. On n’a pas encore de super piste cyclable. D’ailleurs, un joli petit tacle à la mairie de Reims. Mais on a un pompiste super qui promeut l’usage du vélo. Et effectivement, on voit une image d’un totem. Donc, vous savez, chères auditrices, chers auditeurs, c’est main devant toutes les stations-service où vous avez le détail de chacun des carburants et le prix qui va en face. Et donc, on voit le prix qui va en face du sans-plomb 95, le prix qui va en face du sans-plomb 98, en face du gasoil, etc. Et puis, en dessous, on a une étiquette. avec un vélo et un prix à zéro. Donc effectivement, j’ai trouvé ça très marrant de dire que vous avez besoin de carburant pour votre véhicule, vous allez payer tant du litre. Et si vous utilisez un vélo, en fait, c’est gratos. Est-ce que tu peux revenir un petit peu avec nous sur ce partage que tu as effectué, puis surtout ce qui a motivé ce partage.
Laurent : Ce qui a motivé, merci pour la description qui me semble être assez représentative et bien illustrée pour de l’audio de ce qu’il y a sur la photo. Ce qui a motivé ça, en fait, c’est l’esprit Nouveau Récit dont je parlais dans ma présentation introductive. L’ambition qu’on a avec Imagine 2050, c’est de promouvoir des nouveaux récits sur la transition écologique et montrer que bifurquer, changer le mode de vie, aller vers plus de sobriété, plus de résilience, plus de justice sociale, finalement, ça passe par un nouvel imaginaire qui n’est pas celui de la surconsommation, par exemple, ou de la plus grosse bagnole qui va toujours plus vite, par exemple. Et donc, quand moi je trouve des exemples, j’essaie d’en faire la promotion, sur les réseaux sociaux, qu’ils soient personnels, type Facebook, professionnels, ce qui est plus le cas pour Twitter et LinkedIn. Et là, il se trouve que fin mai, j’étais chez mes parents qui vivent à Reims, et dans le quotidien local qui s’appelle L’Union, j’étais chez mes parents et je vois un article avec une photo qui est sensiblement celle que j’ai prise ensuite, et il y a cet article qui explique que la station service d’un supermarché de l’agglomération raimoise, a promu ce numéro pour le prix à la pompe concernant les cyclistes. Et donc je me dis, c’est rigolo ce truc-là, c’est un très bon exemple de ce que c’est qu’un nouveau récit. Parce que là, mon cerveau est parti en vrille, je me suis dit, mais attends, c’est génial, une image vaut mille mots. Donc, j’ai enfourché mon petit vélo, j’ai un vélo pliant, que j’utilise pour aller chez mes parents parce que j’y vais en mode vélo-train, je vais jusqu’au bout de la démarche. Je suis passé 12 tonnes équivalent carbone en émissions, il y a quelques années, quand j’étais cadre dirigeant dans les médias, aujourd’hui, il y a à peu près 3 tonnes d’émissions de CO2. C’est entre autres grâce au vélo et au vélo-train, vélotaf et vélo-train. Et donc, chez mes parents, ni une ni deux, je déplie mon vélo pliant, je pédale 3-4 km parce que c’est pas très loin, et je vais dans ce centre commercial en périphérie, et je fais la photo. Et j’ai mis le commentaire que tu as indiqué. Et là, tout de suite, c’est parti avec les bons hashtags qui vont bien, vélotaf, climat, etc. C’est parti en vrille. Mais dans le bon sens du terme, c’est-à-dire que ça a pris. J’ai connu un buzz que je n’ai jamais connu avant. Depuis, je fais des trucs plutôt sérieux, un peu chiants, des trucs de journalistes, des trucs scientifiques. Mais là, c’est parti tout de suite. Il faut croire qu’effectivement, cette image, qui n’est pas la mienne, parce qu’à la base, c’est le patron du centre commercial qui a eu cette idée géniale, elle était puissante. Elle avait tous les gènes en elle d’un nouveau récit. Parce que c’est tout de suite l’imaginaire dans un récit ou des récits qui sont différents selon les gens. Et donc, ça m’a fait plaisir. Et puis, il y a eu une fraction de dingue, puisque tout ça est complètement organique. Ce sont des gens qui likent, qui retweetent, qui commentent sur deux plateformes, Twitter et Facebook. Et si je me contente de ces deux plateformes, Twitter, il y a eu 150 000 impressions en un mois. C’est un truc de dingue pour moi. Alors que j’ai juste, je ne sais pas, je dois avoir 1000, 2000 followers. Je ne sais pas combien j’en ai, mais ce n’est que dalle. Et puis, sur LinkedIn, encore plus, trois fois plus, j’ai eu 450 000 impressions. Donc, en gros, j’ai touché plus d’un million de personnes en un mois avec ce même post sur deux plateformes. Et je me dis qu’il y a quand même des gens qui se sont marrés. Donc, finalement, c’est un message positif autour du vélo. Après, il y a des gens qui ont essayé d’entrer dans le débat sur « Ah oui, mais ce n’est pas tout à fait zéro euro parce que quand tu pédales, tu as besoin d’énergie. » Je dis « Oui, effectivement, mais bon, quand tu conduis une voiture, il faut aussi que tu aies le ventre plein. Sinon, tu ne peux pas conduire, mais bon, on peut rentrer dans plein de discussions. »
Ermanno : C’est ça, puis le bon vieux café pour te maintenir réveillé.
Laurent : Et voilà, j’ai trouvé ça assez sympa d’avoir une expérience personnelle qui est complètement congruente avec ce que j’essaie de faire dans mon travail.
Ermanno : Bon, ben écoute, en tout cas, moi, j’en rêve d’avoir des chiffres comme ça, notamment pour parler du podcast Vélotaff. Donc, j’espère qu’une fois que j’aurai publié l’épisode et que tu partageras de ton côté, on connaîtra aussi une portée organique aussi importante. Je te souhaite sincèrement tant que tu continues avec le vélo et juste sur le côté « Happy End » que j’aime bien aussi dans les nouveaux récits
Laurent : . Le poste a été vu par des personnes de la Fédération des usagers de la bicyclette, la FUB. Et donc, ils m’ont proposé d’utiliser ma photo de manière libre de droit et déjà acceptée pour la couverture de leur numéro de cet été. La photo fait aussi la couve de leur magazine qui était sur la thématique justement de la sobriété. Donc, allons jusqu’au bout de ces récits et essayons de les amplifier le plus possible.
Ermanno : En tout cas, comme je disais quand j’étais jeune, maintenant je suis un vieux boomer pour utiliser l’expression de jeune, un petit big up justement à ce pompiste, à cet exploitant de stations de service qui a eu l’idée de faire ça et qui a au moins eu le mérite de nous mettre en contact. Pour revenir encore à toi, au-delà de cette mise en contexte qui a fait qu’on s’est rencontrés, je voulais savoir, toi, quelle a été ta première rencontre avec le vélo ou le sport et puis accessoirement avec le vélotaf ?
Laurent : Quand j’étais petit, je suis issu d’une famille modeste et j’en suis fier. Je me rappelle que le premier vélo que mes parents m’ont offert, je devais avoir 7-8 ans, c’était un vélo pliant qu’ils avaient acheté d’occasion dans le journal gratuit du coin. C’était avant qu’il y ait le bon coin. A l’époque, ça s’appelait Canal 51. C’était le journal gratuit. On m’a acheté un vélo. Déjà, c’était la sobriété chez moi. Et j’en suis fier. Honnêtement, j’en suis fier parce que je pense que mes parents, par la modestie de leurs ressources mais aussi peut-être une forme d’avant-gardisme d’une certaine manière, m’ont appris et ancré en moi les valeurs de la sobriété. Même quand j’étais cadre dirigeant avec des très hauts revenus, je suis toujours resté dans cette forme de sobriété. Je ne suis pas pour le bling-bling et toutes ces choses. J’essaie d’être dans la frugalité par rapport aux ressources mais j’ai toujours en arrière-plan cette conscience écologique assez développée à titre personnel. Mon premier vélo, c’était un vélo pliant. La première anecdote que je peux sortir au sujet du vélo, c’est que je crois que avant d’avoir fait mon premier kilomètre, je me suis pété la gueule parce que le vélo s’est ouvert.
Laurent : C’était un vélo en deux parties qui était plié au milieu du cadre avec juste un espèce d’écrou. Et le mécanisme n’était quand même pas super safe. Aujourd’hui, j’ai un vélo haut de gamme. Je peux peut-être mentionner la marque. C’est un Brompton. Ça coûte un bras. Mais comme c’est britannique, on a l’habitude de dire que c’est un peu la Rolls-Royce du vélo pliant. Donc là, on le plie en trois parties. A priori, l’incident que j’ai connu petit ne peut pas se produire sur ce modèle-là de par le design, la conception même de l’articulation du vélo. Ça, ça a été mes premières aventures à deux roues. Et puis, quelques années plus tard, je devais avoir 15-16 ans, là, je suis passé sur un vélo de grand avec des roues de 16, avec des roues de 700. J’étais toujours à Reims à l’époque. J’étais toujours chez mes parents. Une anecdote qui est savoureuse à mes yeux. Je ne sais pas si c’est de l’inconscience, mais bon, à 15-16 ans, surtout les mecs, on est gonflé avec ses hormones, la testostérone, on est à fond la caisse et toujours plus vite. Alors, je ne rêvais pas d’un SUV, je ne rêvais pas d’un 4×4, mais j’étais heureux sur mon vélo avec des roues de 700. Et j’avais acheté dessus un petit compteur qui comptait les kilomètres heure. Et j’avais déjà déterminé à peu près la vitesse à laquelle j’allais. Et forcément, comme tous les mecs qui étaient gonflés d’orgueil et puis assez péchus à cet âge-là, parce que j’avais une forme olympique, on va dire, c’est normal, c’est dans la force de l’âge, il y a une grande côte au nord de Reims, pas très loin de chez mes parents, c’est près de la commune de Brimont qui est dans le vignoble. Donc, c’est un peu pentu. Donc, j’ai fait un petit circuit vélo, je suis allé en haut de la pente. Et puis, je devais être inconscient parce que je n’avais pas d’équipement de protection, j’avais pas de casque, j’avais rien, la route était sans piste cyclable, je pense que depuis, il n’y en a toujours pas. Mais ça, c’est un autre débat, on pourra y revenir à propos de l’agglomération. Mais du haut de cette pente, ça devait être une descente à peut-être 5%. Ce n’est pas un truc de ouf, ce n’est pas de la montagne, mais c’est de la montagnette. Les champs-pétois appellent ça la montagne de Reims, mais bon, on va dire que c’est de la montagnette quand on est passé par Grenoble comme moi avant. Et donc, cette pente à 5% sur un kilomètre, je me suis dit, je vais me la faire à fond et je vais faire péter le compteur. Et ça a été extrêmement judicieux, on va dire, parce que j’étais à fond, les vitesses à fond, c’était à 10 vitesses. Donc, petit pignon, grand plateau. Et puis, je me suis retrouvé à monter à 55, peut-être 60 km heure. Et je sentais, c’était une expérience pour moi unique, je n’avais pas de lunettes, ni de vue, ni autre chose. Et j’avais le vent sur mes yeux qui exerçait une pression de dingue et je n’avais jamais réalisé ça avant parce que je n’avais jamais conduit un véhicule, un bateau, comme ce soit, le visage à l’air. Donc, c’était une sensation extrêmement enthousiasmante. Et une fierté de monter à 60 km heure. Voilà.
Ermanno : Et l’histoire ne nous dit pas, est-ce que tu as effectivement fait péter le compteur ? Ou le compteur fonctionnait toujours après ? Il était toujours…
Laurent : Il était calibré pour des gens plus de pêcheus que moi qui pouvaient monter, je crois que le compteur vélo il montait dans les 90 ou 100 ou un truc comme ça. Nos limites quasiment. Peut-être, je ne sais pas.
Ermanno : C’était un compteur de mobilette.
Ermanno : C’est marrant cette histoire que tu nous racontes parce que moi je me souviens très bien aussi d’un de mes premiers vélos qui était aussi un vélo pliant, donc effectivement avec ce petit système, tu avais une espèce de plaque au milieu du cadre que tu rabattais chaque partie du vélo dessus et puis tu avais un écrou qui effectivement à y repenser n’était pas très safe surtout quand tu as 14-15 ans et que tu ne fermes pas forcément bien l’écrou parce que tu te dis de toute façon c’est bon, ça y est, c’est fermé. Tu fais 200 mètres et tu te retrouves dans un état où tu ne t’imaginais pas. Et puis le coup effectivement de l’ado qui va absolument descendre le plus vite possible et faire péter le compteur. Combien de fois j’ai fait ça ? J’ai habité en Normandie chez mes parents. D’ailleurs je me souviens même d’une fois, enfin je ne me souviens pas en fait, je me souviens juste de m’être relevé un peu blessé de partout et avec une barrière de parking qui était cassée donc je suppute que j’avais voulu prendre une descente mais je n’avais pas fait attention à ce qu’il y avait à l’arrivée.
Laurent : Une autre anecdote que je peux partager avec toi et avec nos amis auditeurs c’est une expérience qui m’est arrivée plus tard quand j’étais journaliste reporter, j’étais à France 3 Alpes à Grenoble, et mon acteur en chef m’envoie un week-end sur une course cycliste dans les Alpes, de mémoire c’était en Haute-Savoie, et alors là j’ai vécu une expérience de dingue parce que j’étais avec une équipe une équipe télé avec à peu près au complet, j’avais j’avais l’assistant qui est le gars qui conduit la voiture, j’avais un caméraman, enfin un journaliste reporter d’image il a une carte de presse, et je crois même que j’avais un preneur de son et donc c’était les grands moyens d’habitude des fois on n’est que deux, on a un caméraman un journaliste reporter d’image et le rédacteur, le journaliste mais là j’avais l’équipe complète pourtant ce n’était pas une course importante pas spécialement, ce n’était pas le Tour de France mais alors j’ai vécu l’expérience de l’intérieur de la course, et donc on a suivi notamment à un moment une échappée et on s’est retrouvé à essayer de suivre avec une voiture qui était une grosse bagnole, qui était un break avec tout le matos de la télé derrière donc on était quand même quatre gros gars dans une grosse voiture avec du matos dans la caisse, et on essayait de suivre une échappée vélo dans une descente, après un col dans les Alpes, alors le conducteur était un mec de la télé, qui avait suivi le Dauphiné-Liberet, le Clietables de Dauphiné-Liberet, le Tour de France donc il savait conduire sa bagnole mais je peux te dire, je me suis fait des frayeurs comme passager dans la voiture, parce que les vélos en descente dans les Alpes c’est quelque chose, ça fonce donc c’était une expérience assez particulière pour moi je me suis dit moi je ne ferais pas ça sur un vélo.
Ermanno : bon il y en a, même chez les pros, ça ne finit pas toujours très bien je pense à Monsieur Froum mais bon, ça c’est un autre sujet pour revenir à toi, donc maintenant maintenant que tu as un petit peu plus de bouteille est-ce que tu continues à pratiquer le vélo taf, à quelle fréquence et pourquoi ?
Laurent : autant que possible, alors comme de beaucoup de gens dans les métiers de service, j’ai une partie de mon activité professionnelle qui s’exerce en télétravail, donc je suis au téléphone sur mon ordinateur, en visioconférence et heureusement, j’ai aussi des rendez-vous pros, la plupart d’entre eux, parce que c’est les médias, la création culturelle la publicité, c’est très parisienne aux parisiens donc j’ai beaucoup de rendez-vous pros qui sont à Paris dont la petite couronne, donc je me déplace dans la capitale à vélo et donc en gros, le kilométrage moyen que je fais, c’est entre 200 km par mois et ça peut monter à 300 km certains mois, les mois où il fait plutôt beau et je suis courageux pour prendre plein de rendez-vous et me dire chouette, je vais faire ça à vélo quand c’est l’hiver, je propose, quand il va pleuvoir ou qu’il fait froid, peut-être que je propose plus de visioconférence à mes interlocuteurs ! mais voilà, c’est entre 200 et 300 km par mois, donc il y a des journées où je peux faire facilement ça m’est arrivé, 25 ou 30 km dans Paris parce que j’ai 2-3 rendez-vous un peu disséminés aux 4 coins entre guillemets de la capitale et puis il y a des journées où je suis chez moi, donc ça fait 0 ça c’est la moyenne et comme j’ai, alors je ne suis pas aussi péchu que toi au niveau sportif, je ne suis pas un triathlète mais j’ai quand même un passé de marathonien disons que j’ai couru une fois le marathon, je l’ai fini en moins de 4 heures, donc j’en suis…
Ermanno : ah bah donc t’es marathonien il n’y a pas à discuter !
Laurent : je suis finisheur comme on dit maintenant mais j’ai gardé, on va dire mes habitudes sportives, donc chez moi je ne fais pas de vélo mais je fais de l’elliptique donc c’est un autre type de mouvement pour entretenir ma condition physique de quinquas et donc je suis quand même assez péchu sur le vélo y compris pour les rendez-vous pro, alors bien sûr quand il fait 30 degrés comme aujourd’hui et j’ai un rendez-vous à 15 heures, je vais dans le centre de Paris je vais y aller tranquillou je vais éviter d’arriver sointant, transpirant à mon rendez-vous pro, ça ne fait pas de sérieux mais globalement j’essaie d’être péchu notamment quand il y a moins d’enjeux parce que je rejoins des potes, etc. ce que j’ai fait sur mon vélo pliant c’est que initialement il était monté avec un plateau de 51 dents et j’ai fait monter un plateau plus grand et donc sur mon Brampton, pour reprendre cette marque j’ai 6 vitesses, et quand je suis sur le rapport le plus puissant j’arrive à développer 10 mètres par tour de pédalier moi je ne suis pas un expert mais je pense que c’est péchu même sur un vélo de grand je pense que quand tu commences à développer 10 mètres par tour de pédalier, ça commence à être pas mal ce qui fait que moi c’est un vélo qui est bio j’ai pas d’assistance électrique dessus et j’arrive à gratter des gens, des hommes, des femmes à vélo, parfois assistance électrique sur les pistes cyclables à Paris et ça c’est assez jouissif, je trouve ça marrant je suis un peu couillon, mais bon j’ai gardé mon côté gamins de 15 ans qui fait le fou dans une descente.
Ermanno : ouais et puis ton côté un petit peu compétiteur un petit peu sportif.
Laurent : c’est un truc que je ne vis pas dans un esprit d’écraser les autres c’est plutôt pour se dépasser soi et c’est un plaisir, c’est plutôt ça l’esprit. Surtout dans le marathon parce que tu connais ça ton seul adversaire c’est toi-même c’est ton corps et ton esprit.
Ermanno : c’est souvent ça parce que de toute façon pour être aux avant-postes en marathon c’est très très bon et en général il faut que ce soit un métier donc effectivement quand on commence à rentrer sur des courses plus ou moins longues et notamment du marathon voire de l’ultra effectivement pour être aux avant-postes en marathon il faut vraiment être très très bon et souvent en faire un métier tu m’as pas dit enfin tu n’as pas répondu à ma deuxième partie de la question ou ma deuxième question je sais que c’est un truc qu’il ne faut pas faire il faut toujours poser une question et laisser les gens répondre c’est ça en gros je te demandais pourquoi tu pratiques le vélotaf qui est un petit peu plus large que le vélotaf pour toi je comprends que c’est plus du cyclisme urbain c’est un nouveau mode de déplacement enfin c’est ton mode de déplacement que l’on parle de vélotaf ou de vélo tourisme ou de vélo quotidien écoute
Laurent : je pense que moi ce qui était à l’origine vraiment du passage au vélotaf ça a été le premier confinement et la crise Covid qu’on a tous connu on s’est retrouvé enfermé pendant près de 3 mois et après ça j’ai repris le boulot j’ai été recruté par l’association La Fresque du Climat et comme j’avais été méga sensibilisé juste avant par ma formation à l’abstention à l’institut des futurs souhaitables j’ai eu une concordance de facteurs qui s’est battue sur moi et donc en gros pour des raisons liées à mon impact carbone et donc au changement climatique pour des raisons qui sont liées au contexte sanitaire post confinement le premier confinement j’avais pas envie de me retrouver justement reconfiné dans des rames de métro à Paris avec plein de gens qui portaient pas ou peu le masque ou mal tout ça a concordé avec une envie aussi d’avoir dans ma pratique professionnelle qui est sédentaire comme tous les cadres qui travaillent dans les grandes villes dans des services j’ai pas une activité physique j’ai pas un métier où je dois taper sur des outils donc j’ai pas cette chance de pouvoir utiliser mon corps au quotidien j’ai trouvé que c’était aussi une bonne raison de mettre au vélo donc il y avait des raisons écologiques il y avait des raisons sanitaires il y avait des raisons de santé et puis après on peut voir aussi l’aspect économique qui est en lien avec ce que je disais tout à l’heure sur le forfait mobilité durable il y a un contexte économique qui fait que en plus ça coûte rien entre guillemets moi mon vélo il m’a coûté un bras mais il est remboursé entre l’aide que j’ai eu de la région Île-de-France en gros sur un vélo qui devait coûter à peu près 1500 euros il y en a 500 qui ont été remboursés par la région Île-de-France et ensuite j’ai un forfait mobilité durable qui m’a remboursé mon vélo au bout d’un an peut-être quelque chose comme ça ou deux ans donc voilà je trouve ça chouette.
Ermanno : pour rebondir sur ce que tu disais juste pour faire un petit peu d’humour quand un vélo coûte un bras c’est bien parce qu’il te reste quand même les jambes pour pédaler! Donc pour toi c’est un petit peu un mix de paramètres, un petit peu un mix de choses qui sont arrivées c’est aussi tes convictions personnelles sur le sujet qui ont fait que maintenant tu te déplaces d’ailleurs tu te déplaces exclusivement en vélo bon tu nous as dit que tu faisais un petit peu de train plus vélo vélo plus train mais est-ce que tu as toujours une voiture est-ce que tu utilises toujours une voiture pour certains déplacements ou tu es passé 100% vélo plus l’énergie le mode de transport le moins carboné possible.
Laurent : la dernière voiture que j’avais je l’ai vendue il y a 15 ans mais j’ai la chance comme je l’ai dit d’être à Paris donc ce n’est pas forcément une impérieuse nécessité d’avoir un véhicule à Paris. Pour plein de considérations personnelles et notamment écologiques déjà il y a 15 ans je me suis séparé de la voiture entre temps il m’est arrivé de l’utiliser la voiture dans des contextes soit de covoiturage où j’étais covoituré par un conducteur soit de location de voiture estivale c’était le cas cet été je suis parti en vacances avec ma fille dans le Puy de Dôme en Auvergne et donc c’est une très belle région mais avec ma fille on ne se voyait pas pendant 8 jours, les 8 jours qu’on avait de pédaler en permanence autour des différents puits c’est-à-dire des volcans avec des pentes assez costauds et au passage j’ai remarqué qu’il n’y avait pas de piste cyclable, il y en avait dans Clermont-Ferrand mais il n’y en avait pas trop, même pas du tout sur les routes du Puy de Dôme donc franchement ça n’aurait pas été un choix judicieux pour découvrir un département aussi beau que de faire du vélo donc on est allé à Clermont-Ferrand en train avec ma fille et ensuite on a loué une voiture sur place donc voilà ça c’est des contextes où j’utilise des voitures qui sont extrêmement rares.
Ermanno : bon donc on l’aura bien compris tu essaies quand même au maximum de diminuer ton impact sauf quand effectivement tu n’as pas le choix on parlait en off justement de la situation que je te décrivais que je vis depuis quelques temps c’est que des fois on a aussi juste pas le choix du tout moi j’habite dans un petit village qui est un petit peu excentré des grands axes et en gros ici les transports en commun ne sont pas très efficaces si tu n’as pas de voiture tu ne peux rien faire parce que même se déplacer en vélo ça devient véritablement dangereux il n’y a pas de piste cyclable au départ du village où j’habite et qui m’emmène vers un autre axe ou vers une autre grande ville il y a encore moins de voies piétonnes ou autres dans ce contexte là toi et toi qui est actif dans ce domaine là et qui je l’ai compris en échangeant avec toi tout de suite et puis aussi en off tout à l’heure nourris certaines valeurs sur ce sujet là à ton avis qu’est-ce qui fait qu’on pourrait encore plus favoriser l’utilisation des mobilités douces qu’est-ce qui fait qu’on pourrait encore plus promouvoir l’utilisation du vélo taf voire du cyclisme au quotidien qu’est-ce qui fait que les gens vont s’y mettre et faire comme toi comme j’aimerais le faire moi laisser le moteur à explosion de côté.
Laurent : C’est de l’ordre des infrastructures donc là on est plus dans la case individuelle c’est pas juste les individus comme toi et moi qui se disent tiens c’est chouette je vais faire du vélo il faut qu’on fasse émerger les conditions favorables pour que les gens en aient envie alors il y a des études qui ont montré que notamment en ville plus il y avait de vélo qui circulait plus il allait y avoir de cyclistes ensuite pour plein de considérations liées à la dynamique des fluides enfin les flux physiques en ce qui concerne les infrastructures en fait je pense qu’il y a encore des mises à niveau qui sont nécessaires en France dans certaines grandes villes alors à Paris je pense qu’on est arrivé à un très bon niveau de maturité il y a sûrement plein de choses qui peuvent être encore optimisées mais là on a encore 50 km de coronapiste qui sont en train d’être permanentisés à Paris franchement moi où que j’aille dans Paris aujourd’hui je peux faire à peu près 90% de n’importe quel trajet en site quasiment propre et bien sécurisé quand je suis à Reims il n’y a quasiment pas de pistes cyclables c’est pour ça que j’ai fait le fameux tweet un peu combinatoire à l’encontre de la mairie de Reims et de l’agglomération du Grand Reims et les quelques pistes qu’il y a c’est des bandes cyclables qui sont chaotiques elles passent par les trottoirs, elles passent par des parkings par moment je ne t’explique pas comme c’est super dangereux donc il y a un sujet d’infrastructure il faut rendre le cyclisme quelle que soit la forme qu’on veut lui donner le vélo taf, le tourisme ou autre chose il faut que ce soit un moment de plaisir un moment où on se sent en sécurité j’entends encore plein de gens autour de moi à Paris qui me disent non mais à Paris même avec les pistes cyclables je ne me sentirais pas en sécurité sur un vélo donc il y a un sujet vraiment d’infrastructure qu’il faut sécuriser les carrefours, la signalétique, la taille et la protection des bandes cyclables ça il me semble que c’est quelque chose d’important puis après il y a un autre sujet qui est une forme de sécurité c’est la sécurité du bien qu’on a acquis pour ceux qui sont propriétaires de leur vélo c’est comment quand j’arrive à un rendez-vous quelque part je fais en sorte que je ne me sente pas stressé à l’idée que quelqu’un va me le piquer va me démonter mon phare ou me crever une roue ou faire quelque chose de désagréable sur mon vélo quand je vais revenir donc il y a un sujet sur la sécurisation des vélos puisqu’on est en France dans un pays qui n’est pas trop respectueux malheureusement des biens individuels je pense que ce n’est pas le cas dans d’autres pays qui ont une culture vélo je ne me suis pas encore promené à Amsterdam ou dans d’autres villes aux Pays-Bas mais j’ai eu l’occasion de voyager au Danemark à une époque je prenais encore l’avion et donc j’ai bien vu que ça fonctionnait chez eux et je n’ai pas l’impression qu’il y ait des dégradations des biens donc les gens attachent quand même leur vélo mais ça n’a pas l’air trop compliqué donc il faut aussi qu’il y ait des conditions je parlais de la douche tout à l’heure au travail je parlais à l’instant de garage à vélo qui soit sécurisé c’est important pareil dans les lieux culturels quand je vais à Paris quand c’est un musée qui n’est pas très loin de chez moi je peux y aller à pied mais quand c’est un petit peu plus loin j’aime bien y aller à vélo. Et j’ai eu quelques surprises. Par exemple on arrive au musée d’Orsay qui est un musée magnifique avec les œuvres impressionnistes où j’aime y aller une ou deux fois par an quand je choisis d’y aller à vélo la dernière fois j’y suis allé à vélo j’avais réservé mon billet en ligne et je me suis présenté à l’accueil du musée la sécurité m’a dit je ne peux pas vous laisser rentrer avec votre vélo pliant mais ça ne prend pas plus de place qu’avec une poussette ou qu’un fauteuil pour une personne handicapée alors ils m’ont dit vous avez déjà un billet bah oui il est réservé en ligne j’ai rendez-vous pour maintenant ils m’ont dit je me renseigne ils ont appelé le vestiaire ils m’ont dit exceptionnellement on va vous laisser rentrer avec votre vélo pliant que vous allez laisser au vestiaire mais la prochaine fois ne venez surtout pas avec votre vélo pliant on vous refoulera donc il y a encore des efforts à faire pour l’accueil des vélos pliants mais il pourrait aussi y avoir un garage protégé au musée d’Orsay je ne crois pas qu’il y en ait bon il y a de quoi accrocher des vélos dehors mais ce n’est pas forcément protégé donc il y a tout ce sujet là autour de la sécurité des biens des personnes qui reste à faire en terme de pédagogie.
Ermanno : alors pour réagir sur ce que tu disais sur les infrastructures je pense qu’il y a deux choses il y a effectivement sécuriser les infrastructures existantes mais ça c’est peut-être la deuxième phase la première phase c’est peut-être déjà de proposer des infrastructures parce que tu l’as dit il y a des communes il y a des régions où il n’y a même pas du tout d’infrastructures et peut-être si on pouvait dans un premier temps concentrer certains efforts sur créer des infrastructures quitte à les améliorer voire les sécuriser après ça aiderait peut-être et sur la partie sécurisation des biens j’ai reçu le fondateur de Vél’home qui est juste une plateforme de mise en relation de gens qui ont des espaces sécurisés pour stocker des vélos et des cyclistes qui se demandent où est-ce qu’ils vont bien pouvoir mettre leurs vélos c’est une plateforme totalement gratuite et j’aime en faire à chaque fois la promotion dans tous les épisodes avec tous les invités que je reçois parce que je trouve que cette initiative est juste géniale en fait là par exemple on reprend ton exemple quand tu as été en visite au musée d’Orsay bon effectivement exceptionnellement pour toi ils ont fait un effort heureusement parce qu’ils ne savaient pas à quoi ils auraient pu s’attendre après sur les réseaux sociaux mais peut-être que si on prenait aussi l’habitude de se connecter sur des initiatives type vél’home je sais que je vais aller au musée mais je n’ai pas envie de laisser mon beau vélo dehors si je me connecte sur vélo mais je regarde qui est dans la région du musée d’Orsay et qui pourrait accueillir mon vélo pendant le temps de ma visite une heure, deux heures, trois heures ça pourrait peut-être aussi aider à aller quelque part l’esprit beaucoup plus tranquille et donc à favoriser l’utilisation du vélo au quotidien.
Laurent : c’est ce qu’on essaie de faire professionnellement c’est de promouvoir auprès des gens qui produisent des contenus des journalistes, vous avez ces idées là c’est ce qu’on appelle le journalisme de solutions donc on forme les journalistes au journalisme de solutions aujourd’hui on travaille avec un grand média international qui est basé en France on accompagne sur les enjeux climat mais on aimerait bien pousser plus loin sur ces sujets là puis on est en discussion avec un grand quotidien français et plusieurs chaînes de télé pour introduire ces initiatives de journalisme de solutions sur leurs antennes donc ça c’est important et puis dans les séries télé aussi pourquoi pas je parlais de plus belle de la vie tout à l’heure alors la série s’arrête mais il y a d’autres séries sur d’autres chaînes avec qui on commence à discuter pourquoi pas leur suggérer dans un épisode une prochaine série populaire qui touche 3-4 millions de personnes le soir de parler de ce genre de pratiques qui sont la parfaite incarnation d’un nouveau récit d’une transition écologique, solidaire, sociale parce que c’est aussi des gens qui se rencontrent au travers de l’expérience vélo moi c’est ce que j’aime dans le vélo on pourra en parler peut-être parce que j’ai préparé ma sortie pour ce podcast sur mes souvenirs de vélotaf mais moi il m’arrive des trucs incroyables avec mon vélo client donc il y a forcément des expériences à vivre autour du vélo.
Ermanno : et ben allons-y parlons-en le micro est ouvert, le micro est à toi bon j’ai juste un call dans 45 minutes donc on va pas pouvoir y passer plus de 45 minutes encore mais si t’as le temps parlons-en parlons justement de toutes ces histoires de toutes ces anecdotes de tout ce qui fait que toi ça te rappelle des bons ou peut-être des moins bons souvenirs mais du coup t’en tire des enseignements. Et peurt être de ce qui pourrait aussi inciter encore plus les gens à écrire cette nouvelle histoire et à utiliser le vélo de plus en plus souvent voir au quotidien.
Laurent : la question habituelle que tu poses à tes invités c’est le meilleur souvenir de vélotaf et moi j’en ai plein c’est-à-dire que quasiment une fois sur deux où je prends mon vélo client donc je le déplie en bas de mon immeuble et puis je le replie quand j’arrive à ma destination que ce soit un musée, un rendez-vous pro un café que je vais prendre avec des amis et je l’embarque avec moi généralement ce vélo mais quand les gens me voient déplier sur un Brompton ou replier mon vélo se passe un truc, les gens se disent waouh c’est quoi ce truc alors ils me voient déplier mon vélo il y a un petit geste technique qui fait à un moment on soulève le vélo puis clac il se déploie un peu comme les tentes Decathlon qui sont en mode pop-up alors ça il y a un petit effet waouh qui est assez sympa et là les gens ils sont en train de promener leur chien ou ils sortent d’un rendez-vous ou ils me voient débarquer avec mon truc sous le bras ils sont médusés et tout de suite waouh c’est génial ils ont une question pour moi tout de suite soit ils s’esclavent comme ça et donc j’enchaîne tout de suite en disant c’est génial ce truc là et en plus vous voyez avec je peux prendre le train c’est trop cool je le range chez moi, ça passe dans l’ascenseur je peux le ranger au bureau, ça ne prend pas de place personne ne peut me le voler et donc tout de suite il y a des tas de discussions qui peuvent intervenir les gens me disent ah oui mais vous avez des petits trous ça ne va pas aller très vite alors là je leur explique l’histoire du plateau que j’ai changé et puis même si je n’ai pas changé mon plateau avec 51 dents avec un petit vélo avec des petits trous on peut déchirer et on peut aller très vite sur des plats etc en fait il y a plein de sujets qui viennent autour de ça ça peut être autour du côté pratique ça peut être autour du côté multimodulaire ça peut être autour du sujet économique parce qu’il y a des gens qui me disent ah bah justement je réfléchis à me passer de la bagnole là la dernière fois que ça m’est arrivé c’était il y a quelques jours il y a des ouvriers d’un chantier à côté de chez moi et je n’ai même pas engagé la conversation je déplie le vélo devant eux et il y avait deux gars contre leur camion ils faisaient ils finissaient leur chantier et il y en a un qui dit à l’autre tiens toi qui cherchais un truc pratique le matin pour aller récupérer le camion bah tu prends ça et puis après tu le plies tu le mets dans le camion pour aller bosser et là bah la discussion s’est engagée tout de suite c’est un truc de dingue et donc c’est ça peut servir à plein de trucs quelqu’un qui veut draguer c’est possible enfin je veux dire ce vélo il est magique quoi le vélo pliant c’est un déclencheur de conversation qui est juste magique et après on met ce qu’on veut derrière et ça je trouve que c’est une des magies possibles du vélo et je pense que ça marche aussi avec d’autres vélos que le vélo pliant mais il y a un petit truc en plus parce qu’il est différent il surprend un peu c’est pas commun voilà c’est le petit plus qui fait que ça accroche ça c’est l’accroche journalistique comme on dit c’est le teasing dans le film c’est la première partie du film la première minute où on doit tout de suite positionner les éléments du cadre, l’intrigue donc voilà c’est un bon catalyseur de discussion et donc c’est un bon catalyseur d’imaginaire derrière le vélo pliant.
Ermanno : et du coup c’est vrai que c’est une bonne solution je pense que pour attirer un petit peu l’oeil pour attirer un petit peu l’attention de ces gens qui gravitent autour de toi quand tu te déplaces avec ton vélo et qui peut effectivement donner un petit peu envie de s’y intéresser, de regarder ce qui peut peut-être un peu coincer c’est effectivement le prix mais comme tu l’as dit il y a aussi plein de dispositifs qui permettent de diminuer ce coût d’acquisition d’un tel vélo et puis en plus ça se trouve aussi d’occasion même si je comprends que les propriétaires de vélo Brompton en particulier ont du mal à s’en séparer sauf peut-être pour le faire évoluer non ?
Laurent : oui effectivement mais ils sont réputés pour être revendus au même prix qu’on les a achetés et donc c’est un truc de dingue et c’est vrai que ça fait deux ans que je roule avec donc j’ai dû faire quelques milliers de kilomètres mais c’est assez robuste j’ai eu zéro incident en deux ans et je fais faire l’entretien tous les ans par la boutique de vélo qui me l’a vendu ça me coûte 50 euros ou un truc comme ça et je m’en occupe pas enfin je veux dire de temps en temps je remets un petit peu d’huile et je regonfle les pneus mais j’ai pas grand chose à faire au niveau entretien et un truc rigolo avec le vélo mais pas forcément qu’avec un vélo pliant mais je constate exprimer sa joie de vivre sur le vélo c’est un truc important aussi donc ça c’est un conseil que je peux donner peut-être à celles et ceux qui aussi pratiquent le vélo taf c’est faites rayonner votre bonheur à vélo parce que c’est ça aussi les imaginaires autour de la transition écologique du vélo qu’on le fasse pour des raisons écologiques ou pour d’autres raisons peu importe mais vous êtes sur un vélo vous faites du vélo taf ou du cyclotourisme ou autre chose montrez votre joie d’être à vélo et donc moi par exemple je me souviens il y a quelques mois j’avais un déjeuner dans Paris et puis je suis arrivé au rendez-vous je savais qu’il allait pleuvoir donc ma petite sacoche devant j’avais prévu une pèlerine un poncho et donc quand je suis sorti ça a pas manqué il pleuvait et donc les gens m’ont vu m’équiper sur la terrasse déjà dans le restaurant ils m’ont vu m’équiper alors d’un seul coup de mec à peu près normal présentable je suis passé à petit poussin jaune fluo enfin gros poussin jaune parce que je suis quand même un gars assez costaud gros poussin jaune qui est monté sur un petit vélo que j’ai déployé devant eux avec des petites roues et là les gens ils se sont dit c’est un sketch on est filmé c’est pour une caméra cachée et j’avais la banane tu vois et donc les gens étaient mystifiés et donc je leur ai dit bah ouais il pleut je suis super content de monter sur mon vélo c’est bon pour ma santé c’est bon pour la planète et franchement c’est le kiff de rouler dans Paris à vélo et donc là les gens je pense que je leur ai fait leur journée c’était une journée il pleuvait c’était gris les parisiens faisaient la gueule dans la rue et moi je leur ai amené du baume au cœur instantanément en montant sur mon petit vélo et en partant avec le smile et déjà l’eau qui ruisselait sur mon visage tu vois et j’étais trop content moi je les ai tout coupé ces gens-là avec mon vélo donc en fait je pense que c’est un message à faire passer c’est que toutes celles et ceux qui pratiquent le vélo peuvent aussi de manière virale propager cet imaginaire là c’est important qu’on le fasse et donc faut pas hésiter à exprimer sa joie à montrer qu’on est heureux à vélo parce que c’est contagieux sincèrement !
Ermanno : bah écoute j’espère en tout cas que l’audience t’entendra et puis que l’audience partagera cette joie ce bonheur et que ça va devenir contagieux je préfère cette contagion là à celle de la fameuse covid qui nous a bloqué un petit peu tous à la maison mais comme tu l’as dit il y a quand même eu des bons côtés à ce confinement c’est que les gens se sont découverts soit la possibilité de voyager autrement de se déplacer autrement certains ont découvert ou redécouvert le vélo et puis il y a aussi tout cet aspect infrastructure aussi au niveau public notamment et en particulier à Paris je crois que c’est le cas aussi dans d’autres grandes villes en France où des coronapistes sont apparues elles sont en train d’être permanentisées et donc l’infrastructure s’améliore je voulais te demander aussi et tu le sais parce que tu as eu mon petit guide avec les questions que je pose habituellement à mes invités quel outil tu utilises toi pour te déplacer pour vélo taffé au delà de ton Brompton parce qu’on l’aura compris tu voues un certain culte à ton vélo pliant et c’est tout à fait légitime vu la beauté de l’objet et sa simplicité d’utilisation mais quel autre outil tu utilises ?
Laurent : j’ai un autre outil qui est mon plan B qui n’est pas B comme brompton ce serait plutôt D comme décathlon en fait j’ai ma fille chez moi qui a un grand vélo standard un peu plus lourd forcément plus ma stock et quand je sens que je ne vais pas pouvoir placer mon Brompton là où il faut parce que je vais gêner les gens ou ça va me gêner moi ça va m’embarrasser j’ai un grand vélo que je cadenasse dans la rue déjà ça c’est mon plan D comme décathlon un vélo standard au cas où et après j’ai un outil numérique qui est assez standard et très basique donc c’est aussi un plan B comme basique cette fois-ci. j’utilise Google Maps c’est super basique et donc dedans je regarde à peu près le trajet que je dois accomplir globalement le truc utilise ma position GPS et donc en fin de journée je vérifie qu’il m’a bien positionné sur les trajets que j’ai fait alors des fois il me fait passer par des rues où je ne suis vraiment pas passé donc je vais passer de l’autre côté de la scène j’ai fait 500 mètres de plus ou de moins donc c’est bizarre mais je ne sais pas j’ai fait des sautes d’humeur dans Google Maps mais ça, ça me permet de totaliser mon kilométrage mensuel parfois il faut que manuellement j’indique que c’était non pas du vélo mais de la marche ou de la marche à la place du vélo donc je vais checker en fin de journée qui m’a bien pris en compte mes déplacements de manière multimodale comme il faut mais voilà c’est ça qui me permet de dire que je fais entre 200 et 300 kilomètres par mois.
Ermanno : ok bon écoute si tu veux vu qu’on en est aux recommandations je t’invite déjà à aller écouter l’épisode où j’ai reçu le fondateur de GeoVélo mais aussi à utiliser cette appli que je ne sais pas si tu connais mais GeoVélo en fait c’est un petit peu un Google Maps spécialisé pour le vélo ça te permet de tracer tes itinéraires ça te permet d’avancer de trouver ton chemin quand tu es sur le vélo et puis ça doit te permettre aussi de pouvoir cumuler, comptabiliser ton kilométrage mais c’est un outil français et puis c’est un petit peu plus adapté au vélo justement que Google Maps
Laurent : peut-être que l’essayer c’est l’adopter
Ermanno : exactement Laurent on arrive à la fin de notre épisode est-ce qu’il y avait d’autres sujets que tu avais préparé toi en bon journaliste que tu voulais aborder et sur lesquels on peut réagir.
Laurent : une des questions que tu poses à la fin qui est de savoir à qui on pourrait tendre le micro on vient de parler de Google on vient de parler de numérique on vient de parler d’applications dédiées au vélo et donc moi un invité que j’aimerais peut-être entendre dans ton podcast à l’occasion si tu ne l’as pas déjà reçu j’espère que ce n’est pas le cas je ne crois pas que ce soit le cas c’est un auteur de podcast qui s’appelle Loctever ça parle de numérique et climat et cette personne il s’agit de Christian Nitto qui est entrepreneur dans le numérique et qui est un vélotaffeur de malade Tristan qui est un pote qui habite dans le même quartier que moi on a déjà pris un café ensemble donc on s’y retrouve avec nos bonnes tonnes Tristan donc il a lui aussi un vélo pliant pour le côté vélotaff il parle beaucoup de vélotaff pas forcément dans son podcast mais globalement sur Twitter notamment et il utilise aussi un vélo beaucoup plus costaud je crois que c’est un moustache en mode cyclotourisme pour ses vacances en famille donc je pense que ce serait un top mec à inviter pour parler de ça donc désolé là j’aurais peut-être dû suggérer une femme pour être dans une logique un peu plus paritaire Mea culpa maxima mesdames qui nous écoutez mais voilà c’est la personne qui m’est venue à l’esprit en réfléchissant à qui pourrait être un invité mais peut-être qu’une prochaine fois je te suggérerai une invitée pour équilibrer un petit peu.
Ermanno : Ok bah écoute le micro ne reste pas ouvert après notre épisode mais en tout cas mes moyens de contact le restent donc si effectivement des femmes te viennent en tête n’hésite pas à me partager tout ça et puis j’ai bien noté pour Tristan Nitto à qui je vais aller lui proposer d’autant le micro en plus si c’est un podcaster ça simplifie un peu les choses en général les gens c’est comme les journalistes ils savent répondre ils savent préparer et ils savent réagir donc ça c’est cool.
Laurent : Tu verras
Ermanno : C’est ça exactement Et bah écoute Laurent merci beaucoup d’avoir passé un peu plus d’une heure avec moi à échanger en off et à échanger pendant cet épisode sur ces sujets qui nous tiennent à cœur je te souhaite une bonne continuation pour la suite j’espère que tu vas pouvoir réussir encore à évangéliser plein de médias plein de leaders culturels éventuellement quelques politiciens aussi sur ces sujets et que on va tous connaître non pas une fin un petit peu dark à l’horizon 2050 mais plutôt qu’on vivra tous dans un climat apaisé et pas que un climat social mais aussi un climat environnemental.
Laurent : Merci beaucoup Ermanno et on va tout faire pour que ces récits continuent de nous inspirer notamment ces récits autour du vélo taf du vélo plus globalement.
Ermanno : super, merci ciao.