Quand il s’agit de s’équipe avec un vélo, la première question à se poser désormais est musculaire ou électrique ?

Et puis ensuite faire le tour des vendeurs de vélos.

Mais au lieu de cela, si le vieux cadre étincelant et bichonné par un amoureux des belles mécaniques qui nous fait de l’oeil était mis en vente ?

Est-ce que l’on passerait le pas de l’achat ?

Je vous propose aujourd’hui d’échanger avec Alexis Mattei, CEO de Saikle, la startup qui contribue à réunir les passionnés de beaux vélos … de seconde main. Chineurs (vérifiés) et acheteurs.

Pour contacter notre invité via Linkedin, c’est par ici !

Ce podcast animé parErmanno DI MICELIest proposé par l’ONGTwoWheelTuesday(@2wteu), et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique duVélotaf.

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Ermanno : Bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour un nouvel épisode du podcast Vélotaf. Aujourd’hui, je suis heureux de recevoir quelqu’un que j’ai pris la liberté de contacter eu égard à l’intitulé de son poste, notamment sur LinkedIn, et qui m’a avoué suivre un petit peu les podcasts que je réalise pour Vélotaf. Et donc ça, ça me fait vraiment très, très, très plaisir d’échanger avec des auditeurs. Donc, j’en profite. Si vous aussi, vous écoutez le podcast, que vous souhaitiez venir dans le podcast ou simplement réagir à certaines publications que l’on peut faire, n’hésitez pas à prendre contact avec moi. C’est super simple, vous allez sur LinkedIn, vous tapez Ermanno Di Micheli ou Vélotaf et vous allez me trouver. Bon, bref, ceci étant dit, sur cette introduction un peu longue, eh bien, je suis très heureux de recevoir Alexis Mattei. Salut Alexis. Salut Ermanno. Alors attends, déjà, j’aurais dû préparer cette question avant, mais on dit Mattei, Mattei. Moi, je suis du Sud, donc j’aurais plutôt tendance à dire Mattei. 

  

Alexis : Tu peux dire Mattei comme ça, comme ça, tout le monde entend bien le i à la fin. Mais à l’accord, ça se prononce Matéi. Ok, ça va, super. 

  

Ermanno : Bon, on n’est pas très éloigné alors, parce que je comprends que tu es d’origine corse, moi, je suis d’origine franco-sicilienne, donc ça va. 

  

Alexis : Il y a sûrement des proximités, ouais. 

  

Ermanno : Bon, Alexis, j’ai une tradition dans ce podcast, mais tu dois savoir, vu que tu as déjà écouté quelques épisodes, c’est les premières minutes de laisser le micro à mon invité pour qu’il se présente. Donc, je t’en prie, dis-moi tout, qui est Alexis Mattei? 

  

Alexis : Alors, moi, je suis le cofondateur et le CEO d’une plateforme de vente de vélos de seconde main qui s’appelle Saikle. Avant ça, moi, j’ai plutôt travaillé dans le design et la transformation numérique de grandes entreprises françaises et notamment de stratégie commerce. Donc, en fait, je viens plutôt de ce monde-là, de l’accompagnement de grandes entreprises dans leur stratégie Internet, disons. Et à côté de ça, j’ai développé un goût pour le vélo, à la fois en tant que pratique, alors plutôt pratique urbaine, pas tant pratique sportive que ça. Et puis, j’ai aussi développé un goût pour l’objet, vélo. On en reparlera peut-être après sur les origines et sur la manière dont on a commencé à imaginer Saikle avec mon cofondateur Jean. Mais en fait, au moment où j’ai vu que tout le monde allait s’équiper de vélo pour accomplir des trajets quotidiens, pour de plus en plus de loisirs, notamment dans les grandes villes suite au premier confinement, je me suis dit, il y a quelque chose vraiment à faire autour de ça. Et donc, j’ai commencé à acheter un petit pied de montage dans mon petit 40 mètres carrés de l’époque et j’ai commencé à faire mes petits builds chez moi. Parce que je me suis dit, en fait, il y a une transformation énorme qui est en cours, ça va changer nos usages mobilité, ça va changer nos manières de se transporter. Et ça, grâce à un objet d’une simplicité extrême, qui a pratiquement, j’exagère un peu, mais qui a pratiquement pas évolué depuis son invention, en tout cas dans les grandes villes, dans son design et dans son fonctionnement. Et je me suis dit, c’est génial parce que c’est un objet auquel on a tous accès en fait. On peut en monter si on veut, avec un peu d’huile de coude, avec quelques tutoriels sur Internet. On peut les entretenir nous-mêmes, on peut les réparer nous-mêmes, ce ne sont absolument pas des boîtes noires. Et donc, j’ai trouvé cet objet là passionnant, je me suis mis à en fabriquer entre guillemets, c’était plutôt des montages. Et puis, à la suite de ça, en fait, beaucoup de copains me disaient, tiens, moi j’ai vu un vélo sur le bon coin, tu ne veux pas m’accompagner, toi qui t’y connais en vélo, pour me dire s’il y a un problème, un vice caché, si tu penses que le vélo est volé, etc. Et donc, j’ai accompagné des amis en fait, qui allaient essayer des vélos sur des grandes plateformes, des petites annonces. Et puis, à ce moment-là, je me suis rendu compte qu’il y avait énormément de problèmes et à quel point c’était une expérience qui pouvait être parfois négative pour les gens, d’acheter des vélos sur ces plateformes-là, pour les raisons que je viens d’évoquer, du recel de vélos volés, parfois des tromperies, des arnaques même à l’identité, c’est-à-dire que des gens se faisaient passer pour des vendeurs de vélos reconnus sur la plateforme, en fait, on arrivait, c’était d’autres vendeurs, enfin, on a vu des choses vraiment que je ne pouvais même pas imaginer, quoi. Et comme moi, j’avais aussi un engagement assez fort sur les sujets, sur les sujets écologiques et sur la transformation de nos usages pour réduire notre impact carbone, je me suis dit, en fait, tout ça est en train de vachement desservir la seconde main sur le vélo, parce que les gens ont de mauvaises expériences et du coup, ça les pousse dans les bras de fabricants neufs et de vélos qui sont parfois fabriqués à l’autre bout du monde, importés, alors qu’on a des millions de vélos qui, chaque année en France, finissent à la casse. Il y a deux millions de vélos qui, tous les ans, finissent à la casse en France. C’est difficile de savoir dans quelle proportion, mais on sait qu’il y a une grande proportion qui pourrait être upcyclable, réutilisable, etc., et pourtant, ils finissent à la casse. Donc, on s’est dit, comment on peut proposer une expérience du vélo de seconde main qui rassure les gens, en fait, qui, tout simplement, les rassure sur le fait qu’ils vont trouver un vélo qui soit fiable, durable, utilisable au quotidien. Et donc, on a monté Saikle avec mon confondateur Jean. 

  

Ermanno : Bon, alors, on reviendra un petit peu après sur Saikle, sur l’organisation, mais là, ce qui m’inspire dans ce que tu me racontes, c’est que, finalement, à l’heure du Web 3, vous êtes un petit peu le tiers de confiance dans l’achat-vente de vélos d’occasion. 

  

Alexis : Alors, c’est hyper intéressant que tu fasses le lien avec le Web 3, parce qu’on est en discussion, actuellement, avec une entreprise qui utilise la blockchain, justement, pour certifier et sécuriser les objets de consommation courante. Et on est en train d’essayer d’appliquer ça au vélo. Et, en fait, ce qui est intéressant dans le lien que tu fais, c’est, en fait, le rapport qu’on a à la vérité de l’objet. Nous, tout le positionnement de Saikle est autour de ça, c’est-à-dire un objet simple d’utilisation, l’authenticité de l’objet, la traçabilité de l’objet, et, en fait, être parfaitement rassuré par l’objet qu’on va acquérir parce qu’on sait d’où il vient, à qui il a appartenu, et qu’elle va être son utilisation sans mauvaise surprise. Et là-dessus, le Web3 peut être extrêmement intéressant, et la technologie blockchain peut être extrêmement intéressante sur… Par exemple, on est en train de travailler, je t’en parle en avant-première, on ne l’a pas encore lancé, mais on est en train de travailler sur une ligne de vie du vélo qui soit certifiée via la technologie blockchain et qui nous permette, en fait, de remonter au fil des possesseurs du vélo, de remonter, en fait, sa ligne de vie et de savoir ce qui lui est arrivé tout au long de son cycle de vie. Donc, par exemple, s’il y a quelques années en arrière, il a été acquis par telle personne, alors les données sont anonymisées, mais en tout cas, on sait qu’il a été acquis par une personne, on sait qu’il a été acquis par une personne, on sait qu’il a été acquis par une personne, on sait qu’il a été acquis par une personne, on sait que cette personne a fait des réparations dessus, on sait qu’ensuite elle a revendu à une autre personne, qui réside dans tel lieu géographique, tel ville, on sait ensuite que cette personne a, par exemple, modifié, je n’en sais rien, la transmission, le dérailleur, etc. Et, donc, on va pouvoir retracer, comme ça, l’histoire et l’historicité d’un vélo de seconde main et ça sert, évidemment, complètement de notre positionnement autour de l’authenticité, de la traçabilité et de la réassurance, finalement. 

  

Ermanno : Oui, parce que, finalement, le Web3 c’était, un petit peu, sa promesse. Au-delà de la transparence des transactions financières, Au-delà de la transparence des transactions financières, aussi justement créer ces lignes de vie ou créer toute cette transparence sur l’histoire, l’historicité, comme tu dis, d’un bien, d’un produit, d’un service. D’où ça vient ? Qui l’a eu entre les mains ? Où ça arrive ? Et qu’on parle là de biens matériels ou immatériels. Je pense en termes de biens immatériels, par exemple aux transactions financières. D’où vient cet euro qui m’est apporté ? Est-ce qu’il vient bien de Paul qui me dit me l’avoir envoyé ? Ou est-ce que c’est Jacques qui s’est mis entre les deux ? Ou alors est-ce que Jacques est quelqu’un qui a de mauvaises intentions et du coup, on saura d’où vient l’argent qu’il nous a envoyé ? 

  

Alexis : Oui, tu as totalement raison. Et nous, cet usage-là nous intéresse, cet ensemble de technologies qu’on regroupe sous l’ombrelle Web3, cet usage-là nous intéresse évidemment beaucoup plus que l’usage spéculatif et financier qu’on peut en faire par ailleurs. Parce qu’on pense que ça vient servir quelque chose d’extrêmement important et dont on a tous besoin maintenant sur Internet. C’est-à-dire que ça vient servir la vérité et l’authenticité. Que ce soit pour de l’information, que ce soit pour des vélos, que ce soit pour de la seconde main en général, pour tout type d’objet, on a grandement besoin de traçabilité, de vérité, de sourcing et de fiabilité. Et donc ça vient servir tout ça et je pense que ça va amener beaucoup au marché de seconde main dans les années qui viennent. Et nous, on a envie d’être pionniers là-dessus, dans le paysage compétitif des vélos et surtout des vélos de seconde main. 

  

Ermanno : Pour ceux qui savent, petit joke, à quand la DAO Saikle? Pour pouvoir gérer tout ça en mode Web3 ? 

  

Alexis : Pas tout de suite. On a beaucoup de choses à faire avant, on a beaucoup de choses à faire avant. Mais pourquoi pas ? 

  

Ermanno : Bon, on va reparler un petit peu tout à l’heure de Saikle, mais je voudrais revenir sur toi. Donc tu m’as dit que tu avais une expérience plutôt en tant que consultant en stratégie. Je vois ton profil LinkedIn aussi, tu as été freelance en stratégie. Comment est-ce que justement de freelance dans un domaine, on se lance dans quelque chose de complètement différent ? À savoir  Devenir le tiers de confiance dans la revente, dans l’achat-vente de vélos de seconde main. 

  

Alexis : Je crois que c’est l’envie de travailler en fait sur un sujet qui nous concerne tous, qui a un impact majeur sur nos vies et sur la société au global. Alors ça peut arriver parfois qu’en tant que freelance ou même en tant que salarié en consultant stratégie, on travaille sur des problématiques de ce type. Mais ce n’est malheureusement pas encore la loi du genre. Et donc est venu un moment où je me suis dit, qu’est-ce que je peux faire en fait pour aider tout simplement ? Et je crois que c’est cette question-là. Qui moi m’a motivé à un moment donné à bifurquer entre guillemets. Alors il y a des histoires de bifurcation qui sont encore plus radicales que celle-là. Parce qu’au final, je suis encore sur des sujets de produits digitaux, de comprendre des besoins utilisateurs, d’y répondre de la meilleure des manières possibles et de développer des produits qui satisfassent les envies, les besoins des gens. C’est un peu ce que je faisais avant. Mais sauf que là, cette fois, je l’applique à une problématique qui moi me passionne personnellement et qui en plus je pense à un impact majeur sur nos vies, sur la société et sur la transition écologique. Donc c’est ce questionnement-là qui moi m’a poussé à bifurquer. Après, il y a aussi, je pense comme beaucoup de gens qui se lancent dans l’entrepreneuriat, il y a quelque chose qui nous trotte au fond de la tête depuis longtemps. Et puis en fait, les circonstances ne sont pas encore là présentes pour se lancer et pour le faire. Et puis tout d’un coup, les circonstances sont réunies. On se dit, je ne peux pas rater l’occasion, je le fais, je me lance et puis voilà, on verra par la suite ce que ça donne. Mais là, je vais tout donner pour essayer de craquer un sujet et un sujet que j’avais en tête pour les raisons que je viens d’évoquer. 

  

Ermanno : En tout cas, ce qui est bien avec LinkedIn, c’est que, je crois que c’est la plus grosse CV tech du monde. Et quand je regarde un petit peu ton profil LinkedIn, bon, c’est normal, maintenant je suis un peu recruteur. Je lis entre les lignes que Saikle, ce n’est pas ta première boîte. Tu as déjà une expérience d’entrepreneur ? 

  

Alexis : Alors en fait, oui, j’ai plutôt tenté des choses dans les médias, on dira. Je m’étais intéressé à une époque aux arts numériques, aux musiques électroniques, etc. Donc on avait, avec quelques amis, monté un média qui traitait de ces sujets-là, qui mettait certaines initiatives en avant. Puis après, on avait commencé à produire des petits concerts, des événements, des compilations, des choses comme ça. Donc là, c’était plutôt dans une autre vie, sur des sujets plutôt culturels. Et voilà, c’était une expérience. Après, est-ce qu’on peut parler vraiment ? Oui, en fait, il y avait déjà une logique entrepreneuriale dans le sens où on n’avait pas un rond en poche. On était quelques amis qui avions la même envie, les mêmes objectifs et le même projet. On était alignés, on s’est lancés, on l’a fait, on l’a fait avec peu de moyens. On a fait quelque chose qui était… qui était assez sympa et qui nous satisfaisait, quoi. Mais ce n’était pas une boîte à proprement parler comme Saikle aujourd’hui. 

  

Ermanno : OK. Bon, écoute, encore une fois, on va revenir sur Saikle un petit peu après. Moi, je veux revenir à toi. Tu nous dis que tu as un petit peu découvert les joies du déplacement en vélo, ce que moi, j’ai tendance à appeler du bien nommé nom de Vélotaf, d’où le nom de ce podcast. Qu’est-ce qui t’a fait basculer un petit peu dans cette pratique du vélo ? Est-ce que déjà, tu étais un pratiquant de vélo avant, quand tu étais plus jeune, ou est-ce que c’est un peu une prise de conscience générale, globale, à un certain moment, qui a fait que tu t’es mis à la mobilité douce ? Et le corollaire à cette question-là, je me permets d’enchaîner tout de suite, comme ça, tu vas pouvoir répondre à tout en même temps. Pourquoi le vélo et pourquoi pas la trottinette ? Pourquoi pas le patin à roulettes ? Ou pourquoi pas la marche ? 

  

Alexis : Alors non, moi, je ne suis pas un vieux de la vieille. Et je ne suis pas un vélotaffeur. « Before it was cool », comme on dit. J’avais une pratique du vélo qui était assez limitée, parce qu’en fait, le vélo, pour moi, c’était des souvenirs d’enfance. C’était le vélo dans la grange ou dans le grenier, dans la maison familiale en Corse, et puis on sortait ça l’été, on collait une rustine, on priait pour que les freins marchent encore, et puis je ne devrais surtout pas dire ça, et je ne suis surtout pas cet exemple, s’il y a des jeunes auditeurs. Mais on partait avec nos vélos, comme ça, sur les petites routes de Corse l’été, et puis c’était du loisir. Le loisir, comme on en a quand on est enfant, ado, en vacances. Et ce n’était pas beaucoup plus que ça. 

  

Ermanno : Les meilleurs moments et les meilleurs souvenirs, quoi. 

  

Alexis : Ah, mais les meilleurs souvenirs, clairement, les meilleurs souvenirs. Et puis après, c’est resté un peu enfoui, quelque part, dans ma tête. Et puis c’est revenu, en fait, au moment, comme je te disais, au moment du premier confinement, quand il y a eu ce boom général. Mais alors, ce n’est pas du tout par opportunisme business, ce n’était vraiment pas le sujet. Et puis c’est revenu au moment où on a vu les prémices de la transformation, en cours, et ce qui s’est passé, c’est-à-dire qu’à un moment donné, tout le monde, tout le monde autour de nous se mettait à parler de vélo, à parler de mobilité douce, et on se sentait, on pressentait l’impact que ça pouvait avoir sur la transformation de nos modes de vie en ville, sur la transformation de notre rapport au transport, notre rapport au travail, notre rapport au loisir. Moi, il y a aussi quelque chose qui m’y a amené, c’est quand j’ai commencé, en fait, à prendre mon vélo et à quitter Paris et à commencer à voguer vers la vallée chevreuse, à faire mon premier petit parimo avec des copains, etc. Et on s’est dit, en fait, il y a quelque chose d’absolument génial, même dans l’autonomie et l’indépendance que ça nous redonne sur nos loisirs, sur nos activités le week-end, etc. Et donc, tout ça a fait qu’on s’est dit, oui, il y a quelque chose d’important et de décisif là-dedans. Et comme je te disais, sur la base d’un objet, d’une simplicité rare, moi, c’est ça aussi qui m’a séduit. Je suis très, tu l’as peut-être vu sur mes posts LinkedIn et sur quelques-unes de mes publications, mais je suis très engagé autour des problématiques de la vie. Les problématiques du low-tech, c’est-à-dire comment on est capable de continuer à répondre à des usages, mais avec des dispositifs qui sont de moins en moins gourmands en énergie, en ressources, etc. Et le vélo, c’est l’objet low-tech par excellence, c’est-à-dire qu’il est capable de remplir un usage qui est un usage de transport, un autre usage qui est un usage de loisir. Il le fait en remplacement de technologies qui sont ultra énergivores, ultra consommatrices en ressources. Et il le fait avec des avantages comparatifs certains par rapport à ce qui remplace, c’est-à-dire qu’on fait mieux avec moins. Et ça, ça, quand on… Voilà, ça, il y a peu d’objets. Il y a des objets qui sont capables de faire ça, finalement. Et quand je dis mieux avec moins, c’est les bénéfices… Enfin, tu connais très bien ça, et puis nos auditeurs sans doute connaissent très bien ça, mais c’est à la fois les bénéfices sur la santé, c’est les bénéfices sur les temps de trajet quotidien, c’est les bénéfices sur notre état d’esprit, tout simplement. Pareil, les premières fois que je prenais mon vélo pour faire des trajets domicile-travail, je me suis surpris, en fait, tout d’un coup, à faire des détours, à ne pas utiliser le trajet le plus court, à me dire, ben non, en fait, c’est trop sympa. Donc je vais faire un petit détour par Opéra, parce que je vis à Paris, pardon, je passais devant l’Opéra de Paris la nuit, illuminé le soir à 19h30, parce que ça me faisait plaisir. Alors qu’auparavant, évidemment, quand je rentrais chez moi, en métro, ou parfois en taxi, ou je ne sais quel autre moyen de transport, ben on n’a qu’une seule envie, c’est de faire un point B de la manière la plus courte possible. Et là, tout d’un coup, il y avait la notion de plaisir qui apparaissait dans un trajet domicile-travail. Et donc, voilà. Donc c’est pour toutes ces raisons-là que je me suis dit, le vélo, c’est quelque chose d’extraordinaire, ça va avoir un impact fou, et il y a quelque chose à faire là-dessus. Et après, la seconde main, comme je te le disais, c’était aussi par parti prix écologique. Alors évidemment, moi, je ne suis pas du tout moraliste, c’est très bien qu’on passe de la voiture au vélo neuf, c’est très bien qu’on passe de la voiture même au VAE neuf, pourquoi pas. Mais comme je te le disais, il y a quand même un sujet, quand on a 2 millions de vélos qui, chaque année, finissent à la casse, il y a un sujet de se dire, et que souvent, il y a des vélos qui ont été conçus pour avoir une durée de vie quasi infinie, à condition qu’ils soient suffisamment bien entretenus, et que ça remplit parfaitement un usage qui ne serait pas à toute vitesse, il faut absolument le favoriser, toujours dans un objectif low-tech. 

  

Ermanno : Je suis d’accord avec toi, après, et tu l’auras certainement entendu si tu as déjà écouté des épisodes, j’aime bien me faire l’avocat du diable, alors c’est totalement de mauvaise foi, mais je suis d’accord avec toi, sur les trajets d’une certaine distance. C’est-à-dire qu’effectivement, le vélo a beaucoup plus d’avantages que la voiture ou que d’autres sur un trajet de 10, 15, 20 kilomètres. Un Paris-Toulouse, un Paris-Marseille, un Paris-Lyon en vélo, c’est super. Tu t’éclates, tu passes des super moments, tu vois des super paysages, mais si tu dois faire ça sur une semaine, avec un aller-retour, et en trimballant tes affaires pour aller bosser chez un client, c’est peut-être moins pratique, non ? 

  

Alexis : Alors là, tu as totalement raison. Et là, tu ouvres un sujet, je vais répondre à ça très concrètement, mais tu ouvres aussi un sujet qui est un sujet qui nous tient à cœur chez Saikle, qui est l’ouverture de la thématique vélo de seconde main à autre chose que le cliché du parisien intramédiaire, ce qu’il y a de court trajet à faire au quotidien, très sensibilisé aux questions écologiques, etc. Et en fait, de se dire, le loisir, c’était auparavant en France une pratique qui était éminemment populaire. On pense au Tour de France, on pense au vélo sportif le week-end, etc. Comment est-ce qu’au passage du loisir au vélo-taf, finalement, c’est-à-dire à une pratique quotidienne du vélo pour se rendre au travail, pour voir des amis, pour nos activités du quotidien, comment on fait en sorte que ça continue d’être un moyen de déplacement, qu’il soit populaire et qu’il soit accessible à tous ? Et là, il y a des questions qui nous dépassent très largement. C’est-à-dire que nous, on fait notre part du travail à notre place, mais après, c’est aussi une question d’infrastructure, c’est aussi une question d’intermodalité, c’est une question de quels sont les moyens de transport qu’on met à disposition de quelqu’un qui vit en banlieue, éloigné d’un centre-ville, d’une grande ville française, pour qu’il puisse prendre d’abord les transports en commun, retrouver un vélo en première couronne ou en bordure de ville, pour ensuite rejoindre, par exemple, son travail en centre-ville pour prendre un trajet, un parcours classique. Voilà, ce sont des questions qui nous dépassent très largement. Nous, on fait notre part du travail sur mettre à disposition des gens une solution qui les rassure sur un vélo de seconde main, et puis après, au pouvoir public et aux citoyens de mobiliser les pouvoirs publics sur ces questions-là aussi. 

  

Ermanno : Et puis, si je peux me permettre d’abonder, je pense que c’est aussi une question de repenser son mode de vie. Quand tu as un Paris-Marseille, un Paris-Toulouse, un Paris-Nice ou un Paris-Angers à faire, pourquoi tu le fais ? Est-ce que c’est pour partir en vacances ? Et dans ce cas-là, pourquoi pas prendre le vélo ? Est-ce que c’est… Est-ce que c’est pour aller voir un client qui te dit qu’il a besoin de te voir, mais en fin de compte, une fois que tu vas le voir, tu prends un café, et ça aurait très bien pu se faire à distance ou par téléphone ? Voilà, je pense que, peut-être, pour jouer encore la mauvaise foi, c’est peut-être aussi une question de repenser ses modes de vie. Mais bon, on n’est pas là pour parler de la société en général, on est là pour parler de toi. 

  

Alexis : Je vais m’en dire là-dessus, parce que, du coup, ça me pose même la question du terme de vélotaf. Non, mais tu vois ce que je veux dire, qui est en fait très associé à un des parcours, parmi les nombreux parcours qu’on peut avoir à faire sur des transports dans une vie quotidienne de quelqu’un qui a une vie classique, tout à fait ordinaire en France. En fait, on n’a pas que des trajets domicile-travail, tu l’as très bien dit. Le télétravail vient changer la donne à ce sujet-là, c’est-à-dire qu’on a aussi moins de trajets domicile-travail à faire au quotidien qu’auparavant, alors ça ne concerne pas tout le monde, encore une fois, ça concerne une partie de gens qui travaillent dans le tertiaire, etc., dans les services, mais pareil, ça vient aussi changer notre rapport au déplacement quotidien, et en effet, il y a tout ce que tu évoques, il y a ce que tu parles, il y a ce qui est lié aux pros, et il y a ce qui est lié aussi à des visites de courtoisie, aux vacances, à tous les autres types de trajets et de transports qu’on peut avoir à effectuer au quotidien, et peut-être que le terme vélotaf, il est un tout petit peu étriqué pour décrire tout ça, finalement. Je ne sais pas ce que tu en penses. 

  

Ermanno : Oui, je dirais qu’en français, j’aime bien le terme de vélo-citoyen, tu vois, ou cycliste, tout simplement, cycliste urbain, cycliste urbain pour venir en confrontation, en opposition plutôt qu’en confrontation, avec le cycliste sportif ou le cyclotouriste. Finalement, on a plusieurs franges, plusieurs types de cyclistes dans cet écosystème du vélo, et je pense que ce n’est pas plus mal, mais effectivement, on peut se reposer aussi la question du terme vélotaf. Et la preuve en est, dans mon podcast, j’aime recevoir des gens qui parlent de l’utilisation du vélo et ou des mobilités douces de manière générale au quotidien, et pas uniquement pour aller au boulot ou uniquement pour aller chercher ta baguette ou uniquement pour aller balader les enfants au parc. Enfin, tu mets les enfants au bout d’un vélo à Cannes et puis toi, tu marches et tu pousses le petit… Bon, du coup, j’avais une question que je pose souvent à mes invités, c’est quelles sont tes convictions personnelles sur le sujet ? Je crois que là, on l’a largement répondu, la question. 

  

Alexis : Bon, on a largement répondu, on a largement répondu, et je pense que du coup, c’est des choses qui se ressentent aussi dans le projet Saikle. C’est-à-dire que nous, récemment, on a annoncé, par exemple, que je te parlais de nos convictions, qui étaient des convictions très largement low-tech, c’est-à-dire comment on fait mieux avec moins, finalement, pour résumer. Par exemple, nous, on accueille des VAE sur la plateforme, des VAE de seconde main, mais quand un client vient nous demander, parce qu’il y a quand même une grande partie d’accompagnement client, ce qui est aussi une vraie différence par rapport à des plateformes généralistes, c’est-à-dire qu’on a beaucoup de néo-cyclistes, on a beaucoup de gens qui achètent un vélo pour la première fois ou pour la seconde fois, après avoir parfois vécu une mauvaise expérience sur d’autres plateformes, et en fait, ces gens-là, il faut les aiguiller, parce qu’ils ne savent pas spécialement quel vélo, pour quel type d’usage, qu’est-ce qui fit très parfaitement avec leurs besoins quotidiens, etc. Ils en ont une idée très vague, et nous, on passe beaucoup de temps avec eux à essayer de comprendre, à leur expliquer, etc. Et sur le sujet des VAE, par exemple, nous, on recommande pas systématiquement le VAE, surtout pour des cyclistes urbains, comme tu le disais tout à l’heure, qui ont des trajets très courts au quotidien, on va plutôt les aiguiller sur des vélos qui peuvent être très confortables, mais qui sont des vélos musculaires, et si le client tient à opter pour un VAE, évidemment, on lui présentera les avantages du VAE, et il pourra opter pour un VAE, on laisse le client à toute liberté de faire le choix qu’il souhaite faire, mais toujours dans une logique low-tech, par exemple, on va jusqu’à recommander en priorité des solutions qui sont radicalement low-tech, et donc du vélo musculaire, qui peut aussi avoir des avantages en termes de confort, de fiabilité, etc. C’est un exemple que je te donne, mais du coup, ces convictions, on est parfaitement alignés avec nos cofondateurs là-dessus, et on les incarne aussi dans la manière dont la plateforme Saikle fonctionne. 

  

Ermanno : Bon, alors, je n’ai pas forcément l’habitude de demander comment ça se passe avec le cofondateur, mais là, j’entends bien que le projet Saikle, c’est vraiment un co-projet, c’est un projet que vous avez fondé à deux, donc peut-être que tu peux nous dire un mot, justement, sur ton associé, sur ton cofondateur, et peut-être ce que toi, tu sais, de ce qui a motivé, ce qui a drivé son envie de cofonder cette société avec toi. 

  

Alexis : Ah, mais alors, je pense qu’il pourrait te raconter exactement ce que je viens de te raconter, presque au mot près, mais il faut dire que c’est aussi un ami de très très longue date, on se connaît depuis très très longtemps, on a presque tout vécu ensemble, donc finalement, on était très très alignés sur ces sujets-là, et on a vécu à peu près les mêmes étapes au même moment, et les mêmes épiphanies au même moment, et les mêmes découvertes au même moment, et les mêmes enthousiasmes au même moment. Donc voilà, il pourrait te raconter presque au mot près, je pense, ce que je viens de te raconter, on a vécu la même histoire, et comme je te disais, un projet entrepreneurial, c’est aussi une question de circonstances, et moi qui étais arrivé un petit peu à la fin d’une histoire sur mes vies d’avant, et les postes que j’occupais auparavant, lui était à peu près dans la même situation, il souhaitait ouvrir une nouvelle page, et on avait tous les deux le temps et la disponibilité pour faire quelque chose, et donc tout était aligné pour qu’on fasse le projet Saikle ensemble, et y compris sur les convictions, comme je te disais, y compris sur des prises de position parfois un peu fortes, un peu radicales, qu’on assume, et qui créent un peu un clivage parfois avec d’autres acteurs du vélo, on est aussi parfaitement alignés. 

  

Ermanno : C’est vrai que c’est la première chose qu’on voit quand on va sur la page de Saikle, en tout cas sur LinkedIn, où clairement ça commence par cette entrée en matière, on ne proposera jamais à un client un VAE s’il n’en a pas besoin. En gros, je résume, mais c’est ça. Ça plante le décor. 

  

Alexis : Ça plante le décor. On ne prend personne par surprise. Après, pour nuancer ça, et on l’a expliqué à la fois dans un post LinkedIn qui a été posté sur la page de Cycle, et à la fois sur des posts que je peux moi des fois proposer, on a bien expliqué qu’on laissait aussi la liberté aux gens. L’idée, ce n’est pas d’être moralisateur. Moi, je déteste ça, et je fais la morale à personne, et il y a des parcours très différents, et chacun finalement vit sa transition écologique, et vit sa transition dans les mobilités, à son rythme, avec ses rencontres, avec ses expériences, etc. Donc, loin de moi l’idée de faire la morale aux autres. Simplement, nous, on aime bien se dire que Saikle propose quelque chose d’un peu plus radical, d’un peu plus tranché, et que pour ceux qui sont alignés avec ces valeurs-là, ils ont cette option, tout simplement. Ils ont cette option, et on est là. 

  

Ermanno : Bon, écoute, justement, on va peut-être parler un petit peu de Saikle, enfin un peu plus, parce qu’on en a déjà quand même parlé, au-delà de la genèse dont on a longuement parlé aussi. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus sur ce que propose véritablement Saikle, on a compris que c’est une place de marché où vous vous assurez la véracité, la garantie, l’authenticité du vélo, et surtout le bon état du vélo que vous revendez après à vos clients. Mais comment ça fonctionne ? Est-ce que vous vous achetez des vélos et après vous les revendez ? Est-ce que vous êtes un système de dépôt-vente ? Tu citais tout à l’heure le bon coin pour ta première mauvaise expérience, ou une première mauvaise expérience de certains de tes amis. Est-ce que vous fonctionnez sur le même modèle, ou est-ce que c’est complètement différent ? Et est-ce que vous travaillez que en B2C, donc avec des clients, ou aussi avec des clients entreprises ? 

  

Alexis : Alors non, pas de clients entreprises. Saikle aujourd’hui, c’est uniquement du B2C. Et en fait, tu as raison, tu as assez bien résumé la chose. En fait, on a commencé, nous, par mettre en relation des gens qui chinaient, restauraient des vélos, qu’on sélectionnait sur un cahier des charges précis, avec principalement, je te disais, des néocyclistes, parce que c’est aussi beaucoup à eux qu’on s’adresse avec un positionnement qui est très pédagogique, qui est très dans l’accompagnement, très dans le conseil, dans le care, comme on dit, et qui aiguille vraiment les clients sur le choix de leur vélo. Donc au début, on mettait en relation des gens qui restauraient des vélos, qui cherchaient une plateforme qualitative pour les vendre, parce que sur d’autres plateformes, leur vélo était un petit peu noyés la masse, entre un micro-ondes et des langes pour bébés. J’exagère un peu. 

  

Ermanno : Et forcément, des clients qui parfois ne comprenaient pas le prix exorbitant qu’on nous demandait pour un vieux vélo qui sort du garage, alors qu’en fait, c’est juste une œuvre d’art. 

  

Alexis : Exactement, exactement. Et qui cherchaient donc une plateforme un petit peu plus écrin, comme on dit, c’est-à-dire qu’ils mettent un peu mieux en valeur à la fois leur travail, à la fois la qualité du résultat, c’est-à-dire le produit, avec des images HD, de la vidéo HD. Voilà, nous, il y a aussi une section sur les fiches produits qui s’appelle Intervention de l’expert qui permet aux gens de dire voilà ce qu’on a fait sur le vélo en termes de travail, de restauration, etc. Parce que c’est hyper important de dire aux gens en fait, vous n’achetez pas simplement un vélo d’occasion, vous achetez un vélo sur lequel des gens compétents ont travaillé. Et donc ce travail, il faut le valoriser. Il faut déjà au moins en avoir conscience parce que ce qui va vous éviter, c’est des vis cachées, c’est des réparations 5 jours après l’achat qui vont vous coûter en fait l’écart de prix que vous avez évité en payant peut-être un peu plus cher sur une plateforme un peu plus sérieuse. Voilà, donc tout ça, il fallait le mettre en avant, il fallait en faire la pédagogie, il fallait le valoriser auprès de nos clients, des cyclistes plus chevronnés comme des néocyclistes. Donc ça, c’était hyper important. Donc on a commencé par mettre en relation ces professionnels avec des cyclistes qui cherchaient un vélo. Et puis après, petit à petit, on s’est dit, en fait, c’est trop dommage de passer à côté des transactions entre particuliers parce qu’il y a un vrai sujet là-dessus aussi. Alors nous, aujourd’hui, on n’est pas capable d’amener le même niveau de garantie sur des transactions entre particuliers que sur des transactions entre un professionnel et un particulier, c’est l’évidence même. Mais on a déjà envie de faire un premier pas en termes de sécurisation. C’est-à-dire que quand un particulier propose un vélo sur une plateforme, on va au moins vérifier son identité. Ce qui écarte 99% des problèmes potentiels du type usurpation d’identité, par exemple, ou recel de vélo parce qu’on donne difficilement sa pièce d’identité quand on fait du recel de vélo. On va ensuite vérifier une à une les annonces, on va vérifier leur contenu, on va vérifier que tout colle. On va aussi checker sur les autres plateformes qu’on n’a pas affaire à des annonces, comme on dit, scam, c’est-à-dire des gens qui, en fait, publient des annonces de vélo alors qu’il n’y a pas de vélo et que je sais ce qui se passe lors de la remise en main propre ou de l’essai. Voilà, donc on va vraiment faire ce travail-là pour déjà sécuriser les transactions entre particuliers. Et donc aujourd’hui, les deux coexistent un peu sur la plateforme. C’est-à-dire que quand vous arrivez sur Saikle.fr, vous pouvez soit acheter un vélo à un professionnel qui l’a chiné, qui l’a restauré, que nous-mêmes on a vérifié, etc. Soit vous pouvez acheter un vélo de particulier. Évidemment, dans les deux cas, vous n’aurez pas le même niveau de service. C’est-à-dire que les vélos de professionnels sont garantis six mois sur des problèmes mécaniques. Il n’y aura pas le même niveau de garantie, évidemment, sur des vélos de particuliers. Mais généralement, les vélos de particuliers ont aussi l’avantage d’être un petit peu moins cher, donc de coller un petit peu plus à certains budgets. Voilà, donc après, c’est l’affaire du choix de chacun. Et nous, quoi qu’il arrive, on reste derrière en conseil, en accompagnement, en vérification et en réassurance. 

  

Ermanno : Et dans les vélos que vous proposez, on est sur du vélo urbain, on est sur du vélo de balade, on est sur du VTT, on est sur du vélo de sport. On est sur quel type de vélo ? 

  

Alexis : Il y a tout. Alors là-dessus, ça, c’est une question qu’on s’est posée au tout début, parce qu’en fait, nous, on s’intéressait plus particulièrement à la problématique du vélo urbain. Notre sujet, c’était vraiment ça au début. Et c’est aux urbains qu’on s’adresse en priorité. Donc après, c’est poser la question de se dire, qu’est-ce qu’on peut faire et quels produits, quelles offres on propose à des cyclistes urbains. Et en fait, on s’est rapidement rendu compte qu’à peu près tous les types de vélos fitaient aujourd’hui à des usages urbains. Et que ça ne dépendait pas vraiment du lieu d’usage du vélo, ça dépendait plutôt du cycliste. Et qu’aujourd’hui, on vend beaucoup, nous, de vélos de course à des gens qui vivent dans des centres-villes de grandes villes en France. Et qui n’ont pas forcément des usages balades, sorties le week-end, etc. Ils l’utilisent vraiment uniquement pour aller au travail, pour aller retrouver des copains en terrasse le soir. Donc en fait, on a pas opéré la distinction de cette manière-là. Et ce qui nous paraissait le plus pertinent, c’était plutôt de partir des besoins et des usages de chaque cycliste. Et de dire, c’est évident que, je prends un exemple tout bête, mais c’est évident que si je dois monter mon vélo tous les soirs au quatrième étage d’un appartement à Lyon, et que j’ai pas d’ascenseur, je vais éviter d’avoir un vélo hollandais. Ça me paraît l’évidence même. Et donc dans ces cas-là, un vélo de course, même si on vit en centre-ville, peut avoir un peu plus d’intérêt, parce que on peut plus facilement le porter sur l’épaule, c’est beaucoup plus léger, c’est beaucoup plus maniable, agile, etc. C’est un exemple. Mais des cas comme ça, il y en a plein. Donc en fait, oui, on vend de tout. Aujourd’hui, nos vendeurs vendent de tout sur la plateforme Saikle.fr. Tout type de vélo, mais on s’adresse à 90% à une clientèle qui est une clientèle urbaine. Et après, à l’intérieur des urbains, il y a ceux qui vont l’utiliser, comme je te disais, uniquement sur des très courts trajets quotidiens. Il y a ceux qui vont faire des très courts trajets quotidiens et puis qui, le week-end, enfourchent leur vélo pour aller s’échapper un petit peu et aller retrouver la campagne proche de la ville. Il y a tout type d’usages. Et après, l’été, avant l’été, on a aussi une clientèle de gens qui viennent nous voir pour des vélos un peu plus cyclotourisme. Et là, on commence, nous, à avoir des gravels reconditionnés par des professionnels qui sont très, très prisés et qui partent extrêmement vite sur la plateforme, évidemment, comme tu t’en doutes. 

  

Ermanno : Du coup, tu parles d’été. Ça me fait penser à un truc, une offre peut-être que tu pourras ajouter à votre catalogue. Ce serait… C’est un peu le mix entre la location et le retour de vélo et puis… Enfin, l’achat et le retour de vélo et la location, mais plutôt pour des périodes estivales. C’est-à-dire, tu pars quelque part. Alors, on revient un petit peu sur ce qu’on disait tout à l’heure. Tu n’as pas le choix de prendre le vélo ou la voiture ou un avion pour aller à un endroit. Mais mine de rien, tu sais que… Je ne sais pas, tu vas trouver un spot Saikle quelque part où tu vas pouvoir louer ou acheter un vélo avec éventuellement retour quelques semaines ou quelques mois après si tu dois rentrer sans ton appareil. 

  

Alexis : Oui, c’est extrêmement intéressant. C’est quelque chose qu’on a à l’esprit. Pour l’esprit. 

  

Ermanno : Bon, et vous êtes combien pour faire tout ça chez Saikle? 

  

Alexis : On est deux. On est deux. Non, non, en fait, à 100% sur le projet, on est deux. Et ensuite, il y a différentes personnes qui interviennent à différents niveaux d’implication sur le projet en fonction de leur disponibilité, etc. Et qui nous apportent, en fait, un set de compétences assez large qui font, voilà, aujourd’hui, on est… Voilà, on pourrait avoir besoin de plus de monde pour croître et pour grossir encore plus vite. Mais sur l’évolution du produit, sur le SAV et la gestion de la relation client, sur la communication, sur la marque, etc. On a toutes les compétences en interne pour bien développer le projet. 

  

Ermanno : OK. Et du coup, la petite question qui fâche, enfin, pas forcément, mais le business model de Saikle, c’est quoi ? C’est d’être un intermédiaire, donc forcément de prendre une commission aussi bien sur le vendeur que sur l’acheteur? 

  

Alexis :  Exactement. Alors aujourd’hui, notre modèle, il est très simple. On prend une commission sur le vendeur qui est une commission pas très haute par rapport à ce qui se fait ailleurs sur le marché, qui est une commission de 9%. C’est public, c’est sur le site. Et après, on va prendre des frais, ce qu’on appelle des frais de protection acheteur. Sur des vélos particuliers, ils sont à 8,90 euros. Sur des vélos professionnels, ils sont aujourd’hui à 14,90 euros, ce qui n’est encore pas très élevé par rapport à d’autres acteurs du marché. Mais c’est ce qui nous permet de financer le pack de services qui permet de quasiment aligner les services, autour du vélo de seconde main sur Saikle.fr avec ce qui se propose en termes de pack de services sur du neuf. Donc à la fois de la garantie, à la fois du SAV en visio gratuit limité avec un professionnel en cas de petit bobo sur le vélo après achat, la vérification des identités, bref, tout le pack de services qu’on peut proposer sur Saikle.fr. 

  

Ermanno : Et ça, c’est un pack de services qui est avec un paiement one shot ou c’est du mensuel ou du récurrent ? 

  

Alexis : Non, en fait, je ne pourrais pas dire que c’est gratuit puisqu’en fait, il est lié aux frais de protection acheteur dont je te parlais. Mais au moment où tu vas donner un paiement, tu vas décider d’acheter ton vélo, tu vas payer des frais de protection acheteur et tu vas avoir le pack de services associés en fait. 

  

Ermanno : D’accord, ok, super. Alors tout à l’heure, on a parlé un petit peu sur un ton léger de Web3. Tu me disais que vous aviez des velléités avec un partenaire éventuel pour suivre toute l’histoire du vélo, pour tracer le vélo. Quand on veut, pas tellement quand on veut, mais quand on défend le low-tech justement, comment est-ce qu’on s’assure de tout ce cycle de vie du vélo ? Tu nous donnais l’exemple, on saura ce vélo-là, où est-ce qu’il a été acheté, quand est-ce qu’il a été réparé, qu’est-ce qui a été changé dessus, c’est quoi ? Vous allez ajouter des capteurs sur le vélo et on saura tout ce qui s’est passé ou ça va être un peu un carnet d’entretien numérique que va remplir le ou les professionnels qui vont passer dessus ? 

  

Alexis : C’est les professionnels qui doivent le remplir et c’est ça qui assure en fait la véracité, l’authenticité des informations qui sont contenues. Et aujourd’hui, on réfléchit à la meilleure des solutions possibles qui nous permettraient aussi de proposer cette ligne de vie, cet historique du vélo entre particuliers. On prend toutes les bonnes idées, mais c’est un petit peu compliqué de l’assurer dans ce cas-là, dans ce cas précis, mais en revanche, pour des professionnels, oui, on peut carrément y parvenir. Après, nous, l’idée, si on lance ça, c’est que quelque part, ces lignes de vie, elles vont commencer à s’écrire avec nous. Évidemment, on ne pourra pas rattraper l’historique prévente sur cette ligne de vie que l’on pourrait faire. On lance quelque part le sujet de la ligne de vie sur le vélo et puis après, charge aux cyclistes en relation avec leurs partenaires, leurs vélocistes et les professionnels qui interviennent dessus de continuer à écrire l’histoire de leur objet. Mais en fait, tout le monde y a intérêt parce que c’est un super atout de valorisation en cas de revente. Donc, en tant que cycliste, on a hyper intérêt à le faire. 

  

Ermanno : C’est dommage d’ailleurs que ça n’existe pas forcément sur les voitures. Pour ceux qui sont plutôt friands des véhicules motorisés, mais du coup, dans un premier temps, j’imagine que ce service-là, cette offre-là va s’adresser uniquement à certains partenaires de cycle. Tu ne peux pas aller, alors pour citer quelques marques, mais tu ne peux pas aller chez Décat ou chez Intersport ou chez Sport 2000 pour faire réparer ton vélo et qu’ils te maintiennent ton carnet d’entretien numérique. Ou c’est peut-être le but. 

  

Alexis : Exactement.  Ce serait le but. À terme, ce serait le but, évidemment. Au démarrage, alors nous, on a un réseau de partenaires parce que pour faire fonctionner la garantie, évidemment, il nous faut des vélocistes compétents dans toutes les grandes villes de France. Donc, les vélocistes… Ce n’est pas uniquement chez toi devant ton garage ? Non, ce n’est pas moi. Ce n’est pas moi. Ce n’est pas moi. On n’a pas que mon parisien sur mon pied de montage. Non, non. Et donc, on travaille avec des partenaires et on commence à avoir un maillage intéressant. On ne couvre pas encore toutes les villes, évidemment, mais on commence à avoir un maillage qui est intéressant à ce sujet-là. Et ce sont soit des partenaires qui vendent des vélos sur les plateformes et qui, en même temps, assurent les réparations, soit qui assurent uniquement les réparations. Voilà. Donc, dans le cas où elles ne font pas, par exemple, de vélos restaurés ou de vélos de seconde main, elles assurent uniquement les réparations. Évidemment, au début, l’idée, c’est d’installer ce service-là avec nos partenaires en priorité et puis, à terme, évidemment, de le proposer à, pourquoi pas, à de plus grandes enseignes pour que ce soit accessible au plus grand nombre. Ce serait génial. 

  

Ermanno : Écoute, c’est le pire qu’on souhaite pour le futur de Saikle. Justement, en parlant du futur de Saikle, avant de revenir à toi et d’entamer la fameuse phase des questions de clôture où on respire un peu et puis on se détend, un petit peu sur le même modèle que l’introduction du podcast, qu’est-ce que tu vois comme avenir pour Saikle à 3-5 ans ? Les questions, tu sais, les questions de banquier, en fait. Tu ne sais jamais quoi répondre parce que tu fais toujours un business plan qui pète le plafond puis, en réalité, il n’est jamais réalisé.  

  

Alexis : Oui, ça, les questions de VC. Non, à 3-5 ans, en fait, tu as peut-être vu passer l’initiative Cycling Tech qui est une sorte de syndicat qui est en train de se monter sur lequel Saikle est impliqué, qui réunit, en fait, tous les acteurs tech qui travaillent autour du vélo et on a eu une première réunion il n’y a pas très longtemps, notamment avec le député Gouffier-Chain qui est très impliqué sur les sujets de transition dans les mobilités et particulièrement sur le sujet du vélo et des infrastructures publiques, etc. Et en fait, l’un des objectifs de ce cycle du syndicat-là de cette association, c’est de structurer une filière du vélo. Ce qu’on n’a pas aujourd’hui, en fait, parce que tu connais sans doute l’histoire, mais il y a eu un âge d’or du vélo français, puis il y a eu une phase de délocalisation et donc de désindustrialisation. Aujourd’hui, il y a des initiatives qui permettent de relocaliser certaines productions avec des marques qui reprennent le flambeau, des histoires familiales qui se reconstituent, qui reprennent vie, etc. Mais c’est encore, j’allais dire, assez marginal et nous, sur la seconde main, on est extrêmement pénalisé parce qu’il n’y a pas de filière de reconditionnement comme il peut en exister, par exemple, en Allemagne, aux Pays-Bas ou dans ces pays-là où, en fait, il y a carrément des usines dans lesquelles des gens travaillent toute la journée à sortir plusieurs centaines voire plusieurs milliers de vélos reconditionnés. Nous, en France, ça ne se passe pas du tout comme ça et nous, notre modèle, il se base sur une myriade de petits artisans qui, chacun dans leur coin, chinent, restaurent, etc. Nous, ça nous intéresse vachement parce que ça nous permet de soutenir ces acteurs-là et ça fait partie de notre positionnement mais c’est vrai qu’à terme, Saikle, ce serait bien que ce soit quelque part la plateforme de distribution, la pointe de la flèche d’une filière du reconditionné et de la seconde main qui soit vraiment structurée en France. Ça, ce serait génialissime et sinon, on peut aider à notre place à populariser, à rassurer autour du vélo de seconde main et donc à dynamiser quelque part cette filière, la place qui est la nôtre, c’est-à-dire une place très exposée auprès des individus, des citoyens, des consommateurs et on va jouer ça à plein d’ici là.   

Ermanno : Bon, quand on suivra ça de près, je voulais juste préciser qu’en France, on a au moins une usine qui existe dans l’upcycling de vélo mais qui travaille uniquement pour elle et pour ça, je renvoie les auditrices et les auditeurs à l’épisode numéro 13 du podcast où j’ai reçu Stéphane Volant, le président de Smove & Go qui opère Vélib et effectivement, Vélib a deux ateliers où il restaure tous les vélos Vélib et il redonne une seconde vie aux vélos soit qui sont juste à réparer soit qui sont limite à jeter à la casse, il leur redonne une seconde vie soit en récupérant des pièces soit en les restaurant de A à Z. Donc, on a au moins ça en France. 

  

Alexis : C’est très juste et il y a d’autres initiatives évidemment. Je sais que La Poste aussi travaille à mettre à disposition certains de ces grands warehouse comme ça, ces grands entrepôts pour bien parler français pour ce type d’activité-là et puis je sais qu’il y a d’autres acteurs privés aussi qui essaient de monter ce genre d’initiatives. Mon propos, ce n’est pas dire que ce n’existe pas du tout. C’est une filière industrialisée qui est structurée en France. Exactement. Quand on parle de filière, on parle de quelque chose qui est capable d’assurer en qualité et en volume et de répondre à un marché et aujourd’hui, il n’y en a pas du tout. On est encore un peu à la prise d’histoire de la seconde main sur le vélo en France. 

  

Ermanno : Surtout que dans 5 ans, Cycle recyclera 1,8 millions des 2 millions de vélos qui sont jetés donc il va falloir une sacrée filière pour restaurer tout ça. 

  

Alexis : Exactement. Ça va falloir beaucoup de pieds de montage. 

  

Ermanno : Bon Alexis, je te propose de respirer un peu, prends une bonne inspiration et puis on va passer à la partie question de clôture où on revient un petit peu sur toi justement. Je voulais te demander quel est ton meilleur souvenir de Vélotaf ? 

  

Alexis : Ah, mon meilleur souvenir de Vélotaf… 

  

Ermanno : Alors Vélotaf ou d’utilisation du vélo urbain que ce soit pour te déplacer pour aller au boulot ou pour des loisirs. 

  

Alexis : C’était avec un ami qui s’appelle Sébastien qui se reconnaîtra qui me faisait marrer parce qu’en fait il s’est mis à faire des kilomètres et des kilomètres à vélo à Vélib et il s’est mis mais vraiment c’était impressionnant ça a l’air dans son application je ne sais plus le chiffre il y a fait plusieurs milliers de kilomètres à Vélib et je lui ai dit mais il faut vraiment que tu contactes Vélib et qu’il fasse une story sur toi. Il y a un truc à raconter qui est absolument génial et en fait il ne voulait pas acheter de vélo et on partait le week-end quand je te parlais de ma première sortie à la Vallée de Chevaux c’était avec lui et j’ai un souvenir comme ça de descente je ne sais pas si tu vois le village de Buc qui est en région parisienne où il y a une super descente absolument géniale on peut comme ça un petit peu courber sur le vélo de course et tracer et je me souviens de lui en train de passer un fond comme ça dans cette descente complètement debout sur son Vélib c’est à la fois un moment de plaisir parce qu’on adore tous les descentes après un peu de côte fatigante et puis en plus de le voir comme ça sur son Vélib à Buc c’était génial. 

  

Ermanno : Ce que je te propose c’est de prendre ce petit morceau-là de l’épisode d’envoyer ça à Stéphane Volant et lui dire que s’il veut faire une success story sur un utilisateur Vélib qu’il prenne contact avec toi. Promouvoir l’utilisation du vélo-taf ou du cyclisme urbain du cyclisme de loisirs de manière générale. 

  

Alexis : C’est un sujet de disserte.  

Ermanno : Vous avez 4 heures. Ciao, je reviens. 

  

Alexis : J’ai fait un tout petit peu de pub dans ma carrière professionnelle et je sais l’importance que ça a dans l’influence des comportements et en fait ce qui nous manque aujourd’hui je pense que c’est ça c’est un accès à l’utilisation répété massif régulier à des grands médias de masse sur le sujet du vélo sur le sujet de la transition de la voiture au vélo sur les bénéfices que ça apporte sur l’impact sociétal écologique je pense qu’il y a encore une étape à franchir là-dessus et aujourd’hui on n’y accède pas tout simplement par manque de moyens parce que comme je disais tout à l’heure l’écosystème la filière est en train de se constituer donc c’est normal mais un accès vraiment beaucoup plus régulier beaucoup plus massif à des médias de masse qui ont les moyens d’influencer des millions de personnes simultanément c’est un peu ce qu’il nous manque aujourd’hui ou ce qu’on a que de manière trop épisodique 

  

Ermanno : il faut trouver soit des vélostaffeuses ou des vélostaffeurs qui travaillent dans les grands médias et qui soient engagés et qui veuillent bien défendre le message mais bon je pense qu’il y a quand même un problème là où le bas blesse c’est l’argent et c’est vrai que tu le dis la filière elle se structure et on n’a pas forcément les moyens de se payer un spot de 30 secondes sur un grand média de masse, ou une pleine page du Figaro, pour la promotion du vélotaf. Moi je pense toujours à une chose et je le place systématiquement dans les podcasts quand je reçois des entrepreneurs ou des gens qui représentent des marques qu’est-ce que tu penserais à la manière de ce qui se fait notamment pour des stades de faire du naming d’infrastructures comme par exemple des pistes cyclables ou des arceaux pour garer en sécurité des vélos ou tu sais ces fameux parkings grillagés qu’on voit naître un petit peu partout près des gares pour que justement le vélo soit en sécurité est-ce que tu penses pas que ça pourrait être une solution aussi pour promouvoir les mobilités douces ? 

  

Alexis : si ça peut l’être bah si évidemment tout ce qui donne de la visibilité doit être activé alors après on retombera peut-être sur le sujet des moyens si on est sur des contrats de naming classiques et traditionnels mais si ce sont les pouvoirs publics qui décident à un moment donné de faire la promotion d’initiatives oui évidemment tout ce qui nous donne de la visibilité là est est extrêmement bon à prendre et après il y a le sujet dont on parlait tout à l’heure c’est-à-dire en fait Saikle c’est à la fois un projet qui est radical qui est presque un peu je pousse un peu le bouchon mais qui est presque un peu politique parce qu’en fait on prend des positions qui sont quand même assez fermes et dans le même temps des fois dans le débat qui existe aujourd’hui dans la communauté Vélotaf etc je trouve qu’on est parfois un peu trop en antagonisme avec les gens qui vivent à la campagne les gens qui vivent dans les petites villes qui aujourd’hui n’ont pas les moyens la possibilité de s’équiper etc et en fait il faudrait réfléchir à la manière qu’on a de donner accès au vélo à ces gens-là on le fait pas du tout on le fait pas du tout aujourd’hui on le fait très mal 

  

Ermanno : mais même au-delà de la possibilité que ce soit financière ou matérielle de s’équiper moi je prends mon exemple j’habite à la frontière franco-luxembourgeoise et en gros j’habite à 2 minutes de l’autoroute et quand je sors de chez moi j’ai une autoroute ou une nationale et j’ai pas de trottoir donc comment je fais bon moi je peux me déplacer en vélo si je veux mais comment je fais si mon fils de 13 ans veut aller se déplacer quelque part bah j’ai pas le choix je dois prendre la voiture et le problème c’est que je suis pas le seul à être dans ce cas-là et donc je pense qu’effectivement les pouvoirs publics ont leur rôle à jouer mais aussi peut-être chaque citoyen d’exiger justement qu’il y ait des aménagements qui soient faits pour qu’on puisse rallier différentes communes différentes villes différents hameaux par des moyens sécurisants et sécuritaires pour les usagers.   

Alexis : et ça c’est le retour qu’on a en priorité nous toi sur nos sur nos communications nos post-lignes etc la dernière fois j’ai oublié le nom mais qui me parlait du cas de la ville d’Ajaccio par exemple en Corse qui est une ville de je crois 60 000 habitants c’est pas un petit village il y a des moyens il y a la possibilité de mettre en place des infrastructures et en fait elle se plaignait du peu qui avait été fait dans cette ville et elle avait la volonté de s’y mettre elle avait envie de s’y mettre mais elle estimait que c’était pas possible dans des d’une façon sécuritaire tout simplement quoi donc si les enfants peuvent pas se mettre au vélo bah nous non plus on va pas mettre des enfants dans un à l’arrière d’un vélo cargo sur des infrastructures qui sont dangereuses ça parait l’évidence même donc ça c’est évidemment le j’allais dire les fondations c’est le premier étage de la fusée c’est les infrastructures et ça c’est une certitude et après il y a quelque chose de culturel aussi je il faut pas froisser il faut pas j’allais dire vexer antagoniser ces gens là il faut pas polariser en fait sur ces sujets on doit alerter on doit avoir des positions parfois un peu radicales un peu clivantes pour réveiller les gens mais par contre faut pas être moralisateur parfois moi je vois passer des communications et des publications qui sont moralisatrices et qui expliquent en gros à des gens qui vivent dans un petit village dans une région un peu un peu éloignée des centres-villes ben que en fait ils ont rien compris ils sont passés à côté du truc ils devraient s’y mettre bon ça j’ai ça j’ai beaucoup de mal à comprendre et je pense qu’en fait on sert pas on sert pas la cause entre guillemets en faisant ça et on finit par créer des camps en fait des clans on a surtout pas besoin de ça. 

  

Ermanno : ouais, pour revenir encore une fois à toi dans le cadre de ton utilisation du vélo quel outil tu utilises ou quel bon tuyau tu pourrais donner à des utilisateurs voire même des néo-cyclistes en dehors d’aller acheter un vélo sur Saikle évidemment 

  

Alexis : pour quoi faire pour trouver un bon vélo 

  

Ermanno : non mais pour se déplacer au quotidien est-ce que tu utilises une application alors low tech non mais est-ce que tu utilises allez est-ce que tu utilises une application quand même pour déjouer par exemple les intempéries est-ce que tu utilises un site web pour savoir où est-ce que tu vas aller garer ton vélo est-ce que tu utilises du matériel particulier je ne sais pas des vêtements un compteur est-ce qu’il y a une paire de pédales qui te fait rêver voilà quel outil tu aimerais partager avec nous qui est un indispensable pour toi dans ton utilisation du vélo. 

  

Alexis : alors je suis un très mauvais exemple là-dessus j’ai zéro outil et quand je dis zéro outil c’est zéro outil j’ai un crank j’ai un crank dans mon sac ou dans ma poche aucun problème et une chambre à air il faut que tu expliques aux auditrices c’est un multi-outil en fait qui permet de faire la plupart des opérations les plus simples sur un vélo de changer un pneu de revisser voilà en cas de problème c’est quand même super utile parce que ça permet de faire des opérations de base même si vous ne connaissez pas trop vous avez une connexion internet vous chopez un tuto vous avez un crank vous pouvez à peu près vous en sortir en cas de soucis mais c’est tout ce que j’ai c’est vraiment tout ce que j’ai j’utilise aucune application.  sur mon vélo je n’ai même pas de garde-boue je n’ai même pas de non non mon vélo c’est l’objet le plus simple qui soit alors ce n’est pas un mono-vitesse par contre ce n’est pas un fixie mais non le conseil que je donnerais moi et ça on l’a beaucoup vu en fait parce qu’on s’intéresse beaucoup évidemment je vois qu’on monte un projet entrepreneur on s’intéresse beaucoup aux gens à qui on s’adresse on discute avec eux pour savoir de quoi ils auraient besoin etc et en fait il y a quand même beaucoup de gens aujourd’hui qui raisonnent encore au moins cher et ça se comprend parce que des fois on a des contraintes budget je ne suis pas en train encore une fois de faire la morale mais qui raisonnent au moins cher y compris sur de la seconde main évidemment la seconde main ça peut être une bonne opération financière mais il faut se méfier des prix trop bas quand on trouve un vélo aujourd’hui dans les grandes villes quand on trouve un vélo à moins de 100 euros sur le bon coin il peut y avoir des exceptions mais globalement vous êtes sûr que vous avez un vélo qui a soit un problème soit qui a une très mauvaise qualité et qui au final va réduire la qualité de votre expérience vélo c’est à dire que forcément dans les montées vous allez plus transpirer forcément vous allez avoir l’impression de fournir un effort démesuré pour pas suffisamment avancer et forcément le vélo va être plus lourd parce que les composants sont de moins bonne qualité etc etc etc et ça peut en fait vous dégoûter un petit peu du vélo de seconde main ou du vélo vintage donc sur la seconde main évidemment vous faites une opération financière par rapport au neuf ça c’est une évidence mais ne regardez pas qu’au prix regardez quand même à la qualité des composants regardez le poids du vélo sa légèreté ça peut être très important aussi dans la plupart des usages urbains c’est clé regardez le confort de certaines pièces clés je pense à la selle évidemment faites attention c’est le premier prix c’est le premier prix c’est pas ça qui va vous aider à utiliser de la bonne manière votre vélo surtout si vous démarrez voilà donc vraiment ne pas regarder que le prix voilà et moi ça me faisait marrer parce qu’à chaque fois au début quand on montait le projet avec Jean c’est marrant autour de moi même à Paris je vois des gens qui parfois ont des très bons moyens financiers qui dépensent beaucoup d’argent pour leur décoration qui dépensent beaucoup d’argent pour leur habillement etc et je les voyais arriver avec des vélos des épaves c’est dangereux en fait vous vous rendez pas compte parce que sur le vélo on se dit oui mais je vais me le faire voler donc en fait une fois un vélo à 80 balles oui mais alors si tu roules avec une épave tu risques des déconvenues tu risques des problèmes mécaniques et puis un inconfort qui en fait va finalement te dégoûter de la pratique du vélo donc il faut faire gaffe à ça 

  

Ermanno : ça marche écoute le message est passé et je valide totalement et c’est pas valable que pour les vélos d’ailleurs c’est vrai et puis pour terminer si tu devais passer le micro à qui est-ce que tu pourrais penser ? 

  

Alexis : bah Léry Gickel mais Léry est déjà passé 

  

Ermanno : t’as pas fêté de voir Léry est déjà passé je l’ai raté Léry 

  

Alexis : ah là là Léry je l’ai raté ah là là 

  

Alexis : Anne de Bortoli vous l’avez fait sur le podcast 

  

Ermanno : ouais on l’a fait sur le podcast vélo donc je vais pas la recevoir aussi sur Vélotaf 

  

Alexis : tu vas pas la recevoir j’adore Anne de Bortoli je me suis basé sur ses travaux pour faire tout le discours Saikle au début quand on a lancé la boîte ah qui je pourrais te qui je pourrais te recommander  ah il y a moi il y a un mec que j’aime bien c’est Jean Monchicourt de l’OV Vélo Vintage qui vend sur notre plateforme vous pouvez aller voir son Instagram et il a une vision du vélo qui est peut-être complémentaire peut-être complémentaire à la mienne mais qui est une vision très esthétique du vélo il aime vraiment les beaux objets il aime vraiment quand les chromes sont parfaitement nettoyés et comment ils réverbèrent la lumière il a vraiment une vision très esthétique très visuelle du vélo et il a vraiment une vision très esthétique et très culturelle aussi très ancrée dans l’âge d’or du vélo français etc et il est intarissable sur ces sujets donc je pense que ça peut être intéressant de sortir un peu du sujet fonctionnel mais de reparler de plaisir d’esthétique de beaux vélos et de beaux objets avec Jean Monchicourt de l’OV Vélo Vintage 

  

Ermanno : ok bah écoute j’irai lui tendre un micro s’il l’accepte et puis j’ai toujours une question où je demande où est-ce qu’on peut trouver les infos sur toi et ou sur la société donc en l’occurrence non pas que tu représentes mais que tu as fondé parce qu’on a beaucoup parlé de Cycle on prononce ça à l’anglaise mais finalement ça ne s’écrit pas C-Y-C-L-E donc dis-nous tout comment ça s’écrit et où est-ce qu’on retrouve des infos 

  

Alexis : alors ça s’écrit S-A-I-K-L-E  

Ermanno : c’est comme ça qu’on dit vélo en corse non ? 

  

Alexis : non absolument pas en fait le nom on voulait quelque chose qui soit c’est assez transparent on voulait quelque chose qui soit relié à la notion de circularité et en fait on voulait quelque chose qui soit en phonétique pour se distinguer d’un point de vue SEO donc c’est vraiment pour être bien référencé sur Google pour être clair donc vraiment il n’y a pas beaucoup plus de raisons derrière et si vous voulez plus d’infos évidemment vous allez sur S-A-I-K-L-E .fr et vous verrez les vélos que mettent en vente nos artisans partenaires vous verrez nos packs de services et vous verrez vous en saurez aussi plus sur pourquoi on a fondé Saikle et quelle est notre philosophie 

  

Ermanno : super et bien écoute merci beaucoup Alexis d’avoir répondu à mon invitation d’avoir passé du temps avec moi c’était un super moment je te souhaite une très bonne continuation et puis qui sait on se croisera peut-être un jour alors peut-être sur un Vélib ou peut-être sur un vélo que j’irai acheter grâce à Saikle. 

  

Alexis : non mais sur ton trajet Luxembourg-Toulouse en Peugeot Vintage je pense que tu feras bien un stop par Paris. 

  

Ermanno : ouais c’est possible c’est possible. 

  

Alexis : merci à toi Ermanno . 

Ermanno : de rien ciao! 

  

Alexis : ciao! 

co-fondateur du podcast et co-auteur du livre DEVENIR TRIATHLÈTE
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Podcasts, SwimRun, UltraRunner et Papa x 4 enfants je cours après le temps, mes passions et mes petits amours.