Pour se déplacer au quotidien, il y a le vélo de ville, musculaire ou à assistance électrique.
Pour faire du sport, il y a le vélo de route (le bon vieux « vélo de course »), le VTT, voir, le Gravel.
Pour les balades, le VTC (quoi que, un peu oublié au profit du Gravel) et bien d’autres modèles encore.
Mais pour se faire plaisir pour promener les enfants, aller d’un point A à un point B avec un ou des enfants ou même des amis ou transporter de gros volumes, comment faire ? Et bien il y a le vélo Cargo !
Et pour trouver son occasion, on vous a dégoté une pépite !
Passons tout cela en revue avec mon invité du jour : Clément FOUILLET de CargoBikeTrade.
Pour contacter notre invité via Linkedin, c’est par ici !
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Ce podcast animé parErmanno DI MICELIest proposé par l’ONGTwoWheelTuesday(@2wteu), et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique duVélotaf.
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Ermanno : Bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour un nouvel épisode du podcast Vélotaf. Aujourd’hui, on revient avec une voix masculine après avoir reçu quelques femmes sur le podcast. Et on va parler évidemment vélo, mais on va parler gros vélo. Comment trouver son gros vélo avec mon invité du jour ? Je veux parler de Clément Fouillet. Salut Clément !
Clément : Salut Ermanno !
Ermanno : Comment vas-tu aujourd’hui ?
Clément : Ma foi, fort bien. On est en pleine canicule, mais on va tenir, voilà.
Ermanno : Ouais, tu m’as dit en off, où est-ce que t’étais ? Alors justement, je suis impatient de te poser quelques questions, et notamment eu égard au vélo et au Vélotaf, parce que la ville dans laquelle tu es, en tout cas en France, elle n’est pas forcément connue pour le vélo une fois par an. Mais bon, on va revenir là-dessus. Déjà, commençons par le commencement. Débutons par le début. Qui est Clément Fouillet ? Quel âge as-tu ? Que fais-tu dans la vie ? Et puis, à ton avis, pourquoi est-ce que je t’interview aujourd’hui ?
Clément : Alors, c’est une très bonne question. C’est une question qu’on m’a souvent posée ces derniers mois durant mes voyages. J’ai moi-même du mal à me définir. Il se trouve que, de formation, je suis technicien en logistique et transport. Actuellement, je suis en recherche d’emploi en parallèle de mon projet. Et à côté de ça, j’ai fait plusieurs métiers, formations différentes, dans les sciences, dans la gestion. Donc, c’est vraiment pas évident. Je n’arrive toujours pas à me trouver une équipe. Mais ce que je sais, c’est que je suis fan des vélos.
Ermanno : Ok. On va revenir sur un point quand même. C’est que tu as dit qu’on t’a posé beaucoup la question pendant tes nombreux voyages. Donc, ça, c’est une petite question que je me garde de côté pour savoir ce que tu veux dire par cette phrase-là. Déjà, une des questions, un des impondérables dans ce podcast Vélotaf est toi qui aimes le vélo, est-ce que tu pratiques le Vélotaf ? Même si là, tu es en pause. Tu es en pause. Tu as un projet et deux emplois. Mais est-ce qu’à titre perso, depuis quelques années, tu as pratiqué ou tu pratiques le Vélotaf ?
Clément : À titre perso, je l’ai pratiqué il fut un temps, il y a quelques années. Ce qui est assez drôle aujourd’hui, c’est que je n’ai pas de taf, mais j’ai quand même trois vélos. Et du coup, je m’en sers…
Ermanno : Donc, tu fais du vélo sans taf.
Clément : Exactement. C’est du vélo sans taf, effectivement. Pour le loisir, pour le projet et puis simplement pour mes petits déplacements quotidiens, en fait.
Ermanno : Ok. Du coup, tu utilises le vélo aussi pour tes déplacements quotidiens. C’est quoi pour toi les déplacements en vélo dans le cadre loisir ? Je ne parle pas d’un entraînement ou autre, mais dans le cadre loisir ou dans le cadre justement Vélotaf, donc moitié perso, moitié pro, ça représente quelle fréquence ? Ça représente combien de kilomètres par jour ou par semaine ? Est-ce que tu t’es amusé à chiffrer ça ?
Clément : Pas réellement. En réalité, je veux dire… Le fait est que je fais du BMX, donc ça, c’est mon loisir à côté et en skatepark.
Ermanno : Il faut que je te raconte un truc sur le BMX. Mais vas-y.
Clément : Et ensuite, après, je dirais que je fais une petite moyenne d’entre 5 et 10 bornes par jour. Le Mans, ce n’est pas si grand que ça, le centre-ville, donc on a vite fait le tour. Voilà pour les chiffres, en fait.
Ermanno : Tu veux dire… Alors, tu l’as balancé, tu habites au Mans. Tu veux dire que finalement, le circuit automobile est plus grand que la ville ?
Clément : Oui, je pense que… Si on le dépliait, le circuit, je pense qu’il traverse plusieurs fois la ville, oui, effectivement. Ok.
Ermanno : Tu parlais de BMX. Écoute, moi, cette année, j’ai eu une première vraie expérience avec le BMX. Je suis quarantenaire, marathonnaire exactement, parce que j’ai 42 ans cette année. Et j’ai fait pas mal de VTT au début, où c’est arrivé en France, quand j’étais plus jeune. Notamment, il y avait une piste de cross à côté de chez moi, mais on faisait ça avec des potes sur le VTT. Et puis là, je suis descendu dans ma future demeure dans le Sud-Ouest, il y a quelques semaines. Et il y a une piste de BMX, et ils louent du BMX. Donc, je me suis dit, allez, qu’est-ce que ça ne tienne ? Je vais prendre le petit 13 ans, on va aller s’amuser à faire du BMX. Puis, c’était marrant, mais en fait, je trouve que c’est un peu moins maniable quand tu as plutôt l’habitude du VTT. Et je me suis quand même éclaté sur la piste. Et jusqu’au moment où j’ai voulu faire quelques figures en dehors de la piste, tu sais, tu traverses des petits ponts. Enfin, tu as plein d’endroits pour faire des petites figures. Et j’ai voulu faire une roue arrière, et j’avais complètement zappé qu’un BMX, c’était beaucoup plus léger qu’un VTT, en fait. Donc, j’ai fait une très belle roue arrière, mais pas que la roue arrière, j’ai fini en soleil. Voilà, c’était ma première expérience du BMX.
Clément : Ah ouais, il faut se méfier du petit cadre, il est vite soulevé.
Ermanno : Ouais, c’est ça. Mais toi, du coup, BMX, tu utilises le BMX pour te déplacer, ou tu es plutôt sur des vélos, entre guillemets, traditionnels ?
Clément : Finalement, j’utilise aussi pour traverser le Mans. Parfois, c’est ce qu’il y a de plus pratique, finalement, parce qu’on saute vite fait de trottoir en trottoir. Et les roulements sont très bons sur les BMX, ce qui fait qu’on descend… Enfin, s’il y a un faux plat, hop, on descend, on n’a rien à faire, je veux dire. C’est beaucoup plus fluide qu’un vélo classique, voilà.
Ermanno : Ouais, bon, après, c’est souvent une seule vitesse, donc dès que ça commence à remonter un petit peu, là, tu fais un peu d’effort.
Clément : Par contre, oui, on ne peut pas gagner partout, c’est vrai. Et puis, il faut dire que le moyeu arrière, il fait un petit claquement très typique, et au final, les gens nous entendent de loin. Voilà.
Ermanno : Ce qui n’est pas mal, c’est que sur le BMX, finalement, comme tu ne t’assieds presque jamais, tu es toujours un petit peu plus haut que sur un autre vélo, donc tu as quand même une meilleure visibilité, puis les gens te voient.
Clément : C’est vrai, et puis c’est plus réactif. S’il y a quelqu’un qui traverse et tout, on peut vite tourner comme ça d’un coup. Donc, je me sens en sécurité sur un BMX en centre-ville, finalement.
Ermanno : Bon, bah, écoute, peut-être qu’un de ces quatre, quand je passerai au Mans, je viendrai prendre des cours. Ce sera plus simple.
Clément : Ah, bah, pas de problème, avec grand plaisir. Ramène le tien, mais oui, oui, on se fait ça.
Ermanno : Bon, du coup, on n’était quand même pas là pour parler BMX, on est quand même là pour parler vélo-taf, pour parler déplacement à vélo. Donc, tu as trois vélos. Tu as quoi d’autre comme vélo, à part le BMX ?
Clément : Alors, j’ai un vélo de ville que je loue auprès de la ville du Mans. Et ensuite, j’ai un vélo cargo, un vélo cargo que j’utilise ponctuellement pour promener mes copains, pour aller chercher des objets, des trucs comme ça. C’est encore récent, mais voilà, je l’ai eu. Il n’y a pas très longtemps.
Ermanno : Alors, attends, tu as un vélo cargo que tu utilises pour balader tes copains. Non, mais attends, normalement, le cargo, c’est éventuellement pour mettre des choses dedans. Ou alors, l’image que j’ai du vélo cargo, c’est le papa un peu bobo qui balade les enfants le matin pour aller à la crèche ou à l’école et puis les récupérer le soir, c’est ça ?
Clément : En principe, c’est plutôt l’image qu’on s’en fait. Mais une fois qu’on en a un, on se rend compte que les gens apprécient beaucoup monter dedans. Pas que les enfants, finalement. Et je pense notamment à mes amis. Ils n’aiment pas faire du vélo, finalement. Voilà, donc même 10 kilomètres, on va au lac le plus proche. Ils montent dans la caisse et c’est parti. On fait l’aller-retour comme ça et la batterie tient largement la distance.
Ermanno : Oui, c’est ce que j’avais demandé. Rassure-moi, c’est un vélo cargo à assistance électrique parce que trimballer des potes de quelques dizaines de kilos, ça doit vite devenir difficile si c’est du musculaire.
Clément : Exactement. Pourtant, le Mans n’est pas connu pour ses montées, mais c’est vrai que le moindre faux plat, pour le coup, on le ressent. Même le vélo sans personne dedans, ça reste assez difficile. Aujourd’hui, de toute manière, on en parlera si tu veux, mais les trois quarts des vélos sont vendus avec assistance électrique. C’est pour dire.
Ermanno : On va revenir dessus, notamment sur le vélo cargo, mais je voudrais rester encore un petit peu sur toi. Qu’est-ce qui fait que tu aimes autant le vélo ? Est-ce qu’il y a eu un déclencheur quand tu étais plus jeune ou est-ce que c’est simplement un mode de vie pour toi ? Quelles sont tes convictions personnelles ? Quelles sont tes convictions personnelles sur l’utilisation du vélo ?
Clément : En fait, c’est marrant parce qu’on pourrait penser tout de suite à l’écologie. Dans l’époque dans laquelle on vit, c’est un argument très fort pour changer le mode de déplacement. Et pourtant, moi, ce n’est pas du tout ce que ça m’évoque. Quand on parle de vélo cargo, dans ma tête, je vois le mot fun, en fait. Je ne sais pas pourquoi, j’ai été un petit peu fasciné pendant un moment sur tout ce qu’on pouvait faire avec. Comme on dit, transport de personnes, d’objets énormes. On parle souvent de l’armoire normande pour rigoler sur les réseaux. Mais finalement, ça le transporte. Et même d’autres choses, en fait. Ce que j’aime beaucoup, c’est que finalement, ça fait un an et demi, deux ans que je m’intéresse au cargo. Et encore aujourd’hui, je suis toujours surpris par ce que les gens peuvent transporter avec. C’est de l’ordre juste de l’imagination. C’est ça la seule limite. Donc, voilà pourquoi je m’y intéresse. C’est de l’ordre de la fascination. Et après, j’ai toujours aimé le vélo depuis que je suis tout petit. Enfin, depuis que je sais faire du vélo. Je ne sais pas pourquoi. J’ai toujours aimé casser mes vélos, les pousser au maximum. Voilà. Donc, c’est juste une suite logique de mon attrait pour le vélo.
Ermanno : Ça, c’est l’esprit BMX. C’est ça. Tu y vas, bille en tête, aucune limite. La seule limite, finalement, ça va être ton postérieur et à quel point il accepte tes chocs.
Clément : C’est plutôt ça. Mais il faut dire que je l’ai bien entraîné. Donc maintenant, je peux supporter beaucoup de vélos.
Ermanno : Bon. Alors, on parle quand même pas mal de vélo-cargo. Je t’ai invité aussi pour parler justement de ton projet dont tu vas nous parler. Avant que tu en parles, j’aimerais qu’on parle de la genèse de ce projet. Pourquoi est-ce que tu as eu une telle idée ? Donc, attention, l’exercice n’est pas facile. Il ne faut pas parler du projet, mais il faut parler de la genèse. Attention.
Clément : Eh bien, en fait, moi, comme je t’ai dit, je toujours aimé le vélo. Quand j’étais étudiant sur Bordeaux, au lieu d’aller à McDo le week-end, à un moment donné, je n’avais jamais fait ça auparavant. Mais je me suis dit, pourquoi pas essayer d’en acheter un et d’en revendre un. Et il se trouve, sur mon premier vélo, comme ça, que j’ai acheté, j’ai dû quoi ? J’ai dû regonfler les pneus, le nettoyer, regresser la chaîne, vraiment des choses basiques. Et je l’ai revendu avec des belles photos, 40 euros de plus. Donc, j’étais vraiment… ou 20 ou 40 euros, je ne sais plus. Mais j’étais surpris, quoi. Et de là, j’en ai acheté un nouveau, etc. Et puis, il y a plusieurs. Et puis, à la fin, au bout de 6 mois, 1 an, j’ai acheté carrément des lots auprès des loueurs de vélo sur la côte, à Arcachon. OK. Et puis, voyant que ça continuait de marcher, j’ai fini par acheter, pas un conteneur, mais voilà, un camion rempli de vélos hollandais aux Pays-Bas qui est venu jusqu’à Bordeaux me les livrer. Et finalement, si tu veux, à ce moment-là, j’habitais un quartier familial de Bordeaux. Il y a 3-4 ans de ça. Et c’était plus ou moins les prémices du vélo cargo au sens démocratisé. Enfin, c’était encore… On en voyait déjà en 2015. Mais en 2017-2018, disons que ça paraissait plus normal. Et voilà, j’en voyais dans mon quartier familial à Bordeaux. Et je me suis dit, pourquoi pas essayer d’en acheter et d’en revendre ? Et c’est comme ça que j’ai fait des recherches sur le bon coin. Et à l’époque, il n’existait même pas la catégorie vélo cargo. Et donc, c’était très compliqué de s’y retrouver. Et à partir de là, j’ai voulu aller sur des sites un peu plus spécialisés. Je ne sais pas si je peux donner des noms. Mais effectivement…
Ermanno : On n’est pas à la radio.
Clément : Du coup, à Troc Vélo. Et il existait bien une catégorie cargo, mais très peu d’annonces. Et c’était très compliqué. Et très peu de filtres, en fait, pour préciser sa recherche. À savoir, combien d’enfants je peux mettre dans la caisse ? Quelle est la charge utile du vélo ? Quelle est la taille des roues ? Enfin, les dimensions de la caisse. Ça va passer le pas de la porte. Des choses comme ça, qui sont assez basiques, mais que personne ne propose. Et c’est à partir de là, où voilà, j’ai voulu en acheter un pour moi. J’étais vraiment dans la difficulté. C’était un travail de longue haleine. Et je me suis dit, mais il faut une plateforme, en fait. Je n’ai pas trouvé de plateforme de vélo cargo d’occasion. Donc, c’est à partir de là que je l’ai créé, tout simplement.
Ermanno : Bon, ben voilà. L’objectif est rempli. Je t’avais demandé de parler de la Genèse sans forcément parler du projet. Donc, ça, c’est fait. Tu nous disais que la Genèse, c’était vraiment… Tu t’es demandé pourquoi pas essayer d’en acheter un et de le revendre. C’est-à-dire qu’à la base, ta première action, vraiment, là-dessus, c’était plus dans un objectif spéculatif. Acheter un vélo cargo pour lequel tu avais vu un prix assez intéressant, et tu t’es dit, il y a un truc à faire, même si c’est 50 balles, je vais essayer.
Clément : Complètement. En fait, on est clairement là-dessus. Là, c’était même pas… L’objectif était pécunier. C’est-à-dire, moi, j’ai comparé sur plusieurs plateformes. Et à partir de là, j’estimais que la valeur sur le marché était faible. En négociant un petit peu, peut-être que je pouvais effectivement faire un billet intéressant. Voilà, il y a toujours une petite part de travail derrière, soit sur le vélo, soit sur le travail. C’est le travail de l’annonce, mais en tout cas, c’est comme ça que c’est venu, oui.
Ermanno : Mais qu’est-ce qui t’a amené, justement, à te dire, tiens, ça, c’est une belle offre, je peux faire un petit peu d’argent dessus ? Est-ce que c’est parce que tu cherchais un autre vélo, tu cherchais autre chose, et puis t’es tombé sur ce vélo cargo-là, et tu t’es dit, il y a peut-être quelque chose ? Ou est-ce que c’est vraiment, tu t’es dit, je suis dans un coin où on commence à avoir quelques vélos cargo, il y a peut-être quelque chose à faire. Si j’essayais, pour une fois, je me serais dit, je vais faire un vélo cargo, et puis, de fil en aiguille, t’as essayé deux fois, trois fois, dix fois, quinze fois, mais vraiment, moi, ce qui m’intéresse, là, tu vois, c’est vraiment l’idée de base. Qu’est-ce qui a fait que tu t’es dit, je vais aller acheter un vélo cargo et je vais le remettre ?
Clément : En fait, c’est vrai que t’as mis les doigts sur, je dirais, comment dire, la névralgie du projet, au sens où c’est plusieurs paramètres qui rentrent en jeu. D’abord, une connaissance du cargo, donc là, effectivement, c’est suite à, des nombreuses comparaisons sur diverses plateformes. Et ensuite, c’est aussi un aspect feeling. Là, je pense que ça touche tous les entrepreneurs, c’est-à-dire, on croit en quelque chose, et là, c’est juste l’intuition qui parle. On se dit, il y a un truc à faire. C’est irrationnel, en fait. Mais voilà, après, la première, c’est la connaissance du cargo. Le deuxième élément, c’est l’intuition. Et le troisième, c’est l’aspect conjoncturel. C’est, comment expliquer, on est bien, comment dire, confronté à des changements d’un point de vue transport au quotidien. Les centres-villes se barricadent, des normes apparaissent pour les véhicules polluants. Donc, on sent qu’il y a quand même un élan en faveur des modes de transport actifs. C’est tout ça qui m’a poussé, en fait, à vouloir acheter et vendre des cargos.
Ermanno : Ok. Tu nous parlais tout à l’heure, et je t’avais dit que je le gardais de côté un petit peu, que tes nombreux voyages, est-ce que tu peux nous en dire plus là-dessus ? Et est-ce que, justement, ces nombreux voyages ont aussi impacté ton envie de rentrer dans ce monde du bike trading, d’acheter et vendre des vélos ?
Clément : Alors, tu vois, ce n’est pas nécessairement mes voyages qui m’ont donné envie, parce que j’étais en Colombie récemment, et également à Lisbonne. Donc, en Colombie, finalement, c’est comme s’ils avaient 20 ans de retard, plus ou moins, sur les modes de transport. C’est le mode de transport d’aujourd’hui en Europe.
Ermanno : Oui, et puis la topo en Colombie, elle n’est pas forcément favorable aux vélos cargos.
Clément : Exactement, c’est beaucoup des villes d’altitude. C’est très courant d’avoir des grosses montées. Je pense notamment à Medellín. Donc, c’est vrai que le vélo n’est pas forcément ce à quoi on pense là-bas, ce qui est plutôt vrai. Néanmoins, il y a une émergence assez forte du vélo depuis le Covid en Colombie. Donc, ça, c’est un premier élément. Et le deuxième, c’est Lisbonne. C’est pareil. Tréè valonné. Donc, finalement, ça ne m’a pas plus poussé que ça. Néanmoins, j’étais assez surpris de voir l’intérêt général pour le vélo là-bas. Donc, finalement, si tu veux, ça ne m’a pas propulsé, mais ça m’a un peu conforté dans mon idée que quand même, le vélo avait un réel avenir. Si même là-bas, on sentait qu’il y avait une émergence pour ce mode de déplacement. Et en fait, là, ce que je voulais dire, on m’a souvent demandé, c’est que quand j’arrivais dans une ville qu’on ne connaissait pas, là-bas, on me demande qu’est-ce que tu fais, qu’est-ce que tu fais comme travail. Et c’est vrai qu’à cette époque-là, j’avais déjà le site. Et en même temps, bon, ça reste à l’état de projet qui se transforme en entreprise, mais on n’y est pas encore tout à fait. Donc, c’est difficile de se définir.
Ermanno : Et du coup, si je comprends bien, tu as commencé à avoir l’idée à Bordeaux, tu as commencé à lancer la plateforme quand tu étais à Bordeaux. Pourquoi avoir bougé au Mans ? Est-ce que c’est une question d’opportunité pour le boulot ? Ou pour ton projet ? D’ailleurs, on n’a toujours pas dit son nom, donc je vais te laisser en parler. Ou est-ce que c’est simplement des changements de vie qui font que ça t’a amené ou ça t’a ramené au Mans ?
Clément : Tu as mis le doigt sur un élément important. C’est vrai que la migration au Mans, les mensos me disent qu’on y arrive souvent, rarement par hasard, en fait, au Mans. Il se trouve que c’est un concours pour lequel j’ai été lauréat, un concours qui veut… propulser des projets autour de la mobilité. Donc ça s’appelle le X-Mobility. C’est porté par la French Tech Le Mans, ainsi que Le Mans Tech. Ce sont des organisations qui contribuent à ce concours. Et voilà, c’est un programme d’accompagnement de 10 mois. Et à partir de là, je ne savais pas exactement où je voulais me poser en revenant de Colombie, de Lisbonne. Et je me suis dit, allez, c’est parti. J’ai été lauréat de ce programme, donc ça pourrait m’aider pour la suite. Et c’est parti, on va au Mans.
Ermanno : Alors, du coup, je te laisse peut-être nous donner le nom de ton organisation, nous en dire encore plus. Qu’est-ce que tu proposes ? On a compris que c’est une plateforme un petit peu pour acheter, vendre des vélos. Est-ce que… Enfin, voilà, je te laisse vraiment en dire plus. Fais-nous ton pitch de la boîte, le pitch idéal. Le micro est à toi.
Clément : C’est gentil. Écoute, Cargo Bike Trade, voilà, ça a à peu près un an et demi. C’est à plusieurs milliers de visiteurs tous les mois. C’est que du trafic. C’est un trafic naturel, organique, au sens où je ne paye aucune communication, aucune publicité pour avoir ce trafic. Donc, c’est plutôt enthousiasmant. Voilà pourquoi maintenant, je m’y consacre un peu plus et que je suis là aujourd’hui. C’est parce que je souhaite passer vraiment du stade de projet à celui de sites à moyen terme rentables et qui soient plus connus. Qu’est-ce qu’on y trouve ? On y trouve des vélos cargo uniquement, de toutes sortes, à savoir biporteurs, triporteurs, long tails, remorques, aussi à vélo, parce que c’est complémentaire. Et ce sont uniquement des vélos cargo d’occasion. Donc, ça concerne tous les particuliers qui cherchent à en acheter un ou à en vendre un. Maintenant, vous pouvez en trouver dans toute la France, puisque le site existe en français, mais aussi à l’étranger depuis quelques semaines. J’ai une version anglaise du site qui est sortie. Et il se trouve qu’il y a un fort engouement à l’étranger, notamment aux États-Unis. J’ai déjà… J’ai déjà beaucoup d’annonces, et pareil au Canada. Donc, je n’ai pas encore des marchés d’autres pays. Mais voilà, le site s’étend au sens où, de toute manière, je n’ai pas réellement le choix, puisque le vélo cargo en France, ça émerge. C’est un marché qui se structure, qui est naissant. Donc, si je veux un peu de volume, il faut nécessairement que j’aille à l’étranger. Mais néanmoins, malgré un an ou deux de recherche, je n’ai toujours pas trouvé de concurrent direct. D’équivalent. Donc, je suis très content de pouvoir me positionner en premier à l’étranger.
Ermanno : Ouais, c’est cool ! Quand tu dis que c’est une plateforme où on peut acheter ou vendre son vélo, c’est-à-dire que tu as… Est-ce que toi, tu as évolué un petit peu dans ta démarche ? Si j’ai bien compris ce que tu nous expliquais. Tu as commencé cette aventure-là, toi, en achetant et en revendant du vélo cargo. Est-ce que c’est toujours le cas ? Est-ce que tu as toujours cette activité de bike trading, on va appeler ça ? Oui. On va peut-être inventer un nouveau mot. Ou au contraire, c’est une plateforme comme Le Bon Coin, comme Troc Vélo, comme il en existe tant d’autres pour situer que des plateformes qui donnent des possibilités sur le vélo, où les gens viennent déposer des annonces et après, quel rôle as-tu dans
Clément : l’intermédiation, dans la vente ? Là, pour le moment, c’est juste un rôle d’administration. Effectivement, là, je suis juste une plateforme, entre guillemets, intermédiaire. Je mets en relation des gens. Maintenant, c’est vrai que c’est assez flou. Les gens me demandent aussi encore si jamais j’en ai en propriété. Mais moi, je n’en achète pas par manque de finance, de temps. C’est un autre travail finalement. Ceci dit, c’est assez pertinent comme question au sens où ça pourrait aussi être le business model du site. En acheter comme ça en lot et en revendre. Aujourd’hui, je n’en suis pas là. Mais peut-être un jour, je profiterai de la force du réseau, du site pour éventuellement créer de nouvelles opportunités. En tout cas, lancer cette activité-là, mais pour le moment, ce n’est absolument pas l’objectif. Ça aurait pu contribuer au business model, mais je ne suis pas assez structuré. Je suis tout seul pour faire ça. Donc, je mets de côté cette possibilité et mon objectif, c’est seulement d’attirer un maximum de monde, que j’ai un maximum d’annonces et des annonces de qualité surtout. Donc, aujourd’hui, non, je n’achète pas de vélo pour le moment.
Ermanno : Alors, du coup, quel est ton business model ? Comment est-ce que tu vis ? Parce que tu nous dis que tu ne dépenses pas d’argent pour faire de la com’ pour Cargo by Trade. Donc, comment est-ce que tu fais rentrer de l’argent ?
Clément : Et bien là, c’est la grande question du moment. Après un an et demi de vivotage, il se trouve qu’on voit qu’il y a un avenir pour le site. Il y a du trafic, il se passe des choses, le cargo ne fait que se répandre. Donc maintenant, comment rendre perein tout ça ? Et bien, après moult recherches, il se trouverait que le plus probable soit la monétisation de communauté. Alors, ce n’est pas forcément un terme clair dit comme ça pour les non-initiés, mais ça passe par plusieurs formes de rentabilité. Ça peut très bien être le sponsoring, à savoir quelqu’un qui veut sa marque sur la première page d’accueil. Effectivement, c’est une contribution, c’est une mise en avant. Peut-être la création d’une newsletter où également je donne beaucoup d’astuces, de conseils, pratiques, etc. Pareillement, les marques pourraient peut-être vouloir y figurer. Et après, au-delà de ça, peut-être, je ne sais pas, avoir une certaine influence. Voilà, en fait, c’est vraiment mettre à profit toute cette communauté, cette expertise sur le long terme. Ça peut passer par différentes choses, les partenariats, la publicité. Bien sûr, je souhaite conserver toujours une ligne directrice qui vise à aider le quotidien des gens et l’accès, toujours faciliter l’accès au vélo-cargo. Finalement, c’est le but ultime du site, c’est vraiment de démocratiser le vélo-cargo.
Ermanno : Alors du coup, ce que je lis entre les lignes, ce que je comprends entre les lignes, c’est que du coup, tu ne prends pas de commission dans les ventes de vélos qui ont lieu entre tes visiteurs.
Clément : Exactement. On m’a soufflé plusieurs fois l’idée, mais il se trouve qu’il faudrait un volume assez énorme pour ne serait-ce qu’aligner 50 000 euros par an. Je pense que c’est vraiment le chiffre un peu clé pour avoir quelque chose de viable sur une ligne directrice. Il faudrait un volume assez énorme, assez conséquent et j’ai envie de ne faire payer aucun utilisateur sur la plateforme, que ce soit pour voir les annonces, pour les déposer, pour les mettre en avant. Tout ça, je veux que ça reste gratuit et uniquement faire payer l’audimat, les professionnels, les entreprises, mais pas les utilisateurs.
Ermanno : Mais alors, pourquoi proposer ce service gratuit à tes utilisateurs ? C’est vraiment ça la question. Qu’est-ce qui t’excite, toi, dans cette démarche, dans cette ligne directrice, comme tu nous as dit tout à l’heure, de faire connaître au maximum nos vélos-cargos ?
Clément : Je crois que c’est un rêve d’enfant, finalement, l’idée de fond. Je trouve ça génial de voir autant de vélos-cargos dans des villes. Si on pouvait remplacer ne serait-ce que 10 % des voitures qui sont stationnées en centre-ville par des cargos, je trouverais ça déjà fantastique si je pouvais contribuer à ça. Je trouve ça chouette. L’idée, c’est simplement à terme, effectivement, à démocratiser les vélos-cargos, mais pourquoi en soi ? C’est simplement pour vivre dans un monde un peu plus respirable, un petit peu plus, j’allais dire citoyen, mais ce n’est pas le bon mot, mais en tout cas qui est plus agréable au quotidien, moins de pollution sonore, olfactive, tout ça, c’est du mieux vivre ensemble, en fait. Voilà.
Ermanno : Ouais. Donc, finalement, tout à l’heure, tu nous disais que ce qui peut venir à l’esprit en premier lieu quand on pense vélos-cargos, c’est l’écologie. Tu nous as dit que toi, c’était plutôt le fun, mais finalement, le fun est un petit peu éludé quand même au profit de cette fameuse écologie au sens large du terme, c’est-à-dire aussi bien moins d’impact carbone, mais aussi moins de pollution sonore, moins de pollution lumineuse, moins de toutes ces choses-là.
Clément : Effectivement, je pense que moi, je pense fun, mais en fait, je pense fun, ce fun est autorisé, est permis, parce que finalement, on sait que derrière, il n’y a pas d’impact, que c’est quelque chose de réparable, etc., il y a tout ce bénéfice pour nous aussi derrière, donc au-delà des sensations, du plaisir qu’on peut partager avec les gens qui montent dans la caisse, etc., c’est décuplé par le fait de savoir qu’on se sent plus ou moins dédouané de toute pollution un peu exagérée vis-à-vis des autres qui vivent en ville, etc. Enfin, bref, vous m’avez compris.
Ermanno : Oui, oui, je pense qu’on a bien compris, je te taquine un peu, je te pousse un petit peu dans les cordes, mais c’est pour voir un petit peu ce que tu as dans le ventre et puis ce que tu ressens, justement, ce qui fait que ton projet, finalement, qui n’est plus un projet, qui est maintenant une entreprise, a le vent en poupe et a tout ce qu’il faut pour aller de l’avant et pour convaincre les utilisateurs, en fait.
Clément : Complètement. Là, j’ai plein, plein d’idées. Maintenant que je vois que la plateforme est plus ou moins dédiée, je pense que c’est plus ou moins viable. J’ai beaucoup d’idées, je souhaite développer la location sur le site, je souhaite même peut-être m’associer à moyen terme, avis au, comment dire, au krach du web. N’hésitez pas à venir vous présenter. Et puis, voilà, oui, effectivement, l’idée, c’est de passer au stade d’entreprise, comme tu l’as dit.
Ermanno : Alors, tu souhaites t’associer, c’est-à-dire, déjà, la plateforme, est-ce que tu l’as développée toi ? Tu l’as développée toi, from scratch, tout seul ou tu as fait appel à des prestataires et puis t’associer pour quoi, en fait ?
Clément : Disons que la plateforme, c’est du WordPress encore, donc ça reste relativement simple. Néanmoins, dès qu’on veut lancer des fonctionnalités un peu plus poussées, élaborées, etc., on se rend vite compte que ce n’est pas si simple que ça, WordPress. Donc, voilà, c’est un copain qui m’a lancé la première version du site. Maintenant, je l’administre tout seul, mais il se trouve que, voilà, je suis vite dépassé par les fonctionnalités à vouloir apporter. Moi, je ne suis pas du monde de l’informatique. Donc, l’idée, ce serait de m’associer avec quelqu’un qui est un peu plus technique que moi pour, justement, toujours propulser un peu plus fort le site et pouvoir proposer des évolutions que les utilisateurs attendent. Voilà.
Ermanno : OK. Et, justement, par rapport à ces utilisations que tes utilisateurs… Ces fonctionnalités que tes utilisateurs attendent. Merci. Qu’est-ce que tu as en tête ? Est-ce que c’est Des fonctionnalités un petit peu particulières ? Est-ce que tu as beaucoup d’avancées, et Beaucoup de remontées, beaucoup de retours de tes utilisateurs ?
Clément : J’ai beaucoup de retours positifs. Déjà, ne serait-ce qu’avec cette version-là du site. Après, moi, j’essaie de pouvoir préciser davantage de choses. Je pense qu’à le moyen terme, long terme, ce sera intéressant de savoir combien d’enfants on peut mettre dans une caisse, quelle est la charge utile. Il y a encore assez peu de cargo, mais dès lors qu’il y aura plein de marques différentes, on voudra, je pense, assez vite s’y retrouver sur les différents moteurs, les batteries, etc. Parce que ça devient finalement aussi complexe que l’achat d’une voiture. Il y a plein de paramètres à prendre en compte. L’idée, ce serait éventuellement d’apporter plus de filtres, d’apporter, pourquoi pas, un rayon de recherche autour de soi. Ce sont des petits éléments qu’il faut que j’agrémente pour avoir plus de crédibilité et me différencier aussi de le bon coin de ce genre de plateforme.
Ermanno : J’ai un copain qui m’avait soufflé l’idée il y a quelques temps, pas soufflé l’idée, mais qui m’avait passé l’info d’une société qui était en train de se développer, une société américaine, je crois, qui propose des kits pour adapter ton vélo, justement, en vélo-cargo. Donc, sur base d’un VTT, d’un VTC, comme on appelait ça avant, que ce soit musculaire ou à assistance électrique, il propose de rajouter un kit supplémentaire pour voir le transformer en vélo-cargo. Est-ce que ce type de vélo qui serait bidouillé à la maison aurait aussi sa place sur Cargo Bike Trail ?
Clément : Oui, oui, complètement. Je pense à mes camarades de chez Joker Bike qui, en fait, transforment un vélo-cargo en faisant retirer la fourche de votre vélo et vous en mettez une autre avec une petite plateforme intégrée, soudée à la fourche, ce qui fait que vous avez un espèce de mini-vélo-cargo, très pratique pour mettre une petite velise ou un gros carton, etc. Donc, ça, c’est la bienvenue, en fait. Moi, l’idée, c’est aussi de proposer des accessoires qui, concrètement, visent à cargo-iser, si je peux me permettre, son vélo. Aujourd’hui, je sais qu’un vélo-cargo, c’est un coût, c’est un prix, tout le monde ne peut pas forcément se permettre, comme ça, l’achat. Et en attendant, l’idée, c’est toujours de pouvoir rendre son vélo le plus utile, le plus pratique possible. Donc, bien sûr, ce genre d’accessoire, c’est bienvenu. On a des Français qui font ça, comme je dis, Joker Bike, et je n’ai aucune action chez eux.
Ermanno : Alors, pour revenir, justement, sur le sujet du podcast, qui est quand même le vélotaf, on l’aura bien compris, le cargo, c’est un peu le vélo de tous les jours, si on a des enfants, si on a des potes, si on aime se balader en vélo et transporter des choses. Mais c’est aussi, forcément, le vélo du vélotaf, parce que, quand on a des enfants, il faut ramener les enfants à la crèche ou à l’école, il faut aller les récupérer le soir. Donc, finalement, c’est l’outil idéal pour pouvoir se déplacer de la maison au bureau, du bureau à la maison, ou même faire les déplacements professionnels.
Ermanno :Tu parlais d’un certain budget pour acquérir un cargo. Là, sur le site que tu proposes, quels sont à peu près les budgets pour un vélo-cargo ? Forcément, je ne te demande pas le cargo idéal, mais, en gros, la fourchette du moins cher ou plus cher, actuellement, si tu pouvais nous donner un chiffre pour que notre audience se fasse une idée aussi. Et puis, peut-être, se disent « Tiens, c’est vrai que j’ai un vélo classique, mais ce serait peut-être mieux au lieu d’avoir un vieux siège bébé derrière qui ne tient pas super bien et puis mon enfant grandit, pourquoi pas investir dans un cargo ? » Donc, combien est-ce qu’il faudrait compter pour passer à l’action ?
Clément : Complètement, c’est un vrai sujet. Pour les vélos non électriques, donc les vélos musculaires, il faut compter minimum d’occasion, je parle de 1000 euros. C’est vraiment la fourchette d’entrée pour avoir quelque chose de minimum correct. Et après, ça va monter, même en musculaire, si on veut un Bullitt, qui est un petit peu la Mercedes du vélo cargo. Si on veut un Bullitt, il faut compter 2500 euros, entre 1000 et 2500 euros d’occasion pour un non électrique. Et ensuite, pour un électrique, justement, je dirais, pour commencer, ça sera minimum 2000, j’allais dire 2500, jusqu’à 4500, c’est vraiment commun comme prix. C’est les prix du marché, en fait, et ils sont assez peu…la perte de valeur est vraiment minime, comparé aux neufs, parce qu’il y en a assez peu sur le marché, et la demande est énorme. Il faut savoir qu’un vélo cargo, d’après les vélocistes, ils sont gardés entre 5 et 6 ans. Donc, ça veut dire que ce que je trouve aujourd’hui sur la plateforme, ça a été acheté éventuellement en 2017, 2018. Ensuite, voilà, pour les prix, c’est un budget, il faut y compter. Néanmoins, l’astuce pour ceux qui n’ont pas ce budget-là, je vous invite à taper les mots-clés JITAN sur les plateformes. Vous pourrez tomber sur des vélos La Poste qui peuvent aussi faire l’affaire, j’en ai vu beaucoup sur Facebook, les transformer en espèce de long tail où ils arrivent finalement à caler deux, voire trois enfants, parfois, en mettant une petite selle sur le cadre, entre le guidon et la selle. Voilà, donc, petite astuce, les vélos La Poste. Et maintenant, c’est vrai que c’est très utilisé pour le vélotaf aussi. Moi, j’en vois beaucoup, je suis beaucoup sur les forums Facebook et les gens, finalement, l’achètent pour les enfants au début et finalement, se rendent compte que c’est beaucoup trop pratique et une fois que les enfants sont grands, le gardent aussi pour faire d’autres choses. Donc, à savoir, effectivement, aller au travail et puis après, récupérer les courses et puis après, aller à Jardiland, acheter des fleurs parce qu’il fait beau et tout ça. Et finalement, ça devient assez naturellement, le deuxième véhicule et bien souvent, les gens ont des regrets de devoir s’en séparer, voilà.
Ermanno : Bon, mais heureusement, ils sont bien pris en charge parce qu’il y a une belle plateforme de trading de son vélo cargo. On le rappelle, Cargo Bike Trade. Pour terminer, Clément, je voudrais revenir encore sur toi un petit peu et sur ce fameux sujet du vélo taf. Est-ce que tu pourrais nous parler de ton meilleur souvenir de vélo taf ou de vélo sans taf ? Hum…
Clément : Oui, je dirais qu’une fois, j’ai été j’ai fait un trajet, aller-retour, ça faisait 20 kilomètres à vélo cargo et on a été sur un lac avec une amie et il se trouve qu’en fait, ce qui m’a fasciné, c’est que je connaissais le vélo cargo mais je l’avais… C’est bizarre, c’est souvent le coordonné le plus mal chaussé, mais ça faisait que deux mois que j’ai un vélo cargo. Et il se trouve que j’étais fasciné par… C’est vraiment un paquebot, un vélo cargo, mais pas au sens physique, au sens où ça brise la carte. Ça glace. Les gens s’arrêtent, nous posent des questions, hum… Déjà, ils ne connaissent même pas le mot vélo cargo. Je sais pas si c’est propre aux Mans, mais en tout cas, c’est vraiment courant. Et au-delà de ça, du coup, ça crée une espèce, un lien, une sympathie, etc. Donc, voilà, si je mets souvent quelqu’un dans la caisse, les gens rigolent, les passants disent « Oh, bah dis donc, elle a la bonne place, il a la bonne place. Est-ce que je peux monter ? » Enfin, des choses comme ça. Ça, c’est mon meilleur souvenir. C’est cette balade où je me suis fait arrêter plusieurs fois et on a l’impression presque de connaître des gens, alors que c’est la première fois qu’on les aborde tellement la discussion est sympathique.
Ermanno : Alors, je voulais quand même faire un petit disclaimer en termes de notamment de sécurité. Même ceux qui montent dans la caisse, n’oubliez pas de mettre un casque. Alors, la ceinture, je suis pas certain qu’il y en ait sur les vélos cargo, surtout pour les adultes, mais pensez quand même à l’aspect sécurité. Même si, même si, il devait y avoir un accident avec un vélo cargo, la caisse est quand même basse. Donc, du coup, en général, la personne qui est transportée dans la caisse, là où les personnes, parce qu’on l’a compris, parfois, on peut mettre des personnes dans la caisse, risque peut-être moins de blessures que le pilote. Mais en tout cas, n’oubliez pas de mettre à minimum un casque et puis des vêtements qui vous éviteront de vous brûler sur le sol. À ton avis, qu’est-ce qu’on pourrait faire ? Comment promouvoir, l’utilisation du vélotaf, si possible, en vélo cargo ?
Clément : Eh bien, en fait, je pense que c’est les entreprises qui doivent un petit peu se remuer les fesses au sens où le vélo cargo, ça prend de la place, ça a beaucoup de valeur et on peut pas toujours le stationner, en fait, sur les arceaux classiques. On n’a pas nécessairement envie non plus de le laisser à l’extérieur parce que ça a un prix, comme on l’a dit tout à l’heure. Et donc, c’est une vraie contrainte à son usage, au quotidien. Il y a des initiatives qui se passent dans les grandes villes. On voit à Paris, Bordeaux, Nantes, etc., Lyon. Mais ça reste encore vraiment trop minime. Aujourd’hui, voilà, trouver un endroit sécurisé, c’est pas évident. Il existe la solution Vélhome, pour ceux qui connaissent.
Ermanno : Eh bien, j’allais t’en parler, justement, je les ai reçus sur le podcast.
Clément : Effectivement, ça peut être une solution. Mais je pense que ça passera par là, d’abord, par la création d’infrastructures et de solutions au stationnement.
Ermanno : Ok. Eh bien, écoute, j’allais effectivement placer Vélome, parce que je trouve que aussi bien leur solution que leur démarche, qui s’inscrit un peu comme dans la tienne, c’est-à-dire, permettre à tous l’utilisation du vélo et ne pas faire payer pour utiliser la plateforme, est plutôt louable. Donc, voilà, tu l’as replacé. Je le rappelle, Vélhome, c’est une plateforme qui permet de mettre en relation des gens qui ont des espaces sécurisés de stockage de vélo, que ce soit temporaire ou à plus long terme, et puis des utilisateurs, des utilisateurs, des utilisateurs, des utilisateurs, des utilisateurs de vélo, donc des cyclistes qui vont avoir besoin de poser le vélo quelque part pour quelques temps ou alors que ce soit pour aller chercher le pain, pour aller au boulot, pour aller à l’école ou autre. Et voilà, je vous invite à refaire un tour sur l’épisode sur lequel j’ai reçu le fondateur de Vélhome. Ça s’écrit Vélo, plus loin, Home, comme maison.
Clément : Il n’y a pas de O, c’est V-E-L-H-O-M-E. Voilà. Mais c’est gratuit. N’hésitez pas à y aller.
Ermanno : Voilà, exactement. Donc on l’aura bien compris, pour toi, ça passe par les infrastructures. Est-ce que tu penses qu’il y aurait d’autres choses à faire, et notamment tout cet écosystème du vélo, que ce soit spécialisé vélotaf ou pas, mais tout cet écosystème du vélo de manière générale, contribue aussi à l’amélioration, à la construction, à la maintenance des infrastructures. Alors je pose souvent la question, mais moi il y a une chose qui me vient en tête, ce serait par exemple du naming de pistes cyclables. On voit avec les stades de foot qui portent le nom de grandes enseignes. Est-ce qu’à ton avis, une piste cyclable, cargo bike trade, qui relierait Le Mans à Bordeaux, ça pourrait être une solution pour favoriser le vélo taf ?
Clément : Alors c’est une solution, c’est clair, plus il y a de pistes cyclables, plus on voit de cyclistes. Mais tu mets une fois de plus le doigt sur quelque chose d’important, au sens où en fait, nous, les vélos cargo, on est très contraints, même sur les chemins, les voies cyclables, au sens où il y a des barrières pour ralentir les scooters, les vélos, enfin les interdire parfois, les scooters. Et nous, avec notre caisse, la longueur du vélo, on n’arrive pas à passer ces infrastructures. Je vois très souvent des photos sur Twitter de gens qui sont en galère, et c’est vrai que ça pèse un âne mort, un vélo cargo. On ne peut pas tous réussir à le soulever. Première chose, avoir des pistes cyclables qui sont aussi faites pour les vélos cargo, ça serait un premier pas pour son usage au quotidien. Et au-delà des pistes cyclables, effectivement, les nommer, ça pourrait être sympathique, donner un peu plus d’ampleur au mouvement. Et puis, j’avais pensé, en fait, aussi, pour le vélotaf, un premier pas, ça serait la location. Mettre en avant plus de services de location dans les villes, mais aussi professionnels, donc amis et entrepreneurs, si vous voulez vous lancer, il y a vraiment un créneau là-dessus. Je pense qu’il y a beaucoup de gens qui voudraient en faire du vélo cargo, mais qui ne peuvent pas parce qu’ils n’ont pas de garage. Ils ne veulent pas forcément en acheter un, ils ne l’utilisent pas tous les jours. Donc, en proposer près de chez soi, pour aller au travail, rentrer, à la location, ça pourrait être une piste d’amélioration à son usage.
Ermanno : Ok, écoute, super, merci beaucoup pour tes retours et pour tes bonnes idées. Est-ce qu’il y avait d’autres points que tu voulais aborder, Clément, où on reste sur ces mots pour clôturer l’épisode ?
Clément : Eh bien, c’était bon pour moi, j’ai passé pas mal de choses en revue, n’hésitez pas à venir me poser des questions en privé si vous avez plus de questions, donc cargobytrade.com, il y a la page contact et vous me trouverez.
Ermanno : Justement, la toute dernière question que j’avais pour toi, enfin, l’avant-dernière, c’était déjà où est-ce qu’on peut te retrouver, où est-ce qu’on peut te suivre sur les réseaux sociaux ou sur ton site, si on veut en savoir plus et puis si on veut échanger avec toi ?
Clément : Complètement, j’ai quasiment tout, Instagram, Twitter, je suis vraiment pas difficile, je suis très très joignable, vous pouvez m’appeler à n’importe quelle heure, même le dimanche. Donc, voilà, Twitter, c’est toujours le même nom, cargobiketrade sur tous les réseaux, voilà, je suis même sur TikTok pour vous dire.
Ermanno : Et du coup, les TikTok que tu fais, ça ressemble à quoi ? C’est tes expériences en vélo-cargo ? Avec les amis, tu te trimbale dedans ?
Clément : Effectivement, on me voit sur les quais de Bordeaux, ça, c’est un côté que j’aime bien, c’est super agréable, et puis après, je mets à… Effectivement, on voit un photographe, on voit les personnes que je transporte, c’est encore assez récent, ça fait deux mois, mais affaire à suivre.
Ermanno : Ok, super, on ira jeter un oeil dans tout ça et puis de toute façon, moi, je mettrai les liens dans les notes de l’épisode. Et effectivement, la toute dernière question, si tu devais passer le micro, à quelqu’une ou à quelqu’un, à qui est-ce que tu pourrais penser ?
Clément : Je pense à Batch, qui sont dans le sud, ils fabriquent des vélos-cargo recyclés, Batch Cargo Bike. C’est à partir de cadres de cadres de vélos qui étaient destinés à la déchetterie ou qui traînaient au fond d’un garage, et finalement, ils collent une plateforme, ils soudent cette forme à un vieux cadre. Et je trouve que c’est une belle initiative pour faciliter vraiment l’achat de ces vélos-cargo. Et en plus de ça, c’est une démarche je dirais responsable, donc il mérite d’être connu.
Ermanno : Ok, bah écoute, peut-être qu’en off, on échangera les coordonnées, comme ça je pourrais les contacter et les inviter à venir échanger sur le podcast.
Clément : Avec plaisir.
Ermanno : Super, bah écoute, merci beaucoup Clément, je te souhaite une bonne continuation, et puis évidemment, longue vie à Cargo Bike Trade, et peut-être qu’on se croisera dans une caisse de vélos-cargo un de ces quatres ?
Clément : J’espère bien, sur le Mans. A plus, Ermanno.
Ermanno : Merci, ciao.