Entrepreneur, journaliste et amoureux du vélo, Léry en est à sa troisième ou quatrième vie quand il décide de créer la newsletter Le Concentré Vélo. Le concentré vélo, c’est une newsletter qui permet, chaque jeudi, de suivre l’actualité cyclable dans le monde et de parfaire sa culture vélo. Faites grandir votre culture cyclable et tenez-vous informé.e.s de l’essentiel de l’actualité vélo : 100% mobilité vélo & 0% cyclisme sportif.

Après un an, la newsletter compte plusieurs milliers d’abonnés avec un taux d’ouverture de plus de 60% dans les premiers jours !

Il me tenait à coeur de recevoir Léry pour échanger avec lui de sa pratique, mais surtout, de sa passion pour le vélo.

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Ce podcast animé parErmanno DI MICELIest proposé par l’ONGTwoWheelTuesday(@2wteu), et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique duVélotaf.

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Full Trancript 

Ermanno : Bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour un nouvel épisode du podcast Vélotaf. Aujourd’hui, j’ai la chance de recevoir un Français expatrié, mais on va parler un petit peu de tout ça. On va parler de lui, on va parler de son média et je veux parler de Lery Jicquel. Salut Lery. Salut Ermanno. Content de t’avoir, surtout que j’ai raté notre dernier rendez-vous. Petite organisation de dernière minute avec la famille et on était vraiment coincés. Je n’avais aucun moyen de me connecter. Mais bon, là, je suis très content qu’on ait enfin ce rendez-vous ensemble. Je dois le dire, j’ai découvert ton média, je ne sais même plus comment. Et puis, quelques jours après avoir découvert ton média, tu es venu vers moi en me disant « Tiens, j’ai vu que tu avais un podcast, ce serait sympa qu’on en parle. » Et voilà, je t’ai lancé une invitation. Mais il y a une tradition dans ce podcast, c’est que je laisse la parole à mon invité pour qu’il se présente. Donc, dis-nous tout. Qui est Lery Jicquel ? Qui es-tu ? Que fais-tu dans la vie ? Quel âge as-tu ? Et puis, pour toi, on va rajouter une petite question supplémentaire. Où habites-tu en ce moment ? 

  

Lery : Ok Ermanno. Alors, moi, je m’appelle Lery, j’ai 36 ans. Aujourd’hui, depuis trois mois pour être précis, je me définis comme entrepreneur et freelance dans le secteur du vélo. Mes missions, principalement, c’est aider les entreprises, les organisations, les administrations à aider davantage leurs clients, leurs usagers, leurs utilisateurs. Donc, c’est ça ma mission. Je le fais de différentes façons. Et puis, j’ai deux médias. Un qui s’appelle Vélo, qui est un blog qui existe depuis quasiment dix ans. C’est uniquement des conseils pour trouver, dénicher des vélos d’occasion. C’est vraiment du conseil. Et puis, l’autre, ça s’appelle Le Concentré Vélo. Tu en as parlé juste à l’instant. C’est une newsletter. C’est une newsletter pour faire grandir sa culture vélo. Avec une promesse, on ne parlera jamais, jamais du Tour de France dans cette newsletter. Elle ne s’adresse pas du tout aux cyclistes professionnels, aux sportifs ou à la compète. Mais c’est tout le reste, tout ce qui existe autour du vélo. Voilà. Et donc, où est-ce que j’habite ? J’habite vraiment loin de chez toi, aujourd’hui, puisque j’habite à New York depuis trois mois pour des raisons personnelles. Je vis ici depuis quelques semaines. 

  

Ermanno : Comme je te le disais en off, New York, c’est une ville qui me fait rêver. Je vois à travers les fenêtres de chez toi que le soleil brille. Et ça me rappelle vraiment des bons moments que j’ai passés en famille, et notamment avec ma sœur qui vit aussi aux États-Unis. Donc, ça me fait vraiment plaisir d’échanger avec toi, tu vois, parce que j’ai l’impression de revenir à New York pour une fois. Donc, tu nous as dit qui tu étais. J’ai aussi une autre question habituelle. C’est est-ce que tu es toi-même pratiquant du vélo taf ou des mobilités douces de manière générale? 

  

Lery :  Oui, oui, complètement, 100%. Moi, je vélo taf surtout. Donc là, à New York, j’ai la chance d’aller travailler pas très loin de mon lieu. J’ai des habitations. Mais à Paris, je vélotafais effectivement tous les jours. Je faisais à peu près presque 20 km aller-retour par jour. Et je vélo taf. Et je suis aussi un cycliste du week-end. C’est-à-dire qu’on se fait des balades de quelques heures le week-end. Et on a commencé le cyclotourisme il y a deux ans. D’abord, je l’ai fait avec des potes. On a fait la Vierrona pendant quelques jours. Et l’année dernière, on a fait une partie de la Normandie avec mon épouse. Et c’est très cool. Donc voilà. Voilà un peu notre… C’est la manière à moi de faire du vélo aujourd’hui. 

  

Ermanno : Bon, c’est cool. Il y a plein de choses qui nous rejoignent aussi. Parce que moi, je suis normand à la base, tu vois. Donc si tu as fait un petit bout de la Normandie, tu es peut-être passé par les coins que j’ai moi-même fréquentés pendant mon enfance. Sur la partie vélotaf, justement, tu fais ça quasiment quotidiennement puisque tu utilises le vélo pour te déplacer. Dans tes médias vélo, on sent bien que c’est effectivement un outil que tu utilises au quotidien. Pourquoi en fait ? Pourquoi est-ce que tu utilises le vélo ? Est-ce que c’est parce que tu n’as pas trop… D’autres choix ou c’est pour une question d’ordre de conviction personnelle ? 

  

Lery : Bon, la première réponse, c’est juste que c’est pratique, quoi. C’est juste super pratique. À Paris, surtout avec les nouvelles pisciclables et tout, pour moi, c’est tellement plus pratique. Voilà. La deuxième, c’est le plaisir que ça procure. J’avoue que ça, tout le monde n’y pense pas forcément, mais je le dis, moi, le matin, à Paris, me lever et me dire que j’allais faire les quais de Seine avec soleil de face, 7h30, pas trop de monde, la Seine qui est toute calme, la brigade de je ne sais pas quoi, des policiers de la Seine qui sont en train de faire des… qui sont en train de nager avec leur combi en plein hiver. C’est juste fou, quoi, avec ces beaux bâtiments. Donc ça, c’est juste du plaisir. Je crois qu’il y a ça aussi qui compte beaucoup. Et ensuite, moi, il s’est passé un truc. Quand j’ai lancé mon blog sur le vélo d’occasion, je n’étais pas du tout vélotaffeur. J’étais étudiant. Je le faisais vraiment pour payer mes vacances, quoi. J’achetais des vélos à la campagne, autour de Lyon, et je les revendais à mes potes, à mes amis à la fac. Deux fois le prix que je les avais achetés. Et ça me permettait de me payer mes billets EasyJet. Enfin, vraiment, c’était que ça. Et de fil en aiguille, forcément, j’ai comme ça m’y intéressé. Et puis, je suis devenu vraiment un partisan et presque, j’ai pas honte de dire, un lobbyiste, en fait, pro-vélo. Et j’ai rencontré plein de monde. Je te rencontre aujourd’hui, mais en disant, c’est incroyable le nombre de personnes qui gravitent dans cet écosystème. Et donc, voilà, je crois qu’il y a aussi un côté communautaire. Le fait d’être vélo taffeur, c’est aussi une motivation supplémentaire. 

  

Ermanno : Est-ce qu’il y a aussi quelques convictions eu égard à l’écologie chez toi, ou c’est vraiment, on reste vraiment sur ce dont tu parlais, c’est une question de praticité et puis de plaisir ? 

  

Lery : D’abord, c’est la praticité et le plaisir. Et quand je parle de la partie lobbyiste, c’est ça, c’est que les bienfaits du vélo pour la ville, notamment, mais pas que, mais parce que c’est mon lieu, c’est là où je pédale. Mais je pense qu’évidemment, la campagne, mon zone pérurbaine, c’est pareil. C’est vraiment ce qui compte. Le bruit en moins, la pollution,  pour la santé. Mais est-ce que tu penses que tes auditeurs ne sont pas déjà convaincus de ça ? Donc, je n’ai pas envie de les tanner avec ces arguments qu’ils connaissent par cœur. Mais oui, bien sûr que c’est d’abord pour ça. 

  

Ermanno : Je pense qu’ils en sont convaincus. Après, l’objectif de ce podcast aussi, c’est de mettre le plus grand nombre de personnes au vélo ou de manière plus générale aux mobilités douces. Et donc, plus on va le répéter et mieux ce sera, je pense. Alors, toi qui es à New York et qui as vécu à Paris avant, et qui en plus, si j’ai bien compris, travaillais dans une collectivité locale, qu’est-ce que tu notes comme différence entre Paris, New York ou plus généralement entre la France et les Etats-Unis sur la pratique du vélo ou l’accessibilité au vélo ? 

  

Lery :  Alors, je vais te dire, moi j’ai commencé ma carrière dans une petite commune près de Lyon. Et je ne pouvais pas y aller en vélo, c’était un peu loin. Mais j’avais un collègue qui allait en vélo à l’époque. Ensuite, effectivement, je suis arrivé à Paris. Là, j’ai fini dans un incubateur de start-up à Paris. Donc, c’était plutôt une culture vraiment vélo-taffe. Clairement, tous mes collègues étaient convaincus. C’est une génération comme ça, c’est cool. Et donc là, à New York, de nouveau, je travaille avec un incubateur. Et qu’est-ce qui change ? Je pense que déjà, si je compare Paris à New York, ce qui me surprend, une anecdote. Les pictogrammes au sol, pour dire voie cyclable, ressemblent à Mireille Mathieu. En fait, ils font la promotion du casque comme ça, je pense. Et donc, les pictos ont un bol sur la tête où je laisse imaginer les auditeurs à quoi ressemble un pictogramme de Mireille Mathieu au sol. Mais c’est assez drôle. Ensuite, il y a énormément… Il y a énormément de pistes cyclables à New York. Mais tout le monde m’a dit, comment tu vas faire ? C’est les Etats-Unis, il n’y a pas de vélo, c’est le pays des voitures. Bah, New York, c’est la ville probablement la plus européenne des Etats-Unis parce qu’il y a des pistes cyclables partout. Ils ont des pistes cyclables de différents niveaux. Des trucs hyper sécurisés où tu ne vas jamais croiser ni piétons, ni voitures. Et moi, je peux faire. Pour imaginer, pour ceux qui connaissent Paris, mais si c’est de comparer, c’est comme si le nord de Paris était entouré d’une piste cyclable et le sud de Paris était entouré d’une piste cyclable. Donc ici, il y a Manhattan et Brooklyn, je simplifie un maximum. Les deux sont entourés de pistes cyclables autonomes où tu ne vas jamais croiser qui que ce soit et tu peux rouler sans t’arrêter quasiment. Et donc, c’est magique, c’est les quais. C’est les quais tout le temps et tu peux rouler des heures comme ça. Ensuite, il y a plein de pistes cyclables dans les villes. Donc, New York, ce n’est pas du tout comme Paris en termes d’urbanisme. Ici, c’est des lignes perpendiculaires et parallèles partout. Donc, les grands boulevards, tu peux y aller à vélo, mais ça ne sert pas à grand-chose. Va sur la petite rue d’à côté qui est tout seul. De toute façon, dans la même direction, tu ne peux pas te perdre. Et là, tu as des pistes cyclables ou des routes qui sont aménagées pour les vélos. Là, entre nous, Ermanno, je suis encore dans la pente découverte de New York. Je suis assez heureux et content. Tout ce que je veux dire est très enthousiaste. Un jour, je vais forcément m’arrêter pour trouver un plateau ou redescendre, mais je donne un peu de contexte. Et pareil, les automobilistes ne te klaxonnent pas. Ils font plutôt gaffe à toi. Tu ne te sens pas agressé, tu ne te sens pas poussé. Je ne sais pas, franchement, ça, c’est cool. Peut-être un côté négatif, c’est que les camions, ils sont beaucoup plus grands qu’à Paris. Donc, quand on dit de ne vous mettre pas devant un bus ou un camion, ou à droite ou à gauche d’un camion en France ou ailleurs, d’ailleurs, pour ne pas vous faire écraser, ici, c’est pire. Il faut vraiment être très loin devant ou sur le côté parce qu’ils ne peuvent pas te voir. C’est des monstres dans la ville. C’est vraiment impressionnant. Donc, ça, il faut faire gaffe. Quoi d’autre ? Une politique… C’est ce qu’on m’a dit, je ne suis pas allé vérifier, mais ici, la mairie ne te dit pas que vous devez mettre un casque, ne te dit pas que ce serait mieux, mais juste, viens à la mairie, et on t’offre un casque. Donc, tu vois, ils aident les gens à passer à l’action. Ce n’est pas que des injonctions à faire ou de la prévention. Non, c’est… Si nous, on pense que vous devez en porter, la meilleure chose qu’on puisse faire, c’est vous les donner. Donc, tu vois, ils vont au bout de leur raisonnement. Donc, ça, c’est assez impressionnant aussi. Beaucoup de communautés de cyclistes, mais à l’image de ce qu’on peut peut-être se dire des États-Unis, c’est des communautés par affinité, par origine, par genre. Voilà, c’est un peu différent. Et puis, un côté négatif, après j’arrête parce que je pourrais passer des heures, c’est la vitesse des vélos électriques. Je crois qu’ici, ils dépassent les 30 km heure. Donc, c’est très vite… C’est très vite flippant, quoi. Et en plus, tu n’es pas obligé de pédaler sur les vélos électriques. J’en ai testé. Donc, c’est une mobilité. C’est des scouts, en fait. En vrai, c’est des scouts. Et d’ailleurs, je vais arrêter là. Ici, les cyclistes et les gars à moto ont la même… sont proches, en fait. Ils veulent prendre de la place sur les voitures et en fait, ils ont la même logique, ils se retrouvent dans les mêmes bars, ce genre de trucs. En tout cas, c’est ce que j’ai compris. Ça fait que trois mois que je suis là, mais je vois sur la communication de certaines marques ici, ils ne font pas la distinction. Alors qu’en France, ça me paraît impossible. 

  

Ermanno : Ouais, en France, tu as plusieurs mondes, quoi. Tu as le monde des automobilistes, tu as le monde des motards. Et puis, tu as… Allez, un troisième, c’est les cyclistes. Et puis, un dernier, c’est le reste, quoi. C’est les trottinettes, c’est les piétons. 

  

Lery : Non, mais c’est ça, c’est une culture différente. Mais ça fait que trois mois que je suis là, donc j’ai encore plein de choses, et je me trompe peut-être, et j’ai encore plein de choses à découvrir. 

  

Ermanno : Bon, alors, tu n’as pas encore vécu le vrai hiver à l’américaine, enfin, à la new-yorkaise ? Ah, si, si. 

  

Lery : Moi, je suis arrivé la veille de Noël ici. Ah oui, donc… Donc, on a eu les tempêtes, on a eu le vent polaire. là encore, si je dois comparer, c’est du ciel bleu quasiment tous les jours. Alors qu’ici, il peut faire très, très froid, mais tu as un ciel bleu, même en plein hiver. Il n’y a pas des semaines de grisaille. Donc, ça, c’est agréable aussi. 

  

Ermanno : Bon, c’est peut-être un petit peu plus dur de faire du vélo, ou tu as équipé ton vélo avec des pneus de neige ? 

  

Lery : Non, non, non, ça va. Même quand la neige est là, elle ne tient pas très longtemps. Et puis, je veux dire, comme à Paris, tu as des livreurs partout ici. Et eux, quels que soient les intempéries, ils sont avec leurs pneus. Ce ne sont pas des fat bikes, c’est des vélos classiques. Donc, non, d’autres y arrivent, pourquoi pas moi. Mais bon, je n’en ai pas fait. Honnêtement, en plein hiver, quand il faisait moins 10, je n’ai pas mis le vélo dehors. 

  

Ermanno : Bon, écoute, peut-être que ce sera l’objectif pour l’année prochaine. Et du coup, puisqu’on en parlait aussi, quand même, tout à l’heure, en termes d’infrastructure, tu sens vraiment qu’il y a une différence entre Lyon, Paris, New York, où là, ils font un peu plus les choses en faveur des vélos, ou c’est peut-être le côté vaste des Etats-Unis qui permet aussi d’avoir un petit peu plus de cohabitation entre les différents modes de transport ? 

  

Lery : Là aussi, je vais être très humble sur mes réponses. Je ne suis pas du tout expert, mais j’ai l’impression que les trois villes dont tu parles, que je connais très, très, très bien, ont pris le virage vélo à 100%. Lyon, c’est incroyable ce qui se passe à Lyon. Vraiment, c’est fou. On pourrait y aller régulièrement. Enfin, voilà, une anecdote, si mes parents s’en plaignent, c’est que vraiment, il se passe quelque chose. C’est que vraiment, les vélos, ils sont partout. Donc ça, c’est cool. Paris aussi, je l’ai vécu, c’est génial. Et là, ici, à New York, c’est pareil. Les principes, tous les ponts, il n’y a pas énormément de ponts, mais il y en a quand même qui sont assez connus. Ils n’ont pas pris sur les piétons pour faire passer les vélos, ils ont pris sur les voitures, pour enlever une voie de voiture et mettre des pistes cyclables. Donc, ouais, non, ils ont pris le virage, il n’y a pas photo.  

Ermanno : Si on parlait un petit peu de tes médias, justement. Tout à l’heure, tu nous parlais de ton blog, Vélook, il faudra que tu nous redonnes l’adresse, d’ailleurs. Et puis, de ta newsletter, le Concentré Vélo. Est-ce que tu peux nous faire un petit rappel, justement, de ce que c’est, comment ça fonctionne, depuis combien de temps ça existe, et puis qu’est-ce que tu recherches via ces médias-là ?  

  

Lery : Donc, Vélook, ça existe depuis 2008. Donc, Vélo, c’est V-E-L-O-O-K. Ça existe depuis 2014. Et c’est un site sur lequel tu vas trouver des conseils quand tu n’y connais pas grand-chose en matière de vélo. Donc, c’est vraiment pour, ce que tu disais, attirer ceux qui n’y connaissent pas grand-chose. Donc, en gros, si tu ne connais rien en matière de vélo, et si malheureusement tu n’as personne dans ton entourage qui peut te conseiller, eh bien, moi, je t’aide à trouver, à dénicher un vélo d’occasion. Donc, pour moi, le marché du vélo d’occasion, c’est le meilleur marché du monde. En matière de cycle, parce que c’est là qu’il y a le plus grand choix. C’est là que les prix sont les plus accessibles. Et c’est là que tu peux trouver le plus d’entraide. Si tu peux aller voir un vélociste qui est en vent ou une association d’auto-réparation, tu trouveras des gens qui seront là pour t’aider et qui seront s’adapter à ton budget. Et c’est quand même un gros avantage. Et aujourd’hui, tu as énormément de plateformes. Donc, sur ce site, tu vas trouver l’inventaire de tous les sites en ligne qui permettent de trouver des vélos d’occasion. Tu vas trouver l’agenda des bourses au vélo pour toutes les prochaines bourses au vélo. Tu vas trouver un quiz qui va te permettre de répondre à 10 questions qui vont te dire le style de vélo adapté à ton besoin. Je pense qu’Armando, tu connais l’histoire d’un collègue qui te dit « J’ai emprunté le VTT de mon fils depuis 3 jours. Puis le quatrième jour, il en a rien mal à dire. » Et tu te dis « Oui, j’ai un Limbago. Et plus jamais, je ferai du vélo. » Et en fait, c’est juste que c’est pas lourd parce qu’il ne fallait pas prendre le vélo de ton fils qui est trop petit et qui n’est pas adapté à ton trajet. Et le problème, c’est que lui va dire ça à la machine à café et que tu as 3 autres personnes qui vont se dire « Le vélo, c’est pas bien, ça donne mal au dos. » Alors que c’est tout l’inverse. Donc le but, c’est un peu d’orienter les gens pour qu’ils ne partent pas sur des vélos pas du tout adaptés, juste parce qu’ils sont attirés par le style, la couleur ou le prix. Et c’est pas le plus important sur un vélo, d’après moi. Voilà, et je fais aussi là-dessus, sur ce site, des interviews d’entrepreneurs, hommes ou femmes, dans le secteur du vélo, parce que c’est, là aussi, je pense qu’une partie de la révolution vélo en France passe par, je ne sais pas si ça existe ce mot, le vélo-entrepreneuriat. La Vélothèque, toutes ces personnes qui vont se lancer dans ce secteur et qui vont apporter du service et des choses de valeur pour les cyclistes présents ou à venir. Et alors, le Concentré Vélo, ça c’est une infolettre, une revue de presse que j’envoie tous les jeudis depuis un an, je fais un an demain, pour tout te dire. C’est un truc qui a démarré coup de bluff, je me suis dit, tiens, et si je faisais une newsletter, vu que je consomme énormément d’actu là-dessus, autant partager ce qui m’a le plus plu. Et puis, de fil en aiguille, les gens se sont abonnés, j’ai eu des retours, j’ai été contacté par un incubateur qui m’a dit, on voudrait t’aider ta compagnie pour faire grandir ce média, parce qu’on le trouve cool. J’ai fait ce parcours-là pendant quelques mois, et puis aujourd’hui, c’est quasiment une activité, je fais ça à mi-temps, quasiment, et c’est passionnant. C’est passionnant de rentrer chez les gens le jeudi matin, et te dire que vraiment, pendant leur café, ils le boivent, moi j’ai les stats, je vois heure par heure le nombre de personnes qui ont ouvert ma newsletter, sur quels liens ils ont cliqué, alors je sais pas qui a cliqué où, heureusement, on garde un peu de secret sur la vie de privé des gens, mais c’est très particulier, et en même temps, c’est une grande liberté, c’est un lieu, c’est un laboratoire, je peux écrire ce que je veux, entre guillemets, je peux tester des formats, je peux tester des contenus, et j’apprends, et en même temps j’apprends avec une communauté qui me suit, qui peut être vraiment bienveillante, donc voilà, le but de cette newsletter, c’est vraiment faire grandir sa culture cyclable, avec les infos en France et dans le monde, et c’est sa seule ambition. 

  

Ermanno : Et en termes d’audience, justement, que ce soit sur Vélou, qui, tu l’as dit, existe depuis plusieurs années, et le Concentré Vélou, qui existe depuis un an maintenant, comment est-ce que tu te situes ? 

  

Lery : Alors, le Vélou, j’ai à peu près 150 000 à 300 000 visiteurs par an, ça va dépendre de la saisonnalité, ça va dépendre de la qualité de mon contenu, ça va dépendre des concurrents qui vont me prendre des places sur les moteurs de recherche, mais voilà, c’est à peu près ça. Je ne suis pas vraiment pour Vélou, que c’est mon premier projet perso sur le vélo, sans aucune arrière-pensée, donc il a plein d’avantages, et puis il a aussi plein de défauts que je ne pourrais plus jamais corriger, et ce n’est pas un souci. Par contre, la newsletter, le Concentré Vélou, j’essaie d’avoir une approche plus professionnelle, avec une approche journalistique, je ne suis pas journaliste, mais j’essaie d’avoir une approche journalistique, et donc là, j’ai 2600 abonnés, et j’ai un taux d’ouverture, pour traduire pour les auditeurs, quand vous recevez des spams ou des mails, il faut comprendre que la plupart du temps, c’est vraiment chiant, parce que ce n’est pas très quali, et ces boîtes qui font ça, elles sont contentes quand elles ont 5 à 15% des personnes à qui elles ont envoyé ça, qui ont ouvert leur email. Ça, c’est le paradis pour elles. Moi, aujourd’hui, c’est mon indicateur principal, je suis au delà 60%. Donc, sur les 2600, j’en ai plus de 60% qui vont l’ouvrir, et si je prends sur 10 éditions, je suis bien au-delà, parce qu’il y a bien plus de gens qui vont l’ouvrir en décalé sur le temps long. Donc ça, c’est vraiment mon étoile du Nord, c’est ce qui me permet de me dire que je continue de créer des choses qui ont de la valeur. Voilà, pour te donner une idée. 

  

Ermanno : Et en tant que créateur de contenu, je pense que je suis bien placé pour le savoir aussi, il y en a qui font ça pour le pur plaisir, il y en a qui font ça pour comme side project, et puis se dire si je monétise, ça peut aider, et puis il y en a d’autres qui font vraiment ça pour gagner de l’argent avec. Est-ce que toi, tu as un business modèle derrière ? Est-ce que tu en tires des revenus ou au contraire, tu fais vraiment ça uniquement pour le plaisir ? 

  

Lery : Non, non, j’en tire des revenus. Au début, je l’ai fait pour le plaisir, et c’est quand j’ai vu arriver des marques me dire est-ce qu’on pourrait sponsoriser ou autre, et quand je suis passé par l’incubateur où on m’a expliqué comment faire ça proprement, c’est-à-dire, moi, ma crainte, c’était mes lecteurs. Un des premiers sondages que je leur envoyais, c’est accepteriez-vous qu’il y ait de la publicité ? Et à ma grande surprise, vraiment, parce que je pense que je suis exactement l’inverse de ça, les gens m’ont dit à 95%, j’ai le sondage, j’ai eu plus de 200 réponses, oui, pas de problème, à condition que ça parle que de vélo. Oui, tu ne fasses pas de la pub pour Engie ou pour Gaz de France. 

  

Lery : Sauf s’ils se mettent à faire des vélos au gaz, je n’en sais rien, mais en tout cas, ce n’est pas prévu, et donc je l’ai testé, j’ai testé avec un premier partenaire qui a bien voulu, pour que dalle, pour quelques euros, mettre une pub, pour voir le taux de désabonnement. Moi, ma crainte, c’était que la moitié s’en aille, parce qu’au secours, il y a de la pub. Et en fait, pas du tout. Et aujourd’hui, je me rends compte qu’effectivement, ça fait partie des liens qui sont les plus cliqués. Les gens sont curieux, vraiment, les gens sont curieux de voir, de découvrir des nouveaux produits, des nouveaux services. Et puis là, je teste avec Fifteen, qui est un opérateur qui gère des grosses flottes de vélos dans les collectivités, ou dans les petites ou les moyennes collectivités. Eux produisent aussi du contenu qui est vraiment qualitatif, qui est vraiment bien fait, je trouve. Et vu que j’ai pas mal d’abonnés qui travaillent en collectivité, ça me fait plaisir de leur partager ça. Et donc, voilà, il y a un modèle économique derrière qui repose là-dessus. Je pourrais en parler plus, notamment là-dessus. Mais pas que, j’ai fait des partenariats pour créer des livres blancs aussi, puisque des marques ont envie de travailler là-dessus, et en ont marre de payer de la pub Facebook, qui ne sert à rien. 

  

Ermanno : C’est sûr que quand on est dans une newsletter, quand on est dans un podcast, on a souvent un marché déjà qui est qualifié, et donc ça tombe un peu moins dans le vide que quand on met de la pub sur des médias sociaux, et notamment Facebook. Et pour reparler encore de ton audience, justement, tu nous as dit que tu étais passé par un incubateur pour pouvoir faire grossir ton projet Le Concentré Vélo. Comment est-ce que tu as réussi à acquérir ces 2500 et plus lecteurs ? 

  

Lery : Alors, moi, je viens d’un… Mon ancien employeur, c’était Betagoo. Betagoo, c’est un incubateur de startups d’État. Je ne vais pas rentrer trop dans le détail pour ne pas perdre mes auditeurs, mais en gros, on aide des entrepreneurs dans l’administration, en interne, à lancer des produits numériques qui répondent vraiment aux problèmes des gens et qui ne sortent pas au bout de 3 ans. Voilà, qu’on soit capable de tester petit dans la petite échelle et les améliorer au fil de l’eau. Et de cette expérience, j’ai appris à lancer des produits rapidement et surtout, le faire publiquement. Et une des spécificités, en tout cas, j’essaye de m’y tenir, c’est de documenter tous mes apprentissages et tout ce que je fais. Alors, pas pour mes abonnés, ça ne les intéresse pas. En vrai, la plupart s’en foutent de savoir comment je m’y prends. Mais plutôt, pour les gens comme toi ou pour d’autres créateurs de contenu ou pour des marques ou pour des journalistes, comment j’ai fait ? Il y a 2 mois, j’ai publié mes 19 techniques pour acquérir des nouveaux abonnés. Et il n’y a rien de… Tu vois, il y a un an, j’aurais trouvé ça un peu moche de parler comme ça. Aujourd’hui, je comprends vraiment, je vois l’intérêt. Il y a plein de gens qui sont contents de découvrir ma newsletter. Je reçois des messages qui me disent « Pourquoi je ne découvre que maintenant que je t’en ai parlé en intro ? » Et en fait, du coup, je n’ai pas de problème à me dire que je suis content d’avoir fait des efforts pour leur faire pour rendre découvrable mon travail et ses actus. Et donc, il y a plein de techniques. Il y en a beaucoup. Il y a notamment ce qu’on est en train de faire là, faire des partenariats avec des personnes qui ont des audiences comparables. Donc, je pense que les gens qui me lisent seraient contents de découvrir ou de redécouvrir ton podcast. On l’a déjà partagé. Et inversement, il y a aussi tout le travail avec les prescripteurs. Les prescripteurs, ça va être les associations, les think -anks, d’autres médias qui sont en recherche, en fait, de médias particuliers. Et puis, après, il y a des techniques sur les réseaux sociaux, de création de contenu régulièrement. Il y en a plein. Je ne vais pas faire une masterclass maintenant, mais en tout cas, il y a plusieurs manières. Et tout ça est documenté sur mon compte LinkedIn. Ceux que ça intéresse, j’ai l’habitude de faire ça comme ça. 

  

Ermanno : Écoute, de toute façon, j’ai l’habitude de mettre le contact de l’invité LinkedIn dans les notes de l’épisode. Donc, chères auditrices, chers auditeurs, le message est encore passé. Si vous avez 30 secondes, vous prenez votre application de lecture de podcast, vous regardez les notes et vous cliquez sur le lien LinkedIn qui renverra vers le compte de Léry. Comme ça, vous pourrez en savoir plus. 

  

Lery : Juste pour ajouter, parce que ça, c’est un peu nouveau, tu n’es peut-être pas au courant, mais je lance demain une plateforme d’offres d’emploi dans le secteur du vélo. Et ça, ça fait deux semaines que je le fais, là aussi, encore publiquement. Très concrètement, tout ce que je fais, je l’écris et j’explique ce que je fais, ce que j’ai appris, mes doutes et je demande de l’aide et tout ça. Et donc, ça sort demain. Et ce n’est pas que des offres de mécaniciens et des réparateurs et de vendeurs chez Decathlon. C’est tous les métiers, des gens qui font du podcast. Des responsables marketing, des DRH, des développeurs. On n’a pas idée le nombre d’activités et de métiers dans le secteur du vélo. Et il y a un gros problème de rencontre. Moi, il y a plein. Peut-être que c’est pareil chez tes auditeurs ou tes auditrices. On me contacte pour me demander, je suis responsable RH dans une boîte, je n’ai pas de sens dans mon travail, comment je fais pour bosser dans le secteur du vélo ? Donc, je leur dis, il n’y a pas que la formation QPC ou QPR pour être mécano. Tu peux faire le même métier dans une société qui vend des vélos, qui vend du service de location de vélo, qui fait de l’assurance vélo. Il y a les mêmes métiers. Ou dans une association, une collectivité. Mais seulement, ils ne savent pas où trouver ses offres parce qu’en fait, elles sont dispersées dans 20 plateformes différentes. Et de l’autre côté, des recruteurs qui me disent, j’en ai marre, j’ai des candidatures pas qualifiées, des gens qui ne connaissent rien au vélo, donc il va falloir que je les embarque et que je leur apprenne comment ça marche. Et donc, voilà, l’idée, c’est d’essayer de proposer un truc qui rencontre l’offre et la demande sans casser le bras et sans que ça coûte un bras, qui que ce soit, ni à moi, ni à mes, ni aux recruteurs. Donc ça part demain, on se donne le mois de mai pour voir ce qui se passe et si ça apporte de la valeur aux gens et puis on verra pour la suite. 

  

Ermanno : Bon alors juste pour recadrer, aujourd’hui on enregistre, on est le 27 avril, donc voilà, quand vous écouterez le podcast, la plateforme sera déjà lancée, donc tu peux peut-être déjà donner le nom puisque finalement tu ne vas pas dévoiler 

  

Lery : un secret. Ouais, ça s’appelle lejobvélo.fr 

  

Ermanno : Super. Puis il faudra qu’on discute parce que moi aussi j’ai des projets dans le recrutement et notamment on voulait, avec Olivier avec qui j’anime le podcast Devenir Triathlète, proposer un job board sur les offres relatives au triathlon, donc voilà, il va falloir qu’on discute en off, Léry.  

  

Ermanno : Sur tes deux médias et presque maintenant ton troisième média, j’ai envie de te demander quelles sont les actions que tu mènes au quotidien pour promouvoir l’utilisation du vélo. Alors on l’aura bien compris, ce sont des médias sur le vélo, donc déjà rien que ça, tu promeux l’utilisation du vélo, mais quelles autres actions tu mènes au quotidien pour ça ? 

  

Lery : Alors, avant de te répondre sur les actions, c’est à qui je m’adresse. J’ai renoncé à m’adresser à tout le monde. Et ça a été la meilleure décision que j’ai prise, de renoncer à vouloir parler à tout le monde. Pour ceux qui nous écoutent, qui sont dans le marketing ou autres, ou qui veulent lancer leur marque, leur produit ou je ne sais quoi, arrêtez de dire je m’adresse à toutes les femmes cyclistes ou à tous les hommes parce que vous êtes sûrs de perdre trop de temps et trop d’argent et trop d’énergie. Donc moi, aujourd’hui, ma cible est très claire, c’est j’aide les professionnels du secteur du vélo sur mes réseaux sociaux principalement et j’aide tous les cyclistes du quotidien dans ma newsletter. Donc je publie sur ma newsletter pour les cyclistes du quotidien et pour les professionnels, ça c’est tous les jours que je fais ce travail-là, mais vraiment tous les jours, je publie tous les jours sur LinkedIn. Non pas et venez lire mon travail ou ma newsletter, les gens s’en foutent de ça, mais plutôt j’ai trouvé cette information utile, j’essaie de l’analyser et je vous demande votre avis ou je vous partage le bon lien ou la bonne infographie pour que vous soyez meilleur dans votre activité, meilleur dans vos travails, peut-être que vous allez découvrir un partenaire grâce à moi. Et c’est ça mon but, donc je m’appuie beaucoup sur LinkedIn. C’est aujourd’hui mon principal canal de discussion. Et donc tous les jours, après le check de mes emails, je me réserve 30 minutes pour créer un contenu qui essaye d’apporter quelque chose d’utile aux gens sur LinkedIn. Voilà comment je fais. Et la deuxième chose, c’est que je réponds à tous les mails que je reçois via mes abonnés et ça aussi, c’est une autre manière d’aider. 

  

Ermanno : Alors c’est une chose que je n’ai pas l’habitude de demander à mes invités, même si je pourrais, puisque finalement c’est souvent des profils d’entrepreneurs ou de top management dans des sociétés qui, justement, promeuvent le vélo ou qui offrent des services ou des produits autour du vélo. Mais là, tu m’as tendu une perche. Est-ce que tu pourrais revenir avec nous sur la construction d’une de tes journées ? On l’a compris, alors peut-être déjà tu te lèves, tu prends un café, tu t’occupes des enfants, madame, et puis après, tu te mets derrière l’ordi et tu vas mettre en place cette action de partager une bonne information pour les professionnels du vélo. Mais avant, il faut peut-être que tu reçoives ces informations, peut-être que tu fasses de la veille sur ces informations et puis le reste de ta journée, comment ça se passe ? 

  

Lery : Ouais. Bah, mes collègues me le disaient souvent, je suis très, très organisé et je suis un gros malade d’organisation et de… pas de productivité, mais d’efficacité. Voilà, d’efficacité. Donc, vraiment, je ne mens pas. Enfin, bref, je n’ai pas besoin de chercher très longtemps pour te répondre. Je commence effectivement, je n’ai pas encore d’enfants, mais en tout cas, je commence par un thé. Ensuite, je check mes mails, mes différentes messageries autres. Et là, j’attaque mes rendez-vous. J’ai un à deux calls par jour avec des entrepreneurs ou des institutions, des associations, des gens du secteur du vélo, tous les jours, sans outre à repenser que prenons 30 minutes pour discuter. Et c’est comme ça que j’apprends énormément de choses et que j’essaie de partager beaucoup de choses. Donc, je termine ma matinée comme ça avec beaucoup, beaucoup d’informations, prise de notes et je renvoie des choses s’il faut. Et l’après-midi, effectivement, j’ai donc cette partie-là de… Je vous disais que c’était le matin, mais en fait, c’est en début d’après-midi. Mais pour la France, vu que je suis un décalage horaire, c’est un peu difficile de vous répondre correctement. Mais voilà, je fais ce travail-là. Et ensuite, Je fais des sprints. C’est-à-dire que je me fixe un objectif sur deux semaines. Et je ne vois pas au-delà. Je ne suis pas un homme visionnaire. Je ne suis pas quelqu’un qui va te dire « Ma newsletter, dans 18 mois, ce sera le je-ne-sais-quoi du je-ne-sais-pas-trop-quoi. » Non, non. Je peux juste te dire que ma newsletter, mon but, c’est que dans un mois, c’est le plus loin que je vois, j’aimerais avoir 10 offres d’emploi sur ma plateforme d’emploi. Et sur ces 10, j’aimerais qu’il y ait 3 personnes qui aient vraiment trouvé un emploi grâce à ces 10 offres d’emploi que je leur ai trouvées. Et donc, qu’il y ait 3 recruteurs vraiment contents et 3 candidats vraiment contents. C’est ça mon objectif. Et donc, comment je fais pour arriver à ça ? Je fais une liste des tâches. Donc, faire cette plateforme, la faire connaître par les recruteurs qui recrutent, et pas tous les recruteurs, ça n’aurait pas de sens. La faire connaître par les candidats bien qualifiés, qui sont vraiment intéressés, qui ont le bon profil. Et pour ça, il y a plein de choses que je teste. Et puis, toutes les semaines, je regarde est-ce que ça a eu de l’impact ou pas. Sinon, je documente pourquoi ça n’a pas marché. Et si oui, oui, j’ai reproduit exactement la même chose. Je n’ai pas besoin de trouver autre chose. Donc, voilà, le matin, c’est beaucoup de call. Et l’après-midi, c’est de la production. Je suis beaucoup plus dans de la production. Voilà. 

  

Ermanno : Bon, écoute, je pense que j’ai trouvé le titre du podcast. On va l’appeler la méthode Jiquel. Ça te va ? Du coup, j’allais te demander, mais je vais me poser la question de le faire quand même, mais je vais le faire juste pour te taquiner. Et du coup, tes médias, dans 5 ans, tu les vois où ? Le mec, il n’a rien compris à ce que tu viens de dire. 

  

Lery : Non, mais c’est terrible parce que j’adorerais pouvoir répondre à cette question. Et je ne sais pas si c’est par manque d’ambition, si c’est par peur de… si c’est de la superstition, si j’ai peur de trop en dire et que du coup, ça porte malheur. Est-ce que c’est par sincère humilité ? Et voilà, c’est terrible parce que je devrais pouvoir répondre à ta question. Ça fait un an que je suis formé à ça. Et en fait, je suis juste content de me dire que je n’ai pas à me la poser parce que c’est un problème en moi à gérer. En fait, c’est ça. C’est juste… Je me dis que c’est un problème en moi à gérer, finalement, de ne pas se la poser, vu que j’ai la chance d’avoir une activité où j’ai des économies, je gagne de l’argent, je sais que je peux trouver un travail rapidement avec le métier que j’avais auparavant. En fait, c’est un grand moment de liberté de ne pas avoir à se poser cette question-là. Et tant que j’ai des gens qui me disent, qui sont contents, des clients qui sont contents de partager ce qu’ils font avec moi, moi, je me dis qu’il faut que je continue comme ça. Et au revoir. Peut-être que demain, ton podcast et le Concentré Vélo ne seront plus qu’un seul produit et je serai content d’avoir fait… Je serai un mania des médias vélo. Allez, vas-y, je me lance dans 5 ans, donc j’aurai un groupe qui s’appellera Vélook Média, dans lequel il y aura plusieurs types de médias, dont une newsletter qui aura tellement grossi qu’elle sera finalement sponsorisée par le Tour de France, malheureusement, c’est comme ça. J’aurai Vélook qui sera sponsorisée par Total Énergie, comme tu l’as dit, parce qu’ils veulent se lancer dans l’économie circulaire et qu’ils ont trouvé ce média très bien pour… pour parler de vélo d’occasion. 

  

Ermanno : Et faire des vélos à gaz et plus des vélos électriques, pour remonter sur ce qu’on disait tout à l’heure. 

  

Lery : L’hydrogène, c’était pas le futur, en fait, c’était le gaz et le pétrole. Voilà, on sait jamais. Et puis j’aurai lancé un podcast qui s’appellera Le Concentré Vélo Vélotaf, animé par Ermanno, qui sera… voilà, qui aura rejoint le groupe, qui sera un associé. Et qu’est-ce que je peux dire d’autre ? Probablement qu’on aura déjà déployé en Suisse, en Belgique et au Canada des jumeaux de tous ces médias francophones français. Et vu que tu parles, je crois, un peu italien, si j’ai bien compris, je pense que le marché italien est aussi un marché qu’on ira chercher. Voilà, si on devait partir en live, ça pourrait être ça. 

  

Ermanno : Écoute, je signe. Allez, c’est parti.  Est-ce qu’il y a d’autres éléments que tu voudrais mettre en avant sur ce podcast, alors que ce soit tes médias, que ce soit des idées, que ce soit des convictions que tu nourris sur les mobilités douces ou sur le vélo, ou peut-être tes expériences, puisque tu nous as dit que tu documentais tout ? 

  

Lery : Ouais. Un truc qui me frustre, c’est… Mais bon, là, c’est le lobbyiste qui va parler. C’est la procrastination des élus locaux, principalement, parce que c’est eux qui ont le pouvoir de mettre en place et de déployer une politique cyclable plus que au niveau de l’État, c’est ma conviction à moi. Et la procrastination des employeurs aussi, qui ont le pouvoir de déployer des solutions pour leurs salariés, pour qu’ils aillent à vélo. Et je parle pas de tous les cycles, de toutes les communes, de tous les villages de France, je ne parle pas de toutes les entreprises, mais quand même des 70%, voire plus, qui sont en zone urbaine ou semi-urbaine, et qui ont vraiment les moyens de faire des choses. Et ça, ça m’agace. Et le pire, je trouve, c’est que comment un élu peut voter un plan cyclable, un plan vélo, dire 11 millions d’euros, et quand on lui pose la question… Donc ça veut dire que vous laissez vos collégiens, votre fils ou votre petit-fils collégien ou collégienne prendre son vélo pour aller au collège, et que la réponse est toujours non, ça me rend dingue. C’est juste, ça me rend dingue, en fait. Mais comment vous avez arbitré ? Ah, il faut du chaud et du froid, il faut du mou et du pas mou. Non, en fait, vous avez oublié votre priorité, vous vous êtes trompé, en fait. Et ça, c’est très, très frustrant. Et je le constatais à Vincennes, je peux la citer, c’est vraiment frustrant de voir autant d’énergie, c’est chiant. Et puis après, il y a tout ce côté réassurance, où il faut avoir fait un plan, il faut avoir fait beaucoup, analyser plein de choses, faire un grand plan pour ensuite décider quelque chose. Hermano, tu vis comme moi en Europe, enfin, tu as vécu comme moi dans le monde, d’ailleurs. Les plans vélos qui ont été faits avant le 15 mars 2020, 20, n’ont aucun sens. Tu te rends compte ? Il aura fallu peut-être un an, un an et demi, avec des cabinets, des machins pour analyser et proposer un schéma qui, le jour au lendemain, n’avait plus aucun sens. Il y a trois mois, non, il y a deux mois, je pense, ceux qui ont lancé un plan vélo n’avaient encore une fois plus aucun sens. Avec le prix de l’essence et la guerre en Ukraine, ça n’a pas de sens. Et donc, tu vois, se dire qu’il faut tout savoir avant de lancer quoi que ce soit, c’est la plus grosse erreur que font à mon avis beaucoup d’acteurs publics ou privés. Et il ferait mieux de commencer petit sur une route, une rue, accepter de se tromper et assumer ça. Je pense qu’on est tous prêts à écouter des discours comme ça aujourd’hui. Quel que soit le type de décideur, public ou privé, je ne veux pas du bashing. Et moi, je n’attends que ça, en fait. J’attends un décideur qui dise j’assume, je teste une flotte de vélos pour ceux qui habitent à moins de 5 km. Et juste, on teste 6 mois et on voit ce qui se passe. Et après, on peut le déployer ou pas. Mais on ne va pas passer 6 mois à se demander ce qu’on doit faire. C’est juste insupportable parce que de toute façon, ça n’a pas de sens. Il faudra le modifier le lendemain. 

  

Ermanno : Oui. Surtout pour compléter ce que tu dis, on l’a bien vu au moment du confinement. En 3 mois, les coronapistes sont nées. Elles n’étaient pas parfaites. Elles ne le sont toujours pas. Elles prenaient la place de la route. C’était parfois un peu dangereux. Parfois, les croisements étaient aléatoires. Mais il y a eu des choses qui ont été faites très vite et qui ont servi. Puisqu’on le voit, je ne sais pas si c’était un point que tu souhaitais aborder. Mais moi, j’aimerais en parler aussi avec toi. C’est depuis ce confinement, depuis ce Covid, qui tend à… un petit peu à diminuer en ce moment, même si là aussi, moi, je m’insurge parce que j’ai l’impression qu’il y a des pays et des périodes pendant lesquelles c’est le Covid, il faut tout fermer. Puis du jour au lendemain, tout le monde se balade en slip dans la rue sans masque parce qu’il n’y a plus de problème et le virus a disparu. Bref. Mais on l’a vu pendant ce Covid, les modes de déplacement, les habitudes des gens ont changé. Est-ce que tu l’as noté, toi aussi, peut-être dans la consommation des médias qui sont faits et notamment des médias que toi tu produis ? 

  

Lery : Ah oui, je l’ai vu et c’est même plutôt d’une autre manière. C’est-à-dire que je ne partage que 10 actus dans ma newsletter, j’en ai présélectionné une trentaine, voire une quarantaine et j’ai dû en voir passer sous mes yeux plus d’une centaine, quoi. Tu vois, pour préparer ma veille et la revue de presse. Et du coup, j’ai vu évoluer les contenus. Donc, il y a des médias qui ne font du contenu que pour du clic et c’est leur choix et donc ça va être les meilleurs villes électriques, ça va être le top machin pour top je ne sais pas trop quoi. Et puis, tu en as d’autres de plus en plus. Je pense que Les éco est un bon exemple, ça fait longtemps qu’ils parlent de vélo mais je pense à Adrien Lefebvre qui fait un super travail sur la partie vélothèque justement et pas que. Il y a Olivier Razon dans Le Monde aussi qui écrit beaucoup. Et donc, on voit émerger toujours du contenu de plus en plus intéressant dans des grands médias qui vont vraiment sur des sujets de fond. Je ne sais pas si ça répond parfaitement à ta question mais en tout cas c’est un peu… 

  

Ermanno : Non mais ça y répond aussi parce que c’est une tendance de fond en fait et on le sent. 

  

Lery :  C’est ça. Et moi, j’observe les médias en fait finalement à travers ma revue de presse, ce qu’elles produisent. Et donc, je vois ça. J’ai lancé, enfin on n’a pas parlé mais j’ai fait le premier, qui a participé, le premier concours des médias vélo pour mettre en avant toutes ces initiatives et ça a dépassé mes espérances. Je pensais qu’on aurait 10 personnes. On a dépassé la cinquantaine. On était plus de 60 inscrits mais il n’y en a eu que 50 à la fin. C’est énormément d’initiatives qui sont lancées. Et là, je vais encore parler comme quelqu’un qui sort du marketing. Alors, je n’ai jamais étudié ça. Mais il y a des verticales. C’est-à-dire que le vélo n’est pas une verticale. C’est devenu trop gros. Donc, un peu comme dans le Boncoin aujourd’hui, dans la section vélo, tu as 5 ou 6 sous-sections ou 10 types de vélos différents. C’est pareil. Aujourd’hui, quand tu parles de vélotaf, c’est quelque chose. Vélo de fonction, c’est quelque chose. Mais ça pourrait aussi en soi être un seul sujet. La fabrication, la conception, la vente, les accessoires, les assurances, le tourisme, les politiques cyclables. Enfin, tout ça devient très, très verticalisé et a ses propres infos et ses propres niches. Et peut-être la dernière chose, je vais arrêter avec mes initiatives, mais j’ai aussi lancé l’année dernière, et ça, ça marche bien, et ça marche tout seul, et c’est super triste que ça marche bien, c’est l’Observatoire des cyclistes accidentés de la route. C’est une base de données où ça ne référence que les médias, justement, que les articles d’accidents cités dans des médias. Et il y a une communauté de bénévoles que je ne connais pas, c’est des volontaires qui font ça vraiment sur leur temps perso, qui alimentent ça, et on voit le constat. C’est-à-dire qu’il y a tellement, il y a plus de cyclistes, il y a plus d’accidents, et il y a plus d’articles mal écrits. Une voiture a écrasé un cycliste, non, c’est un automobiliste qui a écrasé un cycliste, mais il y a toujours cette logique que la voiture seule est un objet, est un humain qui fait des choses. Et puis on voit les peines aussi de prison, pour moi elles sont toujours trop faibles, mais c’est la loi, tu vois, et c’est terrible. Et on voit aussi où est-ce qu’elles ont lieu, ces accidents, ça reste quand même beaucoup, sur des milieux ruraux, des hommes plutôt plus âgés, et plutôt sur des pratiques sportives et moins vélo-taf, mais oui, tout ça, c’est ce que je vois en fait. 

  

Ermanno : Tu vois, moi, si tu veux, je vais te raconter une anecdote, alors je couperai ça au montage, mais en juillet 2020, donc en plein milieu de deux confinements, j’ai repris mon entraînement de triathlète, et puis je faisais du vélo sur le temps du midi. Je me suis fait renverser par une voiture, enfin, je ne me suis pas fait renverser, j’ai failli me faire couper la route, je me suis fait couper la route par un mec qui sortait d’une station service, et deux kilomètres plus loin, je l’ai retrouvé, il était arrêté au milieu de la route, pas de clignotant, rien, et je ne savais pas ce qu’il faisait. Donc je me suis signalé, et puis j’ai dépassé le gars en question. Au moment où j’ai dépassé, je me suis fait renverser, donc je suis tombé, clavicule cassé, mon vélo, qui était un vélo que j’avais racheté à mon entraîneur il y a 20 ans, donc un vélo vraiment de cœur, tu vois, mort. Et bon, le gars s’est arrêté, il a appelé la police, je suis parti à l’hôpital, etc. Le lendemain, j’ai été convoqué à la police pour suspicion de non-respect du code de la route, deux mois après, je recevais un courrier de son assureur directement à moi, et pas à mon assureur, mais directement à moi, qui me mettait en demeure de payer les dommages occasionnés sur son véhicule, j’ai été obligé de prendre un avocat, d’aller au tribunal, et au final, je suis responsable, parce que j’ai admis ne pas avoir mis mon bras à gauche pour signaler, non pas que je tournais, mais que je doublais un automobiliste. 

 Lery :  C’est au Luxembourg ou en France ?  

Ermanno : Oui, au Luxembourg. 

  

Lery : Ah ouais, putain, c’est fou quoi. 

  

Ermanno : C’est un cirque, c’est horrible. Alors, ça me rend dingue, après, j’ai d’autres projets, donc je veux pas solliciter les médias pour en parler, mais je trouve ça dingue, parce que, si ça m’est arrivé à moi, imagine que ce soit un gamin sur un vélo, le gamin était mort, quoi. 

  

Lery : Là, la jurisprudence dont tu parles, ce serait différent en France. Le code serait différent, par défaut… 

  

Ermanno : Oui, la loi Badinter, en France, le plus petit est protégé. Mais c’est pas comme ça au Luxembourg, c’est fou. Non, c’est pas comme ça. Au Luxembourg, il n’y avait pas de témoin, donc au Luxembourg, c’est même pas 50-50, c’est celui qui crie le plus fort. Voilà, c’était la petite parenthèse.  Écoute, Léry, merci pour cet échange. Ce que je te propose, c’est de passer aux petites questions de clôture que je pose à tous mes invités. je te propose de passer aux petites questions de clôture qui sont les questions que je pose à tous mes invités. Ça permet aussi à mes auditrices et mes auditeurs d’avoir leur ancrage, de savoir qu’on est sur la fin et donc on peut se détendre et puis se resservir un café juste pour finir, un café ou un thé juste pour finir l’épisode. Tout d’abord, tout à l’heure, tu parlais de plaisir, de liberté à pratiquer le vélotaf pour aller au travail. Quel serait, pour toi, ton meilleur souvenir de vélotaf ? 

  

Lery : Je pense que c’est le petit virage sur les quais de Seine à Paris. Je ne saurais pas te dire, c’est quand tu es à l’est et que tu arrives sur les quais. Il y a un petit virage où, du coup, vu que tu es dans le virage, tu tournes un tout petit peu la tête, tu as la vue sur la Seine avec le soleil qui se lève. Et c’est ça, je crois. Et au printemps ou à l’automne. C’est top. S’il y a un ciel bleu et qu’il n’y a pas d’air, pas trop de monde, c’est top. 

  

Ermanno : Je vais demander maintenant à mes invités, quand je leur pose cette question, de dégoter une photo de ce moment-là si c’est possible, et puis de la mettre en illustration du podcast, mais ça m’a donné une idée. À ton avis, comment est-ce qu’on peut encore plus promouvoir l’utilisation du vélotaf et des mobilités douces de manière générale ?  

Lery : Offrir des vélos aux dirigeants et à leurs proches.  

 

Ermanno : Tu vois, du coup, je retrouve ce que j’avais perdu tout à l’heure, quand je te demandais où est-ce que tu te voyais dans 5 ans avec tes médias, et moi, j’ai coutume de proposer une solution aussi pour promouvoir le vélo-taf, c’est éventuellement de sponsoriser des infrastructures, des pistes cyclables. Est-ce que tu ne verrais pas une piste cyclable avec le nom Le Concentré Vélo, ou une piste cyclable Vélook, qui traverserait toute la France, par exemple ? 

  

Lery : Ah ouais, ce serait classe. C’est très bien. 

  

Ermanno : Toi qui parles à l’oreille des décideurs, tu pourras leur suggérer, sponsoriser des pistes cyclables. 

  

Lery : Ouais, après, il va falloir convaincre le Bercy, et puis le ministère des Transports, pour changer le décret n°408 sur le financement des infrastructures cyclables dans les zones de moins denses, de moins de 10 000… 

  

Ermanno : Ah, mais après, ça, c’est ton job à toi, c’est ton expérience.  

Lery : C’est vrai, je vais me débrouiller, normalement.  

Ermanno : Moi, je suis un utopiste, je propose des idées, et après, ce n’est pas moi qui les mets en place.  

Lery : T’as raison. 

  

Ermanno : Quel outil tu utilises, toi, pour vélotafer ? Alors, en dehors d’un vélo, évidemment, puisque je vois mal vélo-tafé, autrement qu’avec un vélo, mais quel outil, de manière générale, tu utilises ? Qu’est-ce que tu pourrais donner comme tips, comme bonnes idées à nos auditrices et nos auditeurs ? 

  

Lery : Franchement, j’utilise Google Maps. Un peu, Géovélo, mais quand même, quand je t’apparais beaucoup, Google Maps. Et, ouais, c’est surtout ça, en fait. Je n’utilise pas autre chose. Tu parles d’outils numériques ? 

  

Ermanno : Je parle d’outils en général, donc ça, c’est bien pour ce… 

  

Lery : Il y a ça, il y a la sacoche. J’avais une sac à doche d’abordage. C’est une sacoche qui se transforme en sac à dos. 

  

Ermanno : Et d’ailleurs, ça me fait penser que j’ai reçu un e-mail de la part de sac à doche hier, je crois, et je sais que ça vient de toi, parce que je mets des marqueurs dans mes e-mails, et je sais que ça vient de l’adresse mail qui finit par plus Lery. 

  

Lery : C’est possible, mais c’est peut-être pas que moi. Je pense qu’il bosse avec d’autres personnes, donc à voir. Mais en tout cas, moi, j’aimais bien cette sacoche, parce que du coup, je pouvais mettre mon PC dedans, et l’approcher sur mon porte-bagage arrière. Et… Et qu’est-ce que j’avais d’autre de pratique ? Ah, si, si, si ! Ah, si, si, si, c’est hyper important. Et personne, peu de gens le font, j’avais une alarme sonore. Parce que je l’ai plus ici à New York, j’ai un garage. C’est trop bien, quoi. Ça coûte une dizaine d’euros. C’est comme… C’est un tout petit truc que tu mets sous la selle de ton vélo, ou dans une pochette. T’as une télécommande, et à distance, tu l’allumes et tu l’éteins. Et si quelqu’un touche, il y a 120 décibels. Donc tu sécurises ton vélo, mais surtout, tu sécurises tous les vélos autour de toi. Et ça marche du tonnerre, et mon vélo électrique n’a jamais été volé, il dormait dehors à Vincennes. Et on a sécurisé tous les vélos qui étaient galés à côté. On a les jours de fort vent. Donc, deux fois dans l’année, il y a beaucoup de vent. Tu sais pas pourquoi il sonne, donc il faut l’éteindre. Tu arranges un peu les voisins. Mais sinon, ça, c’est vraiment, pour moi, l’outil du vélo taffeur. C’est le plus dissuasif. Beaucoup plus que tous les antivols que tu veux. Parce qu’un voleur, dès qu’il est signalé, il se casse, quoi. Et il a pas le temps d’arracher l’antivol et de voler ton vélo après, parce que de toute façon, ça va sonner dès qu’il va y toucher. Donc je pense que c’est la bonne astuce. 

  

Ermanno : Ca c’est un bon truc dont on ne m’avait pas encore parlé. La dernière fois, j’ai eu le code du cycliste. Donc, un peu comme le code de la route, mais pour le cycliste. Et là, l’alarme antivol pour une dizaine d’euros, je trouve que c’est une bonne reco. Je te remercie. Et puis, pour finir, si tu devais passer le micro à quelqu’un pour parler aussi du vélotaff, alors je demande de plus en plus à avoir des femmes au micro, parce que les voix féminines manquent énormément dans ce podcast. Donc, est-ce que tu aurais des recommandations à nous faire ? 

  

Lery : Je pense à Lucille de Dantarou, qui est une… Elle a lancé… C’est une reconversion. Elle s’est lancée il y a un peu plus d’un an. Et c’est une plateforme où tu peux prendre rendez-vous pour réparer ton vélo en bas de chez toi ou si tu es une entreprise, faire réparer les vélos pour tes salariés. Du coup, c’est son boulot, en fait, d’aider les vélos taffeurs. Donc, il y a deux choses. Elle aide les vélos taffeurs et elle ne bosse qu’avec des gens dont le métier, c’est de réparer des vélos. Donc, c’est leur métier de… Ils ne sont pas vélos taffeurs, mais ils se déplacent à vélo pour… Tu vois, c’est des réparatrices ou des réparateurs itinérants. Donc, ça, c’est assez cool. Je pense qu’elle aurait des choses à te raconter intéressantes. Et une autre femme…Non, mais il y en a beaucoup. Tu vois, je ne la connais pas personnellement, mais il y a Florence Gall, par exemple, qui est la directrice de cabinet du député Guillaume Gouffier-Cha, qui ont fait le rapport sur la filière économique du vélo. Elle a beaucoup participé. Elle a été… Toutes les démarches et autres. Et je pense qu’elle a une bonne vision aussi de ce qui se passe. Elle a des compétences en urbanisme, en aménagement. Donc, elle pourrait aussi apporter ce regard-là. Et voilà, elle a quand même été immergée pendant plusieurs années dans cette logique-là, dans le vélo, en tout cas au niveau institutionnel. Et puis… 

  

Ermanno : C’est parfait. Et en off, si tu as les contacts, je les prendrai. Comme ça, ça me permettra aussi de passer plus vite. Écoute, Léry, merci beaucoup pour ton temps. Merci d’avoir répondu à nos questions. Merci d’avoir joué le jeu. Merci pour ta bonne humeur. Et puis pour le soleil qui passe à travers tes fenêtres à New York. Je te souhaite une bonne continuation. Et puis, bon vent ou bon pédalage au média vélo que tu proposes. 

  

Lery : Thank you, Ermanno. See you soon.  

co-fondateur du podcast et co-auteur du livre DEVENIR TRIATHLÈTE
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Podcasts, SwimRun, UltraRunner et Papa x 4 enfants je cours après le temps, mes passions et mes petits amours.