« J’ai commencé à pratiquer et à me rendre compte que le monde du vélo était fait pour les hommes » – Ophélie Laffuge
Pour continuer à donner la place aux femmes et particulièrement celles qui se battent au quotidien pour faire une place aux femmes dans le monde très masculin du vélo, j’ai suivi une recommandation d’un invité précédent et suis allé à la rencontre d’Ophélie Laffuge, la fondatrice de BeyondMyBike : la communauté des femmes à vélo.
Tout est à faire, tout est encore à créer.
Revenons avec elle sur son parcours, sur sa pratique du vélo, sur ce dont elle rêve pour les femmes au quotidien et comment BeyondMyBike peut aider.
Pour contacter notre invitée via Linkedin, c’est par ici et pour suivre BeyondMyBike, RDV ici.
—
Ce podcast animé parErmanno DI MICELIest proposé par l’ONGTwoWheelTuesday(@2wteu), et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique duVélotaf.
Instagram Facebook Linkedin Twitter
—
Send in a voice message: https://podcasters.spotify.com/pod/show/velotaf/message
Full Trancript
Ermanno : Bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour un nouvel épisode du podcast Vélotaf. Aujourd’hui, je suis très heureux de recevoir à nouveau une invitée qui m’a été conseillée par un invité précédent. Je veux parler d’Ophélie Lafuge. Salut Ophélie !
Ophélie : Bonjour Ermanno, merci beaucoup de me recevoir sur ton podcast.
Ermanno : Eh bien écoute, c’est un plaisir et on en a parlé un petit peu en off, mais je le dis à chaque fois, pour moi c’est aussi un double plaisir de recevoir des invitées ée, puisque je trouve que l’on ne donne pas suffisamment la parole aux femmes dans ce monde d’hommes. Donc je suis très heureux de te recevoir.
Ophélie : Eh bien merci beaucoup pour ça et effectivement, l’effort est noté et très apprécié, appréciable, parce que malheureusement, ce n’est pas encore le cas partout et on se bat justement, et c’est un petit peu ce dont on va parler plus tard j’imagine, pour donner plus de visibilité aux femmes à vélo. Donc merci pour l’intérêt que tu portes à ces questions-là et à ces enjeux-là.
Ermanno : Je t’en prie. On en parlait aussi en off, dans un épisode précédent, j’ai reçu Marie-Xavière Wauquiez de Femmes en Mouvement. Toi aussi, tu interviens. Dans le monde du vélo et dans le monde des femmes, ou dans le monde féminin, enfin voilà, on va pouvoir définir tout ça ensemble. Mais juste avant, eh bien il y a une tradition dans ce podcast, c’est que j’aime donner la parole à mes invités pour en savoir plus sur elles, en l’occurrence. Donc dis-nous tout, qui est Ophélie Lafuge ? Même si c’est une question qu’on ne pose pas trop aux femmes, mais quel âge as-tu ? Que fais-tu dans la vie ? Et puis, qu’est-ce que pour toi évoque le mot vélotaf ?
Ophélie : Oui, bien sûr, avec plaisir. Donc moi, j’ai 37 ans. Je vis dans la belle ville de Lyon depuis maintenant une petite dizaine d’années. Et puis, j’ai lancé, en fait, il y a une petite année, un projet autour des femmes et du vélo qui s’appelle Beyond My Bike. L’origine, en fait, un petit peu de ce projet, c’est mon expérience personnelle, finalement, parce que moi, je me déplace à vélo depuis quelques années maintenant. J’ai toujours fait un petit peu de vélo, que ce soit vélo sportif ou vélo loisir. Et voilà. Et en fait, quand j’ai commencé… à vraiment devenir ce qu’on appelle une vélotafeuse, à me déplacer à vélo au quotidien, je me suis rendue compte que quand on était une femme sur un vélo, on était confronté à des problématiques, à des questions, à des sujets, à des enjeux qui étaient différents de ceux des hommes. Et du coup, j’ai eu envie de me pencher un peu sur tout ça, sur comment essayer d’accompagner au mieux les femmes à vélo, comment faire en sorte qu’il y ait plus de femmes à vélo, et voilà, donc ça, c’est l’origine du projet sur lequel je travaille aujourd’hui.
Ermanno : Alors aujourd’hui, ce qui veut dire qu’avant, tu travaillais dans quoi ? Toujours dans le domaine du vélo ou c’était une autre vie ?
Ophélie : Non, c’était une autre vie. J’ai eu plusieurs vies. On ne va pas rentrer en détail dans tout ce que j’ai fait peut-être auparavant, parce qu’il y a des choses qui n’avaient pas forcément de lien entre elles. En tout cas, je travaillais… De manière générale, dans l’organisation d’événements, l’événementiel, beaucoup à l’international, j’ai beaucoup travaillé avec l’étranger, donc pas nécessairement en lien ni avec la mobilité ni avec le vélo, mais on va dire que finalement, mes différents jobs m’ont amenée au vélo, puisque c’est à force d’aller travailler et en me mettant au vélotaf pour me rendre au bureau que je me suis vraiment passionnée pour le vélo, pour tout ce que ça représente, et notamment tout ce que ça représente pour les femmes, et le sentiment de liberté incroyable qu’on peut ressentir sur son vélo. Et voilà, et par ailleurs, ça fait maintenant plusieurs années aussi que je me suis beaucoup intéressée, éduquée sur les sujets du féminisme et de la place des femmes dans la société et dans l’espace public. Et puis, finalement, il y a quelques temps, un jour, j’ai eu un petit moment un peu eureka, on va dire, je me suis dit, mais finalement, quand je suis sur mon vélo, c’est pas la même chose que quand c’est un homme qui se déplace à vélo et je suis une femme, en fait, dans l’espace public, je suis une femme dans la société, et donc, il m’arrive des choses où je suis confrontée à des sujets, à des questions qui sont liées à mon statut de femme dans la société. Voilà, donc tout s’est un petit peu imbriqué à ce moment-là. Par ailleurs, c’était aussi le moment, l’année dernière, où il y avait pas mal de plusieurs personnes qui se penchaient aussi sur ces questions. Je pense à Louise Roussel, qui est en train de sortir son… son livre, Le guide du vélo féminin, et donc, voilà, que j’ai lu et qui, du coup, correspondait exactement à ce que j’étais en train de percevoir, à ce que j’étais en train de découvrir de la place des femmes dans le milieu du vélo. Et voilà, et donc, par passion, par intérêt, par envie, je me suis beaucoup éduquée sur tous ces sujets-là et j’ai découvert, en fait, tous les enjeux qui se cachent derrière le fait d’être une femme à vélo.
Ermanno : Tous les enjeux et peut-être toutes les… tous les faces un peu cachées de ce statut de femme à vélo.
Ophélie : Oui, oui, tout à fait, c’est ça, parce que… c’est vrai que je raconte souvent que quand je parle, voilà, de ce sujet des femmes et du vélo à des personnes qui sont… qui font pas de vélo ou qui ne sont pas femmes ou les deux, souvent, en fait, le premier commentaire qu’on me dit, c’est, bah, oui, mais le vélo, en fait, je vois pas la différence entre… qu’on soit une femme ou un homme, en fait, voilà, on pédale, c’est pareil. Sauf que, en fait, ça, c’est l’idée qu’on en a, c’est peut-être la perception qu’on en a, voilà, quand on n’est pas concerné, mais la réalité, la réalité des chiffres montre qu’en fait, c’est pas du tout pareil, parce qu’aujourd’hui, on a une différence, des différences qui sont vraiment mesurées dans la pratique du vélo par les femmes. Donc, notamment, alors là où c’est le plus frappant, c’est pour tout ce qui est vélo sportif, avec les chiffres de la Fédération française, de cyclisme, où là, c’est vraiment difficile de faire émerger des femmes, et on est à 10% à peu près de femmes, sur le vélo quotidien, le vélo urbain, les chiffres qui sont longtemps restés bloqués à 30% sont en train de progresser pour arriver maintenant dans certaines grandes villes comme Paris ou comme Lyon à 40%, quasiment, donc ça, c’est plutôt encourageant, mais en tout cas, de manière générale, la Fédération de cyclotourisme, c’est pareil, c’est 20% de femmes, quelque chose comme ça, donc de manière générale, en fait, aujourd’hui, on mesure le fait qu’il y a moins de femmes que d’hommes sur des vélos, et donc, finalement, eh bien, a priori, on n’est pas égaux sur la pratique. Voilà, la question, c’est pourquoi.
Ermanno : Alors, on va peut-être revenir un petit peu plus en détail dessus juste après, mais je voudrais continuer sur ta présentation, sur toi, donc on l’aura bien compris, ça fait quelque temps que tu pratiques le vélotaf, parce que tu t’es mise au vélo pour te déplacer au quotidien, aller au bureau, tu nous disais aussi que tu as beaucoup travaillé à l’international, est-ce que tu te déplaçais à l’international, est-ce que tu as testé le vélotaf à l’international, ou tu es restée vélotafeuse franco-française ?
Ophélie : J’ai testé le vélo taf à Copenhague, et du coup, quand on a testé le vélo à Copenhague, c’est difficile de revenir et de faire du vélo ailleurs, parce que c’est tellement le paradis des cyclistes au quotidien, et c’est vraiment une expérience que, quand on est cycliste, quand on aime le vélo, quand on aime tout ce qui est associé au vélo, avoir la chance de pouvoir se déplacer à vélo à Copenhague, c’est quelque chose d’extraordinaire, parce qu’en termes d’infrastructure, tout est fait pour le vélo, et du coup, la vie dans la ville, la ville s’en ressent, parce qu’il y a un calme dans la ville qui est vraiment appréciable, et en fait, on se rend compte que finalement, oui, il y a des infrastructures, mais il y a surtout une culture vélo incroyable, c’est 60%, regardez, j’ai revu ce chiffre tout récemment en fait, 60% des habitants de Copenhague se déplacent à vélo au quotidien, c’est incroyable, et donc là, on est sur un autre niveau que ce qu’on trouve en France, malgré toutes les améliorations et le progrès qu’on a vu en France sur le sujet du vélo ces derniers temps, voilà, ce qui est déjà pas mal, mais en tout cas, c’est vrai que quand on est sur une ville comme Copenhague, on sent qu’en fait, la culture vélo, elle est ancrée depuis toujours, que c’est vraiment, voilà, ils ne se posent pas de questions, parce que tout est fait pour, enfin, c’est un cercle vertueux, en fait, qui se met en place, donc j’espère qu’un jour, nous aussi, on arrivera au niveau de Copenhague, mais c’est quand même une culture qui prend du temps à se mettre en place.
Ermanno : Alors Copenhague, on le rappelle, au Danemark, encore plus, enfin, ils ont ancré en eux la culture vélo encore plus qu’aux Pays-Bas, parce qu’en Europe, les Pays-Bas, ça reste quand même un peu le pays du vélo, enfin, en tout cas, dans l’inconscient collectif.
Ophélie : Je ne sais pas. On peut comparer les deux, je pense que, enfin, en tout cas, moi, je ne sais pas si je suis capable de comparer les deux, mais c’est certain qu’aux Pays-Bas et Amsterdam, cette culture vélo, elle est aussi très, très ancrée, et si on veut revenir à notre sujet des femmes et du vélo, d’ailleurs, que ce soit aux Pays-Bas ou à Copenhague, en fait, on a plus de femmes que d’hommes qui se déplacent à vélo au quotidien, donc je ne parle pas du vélo sportif, je parle du vélo comme moyen de déplacement, et donc, eux, en fait, voilà, on sent à 50, enfin, 55 %, de femmes parmi les personnes qui se déplacent à vélo au quotidien, et donc ça, c’est une belle réussite, et ça veut dire que derrière, tout le travail qui est en train de se faire en France, qui en est encore à ses débuts, a été fait là-bas, notamment au niveau des infrastructures.
Ermanno : Alors, toi, justement, relativement à ta pratique du vélotaf, pourquoi est-ce que tu t’y es mise ? Est-ce que c’était une question de facilité, de praticité ? Est-ce que tu nourris des convictions personnelles sur le sujet ?
Ophélie : C’est un petit peu tout ça. J’ai, de manière…
Ermanno : Ah bon, on n’est pas arrivés, alors si c’est un petit peu tout ça !
Ophélie : De manière générale, j’ai toujours eu quand même… J’ai toujours aimé bouger, j’ai une sensibilité sportive qui est quand même assez marquée, notamment sur la course à pied, voilà, et donc, j’ai toujours fait pas mal de sport. Le vélo, du coup, est entré un peu dans ma vie par ce côté-là, avec l’achat d’un VTT, avec du côté de Lyon, et voilà, on a notamment des super terrains de jeu pour ça. Et puis finalement, en entrant par le côté sportif, là où avant je me déplaçais essentiellement en transport en commun, j’ai commencé à envisager, en fait, finalement, me dire… Je me suis dit, mais pourquoi est-ce que finalement je ne me déplacerais pas à vélo ? Mais ce n’est pas venu tout seul, ce n’était pas naturel. Je me rappelle encore, il y a peut-être une dizaine d’années, certains collègues qui venaient travailler à vélo, et je leur disais, mais comment tu fais, quoi ? Comment tu fais quand il fait froid, quand il pleut ? Comment tu fais pour te déplacer à vélo ? Et donc, ce n’est pas inné. Et finalement, à force de voir les équipements qui s’améliorent aussi, on se lance, on se lance une fois, deux fois. Donc au début, c’est un petit peu galère, parce qu’on n’a pas les bons réflexes, que ce soit sur le choix de ses parcours en ville, on ne connaît pas encore quelles sont les rues à privilégier, parce que ça roule le mieux, ou en termes d’équipement, quand il pleut. Moi, la première. J’avais l’hiver, je pensais juste mettre un KWay, mais en fait, ce n’est pas du tout possible, parce qu’on sait qu’avec un gros manteau d’hiver, ça ne passe pas. Et puis, on a les jambes qui sont trempées aussi. Donc voilà, au début, on tâtonne un petit peu, on essaye, et puis en fait, on parle beaucoup. Moi, j’ai beaucoup parlé aussi avec d’autres collègues, notamment femmes, qui s’y étaient mises un petit peu avant moi, et du coup, qui m’ont donné plein de conseils. Et c’est comme ça que finalement, on prend ses marques, et puis on se lance. Et une fois que… Enfin, en tout cas pour moi, que j’y ai goûté, je me suis dit, mais… Enfin, évidemment, c’est tellement plus appréciable. Et du coup, de vélotaffeuse, c’est même devenu vraiment maintenant mon moyen de transport exclusif au quotidien. Voilà, sauf déplacement un peu plus lointain le week-end.
Ermanno : Et par rapport justement à tes convictions personnelles, puisque tu disais que c’était un petit peu de tout, donc par rapport à tes convictions personnelles, qu’est-ce qui fait que tu choisis, tu préfères maintenant le vélo taffe à une utilisation d’un moteur à explosion ?
Ophélie : À Oui, je pense qu’on est tous forcément actuellement, enfin j’espère qu’on est quand même très nombreux à être dans une prise de conscience de la situation actuelle en termes de protection de l’environnement et de la nature. Et quand on se déplace en ville, en fait, on ressent ça, même quand on est en transport en commun, mais on ressent forcément la pollution, on ressent les nuisances sonores. Et je trouve que c’est d’autant plus flagrant, même quand on est piéton aussi. Mais quand on est piéton et cycliste, en fait, on entend… Les bruits des motorisés en ville, que ce soit les klaxons, les pneus, les accélérations. Et en fait, on voit aussi la vitesse à laquelle ils roulent. Et plus je me déplace à vélo et je suis piétonne, et plus je me dis, mais ce n’est pas possible de rouler aussi vite en ville. En fait, l’univers urbain n’est pas fait pour ça. Et donc voilà, c’est ça. Quand je parle de conviction personnelle, c’est en termes d’espace public, de la fin de… Aujourd’hui, les nouvelles mobilités urbaines et les centres-villes qui, d’après moi, doivent retrouver, et retrouver un peu plus de calme, ce dont je parlais à Copenhague, typiquement. Voilà, un peu plus de calme pour que tout le monde y vive mieux et y respire mieux.
Ermanno : Donc, plutôt que ce soient tes convictions personnelles qui ont nourri ton envie ou ton besoin de te mettre aux mobilités douces, c’est plutôt la pratique de ces mobilités douces qui t’ont fait te rendre compte de l’avantage, de l’intérêt que ça pouvait avoir, pas uniquement pour toi, mais aussi pour l’environnement. Et du coup, après, on rentre dans un cercle vertueux.
Ophélie : Exactement. Oui, tout à fait. Je pense que le premier niveau, en tout cas, le niveau, voilà, le plus… Celui qu’on constate le plus rapidement, c’est qu’on sait qu’en se déplaçant un vélo, on va moins polluer qu’avec un motorisé. Mais on découvre, en fait, par la suite, que finalement, il n’y a pas juste des enjeux de pollution. Voilà, il y a aussi toutes ces nuisances sonores, tout ce risque d’accident qu’ont les motorisés en ville. Donc, c’est ça. C’est un cercle vertueux, finalement. Et plus on fait du vélo et plus on se dit que c’est pas possible de faire autrement.
Ermanno : Tout à l’heure, tu parlais de ce sentiment de liberté quand on est à vélo. Tu peux détailler un petit peu ? Parce que c’est un sujet, un point qui revient très souvent dans les interviews que j’orchestre pour Vélotaf. Les gens me disent souvent qu’on se sent tellement libre en vélo. Alors, moi, je me suis mis au vélo un peu sur le tard, mais j’ai l’impression que ça a fait partie de toute ma vie, malgré tout. Quand je dis sur le tard, c’était vers 10-12 ans. Et finalement, j’ai pas senti de… de… de grand choc de liberté parce que j’ai eu toujours l’impression de me déplacer un petit peu en vélo. Toi, tu nous dis, encore une fois, que tu ressens ce sentiment de liberté. Qu’est-ce que c’est pour toi exactement ? Comment est-ce que tu le mettrais en image ?
Ophélie : Oui, oui, complètement. Et en fait, je me souviens vraiment d’un moment où, quand j’ai commencé à prendre mon vélo, à me déplacer, à l’utiliser vraiment pour me déplacer, c’était un été, c’était probablement le premier été où je prenais autant mon vélo pour me déplacer. Et je rentrais chez moi de nuit. Il devait être, je sais pas, une heure, deux heures du matin. Et je pédalais le long des quais, le long des berges du Rhône. Et je passais dans un parc. Et en fait, d’un seul coup, je me suis dit mais voilà, je suis là, il fait nuit, je suis toute seule sur mon vélo. Et en fait, je suis bien. Je regarde tout ce qui se passe autour de moi et je pédale. Et je suis pas du tout… J’ai aucune crainte parce que finalement, en fait, le vélo nous permet de nous sentir en sécurité parce que… On sait que… Surtout que je suis en vélo électrique depuis quelques temps parce que j’habite sur une petite colline en haut de Lyon. Et donc, du coup, en un coup de pédale, on sait qu’on peut échapper à des éventuels agresseurs, changer de direction. Donc ça, c’est vraiment des choses aussi qui sont propres au ressenti féminin. D’ailleurs, on pourra en reparler. Mais en tout cas, je me souviens vraiment de ce moment où je me suis dit waouh, mais quelle chance, en fait, de pouvoir se déplacer à vélo, d’utiliser mon corps pour faire avancer, pour me déplacer, de pouvoir choisir, en fait, aujourd’hui, j’ai envie de passer par là ou tiens, j’ai envie de finalement faire un petit détour pour aller voir tel endroit. Et en fait, je fais ce que je veux, comme je veux. Et c’était vraiment un moment… Enfin, je m’en rappelle vraiment très bien. Et c’est là où je me suis dit mais c’est tellement agréable. Et en fait, on revient, on arrive, on a envie de le dire à tout le monde. Mais essaye le vélo. Tu vas voir à quel point t’es bien sur un vélo. Et donc, voilà. Et ce sentiment de liberté, c’est aussi… Moi, j’en parle aussi un petit peu avec des femmes de ma communauté. Et je sais que c’est partagé. En fait, ça permet souvent, notamment sur les trajets de Vélotaf, donc les trajets quotidiens, quand on a 20 minutes à vélo, le matin, 20 minutes le soir, ça permet à beaucoup de femmes, en fait, de se mettre un petit peu dans leur bulle, d’avoir, en fait, un moment pour elles, où elles sont loin des sollicitations extérieures, que ce soit familiales, que ce soit professionnelles. Et dans le quotidien d’une femme, d’une mère de famille, d’une femme qui, qui travaille, c’est pas aussi fréquent que ça, d’avoir ces moments, en fait, où elles sont un petit peu seules avec elles-mêmes. Et du coup, ça permet aussi d’avoir ce moment où on se reconnecte un peu soit à soi-même, soit à son extérieur et à la nature, quand on a la chance d’avoir des parcours qui sont beaux. Et ça, en fait, tous les matins, tous les soirs, ça a une valeur, en fait, incroyable d’avoir ces moments d’entrée et de sortie, de journée, on va dire, dans lesquels, en fait, on choisit de faire un petit peu ce qu’on veut dans notre esprit. On peut très bien réfléchir, on peut très bien divaguer, on peut très bien juste se laisser aller à la rêverie, on s’en fiche, en fait. Et voilà, c’est ça aussi, la liberté d’avoir ce moment où, en fait, on fait un petit peu ce qu’on veut, notre esprit peut se laisser aller à ce qu’il a envie de faire.
Ermanno : Je vais me permettre d’être un peu taquin, mais finalement, ce moment où on se recentre sur soi-même, on peut l’avoir aussi dans les transports en commun ou même dans sa voiture. Quelle différence il va y avoir avec le vélo, finalement ? Ça va être cette communion avec l’extérieur, avec la nature ?
Ophélie :Oui, et puis je suis pas sûre que dans les transports en commun, aux heures de pointe, on puisse vraiment profiter un petit peu d’un instant de répit. Là aussi, en fait, le fait de d’être une femme fait que dans les transports en commun, on est peut-être souvent même un peu moins tranquille que quand on est un homme. Et puis, en voiture, j’ai pas l’impression, quand je double, des motorisés, ou quand je les vois, j’ai pas l’impression qu’ils se reconnectent à eux-mêmes dans leur bulle, dans leur voiture. Ils sont plutôt en mode pressé. Donc non, je pense que c’est pas comparable. Le fait qu’on soit sur son vélo, ça nous permet d’être un petit peu isolés. Mais alors, c’est pas vraiment le terme, parce qu’on est plus isolés dans sa voiture que sur son vélo. Mais en tout cas, on est seul, on décide d’aller vite ou d’aller doucement. Et du coup, ça permet vraiment de ne pas être embêté par l’extérieur.
Ermanno : Bon, bien entendu, tu prêches un convaincu, mais c’était histoire de te pousser un peu dans les retranchements. Je voudrais qu’on parle maintenant justement de Beyond My Bike. Est-ce que tu peux nous en dire encore un petit peu plus sur cette organisation ? Donc, tu nous as expliqué un petit peu d’où venait le projet, mais j’imagine qu’un projet qui a un an, en fait, il est beaucoup plus ancien que ça. Comment est-ce qu’il est véritablement né ? Depuis combien de temps ? Comment est-ce que tu as monté ça toute seule, avec d’autres personnes ? Quelle a été l’étincelle qui a fait que tu t’es dit « Ok, là, j’ai un emploi ou j’ai une situation, je laisse tout tomber et je bascule vers Beyond My Bike ? ».
Ophélie : Ouais, tout à fait. C’est assez… Donc oui, en fait, ça fait maintenant à peu près un an que j’ai commencé par le lancement d’un compte Instagram. Donc, pour remonter un petit peu à l’histoire, pourquoi j’ai lancé ce compte Instagram ? Ce dont je parlais un petit peu en début de… en début d’entretien, c’est que quand vraiment… quand j’ai commencé à acheter, en fait, mon vélo électrique, quand je me suis mise au vélo 100% du temps, tout simplement, en fait, la première problématique que j’ai rencontrée, c’était l’équipement. Donc, comment je fais pour trouver des sacoches qui soient pas trop moches ? Comment je fais pour trouver une cape de pluie qui soit pas jaune fluo ou rose fluo ? Comment… Enfin, voilà. Et donc, à l’époque, donc il y a maintenant, je pense, ouais, peut-être un an et demi, deux ans, il était… à part chez Descath, il n’y avait pas encore grand-chose. Du coup, j’ai passé pas mal de temps. Je me suis dit, c’est pas possible, il doit forcément y avoir des choses. J’ai passé pas mal de temps à chercher un petit peu d’autres marques. J’ai vu que il y avait pas mal de projets qui étaient en train de se lancer. En France, enfin, déjà, il y avait des marques qui étaient à l’étranger, notamment aux Pays-Bas. Mais même en France, ça commençait… on commençait à sentir des marques qui arrivaient, je pense notamment à Cityrideuz. Alors, ça parle peut-être pas aux hommes, mais en tout cas, chez les femmes, c’est une marque maintenant qu’elle a depuis quelques années qui fait des surjupes. Donc, des surjupes, ça veut dire des jupes qu’on va mettre par-dessus, en fait, sa jupe ou son pantalon, qui ont, en fait, deux fonctions principales. La première, c’est l’été, notamment, d’empêcher que sa jupe s’envole et soit qu’elle se prenne dans les rayons, soit qu’on finisse avec la jupe complètement envolée et, malheureusement, souvent des remarques un peu embêtantes. Donc, ça, c’est la première fonction. Et la deuxième, c’est aussi, en fait, finalement, de tenir chaud l’hiver quand on est… Ça remplace un peu le surpantalon, sauf que c’est pratique à enfiler, notamment quand on est en jupe. Bref, donc, tout ça pour dire que, voilà, Cityrideuz, cette marque-là, commençait à développer ces produits-là, donc spécifiquement pour les femmes. Voilà, il commençait à y avoir quelques marques comme ça qui se lançaient et, du coup, je me suis dit pourquoi est-ce qu’il y a besoin… Aujourd’hui, moi, je suis une femme à vélo, pourquoi j’ai besoin de passer des heures et des heures sur Internet pour trouver, en fait, ces équipements-là, pour voir qu’il y a des choses qui se passent. Donc, ça, ça m’a un petit peu embêtée. Je me suis dit, est-ce qu’il n’y a pas une possibilité de donner un peu plus de visibilité à toutes ces créatrices, à toutes ces marques. Et puis, ben, voilà, dans le même temps, il y avait toute une dynamique qui commençait à se lancer avec Louise Roussel, aussi, dont je parlais tout à l’heure, qui avait sorti son guide féminin du vélo féminin. Et donc, tout ça fait que je me suis beaucoup intéressée, à la place des femmes dans le vélo. Et je me suis dit, finalement, est-ce que… Puisque j’ai du mal à trouver, moi, les informations que je cherche, est-ce que je ne peux pas essayer de, moi, créer, en fait, un environnement dans lequel d’autres femmes pourraient venir piocher des infos, venir partager leurs ressentis à vélo ? Et donc, c’est comme ça qu’est né le compte Instagram. Je me suis dit, voilà, je vais lancer le compte, et puis on verra si mon ressenti est partagé par d’autres. Et en fait, il a assez bien plu, parce qu’assez rapidement, en fait, j’ai plein de filles qui, voilà, quand je commençais à poster sur mes expériences à vélo, sur mes questionnements, sur mes conseils, j’ai plein de filles qui, voilà, qui venaient me dire « Bah oui, quand tu racontes ça, moi, il m’est arrivé exactement ça, mais merci, ça me rappelle ça. » Et donc, je me suis dit, en fait, il y a un besoin de prendre, en fait, ce sujet vélo avec l’axe des femmes, et leur créer un espace dans lequel, en fait, elles vont pouvoir, ben, s’exprimer, juste dire à quel point elles adorent faire du vélo, juste partager leur bonheur à vélo, ou s’informer, venir poser des questions, voilà, donc ça, c’est comme ça, un petit peu, qu’est né le compte, puis j’ai lancé ensuite une newsletter mensuelle, dans laquelle je vais un petit peu plus en détail sur des projets, sur des initiatives qui sont lancées, créées par des femmes autour du vélo, et donc ça, c’est un deuxième axe de Beyond My Bike, c’est, c’est essayer de donner de la visibilité, en fait, à tout ce que font les femmes autour du vélo, qu’elles soient pratiquantes, mais aussi qu’elles soient, qu’elles aient lancé des assos, qu’elles aient lancé des marques, qu’elles aient lancé des podcasts, qu’elles travaillent dans le milieu du vélo, il y a des tonnes de projets super intéressants lancés par des femmes autour du vélo, et aujourd’hui, encore, c’est difficile de les voir si on ne va pas les chercher, donc, voilà, avec la newsletter, c’est un petit peu, ce deuxième axe, et le but, c’est de mettre en avant, de valoriser, en fait, toutes ces initiatives faites, lancées par les femmes autour du vélo. Voilà, donc c’est comme ça que ça a commencé à prendre forme, et puis, eh bien, au fur et à mesure, forcément, j’ai eu beaucoup de, j’ai eu beaucoup d’échanges avec des personnes aussi qui travaillent dans le milieu du vélo, et je me suis dit, en fait, ça m’a vraiment passionnée, tous ces échanges, toutes ces rencontres, et, en fait, je me suis dit, c’est vraiment ce que je veux faire, j’adore ça, j’adore le sujet des femmes et du vélo, il y a des tonnes de choses à faire, à dire, et donc, en fait, c’est assez récent, il y a quelques mois, je me suis dit, voilà, il est temps de, d’essayer, en fait, de lancer, de dédier 100% de mon temps, en tout cas, à ce sujet-là, et, voilà, de lancer un projet un peu plus concret autour de ces enjeux, et donc, là, maintenant, depuis 3, 4 mois, je pense, ouais, je dédie mon temps à ça, le projet est en cours de construction, donc, voilà, et je commence à, en fait, une des premières actions, un des premiers axes sur lesquels je suis en train de travailler, c’est l’organisation d’événements, puisque, ben, on en parlait au tout début, c’est ce que je sais faire.
Ermanno : C’est un peu ton domaine d’expertise, à la base.
Ophélie : Exactement, et donc, j’espère que, en petit exclu, que mon premier événement pourra avoir lieu au mois de septembre à Lyon, donc, voilà, je suis en train de travailler, en plein, en ce moment, là, sur ce sujet, et l’idée, c’est d’organiser un événement pendant 3 jours à Lyon, autour des femmes, du vélo, avec des animations, de la vente d’équipement,
Ermanno : voilà. Super ! Alors, après, il y a l’idée, il y a l’attraction, dont tu nous parles, et puis, il y a le fait de se lancer complètement, et de réussir à vivre de ce projet, de vivre de ça. Actuellement, au niveau de Beyond My Bite, quel est le business modèle, si tu veux en parler ?
Ophélie : Oui, mais pour l’instant, le business model n’est pas encore défini, clairement, enfin, je prends beaucoup la parole sur des podcasts, j’ai eu la chance de participer à des conférences, à des masterclass, donc ça, c’est un point aussi qui est très important pour moi, essayer de prendre la parole au maximum sur ces sujets-là, pour éduquer, un petit peu, si on peut appeler ça comme ça, en tout cas, porter à la connaissance de tous les enjeux, les sujets autour des femmes et du vélo, mais le business modèle, pour l’instant, il n’est pas défini du tout, je suis assez convaincue qu’il y a beaucoup de choses à faire, j’ai pas mal d’idées, donc ça, c’est plutôt bon signe, je pense que le… le moment, il est quand même assez parfait pour venir aborder ces sujets-là, et c’est pas un hasard si, de toute façon, moi, je m’y suis mise à ce moment-là, c’est aussi parce que, justement, moi-même, mon expérience de cycliste s’est intensifiée depuis deux ans, avec les aménagements qui se sont pérennisés, avec tous les nouveaux entrants sur le marché, que ce soit en termes de vélo électrique, évidemment, mais tout ce qui est équipement, je parlais, justement, de toutes ces marques, notamment pour les femmes qui se lancent, je trouve que le moment, il est vraiment assez incroyable pour faire des choses autour du vélo, donc je me suis dit, c’est maintenant ou jamais, donc j’essaye plusieurs choses, et puis on verra si l’organisation d’événements peut être une des pistets, mais c’est pas du tout défini, et ça peut être d’autres choses, peut-être, voilà. En tout cas, je me laisse la place aux opportunités, et je suis assez optimiste, parce que je pense que il y a vraiment beaucoup de choses à faire sur le sujet.
Ermanno : Tu disais que, justement, l’organisation Beyond My Bike existe pour diffuser la bonne parole, pour mettre en exergue le problème ou les avantages de cette situation du vélo féminin. Tu penses à quoi, justement, parce que, bon, effectivement, il y a de l’histoire de la jupe en été, qui peut-être vole un petit peu, et donc, parfois, certaines femmes qui ont des remarques un petit peu grossières, un petit peu désobligeantes, mais j’imagine que ça ne se cantonne pas à ça, la situation des femmes dans le vélo ou du vélo féminin.
Ophélie :Non, non, bien sûr, tout à fait, je parlais de l’équipement, parce que c’était le plus… En tout cas, moi, c’était… C’est ce qui m’a fait réaliser un petit peu la différence entre une femme et un homme sur un vélo, mais il y a pas mal de freins aujourd’hui à la pratique, du vélo, par les femmes, qui sont identifiées. On sait que le frein majeur, en fait, la raison numéro un pour laquelle les femmes ne font pas de vélo, c’est qu’elles ne se sentent pas en sécurité en termes d’infrastructure, et donc, il y a vraiment une corollaire, enfin, c’est vraiment flagrant chez les femmes. En fait, plus les infrastructures sont développées et de qualité, et plus le pourcentage de femmes est élevé, donc ça veut dire des infrastructures… C’est-à-dire de vraies infrastructures qui permettent de se sentir en sécurité avec des voies séparées. Ça ne veut pas dire juste mettre un picto vélo sur une route, parce que ça, ça ne suffit pas. Donc, le côté aménagement et infrastructure est essentiel et meilleurs seront les aménagements et plus on aura de femmes à vélo. Et on dit souvent, d’ailleurs, que le meilleur baromètre, en fait, de l’efficacité d’un aménagement cyclable, c’est le pourcentage de femmes et d’enfants qui pratiquent, qui sont sur cette piste cyclable. Et si on voit une piste cyclable sur laquelle il n’y a ni femmes ni enfants, c’est plutôt mauvais signe en termes de choix d’aménagement. Voilà. Et c’est pour ça aussi qu’aux Pays-Bas ou au Danemark, on voit autant de femmes sur des vélos, c’est parce que les infrastructures sont quand même bien plus sécurisantes. Un deuxième frein, aussi, c’est en termes de culture. Et là, on revient un peu à la place des femmes dans la société. Et il y a pas mal d’études, de tests qui avaient été faits là-dessus et qui montrent, en fait, que quand on est petit, on apprend à faire du vélo plus ou moins de la même façon qu’on soit une fille ou un garçon. Alors souvent par la famille, son père, son grand-frère, sa grande sœur. Et arrivé à l’âge adolescent, en fait, c’est là que se crée vraiment le gap. En tout cas, là, il y a un net stop puisqu’en fait, là où les garçons vont continuer à faire du vélo quand ils sont ados, ils vont aller le mercredi après-midi à tout moment, en fait, se déplacer à vélo, partir en bande, aller loin longtemps. Malheureusement, les filles vont être plus encouragées à pas prendre le vélo, à rester, en fait, pas trop loin de la maison, à pas sortir trop longtemps, à pas sortir toute seule. Et du coup, ça, c’est pas anodin parce que, forcément, en pratiquant moins le vélo à l’âge adolescent, quand on a 20 ans, 21 ans, quand on arrive à l’âge adulte et qu’on se dit, finalement, pourquoi je ne me déplacerai pas à vélo, eh bien, on n’a plus, on n’a aucune confiance en soi parce qu’en fait, ça fait des années qu’on n’a pas fait de vélo. On n’est pas à l’aise en milieu urbain parce qu’on n’a jamais ou peu fait de vélo en milieu urbain. Et donc, ben, forcément, on se dit, oui, mais j’ai un peu peur, voilà, des autres véhicules, je ne sais pas si je vais y arriver. Donc, voilà, ça, c’est aussi quelque chose qui a été, qui est identifié et qui est un des freins et un des problèmes à résoudre. Comment faire en sorte que les filles continuent à faire du vélo à l’âge adolescent, mais voilà, ça, malheureusement, c’est propre aussi à la… C’est pas propre au vélo, en tout cas, c’est plus en lien avec ce qu’on attend et les injonctions qu’on donne aux adolescentes, voilà, de ne pas aller trop loin, pas trop longtemps. Malheureusement, il y a des choses aussi, enfin, toutes bêtes, mais quand on est une petite fille et qu’on fait du vélo et qu’on a chuté et qu’on a les genoux en sang, il y a encore aujourd’hui, malheureusement, beaucoup de remarques sur oh là là, c’est pas joli, une petite fille avec des genoux, voilà, abîmés, enfin, avec des bleus sur les genoux parce qu’on s’est pris des coups de pédale, enfin, voilà, alors qu’un garçon, on lui fera pas ces remarques-là. Donc, ça, c’est…
Ermanno : Sachant que l’un comme l’autre, c’est pas beaucoup plus beau, un garçon avec les jambes abîmées, et puis…
Ophélie : On fera remarquer à une petite fille et pas à un petit garçon. Voilà, et puis après, ça, c’est aussi en lien, du coup, avec des problématiques de confiance en soi. En fait, on a aussi beaucoup de femmes, quand on leur demande pourquoi elles pratiquent peu ou pas le vélo, parce qu’il y a… Enfin, une des raisons principales aussi qu’elles citent, c’est parce que elles savent pas, elles s’en pensent pas capables, en fait, elles se disent je sais pas si je vais y arriver, soit c’est… Elles pensent que l’effort physique est peut-être… Qu’elles y arriveront pas, alors qu’en fait, elles y arrivent très bien. C’est juste qu’un homme va très rarement se dire, est-ce que je vais y arriver ? Et une femme, en fait, ça va être un de ses premiers réflexes, de se dire, attends, est-ce que c’est pas un petit peu loin ? Est-ce que je vais y arriver ? Et puis, on a le problème aussi mécanique, évidemment, donc là, c’est pareil aussi, c’est en lien avec la culture, en fait, la peur de la panne mécanique, de la crevaison, donc ça… Alors, on a aussi quelques hommes qui l’ont, parce qu’ils ont pas appris ou ils savent pas réparer une chambre à air, et du coup, ils ont ces craintes-là, mais c’est bien plus marqué et bien plus frappant chez les femmes. Elles se disent, bah, si je fais du vélo et que je crève, je vais pas savoir quoi faire, donc je préfère pas faire de vélo. Et donc ça, c’est aussi, en fait, si on remonte un petit peu le fil, c’est parce que, aussi, bah, elles ont pas appris, elles ont moins appris la mécanique que les garçons, parce que, bah, une femme, ça met pas les mains, ça se salit pas les mains, ça met… Voilà, la mécanique, c’est pas un truc de femme, et du coup, ça, ça se ressent aussi… Bah, aujourd’hui, en fait, dans les ateliers mécaniques, les magasins de vélo en France, qui sont majoritairement tenus par des hommes, donc surtout pour les ateliers mécaniques, et là, on a aussi un décalage qui se fait, parce qu’on a des femmes qui, beaucoup de femmes, qui expriment, en fait, un inconfort à aller, en fait, dans ces ateliers pour, soit, faire réparer leur vélo, soit apprendre à réparer leur vélo, parce qu’elles ont peur, en fait, du jugement, elles ont peur de se faire moquer d’elles, et leurs craintes sont pas infondées, parce qu’en fait, et c’est ce que je vois, moi, quand je parle avec, voilà, quand j’ai des retours d’expérience sur Beyond My Bike, mais même au quotidien, quand je parle avec des femmes à vélo, le nombre de femmes qui racontent, en fait, des expériences qui leur sont arrivées en atelier mécanique, où on leur dit, ben, ben, madame, faut demander à votre mari, ou non, mais madame, vous savez même pas ce que c’est une clé allen, c’est même pas la peine d’essayer d’apprendre à régler un dérailleur, enfin, j’en sais rien, et ça, c’est vraiment des choses qui existent, et donc, voilà, c’est compliqué quand on est une femme, quand on met tout ça, de se dire, c’est pas aussi simple que quand on est un homme, de faire du vélo, voilà.
Ermanno : Ouais, et pour revenir sur ce que tu disais, je pense que tout ça, ça renvoie plutôt au problème, entre guillemets, des femmes dans la société, et pas uniquement dans le vélo.
Ophélie : C’est exactement, c’est révélateur de la place des femmes dans la société, ouais.
Ermanno : Ouais. Je pense que tu parlais aussi de la crainte des jeunes filles de continuer à faire du vélo à l’adolescence, mais on a aussi le même genre de problème, entre guillemets, dans le sport, où il y a quand même une part minoritaire de filles qui continuent à faire du sport après l’adolescence, alors que chez les hommes, ça semble à peu près normal. Mais voilà, je pense que tout ça, ça renvoie effectivement à la condition de la femme dans notre société. Bon, c’était pas forcément le sujet du jour.
Ophélie : Bien sûr. Et même juste pour compléter, pardon, tout ça, en fait, crée aussi un… Là, on est plutôt sur un cercle vicieux qui fait que moins on a de femmes à vélo, et moins on a de femmes mécano.. En fait, c’est beaucoup plus compliqué. Ça veut dire qu’on manque de… ce qu’on appelle de rôle modèle, ou quand on est une petite fille, c’est difficile de se projeter sur un métier de mécanicienne vélo quand on n’a jamais vu de mécanicienne vélo, en fait. Et pourtant, il n’y a pas de raison qu’une petite fille soit moins mécanicienne vélo qu’un petit garçon. Seulement, quand elle a toujours vu dans des ateliers des garçons, quand elle a toujours vu dans des magasins ou sur des publicités… Alors, c’est en train de changer maintenant, mais… Voilà, quand elle a toujours vu à la télé même des cyclistes sportifs autour de France, des hommes, c’est compliqué pour elle, en fait, de se dire « Ah ben, c’est pour moi aussi, ça. » Voilà, donc c’est… C’est un profond changement qui est nécessaire, mais qui n’est pas propre au vélo, comme tu dis, ouais.
Ermanno : Bon, encore heureux qu’en France, on ait quand même la doyenne du vélo sportif. Je voulais parler de Jeannie Longo, qui a quand même bien montré le chemin sur l’aspect sportif et la longévité
Ophélie : des femmes dans le sport. Oui, mais c’est quand même incroyable, tu vois, que quand on pense à une femme cycliste, on pense à Jeannie Longo et qu’on n’ait personne d’autre qui nous vienne à l’esprit. Et là, c’est quand même fou, parce que Jeannie Longo, évidemment, que bien sûr, c’est une grande championne et qu’elle a vraiment ouvert, défoncé des portes, parce qu’on a probablement… On est probablement nombreux à avoir vu ces images. Je les avais partagées aussi sur Beyond My Bike, ces images d’archives sur des plateaux télé, où vraiment, mais elle se prend des remarques sur son physique. Enfin, c’est incroyable et elle n’a pas lâché le morceau. Mais donc, bien sûr que Jeannie Longo est une grande championne, mais c’est quand même fou qu’aujourd’hui, quand on pense à une femme cycliste, on n’est personne d’autre que Jeannie Longo en tête. Et c’est un problème.
Ermanno : Oui. Espérons que les choses changent, justement. Et dans ces choses qu’on espère qu’elles vont changer, est-ce que tu prévois que justement, Beyond My Bike joue un rôle majeur là-dedans ? Tu parlais peut-être de l’éducation des jeunes filles au vélo. Alors, pour le rôle modèle, ça va peut-être être compliqué de jouer la maman dans les écoles, mais est-ce que, par exemple, vous prévoyez d’intervenir dans les écoles, dans les collèges, dans les lycées, les universités, pour présenter le vélo au féminin et redonner envie, donner avant et ensuite redonner envie aux jeunes filles de faire ou de continuer à faire du vélo ?
Ophélie : Alors, moi, avec Beyond My Bike, non, pas pour le moment, pas dans les écoles, mais il y a des entités qui le font actuellement, qui sont en train de le faire, et je recite de nouveau Louise Roussel, parce que avec son projet Un Autre Cycle, elles sont allées diffuser, elles ont sorti un film documentaire, un documentaire de leur Tour de France en vélo cargo, et la première diffusion a été faite, justement, dans un collège, je crois que c’était, je ne sais plus si c’était dans le Nord ou en région parisienne, bon, peu importe, en tout cas, elles sont allées le diffuser dans un collège, parce que, justement, elles sont aussi Océane et Louise, donc les deux fondatrices d’Un Autre Cycle, elles sont convaincues que ça passe par cette éducation auprès des adolescents, donc ça, voilà, c’est vraiment des actions qui sont nécessaires et indispensables, donc je sais qu’elles le font. Moi, pour ma part, je commence à m’investir plutôt sur tout ce qui est infrastructure, et notamment à Lyon, en fait, on est en train de construire le réseau Express Vélo, qui est un grand réseau qui va, en fait, un peu façon ligne de métro, qui va, en fait, quadriller toute la métropole lyonnaise, et donc le projet a commencé, les travaux ont commencé récemment, et donc là, oui, moi, je j’ai la chance d’avoir rejoint, en fait, la commission, une des commissions sur le sujet, qui donne son avis, et donc, là, moi, je vais porter la voix effectivement des femmes sur ces sujets d’équipement et d’infrastructure, donc voilà, oui, j’espère être amenée à jouer des rôles sur toutes ces actions-là, pour vraiment faire bouger les choses, pas seulement au niveau des pratiquantes, mais en fait, au niveau plus haut et au niveau institutionnel, notamment.
Ermanno : Parmi les autres actions que vous menez au quotidien, justement, à part ce compte Instagram, où tu diffuses des informations, à part préparer des rencontres de l’événementiel, est-ce qu’il y a d’autres actions que tu mènes au quotidien, que ce soit pour la promotion du vélo, mais aussi pour la promotion du vélo au féminin ?
Ophélie : Donc, il y a toutes ces prises de parole dans les médias, et voilà, qui sont, je pense, importantes à porter. On avait fait une action le 8 mars aussi, qui était la Journée internationale des droits des femmes, qui était en fait, d’aller sur les pistes cyclables, et d’aller avec des bombes de peinture, donc je précise que ce sont des peintures à la craie, donc qui s’effacent dès qu’il pleut, aller peindre, en fait, des queues de cheval sur les pictos, et en fait, pour donner, pour montrer que, finalement, les femmes à vélo sont là aussi, donc ça, c’était une manière très, c’était très ludique, et c’était très chouette de faire ce clin d’œil dans cette journée du 8 mars, de, voilà, donc dans toute la France, en fait, plein de femmes sont allées, avec leurs bombes, prendre ces, voilà, ajouter ces queues de cheval, et alors, bon, évidemment, toutes les femmes n’ont pas les cheveux longs, toutes les femmes n’ont pas les queues de cheval, mais c’était plus, voilà, un clin d’œil pour alerter un petit peu, enfin, alerter, en tout cas, parler, donner un peu de visibilité aux femmes sur le sujet, et c’était, super intéressant comme, voilà, comme action, parce qu’on se rend compte que une petite fille, ben, quand elle, enfin, c’est un retour vraiment d’expérience que j’ai eu aussi, une petite fille qui disait, ben oui, en fait, là, tout de suite, sur le vélo, avec une queue de cheval, on voit que ça peut être une fille ou une femme, alors qu’avant, j’ai toujours pensé que c’était un garçon, quoi, donc, voilà, c’est des petites, ça, c’est des petites actions un peu, vraiment, ponctuelles et événementielles, voilà, et puis, et puis, sinon, ben, l’ambition, c’est quand même de, de pouvoir rassembler un petit peu tout, l’écosystème femmes qui travaillent dans le secteur du vélo, sur Beyond My Bike, d’essayer d’en faire, en fait, une sorte de plateforme, un peu, sur laquelle, quand on est une femme à vélo, on va pouvoir aller trouver des infos en termes d’ateliers de mécanique, par exemple, tenus par une femme, en termes de marques et d’équipements, voilà, donc, l‘ambition, c’est, voilà, c’est ça, c’est d’avoir un peu cette, ouais, cette plateforme qui va pouvoir accompagner toutes les femmes qui font du vélo dans leur, dans leur pratique.
Ermanno : Bon, ben, écoute, en tout cas, c’est le pire qu’on puisse souhaiter à Beyond My Bike. Je voudrais qu’on revienne maintenant un petit peu, on est sur la fin de cet épisode, qu’on revienne un petit peu à toi, j’ai quelques questions de clôture que je pose généralement à mes invités, et la première, on va peut-être reboucler un petit peu sur quelque chose que tu as cité tout à l’heure, mais j’aimerais savoir quel est ton meilleur souvenir de Vélotaf ?
Ophélie : Euh, oui, ben, ouais, effectivement, c’est le moment dont on a parlé tout à l’heure, voilà, ce moment de liberté, de nuit, là où on pourrait se dire que quand on est une femme, on est vulnérable et en danger de nuit dans un parc, et finalement, le fait d’être sur mon vélo m’a donné une force et même une puissance assez incroyable, et je me suis dit, en fait, rien ne peut m’arriver, quoi, rien ne peut m’arriver, je suis sur mon vélo, je pédale, j’avance, et donc, ouais, je pense que c’est vraiment ce moment-là qui, ouais, qui reste qui reste vraiment en mémoire.
Ermanno : Et puis, alors, on en a aussi pas mal parlé, mais à ton avis, comment est-ce qu’on pourrait encore plus promouvoir l’utilisation du Vélotaf au féminin ?
Ophélie : Euh, oui, on en a parlé, je pense que, ouais, il y a plusieurs axes, il y a intégrer plus de femmes, en fait, peut-être un élément dont on n’a pas trop parlé, en fait, c’est le côté professionnel, enfin, on a parlé des mécaniciennes, mais de manière générale, dans tous les métiers du vélo, intégrer plus de femmes, que ce soit sur des postes d’ingénieurs, ou de marketing, ou de communication, ou même de support client, mais en tout cas, essayer d’arriver à une parité dans l’ensemble des métiers du vélo, et je prends souvent l’exemple de, voilà, si on parle de rouler en jupe, parce que c’est le plus, c’est peut-être ce qui nous vient le plus à l’esprit quand on parle de différence d’équipement entre les hommes et les femmes, mais ‘est compliqué pour un homme, en fait, de se rendre compte, de s’imaginer ce que c’est que rouler en jupe, voilà, à vélo, parce que, tout simplement, il n’y pense même pas, je pense aussi juste, alors on n’est pas sur le vélotaf, on n’est plus sur le vélo sportif, mais il y a la marque Wilma, qui crée, qui a une équipe de femmes, en fait, qui crée du prêt-à-porter pour les femmes cyclistes, donc c’est une marque française, et elles ont lancé il y a un mois un cuissard cycliste pour les femmes, enfin un cuissard de règles pour les femmes cyclistes, donc ça veut dire que c’est un cuissard qu’on peut utiliser, avec lequel on peut rouler quand on a ses règles, et donc ça, elles l’ont sorti, il y a quelques semaines, et personne ne l’avait fait avant, c’est une innovation, et c’est quand même fou de se dire que personne n’a pensé au problème que c’est quand on est une femme de rouler à vélo en cuissard quand on a ses règles, et ça, en fait, s’il n’y avait pas des femmes derrière cette marque Wilma, le produit ne serait toujours pas sorti, il ne serait jamais sorti, et donc, voilà, c’est pour ça que je pense que c’est essentiel d’intégrer, en fait, des femmes à tous les niveaux de métier, du vélo.
Ermanno : Écoute, je passerai le mot à toutes les sportives que j’interview, mais c’est vrai que je vois ça aussi dans le triathlon que j’ai pratiqué pendant de nombreuses années, je vois ça aussi avec parfois les femmes que j’interview, les femmes sportives que j’interview, et bien on me dit, quand j’ai mes règles, je ne vais pas nager, ou j’adapte ma pratique, ou je ne vais pas rouler, ou je vais moins courir, alors que finalement, il y a des petites choses qui pourraient être faites, qui pourraient être développées pour faciliter un petit peu l’accès au sport, de manière générale, aux femmes, qu’elles soient en règle ou pas.
Ophélie : Exactement, tout à fait, mais voilà, on a besoin de femmes, malheureusement, enfin, je ne sais pas si c’est malheureux, mais en tout cas, c’est la réalité, c’est qu’on a besoin de femmes pour avancer sur ces sujets-là.
Ermanno : Toi, de ton côté, quel outil particulier tu utilises pour vélo taffer ? Quelle bonne pratique ou quel bon conseil tu pourrais donner à des vélotaffeuses ?
Ophélie : Alors, quel outil ? Je n’utilise pas particulièrement d’outils. Alors, en ce moment, pour le challenge, Mai à vélo. J’ai testé Géovélo, l’application, pour avoir un peu une idée du nombre de kilomètres que je fais par jour, mais finalement, ça m’importe assez peu, en tout cas, quand je ne suis pas en mode sportif. Donc, j’utilise assez peu d’outils. La bonne pratique, peut-être, moi, ce dont je me suis rendue compte, c’est peut-être pas hésiter, en fait, à adapter son trajet, pas forcément aller au plus court et au plus rapide, mais plutôt adapter son trajet, même s’il y a un kilomètre ou deux kilomètres de plus, pour aller prendre, en fait, des pistes qui sont mieux aménagées, mieux équipées. Et ça, au départ, en fait, on essaye, quand on est habitué à être piétonne, on essaye d’aller au plus court et finalement, en fait, je me suis rendue compte que ça valait le coup de faire peut-être des distances en plus, mais d’aller rouler sur des pistes qui sont plus équipées et plus agréables. Donc, voilà, ça, c’est peut-être plus un petit conseil. Et puis, de manière générale, c’est plutôt un, voilà, disons que, voilà, moi, j’encourage, en fait, les femmes juste à se lancer et à essayer et à se dire, en fait, on n’est pas là pour gagner le Tour de France, on n’est pas là pour arriver le plus vite possible ou pour tout faire parfaitement. Et, en fait, c’est pas grave si, au début, on galère un petit peu, on met plus de temps, parce que c’est normal, le temps de prendre ses marques, mais juste, voilà, il faut se lancer, y aller et, au fur et à mesure, plus on va se déplacer à vélo et plus ça va être facile et plus ça va être agréable. Et donc, voilà, passer ce cap des premières semaines où on n’est pas encore bien au fait de toutes les bonnes pratiques, mais ça vaut vraiment le coup, en fait, parce qu’après, c’est que du bonheur.
Ermanno : Bon, bah, écoute, le message est passé. Je pense qu’on pourra rester là-dessus comme mot de la fin. Peut-être avant, juste pour terminer, j’ai encore deux questions. La première, c’est que si tu devais passer le micro à quelqu’un que tu aimerais entendre sur ce podcast, est-ce que tu aurais quelques noms à me donner ? Et n’hésite pas à me donner des noms de femmes. Moi, je l’ai dit, j’aime bien recevoir des femmes dans le podcast.
Ophélie : Évidemment, je ne donnerais que des noms de femmes. Non, mais il y a beaucoup de femmes. J’en ai… Voilà, j’ai cité Louise Roussel, évidemment. Alors, elle, elle est un petit peu moins sur le sujet Vélotaf, mais en tout cas, le projet qu’elle porte en ce moment autour des femmes et du vélo est vraiment incroyable. Et donc, voilà, elle mérite évidemment d’être mise en… mise en avant. Donc, ce serait une super intervenante. Je pense à… J’en ai parlé un petit peu aussi à quelques assos en fait que j’ai découvertes, et notamment des assos qui ont été lancés par des femmes et qui utilisent en fait le vélo comme outil d’inclusion, outil d’émancipation. Il y a une asso dont je parle régulièrement sur Beyond My Bike en Ile-de-France qui s’appelle Cycle Avenir et donc qui a été lancée par une femme. Elle s’appelle Marie-Lyne et et donc je pense que ce serait vraiment intéressant qu’elle vienne raconter en fait son expérience. Elle lance des programmes sur plusieurs mois pour des femmes qui sont en situation précaire, en situation d’exclusion sociale et qui ne savent pas faire du vélo. Donc, sur plusieurs mois, en fait, eh bien, on va leur apprendre à faire du vélo. Et ce qui est impressionnant, intéressant et à chaque fois que Marie-Lyne m’en parle, je trouve ça vraiment incroyable, c’est que finalement, au-delà d’apprendre à faire du vélo, c’est vraiment, pour ces femmes, être fière de… d’avoir appris parce que leurs enfants savent faire du vélo et pas elles et retrouver, donc être fière de ça. Elles ont un diplôme à la fin et voilà, et elles ont réussi quelque chose et surtout, elles retrouvent une place, en fait, dans l’espace public et donc ça, on en a parlé aussi un petit peu, mais elles peuvent se déplacer à vélo et elles sont plus à regarder leurs pieds, mais en fait, elles sont à vélo, elles regardent plus loin parce que pour avancer à vélo, voilà, il faut regarder plus loin et elles deviennent actrices en fait de ce qui se passe. De l’espace public et c’est assez magique de se dire que le vélo, finalement, arrive à redonner confiance en elle à des femmes. Et donc, voilà, donc Marilyn de l’association Cycle l’Avenir, je pense pourrait être super intéressante. Voilà, il y en a plein, je vais peut-être dire en dernier aussi Caroline Labroude, je suis à vélo, parce que moi, je l’ai découverte, on a partagé une table ronde il y a quelques temps et c’est super intéressant aussi d’avoir, forcément, elle est aussi convaincue qu’il y a des choses à faire autour des femmes et du vélo et c’est intéressant d’avoir son retour d’expérience sur la clientèle féminine et les attentes des femmes autour de l’équipement vélo. Donc, voilà, quelques noms de femmes, je pense, qui seraient super intéressantes pour un podcast.
Ermanno : Eh bien, écoute, c’est bien noté. J’essaierai de les contacter et puis de les interviewer pour entendre justement ce qu’elles ont à dire et pour leur donner voix au chapitre sur ce podcast. Et puis, dernière question, je te l’avais dit, c’est si on veut suivre Beyond My Bike, si on veut interagir avec Beyond My Bike, si on veut aider Beyond My Bike, où est-ce que ça se passe ?
Ophélie : Ça se passe sur Instagram, donc le compte s’appelle Beyond My Bike. Ça se passe sinon aussi, il y a un site internet et puis il y a ma page LinkedIn aussi, Ophélie Lafuge, donc je publie pas mal de choses autour de Beyond My Bike sur toutes les actualités sur LinkedIn, donc venez me contacter, envoyez-moi des messages, j’adore, je prends toujours beaucoup de plaisir à échanger sur tous ces sujets-là, donc n’hésitez pas.
Ermanno : Je confirme, c’est via LinkedIn que je t’avais contacté. Merci beaucoup, Ophélie, je te souhaite une bonne continuation et puis longue vie à Beyond My Bike.
Ophélie : Merci beaucoup, merci Armano, et puis merci encore pour le travail que tu fais avec ce podcast et notamment autour de la visibilité que tu donnes aux femmes. Merci pour ça.
Ermanno : Avec plaisir. À bientôt.
Ophélie : À bientôt.