« Allez-y mesdames, ça va bien se passer !Lancez-vous ! » – Marie-Xavière Wauquiez

Ingénieure en génie chimique de formation, mon invitée a commencé sa carrière en Suède dans le secteur de la pollution atmosphérique et la qualité de l’air et est tombée dans la mobilité en 2006 en intégrant Keodis pour travailler sur le Développement Durable.

Vous l’entendrez en introduction et pendant tout cet épisode, j’ai été très heureux d’échanger à nouveau avec UNE invitée ! Sur la recommandation de Timothée Quellard d’Ekodev, j’ai pris attache avec Marie-Xavière Wauquiez, qui a fondé l’association Femmes en Mouvement en 2015 pour redonner aux femmes voix au chapitre dans l’écosystème des mobilités. Je vous invite à découvrir cet entretien plein de joie, de bonne humeur et d’espoir ! Aller, en selle, c’est parti !

Pour contacter notre invitée via Linkedin, c’est par ici et pour adhérer à l’Association Femmes en mouvement, RDV ici.

Ce podcast animé parErmanno DI MICELIest proposé par l’ONGTwoWheelTuesday(@2wteu), et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique duVélotaf.

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Ermanno : Bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour un nouvel épisode du podcast Vélotaf. Aujourd’hui, j’ai la chance de recevoir une invitée pour m’accompagner sur le podcast, à savoir Marie-Xavière Wauquiez. Bonjour Marie-Xavière. 

  

Marie-Xavière : Bonjour Ermanno. 

  

Ermanno : Marie-Xavière, tu m’as confessé que tu avais déjà écouté un épisode de ce podcast, tu dois le savoir, nous avons une tradition, c’est que je laisse la parole pendant quelques minutes à mon invitée pour se présenter. Donc dis-nous tout, qui est Marie-Xavière ? Que fais-tu dans la vie ? Quelle est ta passion ? Et puis on va en venir aussi à ta pratique du vélo et des mobilités douces de manière générale. 

  

Marie-Xavière : D’accord, c’est parti. Je m’appelle Marie-Xavière, ce qui déjà en soi est un prénom pas très commun. Je suis ingénieure de formation, j’ai fait des études de génie chimique. Génie chimique, ce n’est pas faire des expériences, c’est construire des usines pour fabriquer des médicaments, par exemple, ou des produits chimiques. Mais en fait, je n’ai jamais fait mon métier parce que j’ai commencé ma carrière dans tout ce qui est pollution atmosphérique et qualité de l’air en Suède, très beau pays. Et puis ensuite, je suis tombée dans la mobilité en 2006. Et en 2006, je suis rentrée chez Keolis pour m’occuper de développement durable parce qu’à l’époque, il faut savoir qu’on avait encore des bus qui lâchaient des gros nuages de fumée noire quand ils démarraient. Donc il y avait tout un enjeu sur la qualité de l’air de la part de la pollution émise par les transports publics. Et c’est comme ça que je suis tombée dans la mobilité en 2006. Et je suis rentrée dans la mobilité, donc ça fait 16 ans maintenant. Et j’ai eu la chance d’avoir un chef super, très ouvert d’esprit, très intéressant, qui avait mis au point une espèce de comité scientifique pour élargir son champ de réflexion à la place des transports publics et dans l’urbanisme et dans la vie en général. Et c’est comme ça que j’ai pu m’enrichir de plein de sujets et du coup, développer un nouvel intérêt extrêmement fort sur la question de mobilité des personnes au quotidien. Donc ça, c’était en 2006-2010. Ensuite, j’ai quitté Keolis. Alors ça avait été assez marrant parce que ça avait été un poste dans lequel, au départ, toutes les questions de développement durable, c’était un peu du « nice to have », c’était un peu la cerise sur le gâteau. Et puis moi, j’étais là pendant le Grenelle de l’environnement et du coup, soudain, il y avait plein de développement durable dans les appels d’offres. Et ça a pas mal changé dans la conception du sujet. Donc voilà, je suis partie en 2010 comme consultante indépendante justement pour aider les collectivités locales à mieux cadrer leur demande parce que quand vous demandez des choux, des carottes, des navets et des bananes, à la fin, ça fait quelque chose qui n’est pas très bon, pas très digeste et sur lequel vous ne vous appuyez pas. Et puis du coup, j’avais le temps d’aller à pas mal de conférences et un jour, j’ai tilté sur le fait que tiens, mais en fait, il n’y avait que des messieurs à la tribune pour parler de mobilité. Alors que moi, chez Keolis, j’en avais rencontré plein des femmes, des chercheuses qui avaient des choses à dire, qui étaient intéressantes, etc. Et ça m’a vraiment piqué au vif. Et du coup, j’ai mis un poste sur LinkedIn en disant si c’est comme ça, moi, j’en ai marre de toutes ces conférences où il n’y a que des messieurs à la tribune. Puisque c’est ça, je vais faire une conférence où il n’y aura que des dames. Que des intervenantes et des speakerines, mais dans le bon sens du terme. Et comme je l’ai dit sur LinkedIn, il y a quelques collègues connaissances qui ont dit mais si tu y vas, on y va avec toi. Et donc, on s’est retrouvés à faire cette petite équipe et à monter une conférence d’une journée entière avec 26 intervenantes pour parler de mobilité. Et en montant le programme de la journée, parce que ce n’est pas le tout de dire je vais faire une conférence où il n’y aura que des femmes qui parlent, il faut qu’elles parlent de sujets intéressants. En montant le programme, on s’est rendu compte qu’il y avait un sujet que nous-mêmes, expertes de la mobilité, nous avions complètement inconscientisé. C’était qu’on ne se déplaçait pas de la même façon que les hommes. Que nous n’avions pas les mêmes réflexes quand nous étions dans l’espace public, dans les transports publics, sur un vélo. Et ça, du coup, ça a été la deuxième pierre angulaire, le deuxième pilier de ce qui est devenu Femmes en Mouvement. Donc Femmes en Mouvement, c’est la mobilité des femmes et les femmes dans la mobilité. Mais la mobilité des femmes, c’est un vrai sujet. Très peu abordé parce que quand vous êtes un homme et que vous ne réfléchissez pas au vécu des femmes, vous concevez des systèmes qui vont bien marcher pour les hommes et du coup, les femmes vont devoir s’adapter. Certaines vont réussir, mais d’autres vont tout simplement lâcher l’affaire en disant ce n’est pas pour moi, donc je n’y vais pas, je ne l’utilise pas. Ma passion, si on parle de passion, mon engagement depuis sept ans, c’est Femmes en Mouvement. Et cette année, ça paye vraiment. Dans le sens où on a beaucoup d’entreprises qui nous rejoignent, beaucoup d’organisations. Et ça, c’est très intéressant parce que ça montre que ce n’est pas juste une histoire d’individus, c’est une histoire collective et de société. 

  

Ermanno : On va y revenir un petit peu après, justement, sur l’organisation Femmes en Mouvement. Qu’est-ce que vous faites plus en détail ? Qu’est-ce que vous apportez ? Et puis, comment vous fonctionnez ? Moi, c’est des sujets qui me touchent énormément. Alors, j’ai beau être un homme, mais j’aime donner aussi… la parole et puis surtout, voir les femmes qui agissent. J’anime aussi un autre podcast sur le sport. Et c’est vrai que quand on recherche des invités et les invités qui acceptent sont souvent, trop souvent, je pense, des hommes et pas assez de femmes qui, parfois, ont un petit peu peur de s’exprimer au micro. Mais on a quand même eu des invités EES, qui sont notamment des chercheuses dans le sport. Et on a fait un rapide constat, c’est que, ne serait-ce que dans le sport, la recherche se base sur des résultats qui sont effectivement effectués sur les hommes. Et 95% de la recherche dans le sport s’applique d’abord aux hommes. Et après, on extrapole un petit peu pour les femmes. Mais je ne suis pas du tout d’accord avec ce principe-là, puisque, comme tu le dis, eh bien, les femmes, ce n’est pas tout à fait comme les hommes. Vous ne vous déplacez pas forcément pareil. Vous ne pensez pas forcément pareil. Vous n’agissez pas forcément pareil. Et donc, je pense qu’il y a plein de sujets dans lesquels il faut vous donner voix au chapitre. Donc, je suis très content de faire cet épisode avec toi aujourd’hui. 

  

Marie-Xavière : Je suis ravie. Alors, dans le sport, il y a seulement deux sports mixtes. C’est la voile et dans l’équitation. Les équipes, les humains sont mixtes et les chevaux sont mixtes. Et c’est assez intéressant parce que, du coup, ça montre bien que ce n’est pas une histoire de force et de domination. C’est une histoire de collaboration et qu’en fait, une femme peut très bien collaborer avec une jument ou un étalon et vice versa. Et ça montre bien que, du coup, ce n’est pas une histoire de force, en fait. 

  

Ermanno : Dans le triathlon, il commence à y avoir aussi des relais mixtes, notamment une épreuve qui est maintenant aux Jeux olympiques, où il y a deux hommes et deux femmes qui concourent. Mais c’est vrai que c’est encore trop rare. Et puis, à la base, ce sont quand même des sports. Ou effectivement, même en individuel, on concourt entre hommes ou on concourt entre femmes, mais on ne concourt pas de façon mixte. Donc là, je suis vraiment très content d’aborder ce sujet-là avec toi. Pour revenir à toi, justement, les questions de mobilité douce étaient quelque chose qui t’ont intéressé, impacté très tôt dans ta carrière professionnelle. Est-ce que toi, à titre personnel, tu pratiques le vélotaf ? 

  

Marie-Xavière : Alors moi, bizarrement, je pense que j’étais très précurseuse parce que je fais du vélotaf ou du vélo-études, en fait, depuis que je suis étudiante. J’ai fait mes études d’ingénieur à Compiègne. Et à Compiègne, il y a un réseau de transport public qui est gratuit. Mais comme c’est gratuit, à l’époque, en tout cas, ce n’était pas très fiable. En fait, on montait dans le bus s’il passait, mais sinon, on allait à pied. Et donc, très vite, mes parents m’ont rapporté le vélo de ma sœur. Et donc, j’ai fait du vélo dans Compiègne. Je crois que j’ai toujours fait du vélo pour me déplacer, sauf ma première année en tant qu’ingénieure après mon diplôme parce que j’étais à Reims et j’avais besoin d’une voiture pour aller chez mes parents à Reims. Et du coup, je prenais la voiture pour aller travailler parce que l’usine était dans une zone industrielle assez loin. Mais quand j’y réfléchis, en fait, j’aurais très bien pu y aller en vélo. Donc oui, moi, je me déplace très souvent en vélo. Alors pas uniquement, mais très souvent en vélo. Et notamment, j’ai mon premier vélo, on va dire à moi, de parisienne. Je l’ai ramené de Hollande en 2002. J’avais été passer un week-end chez une copine en Hollande. Et là-bas, j’ai acheté un vélo. Du coup, j’ai mis mon vélo dans le Thalys pour rentrer. Et j’ignorais qu’en fait, je n’avais pas le droit. Et du coup, j’ai dû payer un billet pour le vélo pour la Hollande, un billet pour la Belgique et un billet pour la France. Mais j’ai quand même ramené mon vélo dans le Thalys pour 21 euros, si ma mémoire est juste. 

  

Ermanno : Le coup de payer le billet pour le vélo, ce n’est pas forcément super sympa. Après, c’est vrai que tu as modéré en parlant du prix. C’était quand même abordable, on va dire. Mais j’imagine que ça doit créer quelques soucis sur le moment. 

  

Marie-Xavière : Oui, c’était juste que le monsieur m’a dit qu’est-ce que vous faites avec votre vélo dans le Thalys ? C’est interdit. J’ai dit c’est désolant, mais on roule. Je ne vais pas le jeter par la fenêtre. Du coup, il m’a laissé le garder jusqu’à Paris. Je l’ai rapporté chez mon vélociste il y a quelques années en lui disant, je ne sais pas, prenez des pièces, faites-en quelque chose, qu’il revive d’une façon ou d’une autre. Parce qu’il m’avait accompagné partout dans Paris. Et c’était un très bon vélo que j’avais appelé Maxima, du nom de la princesse des Pays-Bas. 

  

Ermanno : Donc, sa vie était arrivée au bout et tu as fait don de son cadre pour la science ou pour le vélo-taf.  Précurseuse sur la pratique du vélotaf, est-ce que ça a toujours été quelque chose d’aisé ou au contraire, il a fallu jouer un petit peu des coudes pour pouvoir passer un petit peu partout ? 

  

Marie-Xavière :  Alors, moi, je faisais du vélotaf à mi-temps. C’est-à-dire que toutes mes premières années à Paris, arrivé à l’automne, je me faisais peur une fois ou deux. J’étais un peu trop hardie, je croisais des gens qui me faisaient peur. Et puis, j’ai fait du vélotaf à mi-temps. Je me disais, si ça passe. Et puis, à la fin, en fait, ça passait vraiment tout juste, tout juste. Donc, pendant très longtemps, en fait, je rangeais mon vélo à la fin de l’automne et puis je le ressortais au début du printemps. Donc, je le laissais ranger 5-6 mois parce que je trouvais qu’une fois qu’on passait à l’hiver, que l’obscurité, la pluie, tout le monde devenait un peu nerveux. Ce n’était pas très agréable, en fait. Et je ne voulais pas me mettre en danger. Donc, j’ai fait ça pendant très longtemps. Et puis, arrivé à Saint-Maur, je faisais du… de l’intermodalité taf. Donc, on a déménagé. Donc, on est dans cette petite ville de banlieue dans le Val-de-Marne. Là, je prenais mon vélo pour aller au RER parce que je travaillais assez loin. Et en fait, ce n’était pas du tout envisageable de faire pratiquement une heure matin et soir sur des axes assez dangereux et tout ça. Mais j’allais toujours… J’ai toujours pris mon vélo pour aller au RER. Et puis, en 2018, Je me suis dit, tiens, mais en fait, maintenant qu’il y a la piste bidirectionnelle sur les bords de Marne, peut-être que je peux essayer d’aller à Paris. Je vais voir ce que ça donne. Et à l’époque, j’avais vraiment une espèce de vieux biclou claqué au sol, comme diraient mes enfants, qui était très bien pour aller au RER parce que, voilà, si on me le piquait, j’en achetais un autre. Et puis, j’en aurais pas fait une histoire. Et je ne sais pas comment j’ai fait pour aller à Paris avec ce vieux machin. Mais du coup, le week-end suivant, j’allais m’acheter un vélo. Un vélo qui… On tenait mieux la route. Et je me suis mise à faire du vélo toute l’année. Et après, j’ai eu un Véligo. Et ça, le Véligo de la région Île-de-France, quel bonheur, quel plaisir. Il marche trop, trop bien, ce vélo. Donc, moi, j’adapte, en fait, comment dire, je ne suis pas une ultra dans le sens où je n’ai pas de problème à faire de la multimodalité, à reprendre les transports en commun. Si j’estime que le RER est plus efficace, je prends le RER. Si j’estime que ma voiture est la solution pertinente, je la prends aussi. Alors, c’est une voiture électrique. Mais je fais beaucoup de vélo au quotidien, oui. Je ne peux pas vivre à Saint-Maur sans vélo. Ce n’est pas possible. 

  

Ermanno : Bon, alors, tu nous disais que ta voiture est électrique. En termes de vélo, tu es plutôt musculaire ou électrique ? 

  

Marie-Xavière : Là, j’ai un musculaire parce que j’ai rendu mon Véligo. En fait, j’étais tellement triste de le rendre que je ne me voyais pas lui faire une infidélité en prenant un autre vélo électrique. Il faudrait que j’y réfléchisse. Mais en fait, le musculaire, c’est bien aussi. En fait, tout dépend du trajet parce que pendant tout un temps, je travaillais à côté de la station Exelmans. Je prenais les bords de Seine. Alors, les bords de Marne, puis les bords de Seine. Donc, c’est une balade qui est d’une beauté à tomber à la renverse. Mais c’est une balade sur laquelle le vent est toujours de face. C’est un principe. Il est toujours de face. Et en musculaire, aller jusqu’à Exelmans de chez moi, c’est 1h20. Et c’est 1h20 où après, il faut à peu près autant de temps pour récupérer son souffle et tout ça. Alors, ceux qui me connaissent bien savent que mon vélo, c’est un hollandais qui est un peu lourd et que du coup, il aurait fallu que je prenne un vélo plus léger. Ça aurait été plus facile. Mais même dans l’absolu, ça fait des trajets trop longs. C’est tout l’avantage de l’électrique. C’est vraiment le côté game changer de l’électrique. C’est que 1, on ne sent plus le vent et 2, on ne sent plus vraiment les reliefs. Et du coup, des choses qui étaient impossibles deviennent tout à fait envisageables. 

  

Ermanno : Et pour revenir sur Véligo, j’avais reçu la directrice commerciale de Véligo qui nous avait expliqué un petit peu comment ça fonctionnait. Normalement, j’ai une question qui est assez simple dans le déroulé de cet épisode. C’est à quelle fréquence utilises-tu ton vélo ? On l’aura bien compris. Toi, c’est du quotidien finalement. 

  

Marie-Xavière : Ah oui. Oui, oui. Pour faire des courses, pour aller à Paris. Oui, oui. Il sort tout le temps. 

  

Ermanno : Et justement, sur cette utilisation du vélo, chez toi, c’est une question de conviction personnelle sur l’utilisation de cet outil de mobilité plutôt qu’un autre ou c’est aussi une question de plaisir, une question d’activité, de se bouger un petit peu, de faire quelque chose et pourquoi pas le faire en utilisant un mode de transport qui soit un peu plus éco-responsable ? 

  

Marie-Xavière : C’est surtout la praticité, j’ai envie de dire, parce que le vélo, en fait, il démarre tout le temps. Quand j’en ai besoin, 5 secondes après. Je suis dessus. Dans la rue, si je veux me garer, je le gare à peu près n’importe où. Alors, j’ai eu un souci pour le garer la semaine dernière au bout de la rue de Charonne où j’avoue que j’ai dû tourner pour trouver une place, ce qui est assez anecdotique mais est rare d’ailleurs et peut-être bon signe. Donc voilà. Moi, c’est surtout que c’est pratique. Enfin, quand j’étais à Paris, j’habitais en haut de la rue de Lafayette, je travaillais en bas de la rue de Lafayette. C’était tellement plus simple et plus agréable plutôt que de descendre dans le métro. En plus, enfin, c’est une chose que j’aime, c’est que ce côté précurseur aussi, c’était à un moment où du coup, il n’y avait personne sur les quelques rares infrastructures. Et puis, on se sentait un peu un petit côté magellan quoi. C’est-à-dire, j’ose affronter la ville, le flux sur mon vélo et je n’ai peur ni de rien, ni de personne. Et donc, allons-y quoi. Moi, je me suis toujours beaucoup imposée dans la rue dès le départ en me disant que j’avais le droit d’être là. Et j’ai toujours dit à mes enfants, vous roulez au milieu, il n’y a pas de raison de rouler sur les bords. Vous roulez au milieu, il n’y a pas de raison de rouler sur les bords. Vous roulez au milieu, eux, ils ont un moteur, eux, ils ont des freins, ils ont tout ce qu’il faut. Donc, ils peuvent bien supporter que vous preniez un petit peu de place. Ce qui n’est pas du tout le cas de mon mari, par exemple, qui me dit toujours, mais on prend de la place et tout. Je suis là, mais ils peuvent patienter quoi. 

  

Ermanno : Oui, c’est un petit peu dangereux. Enfin, moi, je comprends tout à fait l’approche, mais plus tu te rapproches de Paris et plus ça peut paraître un petit peu dangereux. 

  

Marie-Xavière : C’est un petit côté de défiance vis-à-vis des autres en disant, poussez-vous que je m’y mette. C’est un petit côté comme ça en fait. Après, à Paris, maintenant, heureusement, en 14 ans, ça a bien changé parce que maintenant, il y a des coups de pistes cyclables, il y a beaucoup plus de vélos et les gens sont habitués. 

  

Ermanno : Ça, ça fait partie des questions que je pose souvent à mes invités, puisque le podcast est né après la première vague de la pandémie. Est-ce que justement, tu as l’impression que cet épisode du Covid a aussi beaucoup aidé en termes d’infrastructure et notamment à Paris ? 

  

Marie-Xavière : Je pense qu’en fait, il y a deux choses qui se sont passées. C’est une première chose, c’est qu’il a fait très beau. On ne se souvient pas forcément, mais le printemps 2020, c’est un printemps, il a fait exceptionnellement beau. On était tous enfermés chez nous. Nous, on a trois garçons qui sont grands maintenant, mais quand on a déménagé, ils avaient 11 ans, 7 ans et 4 ans. Moi, je n’en pouvais plus d’aller au parc et tout. Et donc, on a déménagé pour une maison avec un jardin. Ils ont été enfermés pendant 8 semaines parce qu’ils ne sont jamais sortis. Ils ont été enfermés dans un jardin, ce qui changeait tout. Parce qu’en fait, on était dehors tout le temps, on mangeait sur la terrasse tout le temps. Le premier truc qu’on a acheté au bout du confinement, c’est un panier de baskets pour qu’ils puissent s’amuser dans le jardin. Et donc, c’est ça ce qui s’est passé. En fait, il y avait plusieurs facteurs. Il y avait cette idée que les gens ne voudraient pas retourner dans les transports en commun. Cette idée que si tout le monde allait en voiture, en fait, ce n’était pas fait pour et ça allait engorger les métropoles. Et trois, il y avait ce message qui passait très bien de fait du vélo parce qu’il faisait beau et sec et que du coup, ce n’était pas transformé tout le monde. Enfin, s’il n’avait plus, comme il a plus certains printemps où, comment dire, il faut un pantalon de pluie, une cape de pluie, etc., etc., ça n’aurait jamais marché de la même façon. Le ciel nous a aidés pour le Et c’est suite à ça que tout le monde s’est dit, bah oui, tiens, il faut le faire. Alors, moi, je travaillais la Fédération des usagers de la bicyclette à l’époque. J’en étais la déléguée. Et effectivement, le président a fait un travail de lobbying remarquable pour dire aux autorités publiques, il y a quelque chose à faire. Et toutes les associations locales aussi sont allées voir leur… leurs élus pour leur dire, écoutez, mettez en place des pistes cyclables, etc., les fameuses coronapistes. Mais s’il n’avait plu averses tous les jours, je pense que tout le monde se serait fait envoyer bouler gentiment, quoi, parce que l’expérience de la pluie, ce n’est pas la meilleure expérience qu’il soit quand on fait du vélotaf. 

  

Ermanno : Ouais, non, ça, c’est sûr. Mais effectivement, le printemps 2020 a été juste exceptionnel. Je voudrais qu’on revienne un petit peu, enfin un petit peu, non, qu’on revienne largement maintenant sur l’organisation Femmes en Mouvement. Tu nous en as un petit peu parlé. J’aimerais que tu nous en dises encore plus. Donc, si je comprends bien, ça a commencé fin des années 2010. Mais est-ce que tu peux nous en dire vraiment encore plus ? Qu’est-ce que vous faites au quotidien ? Quel est votre leit motive ? Et comment est-ce que vous fonctionnez ? 

  

Marie-Xavière : Femmes en Mouvement, c’est un réseau professionnel féminin sectoriel. Et on s’intéresse à la mobilité des femmes et aux femmes dans la mobilité. On est aujourd’hui plus d’une centaine d’adhérentes à titre individuel, dont certaines sont là depuis 2015. Et on a 20 entreprises qui nous on rejoint et qui adhèrent au titre d’entreprise. En fait, c’est une première pierre dans leur politique de diversité ou de mixité, ou une pierre complémentaire, tout simplement. Et comment on fonctionne ? En fait, on fait un apéro une fois par mois, à minimum, plus à Paris ou en Zoom. Et on a aussi une antenne à Lyon et une antenne à Lille. Donc, l’idée première, c’est que nous nous connaissions entre nous et qu’ensuite, nous nous poussions les unes les autres vers les conférences, les colloques, les tribunaux, etc. Donc, c’est un peu comme si on était des intérêts. Et puis, on a aussi un lien avec les entreprises d’automobile, les tribunes, etc., pour que le point de vue des femmes soit pris en compte quand il y a des politiques de mobilité qui sont imaginées, conçues et mises en place. Comme tu le disais tout à l’heure, moi aussi, quand j’appelle des femmes pour qu’elles soient invitées d’honneur, des fois, j’en ai qui me disent « mais t’es sûre que ça va intéresser les gens ? ». Je leur dis toujours « mais oui, mais bien sûr ». Si je t’appelle, c’est que ça m’intéresse déjà moi en premier chef, et en suite ça intéresse toujours parce qu il y a une multiplicité de sujets d’angles d’approche, quand on dit les femmes ça peut être les étudiantes ça peut être des femmes en début de carrière, en fin de carrière des seniors etc et à chaque fois en fait il y a des questions qui se posent et du coup les réponses sont toujours intéressantes et puis comme c’est un sujet de recherche qui finalement est assez récent du coup il y a toujours des nouveaux enseignements à tirer. Les messieurs sont les bienvenus ils peuvent adhérer, on les met pas à la tribune parce qu’ils ont pas besoin de nous pour ça, ils ont moulte occasions de prendre la parole, alors ça me désole parce que je peux citer 5 messieurs que je trouve absolument passionnants pour parler de mobilité, mais en fait ils ont pas besoin de moi pour prendre la parole, ils ont pas besoin de nous, ils ont moulte occasions où ils sont appelés pour dispenser leur savoir et leur expertise mais nous on est toujours très contentes d’avoir des hommes dans la salle ceux qui viennent du coup ça veut dire qu’ils ont fait déjà un espèce de petit cheminement pour se dire tiens je vais passer de l’autre côté de la barrière, elles me disent que je suis bienvenue donc j’y vais, je prends mon courage à mon cou et j’y vais. Souvent quand ils repartent ils se disent ah oui tiens il y a plein de trucs auxquels j’avais pas pensé et j’avais pas vu les choses comme ça et maintenant je vais réfléchir un peu différemment. 

  

Ermanno :  Et je tiens quand même à souligner que c’est un homme qui nous a mis en contact enfin qui m’a suggéré de te contacter je parle de Timothée Kellard d’Ekodev il y en a aussi qui comprennent l’intérêt de donner voix au chapitre aux femmes pour parler du sujet des femmes dans la mobilité ou de la mobilité pour les femmes. 

  

Marie-Xavière : Tout à fait, voilà. Et d’ailleurs on est très contentes parce qu’on a un administrateur, on est une association donc on a les organes de gouvernance habituels conseil d’administration, bureau assemblée générale et l’année dernière on a fait un appel à candidature et on a deux messieurs qui ont levé la main pour rejoindre le conseil d’administration. Il y en a un qui m’a dit ah si il y en a un autre je lui laisse la place il faut pas qu’il y en ait plus de deux mais il faut que t’en aies au moins un. Et ce au moins un c’est le secrétaire général de l’union internationale des transports publics donc il s’appelle Mohamed Mezgani il fait un super boulot avec nous et en plus il connait littéralement le monde entier parce que il est secrétaire général du plus vieux réseau professionnel mondial donc l’union internationale des transports publics qui fédère en fait dans le monde entier les opérateurs de transport. Donc pour notre ambition internationale c’est vraiment très chouette de l’avoir à bord. 

  

Ermanno : On a parlé des hommes mais parlons aussi des femmes. Est-ce que tu veux parler de celles qui sont au conseil d’administration de l’association ou peut-être celles qui agissent aussi au quotidien ? 

  

Marie-Xavière : Alors en fait on est onze au conseil d’administration donc ça veut dire qu’il y a dix femmes donc on a deux lyonnaises qui s’occupent un peu de l’antenne de Lyon mais donc une est secrétaire et l’autre s’occupe du think-tank et du lobbying donc c’est Christine Chary et Noémie Bercoff ensuite on a une vice-présidente junior. Ça c’est quelque chose qu’on a mis en place en fait dans notre bureau après avoir participé à une rencontre de réseau féminin c’était quelqu’un qui disait faites attention de pas devenir un club de vieilles rombières ça m’est tombé dans l’oreille et du coup on a modifié nos statuts pour avoir toujours une vice-présidente qui soit moins de 35 ans il me semble pour que du coup il y ait toujours des jeunes femmes qui se reconnaissent dans ce qu’on fait et qu’elles aient envie de venir parce que c’est pour changer des états de fait comme ça de déséquilibre il faut remonter très loin en général pour réussir à changer les choses donc elle s’appelle Zakia Sidoum,  une trésorière que j’ai rencontrée via Femmes en mouvement que je ne connaissais pas du tout qui s’appelle Aline Delatte qui travaille sur tous les sujets de biéthique et donc elle a d’abord été notre secrétaire et maintenant c’est notre trésorière, une experte aussi de tout ce qui est transport ferroviaire qui s’appelle Lucille Ramacurs, on a donc une jeune femme qui est originaire du pays basque espagnol qui s’appelle Esti San Vicente et qui est à Bordeaux maintenant elle a cofondé une agence de design et c’est une de ses collègues qui a fait notre jeu des 7 familles de la mobilité au féminin on a une ancienne directrice d’Air France aussi, directrice marketing qui s’appelle Carole Pétavin qui est la plus sage d’entre nous et qui a une connaissance des process de la façon dont ils vont faire les choses qui est tout à fait appréciable, Marion Appert qui a été notre vice-présidente junior pendant 3 ans qui est restée au conseil d’administration et qui s’occupe de l’Urban Lab à la mairie de Paris, enfin à Paris & Co qui est l’agence de développement et d’innovation de la mairie de Paris, agence pour laquelle j’ai travaillé pendant 3 ans et où j’incubais des start-up de la logistique et de la mobilité, et on a aussi une femme politique qui a répondu à l’appel quand on a lancé cet appel à candidature c’est Fabienne Keller donc Fabienne Keller en fait on l’a d’abord invitée comme invitée d’honneur donc en fait c’est l’ancienne maire de Strasbourg elle a été sénatrice, enfin elle a beaucoup de casquettes donc je vais en oublier, j’espère qu’elle me pardonnera mais c’est une vraie femme de transport, c’est une polytechnicienne qui comment dire, donc avait été notre invitée d’honneur et puis l’année dernière a souhaité s’investir à nos côtés donc ça c’est très chouette parce que c’est vraiment elle a une passion pour les gares, elle a toujours beaucoup travaillé sur les questions de mobilité et voilà on était très honoré d’avoir une femme aussi occupée qui candidate pour rejoindre notre conseil d’administration. 

  

Ermanno : En général c’est bon signe quand les gens très occupés trouvent quand même du temps pour s’impliquer dans une cause. 

  

Marie-Xavière :  Oui voilà c’est ça c’était énorme et on était très surprise puis on s’est dit bon ben voilà alors on lui a fait passer un entretien comme on a fait passer aux autres administrateurs ça je crois qu’à ce moment là c’était elle qui était surprise mais voilà elle a passé la sélection avec brio donc on a dit bon ben bienvenue à bord. 

  

Ermanno :Pour revenir sur l’organisation Femmes en Mouvement justement en dehors de ces rencontres que vous organisez, est-ce qu’il y a d’autres actions que vous menez au quotidien ? Tout à l’heure tu parlais de cette personne qui s’occupe un peu du lobbying donc est-ce que vous agissez aussi régulièrement ou peut-être au quotidien justement pour promouvoir la place de la femme dans les mobilités et les mobilités pour la femme ? 

  

Marie-Xavière : Dans les autres actions qu’on fait on a aussi un format, on a un partenariat avec une association qui s’appelle REVEL qui est une association qui aide les jeunes filles qui habitent en quartier politique de la ville à ouvrir leur horizon ouvrir leur perspective et donc on organise 3-4 fois par an des rencontres qui s’appellent les rencontres TAF  ça veut dire transport au féminin dans nos apéros on invite en général des têtes de pont, on invite des dirigeantes d’entreprise, des chercheuses des sociologues qui sont sur des sujets très pointus et dans TAF en fait on invite des femmes qui sont sur des postes qui sont on va dire plus accessibles en tout cas plus nombreux tels des conductrices de bus, des aiguilleuses des responsables d’agence d’affrêtement qu’est-ce qu’on a eu d’autre ? Une agent de sécurité etc. pour leur dire ces métiers là ils sont accessibles ils sont faisables et c’est pas parce que dans votre quotidien vous rencontrez pas beaucoup de femmes qui les exercent que vous pouvez pas vous y intéresser et vous y projeter donc ça c’est quelque chose qui nous tient beaucoup à coeur et sur la partie lobbying think-tank c’est quelque chose qu’on a lancé assez récemment, ce qu’on voudrait faire c’est que réussir à convaincre les concepteurs de solutions de mobilité qu’ils soient publics ou privés d’intégrer le genre en fait dans leurs réflexions c’est à dire que par exemple là il y a des rapports qui viennent de sortir qui sont très intéressants sur l’industrie du cycle, sur la mobilité des personnes âgées sur la mobilité au quotidien la question du genre elle est toujours très peu abordée et en fait c’est des questions quand on regarde il y a toujours des différences qui sont assez notables, si je prends l’industrie du cycle alors oui il y a des femmes sur les chaînes de montage mais par contre dans tout ce qui est réparation vélo il y en a très très peu, c’est à dire les femmes se projettent pas en fait dans le fait de oui je suis capable de changer un pneu je pense que quelque part on se dit toutes qu’on doit être en capacité de le faire mais de régler un dérailleur, de changer un câble de frein de faire toute cette maintenance tout cet entretien qu’il y a sur les vélos ça en fait une fois qu’on est sorti des chaînes de montage il y a pratiquement pas de femmes et c’est pour ça qu’on a pas mal d’entreprises du vélo qui adhèrent en se disant mais nous en fait on recrute et on a besoin pour notre performance pour nos équipes, pour l’ambiance etc d’avoir des femmes qui viennent parce qu’on est persuadé que ça va améliorer les choses et aujourd’hui c’est des secteurs dans lequel c’est très très difficile en fait donc voilà on voudrait on voudrait dans n’importe quel rapport qui sort sur la mobilité que les questions du genre elles soient toujours abordées parce que ça donnera des pistes de progrès et d’amélioration moi par exemple tu vois j’ai travaillé chez Kiolis pendant 4 ans de 2006 à 2010 au développement durable ce qu’on racontait dans nos rapports et tout c’était les transports publics c’est super c’est de la mixité sociale les gens se rencontrent etc etc on a jamais abordé parce qu’à l’époque les femmes n’en parlaient pas on a jamais abordé la question du harcèlement dans les transports or quand on s’intéresse à ça c’est des femmes qui vont vous dire qu’elles se font embêter, les garçons ils se font pas embêter dans les transports et je disais que nous dans notre action de lobbying ce qu‘on souhaiterait c’est qu’à l’avenir il n’y ait plus jamais aucune étude qui soit lancée sans prendre en compte le genre et que du coup les opinions des femmes soient notées il y avait en janvier 2019 on a fait un petit déjeuner avec Anne-Marie Hidrak donc Anne-Marie Hidrak c’est the femme en mouvement role model voilà parce qu’elle a été ministre, députée, présidente de la RATP, présidente de la SNCF et en charge d’une mission sur le véhicule autonome et en fait elle a fait faire des entretiens qualitatifs et les craintes qu’il y avait autour du véhicule autonome n’étaient pas les mêmes chez les hommes et chez les femmes alors qu’on pourrait se dire c’est quelque chose qui est comment dire complètement juste technologique et dans lequel le genre n’a pas d’importance et bien en fait même là-dedans ça a de l’importance parce que les ressentis des utilisateurs potentiels étaient pas les mêmes entre les hommes et les femmes donc voilà ça nous paraît très important et ça c’est un sujet qui avance pas beaucoup pour le coup. 

  

Ermanno : C’est bien la preuve encore une fois que le point de vue, la façon d’appréhender les choses n’est pas la même entre un homme et une femme et que dans le développement de tout produit ou service il est important et intéressant d’intégrer cette question du genre.  

  

Marie-Xavière : Exactement et par exemple pour parler de vélo le seul truc qu’en fait qu’il faudrait adapter systématiquement sur un vélo c’est la selle les femmes on cherche pas les mêmes choses enfin voilà c’est vraiment la partie de notre anatomie où on se différencie le plus les uns des autres on propose les mêmes selles à tout le monde et en fait il y a des selles qui pour les femmes quand on parle de trajet un peu long, de longue distance etc bah il faut en fait des selles adaptées parce que ça va changer les choses vu qu’on est assis dessus tout le temps quoi. 

  

Ermanno :  J’en profiterai pour passer le mot peut-être à Stéphane Volant que j’avais reçu aussi sur ce podcast qui parlait de Vélib et d’ailleurs tout à l’heure on parlait de ces métiers que les femmes n’osaient pas forcément faire et notamment un métier de mécanicienne vélo et je voulais remettre à l’honneur cette mécanicienne dans l’un de ses ateliers qui nous disait que c’était la reine de la remise en service des roues qui était abîmée et même de la fabrication des roues à partir d’anciens produits et donc voilà je voulais remettre cette femme là à l’honneur j’espère qu’elle nous écoutera et puis rappeler qu’effectivement comme tu le disais tout métier est ouvert aussi aux femmes et même enfin il n’y a pas un métier d’homme et un métier de femme il y a des métiers qui sont ouverts à tout le monde. 

  

Marie-Xavière : D’ailleurs dans l’interview de Stéphane Volant ce qui m’a fait vraiment plaisir quand je l’ai écouté c’est quand il a dit qu’à un moment son moment vélo taf c’était un moment où il s’était rendu compte qu’il était entouré que de femmes à vélo un jour de pluie déjà il avait remarqué le genre des gens qu’il entourait je trouvais ça pas mal et ensuite du coup il s’était dit bah tiens si les femmes sont là ça veut dire qu’on a gagné quelque chose et il avait tout à fait raison 

  

Ermanno : il a même dit qu’on avait gagné la bataille du vélo taf si effectivement il y avait autant d’hommes que de femmes sur les vélos et même plus de femmes et notamment ces femmes un petit peu typées businesswoman. sur la partie femmes en mouvement justement je voudrais vraiment revenir encore sur le fonctionnement que vous avez au quotidien parce que en dehors d’organiser des conférences des actions de sensibilisation je pense qu’on peut appeler ça comme ça. comment est-ce que vous vivez au quotidien comment est-ce que vous vous financez comment est-ce que l’association va de l’avant et porte le message qu’elle a apporté. 

  

Marie-Xavière : moi j’ai un tempérament assez entrepreneurial et du coup je me suis dit ce qu’on fait ça a de la valeur et si ça a de la valeur il faut que cette valeur elle soit monétisée donc femmes en mouvement vit essentiellement de ses adhésions donc c’est 50 euros l’année pour les femmes de plus de 25 ans et 25 pour les personnes de moins de 25 ans donc je rappelle que les messieurs peuvent adhérer c’est 250 euros pour l’instant pour les personnes morales donc là en fait on va revoir un peu notre segmentation parce que ça n’a pas trop de sens de faire payer 250 euros à des groupes présents dans le monde entier et 250 euros à des start-up qui se sont lancés il y a 3 mois donc ça c’est une réflexion qu’on a une autre source de financement c’est le jeu le jeu des 7 familles de la mobilité au féminin qu’on a fait l’année dernière je me suis rendu compte que j’aimais bien l’événementiel voilà réunir des gens boire du champagne manger des petits fours et tout en fait on voulait fêter les 50 femmes en mouvement on voulait faire une soirée institutionnelle et puis c’est tombé à l’automne 2020 donc on a réussi à faire une assemblée générale festive dans lequel il n’y a pas eu de cluster donc ça on était déjà contentes mais après organiser un événement institutionnel c’était beaucoup d’efforts pour se retrouver à 30 à 2 mètres de distance ça n’avait aucun sens mais comme on ne savait pas qu’on allait avoir ça au début de l’année on s’était lancé dans la conception d’un goodies pour cette soirée on voulait faire un goodies qui ait du sens et c’est Marion Appert notre vice-présidente qui avait suggéré ce jeu des 7 familles de la mobilité au féminin et donc là on a été chercher 42 femmes alors on a été chercher la ministre Barbara Pompili la directrice d’Air France la seule astronaute française femme Claudie Aigneret etc et puis on est redescendu dans les comment dire voilà sur le terrain et donc on avait une mécanicienne vélo une livreuse à vélo des conductrices de bus de métro de car de camion etc et on a fait un crowdfunding qui a très bien marché et comme c’est un produit d’imprimerie. l’imprimerie le print en fait plus t’en fais moins ça te coûte cher à la pièce et donc avec mon petit emploi vraiment entrepreneurial j’ai dit au conseil d’administration j’ai dit écoutez on va faire imprimer beaucoup comme ça le prix unitaire baissera et du coup si on arrive à vendre on fera du bénéfice et c’est exactement. ce qui s’est passé parce qu’on en a vendu 2200 je crois sur les 2500 qu’on a fait imprimer donc il en reste encore quelques uns et l’intérêt de ce jeu de cartes c’est aussi c’est un jeu qui est très personnalisable c’est à dire on peut rajouter des cartes si il y a des entreprises qui veulent les offrir on rajoute une carte à l’intérieur qui dit bah voilà moi entreprise  je suis heureuse de vous offrir ce jeu ou alors là récemment ce qu’on a fait c’est qu’on a une entreprise qui est dirigée par une femme et qui a voulu qui est la femme qui la dirige dans le jeu et du coup on a enlevé une carte on l’a remplacée par une autre ça tombait bien il y avait une personne qui venait de changer de métier donc la carte était plus à jour et donc c’était parfait donc voilà donc c’est ça nos ressources bon c’est vrai que avec aujourd’hui 100 adhérentes et 20 entreprises adhérentes on va avoir 7 ans pendant 4 ans on a fait des choses avec des bouts de ficelle en utilisant aussi toutes les ressources gratuites du numérique voilà une adresse mail on paye rien on faisait du MailChimp du poil pour rester dans ce qui était gratuit etc et puis quand on s’est rendu compte qu’on avait un peu de sous bah du coup voilà maintenant on a un peu plus d’ambition. là notamment on va accueillir 2 stagiaires en mai-juin 2 juniors et tu vois en fait c’est des stages qui sont gratuits mais du coup on peut quand même leur offrir un petit cadeau à la fin pour pour pas qu’elles aient travaillé totalement gratuitement. et ça une stagiaire quand on est une association comme nous où il y a que des bénévoles d’avoir soudain pendant quelques semaines quelqu’un qui passe toute sa semaine même si c’est 35 heures enfin ça change beaucoup de choses. 

  

Ermanno : ça change beaucoup de choses et puis ça permet de faire énormément avancer pas mal de sujets que on laissait un petit peu de côté je pense pendant quelques temps parce qu’effectivement on y consacre le temps qu’on peut y consacrer quand on est bénévole. 

  

Marie-Xavière : c’est exactement ça et c’était une première stagiaire par exemple qui nous avait fait découvrir Helloasso c’est le système informatique par lequel on passe pour tout ce qui est billetterie et ça pour quelqu’un pour une trésorière d’association c’est génial parce que au début de Femmes en Mouvement on avait des chèques on avait du liquide on avait des virements enfin c’était l’enfer quoi. là maintenant j’en paye par carte bleue c’est un effet démultiplicateur qui est hyper fort en fait. 

  

Ermanno : bah en tout cas le message est passé je mettrais dans les notes de l’épisode justement plus d’informations sur comment adhérer et puis tous les hommes et toutes les femmes qui nous écoutent et bah il faut y aller il faut aller adhérer à Femmes en Mouvement Marie-Xavier je te remercie d’avoir répondu à nos questions alors tu le sais puisque tu me l’as dit en off tu as déjà écouté des épisodes de podcast et notamment celui de Stéphane Volland alors on va passer à la partie questions de clôture et justement je voudrais bien que tu nous parles toi aussi de ton meilleur moment ton meilleur souvenir de Vélotaf. 

  

Marie-Xavière : alors mon meilleur souvenir de Vélotaf. bah il y en a beaucoup déjà parce que quand j’avais le Véligo j’avais ce trajet qui était d’une telle beauté qui était enfin voilà les bords de Seine enfin la Seine à Paris c’est beau le matin c’est beau le midi c’est beau le soir c’est beau tout le temps donc en fait j’en ai vraiment beaucoup en fait un de mes meilleurs souvenirs finalement c’est un souvenir où c’est une des pires pluies que je me suis jamais prise de toute ma vie on venait de faire une séance de travail avec une administratrice qui est maintenant à la tête de la fondation Good Planet donc avec Alban Godard et on repart des Champs Elysées on monte sur nos vélos il se met à pleuvoir et je devais rentrer à sa Saint-More et il a plu toute la route c’était en décembre il a plu toute la route tout le chemin il a plu et elle elle était au bout d’un moment elle m’a dit écoute de toute façon je suis trempée je vais rouler dans les flaques et du coup on a roulé dans les flaques et ça fait un côté complètement surréaliste je suis arrivée à la maison j’ai une photo je sais pas si je l’ai détruite ou pas je suis arrivée à la maison mais mon pantalon de pluie était trempé ma veste était trempée j’étais trempée je suis restée 5 minutes sur le paillasson mais voilà je l’avais fait. il faisait noir il pleuvait il faisait froid mais finalement on avait beaucoup ri parce que de toute façon c’était la seule chose qui restait à faire soit on s’arrêtait et puis on repartait le lendemain soit bah quitte à être trempée trempée pour trempée on rigole et voilà. mais c’était aussi faisable parce que on est rentré que par un itinéraire protégé sinon je l’aurais pas fait. 

  

Ermanno : c’est le bon vieux sentiment du devoir accompli parce qu’on l’a fait on a été au bout puis en même temps ce bon moment de rigolade partagé et j’imagine que c’était un bon souvenir. 

  

Marie-Xavière : voilà finalement c’était assez extrême mais c’était assez rigolo mais je préfère quand le soleil brille. 

  

Ermanno : forcément bon après il paraît d’après aussi ce que disent certains de mes invités que statistiquement il n’y a pas un moment où il va pleuvoir non-stop toute la journée donc normalement on arrive toujours à trouver un créneau pour prendre le vélo en étant à peu près sec 

  

Marie-Xavière : oui voilà les chances de faire du vélo sous la pluie sont de 22 par an il faut juste qu’elle soit pas concentrée sur le même mois c’est ça ce serait pas mal parce que là ça devient un peu violent quand même 

  

Ermanno : sur la partie vélotaff justement tu nous disais tout à l’heure que tu étais revenue sur un vélo musculaire quels sont les autres outils éventuellement que tu utilises pour vélo taffer et les bons conseils que tu pourrais donner à nos auditeurs et nos auditrices. 

  

Marie-Xavière : alors plusieurs conseils,  le pantalon de pluie parce que finalement on se mouille beaucoup moins les pieds en faisant du vélo qu’en marchant quand on a un bon pantalon de pluie et ceux de Decathlon avec les surchaussures à 20 euros sont objectivement très bien enfin on en a pour son argent et ça remplit son office en plus l’hiver un pantalon de pluie ça réchauffe un peu ça fait une couche en plus y’a pas besoin qu’il pleuve ça réchauffe un peu. moi j’ai un trajet où à un moment je passe sur un chemin de halage et qui du coup est pas spécialement adapté à quelque usage que ce soit et le soir en fait on se retrouve dans le noir et ça c’est pas très agréable donc un gilet jaune parce que ça c’est vraiment indispensable pour être vu et on apprécie toujours quand les autres en mettent un et que du coup on peut les appréhender plus vite. et enfin ça c’est un conseil qu’un homme m’a donné c’est Jérôme Sorel parce que je lui ai expliqué que j’avais peur sur ce trajet parce que j’avais peur de faire une mauvaise rencontre et il m’a dit prends un sifflet mets le autour de ton cou parce qu’un sifflet ça se recharge pas ça marche toujours et comme ça si tu fais une chute tu peux te signaler beaucoup plus largement avec le bruit du sifflet et si quelqu’un veut t’embêter les gens n’étant pas très courageux par nature en général si tu te mets à siffler façon marée chaussée t’as 8 chances sur 10 qu’il parte en courant pour trouver quelqu’un d’autre voilà moi les 3 indispensables que je vois c’est vraiment le pantalon de pluie le gilet jaune et le sifflet. 

  

Ermanno : et puis on peut peut-être ajouter la lumière puisque tu nous expliquais que tu passes par un chemin de halage qui est pas forcément très éclairé donc on peut peut-être ajouter cet outil là. 

  

Marie-Xavière : oui oui mais les lumières oui c’est indispensable effectivement mais en fait c’est obligatoire sur un vélo donc normalement on a pas le droit de vous vendre un vélo sans que vous vendes les lumières avec. 

  

Ermanno : par rapport justement aux infrastructures est-ce que toi il y a des choses que tu vois il y a des solutions que tu imagines qu’on pourrait mettre en place pour promouvoir encore plus l’utilisation du Vélotaf alors je parlais d’infrastructures c’est peut-être pas des infrastructures d’ailleurs auxquelles tu penses quand vous faites du lobbying vous pensez peut-être justement à autre chose que des infrastructures. 

  

Marie-Xavière : bah on pense quand même beaucoup à l’infrastructure parce que c’est la clé en fait se sentir en sécurité c’est vraiment indispensable en tout cas enfin plus pour les femmes que pour les hommes moi il y a un truc que je voudrais voir vraiment partout c’est cette fameuse peinture luminochrome je sais pas si t’as déjà entendu parler qui est une peinture en fait avec des pigments qui se rechargent la journée et qui rendent la lumière le soir qui font que du coup c’est très léger en fait c’est juste de la peinture mais sur des endroits qui sont pas très bien éclairés c’est un énorme progrès d’être guidée dans un trajet qu’on ne connait pas moi-même je fais très rarement des trajets que je ne connais pas de nuit quand j’avais le Veligo par exemple ce que je trouvais génial dans le Veligo c’était la console dans laquelle on pouvait mettre son téléphone qui se rechargeait sur la batterie du téléphone et qui faisait que du coup si on partait avec Géovélo ou un calculateur d’itinéraire comme guide on allait pas se retrouver au milieu de la pampa avec la batterie vidée et sans avoir la moindre idée de où est-ce qu’on était mais pour autant le Veligo au niveau de l’éclairage c’était pas archi puissant et voilà il y a certains trajets je sais pas vers chez moi dans la banlieue vers Créteil et tout j’y vais pas de nuit quoi. au-delà de ce qu’il y a au sol il faut penser à ce qui va autour c’est-à-dire des éclairages et puis aussi la signalisation verticale ça moi je trouve que c’est un truc je sais pas les gens qui pensent que les cyclistes sont omniscients savent que tiens quand je vois un panneau marqué c’est 3 km et pas 10 par exemple moi sur mon trajet entre chez moi et Paris à aucun moment je ne sais dans quelle commune je suis, à aucun moment c’est-à-dire je ne sais pas quand je quitte Saint-Maure je ne sais pas quand je rentre dans Joinville puis Charenton, puis Saint-Maurice puis Ivry y’a pas de panneau qui me dit que j’arrive à Paris et par exemple la semaine dernière j’ai tweeté j’ai pris une photo mon trajet pour aller à Paris il passe du côté de la porte de Bercy et y’a quelqu’un qui a mis de la peinture sur pourquoi ? pourquoi ils ont commencé là ? pourquoi ils ont arrêté là ? l’infrastructure elle existe mais il manque la peinture et il manque ces informations de base alors pourquoi je te dis que c’est important de savoir où on est c’est parce qu’une fois j’ai croisé une cycliste qui était sur un vélo électrique elle était tombée et on était plusieurs cyclistes à s’être arrêtés pour appeler les secours elle avait un oeuf de pigeon de la taille d’une balle de tennis y’avait du sang au sol c’était impressionnant et quand on a appelé les pompiers on leur a dit voilà bah on est devant le port Lafarge à Bercy mais en fait on avait aucune coordonnée à donner pour qu’ils interviennent et des fois en fait c’est juste il faut que t’aies quelqu’un qui sache poser le doigt au bon endroit pour arrêter une hémorragie ou je sais pas quoi alors heureusement elle c’était pas si grave mais on était tous complètement comme des imbéciles à pas savoir dire où on était à part des indications de tu vois on est en face de tel centre commercial ou tel commerce les pompiers à l’autre bout du fil ils comprenaient pas quoi heureusement pour elle c’était pas trop grave pour les femmes l’hypothèse de se dire tiens si je tombe là comment je me signale comment je dis aux gens où je suis j’ai l’impression que les mecs s’en foutent un peu plus mais c’est peut-être une impression. 

  

Ermanno : j’allais dire pas forcément parce que effectivement c’est des choses auxquelles moi j’ai pensé aussi tout de suite quand t’as parlé de signalisation verticale justement pouvoir se signaler pouvoir expliquer où est-ce que l’on est quand on a un problème en terme de secours alors effectivement pouvoir se localiser pour dire où est-ce qu’on est ça peut être sympa mais moi je pensais surtout à cet aspect secours donc on l’aura bien noté il y a les infrastructures et pas uniquement de créer des pistes cyclables mais il y a aussi tout ce qui va autour il y a l’éclairage, la signalisation et tout ce genre de choses et puis j’ai une dernière question que je pose à mes invités c’est justement si tu devais passer le micro si tu devais passer le témoin à un autre ou une autre invitée, s’il te plaît donne-moi des invités EES à qui est-ce que tu pourrais donc penser. 

  

Marie-Xavière : alors il y en a plusieurs je passerai le micro aux sœurs Coston donc Ève et Zoé qui sont en train de monter un café féministe, écologiste vegan à Lyon à Villeurbanne exactement ça s’appelle le café Pogno alors leur papa fait beaucoup de vélo elles sont trois sœurs, moi j’en connais deux et les deux sont des grandes cyclistes elles ont fait des grandes promenades il y en a une qui est architecte et donc elles sont en train de monter ce café où il y aura de la réparation où on pourra boire des coups il y a un jardin qui a l’air fabuleux et je suis sûre qu’elles auraient plein de choses à raconter. je trouve que Camille Tomé aussi de vélo et territoire elle a toujours des choses extrêmement intéressantes à raconter pour continuer dans les institutionnels tu as aussi Françoise Rossignol qui a pris la tête du club des villes et territoires cyclables et qui est une élue on va dire senior d’une petite ville à côté d’Arras elle a succédé à Pierre Cernes qui était un élu francilien plus jeune à l’automne dernier donc je vois au moins ces quatre personnes là je vais reprendre les mots de Christine Lagarde elle disait quand on n’a pas de quotas on trouve des excuses quand on a des quotas on trouve des femmes pour parler Vélotaf il y avait Bilook le cycliste qui avait fait des podcasts j’avais participé à une de ses émissions lui il faisait systématiquement un homme et une femme et en fait il arrivait toujours à trouver et je crois qu’il a fait 50 épisodes donc je peux te faire une très très longue liste. 

  

Ermanno : déjà avec ces quatre là c’est pas mal mais si tu veux en off tu as le droit de m’envoyer la liste la plus longue possible ce sera avec plaisir que j’irai les interviewer et puis à défaut qu’on pourra publier ça sur le site pour justement mettre en avant ces femmes qui le méritent Marie-Xavière merci beaucoup beaucoup beaucoup pour tes réponses à mes questions peut-être un mot de la fin. 

  

Marie-Xavière : déjà merci beaucoup de m’avoir invité j’étais très honorée de succéder aux invités assez prestigieux qui sont passés avant moi devant ton micro le mot de la fin c’est allez-y mesdames allez-y vous allez y arriver ça va bien se passer pas dit façon désagréable dit façon encourageante et bienveillante n’hésitez pas lancez-vous faites du vélo taf si votre trajet le permet n’en faites pas si vous avez peur vous n’êtes pas obligé d’être des warriors mais si votre trajet le permet si vous avez envie de vous y mettre voilà c’est le printemps c’est le bon moment il faut essayer et puis si à la fin de l’automne vous voulez le ranger,  ça se fait et c’est très bien donc n’hésitez pas 

  

Ermanno : merci pour ce petit mot et puis juste pour compléter il y en a qui sont sur Paris et qui justement veulent s’y mettre mais ont un petit peu peur il y a le Bike to Work tous les ans au mois de septembre qui permet de faire des petits tours en vélo pour découvrir un petit peu la ville et puis je suis sûr qu’il y a tout un tas d’autres associations notamment avec la FUB notamment avec 

  

Marie-Xavière : enfin il y a le collectif Mets à Vélo aussi dont Femmes en Mouvement fait partie qui mène aussi des actions pour justement inciter tout le monde à passer au vélo donc il y a beaucoup plus de ressources qu’avant je pense que le petit côté warrior d’il y a 18 ans quand je suis revenue avec mon vélo de Amsterdam c’est un peu derrière nous quand même heureusement. 

  

Ermanno : en tout cas merci encore d’avoir répondu à mes questions et puis merci pour ce bel épisode même si on a eu quelques petits soucis techniques mais ça ne s’entendra pas au montage je te souhaite une bonne continuation et comme tu l’as dit on souhaite que tout le monde se mette au vélo. 

  

Marie-Xavière : une bonne continuation à toi Ermanno, à bientôt. 

co-fondateur du podcast et co-auteur du livre DEVENIR TRIATHLÈTE
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Podcasts, SwimRun, UltraRunner et Papa x 4 enfants je cours après le temps, mes passions et mes petits amours.