« Je ne suis pas un ayatollah du 2 roues, mais je suis un ayatollah des transports, pourvus qu’ils soient doux et partagés… ça oui !» – Stéphane Volant
Cette fois-ci, je suis allé chercher pour vous l’un des papes Français des transports en commun. Après une carrière à la SNCF où il y termine sa carrière en tant que Secrétaire Général, il a désormais rejoint Smovengo, qui opère le service Vélib en Ile-de-France. Mais il ne s’arrête pas là : il est donc le Président de Smovengo (l’opérateur de Vélib’ depuis quelques années), mais il œuvre aussi pour le TER de Dakar, ARDIAN, le CDSE, la Fondation Saint-Cyr, la Bourgogne et la Patagonie.
Ensemble, nous avons passé en revue une partie de son histoire, mais nous sommes aussi longuement revenu sur Vélib, sur les valeurs que défend Smovengo et « toutes les nanas et tous les gars qui bossent comme des fous pour faire de ce service un vrai plus pour les Parisiennes et les Parisiens ».
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Ce podcast animé parErmanno DI MICELIest proposé par l’ONGTwoWheelTuesday(@2wteu), et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique duVélotaf.
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Full Transcript
Ermanno : Aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir une personne qui agit fortement dans le milieu des mobilités douces et du vélotaff, mais pas que, aussi du cyclisme urbain, qui opère notamment à Paris. En tout cas, je suis très heureux de recevoir Stéphane Volant. Bonjour Stéphane.
Stéphane : Bonjour Armando.
Ermanno : Bienvenue sur le podcast Vélotaff.
Stéphane : Merci de m’accueillir.
Ermanno : Eh bien, écoute, c’est un plaisir. Nous avons une tradition sur ce podcast, c’est que les premières minutes sont véritablement dévolues à notre invité. Donc Stéphane, ce que je te propose, c’est de te donner le micro pour te laisser te présenter. Dis-nous tout. Quel âge as-tu ? Que fais-tu dans la vie ? Et puis, est-ce que tu pratiques du sport et, accessoirement, le vélotaff ?
Stéphane : Oui, alors c’est sympa comme lancement parce que s’il y a bien un truc que j’aime, c’est bien la liberté. Et alors, ce qui est marrant, c’est que la liberté, c’est un concept philosophique. Alors là, le podcast n’y suffirait pas. Il nous faudrait probablement une bonne demi-journée pour qu’on voit si, effectivement, on donne derrière ce mot exactement la même définition. Mais la liberté, elle… Elle s’incarne notamment par la liberté de penser, naturellement, mais aussi par la liberté d’aller et venir. C’est du reste pas pour rien qu’un certain nombre de salopards s’attaquent à cette liberté-là en essayant de nous faire peur de sortir de chez soi et en visant systématiquement un certain nombre d’opérateurs de transport ou de modes de transport. De ce point de vue-là, moi, je suis le patron de Smovengo, qui est la boîte qui opère depuis 2017 le service Vélib au sein d’un truc qui s’appelle… S-A-V-M, qui est une émanation administrative de l’hôtel de ville et de la métropole de Paris et qui est mon donneur d’ordre et qui gère, du coup, le service Vélib, dont j’ai la responsabilité, avec près de 500 collaborateurs qui sont installés sur deux sites en Ile-de-France. Vélib, c’est quoi, d’abord ? C’est la plus belle vitrine du monde en matière de vélos partagés en station. La plus belle vitrine du monde. On a souvent l’habitude, en France, de se martifouetter et de ne pas reconnaître les belles réussites. Vélib, c’est une formidable réussite. On est envié aux quatre coins du monde parce qu’on se demande comment, justement, on donne la liberté d’aller et venir en vélo, en station, dans la métropole de Paris, depuis maintenant 2017, que nous l’opérons, et un peu avant. On a fait, depuis 2018, 100 millions de courses, c’est-à-dire 300 millions de kilomètres. C’est l’équivalent d’un aller-retour entre la Terre et le Soleil. Donc, c’est dire si c’est vraiment spectaculaire. C’est dire si… C’est des petits couacs et tu voudras peut-être me lancer sur certains d’entre eux, mais Vélib est un service qui est plébiscité. Il y a près de 400 000 abonnés aujourd’hui. Et on fait un job incroyable avec plus de 20 000 vélos disponibles chaque jour. J’espère au bon endroit, j’espère à la bonne heure et j’espère avec des vélos en bon état. Vélos qui sont soit mécaniques, soit électriques. Et puis, ce qu’il y a de marrant, c’est puisqu’on parle du Vélotaf et de la liberté d’aller et venir et de choisir son mode de transport, parce que c’est quasiment l’essentiel de notre fonds de commerce, puisque c’est aux heures où les gens se déplacent pour aller au boulot le matin et où ils rentrent pour rentrer chez eux, qu’il y a la plus grosse tension sur ce parc de 20 500 vélos aujourd’hui. Alors, à titre perso, tu me demandes ce que je fais. D’abord, diriger une boîte comme Vélib, ce n’est pas simple. J’ai une vraie grosse équipe, évidemment, avec un directeur général formidable et puis toutes sortes de directeurs, mais surtout plein de gens dans les deux établissements, dans les deux ateliers, pour faire tourner la boîte. J’ai une grosse boutique qui est, comme tu l’as vu, une grosse boutique de logistique, mais surtout, moi, je suis un fou de déplacement. J’ai travaillé, alors, honte à moi, tu vas dire, mais dans une grosse société d’autoroutes qui fait du bâtiment également. Première mondiale, je ne citerai pas la marque, ce n’est pas le sujet du moment.
Ermanno : Mais je pense qu’on voit tous très bien de la quelque part.
Stéphane : Voilà, donc je connais un peu la voiture, c’est clair, mais j’ai travaillé surtout 20 ans à la SNCF. Je connais bien les trains et puis aujourd’hui, je travaille pour Vélib et accessoirement, il m’arrive, parce que ça ne se voit pas vraiment, mais je suis franco-sénégalais, il m’arrive d’aller à Dakar plusieurs jours par mois pour m’occuper d’une aventure formidable qui est la création d’une ligne de TER à Dakar, première ligne de TER d’Afrique, où normalement, dans quelques semaines, dans quelques mois, ça dépend de la technique, nous devrions inaugurer une ligne magnifique qui transportera plus de 115 000 personnes chaque jour, avec des prix extrêmement populaires pour permettre aux Dakarois de sortir de la ville et de rentrer de la ville. Alors là, ce n’est pas du vélotaf, c’est du train-taf, mais on viendra peut-être un jour, au vélotaf à Dakar. Alors pour ce qui me concerne, moi, les mobilités, j’adore, tu l’as compris, il m’arrive même de prendre l’avion pour aller à Dakar et je n’ai pas honte, je ne le fais pas à la rame, je ne vais pas raconter d’histoire. Donc je prends l’avion pour aller à Dakar quelques jours par mois, mais j’ai plein de trucs. J’ai une auto et je n’ai pas honte de le dire parce que je suis bourguignon et quand je vais en Bourgogne, j’habite à 40 minutes de la première gare et donc sans voiture, je ne sais pas aller là-bas. Et c’est bien un problème du reste pour un certain nombre de Français qui habitent dans des coins magnifiques, mais qui n’ont pas de mode de transport. L’essence est devenue prohibitive, la voiture coûte une fortune, mais sans voiture, ils ne peuvent pas se déplacer et ils restent enfermés dans leur hameau ou dans leur cour de ferme et ça, c’est nul. Mais moi, j’y vais pour le week-end, donc ce n’est pas nul, mais je suis obligé d’y aller en voiture. Et puis quand je suis à Paris, là, pour le coup, j’ai évidemment un abonnement Vélib, mais j’ai aussi une trottinette parce que de temps en temps, j’aime bien ma trottinette et que je la monte au sixième étage chez moi, je la redescends le matin, elle est pour le coup au pied de mon immeuble et au pied de mon immeuble, je n’ai pas de station Vélib et ça viendra peut-être un jour, mais pour le moment, j’ai un bistrot et ce n’est pas mal non plus pour partir au boulot. Voilà un peu ma vie, je me partage entre la Bourgogne, Paris et Vélib et l’Afrique et à chaque fois avec, au moins dans ma vie professionnelle, un gros tropisme, surtout pour les mobilités, surtout pour les transports décarbonés ou bas carbone. Nous, chez Vélib, on a du totalement décarboné puisqu’on a des vélos mécaniques et puis on a du très, très bas carbone avec nos vélos électriques. Et puis j’ai ma trottinette, elle est électrique également, mais c’est la liberté aussi et ça, c’est vraiment bien.
Ermanno : Bon alors, ça, c’est vraiment le problème, tu vois. Enfin, le problème et l’avantage de parler avec des gens qui ont l’habitude de s’exprimer, c’est qu’au final, tu m’as fait une présentation, j’ai même plus de questions à te poser. Donc merci, au revoir.
Stéphane : Ça, ce n’est pas vrai, je ne te crois pas. Tu dois encore avoir plein de questions putrides. On n’a pas dit un mot du reste d’un truc super important pour le vélotaffeur. Le vélotaffeur, il a besoin évidemment de vélos pour aller bosser le matin. Il a besoin d’un vélo pour rentrer chez lui le soir. Et puis, il a besoin aussi d’un vélo pour aller déjeuner, pour rentrer de déjeuner. Et puis, pourquoi pas, pour faire un ou deux rendez-vous en ville entre-temps. Et moi, mon obsession avec avec mes collègues de Smovengo qui servent Vélib, c’est évidemment d’essayer qu’on puisse un jour caler son agenda avec le vélo, avec Vélib, exactement comme on peut le faire aujourd’hui avec le métro, par exemple. Tu ne te poses pas la question de savoir si tu vas avoir un métro, tu descends dans la station et tu sais que forcément, dans les 10-15 minutes, ça dépend si c’est un métro ou un RER, tu vas avoir ton mode de transport. Avec Vélib, on n’est pas encore parfait. Il nous manque encore quelques stations, ça et là. Et on y travaille avec la ville de Paris et la métropole, vraiment, ils viennent de commander 3 000 vélos qu’on vient de recevoir. Là, la série 55 000, 56 000, 57 000. Ça, c’est pour les aficionados de Vélib. C’est des vélos tout neufs. On les reconnaît avec leur petit phare un peu différent à l’arrière et leur numéro de Kazakh, évidemment. Et puis, les villes de la métropole viennent de commander de nouvelles stations, une centaine cette année. Et ça, c’est vachement bien pour rafistoler les trous qu’il y a dans la raquette. Il y a encore des endroits où il n’y a pas suffisamment de vélos et pas suffisamment de stations. Et puis, probablement que l’avenir, c’est évidemment la multiplication de ces stations, la multiplication de ces vélos. On va y venir. Je pense que tu as des questions sur la façon dont on rénove les vélos et où on fait pour de vrai de l’économie circulaire. Parce que l’économie circulaire, il y a ceux qui en parlent. Il y a ceux qui la promeuvent. Et puis, il y a vraiment ceux qui en font. Nous, chez nous, on en fait, vraiment. Mais donc, l’idée, c’est vraiment qu’à terme, le système Vélib, parce que c’est tout un système très compliqué, et tellement de vélos, tellement de stations, qu’il y ait encore plus d’abonnés. On est aujourd’hui entre 350 000 et 400 000, je l’ai dit. Moi, je vise à l’horizon de 10 ans. Pourquoi pas un million d’abonnés à Vélib ? Mais pour ça, il faut évidemment beaucoup plus de vélos, beaucoup plus de stations, peut-être un système encore plus performant avec des modes de réparation et de régulation. C’est-à-dire la façon de mettre les vélos au bon endroit, à la bonne heure, en fonction de… de ce que veut le client. De telle sorte que, vraiment, les vélotaffeurs, qui ne prennent pas le vélo simplement tôt le matin pour le rendre tard le soir, aux heures de bureau, mais puissent aussi, dans le courant de la journée, et pourquoi pas le week-end, et pourquoi pas pendant les vacances, utiliser des Vélib en ayant la certitude que, dans l’une des deux stations à proximité de chez lui, ou de chez elle, il y aura le vélo qu’il veut ou qu’elle veut, électrique ou mécanique, et évidemment en bon état. Avec un truc formidable qui est que le vieux Vélib, le Vélib d’avant, d’avant Smovengo en tout cas, c’est un Vélib uniquement mécanique, alors c’est vachement bien, sauf que quand t’as 56 ans dans l’EHPAD, ce qui est mon cas, et que t’habites à la Butte Montmartre, c’est pas mon cas, mais cependant que tu veux grimper, c’est vrai que le vélo mécanique c’est bien, mais c’est super sportif, donc tu peux avoir envie, sans honte, d’utiliser un vélo électrique, et aujourd’hui on a un vélo électrique qui du coup s’affranchit d’un certain nombre de distances, s’affranchit d’un certain nombre d’efforts, c’est un peu plus fragile en réparation, mais ça a eu un effet dingue, c’est que quand je suis arrivé chez Smovengo, il y a un an et demi, Vélib c’était de l’arrondissement à l’arrondissement, ou de la ville de banlieue à la ville de banlieue, aujourd’hui le système a considérablement évolué, on s’affranchit du périphérique, et grâce au vélo électrique notamment, nos clients, nos utilisateurs, ils prennent le vélo pour faire de l’arrondissement à la ville, de la ville à l’arrondissement, de la banlieue nord à la banlieue sud, le périph’ n’est plus un obstacle, n’est plus une frontière, et puis on voit plus loin, on voit plus vite, parce que le vélo électrique, oui d’accord il y a de l’électricité, il y a une batterie, il n’y a pas de mal à se faire du bien quand même, et ça permet quand même d’aller plus loin, d’aller plus vite, et puis quand on a un peu plus de temps, quand on est à plat, ou quand on est vraiment sportif, le vélo mécanique il n’y a quand même que ça de vrai, et c’est magnifique.
Ermanno : Tu n’es pas le premier à le dire, mais on va y revenir, on va revenir aussi sur Smovengo et sur Vélib, je voudrais qu’on reste un petit peu sur toi déjà, donc tu nous l’as dit, toi tu pratiques le vélotaf, mais pas que, tu es un aficionado de la multimodalité, de toutes les formes de mobilité, qu’elles soient douces ou pas, qui existent, tu l’as dit notamment, tu prends l’avion régulièrement pour aller à Dakar, pour avancer sur ton projet d’implantation d’un TER à Dakar, mais revenons un petit peu sur toi, déjà je voudrais savoir à quel moment tu as découvert le sport, slash le vélo, slash la mobilité, au sens sportif, au sens général du terme.
Stéphane : C’est un exercice de psychanalyse ton machin.
Ermanno : Oui, on va remonter loin.
Stéphane : Oui, on va remonter très très loin, c’était au millénaire dernier même, parce que moi j’ai connu le millénaire d’avant, j’ai connu le siècle, mais j’ai connu le millénaire aussi, je suis né en 1965.
Ermanno : Moi aussi, je ne suis plus si jeune que ça.
Stéphane : Oui, mais tu fais beaucoup plus jeune que je ne le fais visiblement. Bon, arrêtons les compliments là, c’est bon. Le vélo, moi je l’ai découvert comme tout le monde, j’avais un grand-père formidable, et dans la rue, devant sa maison, c’est lui qui m’a appris d’abord à faire du vélo avec des petits trous, et ensuite, la grande aventure, enlever les petits trous, je devais avoir, je ne sais pas, 5 ans, un truc comme ça, 5 ou 6 ans, mais c’est la liberté, c’est la première expérience de liberté, parce que là, pour le coup, tu es tout seul, on ne te tient plus, et tu peux aller beaucoup plus loin que le bout du jardin, qui était la seule destination qui t’était autorisée. Après, moi j’ai un souvenir d’ado, ça va te faire sourire, parce que c’était à la campagne, c’est un souvenir de Solex, et là, pour la première fois, c’est aussi une expérience de liberté, j’avais, non pas une vieille mom, mais un vieux Solex, et le vieux Solex en question, il me permettait d’aller beaucoup plus loin que je ne le faisais en vélo, et puis surtout d’avoir le sentiment de jouer au grand, j’avais un moteur dans mon truc, et à l’époque, on n’avait pas pris conscience que tout ça tirait sur la planète, donc je n’avais pas conscience qu’évidemment, je mettais un peu de cochonnerie dans le moteur, et que tout ça, il faudrait que j’y réfléchisse un jour. Et puis je suis tombé, il y a plus de 20 ans, dans la marmite de la SNCF, et là, c’est une boîte formidable, c’est la boîte que j’aime, pour la vie, cheminot un jour, cheminot toujours, moi je suis toujours un dingue de cette boutique, avec des gens merveilleux, qui pour le coup, se dévouent depuis plus de 85 ans, avec une forme de mobilité incroyable, alors elle n’a pas toujours été douce, elle n’a pas toujours été bas carbone, parce que comme tu t’en souviens, il y a quand même eu des chaudières à charbon dans les locaux, mais à défaut d’être bas carbone, elle était toujours partagée, et quand on ne peut pas décarboner complètement un mode de transport, dans ces cas-là, le partager, c’est vachement bien. Quand je prends ma voiture, pour aller en Bourgogne, dans mon bled paumé, loin des gares, on a un petit système entre voisins, là dans le canton, et on essaye de faire du transport partagé, parce qu’on rentre tous le dimanche soir, pour rentrer à Paris, et quand on est à Paris, souvent, c’est le vendredi soir, qu’on veut rentrer en Bourgogne, donc moi mon auto, il y a souvent 4 personnes à l’intérieur, et à défaut d’avoir une motorisation, vraiment formidable, parce que ma voiture n’est pas électrique, et bien au moins, ma voiture est partagée, et du coup, le rapport au carbone, est peut-être plus supportable. Et puis aujourd’hui, après 20 ans de SNCF, et pour le coup, de travailler avec des mecs et des nanas, dont la spécialité, c’est d’opérer un mode de transport, probablement le plus bas carbone qui soit, j’ai été appelé à la présidence de Vélib, et là, j’ai découvert aussi un autre monde, parce que, pour le coup, le voyage, il ne s’arrêtait pas dans les gares, il ne commence pas toujours dans une gare, on parle toujours du dernier kilomètre, moi je préfère le premier kilomètre, parce qu’il n’y a pas de dernier, s’il n’y a pas de premier, mais le premier kilomètre, tu ne le fais pas en train, le dernier non plus du coup. Donc là, j’ai découvert vraiment un outil industriel, tout à fait merveilleux, qui vient en complémentarité, du mode de transport, qui a fait 20 ans de ma vie professionnelle, qui est le train, et qui peut même permettre, aujourd’hui, je te parlais du vélo électrique, ou du vélotaffeur électrique, peut même se permettre aujourd’hui, d’utiliser le train de porte à porte, sans passer par un autre mode de transport, que le train, parce qu’on peut faire évidemment, beaucoup plus de kilomètres, avec un vélo électrique, ou quand on est vélotaffeur, et sportif, et qu’on est sur un terrain plat, de nombreux kilomètres, avec un vélo mécanique, donc voilà mon entrée, j’ai connu les petites roues, elles étaient quatre, quand j’avais cinq ans, avec mon grand-père, j’ai connu le Solex, avec la première expérience du moteur, mais du deux roues, et puis après 22 ans à la SNCF, avec les trains, aujourd’hui je découvre le vélo, et c’est vraiment chouette, je ne suis pas un ayatollah du deux roues, je vais le dire tout de suite, je suis un ayatollah des modes de transport, pourvu qu’ils soient doux, et pourvu qu’ils soient partagés, ça oui, oui, mais malgré tout, il m’arrive parfois de prendre l’avion, et je ne suis pas un monstre, quand je suis dans l’avion, je n’ai pas l’impression de faire ça, parce que quand je vais à Dakar, c’est pour faire du bien, et pour construire un train en plus, donc voilà. Mais sinon, quand je suis en ville, quand je suis dans la métropole de Paris, je ne regarde pas forcément, les modes de transport, comme des concurrents, je ne regarde pas forcément, ceux qui les emploient, comme des horribles personnages, des salauds qui tirent sur la planète, sans se préoccuper de l’avenir de leurs enfants, je me dis simplement, qu’on a encore beaucoup de boulot à faire, pour promouvoir les transports doux et bas carbone, les perfectionner encore davantage, promouvoir le partage, de tous les modes de transport, ce n’est pas encore complètement dans nos usages, et que du coup, il faut, dans l’intervalle, et peut-être même pour très longtemps, essayer de faire coexister, l’ensemble de ces modes de transport, pourvu qu’ils soient doux, pourvu qu’ils soient partagés, sur un territoire, qui sera aménagé pour ça, et je trouve qu’en ce moment, la ville de Paris, la métropole, font des gros efforts, on indique toujours les efforts qu’ils font, pour promouvoir un mode de transport, le vélo, et je m’en réjouis, c’est ce qui fait exploser les chiffres, chez Smovengo, et exploser les chiffres de Vélib’, mais en même temps, je trouve qu’il y a des efforts qui sont faits, pour justement, les parkings, les stations proches des gares, enfin, tout ce qu’on appelle la multimodalité, ou l’intermodalité, je trouve que ça, c’est vraiment l’avenir, et que plus nous pourrons multiplier, les hubs, les stations de transports doux et partagés, plus il y aura des endroits, où la trottinette rencontrera le vélo, à proximité d’une gare, et près d’une station de voitures électriques, plus on touchera, une espèce de nirvana des transports doux, qui est vraiment le projet de tous les élus, je ne sais pas s’ils le font tous en conviction, j’en connais certains à Paris, comme dans la métropole, qui sont vraiment en conviction sur ce sujet, mais en tout cas, qu’ils le soient ou pas, mon sujet n’est pas là, c’est aujourd’hui ce que demandent les Français, c’est aujourd’hui ce que demandent les habitants des métropoles, c’est ce que nous jalousent, les gens qui habitent en province, dans des bleds perdus, qui n’ont accès à rien d’autre qu’à une voiture, et là, il va falloir qu’on y vienne nous aussi, et c’est ce qui fait que probablement, la France a un temps d’avance, je pense notamment à Paris, encore une fois, Vélib est le premier système du genre dans le monde, et on nous jalouse beaucoup, j’ai croisé l’autre jour, le maire d’Abidjan, par exemple, qui me disait, mais moi Vélib, ce serait formidable si on pouvait l’exporter, ben après tout, et pourquoi pas ? Et pourquoi pas ? Et pourquoi pas ? Et donc, il y a une espèce d’exemplarité, à la fois dans la réflexion, mais ça tout le monde peut réfléchir, et tout le monde peut rêver, mais également dans l’action, on a en France, et particulièrement à Paris, et dans sa métropole, toutes les raisons, tout le mouvement, est fait pour que vraiment, on tende vers la multiplication des modes de transport, pourvu qu’ils soient bas carbone, décarbonés, ou partagés, et la multiplication des lieux, où ces modes de transport là, se connecteront entre eux, et ça, ce sera vraiment chouette, parce que la vie leur a vraiment été transformée, pour de vrai, le quotidien, la vie des gens, aura été transformée, et puis, ben pardon, le petit chiffre en bas à droite là, qui nous fait craindre, effectivement, une augmentation, de 2 degrés, de la température de la planète, qui nous ferait exploser, ben cette température là, elle aura vraiment chuté, et juste un point, on est en train de discuter de la COP26, la COP26, c’est pas un enjeu de techno, c’est pas un enjeu de tronchu, c’est pas un enjeu de mecs, qui ont fait Bac plus 5, dans des filières scientifiques, extrêmement complexes, c’est un enjeu pour chacun d’entre nous, et je trouve qu’on, on trouve pas forcément, suffisamment, les bons mots, pour expliquer, ce que c’est aux gens, ben moi, je l’ai expliqué, il n’y a pas très longtemps encore, à des gamins, quand j’ai 37, de température corporelle, je vais très très bien, quand j’ai 39, je suis très malade, et je vais chez le Toubib, et s’ils trouvent pas une solution, ma vie est en danger, donc 2 degrés pour la planète, c’est exactement comme pour nous, passer de 37 à 39 degrés, et ça je trouve qu’on ferait mieux, de l’expliquer comme ça, plutôt que de l’expliquer, avec des chiffres très compliqués.
Ermanno : Je note cette explication, et je la mettrai même, en introduction de ce podcast, parce qu’effectivement, elle a le mérite, d’être beaucoup plus claire, et de faire passer un message, très simple, qui est compréhensible, par tous.
Stéphane : Pardon mon vieux, je suis super bavard, mais tu sais, je suis vraiment, je suis convaincu, je suis croyant et praticant, dans ce domaine, donc vraiment, on dit pas, tu couperas au montage, mais enfin, tu feras ce que tu veux, de tout ce blabla, j’espère que c’est assez clair, en tout cas.
Ermanno : Non mais c’est très clair, je voulais revenir sur plusieurs points, alors déjà, juste une précision, pour celles et ceux, qui nous écoutent, et qui ont moins de 40 ans, qui ne connaissent pas le Solex, moi je l’ai à peine connu, et j’ai 42 ans, le Solex, c’est tout simplement, une espèce de vélo, sur lequel on a posé un moteur, et j’ai envie de dire, que la révolution du Solex, à l’époque, est un petit peu, à l’image de la révolution, du vélo électrique, maintenant, versus le vélo musculaire, c’est-à-dire que, comme tu l’as dit, on a découvert, des possibilités, d’explorer, de découvrir, d’autres territoires, sans forcément, pédaler toute la journée, et imaginer, avoir un peu plus, de distance à franchir, que le bout de la rue, ou le bout du quartier, et pouvoir aller, de l’autre côté de la ville, par exemple.
Stéphane : Ben moi, le Solex, ça m’a affranchi, du tour du pâté de maison, parce que c’était ça, ma limite, ma frontière, les parents, ne me laissaient pas, aller ailleurs, qu’au tour du pâté de maison, et ben avec le Solex, j’ai pu le faire, c’est effectivement, comme tu l’as dit, un vélo avec un moteur, de tondeuse à gazon, donc bon, ça ne va pas chercher très loin, en matière de consommation, mais c’est quand même, pas complètement propre.
Ermanno : Mais malgré tout, moi je crois, à la théorie du colibri, chacun fait son petit effort, et du coup, si on met 10 000 Solex, l’un à côté de l’autre, ça consommera toujours plus, qu’un vélo musculaire.
Stéphane : Ouais, mais ça consommera toujours moins, que le même nombre de voitures.
Ermanno : Effectivement, on est bien d’accord. J’aime bien le colibri,
Stéphane : j’aime bien le colibri, quand on peut de temps en temps, éteindre l’incendie, avec un éléphant, ça va quand même un peu plus vite, mais le colibri, comme tu le sais, prend sa part.
Ermanno : Tout à fait, tout à fait. Bon alors, j’avais dans ma liste de questions, quelles sont tes convictions personnelles, sur le Vélotaf ou autre, je crois que là, on a quand même bien, abordé le sujet. Tout à l’heure, tu nous as dit, tu nous as glissé comme ça, insidûment, que tu avais été appelé, à la présidence de Smovengo, et de Vélib, il y a un an et demi, alors que Smovengo, opère Vélib, depuis 2017. Justement, qu’est-ce qui explique, qu’on ait fait appel, à une nouvelle personne, à une nouvelle tête, pour diriger l’entreprise, et qu’est-ce que toi, tu viens justement, y apporter, par rapport à ton prédécesseur ?
Stéphane : Bon, on va se dire la vérité, et on va essayer, je vais te dire… Alors,
Ermanno : ce n’est pas du live, s’il y a des choses, que tu veux couper après, il n’y a pas de problème. Non,
Stéphane : je vais tenter, de te dire la vérité, avec des mots simples, et sans langue de bois. Je pratique la langue de bois, sans accent, mais, il faut se dire les choses, quand Smovengo, a été appelé, à succéder, à un autre opérateur, en 2017, ça ne s’est pas très bien passé. Le passage, du premier opérateur, à Smovengo, ne s’est pas très bien passé, et, pour mille raisons, les règles, n’étaient pas très, très claires, très bien fixées, très bien calées, et nous avons un peu, tâtonné, à installer le système, tel qu’il est aujourd’hui. Nous avons tâtonné, notamment, parce que, il a fallu, créer, de toutes pièces, un système de vélo, électrique, avec des batteries, là, où le précédent Vélib’, n’existait pas, avec des batteries, il n’était, que mécanique. Et puis, nous avons été confrontés, à une vraie, crise de croissance. Crise de croissance, qui est une évolution, exponentielle, des utilisateurs, on a, dépassé, les 400 000, pendant le confinement, enfin, pendant la pandémie, le système, était en surchauffe. Un vélo, qui soit mécanique, ou électrique, il est vendu, par son constructeur, pour entre 4, et 7 utilisations, par jour. Et, à certains moments, il y a de cela, quelques mois, nos vélos, étaient utilisés, plus de 20 fois, par jour. Alors, évidemment, les batteries, étaient à plat. Alors, évidemment, les freins, étaient usés. Alors, évidemment, les pneus, étaient pas bien gonflés, on avait de vrais problèmes de logistique au sein du parc parce que le parc était en surchauffe. Et, j’ajoute à cela, que nous avions, donc, nouvelle expérience, avec des vélos électriques, et qu’un vélo électrique, est infiniment plus fragile, qu’un vélo mécanique. Et donc, les parisiens, les parisiennes, les métropolitains, les métropolitaines, vivaient le système, comme complètement, à bout de souffle. Et, ne leur donnant pas satisfaction, parce que, leur problème, à eux, ce n’est pas de savoir, que, comme il y a eu, 10 personnes de trop, dans la journée, qui ont utilisé un vélo, leur vélo, ne fonctionne pas. Ce n’est pas leur problème. Eux, ils ont payé un abonnement. Ils veulent que, Smovengo, que Vélib’, leur offre un vélo, en bon état, au bon endroit, à la bonne heure. Et donc, il a fallu, avec la ville de Paris, avec la métropole, recadrer les conditions du contrat. C’est ce qu’on appelle, des avenants. C’est-à-dire, qu’on a aménagé, un peu, le contrat, pour le rendre, plus performant. Et puis, il a fallu injecter, cette année, une centaine, de stations supplémentaires. Et puis il a fallu acheter cette année 3000 vélos supplémentaires. Et donc, on a, le système, qui était, un peu fatigué, un peu malade, et qui aurait, peut-être, pu crever, de cette révolution, et cette explosion, des usages, va, aujourd’hui, beaucoup mieux. Il est encore un peu, en convalescence, un peu groggy, de ce qu’on a connu, ces derniers mois. Mais, en tout cas, quand j’ai été appelé, à la présidence de Smovengo, c’était, justement, pour rebooster le système, réinstaller, un dialogue, de confiance, avec les patrons du système, qui sont les élus de Paris, ou les élus de la métropole, remettre à plat, et transformer, la façon qu’on avait, de gérer le système, et puis, accueillir, de nouveaux vélos, accueillir, et construire, de nouvelles stations, pour aujourd’hui, avoir une promesse marque, comme on dit, comme disent les marketing, bien meilleure, que celle qu’on a eu avant. On a, au passage, tu l’as vu, revu, un peu, la grille tarifaire, et je suis assez fier, de cette grille, avec les collègues, du marketing, parce que on est resté un vélo extrêmement populaire. C’est très très peu cher Vélib’ quand tu prends l’abonnement de base, et en même temps, on a essayé, de réguler, un certain nombre, de mésusages, comme on dit, c’est-à-dire, de gens, qui abusaient, du système, parce qu’il était, vraiment pas cher, et qu’il leur rendait, des services, je ne sais pas, si tu vois, ce que je veux dire, des gens, avec des gros sacs, à dos, qui font, de la livraison, porte-à-porte, par exemple, et donc, qui détrustaient, les vélos, sans raison . Je ne veut pas en vouloir, à ces mecs, et ces nanas, qui eux aussi, sont quelque part, des vélos taffeurs, c’est-à-dire, qu’ils travaillent, ils bossent, ils bossent dur, pour nous livrer chez nous, ils avaient besoin de vélos, et ils ne se rendaient pas compte, qu’ils abusaient, de Vélib, en n’en payant pas le prix, et ils privaient, des gens, qui avaient besoin de Vélib, et qui auraient souhaité, l’utiliser, d’un vélo, qui dès lors, était trusté, pour un certain nombre, de livraison, donc moi, j’en veux plus aux marques, que, à ceux qui y pédalaient, parce qu’eux aussi, sont des vélostaffeurs, ils bossent dur, en tout cas, aujourd’hui, on a un peu rééquilibré tout ça, et tu l’auras noté, on a installé, une nouvelle grille tarifaire, à un moment, où des tas de gens, augmentent des tas de prix, plus ou moins, bien du reste, mais notre grille tarifaire, n’a pas fait beaucoup de bruit, parce que les gens ont compris, qu’effectivement, Vélib, ça restait un vélo, extrêmement populaire, et qu’on n’avait pas touché, à ce créneau marketing là, on avait pas touché à cette clientèle-là. Donc pour répondre brièvement à ta question, le système était malade, le système va mieux, et j’ai été un peu, le spin doctor, avec mes collègues, pour rebooster, aux côtés des élus, le système Vélib’, qui aujourd’hui, vraiment, donne des signes, de vraiment bonne santé, avec une note, ce n’était pas le cas, il y a encore quelques mois, comme d’autres marques, aujourd’hui, le client, l’utilisateur, il aime bien, noter, son service, donc on a, la possibilité, de noter nos vélos, aujourd’hui, de une étoile, deux étoiles, trois étoiles, avec les deux étoiles et demi, on a commencé, à deux étoiles, 34, on est à deux étoiles, 43, on a flirté, avec les deux étoiles, 50, enfin, on flirte, du coup, avec la mention, bien, voir très bien, alors, ce n’est jamais suffisant, on peut aller, encore plus loin, il nous arrive, sur certains items, de ne pas être bon, et typiquement, on peut passer un examen, avec une très mauvaise note, en maths, et une très bonne note, en français, tu l’auras compris, ça sent le vécu. Moi je préfère avoir des très bonnes notes en français et en math pour vraiment cartonner, et viser l’excellence, pour le moment, Vélib n’est pas encore, à ce rendez-vous-là, mais il tend vers ça, et tu vois, c’est un peu, j’ai connu les trains avant, j’ai connu la SNCF, on disait toujours, oui, mais on s’intéresse toujours, aux trains qui arrivent en retard, et jamais à ceux qui arrivent à l’heure, et moi, je sais que les trains qui arrivent à l’heure, ils sont infiniment plus nombreux, que les trains qui arrivent en retard, mais bon Dieu, que c’est emmerdant, quand on est dans le train, qui arrive en retard, et donc, on fait beaucoup plus de bruit, que quand le train arrive à l’heure, et qu’on considère ça, comme normal, ne voyant pas tout le boulot, qu’il a fallu derrière, pour que le train, effectivement, arrive à l’heure. et bien, pour Vélib’, c’est un peu la même chose, l’immense majorité de nos vélos, sont en bon état, l’immense majorité de nos stations, sont pleines à la bonne heure, mais il nous reste encore, des vélos en mauvais état, il reste encore, des stations, qui restent vides, trop longtemps, et, évidemment, ces stations vides, et ces vélos, en mauvais état, même s’ils sont, beaucoup moins nombreux, que tout ce qui va bien, font beaucoup plus de bruit, que tous les autres, et donc, mon job, c’est de réduire, réduire, réduire, réduire, réduire, le nombre de vélos, en mauvais état, limiter, limiter, limiter, limiter, les stations vides, trop longtemps, de telle sorte, que celles et ceux, qui tombent sur un vélo, en mauvais état, ou sur une station vide, continuent de gueuler, j’ai besoin qu’ils gueulent, j’ai besoin qu’ils nous informent, et la note est là pour ça, pour faire remonter les mécontentements, mais que leur coup de gueule soit couvert par les applaudissements, les sourires, et les encouragements, de ceux qui, eux, auront trouvé, majoritairement, un vélo en bon état, dans une station bien pleine.
Ermanno : Je voulais revenir aussi, sur le point que tu as abordé, tout à l’heure, tu as parlé de la grille tarifaire, et donc, j’aimerais qu’on revienne un petit peu, sur le financement, si tu peux en parler, si tu veux en parler.
Stéphane : C’est très compliqué, le financement, c’est pas que je ne veux pas en parler, c’est que, c’est vraiment compliqué, et donc, je ne sais pas, mettre des mots simples, sur un truc compliqué, là-dessus, j’y arrive pas. Non mais, pour être clair, c’est très compliqué, parce que, c’est à la fois fait, jusqu’à maintenant, d’investissement, des administrateurs, et des propriétaires, de Smovengo, ça n’intéresse personne, et puis, c’est frapper du secret des affaires, donc je n’ai même pas le droit, de dire, combien, les propriétaires, de Smovengo, ont investi. C’est également, des subventions, de la ville de Paris, et des villes, des 53, ou 57 villes, de la métropole, mais, c’est des organismes, fondés, sur, des impôts locaux, et donc, la péréquation, est extrêmement compliquée, à rendre compréhensible, et puis, c’est fait aussi, sur la grille tarifaire, et, le prix de la course, mais là encore, c’est très compliqué, parce que la grille, elle est en train de s’installer, on l’a installée, au mois d’août, et il faut probablement, entre, un ou deux ans, pour qu’elle donne des effets, et pour le moment, on ne les voit pas vraiment, donc je ne peux pas vraiment, tirer de conclusions intelligentes, sur ce sujet. Donc tu vois, il y a tellement de trucs, dans le cocktail, que finalement, faut laisser le barman, gérer son zinzin, parce que de toute façon, tu n’arriveras jamais, à refaire le truc, c’est trop compliqué.
Ermanno : Pour faire simple, moi ce qui m’intéressait, c’était surtout de savoir, si c’était un service, majoritairement financé, par les utilisateurs, qui payent leur abonnement, ou leur utilisation, aux besoins, ou si c’était majoritairement, sponsorisé, par les villes, Paris, et par la métropole parisienne.
Stéphane : Quand elles sont opérées, par des entreprises, ou des industriels, il n’existe pas, dans le monde, des mobilités partagées, de systèmes, qui ne fassent pas appel, à des subventions publiques. C’est vrai pour le train, par exemple, où l’État, ou les régions, financent une part, du billet, acheté, par le voyageur. C’est aussi vrai, par Vélib. L’utilisateur de Vélib, le client de Vélib, l’usager de Vélib, ne paye qu’une part, du coût total, du système, ou du coût total, de sa course. C’est la raison, pour laquelle, la ville de Paris, abonde, au système, et rémunère Smovengo, c’est la raison, pour laquelle, aux côtés de la ville de Paris, les villes de la métropole, elles sont plus de 50, abonnées au système Vélib, abondent également, le budget de Smovengo. Et puis, par ailleurs, il s’agit d’un contrat, qui va encore durer, une dizaine d’années. Par ailleurs, les propriétaires de Smovengo, les actionnaires de Smovengo, ont également, eux, beaucoup investi, dans le système, au départ. Ça se chiffre, en plusieurs dizaines de millions, avec un amortissement, sur la durée du contrat. Et donc, là encore, il y a eu, au départ, et même encore il y a quelque mois un abondement des actionnaires, au système Vélib’ général. Donc, tu vois, il y a trois sources, qui ont financé le système, pour le moment. L’utilisateur, évidemment, le client, qui paye sa course, qui paye son abonnement. La ville de Paris, les villes, de la métropole, qui sont abonnées, au système Vélib’, et qui contribuent, par nos impôts, à le promouvoir, et à le financer. Et puis, les actionnaires de Vélib’, qui, dans un premier temps, ont beaucoup investi, dans le système, d’euros sonnants, et trébuchants. Voilà comment se finance un système de mobilité comme celui de Vélib’, et de ce point de vue-là, il ressemble, à tous les systèmes, de mobilité, qui ont besoin, d’un opérateur, pour le gérer.
Ermanno : Tu parles de Smovengo, et de Vélib, qu’on connaît très bien, à Paris. Il y a d’autres systèmes, de vélos, partagés, un peu partout, en France, et un peu partout, en Europe. Et il y a encore, beaucoup d’endroits, où on pourrait, les développer. Tu as parlé, tout à l’heure, par exemple, du maire d’Abidjan, qui envie le système Vélib’ parisien. Est-ce que Smovengo souhait se développer un peu ailleurs, soit, autour, de la Grande Couronne, soit en France, soit en Europe, soit ailleurs dans le monde, ou pour l’instant, vous vous concentrez, uniquement, sur le système Vélib parisien ?
Stéphane : Pour le moment, Smovengo, a, comme client exclusif, ou comme donneur d’ordre exclusif, la ville de Paris, et sa métropole, via le SAVM. Mais, rien n’empêche, que, nous ayons envie, de nous exporter, et, de profiter, de notre expérience, à Paris, et, dans la métropole, parisienne, pour, justement, la proposer, à d’autres villes, ou d’autres métropoles. Mais, pour le moment, nous restons, j’allais dire, à l’intérieur du périphérique, ce n’est pas exactement le cas, puisqu’on est sortis, mais, à l’intérieur, de la métropole du Grand Paris.
Ermanno : Pour revenir, un petit peu, justement, dans le concret, de ce que propose Smovengo, on va parler de Vélib’, ce sera peut-être, un peu plus simple. Quelles sont les actions, véritablement, que vous menez, au quotidien, pour favoriser, les mobilités douces, et en particulier le vélotaf. Alors tu l’as dit, vous avez modifié votre grille tarifaire, vous avez augmenté votre nombre de statons, vous favorisez, encore plus, l’utilisation du vélo. Mais, est-ce qu’il y a d’autres actions, encore plus, concrètes, ou peut-être, un peu moins visibles, que vous entreprenez ? J’imagine, par exemple, améliorer l’infrastructure générale, de l’utilisation, des voies cyclables, ce genre de choses.
Stéphane : Chacun, dans son couloir de nage, j’allais dire, chacun doit être, dans sa responsabilité. On regarde, avec une vraie gourmandise, les travaux effectués, aujourd’hui, dans Paris, comme, dans certaines villes, de la métropole, pour aménager, des pistes cyclables, qui, soient plus sécurisées, donc, bien séparées, de la route, utilisée, par les voitures, et les camions, avec un revêtement, le plus lisse possible, pour, permettre, au vélo, et aux trottinettes, d’y rouler, convenablement. Ça, c’est le rôle, d’aménageur, des villes. Et, de ce point de vue-là, les décideurs, de la métropole, mettent le paquet. Tu l’as vu, il y a un plan vélo Paris, très ambitieux piloté par David Béliard l’adjoint au maire, chargé des mobilités douces, auprès d’Anne Hidalgo. Mais, il y a aussi, un plan vélo métropole, piloté, par Patrick Collier, le président de la métropole, et je crois, maire de Rueil-Malmaison. Enfin, tout le monde s’y met, avec beaucoup d’argent public, enfin, l’argent public, c’est nous, ce sont nos impôts, pour aménager la ville, de telle sorte, qu’elle favorise, l’accès, aux mobilités douces, et que, les vélotaffeurs, entre autres, puissent mieux utiliser la ville, sans danger. Ça, c’est le rôle des élus. Nous, comme opérateurs, qu’est-ce qu’on doit faire ? On doit, avoir des vélos, qui, encore une fois, fonctionnent de mieux en mieux, et soient, de plus en plus robustes. On ne le voit pas, par exemple, mais les 3000 vélos, qui viennent d’arriver, ont une tige de selle, beaucoup plus robuste, que la tige de selle, de leurs prédécesseurs. On avait noté, parce que nos clients, nous disaient, ouais, moi, je suis tout petit, ou toute petite, et donc, j’ai besoin, que la selle, soit très haute, et quand, je m’assieds dessus, elle redescend, à un niveau super bas, donc, c’est vraiment gonflant, donc, faites quelque chose, Monsieur Smovengo, faites quelque chose, Monsieur Vélib. Bon, on améliore ce genre de choses. On avait des problèmes, de dérailleurs, de pignons, là encore, les choses se sont organisées, pour que ce soit mieux. La qualité, de nos vélos, est meilleure, et puis, quand je suis arrivé, on venait d’acheter, les meilleurs pneus du monde, chez le meilleur fournisseur du monde,
Ermanno : qui est français, j’imagine?
Stéphane : Qui n’est pas français,en tout cas je vait t’en dire un mot. mais en tout cas, qui aujourd’hui, sont beaucoup plus robustes, et se dégonflent, et crèvent, beaucoup moins qu’avant. Donc, notre responsabilité, c’est d’avoir des vélos, beaucoup plus performants, beaucoup plus robustes, pour avoir, évidemment, beaucoup moins à les réparer, parce qu’ils seraient défectueux. Notre autre sujet, c’est de donner la parole, à nos utilisateurs, à nos abonnés, pour qu’ils nous remontent, tous leurs incidents, et tous leurs vœux, tous leurs souhaits, toutes leurs envies, de telle sorte, qu’on puisse les transformer, en réalité. De ce point de vue là, la note des vélos, nous aide beaucoup, parce qu’elle nous a permis, à côté du signalement, qu’on peut faire aujourd’hui, sur l’appli Vélib, des vélos défectueux, elles nous ont permis, ces deux modalités nouvelles, sur l’application, de multiplier par 7, les remontées d’incidents, sur les vélos. Ce qui veut dire, qu’il a fallu multiplier par 7, notre capacité, de les réparer, j’allais dire, quasiment dans la journée. Donc ça, c’est très très important. Tu vois, aujourd’hui, tu as, je crois, chaque mois, 250 000, Vélibers ou Vélibeuses, parmi elles, des vélostaffeurs, et des vélostaffeuses, qui notent nos vélos. Et, plus de 20 000 vélos, c’est-à-dire, la quasi-totalité de la flotte, est notée chaque mois. Ça, ça nous permet, d’avoir des vélos, évidemment, plus robustes, on donne la parole à l’utilisateur, on donne la parole au client, et il revient vers nous, avec toujours de bonnes idées, et toujours de bonnes infos. Donc ça, c’est vraiment bien. Ensuite, il a fallu que, j’allais dire, il y a un côté militant, chez l’utilisateur de Vélib’, comme chez le vélotaffeur. Avant, on avait la mobilité, mobilité neutre, j’allais dire, la mobilité, non pas clandestine, non pas honteuse, mais enfin, personne ne parlait de son mode de transport. Aujourd’hui, quand tu es vélotaffeur, tu revendiques le fait, que tu vas bosser en vélo. Quand tu es abonné chez Vélib, tu revendiques le fait, que Vélib fait partie de ta vie, et nécessaire à ton quotidien. Et donc, de ce point de vue-là, il faut qu’on soit exemplaire. Il faut qu’on soit exemplaire. Pour se permettre d’être exemplaire, il faut deux choses. D’abord, il faut alimenter le système. Et dans un monde de pénurie, où, pardon de le dire, mais dans la patrie de Peugeot, de Motobécane, et de Mercier, il n’y a quasiment plus de vélos fabriqués en France, à l’exception très notable de vélos assez coûteux, j’allais dire, des pièces d’orfèvrerie, enfin, des choses artisanales. Il y a des vélos qui coûtent plus de 5000 euros aujourd’hui. Donc, ce n’est pas le cas d’un vélo Vélib. À cette exception notable près, tous les vélos qui circulent en France sont fabriqués à l’étranger et, notamment, en Asie. Ils sont assemblés en France. Chez nous, c’est à Machecoul. Mais les pièces viennent d’ailleurs et viennent d’Asie. Donc, pour participer de ce militantisme et de cet engouement pour le vélo, il faut d’abord sécuriser la chaîne d’approvisionnement. Bon, cette chaîne d’approvisionnement, c’est difficile quand ça vient de Chine. Moi, j’ai des petits bras et, quand je parle à mon fournisseur chinois, pfff, il ne me pèse pas suffisamment dans sa tête pour vraiment être intéressant pour lui. Donc, ce qu’il faut qu’on fasse, c’est assurer une certaine autonomie. Les technos diraient une certaine souveraineté pour qu’on puisse fabriquer nous-mêmes de la résilience. Comme on n’est pas capable de les fabriquer nous-mêmes, pour le moment, on les recycle. Et, ça participe du phénomène militant. C’est-à-dire que, cet été, si nous n’avions dépendu que de nos fournisseurs et donc que des Chinois, nous aurions probablement arrêté, suspendu ou réduit considérablement le système Vélib par manque de vélos. Or, parce que nous avons fabriqué de nouvelles pièces détachées à partir de pièces anciennes, parce que nous avons su, à partir de vélos pourris, fabriquer 550 vélos neufs dans le courant de l’été, nous avons continué d’alimenter le système Vélib’ qui, bien sûr, a été en tension, mais n’a pas failli à sa mission et ne s’est pas mis en en mode dégradé au motif que nous n’avions pas été capables de refabriquer des vélos neufs à partir de vélos vieux ou de fabriquer des pièces neuves à partir de pièces usagées. Et ça, c’est un formidable savoir-faire. Un formidable savoir-faire. On a aujourd’hui une filière de revalorisation, une capacité de faire de l’économie circulaire pour de vrai, qui est tout à fait exceptionnelle. On se place là-dessus sur le terrain de la preuve. C’est des milliers de pièces qui sont fabriquées chaque semaine dans les ateliers Vélib’ à partir de pièces défectueuses. C’est par exemple 2300 roues qui sont fabriquées chaque semaine dans nos ateliers à partir de roues voilées, de roues défectueuses. 2300. C’est 550 vélos neufs qui ont été refabriqués cet été à partir de vélos vieux. Et c’est une trentaine de collaborateurs qui travaillent exclusivement dans cette chaîne de revalorisation. Ça, c’est chouette. Tu vois, le développement durable, c’est l’environnement et le sociétal, mais ce n’est pas que les industries fossiles ou ces choses-là. C’est aussi cette capacité formidable qu’ont des acteurs militants. Et je veux que Smovengo, là-dessus, prenne sa part. C’est un colibri militant de la revalorisation. C’est un colibri militant du recyclage et de l’économie circulaire. Et on se place sur le terrain de la preuve, à la fois pour satisfaire la qualité de service que réclament nos utilisateurs, mais en même temps pour leur dire que quand ils utilisent Vélib’, opéré par Smovengo, ce n’est pas comme s’ils utilisaient n’importe quel système de transport partagé, opéré par n’importe quel opérateur. Ils peuvent être fiers d’être des acteurs forts, des acteurs engagés d’un système qui, de bout en bout, a l’obsession du développement durable et à l’obsession du recyclage. Pas simplement parce qu’il est vélo, il dort sur ses lauriers, moi je fais du vélo donc par définition je suis bon en bilan carbone et j’ai des critères de développement durable que je cartonne parce que je suis opérateur de vélo. Non, on est un opérateur de vélo qui est le plus bel opérateur de vélo partagé en station du monde, mais on est un opérateur de vélo militant, un opérateur de vélo partagé, un opérateur de vélo qui a l’obsession militante qu’ont ses clients. Et de ce point de vue là, pardon, mais je suis super fier de ça, non pas parce que je le fais moi-même, je ne suis pour rien dans les 2300 roues fabriquées chaque semaine, mais parce qu’il y a des collaborateurs et des collaboratrices, je pense à une nana en particulier qui se reconnaîtra si elle est que ton podcast, qui est la reine de la refabrication de roues de vélo neuves à partir de roues de vélo usagées. Et moi j’invite tous les clients, enfin s’ils arrivent à 350000 chez moi ça va faire beaucoup, mais en tout cas, ceux qui voudront à la suite de ce podcast et par ton intermédiaire faire une petite visite de nos ateliers, ils sont les bienvenus. Parce que je ne suis pas sûr d’aimer la transparence, je ne sais pas bien ce que c’est la transparence, mais j’aime bien la clarté, j’aime bien la sincérité, j’aime bien l’honnêteté. Le meilleur moyen de montrer aux utilisateurs de Vélib, aux vélotaffeurs, qu’au-delà du vélo, il y a toute une industrie derrière qui prend en compte leurs ambitions militantes, c’est encore de montrer ce qu’on fait dans nos ateliers et je serais très fier de pouvoir les inviter.
Ermanno : Le message est évidemment passé par toi et puis j’espère que vous serez toutes et tous très nombreux à aller faire un tour dans ces ateliers pour vous rendre compte de cette mise en pratique de la fameuse économie circulaire. On boucle un peu la boucle parce que tu en as parlé en début du podcast, tu as dit que tu voudrais revenir sur l’économie circulaire, donc ça c’est bouclé. De la même manière, même si j’avais encore des millions de questions à te poser, mais on ne va pas non plus faire un épisode d’une journée.
Stéphane : J’ai juste, pardon, sur l’économie circulaire, il y a une ambition que j’ai, aujourd’hui elle n’est pas complètement satisfaite, c’est zéro batterie jetée. On a un petit sujet sur les batteries, on utilise 10 000 batteries par an, dont 1500 sont hors service. On est en train de monter toute une chaîne de recyclage qui est tout à fait intéressante. Un, on arrive aujourd’hui ou on arrivera demain de mieux en mieux de plus en plus à réparer nous-mêmes nos batteries défectueuses et à ne dépendre de personne. Et en plus, on développe grâce à ça des partenariats très, très ambitieux parce qu’on réutilisera très régulièrement l’ensemble du parc de nos batteries, à n’en jeter plus aucune et à avoir finalement qu’une seule source d’approvisionnement, qui sera une source d’approvisionnement française pour recycler les batteries usagées du système Vélib. Et ça, ce sera vachement bien parce que je ne suis pas sûr que d’autres systèmes utilisant des batteries soient capables d’atteindre comme nous allons le faire dans les mois qui viennent cet objectif. Je dis dans les mois qui viennent parce que je ne sais pas quand tu diffuseras ce podcast, mais en tout cas si tu le diffuses en 2022, eh bien nous aurons déjà atteint cet objectif de 100% de batteries recyclables chez Vélib et chez Smovengo. Et ça, chapeau les équipes et chapeau les techniciens français qui auront été capables de prouver qu’avec 10 000 batteries dont 1 500 HS chaque année, on est capables de façon vertueuse de le recycler sur place. Et de ne plus jeter ces saloperies dans la nature.
Ermanno : Je pense qu’il y a des formations et des messages à faire passer à d’autres utilisateurs parce que finalement, aujourd’hui en 2021 ou en 2022, qui n’utilise pas au moins une quinzaine d’appareils électroniques qui embarquent tous des batteries ? Si vous pouviez faire part de ces découvertes à d’autres fabricants, que ce soit de vélo, de smartphone, d’ordinateur, je pense que ça ferait avancer un petit peu plus le monde de l’économie.
Stéphane : Le message là-dessus sur l’économie circulaire il est de deux natures. D’abord, on doit le faire quand on est un citoyen engagé et qu’on a un peu conscience de l’état dans lequel se trouve notre planète. Ça, c’est la première des choses. Mais pour des types qui n’ont l’œil rivé que sur leur compte d’exploitation ou sur leur bilan, et qui ne parlent que de pognon, et qui sont d’un cynisme absolu, mais s’ils ne le font pas pour la planète, qu’ils le fassent pour leur compte. Parce que chez nous, par exemple, les pièces de rechange, c’est une économie de probablement 950 000 euros chaque année. C’est colossal. Donc, que ceux qui ne croient pas à l’économie circulaire et au développement durable parce qu’ils s’en fichent, et qui n’ont l’œil rivé encore une fois que sur leur compte de résultats, qu’ils mesurent bien qu’en recyclant tous ces produits, et en gérant sur place ce recyclage, ça fait beaucoup de bien à leur portefeuille, et si c’est comme ça qu’on peut les faire avancer, tant mieux.
Ermanno : C’est un peu le message qu’essayent de faire passer les constructeurs de véhicules électriques. On a beau dire à l’achat c’est beaucoup plus cher, mais à l’utilisation, un plein électrique coûte beaucoup moins cher qu’un plein en énergie fossile. Comme on disait tout à l’heure, on a rebouclé la boucle, et moi je voudrais finir ce podcast comme je l’ai commencé, c’est-à-dire avec quelques questions qui te sont vraiment adressées plus tôt à toi, et je voudrais savoir déjà, quel est ton meilleur souvenir de Vélotaf ?
Stéphane : Mon meilleur souvenir de Vélotaf, c’est marrant parce que c’était il n’y a pas très longtemps. Mon meilleur souvenir de Vélotaf, c’est un souvenir récent, où j’ai découvert que vraiment les habitudes avaient changé. Je me suis retrouvé rue de Rivoli, dans cette rue aujourd’hui dédiée au vélo, et c’est assez merveilleux, sous une pluie battante, et on était tous arrêtés au feu rouge, je crois qu’on arrivait place de la Concorde, on était tous arrivés au feu rouge, et j’étais le seul mec de la ligne. Il n’y avait que des nanas à côté de moi, que des nanas qui allaient bosser, et qui n’étaient pas déguisées en Chewbacca, des filles qui avaient juste un grand imperméable, mais dont on voyait qu’elles ne s’étaient pas transformées pour monter sur un vélo, et il pleuvait des cordes, et là je me suis dit, ça y est, les habitudes sont en train de changer. D’abord, le vélo ne s’adresse plus qu’à une catégorie de cyclistes très sportifs, et majoritairement masculins, il y a plein de nanas qui font du vélo, et aujourd’hui on s’affranchit même des conditions météo, parce qu’on s’équipe d’un, bon c’est pas un kway, c’est une espèce de gros anorak qui descend très bas, mais en tout cas on s’en fout de la pluie. On s’en fout de la pluie parce que d’abord on est équipé, et ensuite on s’en fout parce que le vélo est devenu l’outil indispensable pour aller bosser le matin. Et donc c’est pas un truc de mec, et c’est pas un truc pour les beaux jours, et c’est pas simplement un truc pour les loisirs. Ce jour-là, c’était il y a quelques semaines, j’ai compris que les usages avaient complètement changé, il y avait des nanas, on était le matin tôt, et il pleuvait des cordes. La même chose il y a trois ans, eût été impossible, d’abord la rue de Rivoli était pleine de bagnoles, ensuite il y avait majoritairement des mecs sur les vélos, probablement plutôt le week-end et pas le matin, et puis quand il pleuvait, il prenait un autre mode de transport parce qu’il n’était pas équipé et qu’ils avaient pas prévu, enfin les habitudes étaient encore fonction des conditions météo. Et là, je me suis dit, ça y est, on a changé de braquet, on a changé de monde, et c’est vachement bien, je pense que c’est pour le coup durable, c’est pas un effet de mode, très durablement on aura ça. Je pense que la prochaine évolution, ou la prochaine révolution, ce sera les vélos cargo avec des vélostaffeurs qui ne seront pas simplement des mecs qui iront au bureau, mais des vélostaffeurs qui seront des mecs qui auront fait métier de transporter des matériaux pour permettre à d’autres de bosser, c’est une autre race de vélostaffeurs, c’est le vélo taffeur livreur qui n’utilise plus une camionnette ou une voiture, ou un break, mais qui utilisera un vélo, on commence à les voir, mais c’est encore insuffisant, on est au début du commencement d’une révolution.
Ermanno : Alors tout à l’heure tu parlais un petit peu d’équipement, outre le Vélib que évidemment tu utilises toi pour te déplacer et pourvélo taffer, quel autre équipement tu utilises ? Tu nous as parlé de ponchos, de vêtements, est-ce que tu as aussi un GPS, une application, quelque chose de spécial ?
Stéphane : Ouais, j’ai une trottinette qui est une trottinette perso, et quand je suis sur Vélib ou quand je suis sur ma trottinette, j’ai deux équipements spéciaux, j’ai des gants, parce qu’il ne faut pas se raconter d’histoire, c’est d’abord les mains qui morflent, pour moi ça devrait être quasiment obligatoire, mais je ne suis pas pour l’obligation, je suis plutôt pour la responsabilité, donc en responsabilité, je porte des gants, j’ai un casque, et je suis super content, j’aurais pu te le montrer là, mais il est justement en bas, accroché à ma trottinette, et je suis super content parce que j’ai un casque pliable, et c’est un truc super, il suffit d’aller sur internet, enfin, il y a des casques pliables aujourd’hui, et ça ne prend pas de place, et je suis super fier de mon casque pliable, et de montrer que parce qu’il est pliable, qu’on ne vienne pas m’emmerder en me disant qu’on ne peut pas le mettre dans son sac ou dans sa musette, ce n’est pas vrai, ça ne prend pas de place, donc le casque c’est important, parce que juste après les mains, c’est le visage et la tête qui prennent, et donc ça c’est mon équipement perso, et puis tu vois, je n’avais pas prévu que tu me poses la question, mais je vais tendre la main, j’ai un truc super, qui s’appelle le code du cycliste,
Ermanno : ah génial,
Stéphane : voilà, ça ne se lit pas comme un musseau, c’est un peu hard, parce que ça reprend tous les droits et devoirs du cycliste, mais il est super bien fait, je ne connais pas le mec qui l’a écrit, il s’appelle Ludovic Dupré, mais il a fait un vrai boulot, c’est édité chez Dalloz, moi j’ai fait du droit, Dalloz pour moi c’était un truc très chiant, c’était que le code civil, le code pénal, le code machin, c’était chiant mais c’était sérieux. Le code du cycliste, c’est la deuxième édition, ce n’est pas que chiant, c’est super sérieux, et c’est super utile pour savoir les droits et les devoirs de chacun, ce n’est pas parce qu’on est cycliste, et ce n’est pas parce qu’on est militant, qu’on est les rois du monde, et qu’on peut se permettre de faire tout et n’importe quoi, tout et n’importe quoi d’abord, ce n’est pas exemplaire, et par ailleurs on se met en danger, et on met en danger les autres, donc moi je ne veux pas que le vélo devienne un monçon de contrainte quand tu montes dessus, je veux que le vélo continue d’incarner la liberté, la liberté d’aller et venir, et d’aller et venir un peu quand on veut, comme on veut, et plus nous aurons de vélotaffeurs, ou de cyclistes tout simplement, qui déconneront sur les trottoirs, ou dans les rues, ou en grillant les feux, en prenant les routes, n’importe comment, plus l’Etat un jour sera tenté de nous imposer plein de trucs, et donc un peu quelque part de limiter nos libertés, et ça c’est justement ce qu’il ne faut pas, donc pardon, je suis peut-être un peu ringard, mes masques, mes gants, j’ai aussi ce truc, et tu vois, je n’avais pas prévu de le montrer, mais le code du cycliste, on y apprend plein de trucs, et si on pouvait le respecter, ce serait vachement bien.
Ermanno : Bon, écoute, c’est noté, alors tu nous as parlé de l’auteur que tu ne connais pas, mais peut-être pour terminer, si tu devais passer le micro, est-ce que tu aurais une recommandation d’une personne que tu aimerais bien entendre s’exprimer lui aussi, ou elle aussi, dans le podcast Vélotaff ?
Stéphane : J’ai deux obsessions, j’ai l’obsession du client, et j’ai envie de te dire, va te promener et fais un micro-trottoir, avec les utilisateurs de Vélib, en le faisant sur un échantillon représentatif, donc ça veut dire plus de 1000, enfin comme on a 380 000 abonnés, ça devrait pouvoir le faire, plus de 1000, pour avoir une vraie photo en temps réel, qui corresponde justement à la note qu’ils nous ont donnée, c’est bien, voire très bien, mais ça, tu n’y arriveras pas, mais donner la parole au client, je trouve que c’est toujours vachement bien. Bon, et tu m’as entendu parler plusieurs fois de client, pas d’usager, je préfère le mot de client, parce qu’un client est un usager qui a le choix. Un usager, c’est quelqu’un qui utilise un mode en monopole, et il n’a pas le choix, parce qu’il est usager d’un monopole, et c’est difficile la relation entre un usager et un acteur monopolistique, parce que, par définition, comme le marché est captif, est-ce que l’acteur est capable de bien satisfaire son usager ? Je ne suis pas complètement sûr. En revanche, un client, c’est un usager qui a le choix, c’est-à-dire que s’il n’aime pas Vélib, il peut prendre un autre vélo, s’il n’aime pas le vélo, il peut prendre une trottinette, s’il n’est pas content de la trottinette, il va s’acheter une roue gyroscopique, ou il finira par prendre un uber, un métro… bref, donc nous, on est dans un marché où il y a beaucoup d’offres. Vélib est sur son segment marketing, mais en tout cas, il y a des clients de Vélib, ou des vélibeurs ou des vélibeuses, ou des vélotaffeuses et des vélotaffeurs, c’est presque plus joli que client, bref. En tout cas, mon autre obsession, après le client, et tu auras du mal à avoir un micro-trottoir Vélib, moi, j’aimerais bien que tu viennes dans nos ateliers, j’ai des mecs formidables. Mon autre obsession, c’est vraiment les 500 salariés de la boutique, c’est des gens super engagés, et j’aimerais bien te présenter ceux qui font de l’économie circulaire, et qu’il le font bien, et qui prouvent que c’est possible. Ça, ce serait chouette.
Ermanno : Je note, quand j’aurai l’occasion de venir en déplacement sur Paris, je viendrai avec mes micros, et j’irai tendre mes micros dans tes ateliers, et notamment à la réparatrice fabricante de ces roues dont tu parlais tout à l’heure, qui j’espère nous écoute, et si ce n’est pas le cas, j’espère que tu lui enverras le lien du podcast pour qu’elle écoute cet épisode.
Stéphane : Écoute, si tu as fait le job et que ce podcast est sympa, je prends l’engagement de le diffuser aux équipes de Smovengo.
Ermanno : En tout cas, c’était extrêmement sympa, parce que j’ai eu un superbe invité, on a passé une heure ensemble à échanger sur ce sujet du Vélotaf et de Smovengo, et j’ai vraiment énormément apprécié notre échange. Pour ceux qui ne seraient pas encore parisiens, mais qui se poseraient la question de le devenir, et qui voudraient avoir des infos sur Vélib, où est le meilleur endroit pour aller chercher des infos et éventuellement rentrer en contact avec les équipes commerciales de Vélib ?
Stéphane : Il y a un site Vélib qui est vachement bien fait, avec une appli qui est téléchargeable sur tous les smartphones. Ça, c’est vachement bien. Et puis après, pour tous ceux qui veulent se renseigner sur Smovengo, Smovengo est une boîte qui embauche, qui, par ailleurs, essaye de faire du bien là où ça fait mal, c’est-à-dire de redonner une chance à des gens qui n’ont pas trouvé d’emploi, à s’insérer dans l’emploi et à venir chez nous pour un certain temps, et soit transformer l’essai, être embauché chez nous, soit trouver, et c’est 100% d’entre eux, des emplois à l’extérieur après avoir été formés chez nous. Et donc, si vous voulez tout savoir sur Smovengo, il y a un site qui est vachement bien fait, qui s’appelle smovengo.fr, sur lequel je vous donne rendez-vous, mais le mieux, c’est l’appli Vélib’. Téléchargez l’appli Vélib’, abonnez-vous au service, et puis faites-nous remonter tout ce qui va bien. Quand vous êtes contents, n’hésitez pas à appeler le service Relations Clients, et puis quand ça va mal, n’hésitez pas non plus à le faire, parce que le client, c’est notre boussole, donc on ne vit pas sans eux, et le fait qu’ils soient de plus en plus exigeants, mais en même temps de plus en plus nombreux, et qu’ils soient plus de 200 000 à nous noter chaque mois, montre leur engagement à nos côtés, et la sincérité qu’ils mettent à nous dire que les choses s’améliorent, et que les choses vont même plutôt bien dans certains cas, est la preuve que Vélib’ est utile. Utile aux déplacements, utile aux vélotaffeurs, et prend sa part de la liberté qui nous manque tellement, qui nous a tellement manqué ces derniers mois, qui est vraiment une chance dans notre République, donc je prends ma part. Vélib et Smovengo, c’est le colibri de la République. Voilà. Il prend sa part de liberté. La liberté d’aller et venir, c’est quand même vachement bien.
Ermanno : Ce sera une très belle conclusion pour l’épisode d’aujourd’hui. Merci encore Stéphane. Donc je le rappelle, Stéphane Volland, président de Smovengo, opérant Vélib à Paris. Merci beaucoup, je te souhaite une très bonne continuation, et puis à bientôt, j’espère, dans les ateliers de Smovengo ?
Stéphane : Ouais, j’espère ! Viens quand tu veux ! Ils sont formidables !
Ermanno : Merci beaucoup Stéphane !
Stéphane : Salut !