#12 Sensibiliser les entreprises à l’impact du vélo sur l’environnement

« Le plus beau dans le Vélotaf, c’est le sentiment de liberté, quand tu découvres Paris au lever du soleil ! » – Timothée Quellard

Cette semaine, j’ai échangé avec Timothée Quellard, le co-fondateur d’Ekodev,une société de conseil qui accompagne les organisations et territoires dans l’élaboration et le déploiement opérationnel de stratégies de développement durable ambitieuses.

Ingénieur de formation, après quelques années dans le conseil, Timothée a voulu donner du sens à sa vie personnelle, à son engagement pour l’environnement et à sa vie professionnelle. Il accompagne désormais depuis 12 ans les employeurs dans le Développement durable et RSE.

Nous avons bien entendu parlé de mon invité, de son engagement au quotidien, de son engagement militant pour l’environnement et de sa société !

Pour contacter notre invité via Linkedin, c’est par ici.

Ce podcast animé parErmanno DI MICELIest proposé par l’ONGTwoWheelTuesday(@2wteu), et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique duVélotaf.

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Full Transcript 

Ermanno : Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans un nouvel épisode du podcast Vélotaf. Aujourd’hui, je reçois un invité qui m’a été conseillé par le cofondateur de BeeToGreen, à savoir Timothée Quellard de chez Ekodev. Bonjour Timothée. 

  

Timothée : Enchanté, bonjour. 

  

Ermanno : Ça va, je n’ai pas écorché ton nom ? 

  

Timothée : Non, c’est Timothée Quellard, pour être un peu plus dans la phonétique historique, mais il y a Pierre. 

  

Ermanno : Bon, ça va. Alors écoute, on va rester sur la phonétique correcte. Comme je te le disais un petit peu en off, l’objectif de ce podcast, c’est d’échanger avec toi sur les mobilités douces, sur l’environnement, mais aussi et surtout sur le Vélotaf. Alors avant de te poser des questions justement sur ta pratique du Vélotaf et des mobilités douces de manière plus générale, je te laisse te présenter. Qui est Timothée Quellard ? Quel âge as-tu ? Que fais-tu dans la vie ? Et comment as-tu été incité à l’écologie ? 

  

Timothée : Donc moi, je suis Timothée Quellard, j’ai 41 ans, je suis de formation historiquement ingénieur et après avoir travaillé quelques années dans le monde du conseil lié à un secteur plus industriel. Je me suis réorienté il y a à peu près 12 ans maintenant avec deux collègues, du coup on est trois cofondateurs de la structure Ekodev, avec cette ambition de travailler sur des enjeux qui ont plus de sens pour nous, donc tout ce qu’on appelle aujourd’hui le développement durable ou la RSE. Et donc on accompagne maintenant depuis 12 ans des employeurs dans leur politique RSE et également mobilité durable. Donc voilà, pour simplifier mon métier. C’est de conseiller aujourd’hui les employeurs, les mettre sur des bons rails et autant que possible les aider à avoir une boussole dans ce monde assez compliqué et assez contraint au niveau climatique, entre autres, pour éventuellement minimiser leur impact et autant que possible améliorer leur activité sur ces enjeux. Voilà, et puis sur le sujet Vélotaf peut-être, parce que c’était le point complémentaire à la question, moi ça fait, comme beaucoup, beaucoup de Français, ça fait depuis que je suis gamin, que je fais du vélo, alors plutôt dans une pratique loisir quand on est ado et jeune. Et puis quand j’ai monté la structure, donc il y a 12 ans, en 2009, un des sujets qui m’a quand même le plus marqué, au-delà de ma volonté de bien faire, et en 2009, je remets le contexte, le Grenelle était passé par là, donc on avait quand même une visibilité médiatique sur ces enjeux climat et environnementaux, qui du coup ont amené quand même un peu d’évolution réglementaire, quand on prend conscience de l’impact environnemental de nos activités, de notre quotidien, et qu’on sait qu’à peu près un tiers de cette empreinte est liée à la mobilité, ça paraît assez évident de se dire, et de se remettre en cause sur ces pratiques. Et pour la petite histoire, moi avant de monter Ekodev, j’avais une voiture de fonction et j’étais cadre dans une structure comme beaucoup d’ingénieurs, et je faisais beaucoup de kilomètres, et quand j’ai pris conscience que chaque kilomètre était l’équivalent de 120 grammes de CO2 en moyenne, et j’ai fait mes petits produits en croix, je me suis dit, oulà. J’en consomme de la tonne CO2, et donc assez naturellement en fait, dès 2009, quand j’ai monté la structure, une partie de mes trajets se faisaient en vélo, avec justement deux ambitions et deux volontés au départ, c’est le côté sanitaire ou santé, puisque quand on est entrepreneur au début, on a beaucoup d’activités professionnelles et peu de loisirs, au moins en tout cas, en ce qui m’a concerné, donc du coup ça me taraudait de faire un peu moins de sport, et du coup le vélo était un bon moyen d’en faire. Et la deuxième raison, c’est le sujet environnemental, ça paraît assez évident de ne pas prendre un véhicule d’une tonne, deux ou trois en moyenne, pour aller faire quelques kilomètres pour aller voir des clients, alors que le vélo fonctionne quand même assez bien pour ce type de pratique, et du coup ça va faire une douzaine d’années qu’effectivement je pratique le vélo au quotidien, pour aller voir tous nos clients et puis aller au bureau. 

  

Ermanno : Alors tu ne nous as pas dit où est-ce que ton bureau se situe justement, est-ce que c’est dans une zone où il y a de fortes turbulences climatiques ? 

  

Timothée : Aujourd’hui non. Nos bureaux sont basés en plein cœur de Paris, dans le huitième, on a eu quand même cette volonté d’être dans un endroit très central, pour plein de raisons, c’est plus simple pour aller voir des clients, c’est plus simple pour recruter, et puis c’est toujours plus sympa d’être au centre de ville comme Paris qu’en banlieue, et puis ça me tient à cœur aussi, alors maintenant c’est à la mode, donc c’est beaucoup plus simple, mais il y a douze ans ça nous tenait à cœur quand même d’essayer de rendre ces métiers attractifs et séduisants, et de démontrer qu’on pouvait créer des emplois autour de ces sujets qu’est le développement durable, la RSE, là où quand je présentais Ekodev et je présentais nos accompagnements sur la mobilité, souvent les remarques étaient de dire mais elle est sympa votre association, mais nous on est là pour faire du business, donc en quoi ça va nous aider à faire plus de business ? Donc ça c’était des remarques assez classiques, et la réponse était toujours de dire bah je pense pas qu’un entrepreneur et des entrepreneurs ingénieurs soient si déconnectés du business et de la réalité économique. Par contre on a l’utopie de créer des emplois qui ont plus de business, on a l’utopie de créer des emplois qui ont plus de valeur que ce qu’on a pu voir dans le passé et qu’on peut voir aujourd’hui. J’ai quand même l’utopie d’imaginer que conseiller des entreprises à réduire leur empreinte carbone ça a plus de valeur en termes de biens communs que d’optimiser un référencement d’un site internet ou de vendre un peu plus de produits qui sont fabriqués à l’autre bout du monde, donc c’est complètement militant comme approche, mais il n’y a pas de raison qu’on soit moins bien rémunérés et qu’on soit dans des bureaux moins sympas et moins bien positionnés que d’autres professions. 

  

Ermanno : Tu parles justement de position militante et on a bien compris que pour toi l’utilisation du vélo c’est aussi une façon de militer pour l’écologie, si je comprends bien ton utilisation du vélotaf finalement elle est quotidienne, elle est au maximum de tout ce que tu pourrais faire en termes de déplacement. 

  

Timothée : Alors je n’ai pas calculé le nombre de kilomètres que je fais à l’année et la proportion de kilomètres en vélo par rapport aux autres modes, bien évidemment quand on va dans d’autres villes et qu’on va loin, le train est quand même privilégié, mais en temps passé, clairement c’est le moyen de transport numéro un, limite peut-être devant la marche. C’est clairement devenu, et plus le temps passe, plus ça devient intense en fait en termes d’usage pour plein de raisons, c’est qu’au-delà des contraintes on va dire qui évoluent pour la voiture ou de la prise de conscience, c’est tout simplement en termes de démarche un mode de transport hyper pragmatique quoi. Pour 90%  des déplacements que j’ai à faire, c’est souvent le plus pratique, le plus rapide, le plus évident. Et en fait, plus on en fait, plus on s’équipe, plus on est équipé, moins on est contraint et moins on est freiné dans des éventuels aléas par exemple météorologiques ou des quotidiens sur lesquels on pourrait nous dire tiens le vélo n’est pas adapté. Donc plus ça renforce en fait, plus on en fait, plus ça renforce l’envie et la capacité d’en faire. Donc clairement aujourd’hui, c’est de loin le mode de transport le plus utilisé dans mon quotidien. Et puis au-delà du côté professionnel, je faisais souvent cette remarque mais j’ai un fils qui a 5 ans, je l’amène à l’école et c’est pas très long en vélo, il préfère y aller en vélo qu’à pied parce que pour lui, c’est aussi hyper confortable de se faire transporter, d’avoir le vent qui, on va dire la brise le matin qui traverse ses cheveux et voilà, il en est très content donc c’est aussi un plaisir au-delà d’être pratique quoi. 

  

Ermanno : Donc tu nous as dit, vos bureaux sont dans Paris. On en a parlé. On en a parlé avec Alexis Frémaux de MDB, on en a parlé avec Antoine du Teilleul justement de BeetoGreen, on en a parlé avec Altisplay, enfin on en a parlé avec tous les invités. Ce qu’on met souvent comme obstacle à la pratique du vélo et notamment en ville et notamment au-dessus de la Loire en France, c’est les problèmes climatiques. Toi, ton avis là-dessus, puisque tu utilises le vélo au quotidien, c’est ton moyen de transport, tu l’as dit, qui représente la plus grosse part en termes d’utilisation. Qu’est-ce que tu peux répondre à ceux qui te disent ouais, mais en fait, c’est pas possible. En vélo, il pleut. En vélo, il ne fait pas beau. En vélo, il y a de la neige. En vélo, il fait froid. En vélo, on se fait éclabousser par les voitures. J’imagine que tu as une bonne réponse à ça. 

  

Timothée : Il y en a deux réponses. La première, je l’ai un peu dit précédemment, c’est l’équipement. Être équipé avec un bon KWay ou une bonne veste perméable et un pantalon, ce n’est pas compliqué, ça ne coûte pas très cher et c’est très efficace. Donc premier argument, quand on est équipé, c’est comme quand on va à la montagne ou quand on fait du sport nautique. Enfin voilà, on n’y va pas n’importe comment. Donc faire du vélo, ça veut dire s’équiper. Et le deuxième argument, c’est que Météo France a fait une étude pour présenter de manière très factuelle la probabilité qu’un cycliste a à se faire complètement arroser ou être très perturbé par la météo. Et j’ai retenu un chiffre, c’est que le pire moment dans l’année, c’est à Brest, c’est au mois de janvier et j’ai 20 % de chance de me faire complètement saucer dans mon trajet domicile-travail. Donc quand on prend le pire cas et qu’on se dit qu’on a 80 % de chance de ne pas avoir de problème, je pense qu’on est dans un état d’esprit où, oui, on se plaint beaucoup de la météo française, oui, on se dit qu’il pleut, il fait froid, etc., mais je prends ce matin 5 degrés, beaucoup de gens au bureau se plaignent en disant « il fait très froid », un bonnet, une paire de gants de montagne, une veste un peu chaude, moi, j’ai fait mon trajet comme plein d’autres cyclistes en me disant que c’était chouette plutôt que d’être dans les embouteillages ou dans des transports peut-être saturés et ça ne me paraît pas être dans une démarche de surhomme ou surfemme, je ne sais pas, de simplement mettre un bon équipement. 

  

Ermanno : Non, mais c’est sûr. Et puis, il y a aussi un autre aspect qui est plutôt positif, surtout quand il fait frais, c’est que ça ravive, ça réveille le matin. Alors déjà, quand il fait beau au printemps ou en été, on est super content parce qu’on profite du beau temps. En hiver, même s’il fait un petit peu gris, forcément, tout de suite, on respire, on a les bronches qui s’ouvrent. C’est incroyable. C’est autre chose que de s’enfermer dans une voiture et de mettre la clim à fond. 

  

Timothée : Ce qui est sûr, c’est que c’est quelque chose qui est difficilement mesurable. Alors moi, j’ai 11 kilomètres à peu près, 30-35 minutes. L’état d’esprit, avoir fait cette petite demi-heure d’activité qui n’est pas non plus une forte activité sportive, je n’arrive pas en sueur ni rien le matin, est complètement différent d’une partie de mes collègues que je vois arriver des fois un peu énervés parce qu’ils sont un peu en retard ou qu’ils sont dépendants de modes de transport ou qu’ils sont beaucoup moins bien réveillés parce qu’effectivement, faire une demi-heure le matin dans le frais, ça réveille, ça rend plus vif. Et puis un autre argument, au-delà du bonheur ou de la satisfaction que ça peut créer parce qu’elle est réelle, c’est ce côté bulle, un peu comme ceux qui prônent la voiture et c’est tout à fait légitime, je n’ai rien contre l’automobile de manière générale. Je ne veux pas cloisonner parce que j’ai aussi une voiture, je marche aussi à pied, je prends aussi les transports en commun. Je suis multimodal comme on dit aujourd’hui, je suis militant vélo pour des raisons pragmatiques mais je ne suis pas exclusif. C’est ce côté petite bulle, c’est-à-dire que j’ai beaucoup d’idées, j’ai beaucoup de réflexions qui se font sur mon vélo parce que du coup, personne ne me dérange vraiment et puis j’ai le cerveau qui s’hydrate mieux ou s’oxygène mieux plutôt et il y a plein de choses qui sortent qui ne sortaient pas quand j’étais dans les embouteillages ou dans les transports à pester et à me plaindre. 

  

Ermanno : L’activité physique permet aussi de mieux réfléchir et d’avoir une approche un peu plus créative. Tu parlais justement du temps de déplacement que tu mets, environ 30-35 minutes pour 11 kilomètres. Je voulais revenir justement sur le type d’outil que tu utilises, est-ce que tu es plutôt vélo électrique, plutôt vélo musculaire comme on dit maintenant, vélo traditionnel et puis dans l’un comme dans l’autre des cas, est-ce que c’est du vélo cargo, est-ce que c’est du vélo classique, est-ce que si tu as des enfants, tu les emmènes aussi à l’école ou à la crèche avec le vélo ? Comment ça se passe dans la famille Quellard ? 

  

Timothée : J’ai deux vélos, un vélo classique musculaire qui est le vélo de ma fin d’adolescence on va dire. 

  

Ermanno : Donc tout récent ? 

  

Timothée : Donc voilà, il y a quelques années, mais c’était il y a une quinzaine d’années ou un peu moins maintenant, mais il y a eu ce mouvement des pignons fixes et des fixies qui sont arrivés, donc j’étais rentré un peu dans le vélo de cette manière. Enfin, j’avais un VTT comme beaucoup, comme je disais, d’ado, etc. Mais voilà. J’ai lâché mon VTT pour ce type de vélo il y a une quinzaine d’années et puis avec l’âge et la paternité, il a fallu amener effectivement mon fils à la crèche ou à l’école en vélo. Et là, force est de constater que les vélos électriques un peu plus robustes, un peu plus costauds, plus confortables, chez moi en tout cas, ont eu leur âge d’or. Donc aujourd’hui, j’ai deux vélos pour répondre à la question. Un vélo électrique qui est quand même utilisé dans 90% de mes trajets parce que c’est quand même hyper confortable. Et voilà, avec des pneus plus gros. Une selle plus confortable et pour transporter un enfant ou des courses, c’est quand même plus simple. Et puis, je réutilise quand même dans les périodes où j’ai envie de faire une activité un peu plus intense, où je suis un peu plus en forme, mon vélo classique musculaire. Donc voilà comment ça se passe aujourd’hui chez nous. 

  

Ermanno : Du coup, d’un point de vue plus personnel, est-ce que tu as réussi à mettre aussi Madame Quellard au vélo ? Et est-ce que le petit bout de chou s’y mettra aussi rapidement ou s’y est déjà mis ? 

  

Timothée : Alors, le bonhomme, il est déjà cycliste. Il est déjà cycliste. Il a déjà deux vélos parce que comme ça grandit vite à cet âge-là, il faut des tailles différentes. Mais donc lui, il est clairement un amoureux du vélo et c’est une évidence depuis qu’il a trois ans, trois ans et demi qu’on a réussi à lui faire tenir en équilibre. Donc ça, c’est chouette parce qu’on peut faire des balades à trois effectivement en vélo. Et Madame, elle est cycliste, mais un peu moins fréquemment. Elle est plutôt transport en commun et je crois qu’elle aime bien lire dans les transports et que le vélo, c’est quand il fait beau et de temps en temps parce qu’elle a aussi cette crainte qui est assez légitime, que beaucoup de gens ont au début en vélo qui est la cohabitation avec les piétons et ou les voitures. Et c’est vrai que c’est un profil qui est un peu anxieux de mal faire ou d’avoir des gens qui font mal à ses côtés. Donc, il y a cette cohabitation avec les autres modes qui la freine un peu dans la pratique au quotidien. 

  

Ermanno : C’est un sujet qu’on avait abordé avec Altisplay notamment sur la fréquentation du domaine public en vélo et le fait qu’effectivement, il est nécessaire de faire ça. Il faut faire attention à ce que l’on fait, mais aussi et particulièrement attention aux autres. Donc, c’est une double attention qu’il faut avoir quand on est en vélo, en trottinette ou autre, quand on n’est pas forcément dans une voiture, quand on n’est pas caréné. Je sais qu’il y a des solutions qui existent par rapport à ça et notamment, on en a reçu quand on était au Bike to Work, mais bon, ce sera le sujet d’un autre épisode. Ce qui est intéressant en fait dans la réponse que tu me donnes, c’est qu’effectivement, tu as beau prôner l’utilisation du vélo sans être exclusif, sans être un ayatollah de l’utilisation du vélo, la preuve est que madame est plutôt transport en commun et finalement, chacun y trouve son plaisir. Transport en commun, tu peux lire, tu peux flâner, tu peux écouter, voir les autres, éviter de déranger, de prendre des risques ou de faire prendre des risques à d’autres alors que toi, c’est plutôt le vélo, s’oxygéner, respirer, créer, répondre à des questions qui t’obsèdent depuis quelques jours. Donc, chacun y trouve sa pratique. 

  

Timothée : Il y a aussi une autre raison, je pense que c’est le côté indépendance et liberté ou temps. Je ne sais pas. C’est clairement une vision qui est d’ailleurs à faire évoluer, mais qui est d’optimiser mon temps en tant qu’entrepreneur et c’est vrai que le vélo est beaucoup plus optimisé que d’attendre des transports en commun ou d’être en véhicule des fois un petit peu voiture dans les embouteillages sur la région parisienne, là où madame, on va dire si je simplifie, est plus dans prendre le temps, se laisser flâner, être moins stressé par cet horizon du temps. Voilà. Donc, il y a aussi cette approche qui est plus liée aux personnalités. Donc, voilà, après, il y a quand même le sujet de la crainte qui est quand même assez fréquent et de la cohabitation avec les voitures et on voit quand même que dans cette période où le vélo a pris beaucoup d’essor, il y a un sujet de civisme réciproque, que ce soit des cyclistes ou des automobilistes sur laquelle on voit bien que quand on est dans d’autres endroits, on a de la famille en Bretagne, dans le sud de la France, dans des villes intermédiaires, c’est beaucoup plus apaisé que dans une ville et une agglomération comme l’ile de France. Donc, on a aussi ce sujet qui est comme une tension et ça, il ne faut pas nier une agressivité généralisée là et un problème de civisme qu’il ne faut pas exclure dans le raisonnement ou qu’il ne faut pas nier parce qu’il existe et je pense que c’est bien de le dire et c’est bien de trouver des solutions. C’est un point important aussi. 

  

Ermanno : Alors, justement, on peut peut-être revenir sur ce point, c’est trouver des solutions. Qu’est-ce qui, à ton avis, fait qu’on pourrait voir le nombre de vélotaffeurs et de vélotaffeuses augmenter considérablement ? Tu parles de la relation. Tu parles de la relation avec les autres usagers de la route. Est-ce que tu aurais des solutions, des propositions ou même des idées ? Allez, soyons fous, même des choses complètement farfelues, mais je ne sais pas, imaginez des pistes cyclables en hauteur qui ne soient pas en contact avec les voitures. Enfin, je ne sais pas, qu’est-ce qu’on pourrait imaginer justement qui pourrait permettre d’améliorer, un, l’utilisation du vélo pour les vélotaffeuses et les vélotaffeurs et deux, peut-être la relation entre ces utilisateurs du vélo et d’autres usagers. 

  

Timothée : Il y a plein d’outils. Il y a plein d’outils permettant d’y arriver, vraiment, et là, on peut être hyper créatif. Je pense que le premier, c’est déjà d’éduquer ou de rééduquer la population à ce mode de transport. Et quand je dis rééduquer, c’est sous deux angles, l’angle, sécurité et pratique. Donc, c’est mettre en selle, former, initier et ça, il y a un travail quand même qui pourrait être fait dès l’école, qui pourrait être fait vraiment dans beaucoup de fonctionnements scolaires ou périscolaires. Là, il y a un vrai sujet. Il y a un vrai sujet qui est de sensibiliser, d’éveiller et d’éduquer des générations. Il y a des enjeux fortement liés à l’infrastructure et à l’urbanisme. Et donc là, c’est pareil. Moi, je rencontre un certain nombre de maires ou d’élus de territoires qui sont complètement néophytes et qui ont l’image du vélo comme une image de loisir et exclusivement loisir ou un mode un peu comme beaucoup le considéraient le mode de transport des pauvres il y a quelques années. Parce que si on avait un vélo, c’est qu’on n’avait pas les moyens d’avoir une voiture. Donc, ça change ça. Et heureusement. Et donc, du coup, il y a quand même cet enjeu d’urbanisme et d’expliquer que la pratique du vélo nécessite des infrastructures pour que la majorité puisse l’utiliser sereinement. Donc ça, c’est une répartition de l’espace public qui nécessite quand même de reprioriser et d’avoir du courage politique. Et ça, on peut le justifier et l’alimenter avec plein de raisons. Encore une fois, si on prend les enjeux sanitaires, si on prend les enjeux de surface ou d’occupation de surface de la voirie ou de l’espace public. Pour permettre aux gens de se déplacer, on voit bien que le vélo est beaucoup plus efficace que plein d’autres modes de transports en termes de coûts. Clairement, entretenir des pistes cyclables, ça coûte beaucoup moins cher que d’entretenir des transports en commun ou des routes pour les voitures. Donc, en fait, on a plein de motivations et plein de bonnes raisons de le faire. Mais je pense que les blocages sont à la fois psychologiques et liés à la méconnaissance. Donc, la culture est à travailler. Il faut se remettre dans le contexte, mais dans les années 50-60, le vélo était le mode de transport numéro un et de loin, ou avec la marche à pied, parce que la voiture était beaucoup moins fréquente et utilisée qu’aujourd’hui. Si on prend les enjeux sanitaires sans rentrer dans la situation, ça pourrait être une haute raison. Une vague 6, 7, 8 ou des variants extrêmement virulents du Covid amènerait probablement à ce que le vélo retrouve, comme ça a été le cas en déconfinement, une légitimité en termes de gestes barrières. Mais au-delà de la parenthèse sanitaire, en termes d’activité, on nous parle beaucoup de manger plus sainement, faire du sport, une activité. Et donc, du coup, on voit bien que faire du vélo au quotidien, mais même le MEDEF le dit, c’est 5 à 9 % de productivité en plus d’un collaborateur qui va faire un peu d’activité quotidienne comme le vélo. Et puis, il y a des études qui démontrent que l’espérance de vie, forcément, en faisant du sport s’aligne, en tout cas augmente. 

  

Timothée : Donc, voilà, moi, j’ai vraiment du mal à comprendre, au final, pourquoi avec tous ces arguments qui sont peut-être amenés de manière trop militante à un des moments, on n’arrive pas à retrouver, on va dire, cet âge d’or qu’on a pu avoir avec le vélo. Mais je pense que la bascule est en train de se faire. 

  

Timothée : Donc voilà, après, en termes d’autres idées, pourquoi ne pas mettre le vélo prioritaire sur tous les autres modes de transport ? C’est fait et c’est la culture que l’ont les Hollandais. En Hollande, le vélo est prioritaire sur le piéton et la voiture. Alors, on pourrait en France dire que le piéton est prioritaire et je suis d’accord, c’est probablement peut-être une première étape, mais de le mettre réellement prioritaire et donc avoir des réflexions qui sanctionnent ou pénalisent ceux qui vont ne pas être en capacité de respecter et d’aménager le territoire. 

  

Timothée : Mais ça aussi, ça nécessite d’avoir une évolution législative, d’avoir une évolution des comportements. 

  

Ermanno : D’avoir du courage politique ? 

  

Timothée : Clairement, on a un plan national sur le sujet du vélo sur lequel on s’est donné les moyens d’aller beaucoup plus loin et de manière très ambitieuse et tant mieux. C’est une des premières fois où on a des ambitions sur le sujet qui ont été accélérées par la situation sanitaire. Donc, peu importe la raison, moi, ce que je vois, c’est que ça avance et le vélo a le vent en poupe et que l’exécutif met des moyens qu’il n’aurait peut-être pas mis sans Covid ou qu’il aurait mis. Mais en tout cas, les faits sont là, mais il manque quand même fortement une culture et une capacité à intégrer tous les bénéfices, mais qui sont peut-être des bénéfices à court terme. Je ne sais plus qui. Je crois que c’est une des maisons du vélo d’une ville comme Toulouse ou autre qui avait affiché. Mais effectivement, quand on prend l’angle vélo, on se dit que les gens sont moins malades. Ils ont une accidentologie, un accident de travail moins élevé. Ils sont de manière générale en  meilleure santé. Mais ils vont acheter des choses qui sont économiquement, en termes de PIB, beaucoup moins intéressants qu’une voiture qui va avec l’assurance, qui va avec l’essence derrière et tous les coûts récurrents. Donc, en fait, le vélo a énormément de co-bénéfices, mais directs et indirects. Là où aujourd’hui, les réflexes, c’est plutôt de créer du PIB direct. Et effectivement, si on fait la compétition entre acheter une voiture et les créations d’emplois associés et le vélo, on pourrait se dire qu’effectivement, c’est plutôt à moyen et long terme. Et c’est là où ça deviendrait intéressant, c’est de faire des études un peu poussées, à mon avis. Et là, je ne sais pas, je me dis que l’État pourrait lancer des analyses un peu fines. Mais qu’est-ce que ça permet d’économiser, par exemple, pour la sécurité sociale, un cycliste versus quelqu’un qui est en voiture dans les embouteillages ? 

  

Ermanno : Oui, on va avoir le même type de discours, en fait, finalement, si on regarde la cigarette ou l’alcool. Effectivement, les sociétés qui produisent ces éléments, alors on ne va pas le redire, on ne va pas leur faire de la pub. Ils emploient du personnel et donc forcément, si on diminue l’accès ou si on ne facilite pas l’accès à ces choses-là, c’est un impact sur le chiffre d’affaires, donc forcément sur l’emploi, etc. Mais d’un autre côté, favoriser un mode de vie plus sain, ça va avoir aussi un effet indirect sur l’emploi, je ne sais pas, sur un fabricant de vélo qui va vendre plus de vélo, sur un fabricant de pneus qui va vendre plus de pneus. Et puis, il y a aussi l’effet que tu citais, notamment celui de la sécurité sociale, la sécurité sociale qui prendra moins en charge de problèmes liés aux problèmes de santé parce que quelqu’un sera plus sain, on connaît ce fameux adage, un corps sain dans un esprit sain et puis peut-être aussi moins d’accidentologie parce que c’est vrai qu’à moins de se prendre une voiture ou un camion, en vélo, quand on a un accident, c’est souvent moins grave qu’en voiture, ce n’est même parfois pas fatal alors qu’en voiture, quand on a un accident, vu la vitesse, c’est souvent autre chose. 

  

Timothée : Sur l’accidentologie, c’est un sujet qui est compliqué à objectiver puisque les données ne sont pas extrêmement simples à obtenir. Et elles mélangent tous types de pratiques. Moi, ce que j’ai retenu dans les analyses qu’on a pu faire via des données de la sécurité routière par exemple, effectivement, le vélo est un mode de transport qui peut tuer mais en fait, ce n’est pas le vélo qui tue, c’est plutôt la voiture qui percute violemment le vélo qui provoque puisque du coup, comme tu l’as dit, mais rares sont les cyclistes qui se mettent dans un mur ou dans un platane et qui se tuent comme ça tout seul. C’est souvent à 80 %, voire un peu plus, des pratiques loisirs en zone rurale à la différence de ce qu’on pourrait imaginer, donc en fait, c’est plutôt le cycliste du dimanche qui va faire ses 50 km dans la forêt ou à côté qui va se prendre une voiture qui va un peu vite et qui, dans un virage, n’a pas anticipé et vice versa qui meurt. En ville, on avait avant Covid beaucoup de petites accidentologies qui étaient liées à des problématiques de civisme à la fois du conducteur de voiture ou du cycliste, les deux. Il faut voir que les trois raisons principales sont la portière qui s’ouvre. Quand une voiture est garée et qu’ils ne regardent pas trop s’il y a des cyclistes ou pas. Ça, c’est la raison numéro une. Deuxième, c’est le fait que le cycliste grille un feu rouge sans regarder, sans faire attention, donc qui ne respecte pas le code. Donc voilà, les cyclistes sont aussi responsables de leurs accidents pour certains et le cisaillement ou le passage d’une route en étant à droite, à gauche, en gros, faisant une queue de poisson ou en basculant. Et quand on regarde derrière ça, on voit que c’est beaucoup de pratiques de néo-cyclistes, qui prennent un vélo en libre-service après un apéro quand il fait beau parce que c’est chouette de se dire on va rentrer en vélo plutôt qu’un autre mode. Donc, il faut remettre dans le contexte les cyclistes historiques ou qui sont aguerris et équipés ont quasi jamais ou très peu d’accident. Et d’ailleurs, ce qui est marrant, c’est qu’ils n’ont quasiment jamais aussi de problème de vol de vélo. Et là, il y a des courbes qui le démontrent bien, des statistiques qui montrent bien que vous vous faites voler votre vélo et vous avez un accident dans la première ou les deux premières années de votre pratique. Après, vous divisez par cinq, dix, quinze, vingt le risque et quand vous avez plus de cinq ans ou dix ans de pratique, vous êtes un profil qui, a priori, a une probabilité de se faire voler son vélo et d’avoir un accident dangereux, mortel ou autre, qui est quasi infime. Ce qui n’est pas le cas du chauffeur en voiture ou ce qui n’est pas le cas de la personne qui fait de la moto ou du scooter, qui a une accidentologie qui reste comme assez élevée malgré les années qui peuvent passer. 

  

Ermanno : Est-ce que votre étude a analysé le pourquoi du comment ? C’est-à-dire est-ce qu’en vélo, on a cette tendance-là parce qu’on apprend de ses erreurs, c’est-à-dire on a un accident ou alors on se fait voler son vélo dans la première ou les deux premières années et puis du coup, on apprend à mettre un antivol ou alors on apprend à respecter le code de la route ou alors on apprend à faire attention aux voitures, aux camions, aux motos et aux autres vélos qui circulent sur le même axe que nous ou c’est plutôt une question aussi de pratique, un apprentissage induit par la pratique et pas forcément par les erreurs qu’on a pu commettre ? 

  

Timothée : Il y en aura les deux, je ne sais pas dire. En tout cas, ce que je sais, c’est que pour ceux qui ont témoigné sur ces sujets que j’ai pu rencontrer, les erreurs clairement ne sont pas les mêmes. Et donc quand on s’est fait quelques frayeurs ou quand on a eu quelques problèmes, typiquement j’achète un beau vélo, je me le fais voler et je m’aperçois que c’est de la petite délinquance pour beaucoup de vol et que c’est que j’ai mal sécurisé mon vélo, c’est erreur. Et sur l’accidentologie, je pense que c’est comme tout, le cerveau est bien fait, plus on fait les choses, plus on apprend et plus il est musclé sur ce sujet. Donc du coup, c’est comme n’importe quelle activité. Quand vous vous dites… Quand vous débutez et que vous apprenez à marcher, vous tombez et puis avec les années, vous ne tombez plus. Donc en fait, je pense qu’il y a un sujet qui est cognitif, plus on en fait, plus on est à l’aise, plus on est à l’aise, plus on peut surveiller, voire anticiper les risques, comme pour tout mode, comme pour la voiture, route, etc. La grosse différence, c’est qu’effectivement, un motard par exemple ou autre profil sera tellement dans une vitesse importante à des moments qu’on ne peut pas avoir en vélo qui fait que… Plus l’âge passe, plus ça devient difficile d’avoir un cerveau qui réagit à une vitesse élevée. Là où le vélo, en fait, on peut en faire à 70, 80 ans, la vitesse est telle que notre cerveau est encore compatible à bien anticiper tout ce qu’on a autour de nous. 

  

Ermanno : Alors du coup, tu parles de pratiquer le vélotaf encore à des âges avancés. Toi, tu te vois où dans 10 ans, dans 15 ans, dans 20 ans, eu égard à ta pratique du vélo ou des mobilités douces de manière générale ? 

  

Timothée : Je ne la vois pas. Évoluer plus que ça, en fait, je ne la vois pas évoluer. Elle est très bien aujourd’hui. Je suis très satisfait et en fait, je me dis que probablement, ça ne devrait pas changer. Et j’observais quand j’étais gamin, un de mes voisins qui avait, je pense, sur la fin, peut-être 80 ans et qui accrochait son vélo avec sa chaîne juste à côté et dans l’immeuble, c’était un grand immeuble, tout le monde se disait, mais c’est un peu le petit papy fou en vélo. Déjà, à l’époque, je me disais, mais moi, non, je trouve qu’en fait, il était bien et c’était chouette de le voir avec son petit vélo old school se mettre devant l’immeuble et c’était le seul. Donc, pour répondre, alors, ça sera plus que dans 20 ans parce que pour arriver à cet âge-là, il faut attendre plus de 20 ans. Mais je me vois bien, je me vois bien accrocher mon vélo avec ma petite chaîne en bas de chez moi dans 40 ans et aller chercher ma baguette en vélo. 

  

Ermanno : C’est le pire qu’on te souhaite en espérant qu’on aura encore la possibilité d’utiliser le vélo sur des belles routes. Et voire même que le vélo sera majoritaire pour revenir sur les échanges qu’on a eu avant. Alors, je te posais un petit peu des questions et effectivement, tu me donnais les arguments en faveur du vélo. Je pense que c’est des choses que vous mettez en avant justement avec Ekodev. Je voudrais revenir sur Ekodev. Déjà, d’où vient son nom ? D’où vient son histoire ? D’où vient la genèse de cette organisation ? Et puis, si tu peux en parler un petit peu, comment est-ce que vous allez de l’avant ? Comment est-ce que vous financez ? Quel est le business model Ekodev? 

  

Timothée : Alors, il y a deux histoires pour la création de la structure. Moi, je dis souvent que c’est un business model. C’est les embouteillages parisiens dans mon ancien métier qui m’ont permis de me dire que je n’aurais pas la capacité de cotiser 42 ans dans ces conditions. Et du coup, il fallait que je change. Donc, j’aime bien dire que les embouteillages m’ont sauvé. 

  

Ermanno : Oui, tu aurais pu partir, tu aurais pu t’installer en Papouasie ou en plein centre d’une campagne française ? 

  

Timothée : Oui, peut-être. Après, on ne se refait pas. Quand on a une sensibilité, une envie d’utiliser des neurones à bon escient, je me suis dit bon, je vais rester là. Je suis resté dans un métier que je connais qui est le conseil. Donc, c’est assez basique. Mais du coup, effectivement, ça a été de se dire comment je vais faire du conseil, mais différemment et sur des sujets qui me tiennent plus à cœur. En en discutant avec mes collègues de l’époque, deux étaient exactement dans la même dynamique. Et donc, du coup, on s’est dit tiens, si on est trois, on sera plus fort et on va justement travailler sur ces sujets. On était trois ingénieurs. Donc, le sujet phare de notre réflexion a été celui du climat et du carbone. Puisque du coup, c’est un sujet sur lequel on se disait qu’on avait les compétences techniques. Puisque c’est des données très physiques, très mathématiques au final. Donc, voilà, donc ça a commencé comme ça. Notre modèle économique, il est comme quasiment toutes les boîtes de conseil, c’est à dire qu’aujourd’hui, on vend des jours de personnes sur des expertises qui sont, on va dire, sous-traitées par des grands groupes ou des collectivités ou des territoires via des marchés ou via des sollicitations ou des mandats. Donc, voilà, on va travailler X jours pour amener à avancer un sujet. Donc, voilà, on va travailler X jours pour amener à avancer un sujet. Ça peut être faire un bilan carbone, ça peut être faire un plan de mobilité pour revenir à nos sujets de mobilité ou une étude sur les enjeux. Et puis, on vend des jours hommes de profil qui ont des compétences et qui suivent des méthodologies et font des rapports ou des analyses sur le sujet. L’autre élément de réponse, c’est de se dire quand on prend conscience de nos enjeux climat, ça nous paraît inconcevable de se dire je continue dans mon modèle business classique  Je continue à vouloir avoir une structure dont l’objectif est de faire une croissance infinie. Ça, ça paraît évident de le dire aujourd’hui. Il y a 12 ans, c’était peut-être un peu moins simple à argumenter. Mais donc, du coup, quand on prend conscience des enjeux, on se dit qu’il y a trois étapes. Première étape, c’est quand même le déni ou un peu la prise de conscience qui est difficile. Deuxième, on a une déprime assez forte de se dire mais pourquoi l’homme qui est aussi normalement sage et aussi intelligent est capable de s’auto-détruire. Et pour enrichir finalement ou au profit d’une minorité, parce que du coup, les enjeux climatiques, c’est aussi des enjeux d’inégalités assez notables. Donc ça, ça fait appel à ce qu’on a en nous, qui est juste normalement des valeurs d’équité, d’équilibre, on va dire, avec les relations qu’on peut avoir avec les autres personnes et de se dire est-ce que moi, petit occidental, je n’ai pas quand même une responsabilité dans un certain nombre de personnes qui n’ont pas la responsabilité. Donc ça, c’est un sujet après plus d’éthique, donc je ne demande pas à tout le monde d’adhérer à mon discours. Mais bon, voilà, je pense qu’on est tous, quand on est gamin, on est tous quand même en capacité d’avoir plus envie de faire du bien que de faire du mal, si je simplifie. Donc voilà, après, c’est souvent déformé par l’éducation et les accidents de vie et les sociétés, etc. Mais à la base, c’est quand même ça la réflexion. Et donc, du coup, on s’est dit au-delà de créer du conseil, créer de la valeur et créer de l’emploi sur des sujets. C’est un sujet qui nous tient à cœur. On a aussi dans le fonctionnement d’ Ekodev cette réflexion qui est de piloter notre structure avec une gouvernance, donc on est en gouvernance partagée avec un fonctionnement holarctique et un fonctionnement qui a pour objectif de permettre aux collaborateurs d’avoir quand même une liberté sur leur quotidien un peu plus forte que le management pyramidal classique. Ça ne veut pas dire qu’ils font ce qu’ils veulent, que c’est n’importe quoi, mais justement, ça veut dire qu’ils reprennent un peu le pouvoir sur leur quotidien et les opérations qu’ils gèrent au quotidien. Et on a un certain nombre de politiques RSE, donc on est dans les 5 ou 10 % des entreprises les plus avancées sur des s labels comme Bicorp ou dans les notations extra financières comme Ecova10. Donc voilà, on essaie de s’appliquer. Donc au-delà du côté modèle économique classique conseil, c’est quand même assez chouette de se dire qu’ Ekodev est un aspect de laboratoire de ce qui s’appelle aujourd’hui les nouvelles entreprises à impact ou sociales et solidaires. Je ne sais pas comment on peut s’appeler. Mais c’est un peu comme ça. Mais nous, notre volonté, c’est de dire et de simplifier la gestion d’une entreprise en disant qu’on peut créer de l’emploi à valeur ajoutée en ayant autre chose qu’une rentabilité accrue et une croissance infinie. Et du coup, on a redéfini notre raison d’être et je finirai là-dessus, c’est de réveiller ou éveiller les organisations pour stimuler l’engagement et provoquer le changement. Et aujourd’hui, on voit qu’on recrute des talents parce qu’il y a ce sens aussi qui est de dire à quoi on sert dans notre société. À quoi on sert dans notre quotidien ? Et je pense que la réponse qui est de dire c’est pour bien gagner sa vie, ce n’est pas nul, mais c’est loin d’être la motivation première de beaucoup de générations et de beaucoup de personnes. Donc, c’est un peu le challenge qu’on se fixe chez Ekodev, c’est de répondre un peu à ces questions. Sachant qu’on est dans, quand je dis laboratoire, c’est vraiment le cas, c’est-à-dire que ce n’est pas parfait. On teste, on itère, mais je dis souvent que la bourse et la finance existent depuis plus de 400 ans, ou 500 même, et il continue d’y avoir des cracks boursiers et des crises économiques et on remet moyennement en cause le modèle, donc on va laisser nos activités on va dire durer 300-400 ans j’espère, pour voir si dans 300-400 ans elles seront aussi imparfaites que les autres modèles. Je pense qu’on a clairement été un peu dupes à des moments au début de la création d’ Ekodev, on est passé par plusieurs phases, donc quand on est trop militant et trop exigeant, on devient radicaux. Ou radical. Et du coup, la conséquence que je vois aujourd’hui, et pourtant je suis assez militant, je vois que comme ça se radicalise beaucoup, on crée plutôt des murs que des ponts entre les différentes communautés. Nous, notre métier, notre volonté chez Ekodev, c’est de créer des ponts. Clairement, des fois, créer des ponts entre ce qu’on peut appeler des bons et des mauvais, ou le mal et le bien, ça peut être controversé. Après, définissons qu’est-ce que le greenwashing, définissons qu’est-ce que le bien et le mal, et mon raisonnement a été de se dire, s’il y a des bons, qui sont-ils, s’il y a des mauvais, qui sont-ils ? Et puis, je prends quand même une remarque, c’est que le propre de l’homme, c’est d’être capable de changer, et on est dans un pays où on a beau faire des erreurs, c’est pas pour autant qu’il faut qu’on nous coupe la tête ou les mains, enfin voilà. Donc, qui sont les mauvais, déjà, il faut les définir, et qu’est-ce qu’on en fait ? Donc, c’est clairement un discours qui peut paraître utopique, mais à un moment donné, je pense qu’il est plus réaliste, c’est comment on fait pour accompagner ces entreprises, pour leur permettre de changer. Alors, je ne suis pas dupe, je sais très bien que certains nombres d’entreprises ont des modèles d’affaires pas du tout compatibles accord de Paris, qu’ils ont une gouvernance qui est complètement chaotique et ou intéressée pour une minorité, et qui peuvent être d’ailleurs de mauvaise fois sur plein d’enjeux, de sociétés, et qui sont destructeurs. Donc, je ne vais pas le nier, et ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas le dire. Mais, je dis souvent, nous, on travaille avec des gens, en fait, et je ne travaille pas avec des entreprises, je travaille avec des personnes. Et que ça soit des… Des profils, je ne sais pas, dans le monde pharmaceutique, chimie, pétrochimique, énergie fossile ou autre, peu importe, bâtiment, enfin, voilà, tous les secteurs émettent du CO2, donc c’est compliqué de dire, on va choisir que les bons, et au début, on faisait ça, mais en fait, on s’apercevait qu’on restait entre nous. 

  

Ermanno : Je veux dire que même le fabricant de vélo, il émet du CO2 aussi pour fabriquer un vélo, donc… 

  

Timothée : Exactement. Donc, après, notre métier, c’est de prioriser les impacts et les améliorations qu’on peut avoir, enfin, en gros, flécher pour savoir où est-ce qu’on peut avoir le plus d’impact et être le plus utile. Et moi, je préfère convaincre des gens qui vont m’envoyer des tomates au début et peut-être faire germer une petite graine dans leur tête, que d’être entouré de gens qui sont soi-disant, comme moi, militants, engagés et motivés. Donc, moi, j’adore aller dans des institutions, j’étais hier encore en train d’intervenir auprès d’un syndicat de cadres du monde de l’aéronautique, où on m’a dit, attention, il ne faut pas dire que l’avion pollue. J’ai dit, je ne vais pas vous dire que ça pollue ou que ça ne pollue pas, je vais vous dire ce que je pense être la réalité physique. Et scientifique sur le sujet, je ne suis pas là pour juger. Et donc, pour répondre à la question du greenwashing, la réponse est simple, on travaille avec des gens qui ont une éthique, pour la plupart, une volonté de bien faire, qui peuvent appartenir à des groupes qui peuvent être considérés comme des groupes de méchants, mais si le projet, je sens une sincérité, le projet nous intéresse et il peut être utile, on y va. Après, clairement, le risque, c’est d’avoir un petit budget sur un petit projet dans un grand groupe et que la communication derrière soit surdimensionnée, donc génial, on a fait ci, ça, ça, c’est génial. Et on a sauvé X sujets et on sait que c’est complètement risible. Donc, en fait, mais ça, c’est leur problème et c’est leur éthique. Je demande à ce que quand il y a des communications externes, dans la mesure du possible, qu’on puisse les valider. Et donc, il y a des projets sur lesquels on fournit des services, sur lesquels on dit par contre, nous, on pense que ce qu’on a fait est bien, mais c’est un périmètre qui est très limité. Donc, n’associez pas une image externe d’Ekodev de nos enjeux avec votre sujet parce qu’on pense que c’est mentir aux gens ou être dans le greenwashing. Et ça, c’est très subjectif. Et pour finir, je ne connais aucun ou quasiment aucun interlocuteur, il y en a là, mais c’est exceptionnel, qui gère ces sujets de développement durable, de les rester dans les boîtes, qui ne sont pas militants, qui ne sont pas engagés, qui n’ont pas envie de bien faire. Donc après, ils sont contre un oui, mais des fois, ils font du greenwashing sans s’en rendre compte eux-mêmes. Et c’est souvent de la méconnaissance et de la maladroitesse que de la manipulation et la théorie du complot qui dit, ils sont tellement intelligents qu’ils manipulent tout le monde. Voilà, je rencontre des dirigeants de grosses boîtes qui ont conscience que leurs boîtes sont plus compatibles climatiquement parlant, mais ça fait 50, 100 ans et des fois, ils n’y peuvent rien. Ils essaient de faire ce qu’ils peuvent et du coup, soit on tend une main, soit on ne leur tend pas. Et bon, ça peut paraître débile et utopique de dire ça, mais nous, on fait ce qu’on peut à notre échelle. 

  

Ermanno : Et puis, pour compléter, moi, je dirais que je crois beaucoup à la théorie du colibri. C’est-à-dire que c’est OK, peut-être qu’il y en a qui veulent se racheter une conscience justement, donc peut-être étiqueter greenwashing. Mais en même temps, au moins. Ils le font. Et puis, un petit peu plus, un petit peu plus, un petit peu, au final, ça finit par faire beaucoup. Et comme tu l’as dit, ça peut planter une petite graine chez quelqu’un qui finalement va avoir une grosse prise de conscience et qui va se lancer dans autre chose. 

  

Timothée : Tant mieux s’il veut se racheter une bonne conscience. En gros, on n’est pas parfait et on est dans une éducation, une société qui fait que de toute manière, on est très prédateur de notre environnement et de notre biodiversité. Je dis souvent 97% des gens qui habitent la planète sur un modèle occidental prédateur. 3% sont des peuples premiers qui vivent dans des conditions. On va dire. Assez traditionnelles, donc ils sont pour le coup, eux, complètement pour la plupart en harmonie avec la nature ou peu impactant. Donc, il y a une prédominance du monde occidental sur notre planète. Par contre, je ne suis pas sûr que les 97% des personnes qui habitent dans le monde occidental ont intrinsèquement cette envie et cette volonté d’être conquistador et d’écraser tout le monde ou d’être plus fort que les autres. Je pense que l’être humain n’est pas que ça et du coup, tant mieux qu’on se rachète des consciences, tant mieux qu’on veuille évoluer et qu’on se dise qu’on a fait des erreurs. Moi, le premier, je faisais 50 000 kilomètres à l’année en voiture avec une voiture de fonction, une carte essence et j’allais chez des amis pétroliers. Puis, le jour où j’ai pris conscience, je me suis dit je vais changer et voilà où j’en suis 12 ans après. Mais il ne faut pas se voiler la face. Ce n’est pas à l’école qu’on m’a appris à prendre conscience de ces choses-là. C’est l’éducation, c’est l’actualité, on va dire politique à l’époque, médiatique, c’est tout un chacun. Donc, voilà. Donc, moi, je suis rarement dans le côté accusateur. Bon, si ce n’est qu’on sait aujourd’hui qu’il y a quand même une minorité de personnes qui, peut-être, sont dans cet égo surdimensionné et cette envie d’être, de montrer qui sont les meilleurs. Et là, je pense qu’il faut décrier, il faut le dire, il faut mettre des chiffres et des données tangibles parce que, comme dans toute société, tout le monde n’est pas parfait et il faut le dire. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’il y a 12 ans, quand on a commencé, ce discours était extrêmement militant et marginalisé et la plupart des dirigeants ne voulaient pas l’entendre. Et aujourd’hui, la bonne nouvelle, c’est que moi, plus  j’interviens auprès de Codier ou de séminaires divers et variés et plus je suis militant, voire radical, plus on me demande d’intervenir encore plus. D’en faire plus. Donc, c’est quand même chouette. C’est comme le vélo. Venir en vélo, avant, c’était un peu has-been, vous êtes fous pourquoi, comment. Maintenant, on me demande quelle est la marque de mon vélo, pourquoi, comment et on me demande des conseils sur comment réparer le vélo pour ce quotidien. Donc, ça, c’est quand même une bonne nouvelle. 

  

Ermanno : C’est clair. Justement, pour revenir au vélo, puisque tu y abordes. Est-ce que Ekodev agit particulièrement pour faciliter l’utilisation du vélo ? Est-ce que peut-être dans les conseils que vous distribuez à vos sociétés, enfin vos clients, vous mettez en avant l’utilisation du vélo ou des mobilités douces au sens large ? Quelles sont les actions au quotidien et puis peut-être en interne à Ekodev? Est-ce que toi, le patron, tu vas voir tes salariés et tu leur dis, je ne sais pas, je contribue à l’achat de votre vélo ou je vous incite à ceci ou cela ou j’installe des douches au bureau pour que si vous n’avez pas un vélo électrique et que les premières fois, vous suez un petit peu, vous puissiez vous laver. Enfin, quelles sont les actions que Ekodev mène au quotidien pour favoriser le vélo-teuf ? 

  

Timothée : Pour nos clients projets, on est dans un cadre souvent où on accompagne en termes de conseils sur une notion de plan de mobilité. Donc en gros, c’est simple en termes d’approche, c’est comprendre comment on peut aller sur un site avec des données quantitatives et qualitatives. On fait des études sur quelles sont les géolocalisations, les habitations des collaborateurs, les distances. On les questionne aussi pour comprendre leurs contraintes, leurs freins, leurs attentes. Enfin bref, une fois qu’on a plein de données, on les croise et on commence à définir des priorités et des objectifs. Et c’est ce qui permet de dire si oui ou non, le sujet du vélo est un sujet qu’il faut intensifier auprès d’une entreprise ou d’un établissement public, peu importe, en tant qu’employeur. Et là, il y a plein de façons de le faire avec vélo de fonction, vélo de service, acquisitions, vélo en libre-service par les collectivités, les incitations financières, infrastructures, etc. Donc c’est ça qu’on essaie de structurer quand il y a un potentiel. Le potentiel, il est notable et dans beaucoup de cas. Je prends un exemple sur la région Île-de-France, sur les 10 dernières missions qui concernent plus  de 4500 salariés, on a quand même à peu près 26 ou 27% des gens qui font moins de 5 km en voiture pour aller au travail. Sachant que la région parisienne est clairement l’endroit où la voiture est le moins utilisée de manière générale, parce que beaucoup d’embouteillages, parce qu’il y a des transports en commun, parce qu’il y a des infrastructures et des services, vélo partagé, auto-partage, je passe les trottinettes et les transports en commun. Donc on a quand même des potentiels qui, même dans le pire des cas, sont non négligeables. Parce qu’au moins de 5 km en voiture seule, il faut le justifier quand même. Ça, c’est notre métier. Et donc là, on éduque et on a monté un écosystème qu’on a appelé Écosystème Mobilité où on éduque autant que possible, on forme, on fait des webinaires, on fait des données assez structurées pour accompagner les employeurs à mieux l’intégrer. Donc avant Covid, on avait un peu de mal sur le vélo, aujourd’hui, c’est beaucoup plus à la mode. Donc ça, c’est un sujet, mais on le disait avant Covid, on le disait, mais on le met de côté ce sujet. Maintenant, il est toujours là. Après, en tant qu’employeur pour nos collaborateurs, on a mis en place le forfait mobilité durable avec des montants beaucoup plus ambitieux que le contexte légal. On propose effectivement à ceux qui le souhaitent de financer l’usage du vélo, éventuellement financer une partie de l’acquisition ou une totalité. J’essaie d’être exemplaire et de pousser mes collaborateurs à faire du vélo autant que possible. On a la chance d’avoir dans l’immeuble une douche ou plusieurs, on a mis des casiers pour permettre à chacun d’avoir, de mettre son équipement si besoin. On est une quarantaine et on a des chouettes bureaux, donc nous, on n’est pas très contraignant sur le sujet et c’est plutôt l’inverse. Je dis souvent, de toute manière, ça ne s’impose pas ce genre de pratique. Ça s’accompagne. Et du coup, c’est vrai qu’on voit que c’est la théorie des petits pas. On a beau mettre en face plein de solutions et plein de réponses et plein d’accompagnements, ça bascule doucement, mais sûrement. Et il faut juste accepter que les changements de comportement s’accompagnent et que ça met un peu de temps et que chez certains, ça met 24 heures et chez d’autres, ça mettra trois ans. 

  

Ermanno : C’est souvent du travail au long terme. Allez, pour terminer, on va revenir sur toi et véritablement sur le Vélotaf. J’avais plusieurs petites questions et la première, c’est quel est ton meilleur souvenir de Vélotaf? 

  

Timothée : Le meilleur, franchement, je vais sécher. Je ne pourrais pas dire que j’ai le meilleur, mais par contre, j’ai deux tendances dans cette réponse. Le fait d’aller au travail en traversant une ville comme Paris avec un esthétisme et des moments où il peut y avoir un rayon du soleil comme ce matin, puisque du coup, en ce moment, le soleil se lève tard quand on va au travail, soit le soleil est déjà encore couché, soit il se lève. Donc, ce matin et comme quasiment tous les matins, de voir le soleil qui se lève, qui traverse certains monuments de Paris, c’est quand même en termes d’esthétisme et je me dis tous les jours, même 12 ans après, que je suis extrêmement privilégié de pouvoir voir la tour Eiffel se réveiller avec les rayons du soleil derrière ou d’autres monuments. Enfin, c’est quand même un… Et ça, c’est constant. Et un autre point que je mettrais en avant. C’est quand on a fait une super journée, qu’on a pu passer un bon moment avec des collègues, éventuellement faire un apéro de manière très raisonnable ou un bon repas, etc. Et qu’on rentre en se disant qu’on est complètement libre de passer par où on veut, qu’on n’est pas contraint par attendre quelque chose et qu’on n’est pas dépendant. Et donc, c’est cette sensation de liberté de rentrer le soir en se disant je vais retrouver ma famille et je le fais de la manière que je veux. Et voilà. Il y a cette sensation de liberté quand même qui est vachement, vachement agréable. 

  

Ermanno : La liberté, c’est quand même le point qui revient souvent avec mes invités. Donc, je pense qu’il va falloir l’intégrer à un moment dans la dénomination du podcast. Alors, on a parlé des outils que tu utilises en termes de vélo. Tu nous as dit un vélo musculaire fixie, mais que tu utilises plus rarement que le vélo à assistance électrique. Est-ce que tu as d’autres outils, d’autres bons conseils en termes d’application, en termes du petit outil qui va te filer un coup de main ? J’avais un invité la dernière fois qui, lui, m’a montré carrément le code du cycliste. Donc, un peu comme le code de la route, mais pour le coup, c’est le code du cycliste. Donc, est-ce qu’il y a des petites choses que tu conseilles, que tu préconises pour soit quelqu’un qui va se mettre au vélo taf, soit quelqu’un qui est déjà installé dans cette utilisation du vélo ? 

  

Timothée : Il y en a deux conseils quand même notables, c’est de bien s’équiper à la fois sur des sujets de sécurité liés par exemple au vol et avoir dans son sac ou de côté de quoi s’équiper. Pour la pluie, puisque même si c’est aller quelques fois dans l’année, c’est sûr que quand on est complètement mouillé, c’est moins sympa. Et donc, avant d’être bien équipé, j’avais toujours ma paire de chaussettes en cas de pluie en plus pour ne pas avoir les pieds mouillés ou j’avais un petit tee-shirt en change. Et en fait, je l’ai remplacé par des choses qui permettent de, voilà, comme des kawaii qui permettent de ne pas être mouillé en haut et en bas et franchement, ça change la vie. Donc, les deux conseils, c’est de ne pas avoir peur de sécuriser son vélo avec 2, 3 cadenas et pas les plus low cost parce que ça freine 98% des voleurs ou 99%. Après, il y a toujours ceux qui sont très bien armés et qui vont toujours arriver à cambrioler, voler une voiture ou voler un vélo et bon, voilà, c’est la vie d’accepter ce risque. Et puis, d’être équipé en conséquence pour éviter effectivement le froid, la pluie. Ce n’est vraiment pas compliqué. Ça change la vie. Je pense que tous les cyclistes le diront. Être équipé, c’est prioritaire. Et puis, peut-être en dernière remarque. Oui. Je pense que cette sensation de liberté, il ne faut pas la confondre avec l’impunité de faire ce qu’on veut quand on veut et de ne pas respecter les autres. Je pense que c’est un point qui, avec l’âge et la pratique, je pense qu’on peut et on le voit aujourd’hui, on a le droit de passer certains feux, on a le droit de passer prioritaire à des endroits ou autres, mais il faut toujours être conscient qu’on n’est pas tout seul et regarder les autres. Et c’est vrai que c’est peut-être le point sur lequel aujourd’hui, il faudrait avoir le plus d’aide. C’est qu’il y a beaucoup de néo-cyclistes. Oui. Et tant mieux. Mais on voit des pratiques qui, effectivement, vont à l’encontre de l’intensification de la pratique avec un manque de respect, mais c’est du civisme, en fait, et on a la même chose dans les transports en commun ou en voiture, donc ce n’est pas lié au vélo. 

  

Ermanno : Pour terminer sur les questions, si tu devais passer le micro à quelqu’un que tu aimerais entendre s’exprimer sur ce podcast, à qui est-ce que tu pourrais penser ? 

  

Timothée : J’en ai plein, en fait. 

  

Ermanno : Moi, je prendrais la liste par mail, alors. 

  

Timothée : Non, mais j’en ai plein, il y a Olivier Stern, ce Hollandais qui fait quand même beaucoup parler du sujet en France, qui écrit des bouquins et qui fait bouger certaines lignes parce qu’il y a une autre culture sur le sujet. On peut prendre Olivier Razement qui, du coup, quand même, est journaliste depuis quelques années sur le monde et qui, quand même, met en avant ses sujets de pratique et le fait très bien. D’ailleurs, c’est beaucoup d’olives. Et d’ailleurs, Olivier Schneider, président de la FUB, qui, quand même, a fait bouger les lignes au niveau du contexte réglementaire légal. Vous avez des gens comme Charles Toretz qui a monté Cycler et qui a une structure qui accompagne et qui est un passionné de vélo. Et qui a les yeux qui lèvent. Il brille quand il en parle. Voilà, on a aussi un certain nombre d’universitaires ou chercheurs. On peut prendre Aurélien Bigot qui est à l’ADEME et qui est chercheur qui a fait une thèse sur les transports, qui en parle aussi très, très bien. Puis, il y a aussi beaucoup de femmes sur la dynamique. Il y a Virginie Bouteille, par exemple, qui fait de la recherche sur le sujet de mobilité et qui en parle très bien. Voilà, je pourrais envoyer une liste assez longue puisque maintenant, on a la chance quand même d’avoir un sujet à la mode. Et donc, qui veut dire à la mode ? Ça veut dire que ça fait sortir un peu du bois certains qui… étaient historiquement sur le sujet ou qui s’y mettent. Voilà, donc c’est bien. 

  

Ermanno : Ouais, bah écoute, je prendrais la liste et éventuellement quelques mises en relation par après et notamment des voies féminines qui est une chose dont on manque cruellement sur ce podcast. À l’heure actuelle, on n’en a pas encore reçu. 

  

Timothée : Et là-dessus, la plus pragmatique que j’ai rencontrée ces dernières années, c’est Élodie Trochesec qui est à l’ADEME et qui est en charge des mobilités actives et donc le vélo. Qui est quelqu’un qui a beaucoup travaillé pour l’ALOM aussi et qui fait des travaux qui sont intéressants à l’ADEME. Parce qu’elle est en charge de ses sujets. Elle est très compétente. Je pourrais te mettre en relation. 

  

Ermanno : Ce sera avec plaisir. Et puis, pour finir, si on veut en savoir plus sur toi, si on veut échanger avec toi ou sur Ekodev, si on a besoin justement d’être conseillé sur cette transition ou sur sa politique RSE, où est-ce qu’on peut rentrer en contact ? Où est-ce qu’on peut vous retrouver ? 

  

Timothée : Eh bien, il suffit d’aller sur le site d’ Ekodev. Sur LinkedIn, c’est le seul réseau social sur lequel j’ai un compte. On fait régulièrement des événements au bureau aussi qui sont complètement open bar. On accepte tout le monde. Donc, il faut suivre les événements d’Ekodev. Et venir nous voir et suivre nos travaux, ce sera avec plaisir que je partagerai chaque un de vos questions. 

  

Ermanno : Bon, écoute, un de ces quatre, quand je serai sur Paris, je viendrai balader mon micro et j’espère que ça tombera sur un jour avec un événement comme ça. On aura l’occasion de se croiser en chair et en os. Avec grand plaisir. Timothée, merci beaucoup d’avoir répondu à nos questions. Je te souhaite une bonne continuation. Et puis, chères auditrices, chers auditeurs, on ne le répétera jamais assez. Si vous avez apprécié cet épisode ou si vous appréciez le podcast, n’hésitez pas à aller sur Apple Podcast, à laisser un petit commentaire, une note si possible, 5 étoiles. Ça nous permet de nous améliorer et puis surtout d’être connus et reconnus. Et tu l’as dit, Timothée, c’est un sujet qui devient entre guillemets de plus en plus à la mode, mais qu’il est nécessaire de prendre à bras le corps. Donc, parler du podcast Vélotaf à toutes et à tous, ça nous fera plaisir. Voilà, merci beaucoup et puis à très bientôt pour un nouvel épisode. 

  

Timothée : Merci, au revoir. 

co-fondateur du podcast et co-auteur du livre DEVENIR TRIATHLÈTE
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Podcasts, SwimRun, UltraRunner et Papa x 4 enfants je cours après le temps, mes passions et mes petits amours.