« Le vélotaf c’est une approche que les gens s’approprient de plus en plus, plus que des Hipsters ! » – Alexis Zerbib

Avec mon invité, nous sommes revenus cette semaine sur ce qui l’a amené à proposer la solution Cyclofix.

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Ce podcast animé parErmanno DI MICELIest proposé par l’ONGTwoWheelTuesday(@2wteu), et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique duVélotaf.

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Full Transcript 

Ermanno : Bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour un nouvel épisode du podcast Vélotaff. Aujourd’hui, j’ai la chance d’accueillir encore un nouvel invité, à savoir Alexis Zerbib de la société Cyclofix. Salut Alexis.  

Alexis : Salut Ermanno. 

Ermanno : Alexis, enchanté de faire ta connaissance via le biais de ce podcast. En général, je consacre quelques minutes à mes invités pour déjà leur donner la parole, pour se présenter assez rapidement. Donc Alexis, dis-nous tout. Quel âge as-tu ? Que fais-tu dans la vie, en dehors de Cyclofix ? Et puis après, on passera aux questions un petit peu relatives au vélotaff ou aux mobilités douces de manière plus générale. 

  

Alexis : Avec plaisir. Alors, je m’appelle Alexis. Je suis effectivement fondateur de Cyclofix dans la vie pro, dans la vie perso. Je suis un jeune papa. J’ai deux enfants en bas âge. Je vis à Lyon. Je fais, alors pour le coup, pas mal de vélotaff. Donc le vélo est vraiment mon moyen de déplacement principal. J’en ai plusieurs en fonction de mes besoins. Et voilà, je suis assez impliqué sur mon environnement direct. Voilà, les choses qui me font plaisir, c’est rouler à vélo, profiter des quais de Saône juste à côté de chez mois  et des quais du Rhône. Aller à des bonnes tables, maintenant que c’est de nouveau possible, à Lyon, et on en a pas mal, ou quand je suis à Paris. Mais voilà, une approche assez simple. Et puis, et puis pas mal de sports en plein air aussi autour de chez moi. Je fais un peu de trail, de trail course à pied, et puis du vélo. 

  

Ermanno : Bon alors écoute, je ne sais pas si tu es pratiquant de trail, si tu connais l’excellent podcast qui s’appelle le LTP, le Let’s Trail Podcast de Nico. Hier soir, il organisait une petite visioconférence pour ses soutiens sur Patreon. Et on faisait un peu des tours de table virtuels. Et il y avait beaucoup de gens qui disaient qu’ils avaient commencé le trail en arrivant à Lyon. Ce n’était pas forcément des natifs de Lyon, mais soit en y arrivant pour les études, soit pour le boulot. Donc, on s’est dit que Lyon était une terre de trail. Est-ce que tu confirmes que Lyon est effectivement une terre de trail ? 

  

Alexis : Alors, pour moi, je suis un peu le contre-exemple du coup, parce que je faisais surtout du trail quand j’habitais en région parisienne. Je vivais près des bords de Marne, et j’allais pas mal courir par là-bas, et dans les bases de loisirs ou forêts qui sont à côté. Et à Lyon, je cours plutôt à côté de chez moi. Et sinon, je vais m’échapper plutôt dans le Beaujolais, ou tu vois, voilà, quand je suis à la campagne. Pour profiter de la verdure. Donc, je n’ai pas encore bien bien expérimenté les spots de trail lyonnais. 

  

Ermanno : Attends, quand on va dans le Beaujolais, en général, ce n’est pas pour courir, non ? C’est pour faire autre chose ? Bon, ce n’est pas le sujet du podcast d’aujourd’hui. Oui, oui, je dis des bêtises. Alexis, tu disais donc que tu pratiques beaucoup de vélotaf. Alors, attends, tu nous as dit aussi que tu étais entrepreneur. C’est toi qui as monté Cyclofix. Au début, quand on est entrepreneur, ça se passe dans sa chambre ou dans son bureau. Donc, le vélotaf, il est assez rapide, non ? 

  

Alexis : Oui, alors, par la nature de l’activité de Cyclofix, j’ai quand même pédalé pas mal dès le départ. Mais oui, pour te donner un exemple, les premières pièces détachées de vélo qui ont servi à réparer au tout début de Cyclofix, je les stockais dans ma commode dans ma chambre chez mes parents. Donc, tu vois, alors que maintenant, on a des lieux de stockage. Donc là, pour le coup, j’avais un accès direct aux pièces détachées. Par contre, je roulais pas mal et c’était d’ailleurs un des challenges que j’ai trouvé assez sympa. Qui allait avec l’aventure Cyclofix. Tu vois, quand je faisais les premières réparations, donc c’était à Paris et Première Couronne. Et comme j’étais seul réparateur de Cyclofix à ce moment-là, je parcourais entre 60 et 80 km par jour à vélo. Donc, ça m’a quand même fait bouger dès le départ. 

  

Ermanno : Bon, on reviendra tout à l’heure sur Cyclofix. Moi, je voudrais qu’on reste un petit peu sur toi d’abord. Tu vas nous raconter un petit peu l’histoire de Cyclofix et puis la genèse. Et enfin, où est-ce que vous en êtes actuellement ? Mais revenons à toi. Donc, trailer occasionnel, mais vélo taffeur régulier. Quand tu dis régulier, c’est-à-dire que tu prends le vélo tout le temps, tous les jours, dès qu’il faut sortir. Ou c’est plutôt du vélotaf qui dépend un petit peu de la météo ou des distances à parcourir. Parce que si tu dois faire un déplacement de 15, 20 bornes, ça passe. Si tu dois faire un 100 bornes, c’est peut-être un peu plus compliqué, non ? 

  

Alexis : Alors, c’est vraiment du vélotaffeur de tous les jours. Donc, j’ai une voiture. Mais que je n’utilise que qu’une voiture. Pour faire des distances en sortant de la ville et quand je pars avec, tu vois, femme et enfant à la campagne ou en vacances. Mais sinon, quelle que soit la distance à parcourir en zone urbaine, je suis tout le temps à vélo. Donc, concrètement, je le prends tous les jours. J’ai un vélo pliant, j’ai un Brompton pour mes trajets quand je suis tout seul. Et notamment quand je suis au bureau à Paris. J’ai un cargo, un omnium cargo. Sur lequel j’ai les deux sièges enfants pour faire tous mes trajets avec mes enfants quand je suis en ville. Et concrètement, pour tous mes trajets urbains, la voiture, elle reste au garage. Et je suis tout le temps à vélo. 

  

Ermanno : Quelles que soient les conditions météo ? Bon, après, à Lyon, c’est un peu mieux loti que Paris, normalement, non ? 

  

Alexis : Oui, mais quelle que soit la météo, que ce soit à Lyon ou à Paris. Je suis beaucoup à Paris, j’y suis toutes les semaines. Donc, quelle que soit la météo, quelle que soit la saison, en hiver, même quand il neige, c’est tout le temps à vélo. Quand j’ai des choses à transporter. C’est pour ça que j’ai fait le choix du vélo cargo et de ce type de cargo qui est assez spécifique. C’est que je fais toutes mes courses à vélo et je commence à avoir un frigo bien rempli. Et voilà, quand j’ai des achats, même des meubles. Enfin, à part quand c’est un frigo, mais même quand c’est les meubles pour le salon, la plupart du temps, j’arrive à les faire passer sur le cargo. 

  

Ermanno : Ah ouais, donc effectivement, tu es un aficionado, pas uniquement du vélotaf, mais du déplacement en cyclisme urbain. 

  

Alexis : Ouais, j’ai vraiment évolué vers ce mode de déplacement. Et j‘ai réussi à en faire vraiment un moyen de déplacement principal de tous les jours pour ma vie en tant qu’urbain. Et ça correspond vraiment à cette évolution vers laquelle je voulais tendre. Donc, je suis très content d’avoir réussi à le faire. 

  

Ermanno : Alors attends, là, c’est LA question du podcast. Pourquoi as-tu transitionné, as-tu évolué vers ce mode de vie ? 

  

Alexis : Écoute, super intéressant à titre personnel et aussi à titre pro parce que c’est un des sens portés par Cyclofix. C’est la philosophie de Cyclofix. Mais moi, tu vois, vraiment pour remonter, avant, je me déplaçais, donc il y a quelques années de ça, je me déplaçais qu’à moto en ville et périurbain. Et puis ensuite, j’ai évolué vers le vélo uniquement pour les trajets domicile-travail. Et puis voilà. Et puis par contre, quand j’avais malgré tout des petites distances à faire, des affaires à transporter, ça m’arrivait de prendre la voiture, etc. Et en fait, au fur et à mesure, je me suis dit, mais vraiment, la voiture, c’est… Le classique, quoi. C’est-à-dire que déjà, il faut la garer, ça pollue, à moins qu’elle soit pleine et que finalement, tu aies vraiment besoin de faire asseoir 5 personnes dans la voiture ou 4 personnes. En fait, ce n’est vraiment pas le moyen de transport le plus fun et qui a le plus de sens en ville, loin de là. Du coup, l’idée, ce n’était absolument pas de taper sur la voiture, mais plutôt de dire, en fait, je l’utilise vraiment que quand j’en ai besoin et je trouve que ça a du sens. Et puis dans tous les autres cas où je peux faire autrement et avec plus de sens et puis par ailleurs plus de fun parce que le vélo, c’est quand même vachement plus fun, eh bien, je trouve cette solution. Et donc, c’est ce que j’ai fait avec le vélo cargo, avec le transport des enfants et autres. Je me suis dit, ben voilà, en ville, tu as quand même une question de qualité d’air, tu as une question de temps de déplacement, de fun au quotidien parce que malgré tout, se déplacer à vélo, ça égaye un peu la journée. C’est assez sympa et même quand il pleut, je trouve. Donc voilà. C’est apporter ce sens-là. Et par contre, vraiment transitionner. Je me suis vraiment inscrit là-dedans. Je fais partie de tous ces gens-là qui avaient des habitudes différentes, qui au fur et à mesure cherchent à transitionner. Et à titre personnel, en tout cas, pour y arriver, j’ai vraiment dû y aller étape par étape. Ce n’était pas un changement radical du jour au lendemain, mais c’est un changement qui s’est opéré sur quelques mois malgré tout, mais qui, par contre, maintenant, est stable. 

  

Ermanno : Bon alors, on peut dire malgré, on se voit en visio, malgré le manque de barbe que tu peux arborer. On parle un peu entre hipsters, quoi. 

  

Alexis : Ouais, je pense que c’est une… En fait, moi, c’est ça que j’aime bien. C’est que finalement, c’est une approche que les gens s’approprient au fur et à mesure. Et au départ, c’était quand même assez identitaire. C’était effectivement des moods que tu retrouvais chez vraiment certains profils. Tu cites les profils hipsters, mais tu vois, tu as… Voilà. Chez Cyclo, par exemple, j’ai fait la connaissance de coursiers pros, mais tu vois, les purs et durs, quoi. Les gars qui bossaient dans des boîtes de coursiers locales, qui faisaient vraiment beaucoup, beaucoup de bornes et tout ça. Ce n’était pas du tout mon univers. Ce n’était pas mon profil. Ce n’était pas moi. Voilà. Et en fait, et c’est aussi… On en reparlera avec Cyclofix. Mais moi, j’aime bien aborder les choses sans clivage et plutôt en… Pas avec le « il faut parce que », mais en fait, en quoi est-ce que ça a plus de sens et c’est plus logique pour ton quotidien. Et à partir du moment où le sens, on se l’approprie… Tu vois, je fais pareil pour la bouffe, pour la nourriture. Maintenant, je fais mes courses en local. Je vais acheter à côté de chez moi. Je regarde les produits le plus locaux possible, etc. Mais je trouve qu’en fait, Ça ça marche que si tu trouves du sens et que du coup, tu as envie de le faire et que tu prends du plaisir. Si ce n’est pas le cas et que tu le fais parce qu’on te dit de le faire, en tout cas chez moi, ça ne marche pas bien. Je n’arrive pas à le tenir dans le temps. 

  

Ermanno : C’est génial ce que tu dis. En plus, ça résonne beaucoup en moi par rapport à un podcast que j’ai écouté récemment qui s’appelle « Système 2 » et qui aborde le sujet dans l’épisode en question du nudge. Et c’est un peu le sens même du nudging en fait. C’est de trouver le sens, de faire trouver le sens pour nous faire faire quelque chose qu’on a envie de faire et éviter de se laisser emporter par une motivation un peu malsaine, pour ainsi dire. J’espère que j’ai bien transcrit. Tu disais que cette transition chez toi pour te mettre à faire tout ce que tu peux faire en vélo avec ce moyen de transport et plus avec la voiture, ça s’était passé par étapes. Ça m’a pris un peu de temps. Tu peux revenir avec nous sur justement ces étapes et pourquoi ça t’a pris un peu de temps ? Pourquoi est-ce que finalement, du jour au lendemain, tu ne peux pas dire « je laisse la voiture au garage » ou même « tiens, la voiture, il y a un problème, je n’ai pas le temps, je n’ai pas envie d’aller la faire réparer, je prends le vélo et puis ça devient un nouveau mode de vie ». 

  

Alexis : Pour moi, ça a été déclenché par un premier événement qui a été la suspension de mon permis moto quand je vivais en région parisienne. 

  

Ermanno : C’est un peu l’événement dont je parlais tout à l’heure. Je parlais de la voiture cassée, mais pour le coup, c’était le permis qu’elle sautait. 

  

Alexis : Ça a été l’événement déclencheur pour un truc bête. Je n’ai pas fait le fou furieux, mais voilà, un truc bête. Petit excès de vitesse juste parce que dans le flot de la circulation et puis voilà, pas suffisamment d’attention. Et voilà, je me suis fait prendre. 

  

Ermanno : 12 points d’un coup ou c’était plusieurs petits excès de vitesse ? 

  

Alexis : Je crois que j’ai eu le minimum. Peut-être que c’était quelques points, mais non, ce n’était pas le gros truc. C’était juste pour me dégager d’une situation. Voilà, je me faisais un peu enfermer à moto et comme j’avais un engin assez puissant, je me suis juste dégagé. Et puis, tu te retrouves très, très vite, bien au-delà des 50 km heure. Et donc, à ce moment-là, en fait, j’utilisais vraiment mon vélo super occasionnellement dans le cadre du vélotaf. Or, usage loisirs sportifs, vraiment occasionnellement quand il faisait beau en fonction de la distance, etc. Donc, c’était vraiment le moyen de déplacement, le troisième moyen de déplacement. Quoi ? Et donc là, par contre, j’avais quand même une petite aversion pour les transports en commun. Je ne les prends que quand je n’ai pas le choix et que c’est vraiment plus pratique. Mais sinon, je me suis dit qu’il faut quand même que je trouve le moyen de ne pas me retrouver dans les transports pendant deux mois parce que ça ne va pas me plaire du tout. Et donc, assez naturellement, j’ai pris mon vélo et j’ai fait à l’époque, je crois que j’avais, je crois, 6 ou 8 km par trajet à faire. Et en fait, j’ai trouvé ça super chouette. J’ai pris beaucoup de plaisir, plus de plaisir qu’à moto. Parce que je commençais à pâtir un peu. J’avais des mauvaises conditions de circulation en zone urbaine à moto. C’était dangereux. Je prenais le périph’ etc. Et aussi passionné que j’étais à l’époque, vraiment, ce n’était plus trop un plaisir. Donc là, le vélo, du coup, ça a été une belle découverte parce que j’étais un peu contraint dans la mesure où je ne voulais pas prendre les transports en commun d’adopter le vélo pour mes trajets quotidiens. Et j’y ai pris beaucoup de plaisir. J’ai vu que j’étais encore plus libre qu’à moto finalement. Tu vois ? Donc, beaucoup de motards te disent que ce qui me plaît, c’est la liberté, etc. Mais en fait, le vélo, je trouve que ça offre une liberté encore plus importante. Parce que tu n’as pas d’équipement lourd sur toi, tu n’as pas de bruit, tu n’as pas de nuisances sonores. Par ailleurs, tu n’en n’emets pas non plus. Mais toi-même, tu n’en souffres pas. 

  

Ermanno : Si ton vélo est bien réglé parce que sinon après, tu peux avoir des petits frottements de chaîne, non ? Voilà. 

  

Alexis : Mais tu remarqueras, je ne t’ai pas mis le Cyclofix tout de suite dans la conversation. Mais oui, bien sûr. Et par contre, le fait d’avoir un vélo bien réglé. Tout ça, bien sûr, c’est beaucoup plus de plaisir. Il y a une vraie différence au quotidien. Et donc, je me suis dit, attends, c’est quand même un engin qui m’offre une liberté encore plus importante. Et qui, par ailleurs, va vers ce sens de moins de nuisances, peu d’empreintes, voire pas d’empreintes, etc. Donc, ça s’est fait comme ça. Et puis ensuite, je l’ai pris au fur et à mesure. Forcément, je me suis immergé beaucoup plus. Dans la pratique du vélo en ville et avec des distances bien plus importantes. Parce que je suis passé d’une dizaine, 10, 12 kilomètres par jour à entre 60 et 80 au démarrage de Cyclofix. Et là, ça a fini de confirmer le fait que le vélo était ultra pratique. Les distances que je parcourais à ce moment-là, si j’avais dû les parcourir avec une voiture ou une moto, ça aurait juste été beaucoup plus compliqué. 

  

Ermanno : Et alors, je voulais revenir encore une fois sur cette transition douce ? Ça t’a pris combien de temps en fait ? Parce que là, tu ne peux pas nous dire, je faisais un peu de vélo et un peu de moto. On a compris que tu n’avais plus le permis. Pourquoi transition douce ? Que tu avais eu une suspension de quelques semaines. 

  

Alexis : Là, c’était une transition quelque part contrainte. Parce qu’effectivement, c’était soit les transports, soit le vélo. Donc, pour le coup, ça n’a pas été très doux puisque du jour au lendemain, j’ai pris mon vélo tous les jours. Mais par contre, j’ai retrouvé mon permis. Et donc, j’avais la possibilité de reprendre un véhicule. Un véhicule thermique pour me redéplacer. Et ce n’est pas ce que j’ai fait. J’ai vraiment gardé le vélo pour le vélotaf. Et donc finalement, pour la partie vélotaf pure, je n’ai pas tellement eu de transition douce. J’ai très vite senti, j’ai tout de suite senti le bien-être que ça m’a apporté. Je trouvais ça hyper cool et tout ça. Donc ça, ça s’est passé finalement sans tellement de transition. Ce qui a engendré une transition, nécessité une transition, c’était plutôt l’utilisation du vélo à titre perso dans la vie de tous les jours. En dehors des trajets domicile-travail. Et se dire, en fait, je vais sortir au resto, boire des coups, aller chez des amis et tout ça. En fait, je vais prendre mon vélo. Et puis après, avec la vie de famille, c’est pareil, c’était un step supplémentaire. J’ai besoin de transporter mes enfants pour aller chez les beaux-parents le week-end ou pour transporter mes courses. C’est pareil, je vais le faire à vélo. Et ça, ça a mis un petit peu de temps parce que du coup, il a fallu que je trouve le bon vélo. Alors au départ, j’y suis allé vraiment bootstrap. Avec les sacoches, avec les sacs à dos et tout ça et tout ça. Et puis au fur et à mesure, j’ai trouvé vraiment la config qui me plaisait bien. Et qui m’a permis de vraiment plus me poser aucune question. Qu’il y ait de la côte, qu’il n’y en ait pas. Et pourtant, mon vélo est sans assistance électrique. Mais j’en ai eu à assistance électrique aussi. 

  

Ermanno : Ton cargo, c’est un sans assistance ? Oui, sans assistance. Justement, c’est la question que j’allais te poser. 

  

Alexis : Je le trouve tellement cool à rouler sans assistance que je n’ai pas voulu l’électrifier. C’est vraiment un pur plaisir. Mais par contre, j’ai eu des vélos à assistance électrique. Et ça, ça m’a beaucoup aidé aussi. Dans ma transition. Parce que quand j’avais des trajets plus longs. Pendant un moment, j’allais faire les courses dans une ferme qui est à 10 km de chez moi. Avec un parcours assez vallonné et tout ça. Il fallait quand même être motivé pour y aller sans assistance. Il fallait en vouloir un peu. Et donc ça, le vélo à assistance électrique, j’ai trouvé que c’était assez aidant. Et ça m’a notamment aidé à prendre des parcours vallonnés en toute saison. Quand j’avais le choix de prendre la voiture. Et ça, par exemple, ça a été un élément qui a aidé la transition. Parce que c’était beaucoup plus facile. 

  

Ermanno : Ouais. 

  

Ermanno : Donc, je reste impressionné par un vélo cargo. Tu as dit que tu as deux enfants. Un vélo cargo sans assistance électrique. Donc ça va, il y a des jambes quand même. Il y a des cuisses. 

  

Alexis : Ouais. Je dirais qu’il y a en tout cas juste ce qu’il faut pour me donner envie de le prendre. Et pouvoir prendre tous les trajets sans être buté. 

  

Ermanno : Bon, alors tu nous as parlé rapidement de ton statut familial. Tu es papa de deux enfants. Est-ce que les enfants s’éclatent dans le cargo ? 

  

Alexis : Ah bah ouais. Ça, c’est génial. C’est bien sûr. C’est super. Et puis même le lien avec eux sur le trajet, il est autrement plus fun et plus sympa que dans les transports ou parce que je prends le bus de temps en temps, par exemple. Ou évidemment dans la voiture où tu ne les vois pas parce qu’ils sont à l’arrière. Là, c’est super. Ils prennent l’air. Ils rigolent sur le trajet. D’ailleurs, parfois, ça interpelle les passants. Ils se demandent pourquoi les enfants se marrent. Mais en fait, ils kiffent. C’est vraiment super sympa comme mode de transport. 

  

Ermanno : Ouais, j’imagine. 

  

Ermanno : Et une petite question subsidiaire encore sur ce cargo non électrifié. Quand tu te déplaces, du coup, est-ce que tu arrives en nage ou tu arrives à peu près à pédaler ? Tu as réussi à trouver le rythme de pédalage et la puissance à délivrer dans ton vélo pour bouger assez vite, mais pas être en mode sport et donc pas finir avec un t-shirt à essorer ? 

  

Alexis : Alors ça, c’est une question que je trouve vraiment super et qui est un vrai élément de la transition. En tout cas, c’est un élément assez déterminant, je trouve, dans le fait d’adopter le vélo comme moyen de déplacement quotidien au vélotaf ou au contraire d’être buté. Ça, c’est un truc que j’ai travaillé au fur et à mesure. Au départ, je ne réussissais pas à monter sur mon vélo sans appuyer un petit peu fort sur les pédales et vouloir me dégager absolument de toutes les situations et du coup, forcément, mettre un peu plus de puissance et arriver en sueur. Au départ, je ne savais pas le faire. Pour moi, j’avais l’impression de me traîner dès que je n’appuyais pas un peu sur les pédales et que du coup, ça me faisait perdre du temps. Et en fait, j’ai vraiment testé des choses. Alors moi, ce qui m’a aidé, c’était de mesurer mes temps de trajet. C’est tout bête. Alors, je ne lançais pas mon app de sport pour mes trajets quotidiens. Mais juste, je regardais la montre et en fait, je me disais ce trajet-là, je le fais en appuyant moins sur les pédales et je vais voir combien de temps je perds au fur et à mesure. Et pour moi, l’élément important, c’était la durée du trajet. Si j’avais un trajet qui se rallongé mais de peu de temps en arrivant beaucoup moins en sueur et beaucoup moins fatigué, top, j’ai adopté le truc. Si par contre, ça me faisait perdre vraiment beaucoup de temps, je pense que je me serais tourné vers le vélo électrique par exemple pour pallier à ce truc-là. Et en fait, je me suis rendu compte que finalement, il y avait moyen de pédaler un peu moins fort. J’ai trouvé mes bonnes plages de vitesse et tout ça pour avoir un bon rendement sans arriver en nage et en prenant aussi du plaisir. 

  

Ermanno : Bon, j’ai vu que tu avais fait sur ton profil LinkedIn, j’ai vu que tu avais fait l’UFR Staps. Donc, on peut parler entre sportifs. C’est un peu le concept de l’endurance. C’est sûr qu’il vaut mieux courir un peu plus lentement pour courir plus vite mais surtout plus longtemps. On peut s’épuiser à courir comme un bourrin pendant 5 km sauf qu’en général, après les 5 bornes, c’est terminé. Alors que si on y va un peu plus tranquille, on peut faire 10, 15, 20, 25, 30 bornes. Et je pense qu’avec le vélo, c’est un peu pareil. Oui, tu vas perdre 2 minutes sur un trajet de 6 bornes mais tu vas arriver moins en nage, moins fatigué, plus concentré éventuellement sur tes pensées pendant ton trajet plutôt que d’avoir la tête dans le guidon, c’est le cas de le dire, et d’arriver défoncé. A ton lieu d’arrivée. 

  

Alexis : C’est clair et je trouve que c’est d’autant plus vrai en ville et du coup appliqué au vélotaf parce que finalement, avec les feux rouges, tu croises pas mal de cyclistes, tu vas te retrouver derrière quelqu’un que tu ne vas pas pouvoir doubler, etc. Et en fait, tu as tout un tas d’éléments qui vont te ralentir sur le trajet qui font que de toute façon, tu as un espèce de temps un peu incompressible et si tu appuies plus sur les pédales, tu vas beaucoup plus transpirer comparé au temps que tu vas gagner. Donc c’est une logique à adopter et qui se vérifie vraiment. 

  

Ermanno : Bon, on a parlé de toi, on a parlé du vélotaf, je crois qu’on ne peut pas parler de toi sans parler de ce qui te caractérise ces derniers temps. Donc Alexis, est-ce que tu peux nous parler de Cyclofix, l’idée derrière la boîte, la genèse du projet et puis après, raconte-nous où est-ce que vous en êtes actuellement. 

  

Alexis : Avec grand plaisir. Alors Cyclofix, c’est une société que j’ai créée fin 2015. La boîte a été immatriculée en novembre 2015. Et c’est un projet qui est né après une première startup que j’avais co-fondée avec un ami d’enfance sur laquelle j’allais travailler pendant à peu près deux ans. Ça a été un peu l’école de la startup pour moi. Je n’ai fait ni école de commerce, ni école d’ingé ou quoi que ce soit. Donc je n’ai pas évolué dans un environnement entrepreneurial non plus. Et donc du coup, ça, ça a été un peu le bac à sable. On a fait plein de trucs, on a fait des erreurs et puis voilà. On n’a pas réussi à vraiment trouver la dynamique suffisante pour pérenniser le projet. Et donc deux ans après, donc été 2015, on a décidé de l’arrêter. Et j’ai voulu réfléchir à une nouvelle idée. Je ne me voyais vraiment pas repartir dans le salariat. Et j’avais à l’époque un an de droit de chômage devant moi. Donc du coup, j’ai réfléchi à un projet qui pouvait avoir un impact sur le quotidien. Et qui pouvait répondre également à des compétences que j’avais déjà. Donc moi, j’ai un profil technique. Je m’ennuyais en fait dans la filière générale fin collège. Et j’ai voulu partir dans le technique. Je dis ça parce que c’est un peu un petit combat. Je trouve contre la diabolisation des filières professionnelles. Où on a tendance encore trop malheureusement maintenant à vouloir les réserver aux gens qui ne peuvent pas faire autre chose. Et je trouve que c’est vraiment une erreur. Donc moi, j’avais tout à fait la possibilité de rester dans une filière générale. Mais j’ai voulu m’orienter dans le technique parce que c’est ça qui m’intéressait à ce moment-là. Et donc je suis parti en première année de BEP mécanique auto à la place de ma seconde. Et puis forcément, comme j’avais un niveau pour être en filière générale. Toutes les matières générales étaient assez faciles. Et donc du coup, j’ai ensuite enchaîné sur une filière technologique. Où j’ai continué le technique mais avec un peu plus de place quand même pour le général. Et donc du coup, j’avais cette appétence pour la partie technique. Et je me suis dit sur cette nouvelle boîte, j’ai envie de toucher à des choses. J’ai envie de toucher à du physique, à du concret. Je n’ai pas envie de faire un projet pur digital. Ce qui avait été le cas la première fois. donc du coup, j’ai pris mon temps. J’ai eu cette chance-là. Et maintenant, je mesure encore plus à quel point c’était une chance d’avoir du temps pour réfléchir. Et pour se dire ok, j’ai un horizon dégagé devant moi. Qu’est-ce que je vais choisir de faire ? Et donc je suis parti rejoindre ma compagne qui était à Bruxelles à ce moment-là. Et j’ai vécu 4 mois là-bas. Donc été 2015. Et je me suis baladé. J’ai vu les vélos. Vu que je m’y intéressais. Ben voilà. J’ai pris le temps de regarder les belles boutiques qu’ils avaient. Ce qui existait dans l’écosystème, etc. Et j’ai creusé. Et je suis allé vraiment identifier les problèmes qu’il y avait sur ce secteur. Et j’ai discuté avec des gars qui avaient ouvert des boutiques de vélos. Après avoir opéré en tant que réparateur itinérant. Je me suis dit tiens, mais ça m’intéresse là. Pourquoi est-ce que… Moi je trouve ça génial le réparateur itinérant. Je trouve que c’est ultra pertinent en ville. Tu apportes le service là où le cycliste en a besoin. Tu lui enlèves la pénibilité de trimballer son vélo sur le dos quand il a besoin de le faire réparer. C’est super malin. Pourquoi est-ce que tu as fait ce chemin inverse. D’un truc que je trouve vraiment ultra malin. Pour ensuite aller ouvrir une boutique. Et la boutique c’est super chouette. Mais il en existe déjà. Ce n’est pas nouveau. Ça n’apporte pas une réponse supplémentaire. 

  

Ermanno : Ce n’est pas disruptif pour rester dans le langage startup. 

  

Alexis : Oui, ce n’est pas disruptif. Effectivement. Et du coup. Je ne sais pas si tu remarqueras. Quand on parlait un peu de… De ce que j’aime bien. Moi j’aime bien trouver du sens. Dans tous ces trucs là. Et du coup le côté disruptif. Il m’intéresse que si il apporte vraiment un truc. Bien sûr. Qui a du sens. C’est là que je trouve que ça… C’est génial quoi. Et donc du coup. En fait ces gars-là me disaient. Ouais mais tu vois. Réparateur itinérant. Nous on ne vivait pas bien du truc. Moi je l’ai fait pour réussir à… Pour apprendre. Pour monter en compétences. Parce que c’était facile. Je n’avais pas de sous. Donc je n’avais pas besoin d’une… D’une trésorerie importante pour lancer mon activité. Alors que quand tu ouvres ta boutique. Tu peux tout de suite payer des loyers. Tu as du stock et tout ça. Et donc. Ça, ça m’a mis sur la voie. Vraiment je me suis dit. Il y a un truc à faire. Pourquoi est-ce que les gars ne réussissent pas à vivre de leur activité. Alors que l’idée est bonne. Alors que ça répond à un vrai besoin. Et donc du coup. J’ai cherché. Je suis entré en contact avec d’autres gars. Qui étaient eux-mêmes réparateurs itinérants. En Belgique et en France. Et j’ai dû parler comme ça. Peut-être à une quinzaine de personnes. Et qui opéraient dans des environnements différents. Tu avais des gars qui vivaient vraiment en ville. Et puis tu as ceux qui avaient un fourgon aménagé. Et qui réparaient plutôt en région. Tu vois. Sur des zones plus importantes. À la campagne et tout. 

  

Alexis : Et donc. Bon. Le constat a été que. En fait. À part ceux qui réparaient avec un fourgon. Des VTT. Des vélos de route. Assez chers. Auprès de cyclistes. Qui avaient les moyens de les entretenir. Et qui tournaient un peu fort avec. Et donc. Ils consacraient un budget important à l’entretien de leurs vélos. Et ça. Ça permettait aux réparateurs de vivre correctement. Ils avaient des paniers moyens qui étaient satisfaisants. Ils pouvaient vivre leur activité correctement. Les autres. Ceux qui intervenaient sur des réparations. En ville. Pour justement le vélotaffeur. Ou voilà. Des petites interventions. Ils avaient trop de choses à gérer en parallèle. Pour rentabiliser leur activité. Moi je l’ai vécu. Quand je me suis formé. J’étais le premier réparateur Cyclofix. Pour me rendre compte de ce que c’était que de réparer en itinérant. J’ai la famille et les amis qui m’ont prêté un peu de sous. Pour acheter un vélo cargo. J’ai créé la société. J’ai acheté les premières pièces détachées. Et je suis allé réparer. Et en fait. Je me suis bien rendu compte de ça. Le suivi client il se faisait sur un tableau Excel. La facturation elle se faisait à la main. Les itinéraires je les faisais sur Google Maps. Vraiment au cas par cas. Les réservations je les prenais par téléphone. Donc vraiment le truc artisanal. 

  

Ermanno : Bootstrap. 

  

Alexis : Bootstrap. C’est juste que je n’avais pas un cahier pour noter les comptes. J’avais Excel. Et Google pour aider pour les itinéraires. Ça a été utile. Mais sinon c’était vraiment bootstrap. Peu de moyens. Et en fait. Clairement je m’en suis rendu compte. Tu fais des journées qui commencent à 8 heures. Qui terminent à minuit. Parce que tu as tout l’admin à faire à côté. Et en fait. Tu ne génères pas du tout suffisamment de chiffre d’affaires. Pour pouvoir. Un. Te rémunérer. Et puis dans tous les cas. Tu ne peux pas tenir ce rythme-là. Dans la durée. Ce n’est pas possible. 

  

Ermanno : Oui. Mais comme tu n’as pas assez pour te rémunérer. Tu ne peux pas non plus embaucher. Parce que c’est un peu le nerf de la guerre. 

  

Alexis : Exactement. Et donc là. Du coup. Je me suis dit. Ok. Il faut réfléchir à une solution. Qui va permettre à ces gars-là. De viabiliser leur activité. Et de faire en sorte qu’ils se concentrent sur. Ce pourquoi ils ont fait le choix de ce métier. C’est à dire vraiment réparer des vélos. Être au contact du client. Et puis. Les réparateurs itinérants. C’est aussi. Parce qu’ils ont envie de bouger. D’être à l’extérieur. Et puis de rouler. Et puis le reste. Il faut trouver une solution pour les décharger de ça. Et on a du bol. On est à l’ère du digital on est capable de faire des algos, On est capable de faire des back office. Et tout un tas de systèmes qui permettent de voilà d’optimiser tous ces sujets. Et donc. En fait. C’est comme ça que c’est venu. L’idée a été avant tout. De trouver le moyen. De stabiliser. La réparation itinérante. En ville. Parce que. J’étais clairement convaincu. Que ça répondait. A. Un besoin. Et que c’était. Un bon complément. Au magasin. Et là. C’est pareil. Il n’y a pas du tout. Une approche clivante. Les magasins. C’est. C’est une super solution. Et tu vois. Et c’est top. Qu’ils en ouvrent. De toute façon. Tu vois. On estime. Qu’il va y en avoir. Deux fois plus. Dans les cinq prochaines années. Dans nos villes. Donc. Il y a un bel avenir. Il n’y a pas. De la réparation. Il garde. La réparation. La plupart du temps. Parce que. Ils vendent. De l’accessoire. De l’équipement. Ou du vélo. En tout cas. C’est un moyen. Pour eux. De fidéliser. Une clientèle. Et puis. D’attirer. De la clientèle. Mais la réparation. Ça n’a jamais été. Une activité. Lucratif. Pour. Pour les magasins. Donc. Voilà. Il y avait un problème. Autour de la réparation. Et dans un contexte. Où. Le vélo. Allait exploser. En France. Comme il explose. Dans les pays voisins. Qui dit ça. Dit forcément. Besoin. De réparation. Accrue. Avec. Très probablement. Des magasins. Qui ont. Qui vont. Pas pouvoir. Croître. Aussi vite. Que la demande. Parce que. C’est plus difficile. D’ouvrir. Un magasin. Ça coûte. Plus cher. T’es limité. Par l’espace physique. Etc. Et donc. Du coup. La réparation itinérante. C’est un super complément. C’est très pertinent. Et donc. C’est comme ça. Que ça a commencé. J’ai réparé. Donc. Je me suis formé. Dans. Un magasin. Qui était. Tenu. À. Anthony. Par. Clément. Et Bruno. Que je remercie. Encore. Maintenant. Ça fait. 

  

Ermanno : Beaucoup. De prénoms. Là. Anthony. Clément. Bruno. Il se reconnait. Mais. 

  

Alexis : Mais. Voilà. Il y a. Clément. Qui était. En fait. Mon ancien boss. De chez. Décathlon. Quand. J’étais étudiant. J’ai travaillé. Chez. Décathlon. Et. Du coup. Ben. Voilà. Six ans. Plus tard. Lui. Tenait. Avec Bruno. Ce magasin. De vélo. En région. Parisienne. Moi. Je l’ai appelé. En lui disant. Tiens. J’ai un projet. Je sais faire. Deux trois trucs. Sur un vélo. Mais. Mais. J’aimerais bien. Me former davantage. Est-ce que ça te va. Si. Je vous file. Un coup de main. Gracieusement. Et puis. En même temps. Ben. Moi. Ça me permet. De monter. En compétences. Banco. C’est. Ce qu’on a fait. J’ai fait. Quelques. Journées. Au magasin. Et puis. Ça m’a permis. Ensuite. D’aller. D’aller. Réparer. Des. Des. Vraies. Clients. Et donc. J’ai fait. Ça. Pendant. Quelques. Mois. Et. À. L’été. 2016.  Il y a. Il y a. Paulin Un. Qui. Le fondateur. De. De. Drivee. Maintenant. Drivee Gatorand. Qui. A découvert. Cyclofix. Je mettais. Des petites. Cartes. De visite. Comme ça. Sur. Sur. Les vélos. Dans. Paris. Pour. Faire. Connaître. Le service. Et. Du coup. Qui. M’a. Proposé. De leRencontrer. On. A. Peu. Échanger. Trouver. L’idée. Vachement. Chouette. Lui-même. En. Plus. Et. Des. Familiers. Avec. Avec. Les. Systèmes. De. Plateforme. Et. Donc. Du coup. Voilà. On. A. On. A. Vraiment. Bien. Accroché. Et. Et. Ensuite. Il. M’a. Aidé. Du coup. Au. Été. 2016. A. Réunir. Des. Fonds. Auprès. De. Business. Angel. Dont. D’ailleurs. Stéphane. Qui. Aujourd’hui. Est mon Associé. Il. Est. Il est. DG. Directeur. Général. De. Cyclofix. Il. Est. Avec. Moi. Au. Quotidien. Et. Il. Porte. La. Boîte. Avec. Moi Opérationnellement. Depuis. Depuis. Full. Time. Depuis. Été. 2017. 

  

Ermanno :  Tes milestones. Sont. Toujours. En. Été. Donc. Ça. Arrive. Souvent. 

  

Alexis : L’été. Non. Il y en. Un. Qui. En. Hiver. C’est. Les. Ouvertures. De. Ville. Jusqu’à. Maintenant. On. A. Ouvert. Les. Nouvelles. Villes. En. Cas. Les. Premières. Donc. On. Est. Sorti. De. Paris. On. A. Pris. Un. Peu. Notre. Premier. Premier. Gros. Défi. Hors. Paris. A. Strasbourg. Et. A. Bordeaux. Et. On. A. Ouvert. Ces. Villes. Là.  En. Hiver. D’accord. Voilà. Le temps. De. Roder. Et. C’est. Et. C’est. Mal. C’est. 

  

Ermanno : Et pui en hivers tu as pas mal de boulot sur les vélotaffeurs, t’es pas à l’abris d’un câble qui était mal graissé, mais avec le chaud, le froid, ça éclate. Il y a quand même du boulot pour Cyclofix  en hiver.  Ou à la rentrée du moins. 

  

Alexis : Oui c’est ça et on essaye de sensibiliser les cyclistes à ça. Parce que malgré tout en France et en général, à part en Allemagne ou dans les pays du nord de l’Europe, la culture de l’entretien elle n’est pas hyper pésente. En général on fait appel au réparateur quand cela ne fonctionne plus et qu’on est bloqués. Mais en realité évidemment l’entretien c’est important mais ça évite la plupart du temps vraiment la casse et avoir besoin de faire une réparation et surtout ça te permet de continuer à prendre du plaisir vraiment de prendre du plaisir en continu dans ta pratique ce que tu n’as évidemment pas quand tu commences à avoir une transmission qui n’est pas suffisamment lubrifiée des pneus pas assez gonflés ou en bon état, etc. Et bien sûr en hiver du coup c’est encore plus important. Donc voilà, du coup j’essaie d’aller un peu plus vite, du coup j’accélère sur la genèse et tout ça, mais donc ça a commencé comme ça et surtout ça a été le point de départ de la création de ce qu’est Cyclofix aujourd’hui, c’est-à-dire à la fois un réseau de réparateurs itinérants qui ont accès à un outil à une application qu’on a développée chez Cyclofix qui leur permet de recevoir des propositions d’intervention qui sont complètement libres d’accepter ou de refuser donc ça aussi c’est un truc assez intéressant, c’est comment est-ce qu’on aborde le sujet de la plateforme et de la relation avec des professionnels indépendants. On a des vrais partis pris chez Cyclo et ça c’est un sujet que j’essaie de défendre pour pas qu’on fasse des mauvaises amalgames avec les côtés un peu décriés, les côtés négatifs de certaines plateformes. 

  

Ermanno : Tu veux parler de l’ubérisation de manière générale ? 

  

Alexis : Ouais, évidemment j’aime pas qu’on nous compare parce que déjà, un on est insignifiant en termes de taille par rapport à cette boîte. Enfin on a beau avoir de l’ambition, si tu veux, je serais très heureux que le marché du vélo vienne aussi gros que le marché des BTC mais c’est surtout qu’en termes d’approche. après il s’agit pas de critiquer en particulier les autres parce que je pense qu’il y a deux choses, il y a un, la philosophie avec laquelle tu fais les choses et deux, réellement les actions que tu mènes. Et je pense qu’il est très important de faire des choses à la place de la philosophie. Et là où tu te trompes. Et en fait, je juge absolument pas le fait de se tromper et la manière de faire, parce que ça, on fait tous des erreurs et puis parfois tu as l’impression que tu fais des choix, soit c’est pour aller plus vite, soit c’est parce que tu as l’impression que en fait c’est juste le bon choix sur le moment et puis tu te rends compte que ça va pas et tu t’es trompé. Mais par contre, pour parler de Cyclofix vraiment, il y a une question d’état d’esprit dans lequel on a créé cette plateforme. Et la relation avec les réparateurs itinérants qui sont indépendants. Et ça, depuis le départ, et on l’a gardé, on fait, déjà on construit le produit avec eux. Donc du coup, on est vraiment, on travaille avec eux pour faire évoluer les fonctionnalités de leur application, faire évoluer le parcours de réservation pour leur permettre d’avoir vraiment les bonnes infos et tout ce qu’il faut pour pouvoir accepter l’intervention sans encombre. Pour pouvoir la finaliser sans encombre aussi. Bref. Donc c’est un truc qui se construit avec eux. Et puis surtout, on fait en sorte de respecter leur statut d’independant, qui d’ailleurs n’est pas forcément auto-entrepreneur, ça aussi c’est un truc, comme on a un peu de temps, je trouve ça cool de s’arrêter quelques secondes là-dessus. Mais souvent, tu vois, je prends les schémas, mais en gros, c’est plateforme égale Uber égale auto-entrepreneur égale précarité, égale tu fais les choses sans les considérer. En fait, dans la pratique, tu as plein de plateformes. Tu as plusieurs plateformes qui existent, dont Cyclofix, mais pas qu’eux. Tu en as d’autres qui font les choses avec beaucoup plus de considération et de nuance que ça. Donc un, les independants, ils ne sont pas forcément auto-entrepreneurs. Ils le sont quand c’est plus avantageux pour eux fiscalement et que ça leur permet de dégager plus de revenus. Et on a la chance en France d’avoir ce statut-là qui permet quand même à plein de gens de tester une activité en tant qu’indépendant avec vraiment peu de lourdeur administrative et peu de taxes. 

  

Ermanno : Excuse-moi, les joies du home office. Oui, donc tu disais, plateforme égale independant, égale précarisation, mais chez Cyclofix, vous faites attention à ce que justement, il soit… 

  

Alexis : Oui, en fait, depuis le début, si tu veux, déjà un, les propositions de rendez-vous qui sont poussés aux réparateurs, ils sont complètement libres de les accepter ou de les refuser. S’ils les refusent, il n’y a zéro contrepartie négative quoi, il n’y a pas de… tu n’es pas obligé de faire un minimum d’activité, de faire, etc. Donc vraiment, nous, notre rôle, c’est de proposer des rendez-vous aux réparateurs justement pour leur éviter de devoir démarcher, de devoir répondre au téléphone ou autre pour prendre les rendez-vous. Donc, on va faciliter. Un, on va leur apporter des rendez-vous. Deux, on va leur faciliter vraiment la planification de ces rendez-vous. Et puis après, sur la manière de faire, c’est pareil, on travaille avec eux sur une qualité de service rendu. Parce que ça, en fait, c’est indispensable pour toutes les personnes qui travaillent autour de Cyclofix, c’est indispensable même pour les réparateurs entre eux. Et après, par contre, les gars, ils sont libres, ils utilisent l’outil qu’ils veulent, ils utilisent, tu vois, ils font le réglage ou… Ou l’opération, un peu comme ils le sentent. Et c’est ça aussi qui est assez riche, c’est qu’il y a des gars qui ont roulé leur bosse, qui ont vraiment leur manière de faire et c’est hyper utile. Tu as le gars qui va mettre le petit coup d’huile dans la gaine de frein pour éviter que le câble s’oxyde et qu’il coulisse vraiment super bien parce que, tu vois, il fait ça depuis longtemps et voilà. Et puis, tu as le jeune réparateur qui n’a pas ces trucs-là, qui va très bien faire l’opération mais qui va le faire différemment. Voilà. Donc, ça, c’est assez important et ça fait vraiment partie de l’état d’esprit et du sens avec lesquels on fait les choses depuis le départ chez Cyclo. Et ça, je trouve important de le dire et de le valoriser et je continue de valoriser aussi toute l’équipe qui bosse autour de ça et les réparateurs qui bossent avec nous pour que ça puisse se faire comme ça. Donc, ça, c’est chouette. Et une des fiertés aussi, c’est que tu as des réparateurs qui sont avec nous depuis longtemps maintenant. Tu vois, qui ont investi 5-6 000 € dans des gros vélos cargo électriques. Et qui bossent avec nous depuis 3 ans ou plus maintenant. Donc, voilà. Ça, c’est chouette et ça faisait partie des choses qu’on voulait construire. 

  

Ermanno : Et alors, vu que tu voulais prendre quelques minutes pour en parler du bien-être des réparateurs indépendants qui travaillent avec vous, on peut s’attarder quelques minutes mais vraiment, enfin, ce n’est pas forcément l’objectif de ce podcast mais moi, c’est une chose qui m’intéresse et je pense que ça peut aider aussi à comprendre comment vous fonctionnez sur votre business model. Est-ce que vous fonctionnez un petit peu sur le modèle de toutes les autres plateformes, vous prenez un pourcentage, une commission sur la réparation ou est-ce qu’il y a des logiques de rétrocession de chiffre d’affaires en fin d’année, en fin d’une certaine période, etc. 

  

Alexis : Pour l’instant, on est sur un modèle de commission effectivement. Finalement, c’est le modèle de royalties de la franchise sauf que comme tu gères plus de choses et que tu mobilises plus de ressources en centrale pour apporter du service aux réparateurs, en fait, c’est ça. Finalement, tu vois, on est une équipe de support client et support au réparateur. Il y a la possibilité de s’approvisionner en pièces détachées donc tu as quand même un accès ultra facilité à la pièce détachée, ce qui est de plus en plus un problème dans le marché du vélo parce que tu as une pénurie de pièces. 

  

Ermanno : C’est ce que j’allais te demander. Même maintenant, vous arrivez à avoir des pièces parce que j’ai quelques copains réparateurs, je vais les envoyer chez toi du coup. Tu peux. Ah non, vous n’êtes pas revendeur de pièces. 

  

Alexis : Pour le réseau, justement, si parce qu’on sait à quel point ce n’est pas évident. Déjà, il faut optimiser tes références parce que quand tu te déplaces avec un vélo, même si c’est un vélo cargo, tu n’as pas un atelier avec toi, tu n’as pas un magasin. Du coup, il faut rationaliser un peu les références pour pouvoir finir l’intervention dans la majorité des cas au premier rendez-vous, ce qui est réussi, ce qui se produit. Mais du coup, il faut que tu aies des pneus anti-crevaison, des pneus standards, il faut que tu aies les différents types de patins de frein, etc. Tout ça, c’est un boulot qui est fait par l’équipe qui gère la pro chez Cyclofix. Et puis, tu as bien sûr la partie tech, produits, développer les algos qui travaillent aussi pour le bien-être du réparateur parce que l’idée, c’est que l’algo va proposer une intervention qui a du sens pour le réparateur en fonction de plein de paramètres. Le réparateur va dire, moi, je ne veux pas faire plus de 2 km entre deux interventions, je veux commencer ma journée à telle adresse et la finir à telle adresse, j’ai telle compétence et telle compétence. Et ça, du coup, c’est vérifié, validé avec l’équipe Ops qu’on a chez nous. Et donc tout ça. L’alogorithme il en tient compte pour proposer des interventions que le réparateur est vraiment à même de faire et qu’il aura envie de faire. Bref, donc tout ça, c’est des ressources que bien sûr, il faut financer et qui sont financées par la commission qui effectivement est perçue par Cyclofix dans le cadre des interventions bien sûr réalisées via Cyclofix. Tu as des réparateurs évidemment, je le précise même si c’est évident, qui réparent de leur côté en dehors de Cyclofix. Et voilà, ça, c’est leur activité, il n’y a pas de lien avec nous. 

  

Ermanno : Et alors, du coup, est-ce que Cyclofix sert aussi de carte de visite, c’est-à-dire le réparateur, il va faire une première intervention chez un client, ça fait un petit peu médecin des urgences. Et puis après, on garde la carte du réparateur, mais à titre perso et puis on s’exonère de la commission Cyclofix ? 

  

Alexis : Oui, alors bien sûr, ça existe, c’est sûr que ça existe, je pense, comme sur toute plateforme. Mais en fait, pour moi, si tu veux, l’approche que j’ai de ça, ce n’est pas d’essayer de, entre guillemets, de contrer frontalement ça. Parce que ça, je pense que c’est humain, tout le monde, à un moment donné, en fonction du contexte, se dit si je peux payer un truc moins cher parce que je n’utilise pas le service et que je passe en direct, du coup, je le fais. Pour moi, la bonne approche, c’est comme ça qu’on le fait, c’est de travailler autour de donner suffisamment envie au réparateur de ne pas faire ça et au client pour vraiment qu’il valorise justement l’apport et la valeur ajoutée de Cyclofix. Et donc, c’est ça. Donc, cette commission qu’on prend. Et ça, une des manières de le faire, c’est par exemple de permettre au client de faire de nouveau appel à un réparateur dont il a été content via Cyclofix. Ça, ça fidélise le réparateur et ça fidélise le client. Tu as un professionnel en qui tu veux la confiance parce que tu es super content du boulot qu’il a fait sur ton vélo, tu as envie de faire appel de nouveau à lui, tu peux le faire. Tu as un autre truc qui est le réparateur qui est sollicité directement par un passant ou un autre cycliste pendant qu’il répare. En fait, il va faire la promotion du service, mais effectivement, la réservation qui sera faite par ce nouveau client, le réparateur, il n’est pas sûr de l’avoir. Finalement, ça tombe dans le réseau et puis c’est un autre qui va l’avoir. Donc là, du coup, il y a un sujet de comment est-ce que les réparateurs sont intéressés au fait de développer la clientèle et de continuer à utiliser Cyclofix vraiment au quotidien, même pour ses réparations. Et donc, c’est vraiment l’approche qu’on a. Tu as un autre truc, c’est l’assurance. Je termine avec ça pour ne pas être trop long à chaque fois, mais tu as un autre truc, c’est l’assurance. Tu vois, on a mis en place une responsabilité civile professionnelle qui s’applique à tous les réparateurs du réseau que Cyclofix paye, prend en charge et qu’on ne répercute pas dans la commission. Donc, il n’y a pas de frais de caché ni rien, c’est vraiment gratuit pour le réparateur et ça va lui permettre d’être couvert pour toutes les interventions qu’il va faire. Et donc, du coup, ça, c’est aussi un argument pour le client. Le client sait qu’en faisant réparer son vélo via le réseau Cyclofix et dans le cadre de Cyclofix, les interventions sont couvertes. 

  

Ermanno : Ok, alors du coup, pour revenir sur le sujet central qui est quand même le vélotaf, les mobilités douces, évidemment Cyclofix apporte son soutien à tous les vélotaffeurs, j’imagine, en réparant de manière rapide et efficace, on l’aura bien compris. Les vélos de nos amis, les vélotaffeurs, en dehors de ça, qu’est-ce que vous proposez vous comme action au quotidien pour faire la promotion du vélotaf ? Est-ce que vous avez des actions de lobbying ? Est-ce que vous intervenez auprès des collectivités ? Est-ce que du fait qu’il y ait Cyclofix qui s’implante dans une ville, vous favorisez l’accès aux mobilités douces ? Quelle est votre approche au quotidien pour faciliter tout ça ? 

  

Alexis : Alors, tu as un premier truc qui est l’essence même de Cyclofix, c’est la manière dont on propose la réparation. Pour moi, il y a un truc qui est déjà assez évidant , c’est que le fait de simplifier l’accès à la réparation par nature, ça encourage la pratique du vélo. Parce que du coup, tu te dis, finalement le cycliste qui a son vélo, qui dort au garage et qui ne veut pas le prendre parce qu’il ne prend pas le temps de le faire réparer, etc., et qui ne veut pas l’emmener en atelier, il a accès à la réparation, il a accès à un service facile, donc il va le faire réparer. Donc, je considère que ça, c’est vraiment un marqueur assez fort et quelque chose qu’on essaie de pousser, y compris par rapport aux tarifs qui ne sont pas prohibitifs, par rapport aux services que ça apporte, etc. Ensuite, il y a effectivement quelques actions locales. Honnêtement, déjà, on pédale vite tous les jours pour délivrer le service dans les meilleures conditions. 

  

Ermanno : Mais pas trop vite pour ne pas suer. On a bien compris. 

  

Alexis : Tu as le réparateur qui tourne, qui a bien transpiré.  C’est impressionnant. Mais non, ce que je veux dire par là, c’est que les actions de lobbying, proprement dit, ce ne sont pas les sujets sur lesquels on est les plus actifs pour le moment, parce qu’on a un sujet déjà de suivre notre croissance, de continuer à proposer un service de qualité parce qu’on ne veut vraiment pas négliger ça et dégrader ça. Voilà. Donc, les actions qu’on a pu faire, c’est soutenir des évènements. Donc, tu vois, il y a… Il y a pas mal d’associations qui prennent contact avec nous chaque année en disant « Ce serait chouette qu’on propose de la réparation sur place. Est-ce que vous pouvez contribuer ? » Donc là, on travaille avec les réparateurs. Souvent, on finance bien évidemment la présence et l’intervention du réparateur. Et puis, ça permet d’agrémenter les évènements de cette manière-là. On travaille de plus en plus, mais ce n’est pas encore au niveau où ça devrait… Avec les assos de réparation, pareil, qui font pas pour le coup de lobbying, qui poussent à la pratique du vélo, etc., avec notamment la Maison du Vélo. Il y en a une à Lyon, mais il y en a, je crois, dans toutes les grandes villes. On travaille auprès des entreprises. Ça, c’est un truc assez important et sur lequel on est vraiment en train de se concentrer davantage là. C’est beaucoup d’entreprises qui veulent apporter, qui veulent faciliter la transition de leurs salariés vers l’utilisation du vélo pour leur déplacement domicile-travail. Et ça, c’est un truc assez… que je trouve super intéressant, qui est quand même assez émergent. Finalement, ça fait du bruit, mais ça se met en place doucement. Mais on fait de plus en plus d’ateliers en entreprise et auprès de grands groupes et de petites entreprises. Tu as vraiment de tout dans lesquels on va proposer des ateliers de réparation dans la journée, sur le temps de travail des salariés pour réparer leur vélo. Et là, c’est assez intéressant parce que même quand tu vois le type de vélos qui sont amenés à ces ateliers, tu te rends compte que tu as une minorité de vélos qui appartiennent à des vélotaffeurs, qui sont des vélos solides pour le quotidien, électriques, de bonne facture, etc. Tu vois que c’est un moyen de déplacement principal. Et puis, tu as beaucoup de vélos qui sortent du garage ou de la cave et qui sont remis en état à cette occasion. Et donc, ça, c’est assez chouette. Moi, j’y crois vraiment pas mal sur la démarche. Après, évidemment, la vitesse va dépendre de la bonne volonté des entreprises et de leurs convictions là-dedans. Mais l’employeur, je pense qu’il a un vrai rôle. Et il peut être vraiment facilitateur pour mettre finalement les gens de manière générale. Donc, dans le cas de l’entreprise, ce sont les salariés. Mais en réalité, c’est des urbains. Et donc, du coup, c’est un bon endroit pour faciliter cette transition. 

  

Ermanno : Alors moi, il y a une question que je me pose depuis la petite dizaine d’épisodes que j’ai déjà enregistrées avec mes invités. À ton avis, quel est l’un des plus gros frein au vélotaf ? Alors, je ne parle pas forcément de la météo. On est d’accord. J’ai eu aussi à ce micro le directeur de Between, l’ancien directeur de Décathlon Belgique qui est maintenant directeur du développement de chez Between qui est en Belgique et qui me disait, écoute, en Belgique, il pleut 7% du temps. Donc, si en Belgique, il pleut 7% du temps, à Lyon ou encore plus bas, il doit pleuvoir encore moins. Donc, mettons la météo de côté. Par contre, à ton avis, quel est le plus gros frein quant à la pratique du vélotaf? 

  

Alexis : Alors, au passage, pour deux choses.  Je crois que tu fais référence à Herman que je salue par ailleurs. 

  

Ermanno : C’est ça. Exactement. Herman Van Beveren. 

  

Alexis : Alors, pour moi, le frein principal, je dirais que c’est avant tout l’infrastructure cyclable. Pour moi, ça, c’est… et ça arrive probablement de loin. Enfin, pour moi, mais par ailleurs, il y a des gens qui font des stats et qui bossent sur des données tangibles qui l’expliquent aussi. Mais c’est clairement les infrastructures cyclables parce que… Oui. N’importe qui peut demander à son entourage, que ce soit ses parents, ses cousins ou n’importe quelle personne qui n’est pas vélo TAF-er, eh bien, viens, on va d’un point A à un point B en ville à vélo, il va te dire non, c’est trop dangereux. Donc, ça, pour moi, c’est de loin le premier point. Et on voit aussi, on constate l’impact des nouvelles infrastructures cyclables. Il suffit de se balader à Paris ou dans la plupart des grandes villes françaises. Paris, je trouve assez marquant parce que ça a été un gros changement. C’est un changement, ça a mis du temps à venir. Mais là, sur les deux dernières années, tu as des chantiers qui se sont terminés. Ben voilà, le nombre de cyclistes a explosé. À Lyon, c’est pareil, etc. Donc, un, infrastructures. Deux, je dirais pour les vélos, il y a un nouveau problème, pardon, je fais une petite parenthèse, mais c’est l’accès aux vélos. Vu qu’il y a moins de vélos disponibles parce que les magasins se sont fait dévaliser, il y aura probablement un nouveau frein qui sera l’accès aux vélos. Bon. Mais en tout cas, c’est un problème. En tout cas, à part celui-ci, je pense que derrière, tu as, je ne sais pas dans quel ordre le mettre, mais en tout cas, je dirais , entretien, réparation et puis le vol. 

  

Ermanno :  Voilà. Et justement, sur l’aspect infrastructure, tu ne crois pas qu’il serait possible, envisageable, imaginable, espérable, pour ainsi dire, de créer des pistes cyclables qui ne soient pas forcément privatisées, mais un peu à l’instar de certains stades sportifs où on joue sur le naming. Je ne sais pas, cette piste cyclable de Lyon a été sponsorisée par Cyclofix. Telle piste cyclable en Belgique est sponsorisée par Decathlon. Est-ce que ce ne serait pas, à ton avis, un moyen de développer l’infrastructure et de donner encore plus de possibilités aux utilisateurs de se mettre au vélotaf ? 

  

Alexis : C’est une bonne question. Et après, du coup, j’imagine qu’il y a plusieurs angles, c’est-à-dire ce qui touche à la voirie, c’est plutôt la responsabilité des collectivités locales et des pouvoirs publics. Par contre, dans quelle mesure des acteurs privés ou des associations pourraient faciliter le développement des pistes cyclables, c’est une bonne question. Moi, j’ai quand même un peu l’impression que tu as une histoire de pédagogie aussi dans tout ça. Et c’est probablement d’ailleurs aussi un des freins. C’est-à-dire que les infrastructures cyclables, c’est bien. C’est super important. La pédagogie, par contre, c’est aussi important. Et aujourd’hui, on est hyper loin de ce qu’il faudrait faire. Il suffit de regarder un petit peu ce qu’ils font en Suisse, par exemple, ou dans les pays du Nord. Tu as aussi… Mais c’est comme ça, on en a besoin en fonction des sujets, sans dire comment faire, mais en tout cas mettre un peu de lien entre les gens et essayer d’apaiser un petit peu, surtout en période de transition, les changements. Et donc, sensibiliser les cyclistes et les… tout court, mais aussi les nouveaux cyclistes, au fait que, en fait, c’est quand même pas mal de respecter 2-3 règles et puis de ne pas faire n’importe quoi, et pour les cyclistes d’à côté, et puis aussi pour les voitures. Et puis, c’est un peu ce savoir-vivre, cette cohabitation entre les voitures et les cyclistes. On a aussi quand même souvent une approche d’opposition. On se dit, tu vois, pour n’importe qui d’ailleurs, quand tu es sur ton vélo, tu regardes les voitures de travers. Quand tu es en voiture, tu regardes les cyclistes de travers et ainsi de suite. Donc ça, je pense que la pédagogie et la sensibilisation, c’est un peu le même. C’est un truc assez important. Et moi, j’ai trouvé une super démarche qui a été des ateliers de… je ne sais plus comment est-ce qu’ils ont appelé ça, mais pour sens… pardon, apprendre. C’est des ateliers de circulation à vélo pour apprendre aux nouveaux cyclistes à circuler en sécurité. Et ça, par exemple, c’est un truc assez important. Je pense qu’à l’école, ça devrait se faire, dans les entreprises, ça devrait être proposé. Et c’est un truc, voilà, ce n’est pas cher à mettre. Et c’est un truc à mettre en place. Et ça fait gagner pas mal. Et ça pourrait compléter pas mal le sujet de l’infrastructure cyclable, parce qu’à un moment donné, tu croises forcément d’autres… d’autres automobilistes ou d’autres personnes. 

  

Ermanno : Bon, ben écoute, voilà les prochains sujets que vous pouvez mettre à l’ordre du jour du board. Comment sensibiliser et comment aider aux infrastructures. Revenons un petit peu sur toi. J’aimerais savoir, Alexis, s’il te plaît, quel est ton meilleur souvenir de Vélotaf ? 

  

Alexis :  Alors, ce n’est pas une question super évidente. Meilleur souvenir de Vélotaf, je ne sais pas si… je n’en ai pas un qui émerge, tu vois, là, tout seul. Mais par contre, j’ai vraiment plusieurs moments de plaisir qui reviennent, tu vois. Par exemple, traverser Paris pendant mes levées de fonds avec Stéphane, on a beaucoup pédalé parce qu’on allait voir les fonds d’investissement qui se situent la plupart du temps entre le huitième et l’ouest parisien . Et donc nous nos bureaux sont à gare de Lyon donc les quais de Seine on les a pris super souvent. Et j’ai eu je le reconnais des petites paillettes dans les yeux au début quand j’ai emprunté cette voie qui était entièrement pietonnisée et cyclable. C’était vraiment chouette. En suite j’ai le moment où vraiment j’ai utilisé pleinement mon vélo cargo ça c’était aussi c’était un petit kiff c’était une vraie satisfaction quand j’ai chargé un gros meuble dessus je ne pensais pas que ça passerait et en fait je me suis dit ouais c’est quand même sympa quoi c’est tu peux tu peux vraiment tout faire à vélo donc ça c’est des moments c’était pas du vélotaff à proprement dit mais voilà c’était pour du trajet quotidien. 

  

Ermanno :  c’était du cyclisme urbain. alors je voudrais aussi te demander quel outil tu utilises pour vélo taffé alors au delà du vélo parce qu’on l’aura compris c’est un vélo cargo non électrifié quand tu te déplaces notamment quand tu vas à Paris j’imagine que tu utilises le Brompton donc on le rappelle c’est un petit vélo pliant mais mais quel petit outil utilises-tu qui pourrait simplifier l’utilisation du vélotaff je sais pas une application un porte un support de téléphone ou quel petit tips pourrais-tu nous donner pour nos auditrices et nos auditeurs vélo taffeur 

  

Alexis :  ouais c’est vrai vraiment alors excuse moi je fais une micro parenthèse pour compléter la réponse juste d’avant évidemment se déplacer en parallèle des fils de voitures qui sont tout embouteillé en ville ça c’est quand même un vrai ça c’est kiffant voilà 

  

Ermanno :  je l’ai fait hier en courant enfin je suis sorti courir voilà comme tous les jours et j’habite dans une zone frontalière et c’est vrai que à cette heure-ci tu vois les fils de voitures qui s’amoncèlent et toi tu passes en courant même en endurance fondamentale et tu vois tous ces mecs qui s’énervent dans leur voiture  

  

Alexis : c’est ça c’est quand même très cool. et donc du coup alors au niveau des outils moi qui me servent pour le vélotaff écoute j’essaye de pas être hyper connecté quand je suis à vélo de manière générale et pour le vélotaff non plus parce que justement ça fait partie de ces trucs où je trouve dans le quotidien alors qu’on est tout le temps sur l’ordi, téléphone etc c’est un peu la bouffée d’air technologique et moi en tout cas j’aime bien m’en extraire un petit peu pendant  mes trajets. Ceci dit parfois c’est quand même bien utile notamment d’avoir le GPS. Donc j’utilise un petit accessoire qui est Quadlock. Qui est un support de téléphone vraiment solide, hyper robuste, très facile. Et ça je trouve que le support de téléphone à vélo c’est le truc un peu relou. Tu as plein de trucs différents mais qui ne fonctionnent pas forcément bien. Donc ça c’est un petit truc vraiment très utile. Après au niveau de l’équipement évidemment le casque réfléchissant ça c’est aussi le fait qu’il soit réfléchissant c’est assez cool, c’est comme certains pneus quand ils peuvent être réfléchissants, c’est plutôt pas mal. 

  

Ermanno : les pneus réfléchissants ça c’est un bon tuyau. 

  

Alexis : tu l’as sur les pneus anti-crevaison de certaines marques t’as une bande réfléchissante sur le flanc du pneu tout autour, et en fait ça paraît pas ça paraît être un espèce d’artifice sans trop d’importance, mais en réalité de nuit surtout quand t’arrives en hiver en automne, etc et qu’il pleut ou qu’il fait sombre, c’est quand même super utile quand tu circules en ville c’est un élément de sécurité hyper important. après c’est plutôt les éléments de protection donc là il n’y a pas de tech, mais c’est vraiment des éléments de protection quand je circule à vélo le petit pantalon de pluie que j’ai toujours dans le sac et qui vraiment te sauve dans le cadre du vélotaf parce que ça t’évite d’avoir un besoin d’emporter un pantalon de rechange ou d’arriver vraiment trempé donc un bon pantalon de pluie un truc très cool aussi, c’est la veste ça c’est tu vois, j’ai trouvé vraiment le produit qui me convient il y a quelques semaines à peine alors que ça fait plusieurs années que je fais du vélotaf et je sais pas s’il faut parler de marque ou de produit en particulier. 

  

Ermanno : on n’est pas à la radio, donc de toute façon tu peux citer tout ce que tu veux. 

  

Alexis : je sais qu’il existe bien sûr maintenant plusieurs options différentes, mais moi j’ai une veste décathlon qui m’a été recommandée par un des réparateurs du réseau Cyclofix qui fait partie des gros réparateurs le gars ils roulent beaucoup et qui est top je crois que c’est une veste de montagne à la base elle doit valoir 100 ou 120 euros et en fait ce qui est vraiment top c’est qu’elle a des poches un peu partout et elle a des aérations sur chaque flanc et du coup même la matière utilisée fait que c’est une veste que tu peux porter en toute saison et tu peux vraiment régler entre guillemets en jouant avec les ouvertures le niveau d’aération de la veste et du coup ton confort. en fait avant d’y avoir goûté je me suis dit ouais bon tu vois ça va être un peu du on off soit t’as chaud tu mets pas de veste soit tu mets ta veste et puis tu risques d’avoir trop chaud en fait non franchement c’est un c’est un vrai bon produit et du coup en fonction de la température tu peux vraiment réguler comme tu veux et c’est hyper confortable donc la veste c’est un truc assez important.  

  

Ermanno : bah écoute le tuyau est super sympa peut-être que là t’as plus la référence en tête mais tu pourras me filer les infos et puis je mettrai ça dans les notes de l’épisode pour ceux qui nous écoutent et qui voudraient essayer d’aller voir un petit peu cette veste alors tu l’as dit plutôt rayon montagne que rayon vélo pour le coup. 

  

Alexis : ouais exactement je retrouverai ça avec plaisir.  

  

Ermanno : super et puis pour terminer si tu devais passer le micro à quelqu’un pour que tu aimerais entendre s’exprimer sur ce podcast est-ce que tu aurais déjà quelques noms alors on avait Anthony, Clément, Bruno non Anthony c’est la ville t’as balancé pas mal de noms pendant cet épisode mais est-ce qu’il y a une ou deux personnes à qui tu penses particulièrement et peut-être une petite demande une voix féminine ça pourrait être pas mal. 

  

Alexis : alors il faut que je réfléchisse un petit peu quand même. écoute bon c’est lié à Cyclofix mais c’est pas tellement l’objectif je trouve que c’est plutôt pour l’intérêt du propos je trouve intéressant d’échanger avec un réparateur ou une réparatrice itinérante Cyclofix ou pas. mais je pense que ça serait assez chouette parce que de fait ce sont des vélostaffeurs et tu en rencontres beaucoup de vélostaffeurs donc je trouve que ce qu’ils voient et leur expérience est assez riche et vraiment intéressante. alors j’ai pas vu si vous l’aviez fait dans les précédents podcasts mais 

  

Alexis : ouais un magasin de vélo alors moi effectivement je connais Clément et Bruno mais ça c’est un truc aussi assez intéressant parce que je pense qu’il y a pas mal de challenges pour les magasins ils vont probablement devoir évoluer et du coup je trouverais ça assez intéressant et puis ceux qui sont implantés en ville bien sûr rencontrent des vélostaffeurs mais ça je pourrais te donner un nom encore une fois à part Clément et Bruno il faudra que je réfléchisse et que je te partage un nom parce que je suis un peu désarmé là. 

  

Ermanno : bah écoute Clément et Bruno ça ira très bien et puis effectivement si t’as une réparatrice dans ton réseau je veux bien comme ça apportera un petit peu de touche féminine dans ce podcast qui est un petit peu trop rempli de testostérone et puis surtout comme tu le dis pour l’intérêt du propos ça peut être intéressant d’en savoir un petit peu plus. Alexis merci beaucoup d’avoir joué le jeu de ce podcast juste avant de te laisser partir. je te laisse pas partir sans te demander où est-ce qu’on peut retrouver des infos sur Cyclofix et éventuellement dans quelle ville vous êtes actif pour pouvoir réserver notre prochaine réparation de vélo. 

  

Alexis : ouais c’est sympa écoute bien sûr sur Cyclofix.com 

  

Alexis : qui permet voilà de comprendre le service qu’on propose comment est-ce qu’il est effectué par les réparateurs qui permet de réserver facilement l’application mobile également là on a une toute nouvelle app on est vraiment content de la mettre en ligne parce qu’elle avait pas changé pendant longtemps tout le monde disait votre app elle est pas belle franchement vous pourriez faire mieux. donc là il y a l’app aussi qui est remise au goût du jour et qui est très facile pour réserver une intervention. et au niveau des villes le service est présent dans pas mal de villes aujourd’hui c’est 14 grandes villes françaises et leur première couronne mais pour te citer les plus actives bien entendu Paris également Lyon, Lille, Bordeaux, Strasbourg, Nantes, Rennes, Toulouse voilà et d’autres elles sont toutes citées sur le sur le site et sur l’app. peut-être la petite précision c’est que la personne qui cherche une intervention sur Cyclofix même s’il n’y a pas forcément de réparateur qui opère dans sa zone géographique on a quand même affiché les magasins qui se trouvent à proximité de l’adresse sélectionnée pour malgré tout aider le cycliste à trouver une solution pas trop loin de là où il aimerait faire réparer son vélo et ça, ça passe pas par Cyclofix puisque du coup c’est juste les coordonnées des magasins et après c’est au cycliste de faire le boulot de le contacter mais au moins il a l’info. 

  

Ermanno : c’est cool c’est fair play. bah écoute Alexis merci beaucoup d’avoir passé du temps avec moi merci encore une fois d’avoir joué le jeu de ce podcast je te souhaite une bonne continuation et puis bon retour à la maison en vélo cargo alors 

  

Alexis : merci beaucoup Ermanno, à bientôt.  

  

Ermanno : à bientôt, ciao. 

co-fondateur du podcast et co-auteur du livre DEVENIR TRIATHLÈTE
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Podcasts, SwimRun, UltraRunner et Papa x 4 enfants je cours après le temps, mes passions et mes petits amours.