« Pour moi le Vélotaf c’est un mode de vie et qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente ou qu’il fasse une chaleur étouffante, je ne conçois plus d’aller au travail autrement ! » – Alexandre Ricaud
Avec Alexandre, nous sommes revenus sur son histoire, sa relation au sport, sa pratique du Vélotaf et surtout, les actions qu’il mène avec U Win Bike pour aider les entreprises à inciter leurs salariés à favoriser l’utilisation des mobilités douces.
Pour contacter notre invité via Linkedin, c’est par ici.
—
Ce podcast animé parErmanno DI MICELIest proposé par l’ONGTwoWheelTuesday(@2wteu), et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique duVélotaf.
—
Send in a voice message: https://podcasters.spotify.com/pod/show/velotaf/message
Full Transcript
Ermanno : Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans un nouvel épisode du podcast Vélotaf. Aujourd’hui, on va descendre un petit peu en dessous de Paris pour recevoir notre invité. On devrait l’entendre à l’accent que j’ai senti déjà un petit peu chantant en off en préparant cette interview. En tout cas, bonjour à toi Alexandre, Alexandre Ricaud de UWinBike. Bonjour. Oui, bonjour. Comment vas-tu aujourd’hui ?
Alexandre : Ça va très bien parce que je suis venu à vélo comme tous les jours, donc ça va toujours très bien. Et voilà, quand tu fais du vélotaf, tu es obligé d’être toujours en forme, sinon tu as des difficultés à avancer en fait.
Ermanno : C’est clair. Bon, et puis je ne te pose pas la sempiternelle question, comment est le temps chez toi ? Parce que tu vas nous raconter ça, mais je crois que tu es un peu en dessous de Paris, donc forcément le temps doit être beau.
Alexandre : Alors, en début de semaine, c’était plutôt pluvieux et maintenant, aujourd’hui, il fait beau, effectivement.
Ermanno : Alors justement, je disais que tu étais un petit peu en dessous de Paris, mais on n’en sait pas beaucoup sur toi. Donc, les premières questions de ce podcast sont toujours consacrées exclusivement à nos invités. Donc Alexandre, je vais te passer le micro pour que tu nous en dises plus sur toi. Qui es-tu ? Quel âge as-tu ? Que fais-tu dans la vie ? Et quelle idée folle t’est passée dans la tête il y a quelques semaines ?
Alexandre : Je m’appelle Alexandre, j’ai 49 ans, donc bientôt 50 ans. Je suis marié, j’ai deux enfants. Alors, tu parlais de l’accent toulousain, alors ce n’est pas tout à fait juste. J’ai un peu la double nationalité, je suis breton et occitan en fait. Je suis breton du côté de ma mère et Toulouse du côté de mon père. Donc, j’ai vécu en Bretagne jusqu’à l’âge de 13 ans et depuis, je suis dans le sud-ouest. Donc, j’ai un peu une double origine.
Ermanno : Tu me disais donc que tu as la double nationalité, breton d’un côté, occitan de l’autre. Malgré tout, en ce moment, tu es plutôt dans la région de Toulouse.
Alexandre : Oui, tout à fait. Ça fait donc plus de 30 ans que je vis dans la région toulousaine. C’est là où je vis. Je travaille dans une grande entreprise en fait.
Ermanno : Toulouse, grande entreprise. Est-ce que tu veux nous parler justement de ton employeur actuel ? En tout cas, il y a une très belle photo de toi sur LinkedIn. Il faudra qu’on en parle d’ailleurs de cette photo, mais peut-être pour un autre podcast. Enfin, déjà, je te laisse continuer ta présentation.
Alexandre : Ça fait déjà pas mal de temps que je vis sur Toulouse. Ça fait assez longtemps en fait que je me déplaçais en voiture pour aller au travail puisque j’habitais à plus de 35 kilomètres. Et donc, de manière un peu classique et habituelle, j’y allais en voiture et il ne me serait même pas venu à l’idée d’y aller à vélo en fait. Et ce qui s’est passé, c’est qu’il y a 20 ans maintenant, c’était en 2001, je me suis remis un peu tardivement à faire du vélo pour le sport en fait. Parce que je m’étais inscrit dans un club de ride, ride multisport. Et comme il y avait de la course à pied que je pratiquais déjà, mais aussi du vélo, il fallait faire du VTT, du coup, je me suis mis, j’ai acheté un VTT et voilà comment je suis revenu en fait au vélo.
Ermanno : Revenir au vélo, ça n’explique pas l’utilisation du vélo au quotidien pour aller au travail ?
Alexandre : Oui, tout à fait. Donc, ça a été un long cheminement en fait. Alors pourquoi ? Parce que comme tout le monde, j’ai commencé à faire du vélo à 4-5 ans. Après, j’en ai fait jusqu’à l’âge de 14 ans. Et puis, à 14 ans, je rêvais d’avoir une mobilette pour avoir plus de liberté. Donc, à 14 ans, j’ai eu une mobilette. À 18 ans, j’ai eu une voiture. Et le vélo, je l’ai complètement ignoré. Donc, il y a 20 ans, je me suis remis au vélo via le VTT. Et puis après, j’ai acheté un vélo de route. Et j’ai eu un événement dans ma vie qui m’a fait me rapprocher en fait de mon lieu de travail. Donc, je n’étais plus à 35 kilomètres, mais à 11 kilomètres de mon travail. Et donc, j’habitais beaucoup plus en ville en fait. Et tout de suite, je me suis rendu compte de la galère avec les embouteillages et les bouchons qui pour moi étaient un calvaire en fait. Et donc, j’ai eu l’idée, comme d’autres, de me dire, tiens, pourquoi pas commencer, essayer d’y aller à vélo. Donc, j’y suis allé une fois pour voir un petit peu comment ça se passait. Déjà, je ne savais pas trop par où passer. J’ai trouvé un itinéraire un peu sympa, un peu sécurisé. J‘ai commencé à m’y mettre. Et puis, une fois, deux fois, trois jours par semaine. Et depuis, c’est devenu mon moyen de transport du quotidien, que ce soit l’été ou l’hiver en fait. Donc, moi, je le pratique avec un vélo musculaire, comme on dit maintenant. Donc, le terme était… C’est assez incroyable. C’est arrivé en résonance un peu par rapport au vélo électrique. Donc, maintenant, on dit vélo musculaire. Donc, moi, ce qui me fait avancer, ce sont mes jambes. Donc, du coup, je cumule pas mal de choses. Donc, je cumule le déplacement et l’exercice, l’activité physique, un peu de sport qui me sert pour toutes mes activités du week-end en fait. Voilà en fait pourquoi je me suis mis à faire du vélotaf quotidiennement. C’est vraiment les raisons principales au départ.
Ermanno : Alors, ces raisons principales, comme tu dis si bien au départ, est-ce que depuis, elles ont évolué ? Est-ce que tu nourris certaines convictions personnelles sur l’utilisation du vélo ? Au quotidien et en particulier pour se déplacer, pour aller jusqu’à son lieu de travail, le bien nommé vélotaf ?
Alexandre : Alors, c’est vrai qu’au début, je suis venu un petit peu par souci, on va dire, égoïste quelque part. C’était vraiment pour moi, pour faciliter ma mobilité. Et puis, très rapidement, je me suis rendu compte que sur mon parcours, je pouvais rouler sans avoir de problème de bouchon, etc. Je doublais des files de voiture qui étaient perpétuellement dans les bouchons, un peu comme moi avant. Je me suis dit, là, il y a quand même une vraie solution de mobilité si on arrivait à l’étendre. Et puis, après, tout ce que ça provoque, dont on n’a pas conscience au début, par exemple, le fait d’être toujours en forme. C’est un peu ce que je disais au début. Donc, ça a un vrai impact sur la santé, la santé physique, la santé mentale. C’est-à-dire que quand on arrive au travail, on est tout de suite détendu. Quand on n’arrive pas dans une situation, on était dans un bouchon, on était coincé dans sa voiture. Donc, des effets bénéfiques sur la santé, je l’ai dit, sur la mobilité. Et puis, bien entendu, ce qui arrive de plus en plus, c’est toutes les conséquences positives, tous les impacts positifs sur les émissions de gaz à effet de serre, donc de CO2. Ça, c’est pour le climat, c’est pour l’environnement. Et puis, après, tout ce qui est réduction d’émissions de particules polluantes, donc les oxydes d’azote et les particules fines ce qu’on appelle les NOx et les PM10, en fait. On s’aperçoit qu’il n’y a que des avantages, en fait. Et j’ajouterais aussi peut-être la réduction du bruit dans les villes.
Ermanno : Très clairement. Et même le vélo électrique, pour le coup, peut aider à la réduction du bruit dans les villes. Je pense que ce n’est pas un secret puisque tu l’affiches très clairement et très fièrement sur ton profil LinkedIn. Tu travailles pour Airbus. Est-ce que, justement, tes convictions personnelles sur le vélotaf ne viennent pas en opposition ? Avec ton poste au sein de l’innovation chez Airbus ?
Alexandre : Non, parce que dans notre entreprise, nous participons aussi, malgré tout, à réduire l’empreinte environnementale de l’aéronautique. Et c’est quelque chose de réel. Donc, il y a ça. Et puis, je veux dire, il y a l’industrie, mais il y a aussi les salariés, tous les acteurs qui travaillent dans l’industrie et qui sont avant tout des citoyens aussi. Qui se déplacent et qui ont un rôle à jouer, ne serait-ce qu’avec la mobilité, en fait.
Ermanno : Tous les intervenants que j’ai déjà reçus sur le podcast sont plutôt au nord de la Loire. J’ai reçu des gens qui sont sur Paris, des gens qui sont sur Amsterdam, des gens qui sont en Belgique. Et la question que je leur ai souvent posée, c’était, selon eux, quelle était l’opposition principale au vélo TAF et comment la contourner ? Et beaucoup me disent, quand on commence à parler de vélo TAF ou tout du moins d’utilisation du vélo au quotidien, beaucoup de gens pensent à la météo qui n’est pas forcément clémente. Et un peu rebutée par la peur d’être mouillé ou d’être humide en vélo. Une peur qui est souvent contournée par le fait que, finalement, même au nord de la Loire, il ne pleut quasiment jamais en continuité toute la journée. Donc, si on peut décaler un petit peu son voyage de quelques minutes, on évite d’être mouillé. De ton côté, toi, à Toulouse, c’est plutôt l’opposé qui s’annonce. C’est-à-dire qu’il fait beau, il fait chaud. Comment est-ce que tu contournes ce problème-là en vélo pour éviter d’arriver en arbre, mais pour le coup, pas à cause de la pluie, plutôt à cause de la sueur, d’un trajet un petit peu plus dynamique, surtout que tu utilises le vélo, comme tu l’as dit, musculaire ?
Alexandre : C’est vrai que la météo, c’est un sujet. Je ne sais pas quel dicton dit ça. Il n’y a pas de mauvaise météo, il n’y a que de mauvais équipements. Et ce n’est pas faux parce que quand on va faire du ski, on ne va pas faire du ski avec un jean et des tongs. Donc ça, c’est la réalité. Il faut apprendre. Il faut apprendre à s’équiper. Après, le vélo, je crois que globalement, je pense que tout le monde sait faire du vélo. En tout cas, beaucoup de monde sait faire du vélo parce qu’on est gamin, on a souvent appris à faire du vélo. Mais savoir pédaler, c’est une chose, mais savoir faire du vélo en ville ou pas forcément en ville, mais aussi peut-être dans les zones rurales pour se déplacer, c’est quelque chose qui s’apprend. C’est-à-dire qu‘il faut apprendre sur le matériel, avoir le bon matériel. Et donc pour le vélo, mais aussi pour soi. Donc concernant la pluie, il faut savoir s’équiper. Alors moi, j’ai une pratique un peu particulière parce que moi, je m’en sers pour faire du vélo sport aussi. Donc moi, la pluie ne me dérange pas beaucoup en fait. Par contre, j’ai des amis, j’en ai croisé encore hier, qui viennent en vélo électrique et qui, eux, maintenant, se sont équipés avec… avec des vêtements vraiment adaptés pour protéger le haut du corps, le bas du corps, etc. Donc la pluie, oui, ça mouille, mais on peut s’adapter en fait. Et puis moi, j’ai la chance aussi d’avoir des douches, bien entendu, sans quoi je ne pourrais pas pratiquer le vélo que je pratique au quotidien.
Ermanno : Alors pour la pluie, OK, finalement, la pluie en soi, c’est pour ainsi dire assez simple. On se couvre et on évite les gouttes. Et puis, éventuellement, si on a des lunettes, on s’arrange pour pas qu’elles soient trop mouillées ou on met en place un système d’essuie-glaces. Blague à part, pour la pluie, finalement, c’est se couvrir pour éviter les intempéries. OK, par rapport à la température parfois un peu élevée à Toulouse ou par rapport au soleil, comment est-ce que, pour le coup, tu te protèges en vélotaf ? Ou comment est-ce que tu t’assures d’arriver entier et pas liquéfié au travail ?
Alexandre : Les jours où il fait vraiment chaud, forcément, j’arrive en transpirant beaucoup. Mais encore une fois, moi, j’ai la chance d’avoir une douche, donc je me douche et puis après, il n’y a plus aucun problème. Alors pour les gens qui n’ont pas la douche et puis qui ne veulent pas prendre la douche pour différentes raisons, j’en connais. J’ai des collègues qui viennent en vélo électrique. Ce qu’ils font le matin, c’est même quand il fait très chaud, ils mettent l’assistance au maximum le matin pour arriver dans un état correct au travail. Et par contre, le soir, ils diminuent l’assistance. Pourquoi ? Pour faire un peu plus d’activité physique, en fait. Ce que je pourrais ajouter aussi, c’est que moi, je fais vraiment du vélotaf quotidien depuis 16 ans. Sur mon trajet de 11 km, j’ai fait à peu près une fois et demie le tour de la planète, à peu près 60 000 km. Et pendant cette période, j’ai eu à peu près toutes les météos possibles et imaginables. Je fais du vélo de moins 15 jusqu’à plus 40. Et j’ai vraiment eu toutes les conditions météo, de la neige, etc. Beaucoup moins de neige depuis quelques années, d’ailleurs. Mais tout ça pour dire aussi que la pluie, c’est comme tu le disais tout à l’heure. Alors oui, il pleut. Il y a des jours où il pleut. Mais les jours où j’ai vraiment pris de très très grosses averses, c’est extrêmement rare, en fait. Donc voilà, il y a des pluies fines. Oui, j’en ai pris un peu. Ça m’arrive encore. Mais voilà, ce n’est pas quelque chose qui est vraiment gênant, en fait.
Ermanno : De l’utilisation de ce vélo, de la pratique du Vélotaf au quotidien, il t’est venu une idée saugrenue, pour ainsi dire, de créer une entreprise autour de l’utilisation du vélo. Est-ce que tu peux nous en parler un petit peu plus ? Déjà, nous donner le nom de cette entreprise, ce qu’elle propose comme service, et puis quelles sont les valeurs, les convictions qui règnent au sein de cette entreprise quant à l’utilisation du vélo ?
Alexandre : Cette entreprise, aujourd’hui, s’appelle Uwinbike, U-W-I-N-B-I-K-E. Voilà, tout de suite, on a opté pour un nom à consonance anglophone, puisque très rapidement, on a eu des demandes d’autres pays européens, notamment de l’Italie, en fait. Donc voilà pourquoi on n’est pas parti sur un nom français, parce qu’on a une vraie ambition européenne. Alors, l’origine du projet est née en 2015, pendant la COP21, en fait. Donc, je ne sais pas si tout le monde se rappelle de cette époque. Il y avait eu un événement assez marquant. Donc, la COP21, ça a été quand même un élément fondateur, enfin, je l’espère, pour tout ce qui est réduction des gaz à effet de serre. Et à cette époque-là, il y avait une loi, la France avait travaillé sur une loi qui s’appelait l’IKV, indemnité kilométrique vélo, et qui, au début, devait être obligatoire. Donc, c’est-à-dire que tous les employeurs… tous les employeurs de France auraient dû indemniser les salariés qui venaient à vélo au travail à hauteur de 200 euros par an. Et en pleine COP21, ça paraît incroyable, cette loi est devenue facultative. Donc, de fait, cette loi n’a bien sûr pas eu les effets désirés. Et cette loi proposait malgré tout, tout en étant facultative, d’indemniser à hauteur de 25 centimes par kilomètre les salariés vélo-taffeurs, en fait. Et à cette époque-là, je me suis posé une question, je me suis dit, mais comment on va faire pour justifier qu’une personne fait 5 kilomètres, fait 10 kilomètres, puisque c’était indexé sur le nombre de kilomètres ? Et puis, faute de solution, l’État a proposé la déclaration sur l’honneur, en fait, aux entreprises. Et donc, le bilan, au bout de deux ans, donc là, c’était en 2018, bien entendu, la loi en termes de déploiement a été un échec, puisque la loi était facultative. Donc, très peu d’entreprises l’avaient mis en place. Malgré tout, sur les entreprises qui l’avaient mis en œuvre, on a constaté plus 69% de vélo-taffeurs dans les entreprises, avec une indemnité de 200 euros. Donc, ça, ça a démontré que cette loi avait un effet positif et bénéfique sur la mobilité à vélo dans les entreprises. Donc, ça, ça a été un fait. Ensuite, l’IKV, pour diverses raisons, a été remplacé. Ensuite, l’IKV, pour diverses raisons, a été remplacé. Donc, c’était l’an dernier, par la loi Forfait Mobilité Durable. C’est un module, on va dire, de la loi d’Orientation des Mobilités. Le Forfait Mobilité Durable, du coup, était étendu, par exemple, au covoiturage. Donc, ça ne concernait pas que le vélo. Et le montant est passé de 200 euros à 400 euros, maintenant, il est passé à 600 euros. Par contre, la loi est, malheureusement, toujours facultative. Donc, avec d’autres, je me bats pour qu’elle devienne obligatoire, et qu’elle prenne vraiment tout son sens, en fait. En fait, un petit peu avant que les décrets soient publiés, il y a des entreprises de la région toulousaine qui m’avaient contacté. Sachant un petit peu ce que je faisais dans le web, dans l’innovation, ils m’avaient demandé, mais Alex, est-ce que tu n’aurais pas une solution à nous proposer pour un petit peu en opposition, on va dire, à la déclaration sur l’honneur, parce que nous, on n’en veut pas, on voudrait un vrai justificatif de pédalage. Et UWinBike est né, en fait, de ce besoin. Donc, un besoin des entreprises et moi, de ma volonté de promouvoir le vélotaf un petit peu partout et des connaissances que j’avais de l’innovation et du digital, en fait.
Ermanno : Une belle histoire qui est finalement née grâce à cette COP21, mais surtout grâce à un besoin clair et précis que tu as pu identifier par rapport aux requêtes que t’ont fait tes connaissances. UWinBike voit le jour. Où est-ce que vous en êtes ? Donc, deux ans. Deux ans après, après que la pandémie soit passée par là, parce qu’on ne va pas se le cacher, la pandémie a, je pense, modifié aussi un petit peu les habitudes d’utilisation des véhicules, que ce soit les véhicules classiques ou les véhicules qui font partie de la mobilité douce. Donc, deux ans après avoir lancé UWinBike et une pandémie en plein milieu, où en êtes-vous ? Est-ce que le bilan est positif et est-ce que vous avez fait évoluer votre offre de service ?
Alexandre : Le bilan est forcément positif pour nous, parce que dès le départ, en fait, on a compris l’intérêt pour notre solution, parce que très peu de temps après avoir lancé l’initiative, même sans avoir créé l’entreprise, on a été lauréat d’un concours de la région Occitanie qui s’appelait « Ma solution pour le climat ». Ensuite, on a été retenu pour un appel d’offre avec Ticeo sur Toulouse. Ticeo, c’est l’autorité organisatrice des mobilités sur Toulouse. Donc, on a fait une vaste expérimentation avec cette entreprise. Et là, jusqu’à la fin de l’automne, on termine une expérimentation aussi avec Île-de-France Mobilité, pour qui aussi on a été lauréat d’un concours. Donc, on sent qu’il y a vraiment une appétence et un souhait réel d’améliorer la mobilité, notamment la mobilité active. Donc, on travaille avec des collectivités, on travaille avec des entreprises, on travaille avec des autorités organisatrices de la mobilité. On collabore aussi avec des associations. On touche un public, je dirais, assez large, en fait. Donc, aujourd’hui, le bilan, on est à peu près à 1500 inscrits sur la plateforme. Et ça grimpe vraiment tous les jours. On en est à plus de 80 000 kilomètres de vélotaf enregistrés. Donc, ça correspond à peu près à 8 000 trajets. Et on a cumulé aujourd’hui 15 tonnes d’économies, de CO2. Ces tonnes de CO2, on les calcule aujourd’hui, bien sûr, par rapport à la voiture. On va essayer d’affiner ça un petit peu dans le futur. Mais aujourd’hui, on a pris cette règle-là. Donc, ce qu’on va rajouter aussi, bien entendu, très prochainement, ça va être les économies d’oxyde d’azote et de PM10. Aujourd’hui, on a commencé sur notre ville, sur Toulouse. On est aussi très présents sur Montpellier. Et maintenant, aussi, sur la région parisienne. On se développe sur Strasbourg. Et hier, on était en contact avec une entreprise de ville urbaine sur Lyon. Donc, ça se développe vraiment partout. Et c’est d’autant plus simple que notre solution est complètement digitale et transposable partout très facilement.
Ermanno : Alors, effectivement, tu parles de cette scalabilité, comme on parle dans le monde des startups, de votre solution. Est-ce qu’on peut… Revenir dessus, parce que je me rends compte qu’on n’en a pas vraiment parlé. Quels sont vos services ? Quels services vous apportez aussi bien aux collectivités, aux entreprises que aux vélotaffeurs ?
Alexandre : Donc, comme je l’ai dit, l’origine de UWinBike vient vraiment du besoin de justificatifs de pédalage domicile-travail pour le forfait mobilité durable. Donc, ça, c’est vraiment le premier service qu’on a créé. C’est-à-dire que le salarié cycliste qui vélotaffe tous les jours, à la fin du mois ou à la fin des deux mois, il peut éditer un justificatif. Qu’il va pouvoir remettre à son employeur pour percevoir son indemnité jusqu’à 600 euros par an. Donc, je précise que c’est une indemnité qui est exonérée de charge sociale pour l’employeur et qui est non imposable, en fait.
Ermanno : Ce qui a son intérêt en France.
Alexandre : Oui, oui, tout à fait. Parce qu’il y a… On le sait, on a vu passer une enquête récente, je crois que c’était du mois d’avril de cette année, auprès de centaines d’entreprises et de milliers de salariés. Et en fait, le vrai levier pour se mettre à faire du vélotaf, c’était vraiment l’incitation financière qui arrivait même avant les infrastructures cyclables. Ça paraît étonnant, mais c’était le résultat de cette enquête.
Ermanno : C’est clair. Donc, du coup, vous, ce que vous proposez, donc on l’a bien compris, pour les entreprises, c’est de faciliter le justificatif de pédalage qui permet aux salariés de demander, l’indemnisation. Pour les salariés, c’est justement la possibilité de fournir ce justificatif facilement à leur employeur. Est-ce que vous proposez d’autres services autour de ça ? Puisque le mojo de UWinBike, c’est quand même de faciliter la mobilité active.
Alexandre : Donc, il faut savoir que notre appli fonctionne simplement en apparence, mais à l’intérieur, il y a vraiment un système complexe qui utilise de l’intelligence artificielle et qui est capable de faire deux choses. La première chose, c’est de justifier que le déplacement entre un point de départ et un point d’arrivée a été vraiment fait à vélo ou à pied. Donc, on parle beaucoup de vélo, mais nous, ce qui nous intéresse, c’est la mobilité active dans son ensemble et aussi la mobilité à pied. C’est-à-dire que nous, on va exclure des trajets qui auraient été faits par erreur en voiture, en bus ou en moto.
Ermanno : Et en trottinette électrique, non ?
Alexandre : Alors ça, c’est quelque chose qui est à l’étude parce que c’est un système qui est en train de se faire. Ça va arriver dans le forfait mobilité durable au mois de janvier de l’année prochaine. Donc, c’est quelque chose qui est à l’étude dans nos développements, en fait. Donc, premier élément, nous savons justifier le mode de déplacement. Deuxième chose, nous avons créé une méthode qui permet de caractériser l’objet du déplacement. Donc, le fait que le trajet se fait bien entre le domicile et le travail et le soir entre le travail et le domicile. Donc, c’est la combinaison des deux qui nous permet d’avoir un modèle et d’avoir une qualité de données qui n’existait pas jusqu’à maintenant. Et ça, ça nous permet de proposer un deuxième service qui est la possibilité d’organiser des challenges Vélotaf, en fait. Challenges Vélotaf, donc soit des challenges individuels, soit des challenges par équipe pour jouer un petit peu sur l’esprit de compétition. Et des challenges qui peuvent être ouverts à tout le public, c’est-à-dire à toute la communauté UWinBike ou alors qui peuvent être limités ou un peu privés et réservés à une entreprise. Donc, ça, c’est vraiment quelque chose qui est innovant et qui marche beaucoup. Donc, on a des challenges qui sont en cours sur Toulouse et on a un challenge qui a été organisé par Saint-Quentin en Yvelines, en fait, et qui regroupe tout un tas d’entreprises. Donc là, on peut faire des challenges aussi inter-entreprises pour donner un côté un peu fun, en fait, à l’expérience. Donc, ça, c’est le deuxième service. Le troisième service sur lequel on travaille, nous avons été retenus aussi pour une nouvelle expérimentation sur Toulouse financée par des certificats d’économie d’énergie qui s’appelle Ecomode. Alors, Ecomode, c’est une plateforme qui vise à récompenser les modes de déplacement alternatifs à la voiture solo, à l’autosolisme, la voiture individuelle. Donc, cette plateforme va venir agréger des données,des données de covoiturage, des données de transport en commun. Et nous, on va pluguer, on va connecter notre solution à Ecomode. Et grosso modo, comment ça marche ? C’est que quand vous allez utiliser UWinBike, avec Ecomode, vous allez gagner un système de points et ces points vous donneront accès après à des biens ou des services. Donc aujourd’hui, UWinBike, on va proposer ces trois services. Les justificatifs de pédalage pour le forfait mobilité durable, les challenges à vélo et Ecomode.
Ermanno : Donc, tu nous l’as dit, l’entreprise existe depuis 2019. On a rapidement parlé de la pandémie tout à l’heure. Est-ce que vous avez vu forcément une baisse d’activité pendant le confinement ? Mais est-ce que vous avez constaté une augmentation, voire même une explosion post-confinement de l’utilisation des mobilités douces ?
Alexandre : Forcément, la pandémie a eu deux effets. Il y a eu un effet lié au confinement et au télétravail qui a fait que beaucoup de salariés dans certaines entreprises, ils ne se sont plus déplacés pour aller au travail. Donc, ça a eu un vrai impact, notamment sur l’expérimentation qu’on a fait avec Ticeo sur Toulouse au début de cette année. Là, ce qui s’est passé, c’est qu’on avait des entreprises qui devaient participer à l’expérimentation et l’effet a été quasi nul parce que les gens étaient en télétravail. Donc, les gens ne se sont pas déplacés. Malgré tout, ce qu’on a constaté aussi, c’est le fait que les gens se sont un petit peu écartés aussi de certains modes de transport. Donc, les transports en commun, bien sûr, et aussi le covoiturage qui a été impacté par la pandémie, par peur du virus et de la transmission. Et du coup, il y a eu un vrai report de la mobilité vers la mobilité active et notamment le vélo. Donc, on l’a vu, avec la création de ce qu’on appelait les coronapistes un petit peu partout dans les grandes villes. Et ça a été aussi le cas à Toulouse, en fait. Bien sûr, ça a eu un impact sur la non-mobilité, le fait de plus se déplacer. Mais les personnes qui se sont déplacées se sont mises aussi à faire un peu plus de vélo, en fait. Et ça a été justifié par des enquêtes et des sondages.
Ermanno : Par rapport, justement, à ce retour, à cette montée en flèche de la mobilité douce et plus particulièrement du vélo, tu nous as parlé de où vous en étiez actuellement. Quels sont vos objectifs pour l’avenir ? Puisque en général, je demande quelles sont vos actions, les actions que vous menez au quotidien, et notamment celles pour favoriser le vélotaf. On en a bien parlé. Maintenant, celles du futur. Qu’est-ce que vous imaginez pour la suite ? Comment est-ce que vous imaginez inciter encore plus les usagers des transports en commun ou de la voiture à switcher, à migrer vers les mobilités douces et en particulier vers le vélotaf ?
Alexandre : Bien entendu, pour nous, le vrai levier auquel on croit, c’est le fait que le forfait mobilité durable devienne obligatoire rapidement, en fait. Nous, on pense que ça va être un thème essentiel pour les prochaines élections présidentielles en France, donc en 2022. Et nous, on croit fermement que ça va arriver 2022 ou 2023. Et ça, ça va avoir un impact énorme sur la mobilité à vélo, parce que les enquêtes l’ont démontré. On peut trouver ça triste ou pas, mais les gens, la population attend une incitation financière pour se mettre à faire du vélotaf de manière plus large, en fait. Et que ce ne soit pas juste réservé à des acharnés comme moi ou d’autres qui font du vélotaf depuis longtemps. Si on veut vraiment que ça se développe, que ça se démocratise, il faut que le forfait mobilité durable devienne obligatoire. Et nous avons la solution pour les entreprises, pour les aider à gérer ça de manière simple et fiable, en fait.
Ermanno : Je voulais réagir parce que tu dis que vous avez la solution pour les entreprises. Tu nous as dit aussi que vous travaillez, vous avez gagné des appels d’offres avec les collectivités. Qu’est-ce que vous mettez en place pour le coup pour les collectivités ? Parce que pour les entreprises, on l’aura bien compris, vous les aidez à avoir ce justificatif pour leurs salariés. Pour les collectivités, est-ce que c’est pour les usagers ? Est-ce que c’est pour les administrés ? Ou est-ce que c’est pour les salariés des collectivités ?
Alexandre : Au niveau des collectivités, donc, ce qu’il faut savoir sur les collectivités, c’est qu’une collectivité en général, elle a deux casquettes, en fait. Elle a un rôle d’employeur et un rôle de gestion, d’administration, de citoyens, d’habitants, d’entreprises, de tout ce qui est social, économique sur un territoire. Donc, il y a des collectivités qui ont besoin de UWinBike pour la mise en œuvre du forfait mobilité durable, tout simplement. Et ensuite, les collectivités ont besoin de données fiables dont elles ne disposent pas, en fait, aujourd’hui pour vraiment mesurer la mobilité active, notamment le vélo sur leur territoire, et aussi pouvoir utiliser de vrais outils pour piloter et gérer les politiques cyclables, les infrastructures cyclables sur leur territoire. C’est ce que nous proposons avec UWinBike parce que UWinBike, bien entendu, l’utilisateur a son compte personnel où ses données personnelles sont propres et lui appartiennent. Par contre, nous, on croit qu’en fait, pour que ce soit vraiment efficace, il faut que les données soient partagées. C’est pour ça que notre solution permet d’agréger et d’anonymiser les données au niveau de l’entreprise et en fait au niveau supérieur, au niveau de la collectivité. Donc la collectivité, ça peut être une comité de communes, mais ensuite, on peut agréger au niveau d’un département, au niveau d’une région et on peut agréger au niveau de l’État et de l’Europe, après, si on le souhaite. Donc il y a vraiment ce besoin-là. On répond également à ce besoin, donc en termes de données. Et puis, les collectivités ont aussi besoin d’animer la mobilité et de participer à la conduite du changement et les challenges que nous proposons vont vraiment dans ce sens, en fait.
Ermanno : Il ne reste plus qu’à espérer que UWinBike soit déployé partout en Europe pour pouvoir avoir le maximum de données à agréger et donc de retours à faire aux différentes collectivités.
Alexandre : C’est notre souhait, c’est notre objectif depuis le début, mais nous sommes une petite start-up, on est des petits Poucet, je dirais, et on avance doucement, mais sûrement.
Ermanno : Qui avance doucement, mais sûrement avance sainement, comme on dit en italien. Pour revenir un petit peu à toi et nous diriger tout doucement vers la fin de ce podcast, j’aimerais te demander quel est ton meilleur souvenir de vélotaf, toi qui es un vélotaffeur au quotidien depuis plus d’une quinzaine d’années.
Alexandre : Alors, mon meilleur souvenir, c’est… Je pense que c’est un arc-en-ciel, en fait. C’était un soir où je rentrais du travail, c’était en été, et là, je me suis pris une grosse haussée, en fait. Un très, très gros orage. Donc j’étais trempé, mais à mi-parcours, en fait, le ciel s’est dégagé, et là, devant moi, j’ai eu un des plus beaux arcs-en-ciel que j’ai pu voir dans ma vie, en fait. Donc ça fait partie des petits plaisirs du vélo-taffe.
Ermanno : Et j’espère que ça va donner envie à ceux qui nous écoutent mais qui ne sont pas encore friands du vélo-taffe de s’y mettre. On l’aura bien compris, les aléas climatiques, non seulement ils sont contournables, et puis surtout, parfois, ça permet de vivre de belles expériences. On en a quand même pas mal parlé pendant cet épisode, mais j’aimerais clôturer une question assez simple, peut-être, en évitant de redire, je suis sûr que tu as d’autres idées, ce serait, à ton avis, comment promouvoir véritablement l’utilisation du vélotaf ?
Alexandre : Pour promouvoir l’utilisation du vélotaf, ça va être la conjugaison de plusieurs choses. Donc on l’a dit, les incitations financières dans les entreprises. Alors pourquoi ? Parce que c’est pas ça qui rendra les gens plus riches, bien évidemment. Mais c’est le coup de pouce qui va faire découvrir le vélotaf à une population qui n’en faisait pas. Et je pense que cette population, d’elle-même, elle va se rendre compte de toutes les vertus de cette pratique. Donc il y a vraiment ça, et c’est pourquoi on lutte, on va dire. Mais il n’y a pas que ça, il y a vraiment tout l’ensemble. Il y a bien entendu l’amélioration des infrastructures cyclables. Il y a aussi le fait de pouvoir lutter activement contre un fléau qui est le vol de vélo, en fait. Donc il y a des solutions intéressantes qui existent, notamment une start-up que nous connaissons sur Toulouse, et que tu pourrais justement interviewer pour peut-être pour un podcast. Et on voit que ça va être tout un écosystème, en fait. Donc lié au vélo, mais pas qu’au vélo aussi. Avec tout un volet qu’on adresse aussi avec UWinBike, qui est l’intermodalité. C’est le fait de pouvoir mixer le vélo avec des transports en train, etc. Peut-être des bus beaucoup mieux aménagés qu’aujourd’hui. On croit beaucoup à ça. Il y a le fait de collaborer aussi avec des loueurs de vélo. Tout un écosystème qui est en train de se créer, qui est naissant, et qu’il va falloir continuer d’animer. Je suis intimement convaincu que la loi forfait mobilité durable est une bonne loi. Mais aujourd’hui, elle est un peu compliquée. Il va falloir proposer des solutions plus simples aux collectivités et aux employeurs, pour qu’elles se l’approprient vraiment.
Ermanno : Et que par le ruissellement, ça arrive jusqu’à l’utilisateur final, qui finalement, lui, va grimper sur son vélo pour venir au travail, voire même pour l’utiliser au quotidien.
Alexandre : Tout à fait. Donc aujourd’hui, malgré les effets positifs de la… Enfin, je veux dire…
Ermanno : Non, mais je pense que tu peux le dire, les effets positifs de la pandémie, parce qu’on ne peut pas trouver que des effets négatifs, n’est-ce pas ?
Alexandre : Voilà, sur la mobilité, grosso modo, on en est toujours à 3-4% de mobilité à vélo en France, contre 70% en voiture, en fait. Donc, le forfait mobilité durable obligatoire aura un autre effet, qui va être d’augmenter la masse critique, en fait, de vélotaffeurs, qu’on passera de 3% à 9-10%. Alors, je rappelle que ça, ces chiffres-là, ce sont les objectifs de l’État, pour Paris 2024, en fait. Donc ça, c’est pas UWinBike qui le dit, c’est les objectifs de l’État. Quand on va atteindre 9 ou 10%, il y a beaucoup de choses qui vont se passer parce que la masse critique, en fait, de vélotaffeurs aura augmenté. Et quand on pèse 9-10%, on pèse un peu plus sur la société.
Ermanno : Je suis tout à fait d’accord avec toi et j’ai notamment eu la chance d’avoir un échange avec le directeur général de Paris La Défense cette semaine, pour parler notamment d’infrastructures en vélo et, effectivement, on sent bien que quand la masse critique va être atteinte, le discours sera tout autre, en tout cas du côté politique. Le discours et les actions, j’espère.
Alexandre : C’est ce à quoi on croit. Je sais qu’au niveau du vélotaf, il y a un autre courant qui milite plutôt qu’il faut améliorer d’abord les infrastructures cyclables. C’est vrai, c’est une évidence. Mais aujourd’hui, ce qui se passe, c’est qu’il y a un réseau cyclable qui n’est peut-être pas parfait, en tout cas, celui de Toulouse, on le connaît bien. Mais même s’il est imparfait, il existe et il faut inviter déjà les gens à utiliser le réseau existant. Et pour améliorer ce qu’on doit améliorer dans le futur. Mais rien que sur ça, on peut gagner beaucoup de pourcentages de part du marché du vélo sur la mobilité. Donc, ce sont ces actions conjuguées. Parce que si on attend que les infrastructures cyclables, on voit ce que donnent les budgets, etc. C’est quelque chose qui n’y arrivera pas avant des années, voire des dizaines d’années. Donc, le fait de commencer à mettre des gens déjà sur le réseau cyclable existant, en essayant de protéger aussi la pratique, ça aura un effet bénéfique sur tout le reste.
Ermanno : C’est en tout cas ce que l’on espère. Je pense qu’on est bien alignés là-dessus. Je voulais encore revenir à toi. Et on a parlé de ton utilisation du vélo au quotidien. Par contre, tu ne nous as pas parlé des outils que tu utilises au quotidien. Alors, est-ce que tu peux nous parler déjà du vélo que tu utilises ? On l’aura compris, c’est un vélo musculaire. Mais est-ce que tu as d’autres petits tuyaux pour ceux qui se mettent ou ceux qui pratiquent déjà le vélo taf, mais qui sont en recherche d’innovation ?
Alexandre :Sur la pratique du vélo, il y a vraiment deux types de vélos aujourd’hui. C’est le vélo musculaire ou le vélo assistance électrique. Moi, j’utilise, comme on l’a compris aujourd’hui, que le vélo musculaire. Tant que je peux, j’utiliserai ça parce que je trouve que ça a beaucoup d’intérêt en tout cas de mon point de vue. Alors moi, j’utilise un vélo, c’est un gravel en fait. Le gravel, c’est un vélo qui est dérivé du cyclocross et qui ressemble à un vélo de route mais qui est beaucoup plus costaud, qui est renforcé, qui est plus lourd qu’un vélo de route, mais qui pour moi, a un usage très utile en ville. C’est-à-dire qu’il est vraiment costaud, il supporte bien les chocs par rapport au trottoir, etc. Et il me permet de rouler malgré tout assez vite. J’aime bien appuyer sur les pédales. Ce que j’appelle rouler vite, c’est à peu près 30 kmh en rythme de croisière. Je ne suis pas non plus un professionnel et un cycliste du Tour de France.
Ermanno : Mais ça, c’est ton biais lié à la vitesse que tu rencontres dans ton métier au quotidien. Chez Airbus, forcément, vous avez une vitesse plutôt élevée.
Alexandre : Peut-être, mais je pense qu’il n’y a pas de lien. J’aime rouler vite parce que j’aime l’effort physique. Je pense que c’est plutôt lié à ça.
Ermanno : En dehors du vélo, qui est, on l’aura bien compris, un gravel, est-ce que tu as d’autres petits outils que tu utilises au quotidien ? Peut-être un outil pour te repérer ou un outil pour suivre la météo ?
Alexandre : L’outil que j’utilise, c’est un thermomètre qui se trouve à l’extérieur chez moi. Et en fait, au degré près, je sais comment m’habiller pour aller au travail à vélo. Ça va aussi paraître paradoxal, mais en hiver, au début, quand j’ai commencé à faire du vélo en hiver, j’avais tendance à trop me couvrir. Donc, à vélo, quand il fait froid, il faut passer l’impression des deux premiers kilomètres. En tout cas, quand on fait du vélo musculaire. Parce que forcément, il fait froid, donc on a froid aux mains, on a froid un peu partout. Mais très rapidement, on monte en température. Et si on est trop couvert, après, on a tout simplement trop chaud. Avec l’expérience, j’ai appris à me couvrir juste comme il faut. Voilà. C’est le seul outil que j’utilise. Après, bien entendu, j’utilise un antivol costaud. Pas les petits antivols à câble. Il faut bien entendu proscrire ce type d’antivol. Il ne faut pas accrocher son vélo à ce qu’on appelle les pince-roues. C’est-à-dire les pièces de petits d’arceaux sur lesquelles on va juste fixer la roue avant. Parce qu’il suffit de dévisser la roue avant, le voleur peut partir avec tout le reste du vélo. Donc, vraiment, attacher son vélo avec un antivol costaud au niveau du cadre, en fait. Donc, après, comme outil, bien entendu, le casque, évidemment.
Ermanno : L’accessoire indispensable pour le vélotaffeur.
Alexandre : Alors, je sais que c’est un sujet polémique dans l’andernot du vélo, du vélotaf. Pour moi, il n’y a pas de sujet sur ça. Pour moi, c’est obligatoire. Je l’impose à mes enfants, bien entendu, mes enfants vont au collège à vélo et ils sont toujours allés à l’école à vélo. Mais, je n’arrive pas à faire porter le casque à ma femme, par exemple. Pour avoir chuté, je ne vais pas dire le nombre de nombreuses fois, mais ça m’est déjà arrivé que ce soit en VTT ou bien sur des trajets de vélotaf. Le casque, ça protège vraiment. Et puis, l’hiver, bien entendu, avoir des éclairages adaptés et corrects autant à l’avant qu’à l’arrière et porter un gilet fluo pour être vu, en fait. Donc, ça veut dire que je sais adapter vraiment mon équipement en fonction de ma pratique hiver, été, quand il fait jour ou quand il fait nuit.
Ermanno : Voilà. Donc, comme ça, encore une fois, s’il y en a qui se posaient la question de se mettre au vélotaf ou même qui le pratiquent déjà, mais qui ne sont pas encore au fait de tous les petits outils ou des bonnes pratiques, eh bien, vous avez tout ce qu’il vous faut. Enfin, une dernière question, Alexandre, si tu devais passer le micro à quelqu’un que tu aimerais entendre sur ce podcast, est-ce que tu aurais quelques recommandations à me faire ? Et puis, peut-être déjà la start-up dont tu parlais qui propose des solutions pour lutter contre le vol de son vélo ?
Alexandre : Oui. Donc, avec UWinBike, on appartient à un regroupement qui s’appelle La Vélo Vallée, qui se trouve sur la région toulousaine et en Occitanie. Donc, il regroupe pas mal d’acteurs et de métiers du vélo. Dans ce regroupement, dans La Vélo Vallée, il y a une start-up qui s’appelle Morio, qui est dirigée par Jean Venet et qui propose des solutions connectées pour éviter les vols de vélo. Et en tout cas, si le vélo est volé, pouvoir le retrouver très rapidement et facilement. Donc, c’est une solution pour moi qui est vraiment d’avenir et je crois même qu’on pourrait trouver des synergies entre Morio et UWinBike.
Ermanno : Je vais essayer de les contacter. Je serais vraiment enchanté également de les avoir avec moi sur le podcast et puis éventuellement, je te demanderais une petite mise en relation. Oui, bien entendu. Pas de souci. Je pense qu’on a parlé de tous les sujets qui pouvaient tourner autour de UWinBike et du Vélotaf et notamment de ton utilisation. Pour terminer, je te laisse quand même pas partir sans nous rappeler où est-ce qu’on peut trouver plus d’informations sur toi et sur UWinBike?
Alexandre : Alors, pour trouver plus d’informations, c’est très simple. Il faut aller sur www.uwinbike .com C’est U-W-I-N-B-I-K-E Alors là, notre slogan, c’est YouBike, YouWin. Traduit en français, ça veut dire on a tous à gagner à utiliser UWinBike et surtout le Vélotaf. Donc, même si vous n’utilisez pas UWinBike, Vélotafez tant que vous pouvez.
Ermanno : Eh bien, écoute, je pense que c’est une très belle conclusion pour cet épisode. Je te remercie beaucoup d’avoir accepté notre invitation et puis je te donne rendez-vous bientôt sur les routes de Toulouse en vélo, évidemment.
Alexandre : Tout à fait. Si vous me croisez, ce sera plus à vélo qu’en voiture sur Toulouse. Merci et merci à toi.
Ermanno : Super. Merci beaucoup, Alexandre. A très bientôt. Merci, au revoir.