« On est le Netflix du vélo » – Benjamin DE TERSSAC
Depuis notre entretien, Benjamin DE TERSSAC a changé de poste, mais il s’est exprimé en tant que manager Europe de Swapfiets, un service de location de vélos et deux-roues électriques, sous forme d’abonnements « tout compris ».
Résidant d’une ville où le vélo est roi, Amsterdam, Benjamin vient nous parler de son parcours, de sa pratique du Vélotaf, et nous partager sa vision de la mobilité douce, le tout saupoudré de quelques anecdotes personnelles !
Pour contacter notre invité via Linkedin, c’est par ici : https://nl.linkedin.com/in/benjamindeterssac
Et le site Swapfiets : https://swapfiets.fr
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Ce podcast animé parErmanno DI MICELIest proposé par l’ONGTwoWheelTuesday(@2wteu), et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique duVélotaf.
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Full Transcript
Ermanno : Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans un nouvel épisode du podcast Vélotaf. Cette fois-ci, j’ai la chance de recevoir un nouvel invité qui va pouvoir se présenter, à savoir M. Benjamin de Terssac. Salut Benjamin !
Benjamin : Salut, merci de me recevoir.
Ermanno : Alors attends, Benjamin de Feidit, de Terssac, les deux noms c’est ça ?
Benjamin : Oui, mais j’utilise que mon nom usual, Benjamin de Terssac. C’est toujours un peu plus facile pour les entretiens et aussi pour les boîtes mail quand tu dois donner ton email à quelqu’un.
Ermanno : C’est clair. Écoute, bienvenue dans un nouvel épisode du podcast. J’ai coutume de laisser le micro à mon invité pour qu’il se présente. Donc, je t’en prie, le micro est à toi. Dis-nous tout. Qui es-tu ? Que fais-tu ? Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? Et puis, est-ce que tu pratiques le vélotaf ?
Benjamin : Oui, bien sûr. Écoute, alors qui je suis d’abord ? D’où je viens ? Je suis Toulousain, ça va peut-être s’entendre un petit peu dans l’accent. Je suis né, j’ai grandi, j’ai fait toutes mes études à Toulouse. J’y suis resté jusqu’à l’âge de 25 ans. Suite à mon diplôme en poche, je suis parti au Moyen-Orient avec un contrat donnant chez BNP Paribas. J’y suis resté 10 ans. Donc oui, ça m’a plu. Là-bas, je n’étais pas du tout familiarisé avec le vélo ou le vélotaf. Mais on va y revenir parce que je pense que c’est intéressant. Et après 10 ans d’aventure entre management consulting et entrepreneuriat, notamment dans la mobilité, on a décidé avec mon épouse de revenir en Europe. Et donc, on s’est établi à Amsterdam. Où je vis depuis 4 ans. Ça fait maintenant un an que je travaille chez Swapfiets. Donc SwapFit, c’est le premier abonnement vélo en Europe. Donc en fait, qu’est-ce qu’on fait ? On propose des vélos en abonnement, tout inclus. Réparation, assurance contre le vol. Voilà, entretien sur plusieurs gammes de vélos, mécaniques, électriques. Puis on a aussi des trottinettes, des scooters électriques. Et je suis donc General Manager pour l’Europe du Sud et le UK. Donc c’est la France, l’Italie, l’Espagne et le UK.
Ermanno : Europe du Sud et tu es établi à Amsterdam. Parce que tu chapotes l’Europe du Sud via Amsterdam ?
Benjamin : Non, c’est un très bon point. En fait, SwapFit, c’est une entreprise néerlandaise. Donc notre siège social est à Amsterdam. On a à peu près 150 personnes ici au siège social. Et l’entreprise a à peu près 70 magasins en Europe. Donc on opère dans plus de 70 villes, 9 pays. Et on a déjà séduit… 250 000 utilisateurs depuis qu’on est lancé en 2014.
Ermanno : Ok, bon, on pourra reparler un petit peu de SwapFit tout à l’heure. Moi, je voudrais vraiment commencer cette première partie de l’entretien avec toi. Tu es à Amsterdam. Merci pour l’avoir précisé. Donc j’imagine que, contrairement au Moyen-Orient, cette fois-ci, le vélo taf, tu y es un petit peu plus accommodé.
Benjamin : Carrément. Alors qu’on est arrivé, pour la petite histoire, tout le monde se déplace à vélo ici. Ce n’est pas un cliché, vraiment. Vraiment, tout le monde. On ne savait pas, ma femme et moi, on était habitués de descendre de notre immeuble, rentrer dans notre voiture, aller jusqu’à notre lieu de travail, garer la voiture au parking et puis reprendre l’ascenseur. On s’est dit, je ne sais pas si le vélo, c’est pour nous. Du coup, on va peut-être louer un vélo au début. Avant d’en acheter un, on est arrivé en septembre, il y a exactement 4 ans. On s’est dit, ça fera un super cadeau de Noël à nous offrir. Donc on s’est dit, très bien, on commence par louer, puis on regarde, on voit ces vélos avec la roue bleue, un peu partout Swapfiets. On dit très bien comme ça, on va voir si c’est quelque chose qui nous convient. Et on s’est pris au jeu. Ça fait 4 ans qu’on est abonné à Swapfiets, c’est qu’on n’a jamais acheté de vélo parce qu’on ne sait pas. Tout le monde nous a dit, ça se vole beaucoup, les vélos. S’il faut le réparer, c’est toujours un peu chiant. Il faut savoir que les vélos hollandais sont de qualité, on va dire, supérieure, ce qui fait qu’un vélo d’occasion coûte entre 190 et 250 euros. Alors moi, comme tout Français qui est mon point de repère, décathlon, mon premier vélo BTwin à partir de 119 euros, je ne vais pas mettre 250 euros dans un vélo d’occasion. Bon, 4 ans plus tard et une expérience dans l’univers du cycle, j’ai bien compris qu’on ne parlait pas des mêmes vélos. Décathlon fait certes des très bons vélos entrée de gamme, mais il y a un savoir-faire hollandais, sur le vélo qui est quand même un peu plus répandu. Donc voilà, ça c’est pour la petite anecdote. Il se trouve que ma femme aussi commute tous les jours en vélo. On fait à peu près, respectivement, 6-7 kilomètres chacun aller-retour. Donc c’est entre 20 et 30 minutes le matin, 20-30 minutes le soir. Et ça reste notre mode de transport préféré, voire quasi exclusif, mis à part de temps en temps le soir où on va prendre un taxi ou un Uber parce qu’on est un peu fatigué en rentrant, on va sortir, on n’aura pas envie de pédaler. Mais sinon, on utilise le vélo tous les jours, en toute occasion. Donc vraiment un changement radical par rapport à notre vie aux Émirats.
Ermanno : Voilà, attends, parce qu’un de mes précédents invités sera peut-être content ou pas de t’entendre. C’est le directeur du développement de chez BTwin, justement. Bon, qui est belge et qui nous disait que pour lui, l’excuse du frein climatique à l’utilisation du vélo, ça ne tient pas parce qu’en Belgique, par exemple, il ne pleut finalement que 7% du temps de l’année. Qu’en est-il en Hollande où on est un petit peu plus au nord encore et malgré tout, tout le monde utilise un vélo ?
Benjamin : Oui, c’est un très bon point. Donc en fait, lorsqu’on regardait… Pour venir prendre la décision de se baser aux Pays-Bas avec mon épouse, j’ai regardé la pluviométrie entre Paris, Londres et Amsterdam. Et de mémoire, je crois qu’il pleut le même nombre de jours qu’à Paris. Donc au final, c’est 15 jours par mois en moyenne, quelque chose comme ça, ou entre 12 et 15 jours. Par contre, la pluviométrie, c’est-à-dire l’intensité de l’averse, est quatre fois plus importante. Donc clairement, quand il pleut, ce n’est pas des douches tropicales chaudes et agréables, comme on pourrait avoir en Asie du Sud-Est. Mais c’est vraiment une douche écossaise. On a une application qui nous donne la météo à la seconde près. On voit les nuages arrivant. Il y a une petite alerte sonore qui nous dit, attention, il va pleuvoir dans trois secondes. Et en général, ça ne rate pas. Et donc au final, on passe un peu à travers les gouttes grâce à cette technologie. Il faut savoir que je pense que c’est le premier point, la technologie qui nous dit précisément quand est-ce qu’il va pleuvoir. Et on s’équipe. Comme il fait froid en hiver, certes, mais une fois qu’on a un bon manteau, qu’on a les KWay qu’il faut, éventuellement le pantalon de pluie, on peut circuler en vélo vraiment toute l’année. Moi, le pantalon de pluie, par exemple, je vais être honnête, j’ai dû le mettre quatre, cinq fois dans l’année. Comme je le disais, on passe un peu à travers les gouttes. Et puis, on comprend vite que grâce à l’effort musculaire que l’on produit, sur un vélo, on va vite sécher. Donc, quand on arrive au travail, la chaleur corporelle fait que nos habits, nos pantalons sèchent assez rapidement.
Ermanno : L’avantage, c’est que tu peux effectivement aller au boulot sans envisager de prendre une douche, puisque tu as déjà pris la douche sur le vélo. Non, je suis mauvaise langue, je suis mauvaise langue.
Benjamin : Ce n’est pas faux, mais tu parles de la douche, c’est intéressant. J’ai travaillé dans pas mal de compagnies ici. J’ai vu très peu, justement, de douches. À la disposition des employés. Donc, là aussi, il y a quelque chose d’intéressant, c’est qu’ils font un effort physique. Bon, certainement, leur effort est beaucoup moins physique que le mien. On n’a pas la même carrure ni l’entraînement entre les Néerlandais et moi, ça, c’est sûr. Mais je suis surpris du manque d’infrastructures pour pouvoir arriver au boulot, pour pouvoir simplement se prendre une douche, s’habiller et partir travailler. Ça, j’avoue que ça manque un peu.
Ermanno : Tu veux dire, quand tu parles du manque d’infrastructures, tu veux dire du manque d’infrastructures au sein de l’entreprise pour faciliter l’utilisation du vélo aux salariés ?
Benjamin : Pour moi, oui. Une question d’avoir une douche. Alors, oui, effectivement, il y a des parkings à vélo partout. Ça, ce n’est pas une discussion. Mais, en température, on est au maximum à 22 degrés. Donc, on se situe quand même dans la fourchette basse de l’été. Mais quand même, ça peut être, si on veut faire une distance de 45 minutes, une heure de vélo, je pense que les salariés apprécieraient d’avoir une douche, un endroit pour se rafraîchir et commencer leur journée de travail.
Ermanno : Après, c’est peut-être dû aussi au fait, et là, je prends ma casquette de sportif, que les Hollandais sont plutôt en endurance fondamentale. Donc, ils évitent de suer sur le vélo. Là où nous, bourrins comme nous sommes d’Europe du Sud, on y va plutôt comme des gros cochons et on a tendance à bien appuyer sur les pédales et à arriver en nage au bureau.
Benjamin : Exactement. Et le fait d’être pas forcément, bien équipé, d’avoir des vêtements qui respirent. Alors, moi, j’ai souvent ce KWay très imperméable mais qui, du coup, ne laisse rien s’élaborer. Ce qui fait que j’y arrive souvent avec le dos très humide. Mais clairement, on n’a pas la même approche et puis, on n’a pas les mêmes capacités physiques. Il faut être aussi assez clair et honnête sur ça.
Ermanno : Revenons un petit peu sur le vélotaf et ta pratique du vélotaf. Toi, tu nous as dit que tu t’y étais mis un peu forcé, contraint, par le choix de votre pays de résidence en Europe, après le Moyen-Orient. En dehors de ça, est-ce que tu partages des convictions personnelles sur l’utilisation du vélo ou est-ce que c’est vraiment parce que t’as atterri en Hollande et tout le monde a un vélo, si ce n’est deux ou trois, à portée de main ? Si tu avais intégré Swapfiets à Paris, par exemple, est-ce que tu crois que tu serais mis au vélo ?
Benjamin : Oui, je pense que je serais aussi en train de me déplacer en vélo à Paris. La preuve, la plupart du temps, lorsque je suis en déplacement, à Paris, j’utilise un Swapfiets. Bon, alors c’est plus pratique, je le prends en boutique, je vais là où je veux, je vais à mes rendez-vous, je reviens. Ce qui est intéressant, c’est, d’une part, l’infrastructure dont on dispose, l’infrastructure routière, donc on se sent en sécurité ici, aux Pays-Bas. À Paris, j’avoue que j’ai des fois un petit peu peur quand je suis sur certains couloirs de bus partagés. Malheureusement, il y a trop d’histoires, on voit trop de messages passer sur LinkedIn, sur Twitter. Des personnes qui ont été renversées par des véhicules lourds, par des bus, par des automobilistes ou des motards qui ne font pas attention, qui ne font pas assez attention au vélo. Mais je l’utiliserai pour deux raisons. La première, c’est le mode actif de transport, même en vélo électrique, où vous êtes quand même sur une activité physique, en train de pédaler. Ça permet de vraiment déconnecter en sortant du taf, ça permet, le matin, ben voilà, de rentrer un petit peu dans sa journée de travail avec une activité sympathique. Et la deuxième raison, c’est peut-être un petit peu plus personnel, mais je préfère profiter des joies de la vue des quais de Seine à Paris plutôt que d’être enfermé dans un métro, la tête sur mon téléphone. Donc vraiment, c’est ces deux aspects qui font qu’aujourd’hui, je suis vraiment partisan du vélo taf et au final, quelle que soit la saison.
Ermanno : Non mais attends, soyons un peu taquins. Si tu n’es pas dans le métro, les yeux rivés sur ton téléphone, quand est-ce que tu navigues sur les réseaux sociaux ? Quand est-ce que tu fais de la com ? Quand est-ce que tu restes en contact avec les copains ? Tu ne peux pas le faire sur le vélo, ça.
Benjamin : Non, c’est vrai, mais tu peux le faire dans la journée. Tu prends une pause dans ton moment de travail pour reprendre un petit peu contact avec tout le monde. Mais moi, j’aime bien justement avoir ce moment-là. C’est un peu personnel, écouter de la musique, être vraiment dans un petit moment calme, un temps calme, comme on dit souvent aux enfants. Et c’est agréable d’avoir ce moment où on est aussi en train de faire une petite activité physique. Elle n’est pas énorme, ce n’est pas comme si j’avais couru un marathon, mais mine de rien, tous les jours, je fais mes 12, 15 km de vélo. En plus, le soir, on réutilise le vélo, ce qui est peut-être une des raisons de mon bon état de santé. En tout cas, pas du tout. Pas de surcharge pondérale, pas de problèmes cardiaques. Je touche du bois, mais en tout cas, je pense que cette petite activité physique, par rapport à mon activité voiture des 10 années au Moyen-Orient, est carrément bénéfique pour ma santé.
Ermanno : En plus, tu les cumulais, parce que Moyen-Orient, banquier, tu nous as dit que tu étais chez BNP Paribas, voiture, parce que j’ai déjà fait un petit séjour à Dubaï. Il me semble assez difficile d’envisager le vélo, même en plein hiver à Dubaï. Donc, tu les cumulais là.
Benjamin : Non, carrément. C’était un changement de vie vraiment radical. Il faut savoir qu’en plus, on vivait à Dubaï et on travaillait à Abu Dhabi. Donc, il y a 125 kilomètres. Tous les jours, je conduisais 250 kilomètres. Tu dis ça, tu avais le chauffeur.
Benjamin : Malheureusement, on a conduit, ma femme et moi, pendant un an et demi, jusqu’à ce qu’un jour, j’ai eu un accident. J’ai perdu le contrôle de la voiture et ça a été, en plus d’une grosse frayeur, ça a été aussi le moment où on a dit stop, on ne peut pas. À cette époque, je travaillais chez Accenture. Voilà, des gros horaires. Ma femme aussi faisait des gros horaires. Et clairement, on s’est dit OK, stop, on va se tuer sur la route. On prend un chauffeur, effectivement. Donc, on a pris une personne de plus avec nous et puis on a partagé les frais. Et au moins, le soir, on était détendu. Voilà, un petit peu plus détendu à l’heure de la voiture parce qu’ils conduisent vraiment comme des dingues, on va dire.
Ermanno : Je ne savais pas, mais je taquinais. Quitte à dire que tu cumulais banquier, vivre dans l’opulence, tout ça. Donc, le chauffeur, tu vois. J’ai essayé.
Benjamin : Non, ce n’est pas faux. Et d’ailleurs, pour la petite anecdote, fort de cette expérience à voir 50 000 idiots comme moi qui, tous les jours, conduisaient leur voiture tout seul pour aller faire le trajet entre ces deux villes importantes des Émirats, j’ai lancé avec deux associés une plateforme de covoiturage. Donc, ça a été ma première grosse aventure entrepreneuriale. J’ai passé trois ans et demi à développer un réseau, justement, de covoiturage qui s’est spécialisé dans le domicile-travail et qui permettait aux gens, vraiment, d’avoir accès à quelque chose d’abordable en termes de prix et de très efficace. Or, ce n’était pas aussi facile que Uber, tu appuies sur un bouton, il y a une voiture qui vient, mais quelque chose de très efficace en termes d’utilisation et de network pour les passagers, les conducteurs. Ça m’a servi, quand même.
Ermanno : Une plateforme qui tente toujours ?
Benjamin : Non, la boîte, on l’a malheureusement. On a dû la fermer en fin 2016, début 2017, suite à un changement de réglementation où on nous a demandé de prendre la même licence d’opérer que Uber et Karim. Donc, c’est les acteurs principaux du ride-hailing sur le Moyen-Orient. Sauf qu’on nous a demandé de payer un euro par trajet alors qu’on gagnait 50 centimes. Donc, pour faire simple, ça ne marchait plus comme business.
Ermanno : Déjà, merci pour cette longue présentation et puis pour le bel échange qu’on a pu avoir ensemble. J’aimerais qu’on revienne maintenant sur Swapfiets, l’entreprise que tu représentes, pour laquelle tu es employé. Est-ce que tu pourrais nous rappeler justement ce que fait Swapfiets, pour ceux qui ne connaissent pas le vélo aux roues bleues ?
Benjamin : Oui, bien sûr. Swapfitets, c’est un système d’abonnement pour vélo, vélo électrique, trottinette et scooter électrique. Donc, simplement, qu’est-ce qu’on fait ? C’est qu’on met à la disposition de nos membres un vélo. Et si la personne a le moindre de problèmes, que ce soit un pneu crevé, que ce soit des lumières qui ne marchent plus, que ce soit un câble de frein qui est un peu desserré, on va venir réparer ou remplacer son vélo sous 48 heures. Donc, c’est vraiment un service de mobilité. C’est très important. On n’est pas juste un bon produit avec un système de financement. Notre dernière campagne de pub était assez prononcée sur nos valeurs, c’est qu’on ne vend pas de vélo. Ce vélo n’est pas à vendre parce qu’on est dans un business circulaire. Donc, on veut s’assurer que le vélo va avoir la plus grande longévité possible. Et c’est un risque que l’on prend nous. C’est-à-dire que si le vélo n’est pas fait pour être durable, c’est nous qui serons pénalisés économiquement. On sera forcément pénalisés si on doit mettre à la poubelle nos vélos au bout d’un an. Voilà ce qu’on fait chez Swapfiets. Donc, c’est tous les mêmes produits.
Ermanno : C’est-à-dire que les vélos que vous louez, c’est tous le même modèle et vous le réparez. Enfin, vous intervenez dessus au fur et à mesure du besoin des utilisateurs. Mais on est sur du vélo urbain. On n’est pas sur du vélo de compétition, du VTT, du vélo de route ou autre.
Benjamin : Non, tout à fait. Ce sont des vélos de ville. On a quatre vélos. Le premier à 12,90 euros par mois, tout inclus. Donc, c’est le vélo traditionnel hollandais sans vitesse. Rétropédalage. Ensuite, on a un vélo à 14,90 euros qui est le Deluxe 7 qui, lui, va avoir 7 vitesses, comme son nom l’indique. Et ensuite, on a deux vélos électriques dont le dernier sorti, on a fait l’annonce hier, qui est le Power One. Donc, il va sortir à 49,90 euros avec une batterie amovible. Possibilité de faire jusqu’à 80 kilomètres par cycle de charge. Et on a un vélo un petit peu plus costaud. C’est un vélo qui est le Power Seven et sur lequel on peut faire jusqu’à 145 kilomètres par cycle de charge. 7 vitesses, un peu plus robuste. Et donc, voilà. Donc, tous ces vélos, tous ces véhicules viennent avec la même promesse, c’est-à-dire un vélo, un moyen de transport qui soit toujours en état de marche.
Ermanno : Alors ça, ça s’adresse aux particuliers ou aux entreprises ou les deux ? Est-ce que si des entreprises veulent équiper leurs salariés, vous avez des offres là-dessus ?
Benjamin : Alors, d’abord, on est principalement une entreprise pour les particuliers. Donc, 90% de notre business, ça reste des particuliers. Mais effectivement, on a une offre entreprise. Alors, dans les offres entreprises, on va avoir plusieurs choses. Soit l’entreprise décide de prendre à sa charge une flotte de vélos et ensuite de les mettre à disposition de manière temporaire ou permanente, assignée à un employé spécifique. Soit l’entreprise a aussi, j’ai envie de dire, l’obligation de rembourser une partie des frais de déplacement. Donc, c’est la loi notamment sur le forfait mobilité. Et dans ce cas-là, l’employé peut se voir rembourser jusqu’à 50% de son abonnement vélo. Ok.
Ermanno : Donc ça, ça marche pour les vélos. Tu l’as dit, pour les trottinettes et pour les scooters électriques aussi.
Benjamin : Pour les scooters aussi, oui.
Ermanno : Tu as parlé en introduction d’une implantation dans 70 villes en Europe. Bon, ce podcast est francophone. Donc, on va se concentrer sur la France, la Belgique et puis peut-être la Suisse. Je ne sais pas, est-ce que tu peux nous donner les grandes villes dans lesquelles vous êtes implanté dans ces trois pays ?
Benjamin : Oui, bien sûr. Donc, on est en France à Paris depuis un an. Depuis le mois d’avril, on a développé aussi notre activité sur Toulouse, Nantes, Strasbourg et Lyon. Et ensuite, en Belgique, on est donc à Bruxelles, à Anvers, à Gand. Et on n’est pas encore en Suisse. Ce n’est pas encore prévu. On a ouvert l’Autriche au mois d’avril dernier. Donc voilà, ça fait partie des nouvelles villes. Mais pour l’instant, rien sur la Suisse.
Ermanno : Et Luxembourg ?
Benjamin : Et Luxembourg non plus. Notre General Manager Benelux a dans son scope le Luxembourg. Mais pour l’instant, on n’a pas encore d’ambition de déploiement sur le Luxembourg. Ok.
Ermanno : Depuis quand est-ce que Swapfiets existe et quelle a été la croissance de l’entreprise ? Et puis enfin, dans une autre question ou peut-être dans la même réponse, tu pourrais nous dire quelles sont vos actions au quotidien pour inciter les gens à l’utilisation de la mobilité douce ?
Benjamin : Alors Swapfiets, ça existe depuis 2014. C’est à la base un projet entre trois copains, trois étudiants. Projet d’études. D’ailleurs, ce n’est pas leur première tentative. Leur première tentative, c’était d’acheter des vélos de course de seconde main et de les retaper pour en faire des fixies, des vélos à une vitesse. Ils ont commencé sur ça. Ça n’a pas complètement marché. Et ils se sont dit, c’est quoi le plus gros problème aux Pays-Bas ? C’est vraiment l’entretien. Dès qu’il y a un problème, il faut réparer son vélo, trouver un réparateur. Ça prend du temps et puis on n’a pas forcément envie de le faire. Donc, ils ont commencé avec cette idée de proposer un vélo. Un vélo par abonnement aux Pays-Bas. Pendant un an et demi, ils étaient vraiment en mode bootstrapping. Donc, sur fonds propres. Essayer plusieurs choses. Et depuis 2016, ils ont commencé à accélérer leur développement grâce notamment à l’investissement d’un fonds local qui s’appelle KnopVentures. Qui, deux ans plus tard, a racheté la boîte. Donc, en 2018. La boîte a été rachetée par la branche investissement d’un groupe automobile qui s’appelle Pon. L’avantage qu’on a en faisant partie de cette galaxie Pon. C’est qu’il faut savoir que Poon, c’est la compagnie qui détient les marques comme Gazelle, comme Union. Les vélos cargo Urban Arrow. Et du coup, on a la chance de pouvoir avoir nos vélos Swapfiets. Qui sont designés en interne. Et qui sortent des mêmes usines que les prestigieux vélos Gazelle, par exemple.
Ermanno : Donc, une belle référence pour une belle marque qui commence à se développer de plus en plus en Europe.
Benjamin : Carrément.
Alors justement, vous vous développez de plus en plus. Quelles sont vos actions au quotidien pour faciliter, pour amener les gens à la mobilité douce ? Et puis, est-ce qu’il y a d’autres choses dans les cartons que vous pourriez partager avec nous ? J’essaie. J’essaie toujours aussi. Avec tous les invités, j’essaie d’aller à la pêche aux infos. Même si l’objectif, ce n’est pas de faire du scoop. Justement, c’est de donner envie à nos auditrices et nos auditeurs d’utiliser la mobilité douce, tout simplement.
Benjamin : Bien sûr. Je pense que l’action principale qu’on fait est très intimement liée à la nature de notre business. C’est que nous, chez Swapfiets, on abaisse toutes les barrières à l’utilisation du vélo. Il n’y a pas d’investissement onéreux au départ. Vous n’avez pas besoin d’acheter un vélo. Vous n’avez pas d’engagement sur le temps. Il y a beaucoup de gens qui ne savent pas si le vélo sera quelque chose quotidien ou quelque chose hebdomadaire ou mensuel. Ils ne savent pas à quelle fréquence on va l’utiliser. Donc, il n’y a pas non plus d’investissement nécessaire. Et vous pouvez décider à tout moment d’arrêter votre abonnement. On ne fait pas du leasing ou de la location longue durée. Non, nous, c’est un abonnement qu’on peut arrêter tous les mois.
Ermanno : Quand tu dis qu’on peut l’arrêter, c’est-à-dire qu’on prend un vélo au magasin. Enfin, on s’abonne, on va chercher le vélo au magasin. Et puis, le jour où on a envie d’arrêter, une semaine, un mois, un an, 10 ans après, on ramène le vélo au magasin et terminé.
Benjamin : Exactement. Il y a 30 jours de préavis. Donc, à partir du moment où vous voulez arrêter votre abonnement, il suffit de nous contacter, d’annuler votre abonnement. Et à partir de là, vous avez 30 jours pour ramener votre vélo en magasin. Tout simplement. Donc, voilà. Et le dernier point, c’est qu’on a un vélo un petit peu pour tous les budgets, pour tous les scénarios différents. Donc, on a un vélo, comme je le disais, à partir de 12,90 € qui est très plébiscité par les étudiants. Il est aussi très cool parce qu’il n’y a qu’une vitesse. Alors, pour les grosses montées à Paris, ça pose des fois… Il faut des jambes, on va dire. Mais voilà, on a après des vélos électriques dont un à 49,90 € et un autre à 75 €. Enfin, la dernière chose qu’on fait et qui va être lancée d’ici, j’espère, la fin de l’année. C’est une nouvelle campagne. Alors, c’est une campagne publicitaire, mais c’est un nouveau moyen d’utiliser le vélo. On va lancer des tests drive, c’est-à-dire que vous pourrez venir en magasin, récupérer un vélo, le prendre pour une durée de temps définie et utiliser ce vélo pour, ben voilà, vous rendre compte, est-ce que ce vélo vous plaît ? Vous l’avez vu sur Internet, c’est bien, mais est-ce qu’on peut l’essayer ? Donc, ça, c’est la première chose. Et la deuxième chose qu’on voudrait lancer, c’est 30 jours vraiment satisfaction garantie ou remboursée intégralement sans qu’on pose une question. Donc, vraiment, le message que j’ai envie de dire aux Français, aux Françaises qui nous écoutent, c’est avec Swapfiets, on ne vous garantit pas d’aimer le vélo, mais par contre, on va vous garantir tout le reste.
Ermanno : Oui, vous enlevez toutes les barrières qui sont autour du vélo, de l’acquisition jusqu’à l’entretien et jusque, ben, déjà, la décision de se mettre au vélo parce que c’est sympa. Enfin, je ne sais pas si vous avez intégré un système de gamification, mais déjà, le fait d’avoir recours à un service, à un abonnement. Vous êtes le Netflix du vélo, finalement.
Benjamin : C’est un titre qu’on nous a donné il y a quelques temps. On est effectivement le Netflix du vélo. Mais oui, oui, c’est vraiment ça. C’est abaisser toutes les barrières. Alors, on met en place aussi des petites actions locales, par exemple, qui sont à venir avec les écoles de conduite pour vélo. Il y a des écoles, si vous voulez apprendre à faire le vélo. Donc, on a aussi un rôle à jouer là-dedans. Je pense que c’est la première chose. Côté industrie, je pense que là, on n’est plus sur l’utilisation du vélo. On travaille de plus en plus avec des formations, des apprentis. Je pense qu’on a aussi un rôle à jouer. On est au final, en Europe, on doit être un des plus gros employeurs. Je ne sais plus combien on a de mécaniciens, mais peut-être 200-300 mécaniciens. Si ce n’est plus. Donc, on est en train de développer un programme où quelqu’un peut nous rejoindre très jeune, être formé par la compagnie et apprendre un métier. Et avoir plusieurs postes avec plusieurs échelons. En fonction des compétences qu’il acquiert.
Ermanno : Ok. Alors, forcément, Swapfiets est hollandais. J’imagine que le développement se passe un peu mieux de par la culture vélo qu’il y a en Hollande qu’ailleurs. Et peut-être, tu vas peut-être me contredire, mais j’imagine que plus on descend vers le sud de l’Europe et plus c’est difficile. Est-ce que vous avez des stats justement sur l’utilisation des vélos, sur l’utilisation de vos services un peu partout dans les villes où vous êtes implanté ?
Benjamin : Oui. Alors, effectivement. Si les gens sont déjà conquis par l’utilisation d’un vélo pour leur trajet domicile-travail, on n’a pas l’éducation à faire. Donc, aux Pays-Bas, en Allemagne, au Danemark, il y avait déjà une population de cyclistes très développée. La part modale du vélo à Amsterdam ou à Copenhague est une des plus élevées en Europe. On parle de 40 à 45 % contre 3 % à Paris. Ça veut dire que si on regarde comment les gens se déplacent, comment ils vont au travail, à Paris, moins de 3 % prennent le vélo quotidiennement. Donc, clairement, la grosse différence, c’est l’éducation. Alors, les gens savent faire du vélo. Les Espagnols, les Italiens, les Français, on sait faire du vélo, on sait pédaler. Mais ce n’est pas ancré dans notre culture, pas du tout encore ancré comme le moyen le plus efficace, le plus écologique, le plus sympa, le moins cher, comme mode de transport préféré. Donc, on a pas mal de travail à faire sur ça. Dans notre développement, c’est d’abord de convaincre les gens d’utiliser un vélo pour se rendre au travail. Et deuxièmement, de choisir un Swapfiets comme leur vélo. Mais vraiment, c’est en deux étapes. Donc, convaincre d’abord que le vélo, c’est une option. Et c’est sans doute… Ça peut être obligé d’être la seule. On peut le combiner avec, de temps en temps, des trajets en transport en commun, des trajets à pied, des trajets en voiture, si nécessaire. Mais ça, c’est la première étape. La deuxième étape, c’est vraiment de les convaincre que Swapfiets, donc un vélo par abonnement, va être le meilleur vélo pour leur trajet, justement, du quotidien.
Ermanno : Alors, par rapport à l’utilisation, justement, peut-être de votre service Swapfiets ou d’autres vélos, si vous avez fait des études, dans les différentes implémentations que vous avez en Europe, est-ce que plus on descend vers le sud et moins c’est utilisé, mais malgré tout, Swapfiets arrive à se développer ? Ou est-ce que, au contraire, vous êtes agréablement surpris ?
Benjamin : Alors, on est encore dans une phase, clairement, de construction de notre marque. Les gens, au final, ne connaissent pas Swapfiets. Bon, vous venez à Amsterdam, il y a 50 000 vélos avec la roue bleue, ça interpelle. À Barcelone ou à Paris ou à Toulouse, ce n’est pas encore le cas. Donc, il y a de là… Il y a quand même beaucoup d’efforts de notre part. Pour faire connaître notre marque, pour faire connaître notre produit. Et puis, comme je disais, c’est un nouveau mode de transport, une nouvelle marque et un nouveau business model. Parce qu’on est sur de l’abonnement, on n’est pas sur de l’achat classique. Donc, il faut convaincre ces nouveaux utilisateurs sur ces trois champs de bataille. Aujourd’hui, on voit, par exemple, à Barcelone, les deux dernières semaines ont été les meilleures semaines que l’on a faites. Pourquoi ? Parce qu’on a une énorme population étudiante étrangère, notamment d’Allemagne, notamment des Pays-Bas, qui viennent faire leur Erasmus à Barcelone. Ils connaissent la marque. Ils sont là pour six mois, un an. Banco, on fait les meilleures semaines. Et donc, on a vraiment cette population habituée du vélo qui n’a pas pu amener son vélo ou qui a laissé son Swapfiets à Amsterdam. Et qui se retrouve à Barcelone en disant « Banco, j’ai mon Swapfiets qui m’attend ». Et donc, ça, c’est vraiment pour nous des ambassadeurs. Ce sont des gens qui sont capables vraiment d’évangéliser autour de l’utilisation du vélo auprès de leurs camarades, auprès de la population espagnole Barcelone ou Milan. Et vraiment, on voit bien que c’est de l’habitude de transport qu’on a le plus à tirer.
Ermanno : Donc, ça vous donne peut-être des idées ou peut-être que c’est déjà le cas, mais de campagne marketing à l’attention de ces ambassadeurs, non ?
Benjamin : Oui, alors on a quelque chose qui est très, très développé ici aux Pays-Bas. C’est ce qu’on appelle les Intro Weeks. Ça fait partie de cette semaine. C’est la semaine de rentrée. Donc, on a des magasins temporaires qui sont installés pour que les étudiants viennent récupérer leur vélo. On a des partenariats, je ne sais plus combien de partenariats, mais de nombreux partenariats avec les universités. Quand vous choisissez « Est-ce que je veux faire mathématiques, physique ? », vous cochez à case « Est-ce que je veux mon Swapfiets ? ». Donc, on est arrivé à ce stade de maturité. J’espère qu’un jour, on aura la même chose en Espagne, par exemple. Notamment… Bon, il y a le côté commercial, le développement commercial, ça serait quand même génial. Mais surtout, c’est de faire ancrer le vélo comme le mode de transport préféré. Et ça, je pense que si on commence avec les étudiants, une fois qu’on a commencé à se déplacer en vélo dans le cadre de ces études, je pense que c’est une habitude, si on peut se le permettre. Tout le monde n’habite pas à une distance qui se fait en vélo. Mais c’est quelque chose qu’un jeune actif va perdurer une fois qu’il va rentrer sur le marché du travail.
Ermanno : Alors, j’avais à ce micro des Français, des Belges, des Français qui vivent maintenant en Belgique. Et je leur posais toujours la question de, à votre avis, quel est le frein à l’utilisation du vélo ou des mobilités douces pour se déplacer, pour se rendre au travail ou pour ses déplacements quotidiens ? Toi qui vis en Hollande, est-ce que tu as une idée… Enfin, toi qui as vécu au Moyen-Orient et qui maintenant vis en Hollande, aux Pays-Bas, est-ce que tu as une idée de ces freins et peut-être des actions qui pourraient être mises en place pour promouvoir l’utilisation du vélotaf, pas uniquement par Swapfiets, mais de manière générale, peut-être aussi par les collectivités ?
Benjamin : Oui. Alors, là-dessus, il y a une très très bonne étude de Cité qui a été faite. Et clairement, les deux plus gros freins sont la question de parking et la peur du vol. En France, ils ont fait une étude, je crois, sur plus de 4000 personnes. Je la regardais encore hier. Voilà, ça, c’est ce que les gens répondent. Quand ils viennent chez nous à un magasin, c’est souvent la même histoire. J’avais un vélo, je me suis fait voler, j’en ai racheté un, je me suis fait détériorer, j’en ai marre, je veux que ce problème devienne votre problème. On leur dit « Bienvenue chez Swapfiets ». C’est exactement ça. Maintenant, clairement, c’est une question… Alors, la météo, ce n’est pas quelque chose qu’on va pouvoir influencer, ou malheureusement, on ne l’influence pas forcément dans la bonne direction avec le changement climatique. Donc, du coup, je dirais, sur ce qu’on peut influencer, c’est vraiment l’infrastructure. Il faut que les gens qui roulent à vélo, et ça, c’est quelque chose qu’on voit, je me permets de parler de Londres, qui est une des villes qui marche très très bien pour nous, c’est la même chose à Paris, les gens ont peur. Donc, il faut qu’on arrive à les sécuriser. Je pense que pour les sécuriser, et ça, c’est quand même un truc formidable aux Pays-Bas, vous allez dans n’importe quelle ville, vous avez des pistes cyclables partout, vous avez un respect du cycliste auprès des autres utilisateurs de l’espace public qui est très développé, puisque tout le monde se retrouve un jour ou l’autre cycliste. Et donc ça, je pense que c’est vraiment changer les mentalités, voilà, respect du cycliste et infrastructure. Et ensuite, la dernière chose, c’est peut-être encourager, alors ça se fait déjà, beaucoup de collectivités, d’entreprises encouragent financièrement les résidents, leurs employés à utiliser une solution de mobilité douce plutôt que la voiture individuelle qui, on l’a bien compris depuis des années, est un petit peu l’ennemi des villes.
Ermanno : Et du climat, mais bon. C’est un autre sujet. Pour finir l’épisode, j’aime bien poser quelques questions à mes invités, notamment vu qu’on parle de Vélotaf, et bien toi, quel est ton meilleur souvenir de Vélotaf ?
Benjamin : Alors, mon meilleur souvenir, je pense, c’est d’être rentré du taf sous la neige, mais vraiment une grosse couche de neige, donc franchement, c’était drôle, je ne me suis pas cassé la gueule. Donc les vélos, il n’y avait plus de voitures qui circulaient dans la rue d’Amsterdam, il y avait seulement des vélos, et clairement, c’était marrant de voir qu’au final, on continue à rouler, et puis tu te dis, à partir du moment où je fais du vélo sous la neige à Amsterdam, je pense que je ferai du vélo tout le temps. Il n’y a plus de discussion possible. C’est un peu le point de non-retour.
Ermanno : C’est clair. Moi, pour l’anecdote, j’ai laissé le vélo de côté pendant quelques années, d’un point de vue compétition, et puis j’ai eu l’occasion de croiser un copain à un dîner, et qui, lui, est très, très cycliste, et je lui ai dit, tiens, ça me dirait bien, toi, pendant que tu es en recup, de moi, m’y remettre tout doucement, est-ce que demain, c’est un week-end, est-ce que demain, ça te dit d’aller faire une balade ? Il m’a dit, ouais, ok, vas-y, pas de problème. Bon, on était le 2 décembre, il faisait moins 10, et le mec m’a dit, je ne sais pas comment tu fais, tu n’as pas roulé depuis deux ans, pour faire 60 bornes par moins 10. Donc, si là, tu as fait ça, tu peux rouler n’importe quand, sous n’importe quelles conditions. Donc, je peux comprendre que rouler, rentrer du travail d’Amsterdam sous la neige, avec là, tu es vernis pour l’année. Oui, c’est clair. Tout à l’heure, tu as parlé un petit peu des outils que tu utilisais. Donc, j’aime bien clôturer aussi cet épisode par la rubrique outils. Déjà, tu nous as parlé d’une appli météo. Donc, est-ce que tu peux nous en parler ? Ça ne fera pas la promotion forcément de Swapfiet, mais j’aime bien savoir quels outils utilisent mes invités. Et puis, tu as parlé aussi de musique, mais est-ce que tu écoutes de la musique sur le vélo ? Et si oui, avec quel outil ?
Benjamin : Alors, l’application, je pense, c’est une des premières applications que j’ai téléchargé au Pays Bas. On m’a tous dit, il faut que tu aies Buien Alarm. Je fais, mais c’est quoi ce truc ? C’est une application météo. Je dis, mais j’ai déjà la méthode. Non, non, ça, ça donne en temps réel. Tu peux voir les pics de pluie. Et puis, donc, on voit bien si c’est petit, médium ou très large. Et puis, c’est souvent, ça dépasse, ça crève l’écran. Donc, on sait que pendant 15 minutes, là, il faut se mettre à la volée. Donc, ça, c’est la première application. Je pense qu’il y a la même chose en France. Ça a dû se développer. Donc, une application qui donne vraiment une météo très précise, très localisée. Je pense que ça, c’est important. C’est limite par quartier.
Ermanno : Ça s’appelle comment ?
Buien Alarm, B-U-I-E-N et alarme, A-L-A-R-M, alarme.
Benjamin : Ermanno : Ça, c’est peut-être plutôt une application qui opère aux Pays-Bas.
Benjamin : Néerlandaise, oui. Je ne sais pas si, je n’ai jamais essayé d’utiliser en France, mais je pense que peut-être qu’elle fonctionne d’ailleurs. Je ne sais pas. En tout cas, c’est très, très, très précis. Et le deuxième outil, donc, c’est, oui, c’est effectivement mon téléphone et Spotify. Donc, j’utilise Spotify pour tout simplement écouter mes podcasts préférés, de la musique. Voilà, ça, c’est l’espace détente.
Ermanno : Bon, mais et les écouteurs sur le vélo, c’est autorisé aux Pays-Bas ?
Benjamin : Oui, alors, c’est une bonne question. Je ne me suis jamais, je ne me suis jamais vraiment posé. Donc, j’ai des écouteurs sans fil. Je n’active pas le Noise Cancellation. Je pense que ça, c’est trop dangereux. Je préfère quand même entendre ce qui se passe autour de moi. Je ne mets pas non plus la musique, la musique à fond. Voilà. Et puis après, dans les autres outils, j’ai quand même plusieurs outils. Différentes épaisseurs et puis un pantalon de pluie que je roule dans le sac si je pars sur une journée où la pluie va être un petit peu continue.
Ermanno : Bon, et puis, juste pour la blague, un swapfiets, évidemment.
Benjamin : Ça, ça va sans dire.
Ermanno : Bon, et puis, la question de fin, enfin presque. Si tu devais passer le micro, est-ce que tu aurais une reco pour une personne, une invitée ou un invité qui passerait bien dans le podcast ? Francophone, francophone.
Benjamin : Oui, bien sûr. Alors, j’inviterais bien un de mes collaborateurs belges, Mathieu Castro, qui est aujourd’hui responsable de magasin Swapfiets chez nous à Toulouse et donc qui est venu à Toulouse pour le taf, pour bosser chez Swapfiets. C’est un passionné de vélo. Il fait du vélo en compétition. Une grosse partie de sa vie tourne autour du vélo et c’est vraiment très, à chaque fois, très passionnant de discuter avec lui sur l’univers du vélo. Il apporte beaucoup, beaucoup à la société. Et je pense qu’en termes d’expérience vélotaf, c’est un des gros ambassadeurs aujourd’hui sur Toulouse et pendant des années à Bruxelles. Et c’est vraiment un passionné. On a beaucoup de gens. Alors, c’est vrai que dans les questions lors des recrutements, moi, je m’assure qu’il y a un clic avec le produit, avec l’industrie dans laquelle on est. Je pense que c’est très important que les gens soient passionnés et soient vraiment intéressés par ce qu’on fait. Et voilà, Mathieu fait partie des gens qui… adorent cette industrie. Il bossait chez Decathlon avant. Pendant des années, il a été formateur Btwin dans je ne sais plus combien. Il a formé 200 personnes. Enfin, c’est vraiment intéressant de pouvoir travailler aujourd’hui avec des gens qui ont vraiment cette passion d’encore continuer à développer, démocratiser le vélo.
Ermanno : Bon, écoute, c’est bien. C’est un peu l’objectif de ce podcast-là. Donc, tant mieux. Et puis, pour terminer, eh bien, si on veut en savoir plus sur Swapfiets, si on a des questions sur Swapfiets, si on a des questions sur toi, sur ton utilisation au quotidien, sur tes expatriations au Moyen-Orient, aux Pays-Bas ou autres, où est-ce qu’on peut te et vous retrouver ?
Benjamin : Alors, vous pouvez nous retrouver sur le site swapfiets.fr. Vous pouvez aussi nous retrouver. Donc, on a évidemment toute une section presse avec des photos, des médias kits et compagnie. Et pour me rejoindre, le mieux, c’est de m’ajouter sur LinkedIn, Benjamin de Terssac. Voilà, j’ai pris la version courte. C’est toujours plus facile pour me retrouver sur LinkedIn. Et je vous accepte avec plaisir. N’hésitez pas. Si vous avez des questions, on est très disponible. Nos fondateurs aussi sont disponibles. Richard, donc, qui est un des cofondateurs et qui est le directeur de Sustainability, se fait toujours un plaisir de répondre, même à nos membres. Donc, dans nos magasins à Paris, il y a des cartes de visite. Contactez un fondateur. Vous avez une question, vous voulez parler à un fondateur, ils sont aussi disponibles pour tout le monde.
Ermanno : OK. Super. Eh bien, écoute, merci beaucoup pour toutes ces informations. Merci pour le temps que tu nous as accordé. Et puis, je remettrai tous les liens dans les notes de l’épisode. Je te souhaite une bonne continuation. Profite du soleil qu’il y a pour l’instant à Amsterdam. Et puis, moi, je vais retourner à ma bruine luxembourgeoise.
Benjamin : Ça marche. Merci beaucoup, en tout cas, pour votre invitation.