📣 Dans cet épisode de lancement de la saison II, nous plongeons au cœur du mouvement Vélotaf en compagnie d’Olivier De Schutter, qui a importé le mouvement 2WheelsTuesday en Belgique et qui a lancé le podcast Vélotaf.
🗺️ Des actions de sensibilisation à la diversité des invités, nous explorons les ambitions et le futur de ce podcast dédié à la promotion du vélo en milieu urbain.
🛟 Avec le soutien de Bleen, Vélotaf se relance sous un nouveau format dynamique et engagé.
🚀 Cet épisode marque non seulement la transition entre les saisons mais aussi le début d’une série passionnante sur la mobilité urbaine, le développement durable et la transition écologique.
🎧 Bonne écoute !
Pour contacter notre invité via Linkedin, c’est par ici ( https://www.linkedin.com/in/olivierdeschutter ) !
Ce que vous apprendrez dans cet épisode :
- (00:02.84) Introduction – Victor présente le podcast Vélotaf en soulignant l’importance du vélo au-delà d’un simple mode de déplacement.
- (00:48.19) Présentation de l’invité – Accueil d’Olivier, fondateur de Vélotaf, discussion sur son rapport au vélo et l’historique du podcast.
- (01:07.77) Origines de l’intérêt pour le vélo – Olivier partage son parcours personnel avec le vélo et son engagement pour le promouvoir en ville.
- (04:17.75) Olivier détaille la genèse du podcast en commençant par Two Wheels Tuesday, ses objectifs et actions en faveur du vélo.
- (11:23.69) Mobilisation citoyenne et éducation – Importance de la sensibilisation règlementaire pour les cyclistes et automobilistes, et de connaître les itinéraires les plus sûrs et agréables.
- (15:34.45) Avenir de Vélotaf – Discussion sur l’avenir du podcast sous la direction de Bleen et les thèmes à aborder pour promouvoir la culture vélo.
Quelques citations pour vous mettre l’eau à la bouche !
« En gros, on déplace un tas de ferrailles qui pèsent entre une et deux tonnes pour déplacer, en réalité, une personne, une personne et demie. »
« Je me suis mis au vélo, c’était une chose, mais aussi, je voulais inciter davantage de personnes à le faire. »
« Mais pour moi, le vélotaf, c’est plus qu’un choix de mobilité, c’est un vrai phénomène de société, symbole aussi de la transition »
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Ce podcast animé par Victor Blanchard est proposé par Bleen, et vous accompagne dans votre démarche pour vous mettre ou pérenniser votre pratique du Vélotaf.
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Grâce à Autoscript.fr, retrouvez la transcription de l’épisode :
Victor : Bonjour à toutes et à tous. Aujourd’hui, nous accueillons Olivier. Olivier, il est à l’origine de la création du podcast Vélotaff. Et avec lui, on va discuter de vélo, bien entendu, mais aussi de l’histoire du podcast en lui-même et de son futur. Salut Olivier. Tu vas bien ?
Olivier : Salut. Salut Victor. Ça va bien. Salut à tous.
Victor : Alors, pour commencer, est-ce que tu peux te présenter brièvement et nous dire en deux mots, en fait, pourquoi toi, tu as choisi le vélo comme mode de déplacement principal en ville ?Olivier : Oui, bien sûr. Moi, le vélo, je pense que je suis un peu tombé dedans quand j’étais petit. Je viens d’une famille de cyclistes, donc c’est quelque chose qui a toujours été assez présent dans ma famille. Maintenant, le vélo en ville surtout du bon sens, on va dire.
Non, en fait, moi, la raison première, je pourrais… Bon, je pourrais toutes te les citer et je le… On va pouvoir le faire, à mon avis, parce que j’imagine que c’est ce que tu attends aussi un petit peu de moi. Mais je pense que la première, c’est… Enfin, c’était vraiment une question de bon sens et d’écologie, en fait. Fondamentalement, la voiture individuelle en ville, pour moi, c’est une catastrophe. En gros, on déplace un tas de ferraille qui pèse entre une et deux tonnes pour déplacer, en réalité, une personne, une personne et demie. Le taux d’occupation est en moyen et de 1,2. Donc, bon, c’est pas ce qu’il y a de plus efficace, on va dire.
Victor : Il y a un moment où tu en as pris conscience, comme beaucoup de gens qui ont d’abord pris la voiture et ensuite le vélo ? Ou toi, tu as toujours été vélo ?
Olivier : Ben, j’ai toujours été vélo dans le sens où, pour moi, ça a toujours été quelque chose de très naturel. Je veux dire que, depuis que je suis gamin, je suis toujours à vélo comme tous les enfants, en fait. Donc, voilà, j’ai toujours vraiment été là-dedans. Maintenant, c’est vrai qu’il y a un moment où j’étais plutôt en voiture, parce que j’avais une voiture de société, comme beaucoup de Belges. En fait, je voyais ces cyclistes, si tu veux, un peu comme des super-héros. Je me disais, mais en fait, eux, il pleut, il fait dégueulasse dehors. Moi, je suis au chaud dans ma voiture. Et je vois des cyclistes sous la pluie. Et je me disais, mais… Moi, en fait, je veux être à leur place, quoi. Tu vois ? Alors, bon, il y avait un côté un peu maso, tu sais, des cyclistes. En fait j’avais surtout honte d’être là dans ma voiture. Et je me disais, mais en fait, ces gens-là, ils sont en train de braver, tu sais, le mauvais temps, etc. Mais pour la bonne cause. Et moi, je fais quoi ? Je suis dans ma voiture et je pollue. Et en plus, je suis à l’arrêt dans les embouteillages, quoi, tu vois. Et donc, voilà. Moi, c’est ça qui a vraiment été un déclic aussi. Et qui m’a poussé aussi à me lancer de manière active aussi dans la promotion du vélo, etc. On va en reparler. Donc oui, j’ai quand même eu un petit peu un déclic à un moment où je me suis dit, en fait, il faut que je… Mais c’était plus un retour en arrière, tu vois. C’était plus, mais en fait, il faut que je retourne à ce que je faisais avant et ce sera beaucoup mieux.
Victor : Et depuis, plus de retour en avant vers la voiture ?Olivier : Non, non. Après, voilà, j’ai mon permis. Alors, je n’ai pas de voiture privative aujourd’hui. Maintenant, on en a quand même une dans la… Enfin, ma femme en a une. Donc oui, je roule encore en voiture de temps en temps. Mais ça reste assez rare. Et c’est vraiment en cas de besoin. Bon, il y a des choses parfois que tu ne peux malheureusement pas faire à vélo. Donc voilà. Mais ça reste plutôt anecdotique. Je veux dire, les déplacements vraiment du quotidien, oui, bien sûr, ils se font à vélo.
Victor : Ok. Écoute, merci beaucoup pour cette réponse. Et tu as mentionné à un moment le fait de… de promouvoir le vélo comme mode de déplacement en ville. Et donc, j’aimerais rebondir là-dessus parce que tu as fondé un mouvement sur base de cette réflexion qui s’appelle Two Wheel Tuesday. Et est-ce que tu pourrais un peu nous expliquer les actions de ce mouvement, expliquer le lien entre Two Wheel Tuesday et le podcast Vélotaff ?Olivier : Comme je te disais, il y a un moment effectivement où je me suis dit, ce n’est pas normal que je sois dans ma voiture. Qu’est-ce que je fais ? Qu’est-ce que je fais ? Et en fait, comme j’aime bien… Enfin, quand je me mets une idée en tête, parfois j’ai tendance à être un petit peu obstiné et à vouloir vraiment aller jusqu’au bout. Donc, je me suis mis au vélo, c’était une chose. Mais aussi, je voulais… Je voulais inciter davantage de personnes à le faire. Et donc, j’ai laissé la voiture de côté, c’était une chose. Et en fait, j’ai commencé pendant mes trajets quotidiens à lancer un petit challenge. Donc, je prenais une petite selfie de moi sur la route. Je mettais ça sur les réseaux sociaux. Et puis, j’invitais trois amis une fois par semaine. Enfin, chaque semaine, j’invitais trois amis à faire pareil. Et donc, je les taguais.
Victor : Tu avais un beau taux de conversion ?Olivier : Alors, j’ai eu un beau taux de conversion au début. Je n’étais pas à 100%, en fait j’ai pu le mesurer au début. Le problème, c’est que mes amis, à leur tour, taguaient trois amis. Et donc, assez rapidement, j’ai perdu le fil. Je ne savais plus du tout qui taguait qui. Alors bon, j’avais commencé avec des hashtags. Comme tu peux t’en douter, les hashtags, les gens l’utilisent, oui ou non. Et puis, c’était beaucoup sur Facebook. Et donc, tous les profils ne sont pas forcément publics non plus. Donc, c’était difficile de mesurer. Mais parfois, je voyais des trucs, des boucles comme ça qui revenaient. Et je ne savais pas trop d’où. Donc, ça avait fait un petit buzz quand même à l’époque. Et puis, c’était en 2018 que j’avais lancé ça. Donc, c’était un petit peu après. Tu sais, le Ice Bucket Challenge et ce genre de challenge-là. Voilà, c’était un peu dans l’air du temps. Les gens étaient un peu habitués à ça. Et donc, ils jouaient le jeu. Après, il y en a pour qui ça a probablement été révélateur. Il y en a d’autres qui ont dû le faire une fois. Et puis, ils ne l’ont peut-être plus jamais refait. Mais ce qui reste intéressant, je trouve, là-dedans, dans ce côté challenge, c’est que tu vas mettre des gens, potentiellement des automobilistes, sur un vélo. Et donc, ils vont pouvoir réaliser aussi à quel point le… Enfin, qu’est-ce que c’est, en fait, d’être sur le vélo face à la voiture. Parce qu’il y a énormément d’automobilistes qui ne savent pas. Et en fait, ils se disent, c’est bon, je t’ai laissé 50 cm pour te dépasser. Tu n’as pas besoin de 2 mètres non plus. Mais parce qu’ils ne savent pas forcément ce que c’est de se sentir à vélo, de se sentir vulnérable et d’avoir une bagnole de 2 tonnes qui te frôle à du 50. Et donc, rien que ça, tu vois, rien que le fait de les mettre à cette place-là, je trouve que ça a déjà un impact. Il y a une étude qui a été faite comme ça au Mexique, je crois que c’était San Luis de Potosí, où ils ont mis sur des home trainers, donc des vélos statiques, des chauffeurs de bus sur un grand parking. Et puis après, ils faisaient passer un gros bus à côté d’eux. Et vraiment, qui les frôlaient à moins d’un mètre. Et tu voyais la réaction des chauffeurs de bus sur leurs petits home trainers statiques. Et à chaque fois, les gars étaient complètement flippés, évidemment. Et c’était pour leur dire, regardez ce que ça donne quand vous frôlez un cycliste. Donc, faites gaffe quoi! Et je trouve ça génial.
Victor : C’et top comme expérience. Il manquerait presque une partie sensibilisation dans l’examen du permis de conduire, en fait.
Olivier : Ouais, limite. Ouais, ça pourrait… En tout cas, eux, c’était dans leur parcours de formation, si tu veux, professionnel. C’était dans ce cadre-là qu’ils faisaient ça. Mais donc, c’est comme ça que 2Wheels Tuesday est né, en fait. C’est-à-dire, en fait, vous allez faire un challenge une fois tous les mardis. Et en réalité, le concept 2Wheels Tuesday ne vient pas de moi. Ça provient de Baltimore. C’était aux États-Unis, où ils faisaient… En fait, ce qu’ils faisaient, c’était une espèce de petit checkpoint le matin. Pour distribuer le café aux cyclistes. Et les encourager dans leur démarche. Et les féliciter, et voilà. Et donc, je faisais partie des Global Shapers. Donc, il y a une initiative du Forum Économique Mondial à l’époque. Qui regroupe, en fait, des jeunes un peu partout dans le monde, entre 20 et 30 ans. Qui sont actifs sur des enjeux sociétaux, environnementaux, mais local. Et ils sont répartis par hub. En fonction des villes dans le monde. Bref. Et c’était dans ce cadre-là
Victor : Ok et ça fonctionne comment ? Juste pour ma curiosité perso. N’importe qui peut rejoindre ? Ou c’est vraiment, il y a un processus de recrutement ?
Olivier : Non, il y a un processus de recrutement. Ouais, il y a un processus de recrutement. Et donc, c’est parfois critiqué. Parce qu’il y a un côté, du coup, peut-être un petit peu sélectif. Mais après, ils sont… Enfin, c’est très ouvert aussi. Donc, c’est très inclusif. Maintenant, tout le monde ne peut pas arriver comme ça. Mais il y a des profils, en tout cas, très interrogés. Et parfois, c’est juste de dire, écoute, non, toi, tu es consultant. On a déjà trois consultants dans le hub. En fait, nous, ce qu’on va chercher, c’est des gens qui sont dans l’éducation, qui sont dans le monde associatif, dans la politique, etc. Donc, voilà. Mais en tout cas, super réseau, très chouette communauté. Enfin, voilà. J’ai beaucoup aimé. Tout ça pour dire que c’est dans ce cadre-là que j’ai rencontré Zach, qui était le fondateur, en fait, de l’idée, qui avait eu l’idée originale. Et lui, ce qu’il faisait, c’était des checkpoints. Et donc moi, j’ai lancé ça sous forme de challenge à Bruxelles. Et puis, on a fait aussi des checkpoints. Donc, on allait à Bruxelles, à Art-Lois, pour ceux qui connaissent. Un gros carrefour, un axe un peu central, avec un croisement de deux grosses pistes cyclables. Et au feu rouge, on se posait là. Et on distribuait le petit-déj aux cyclistes. On les applaudissait. Et voilà. Eux, ils se sentaient valorisés. Et les voitures, ils regardaient. Ils se disaient… Tu vois, on avait lu aussi un grand banner qui expliquait un peu la démarche. Et voilà. Et donc, du coup, ça attire un peu la curiosité. Les gens se demandaient qu’est-ce qui se passe ? C’est quoi ? Tiens, je peux aussi avoir un petit-déj. Ah non, c’est que pour les cyclistes. Tu vois ? Donc, tu avais un petit côté… Enfin, voilà. C’était sympa, en tout cas. On créait du lien. Et puis, quand on y retournait tous les mardis à la même heure, les gens nous reconnaissaient. Et donc, en fait, on créait du lien avec les gens. Donc, ça avait commencé vraiment comme ça. Ensuite, on a fait du coaching aussi où on allait chez la personne. On l’amenait donc à vélo. On allait rouler ensemble jusque sur leur lieu de travail. Et puis, une fois qu’on avait fait ça, on continuait notre journée. Et voilà. Mais donc, ça nous prenait une grosse demi-heure une fois par semaine. Et ça permettait de coacher quelqu’un qui, en fait, disait moi, j’ai envie de me déplacer à vélo, mais je n’ose pas. Je n’ose pas parce que je ne connais pas… Je me sens pas safe. Je ne sais pas quelle route je dois prendre, etc. Donc, voilà, on s’arrêtait vraiment. Ah bah tiens, dans le code de la route, sache que ce panneau-là, il veut dire que même si le feux est rouge, tu peux passer à vélo, mais tu n’as pas priorité. Tiens, ici, c’est la bande de bus. Est-ce que tu peux rouler à vélo ou non ? Tu vois ? Et donc, vraiment, tu avais ce côté un peu autant au niveau réglementaire qu’au niveau pratique aussi. Bah écoute, la route la plus courte, c’est celle-là, mais on ne va pas la prendre parce qu’elle n’est pas très bike-friendly. Et donc, du coup, on va plutôt aller traverser le parc, tu vois. C’est un petit peu plus long, mais ce sera beaucoup plus agréable et ce sera beaucoup plus safe.Victor : C’est vrai qu’il y a deux sujets que tu mentionnes qui sont importants, c’est la connaissance des règles à la fois par les cyclistes et par les automobilistes, parce que parfois, les cyclistes ont le droit de faire des choses, eux-mêmes ne le savent pas, les automobilistes ne le savent pas non plus. Ça crée des situations qui peuvent être conflictuelles et ou dangereuses. Et aussi juste la connaissance de la ville et de savoir quel itinéraire, finalement, est le plus à la fois sympa et sécurisant quand on se déplace à vélo, quoi.Olivier : Complètement. Complètement. Et ça, je pense qu’il y a encore malheureusement beaucoup de gens qui ne savent pas ça. Donc, voilà. Et donc, voilà. Et donc, bon, 2WheelsTuesday en gros est devenu un petit peu une association de faits qui faisait pas mal de choses. Donc, je te dis. Il y avait l’essentiel. Il y avait la sensibilisation avec le challenge, avec le coaching. On a aussi fait de la mobilisation citoyenne, toujours à Bruxelles, au niveau du Bois-de-la-Cambre, qui est le plus gros parc de Bruxelles, donc la plus grosse zone verte, au-delà de la Forêt de Soigne qui est encore un autre niveau. Mais là, c’est vraiment un parc urbain, quoi, donc qui est accessible à toute une partie de la ville et dans laquelle il y avait un peu une espèce d’autoroute urbaine. Avec, voilà, deux voies avec des voitures qui roulaient jusqu’à 80 km heure parce que les voies étaient grandes et que… Et en fait, pendant la pandémie, avec le Covid, le confinement, ils ont fermé une partie du Bois. Et ils allaient le rouvrir. Nous, on se disait bah non, en fait, pourquoi vous allez réouvrir un espace vert qui est destiné aux citoyens. Et pourquoi ils l’avaient fermé ? Parce que ça a permis aux gens d’aller s’aérer. Les gens, ils étaient… Quand tu vis en ville, tu n’as pas forcément un grand jardin. Tu n’as probablement même pas de jardin du tout. Bah, tu as besoin de ces espaces verts pour te ressourcer. C’est important. Et puis, en plus, distanciation sociale. Voilà, tu n’as pas envie que les gens soient les uns sur les autres. Donc voilà, en fait, on ferme le parc et les gens peuvent en profiter. Et qu’est-ce qui s’est passé ? On a vu arriver des familles avec des enfants, des chiens, des promeneurs. Voilà, des gens, de la vie, quoi. Là où avant, tu pouvais le faire, mais sur le petit trottoir avec les voitures qui passaient à côté.Victor : C’est vrai que moi, étant nouvellement bruxellois, j’ai toujours connu le Bois de la Cambre comme ça. Et j’ai du mal à l’imaginer autrement, quoi.
Olivier : Je peux comprendre. Mais pourtant, c’était la réalité. Et évidemment, ça a fait un tollé pas possible. Il y a eu plein de gens. Et encore, il y a une partie du bois qui a toujours ouvert la circulation automobile. Et il y a une grande partie de la population qui s’est braquée là-dessus. C’est scandaleux. Du coup, vous allez créer des embouteillages. Vous allez créer plus de problèmes. Parce que ça va être plus long. Forcément, tu dois faire le tour du bois. Tu encombres un petit peu la circulation automobile. Maintenant, c’est un mal pour un bien. Parce que l’objectif, à terme, c’est de réduire la circulation automobile. Et ça, il y a plein d’études qui ont été démontrées. Tu peux élargir le nombre de voies d’autoroutes qui arrivent à la ville. Tu vas juste… La seule chose que ça va permettre, c’est d’avoir plus de voitures. En fait, il y aura plus de voitures. Mais il y aura toujours les mêmes goulots d’étranglement. Ça ne va pas régler les problèmes de congestion. Clairement, ce n’est pas une solution. On avait fait la mobilisation citoyenne. On était allés toujours un mardi. On restait quand même un peu sur cette thématique centrale. Le premier jour, on était deux. Et on est allés tourner à vélo autour du bois de la Cambre. Alors bon, forcément, ça n’a pas attiré beaucoup de les foules. Mais la semaine d’après, on était 25. Et la semaine d’après, on était 100, 200. Et puis, ça a grandi. Et puis, on est monté jusqu’à 700. Il y avait beaucoup de média, en tout cas. Donc, la télé, la radio. Il y a la ministre de la Mobilité qui est venue aussi. Enfin, voilà. Il y a vraiment eu beaucoup de monde qui est arrivé. Donc, encore une fois, ça a fait un petit buzz. Alors, je ne dis pas que c’est grâce à ça que le bois est fermé. Mais je pense que ça a dû participer un petit peu. Et puis, il y a eu une dizaine d’associations aussi qui se sont unies à la cause. Et donc, qui ont relayé aussi l’information. Donc, il y avait tout un petit groupe de travail qui s’est constitué. Donc, voilà. Donc, voilà un petit peu l’histoire, si tu veux, de 2Wheels Tuesday. Et alors, le dernier, je dirais, projet… de 2Wheels Tuesday, c’était de lancer un podcast justement sur le vélo qui s’appelle Vélotaf. Et pour ça, on avait reçu d’ailleurs… Il avait été financé… En tout cas, la première partie du podcast a été financée par le Climate Reality Project. Qui est un projet qui a été lancé par Al Gore aux Etats-Unis. Et donc, voilà. Et donc, ils choisissent des projets un peu partout dans le monde pour financer. C’est grâce à ça qu’on avait pu lancer le podcast initialement.
Victor : Ok. Eh bien, ça nous amène à te parler maintenant un peu du futur de ce podcast. Parce qu’il a été arrêté pendant un moment. Et peut-être que des gens qui nous écoutaient déjà se demandent pourquoi Ermanno n’est plus là. Et pourquoi c’est une nouvelle personne qui présente ce podcast. Et donc, est-ce que tu peux nous dire un petit peu ce qui attend le futur de Vélotaf ?
Oui, bien sûr. Enfin… Alors… 2WheelTuesday, c’est une association de fait. Donc, ça existe toujours. Mais voilà, pour l’instant, c’est vrai que c’est un petit peu plus… Il y a eu beaucoup de bénévoles qui sont venus, qui sont repartis. Et donc, voilà. Ça existe toujours. Mais c’est là, si quelqu’un a envie d’en faire quelque chose, bienvenue. Et par contre, le podcast… Lui, comme je disais, ça demande quand même des coûts. Il faut pouvoir le financer. Et donc, c’est pour ça qu’on l’avait mis aussi un petit peu en pause. Parce qu’on n’avait plus de financement. Et là, maintenant, on le relance. Mais sous la coupole de Bleen. Qui est le cabinet de conseil que j’ai cofondé avec mon associé Sam de Swaef. Et dont Victor fait partie. Sans grande surprise. Donc, voilà. Là, on est entre nous. Mais il y aura plein d’autres invités, évidemment. Alors, c’était un petit peu mon bébé. Mais du coup, je lègue un petit peu à Victor qui reprend la main là-dessus. Donc, voilà. Je suis ravi que tu puisses prendre ce rôle-là. Et donc, à quoi est-ce qu’on peut s’attendre pour le futur du podcast ? Alors, le format va changer un petit peu. Mais dans l’absolu… En tout cas, moi, ce que j’aimerais entendre, c’est des récits. C’est des actualités. C’est des analyses. Venant des personnes les plus actives sur les sujets de mobilité douce. Sur les infrastructures. Sur la sensibilisation. Les politiques cyclables. Les mouvements citoyens. Les entrepreneurs. Les inventeurs. Les influenceurs. Donc, avoir vraiment une grande diversité d’invités. Et pour moi, l’objectif de ce podcast, c’est aussi… Et avant tout, donner envie aux gens de se mettre au vélo. Ou s’ils le font déjà, bah, de venir renforcer ça. Même si je pense qu’à partir du moment où tu t’y mets, vraiment, en général, t’es convaincu… T’es convaincu tout seul. Ça permet en tout cas de pouvoir développer un petit peu plus ses connaissances sur ce petit monde-là.
Olivier : Et donc, voilà. Je pense que ce… Nous, on est assez actifs dans la transition écologique avec Bleen. Et l’objectif de ce podcast, c’est aussi de pouvoir y contribuer. Et la dynamique sociale est super importante, en fait, dans cette transition. Et donc, plutôt que de voir le… Plutôt que de le voir comme une contrainte et de se dire, bah, je vais… Je dois renoncer à ma voiture. À ma sacro-sainte voiture. Bah, en réalité, il y a une alternative qui est juste hyper cool. Elle s’appelle le vélo. Tu vois ? Et donc, c’est… C’est plutôt de… De raconter ces nouveaux récits. Tu vois ? Ces nouvelles… Ce nouveau mode de vie. Et de… Et de le présenter de manière… De manière désirable. Tu vois ? De montrer que… En fait, bah, Il n’y a que des côtés positifs, quoi. Ou en tout cas, il y en a plus que… Il y a plus de côtés positifs que de négatifs. Donc, voilà. Les codes, ils changent. Mais il y a encore une partie de la population qui est réticente à ce changement. Et qui ne comprend pas que le monde change. Ou alors, ils le nient, tout simplement. Ils font un peu… Ils font un peu l’autruche. Et ils se disent… Bon… De toute façon, je continue comme avant. Parce que, voilà. C’est trop d’efforts que de changer. Ouais. Je pense qu’il y a encore beaucoup de gens qui, dans leur vie… Tu vois ? Leur but, c’est d’avoir… Ma prochaine promotion au boulot. Et comme ça, je recevrai une nouvelle voiture de société qui sera plus grande. Donc, ce sera un nouveau statut social.
Victor : Oui, il y a une vraie question de l’image qu’on se fait de la réussite. Et de tout un imaginaire collectif d’une vie réussie. De ce qui… Ce qui fait rêver. Presque les KPI de la réussite, en fait, qui doivent évoluer pour que la population évolue aussi.
Olivier : Non, c’est ça. Et je pense. C’est des gens qui pensent qu’ils seront plus heureux. Ils seront plus respectés. Plus valorisés. Parce qu’ils auront une plus grosse voiture. Bah, c’est encore le cas, hein, pour pas mal de gens, quoi. Alors que en réalité, ce sera de moins en moins le cas demain. Je pense que les critères de succès… Tu vois, qu’on a connus dans le passé vont changer et vont devenir des actes de délinquance à l’avenir. Le fait de rouler avec un SUV dans une zone 30 avec plein de petits enfants… Tu vois ? Ou des piétons… Des animaux… Bah, en fait… Ouais, est-ce qu’on est OK avec ça, quoi, tu vois ? En fait, c’est bon pour le moment. Et ça, c’est les choses qui sont en train de changer.Victor : Oui. Et on le voit, avec le vote qu’il y a eu à Paris, effectivement… les lignes commencent tranquillement à bouger.Olivier : Oui c’est vrai qu’on enregistre on est début février 2024, on vient d’avoir ce fameux référendum pour ou contre le SUV à Paris et donc la tarification qui triplerait pour les grosses voitures en ville, donc effectivement les parisiens ont voté contre le SUV même s’il y a eu un taux de participation assez faible, donc ça vaut ce que ça vaut mais en tout cas, ça va déjà dans la bonne direction et donc oui on voit effectivement que ça change on voit qu’aujourd’hui ce qui est cool ça va être plus d’aller récupérer le vieux vélo vintage de papy qui dormait au garage, de le retaper soi-même pour trois fois rien et de lui redonner vie tu vois, on va plus valoriser ça plutôt que d’avoir la dernière voiture avec les dernières options, etc donc ouais, tout ça, ça change donc voilà, mais donc pour moi le vélotaf, c’est plus qu’un choix de mobilité c’est un vrai phénomène de société c’est le symbole aussi de la transition je pense, donc voilà, j’espère qu’on pourra aborder tout ça dans le podcast c’est vaste, mais voilà, ça te fait du boulot
Victor : effectivement, mais oui pour rebondir là-dessus, c’est tout à fait le but parce que le vélo ça peut être une fin par exemple. Moi je fais du vélo juste parce que j’aime le vélo sans autre but précis mais je pense que tout le monde l’aura bien compris, c’est aussi un très bon moyen d’évoquer plein d’autres sujets de société dont on vient de parler : l’imaginaire collectif lié à la réussite, les thématiques d’aménagement urbain des inégalités sociales, des aspects plus pratico-pratiques d’entretien de vélo, de à quoi ça pourrait ressembler une ville avec beaucoup moins de voitures, des centres-villes rendus juste aux cyclistes et aux piétons. Il y a vraiment plein de sujets dont certains en apparence ne sont pas forcément liés au vélo mais qu’on peut finalement relier à cette pratique et le but de ce podcast va être d’inviter des personnes qui ont des points de vue éclairants sur tous ces sujets et que ce podcast contribue à son échelle à cette évolution des mentalités et à redonner au vélo une place centrale dans nos vies. Donc d’un point de vue plus concret sur ce à quoi nos auditrices et auditeurs peuvent s’attendre ça va être des épisodes un peu plus courts que ce qui a pu exister par le passé sur souvent une thématique, une question bien précise des formats un peu plus dynamiques de 15-20 minutes où on va répondre à un sujet bien précis voilà. On va essayer d’aborder un peu tout ce que tu as mentionné Olivier et puis pour bien relancer ce podcastOlivier : Génial, je suis impatient d’écouter le prochain épisode du coup.
Victor : écoute Olivier, merci beaucoup d’être venu dans le podcast Vélotaf aujourd’hui pour faire un peu la transition entre la première saison avec 2WheelsTuesday et la nouvelle avec Bleen. Et on se souhaite bonne chance pour cette nouvelle saison !
Olivier : yes, salut Victor, salut à tous !
Victor : salut Olivier !